Lance Armstrong


Lance Armstrong
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Lance Armstrong Icône cycliste
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Informations
Nom Armstrong
Prénom Lance
Surnom Le Boss
Date de naissance 18 septembre 1971 (1971-09-18) (40 ans)
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Spécialité Courses par étapes
Équipe pro
1992-1996
1997
1998-2004
2005
2009
2010-02.2011
Motorola
Cofidis
US Postal Service
Discovery Channel
Astana
RadioShack
Principales victoires
7 grands tours

Jersey yellow.svg Tour de France 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005
2 championnats
MaillotMundial.PNG Champion du monde sur route 1993
MaillotEEUU.PNG Champion des États-Unis sur route 1993
22 étapes dans les grands tours
Tour de France (22 étapes)
2 classiques
Flèche Wallonne 1996
Clásica de San Sebastián 1995
3 courses par étapes
Critérium du Dauphiné libéré 2002 et 2003
Tour de Suisse 2001

Lance Armstrong, né Lance Edward Gunderson le 18 septembre 1971 à Plano (Texas), est un coureur cycliste américain. Surnommé « le Boss », il a notamment remporté le Tour de France à 7 reprises (record) et de manière consécutive (de 1999 à 2005). Considéré comme le spécialiste mondial de cette épreuve, il co-détient avec Raymond Poulidor le record de podiums sur la Grande Boucle (8). Il a aussi, entre autres, remporté un titre de champion du monde en 1993.

Sa carrière a été marquée par un cancer aux testicules décelé en octobre 1996, et par des soupçons de dopage concernant notamment sa première victoire dans le Tour en 1999.

Il a créé une fondation aux États-Unis, nommée Livestrong, dont le but affiché consiste à lever des fonds pour la recherche et le soutien aux malades du cancer. Dans le but officiel de faire la promotion de la fondation, il revient à la compétition en 2009 et termine 3e du Tour de France.

Sommaire

Biographie

Enfance et jeunesse

Lance Armstrong naît à Plano, localité proche de Dallas au Texas. Son père quitte la famille alors que Lance a deux ans - ils ne se sont jamais rencontrés depuis. Trois ans après la naissance de Lance, sa mère Linda Mooneyham se marie avec Terry Armstrong. Les relations entre ce dernier et son beau-fils sont mauvaises. D'après ses dires, Lance est élevé par Terry sévèrement, « brutalement ». Le sport lui permet de s'éloigner de Terry.

Armstrong débute le sport à 13 ans avec le triathlon. Il dispute ses premières courses dans la catégorie cadet à l'âge de 16 ans. Il découvre rapidement que son point fort est le cyclisme. À 17 ans, il reçoit une invitation pour participer à un camp d'entraînement de six semaines de l'équipe nationale junior de cyclisme.

Comme l'administration scolaire de Plano lui refuse son diplôme sur la base de ces six semaines d'absence, il quitte cet établissement sans diplôme, mais l'obtient plus tard dans une école de Dallas. En raison du milieu conservateur de Plano, il déménage à Austin, qu'il considère aujourd'hui comme sa ville d'origine.

1992-1996 : la première carrière professionnelle

Après avoir notamment remporté le titre de champion des États-Unis amateurs, puis avoir terminé 14e de la course en ligne des Jeux olympiques, Lance Armstrong passe professionnel en août 1992 au sein de l'équipe américaine Motorola.

Après une excellente seconde place au Grand Prix de Zurich - huitième manche de la Coupe du monde - fin août 1992 , Lance Armstrong se révèle véritablement à l'occasion du Tour de France 1993. Porteur du maillot de champion des États-Unis, il remporte au sprint l'étape de Verdun. Il est ensuite distancé lors des étapes de montagne et dans les contre-la-montre. Il perd ainsi plus de 6 minutes sur Miguel Indurain lors de l'étape du lac de Madine. Quelques semaines plus tard à Oslo, en Norvège, il devient à 21 ans[1] champion du monde de cyclisme sur route dans des conditions météorologiques difficiles et devant tous les favoris.

En 1995, Lance Armstrong décroche sa deuxième victoire d'étape sur la Grande Boucle, à Limoges. Franchissant la ligne en solitaire, Lance Armstrong lève un doigt vers le ciel en hommage à son équipier Fabio Casartelli, victime d'une chute mortelle trois jours plus tôt dans la descente du col du Portet-d'Aspet. Il ne parvient toujours pas à franchir la haute-montagne avec les meilleurs malgré des progrès. Il termine 36e du Tour cette année-là.

Armstrong s'affirme comme un coureur de courses d'un jour (victoire sur la Classique de San Sebastian en 1995, sur la Flèche Wallonne en 1996) mais également de courses à étapes d'une semaine avec une 2e place à Paris-Nice en 1996 et des victoires au Tour DuPont en 1995 devant Ekimov et en 1996 devant Pascal Hervé[2]. Suite à ses performances dans cette course où il a dominé les grimpeurs dans les cols américains, Pascal Hervé mais aussi d'anciens coureurs tels Cyrille Guimard et Eddy Merckx, lui prédisent déjà un avenir doré dans le Tour de France s'il perd les quelques kilos superflus qu'il a conservés de son passé de triathlète. Fin 1996, alors qu'il annonce son transfert dans l'équipe Cofidis pour la saison suivante, Lance Armstrong est classé 9e mondial par le classement de l'UCI et à son meilleur niveau depuis le début de sa carrière.

Le cancer et le retour à la compétition

En octobre 1996, on lui diagnostique un cancer des testicules qui lui vaut d'être écarté de la compétition pendant plus d'un an. Après une guérison et une longue rééducation, il reprend le vélo et signe un contrat avec l'équipe U.S. Postal en 1998. Lance Armstrong dispose de sa propre fondation pour la recherche contre le cancer : la Lance Armstrong Foundation (Livestrong).

Il est proche de tout abandonner après un retour à la compétition difficile à l'occasion du Paris-Nice 1998. Il remporte néanmoins le Tour du Luxembourg et termine quatrième du Tour d'Espagne (en suivant les meilleurs en montagne) et du Championnat du monde sur route en fin de saison.

1999-2005 : les sept Tours de France

Son nouveau directeur sportif, Johan Bruyneel, parvient également à le motiver et change ses méthodes d'entraînement, lui permettant d'améliorer sa technique de pédalage. Seulement intéressé par le Tour de France à partir de 1999 et les courses par étapes d'une semaine (vainqueur de deux Dauphiné libéré en 2002 et 2003, d'un Tour de Suisse en 2000 et du Midi Libre en 2002), il délaisse les autres grands tours et les classiques, à l'exception de l'Amstel Gold Race (2e en 1999 et 2001 ainsi que 4e en 2002) et de la doyenne des classiques à savoir Liège-Bastogne-Liège qui a constitué pendant plusieurs années le deuxième objectif majeur de sa saison.

De 1999 à 2005, il gagne 7 Tours de France consécutifs.

Le 19 avril 2005, il annonce sa retraite du cyclisme à l'issue du Tour de France 2005. Le 24 juillet 2005, il tient parole et quitte le cyclisme professionnel, sur une historique septième et dernière victoire sur le Tour de France. Suite aux révélations du journal L'Équipe concernant un possible dopage à l'EPO lors du Tour de France 1999, il envisagera un temps de revenir à la compétition. À ce jour, il nie toute prise de produit dopant.

Après la carrière cycliste

Depuis son retrait des pelotons, Armstrong a participé à plusieurs marathons, celui de New York à deux reprises où il a établi en 2007 son record personnel de 2h46'43" ainsi que celui de Boston. Une salle qui retrace sa carrière lui est consacrée depuis début mai 2008 au musée des sports de New York. Enfin, cette même année 2008, il a fait un discours sur le fléau du cancer aux États-Unis et les 500 000 personnes qui meurent chaque année à cause de la médiocrité de la prévention dans le pays, du manque d'argent et du peu d'intérêt parfois de la classe politique américaine sur ce sujet.[réf. nécessaire]

2009-2011 : le retour

Lance Armstrong le 1er novembre 2008 durant une course au Texas

Le 8 septembre 2008, le site internet du magazine Velonews se fait l'écho de rumeurs sur un probable retour en 2009 du coureur sous les couleurs de l'équipe Astana pour cinq courses : le Tour de Californie, Paris-Nice, le Tour de Géorgie, le Critérium du Dauphiné libéré et le Tour de France[3]. Démentie par Astana[4], l'information est cependant confirmée le lendemain par Lance Armstrong sur le site de sa fondation, avec pour objectif de gagner un huitième Tour de France[5] et faire la promotion de sa fondation de lutte contre le cancer, mais sans préciser sa future équipe. Le coureur annonce officiellement son retour à la compétition le 24 septembre lors d'une conférence de presse[6]. L'information selon laquelle il s'engagerait avec la formation Astana est cette fois confirmée par la fédération kazakhe.

Armstrong est accusé d'être avantagé par l'UCI. Normalement contraint par le règlement de l'UCI à respecter un délai de six mois avant de reprendre la compétition, Armstrong a été autorisé a participer au Tour Down Under en janvier 2009, soit quatre mois seulement après avoir officialisé son retour[7].

Armstrong a également annoncé sa participation, pour la première fois de sa carrière, au Tour d'Italie. Il effectue son retour à la compétition en Australie, sur le Tour Down Under, puis participe au Tour de Californie, qu'il termine à la septième place, et à Milan-San Remo, sa première course en Europe depuis son retour. Le 23 mars, Armstrong chute au cours de la 1re étape du Tour de Castille et Léon et se fracture la clavicule, l'écartant de la compétition pour près d'un mois[8]. Il revient à la compétition et termine 2e du modeste Tour of the Gila à la fin du mois d'avril au sein de l'équipe Mellow Johnny's, en compagnie de ses coéquipiers Levi Leipheimer et Christopher Horner[9]. Il participe ensuite au Tour d'Italie du centenaire où il connait un début difficile, arrivant à près de trois minutes de Menchov dans la cinquième étape menant à l'Alpe di Siusi. Mais il se porte de mieux en mieux au fil des étapes, aidant même son coéquipier Levi Leipheimer à limiter la casse lors de la seizième étape avec l'ascension du Monte Petrano. Il termine à la 12e place au classement final. Dans le Tour de France, il finit 3e après avoir occupé la place de dauphin.

Son début de saison 2010 est plus délicat et il peine à retrouver son meilleur niveau. Sur le Tour de France il réalise un excellent prologue. Mais dès l'étape de Wallers-Porte du Hainaut il crève et perd du temps. Mais il peut encore jouer le général jusqu'à l'étape de Morzine. Lors de l'étape de Morzine, il chute et perd plus de 10 minutes. Ne pouvant plus jouer le général, il tente de remporter une étape en s'échappant dans le col de Peyresourde mais ne parvient pas à gagner l'étape qui est remportée par Pierrick Fédrigo. Il termine 23e de son dernier Tour de France.

Il décide finalement de continuer pour une dernière saison en 2011. Il fait une dernière apparition dans le calendrier mondial lors du Tour Down Under qu'il termine à la 67e place. Le 16 février 2011, il met un terme à sa carrière sportive alors qu'il avait laissé entendre qu'il participerait à certaines courses aux États-Unis. Il souhaite également disputer de nouveaux des triathlons[10],[11].

Vie privée

Lance Armstrong a épousé Kristin Richards en 1998, dont il a eu 3 enfants : Luke en 1999, et 2 jumelles, Isabelle et Grace, en 2001. Ils ont divorcé en 2003. De septembre 2005 à février 2006, il a été fiancé avec Sheryl Crow, avec qui il entretenait une relation depuis la fin de l'année 2004[12]. Aujourd'hui, il est en couple avec Anna Hansen et ils ont eu deux enfants : Max, né le 4 juin 2009 et Olivia Marie née le 18 octobre 2010.

Tour de France

Lance Armstrong a disputé 13 tours de France de 1993 à 2010. De 1993 à 1996, il en courra 4 consécutivement en abandonnant à 3 reprises et finissant en 1995 à la 36e place. Au cours de ces 4 années il remporta 2 étapes, Verdun 1993 et Limoges en 1995. Il dédiera cette dernière à son équipier Fabio Casartelli décédé quelques jours auparavant dans la descente du col de Portet d'Aspet. C'est en 1999, un an après son retour à la compétition suite à sa maladie, qu'il remporte le Tour. Il le remportera alors sans discontinuer jusqu'en 2005, à la suite de quoi il annonce sa retraite sportive. En 2009, trois ans après une première retraite, il finit 3e du Tour de France.

1999

En 1999, il remporte son premier succès dans le Tour de France grâce à ses victoires dans le prologue du Puy du Fou, les contre-la-montres de Metz et du Futuroscope et sa victoire d'étape dans la station italienne de Sestrières. Alex Zülle est son dauphin au classement général et Fernando Escartin complète le podium.

2000

Au prologue, Armstrong termine deuxième, deux secondes derrière David Millar mais 12 s devant Jan Ullrich. Ensuite, Lance Armstrong distance le grimpeur italien Marco Pantani sur son propre terrain et le Suisse Alex Zülle dans la première étape de montagne arrivant à Lourdes Hautacam. À 6 km de l'arrivée, Heras, Escartin, Beloki et quelques autres coureurs sont rattrapés et dépassés. À 3 km de l'arrivée, il rattrape José Maria Jimenez. Finalement, seul Javier Otxoa, échappé matinal termine devant l'Américain. Armstrong écrase le tour et endosse le maillot jaune. À l'arrivée il distance Joseba Beloki de 3'35" et Jan Ullrich de 4'01". Quelques jours plus tard, il rattrape Marco Pantani dans le Ventoux, les deux hommes ne se disputent pas le sprint à l'arrivée et le grimpeur italien franchit la ligne le premier. Armstrong a consolidé son maillot jaune mais il se trouve pour la première fois en difficulté dans le difficile col de Joux Plane, dans la dernière vraie étape de montagne, devancé par Virenque et Ullrich à l'arrivée en descente à Morzine mais il ne concède pas assez de temps pour être inquiété sur son maillot jaune. Armstrong remporte le contre-le-montre de Mulhouse 25 secondes devant Jan Ullrich. Il est finalement sacré à Paris pour la seconde fois. Il possède 6'02" d'avance sur Jan Ullrich. L'Américain a porté en tout le maillot jaune 12 jours dans le Tour 2000.

2001

2001 : Armstrong rattrape une partie de son retard dans la montée de L'Alpe d'Huez

Lors de la 8e étape, une échappée fleuve de 14 coureurs se développe dans le Jura et met en position avancée des coureurs dangereux comme Andreï Kivilev. Le peloton et tous les favoris sont relégués à 35 minutes. Lance Armstrong rattrape une partie de son retard dans la montée de L'Alpe d'Huez où il lâche son principal rival Jan Ullrich à 13 km du sommet. Il dépasse finalement Laurent Roux qui était alors en tête de la course, étant parti en solitaire à 6 km du sommet. À l'arrivée de cette étape, il avait confié aux journalistes avoir joué un « coup de poker » en grimaçant et en se tenant à l'arrière du peloton dans le col du Glandon. Dans les Pyrénées, Lance Armstrong gagne une autre étape à Saint-Lary-Soulan encore une fois devant Jan Ullrich (à 1'00") et Beloki (à 1'46"). Lance Armstrong gagne aussi le contre-la-montre Montluçon-Saint-Amand-Montrond. À Paris, il possède 6'44" d'avance sur son dauphin Jan Ullrich. L'Américain porte en tout le maillot jaune 8 jours dans le Tour 2001. À nouveau vainqueur, Armstrong rejoint au palmarès le Belge Philippe Thys, le Français Louison Bobet et l'Américain Greg LeMond, triples vainqueurs de la Grande Boucle.

2002

Lance Armstrong remporte le prologue. Ensuite la course se dirige vers les Pyrénées. Lors de la première étape de montagne arrivant à La Mongie : son coéquipier Roberto Heras imprime le rythme dans l'ascension et seul Joseba Beloki parvient à suivre les deux hommes. Laurent Jalabert, parti en échappée, est dépassé à 3,5 km du but. Finalement, dans les derniers hectomètres, Lance Armstrong attaque et va chercher sa deuxième victoire dans ce Tour. Le lendemain, il gagne encore au Plateau de Beille 1 min 04 devant Roberto Heras et Joseba Beloki.

Quelques jours plus tard, Beloki l'attaque dans l'ascension du Ventoux avant le Chalet Reynard mais Armstrong le contre-attaque aussitôt et creuse l'écart sur tous ces rivaux même si l'étape est remportée par Richard Virenque, échappé bien avant le début du col. Lance Armstrong parachève sa victoire en remportant le dernier contre-la-montre de Mâcon. Finalement, il possède à Paris une avance de 7 min 17 sur Joseba Beloki, qui termine deuxième et il aura porté en tout le maillot jaune 11 jours dans le Tour 2002.

2003

Lors de la quatrième étape, son équipe (US Postal) remporte le contre-la-montre par équipes. Puis, dans les Alpes, pour la première fois Lance Armstrong est attaqué à plusieurs reprises dans l'Alpe d'Huez. l'Américain résiste aux accélérations de Tyler Hamilton et Joseba Beloki, mais est contraint de laisser filer Iban Mayo qui gagnera l'étape, puis Alexandre Vinokourov. De plus, un épisode singulier se produit dans la descente du col de La Rochette sur la route de Gap : Joseba Beloki chute devant l'Américain et se fracture le fémur, le coude et le poignet, devant abandonner. Lance Armstrong s'engouffre dans le champ voisin, qu'il traverse avant de rejoindre la route un lacet plus bas. Alexandre Vinokourov, déjà offensif lors des précédentes étapes, remporte celle-ci et menace le coureur texan au classement général. Quelques jours plus tard, il est battu par Jan Ullrich dans le contre la montre de Gaillac-Cap Découverte. Il conserve néanmoins le maillot jaune pour 34 secondes.

Au pied des Pyrénées, Ullrich a toutes ses chances car les écarts sont minimes (15 s entre Armstrong et lui) puisqu'il a repris quelques secondes à l'Américain lors de l'ascension finale vers le Plateau de Bonascre au-dessus d'Ax-les-Thermes. Lors de l'étape suivante, Alexandre Vinokourov lance à nouveau une attaque dans le col de Peyresourde avec Iban Mayo et revient à 18 secondes au général, ce qui fait que trois hommes se tiennent en 18 secondes avant l'étape décisive de Luz-Ardiden, le suspense est alors à son comble.

Lors de l'étape de Luz-Ardiden, à près de 10,3 km de l'arrivée, Lance Armstrong, victime d'un accrochage avec un spectateur, chute, entraînant avec lui Iban Mayo. Jan Ullrich, ralentit pour attendre l'Américain qui repart. Ensuite, à 9 km du but, après s'être fait quelques frayeurs en déchaussant, Lance Armstrong passe à l'attaque. Finalement, le Texan gagne l'étape 40 s devant Jan Ullrich et Iban Mayo.

Lance Armstrong enlève ses dernières chances à Jan Ullrich dans le dernier contre-la-montre entre Pornic et Nantes. L'Allemand, qui espérait gagner l'étape malgré la pluie, ruine ses chances par une chute dans un rond-point. À Paris, l'écart entre Jan Ullrich et Armstrong n'est que de 1 min 01 ce qui reste l'écart le plus serré entre Lance Armstrong et le second d'un Tour de France. L'Américain porte en tout le maillot jaune 13 jours dans le Tour 2003. Avec ce 5e titre, Armstrong rejoint les recordmen Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain, également cinq fois vainqueurs de la Grande Boucle.

2004

Lance Armstrong dans le prologue du Tour 2004

Lance Armstrong finit deuxième du prologue, à deux secondes derrière Fabian Cancellara, et renvoie Jan Ullrich à quinze secondes. Quatre jours plus tard, son équipe (US Postal) remporte le contre-la-montre par équipes ce qui permet au Texan d'enfiler le maillot jaune. Lors de l'ascension de la Mongie (12e étape), Armstrong et Ivan Basso se débarrassent des autres concurrents. L'Italien remporte l'étape. Le lendemain, l'Américain remporte l'étape ; c'est un coup dur pour Ullrich qui termine à 2'42", pour Iban Mayo, pour Tyler Hamilton (qui abandonne finalement) et pour les autres favoris. Trois jours plus tard, l'Américain enlève sa deuxième victoire d'étape individuelle de ce tour malgré une belle offensive de Jan Ullrich. Le lendemain (16e étape), Lance Armstrong remporte le contre-la-montre de L'Alpe d'Huez. Il y domine Jan Ullrich (à 1'01"), Andreas Klöden (à 1'41") et double même Ivan Basso (à 2'23") pourtant parti deux minutes avant lui. Lors de la 17e étape, il remporte encore une fois la victoire au Grand-Bornand où il rattrape sur la ligne Andreas Klöden parti à un kilomètre du but. Lance Armstrong enlève le dernier contre-la-montre à Besançon, 1'01" devant Ullrich. À Paris, il possède 6'19" d'avance sur Klöden, son dauphin et il a porté le maillot jaune durant sept jours et remporté cinq victoires ainsi que le contre-la-montre par équipes. L'Américain devient le recordman de victoires au tour de France avec six succès consécutifs.

2005

Contre-la-montre individuel de Saint-Étienne

Lors de la première étape (un contre-la-montre), Lance Armstrong relègue ses principaux concurrents à plus de 50 secondes mais il est battu par son ex-coéquipier à l'US Postal, le jeune David Zabriskie de l'équipe CSC. Jan Ullrich, son principal rival, blessé à l'entrainement quelques jours avant, est dépassé par l'Américain parti une minute après lui. Son équipe (Discovery Channel Team) remporte ensuite le contre-la-montre par équipes avec une avance de deux secondes sur la CSC d'Ivan Basso (Lance Armstrong s'empare du maillot jaune). À Courchevel, lors de la dixième étape, il imprime le rythme dans la montée finale et seul quelques coureurs (Alejandro Valverde, Mickael Rasmussen, Francisco Mancebo) parviennent à l'accompagner jusqu'au sommet. Ses principaux adversaires (Ivan Basso, Jan Ullrich, Alexandre Vinokourov) ne parviennent à suivre et sont relégués à plusieurs minutes. Dans les étapes suivantes, Lance Armstrong est attaqué. Il termine second à Ax-3 domaines où seul Georg Totschnig, échappé matinal parvient à terminer devant lui. Il prend encore du temps à ses rivaux. Finalement, il remporte le contre-la-montre individuel de Saint-Étienne 23 secondes devant son rival Jan Ullrich. L'écart entre Basso et Armstrong à Paris est de 4'40". L'Américain porte en tout le maillot jaune 17 jours dans le Tour de France 2005. Ce Tour de France, le plus rapide de l'histoire, a été bouclé par Lance Armstrong à la vitesse moyenne de 41,654 km/h.

Seul vainqueur de sept éditions consécutives du Tour de France, il a été choisi comme « athlète de l'année 2002 » par le magazine américain Sports Illustrated. Après avoir remporté le Tour 2005, Armstrong part à la retraite. Il est le seul des grands champions (Eddy Merckx, Bernard Hinault, Jacques Anquetil, Miguel Indurain) à quitter la compétition sur une telle victoire.

2009

En 2009, Lance Armstrong revient sur le Tour de France au sein de l'équipe Astana.

Au cours de la première étape disputée contre-la-montre, Armstrong termine dixième, son coéquipier et rival Alberto Contador terminant deuxième à 18 secondes de Fabian Cancellara, qui s'empare du maillot jaune.

Lors de la troisième étape, Lance Armstrong parvient à s'insérer dans une bordure avec deux coéquipiers et rejoint l'arrivée dans ce groupe d'une trentaine de coureurs, distançant plusieurs favoris. Il accède ainsi à la troisième place du classement général et devance Contador. Le lendemain, l'équipe Astana remporte le contre-la-montre par équipes. Cancellara conserve le maillot jaune avec 22 centièmes d'avance sur Armstrong.

Lors de la quinzième étape (la première dans les Alpes), Lance Armstrong est distancé par Alberto Contador, les frères Andy et Fränk Schleck, Vincenzo Nibali, Cadel Evans, Carlos Sastre, Bradley Wiggins et Andreas Kloden. Il est néanmoins deuxième du classement général, derrière Contador, qui s'empare du maillot jaune.

Lors de la seizième étape, Lance Armstrong est, dans le dernier col, un temps décroché par le groupe maillot jaune emmené par Andy Schleck, avant de combler, dans les derniers kilomètres de l'ascension, son retard d'une trentaine de secondes grâce à une accélération fulgurante. Armstrong termine ainsi l'étape au sein de ce groupe maillot jaune, et conserve donc sa seconde place au classement général.

Lors de la dix-septième étape, Lance Armstrong est distancé par les frères Schleck, Alberto Contador et Andreas Kloden dans le col de Romme. Dans la dernière ascension, celle du col de la Colombière, il reste dans la roue de Bradley Wiggins afin de le contrôler. Puis, lorsque le Britannique donne des signes de fatigue, à un kilomètre du sommet, il l'attaque, le lâche, et rattrape Klöden dans la descente finale, en compagnie de Vincenzo Nibali (qui l'a rejoint). Il termine finalement cinquième de l'étape, et rétrograde à la quatrième place au classement général, dépassé par les frères Schleck.

Lors de la dix-huitième étape, un contre-la-montre autour du Lac d'Annecy il termine 16e et ne reprend que 15" à Andy Schleck et 1'04" à Fränk Schleck, pourtant non-spécialistes de l'épreuve. Il repasse néanmoins 3e devant ce dernier.

La dernière étape de montagne du Tour de France et son arrivée mythique au Mont Ventoux est l'occasion pour Armstrong d'assurer un huitième podium à Paris. Au sommet, il termine à trois secondes seulement d'Andy Schleck et du maillot jaune Alberto Contador et devant Bradley Wiggins et Fränk Schleck. Ainsi, en fin de Tour, Lance Armstrong affiche une bonne forme qui lui permet de sauver sa 3e place acquise lors de la 18e étape (Annecy - Annecy). À 37 ans, il réussit ainsi un come back totalement sensationnel et a déjà l'intention de retenter sa chance sur le Tour en 2010 avec sa nouvelle équipe cycliste: RadioShack.

2010-2011

Armstrong lors de la présentation du Tour de France 2010

Il annonce en juin 2010 que le Tour 2010 sera son dernier.

Au cours du prologue disputé à Rotterdam (Pays-Bas), Armstrong termine quatrième, à 22 secondes du Suisse Fabian Cancellara, qui s'empare du maillot jaune, et 5 secondes devant son principal rival Alberto Contador.

La troisième étape, qui emprunte un certain nombre de secteurs pavés, s'avère sélective pour le peloton. Armstrong, retardé notamment par une crevaison au passage du sixième secteur pavé à Wandignies-Hamage, est rétrogradé à la 18e place, 50 secondes derrière Contador. Lors de la 8e étape, la première de haute montagne, Lance Armstrong est victime d'une chute peu avant le col de la Ramaz, l'antépénultième difficulté de la journée. Ramené par ses équipiers dans le peloton, il est ensuite décramponné du groupe des favoris après l'accélération de l'équipe Astana. À la dérive dans la montée finale vers Morzine, il termine à plus de 11 minutes du vainqueur, Andy Schleck, et perd tout espoir de remporter un huitième Tour de France. Le lendemain, à Saint-Jean-de-Maurienne, il concède de nouveau 2 minutes et 50 secondes à Alberto Contador et Andy Schleck.

Une semaine plus tard, lors de la 14e étape, première journée dans les Pyrénées, il est de nouveau décroché dans la montée vers Ax 3 Domaines et finit à plus de 15 minutes du vainqueur Christophe Riblon. Le lendemain, à l'occasion de la 15e étape en direction de Bagnères de Luchon il limite la casse dans la montée du Port de Balès où il termine 23e de l'étape en compagnie de coureurs comme Andreas Klöden et Roman Kreuziger. Lors de la 16e étape, il part en échappée avec son coéquipier Christopher Horner et passe la journée en tête de la course. Il est battu à Pau au sprint par Pierrick Fedrigo et reprend 6 minutes et 45 secondes aux favoris. Après la seconde journée de repos, il termine la 17e étape à la 17e place au col du Tourmalet, concédant un peu plus de 4 minutes aux favoris.

Son dernier rendez-vous important a lieu à l'occasion du contre la montre entre Bordeaux et Pauillac sur 52 km où il termine à près de 7 minutes du vainqueur Fabian Cancellara. Il conserve cependant sa 23e place au classement général.

Lors de la dernière étape, l'équipe RadioShack un maillot noir floqué du numéro 28 représentant les 28 millions malades du cancer dans le monde. Obligés de retirer leurs maillots pour revêtir leurs maillots réglementaires, Armstrong et ses coéquipiers récidivent en portant ce maillot noir sur le podium des Champs Elysées où ils reçoivent le prix de la meilleure équipe du Tour de France 2010.

Lance Armstrong met un terme à sa carrière le 16 février 2011, quelques jours après le Tour Down Under sa dernière course UCI.

Records

Lance Armstrong est le dix-septième des dix-neuf cyclistes du tour de France ayant gagné plusieurs étapes sur une période de 10 ans ou plus[réf. nécessaire]. En termes de longévité, il est le 5e car il a gagné l'étape entre Chalons-sur-Marne et Verdun en 1993 et il a remporté le contre-la-montre Saint-Etienne - Saint-Etienne en 2005. Seuls Jean Alavoine (14 ans), René Vietto, Gino Bartali et Louis Mottiat (13 ans) ont fait mieux. Raymond Poulidor partage cette 5e place avec lui. Henri Pélissier, Philippe Thys, André Leducq, Antonin Magne, André Darrigade, Jean Stablinski, Felice Gimondi, Gerben Karstens, Ferdinand Bracke, Joaquim Agostinho et Lucien Van Impe ont également réussi à gagner leurs étapes sur une période de 10 ou 11 ans. Richard Virenque a également réussi cette performance même s'il a gagné sa première étape après lui et remporté sa dernière avant lui (1994-2004). Depuis, seul Cédric Vasseur a réussi une telle performance.

Style et position dans le cyclisme

Style

Edward Coyle, superviseur du laboratoire sur les performances humaines de l'université du Texas, a effectué cinq séries de tests sur Lance Armstrong de 1992 à 1999. Il estime que la fréquence génétique d'avoir un seuil de tolérance à la fatigue équivalent à celui d'Armstrong est d'un millionième. Il évalue aussi qu'Armstrong génère quatre fois moins d'acide lactique que la moyenne des cyclistes d'élites. Michael Ashenden observe toutefois que les valeurs de Lance Armstrong sur lesquelles Coyle base son analyse, qu'il s'agisse de la VO2max ou du taux maximal d'acide lactique sanguin, sont semblables à celles d'un « cycliste professionnel lambda ». En outre, le niveau maximal d'acide lactique sanguin ne saurait déterminer le niveau de performance d'un athlète[13].

Chris Carmichael l'explique plutôt par son instinct de prédateur. Lance est connu pour faire des attaques très agressives en montée afin de supplanter ses adversaires. Quand il déclenche une attaque explosive, l'effet de surprise peut s'avérer dévastateur.

Sa cadence très élevée à 120 révolutions par minute sur le plat le distingue aussi des autres compétiteurs. La différence est nette durant les montées. L'avantage de son style lui a permis de réagir rapidement aux attaques et d'amorcer des accélérations brusques que peu peuvent égaler.

Comportement avec les détracteurs

Lance Armstrong a contribué à écarter Christophe Bassons du peloton, lui reprochant ses prises de position antidopage et ses propos sur plusieurs personnalité du cyclisme, il déclara : « Ses accusations ne sont pas bonnes pour le cyclisme, pour son équipe, pour moi ni personne. S'il pense que le cyclisme fonctionne comme cela, il se trompe et c'est mieux qu'il reste chez lui. » (L'Équipe du 17 juillet 1999, rapporté dans Sport & Vie no 56 de septembre-octobre 1999).

Affaires de dopage

Lance Armstrong n'a jamais été sanctionné pour des faits de dopage et a toujours clamé son innocence. Des soupçons pèsent cependant sur sa carrière. Ils sont issus de contrôles positifs n'ayant pas conduit à l'ouverture de procédure disciplinaire, de témoignages de membres de son entourage et d'enquêtes journalistiques.

Des contrôles positifs sur le Tour de France 1999

Aux corticoïdes

Lance Armstrong a été contrôlé positif aux corticoïdes le 4 juillet 1999, à l'issue de la première étape du Tour de France. Ce résultat est révélé par la presse lors de la journée de repos du Tour le 19 juillet. Le 22 juillet, l'Union cycliste internationale annonce qu'Armstrong bénéficie d'une ordonnance médicale pour l'utilisation de Cémalyt afin de soigner une allergie dermatologique douleurs à la selle). Cela entre cependant en contradiction avec les propos de Lance Armstrong, affirmant précédemment qu'il n'avait pas utilisé de corticoïdes et qu'il ne disposait pas de certificat médical lui permettant d'en utiliser. De plus, le procès verbal du contrôle antidopage indique « néant » dans la colonne « Médicaments pris ». En outre, si Armstrong avait utilisé de la Cémalyt sur le Tour, son équipe aurait dû en faire une demande d'autorisation d'importation auprès de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments. Cela n'a pas été le cas d'après celle-ci. Ces éléments tendent à indiquer qu'un certificat médical antidaté a été fourni a posteriori. Cette version est confirmée par Emma O'Reilly, soigneuse d'Armstrong au sein de l'équipe US Postal. Armstrong lui a alors dit avoir « pris un corticoïde avant ou pendant la Route du Sud, le mois précédent ». L'encadrement de l'équipe, informé du contrôle positif, a fait appel au médecin de l'équipe Luis del Moral afin qu'il établisse une ordonnance. Parlant de cette affaire, Armstrong aurait confié à O'Reilly : « Maintenant Emma, tu en sais assez pour me faire tomber »[14].

A l'EPO

Le 23 août 2005, le journal sportif français L'Équipe publie les résultats d'une enquête du journaliste Damien Ressiot mettant en évidence l'utilisation d'EPO par Lance Armstrong lors du Tour de France 1999. Pour arriver à cette conclusion, le journaliste recoupe deux sources d'information. Il obtient les numéros d'enregistrement d'échantillons urinaires du Tour 1999 positifs à l'EPO. Ces échantillons, anonymes, ont été analysés par le laboratoire national de dépistage du dopage de Châtenay-Malabry afin d'améliorer le test urinaire de détection de l'EPO. Damien Ressiot se procure ensuite les procès verbaux des contrôles antidopage subis durant le Tour de France par Lance Armstrong. Il reçoit pour cela l'autorisation de leur détenteur, l'UCI, et d'Armstrong. La correspondance des numéros d'enregistrement montre que six des échantillons d'urine positifs appartiennent à Lance Armstrong. Le lauréat du Tour est ainsi positif à l'EPO lors du prologue, de la première étape, des deux étapes alpestres, et des douzième et quatorzième étapes, dite « de transition » avant les Pyrénées. Ces résultats correspondent à une pratique ayant alors cours dans le peloton : trois cures d'EPO lors de six étapes clés du Tour[15],[16].

Lance Armstrong nie avoir eu recours à l'EPO. Il a également dénoncé l'impossibilité de se défendre. Lors d'une analyse antidopage, un premier échantillon, dit « A », est ouvert. S'il est positif, l'athlète peut demander l'analyse d'un échantillon « B ». Or, l'échantillon « A » ayant été analysé en 1999, c'est l'échantillon « B » qui a été utilisé par le laboratoire pour ses tests. Il ne reste donc pas d'autre échantillon pour effectuer une contre-expertise et un nouveau test sur l'échantillon « A » ne peut-être obligatoire du fait qu'il n'est plus scellé lors de sa conservation.

Toutefois, en 2008, lorsqu'Armstrong a annoncé son retour à la compétition, le président de l'Agence française de lutte contre le dopage Pierre Bordry a proposé à Lance Armstrong de procéder à une nouvelle analyse des mêmes échantillons, afin de «couper court aux rumeurs qui le concernent si elles sont infondées.». Armstrong a décliné cette proposition, estimant que les échantillons « n'ont pas été conservés correctement »[17]. Outre Armstrong, la Commission des athlètes du CIO et l'Association des fédérations internationales des sports olympiques d'été ont soulevé le non-respect des protocoles antidopage pour demander, en vain, des sanctions contre le laboratoire de Châtenay-Malabry.

Le professeur Jacques de Ceaurriz, directeur du laboratoire de Châtenay-Malabry, ainsi que le professeur Michael Ashenden, spécialiste reconnu du dopage sanguin[18], ont repoussé toute éventualité de dégradation ou de manipulation frauduleuse des échantillons qui auraient pu donner ce résultat. Ils ont notamment avancé l'anonymat des échantillons et la méconnaissance de la date de leur prélèvement par le laboratoire, rendant impossible la réplique exactes de pratiques de dopage telles celles que les contrôles positifs ont mises en évidence. En outre, si un échantillon est mal conservé, des traces d'EPO peuvent disparaître, mais pas apparaître[19],[20].

Pressée par l'Agence mondiale antidopage (AMA) d'ouvrir une enquête, l'UCI se montre dans un premier temps réticente. Elle avance essentiellement des arguments de forme, notamment le non-respect des protocoles antidopages. Au mois d'octobre, l'UCI accède finalement à la demande de l'AMA et confie la conduite d'une enquête à l'avocat néerlandais Emile Vrijman, ancien codirecteur du centre néerlandais pour les affaires de dopage (NeCeDo) et ami du président du l'UCI Hein Verbruggen. Le rapport Vrijman, rendu au printemps 2006, exclut toute sanction disciplinaire à l'encontre de Lance Armstrong et se montre sévère à l'égard de l'AMA et du laboratoire. Il pointe essentiellement les manquements au protocole antidopage, que le laboratoire n'était pourtant pas supposé suivre dans le cadre de tests à des fins de recherche, et les fuites ayant permis de divulguer les résultas des tests et l'identité des coureurs. Ce rapport est dénoncé par l'AMA et « frôle le grotesque » d'après son président Dick Pound. L'AMA récuse l'impartialité de Vrijman et soulève le fait que le rapport n'aborde pas l'autorisation donnée par Armstrong et l'UCI de consulter les procès-verbaux[21].

Des témoignages sur les pratiques de dopage

Plusieurs personnes ayant fait partie de l'entourage de Lance Armstrong ont témoigné de pratiques de dopage ou d'aveux de sa part. La plupart ont été recueillis et publiés par les journalistes Pierre Ballester et David Walsh dans leurs trois ouvrages sur Armstrong (L.A. Confidentiel, L.A. Officiel, Le sale tour). Certains ont été confirmés ou précisés sous serment lors de la procédure d'arbitrage entre la société d'assurance SCA Promotions et Tailwind sports[22].

L'un de ces témoignages porte sur la première partie de la carrière d'Armstrong, au sein de l'équipe Motorola. Le coureur Stephen Swart arrive dans cette équipe en 1994. Il décrit ses coureurs à la peine en compétition, n'obtenant pas les résultats espérés et attribuant l'écart entre d'autres équipes et la leur à la généralisation progressive de la consommation d'EPO. Le directeur sportif Jim Ochowicz et le médecin Massimo Testa refusent d'entendre parler de dopage. Au début de l'année 1995, les coureurs se résolvent à entamer un programme de dopage pour ceux d'entre eux qui participent au Tour de France, estimant que c'est le seul moyen d'obtenir des résultats. D'après Swart, la décision est prise par lui-même, Lance Armstrong et Frankie Andreu. Ce dernier a confirmé le constat de déclassement de l'équipe Motorola par rapport aux autres, mais ne se souvient pas de cette prise de décision[23].

Selon plusieurs témoins, Lance Armstrong aurait avoué avoir fait usage de produits dopants. Cet aveu aurait été formulé le 28 octobre 1996 à l'hôpital universitaire de l'Indiana devant un médecin et six proches du coureur : Frankie Andreu et sa compagne Betsy, Chris Carmichael et sa compagne Paige, la petite amie d'Armstrong Lisa Shiels, et Stephanie McIlvain, représentante de l'équipementier Oakley et devenue une amie d'Armstrong. Lors de la procédure d'arbitrage ayant opposé la société SCA Promotions à la société Tailwind Sports et Lance Armstrong, deux des témoins, Frankie et Betsy Andreu, ont confirmé sous serment ces aveux et précisé qu'Armstrong avait déclaré avoir consommé de l'EPO, de l'hormone de croissance, de la cortisone et de la testostérone. Lisa Shiels, Paige et Chris Carmichael n'ont pas témoigné lors du procès. Stephanie McIlvain a en revanche confirmé l'existence de cette conversation et la présence des mêmes proches d'Armstrong, mais a nié avoir été témoin d'une évocation du dopage par ce dernier. Greg LeMond dispose cependant d'un enregistrement d'une conversation téléphonique antérieure au procès au cours de laquelle Stephanie McIlvain affirme le contraire. Le photoreporter James Startt et Betsy Andreu ont rapporté des propos de la même teneur. Betsy Andreu a par ailleurs relaté deux conversations téléphoniques au cours desquelles Stephanie McIlvain a fait part de pressions professionnelles exercées sur son mari, vice-président du service marketing d'Oakley. Lance Armstrong a nié avoir formulé de tels aveux, ainsi que la présence d'un médecin ce jour-là. Ce dernier démenti entre cependant en contradiction avec la version de son avocat qui a évoqué la probabilité de l'évocation par le médecin de l'EPO et des stéroïdes dans le cadre du traitement suivi par Armstrong contre son cancer[24].

Emma O'Reilly, ancienne masseuse de Lance Armstrong employée par l'équipe US Postal de 1996 à 2000, a décrit l'adoption progressive d'un programme de dopage au sein de l'équipe US Postal et plusieurs scènes dont elle a été témoin ou actrice, dont l'épisode du Tour de France 1999, mentionné précédemment. Elle relate ainsi le déroulement du Tour du Luxembourg 1998, en l'absence du personnel médical de l'équipe et de personnel participant au programme de dopage : « Lance Armstrong et Freddie [Viaene, soigneur de l'équipe] s'impatientaient et je me sentais mal à l'aise. Je savais qu'on avait des trucs dans le camion. Alors je l'ai ouvert et je leur ai dit : « Allez y les gars, servez-vous vous-même. » Ils se sont jetés dessus. »[25]. À trois reprises, elle a été impliquée dans le transport de produits : de la testostérone pour George Hincapie au printemps 1998[26],[27], des seringues vides à jeter confiées par Lance Armstrong en août 1998[28], et des comprimés pour Lance Armstrong transmis discrètement par Johan Bruyneel en mai 1999[29].

Mike Anderson a été salarié de Lance Armstrong de novembre 2002 à novembre 2004. Il était chargé de suivre Armstrong en voiture lors de ses entraînements, et de diverses tâches quotidiennes. Il affirme avoir trouvé en 2004 dans la salle de bains de Lance Armstrong une boîte de pilules qu'il a identifiées comme étant un stéroide interdit en consultant le site internet de l'Agence mondiale antidopage. Il estime que cette découverte a été la première cause de la dégradation de sa relation avec Armstrong. Plus tard, Anderson demande à Armstrong son opinion sur l'affaire de dopage à laquelle est alors mêlé Johan Museeuw. Armstrong lui répond : « Tout le monde le fait ». Enfin, d'après Anderson, au printemps 2004, Armstrong se serait absenté de son domicile sans en informer personne alors que des contrôleurs de l'agence antidopage américaine venaient lui faire subir un contrôle antidopage[30].

Le 20 mai 2010, son ex-coéquipier chez US Postal, Floyd Landis, affirme que Lance Armstrong, qui était alors son leader, l'a aidé à comprendre l'usage des produits dopants : « Lance et moi avons eu de longues discussions pendant nos sorties d'entraînement pendant lesquelles il m'expliquait aussi l'évolution des tests contre l'EPO qui rendait du coup nécessaire les transfusions »[31]. Lance Armstrong dément le jour-même ces allégations[32].

En mai 2011 Tyler Hamilton déclare au cours d'une émission télévisée diffusée par CBS avoir vu Lance Armstrong se doper à l'EPO au cours du Tour de France 1999[33].

Des soupçons sur les équipes de Lance Armstrong et son entourage

Lors du Tour de France 2000, France 2 diffuse un reportage dans lequel on voit du personnel de l'US Postal jeter dans une poubelle des seringues et des boîtes de médicaments (Actovegin[34]), ce qui ne constitue néanmoins pas une preuve de dopage puisque le contenu ne peut être assimilé au mode d'assimilation et l'Actovegin[35] ne figurait pas à l'époque sur la liste des produits interdits par l'UCI[36].

En 2001, Armstrong précise consulter depuis 1995 le docteur Michele Ferrari, condamné depuis pour fraude sportive et exercice abusif de la profession de pharmacien, mais sans que cette condamnation soit en rapport avec la relation des deux hommes[37]. Le jugement concernant Ferrari repose principalement sur les affirmations du coureur cycliste Filippo Simeoni, affirmations qui ont été, ainsi qu'il est écrit par le juge dans les attendus du jugement, « confortées par une série d'éléments recueillis (...) au cours du procès ». Michele Ferrari a cependant obtenu un non-lieu en appel pour prescription des faits. Armstrong avait dans un premier temps officiellement rompu toute relation avec le médecin italien qui était cependant parmi ses invités lors de la fête célébrant sa sixième victoire dans le Tour de France en juillet 2004

Palmarès, résultats et distinctions

Palmarès

Résultats sur les grands tours

Tour de France

  • 1993 : abandon 12e étape et vainqueur de la 8e étape.
  • 1994 : abandon 15e étape.
  • 1995 : 36e du classement général et vainqueur de la 18e étape.
  • 1996 : abandon 6e étape.
  • 1999 : Jersey yellow.svg vainqueur du classement général et de 4 étapes, porteur du maillot jaune durant 15 étapes.
  • 2000 : Jersey yellow.svg vainqueur du classement général et de 1 étape, porteur du maillot jaune durant 12 étapes.
  • 2001 : Jersey yellow.svg vainqueur du classement général et de 4 étapes, porteur du maillot jaune durant 8 étapes.
  • 2002 : Jersey yellow.svg vainqueur du classement général et de 4 étapes, porteur du maillot jaune durant 11 étapes.
  • 2003 : Jersey yellow.svg vainqueur du classement général et de 2 étapes (dont un contre-la-montre par équipes), porteur du maillot jaune durant 13 étapes.
  • 2004 : Jersey yellow.svg vainqueur du classement général et de 6 étapes (dont un contre-la-montre par équipes), porteur du maillot jaune durant 7 étapes.
  • 2005 : Jersey yellow.svg vainqueur du classement général et de 2 étapes (dont un contre-la-montre par équipes), porteur du maillot jaune durant 17 étapes.
  • 2009 : 3e du classement général et vainqueur de la 4e étape (contre-la-montre par équipes).
  • 2010 : 23e du classement général.

Tour d'Espagne

  • 1998 : 4e du classement général

Tour d'Italie

Classements mondiaux

Jusqu'en 2004, le classement UCI concerne tous les coureurs ayant obtenu des points lors de courses du calendrier international de l'Union cycliste internationale (324 courses en 2004). En 2005, l'UCI ProTour et les circuits continentaux sont créés, ayant chacun leur classement. De 2005 à 2008, le classement de l'UCI ProTour classe les coureurs membres d'équipes ProTour en fonction des points qu'ils ont obtenus lors des courses du calendrier UCI ProTour, soit 28 courses en 2005, 27 en 2006, 26 en 2007. En 2008, le calendrier du ProTour est réduit à 15 courses en raison du conflit entre l'UCI et les organisateurs de plusieurs courses majeures. Les trois grands tours, Paris-Roubaix, la Flèche wallonne, Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Lombardie, Tirreno-Adriatico et Paris-Nice ne sont donc pas pris en compte dans le classement ProTour 2008. En 2009 et 2010, un « classement mondial UCI » remplace le classement ProTour. Il prend en compte les points inscrits lors des courses ProTour et des courses qui n'en font plus partie, regroupées dans un « calendrier historique », soit au total 24 courses en 2009 et 26 en 2010. Ce nouveau classement prend en compte les coureurs des équipes continentales professionnelles.

Lance Armstrong obtient sa meilleur place au classement UCI en 2002 : 2e.

Année 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Classement UCI[40] 21e 25e 15e 9e NC 25e 7e 4e 4e 2e 8e 7e
Classement ProTour[41] 5e NC NC NC
Classement mondial UCI 32e 60e
Coupe du monde[42] 20e 6e 9e 7e NC NC NC NC NC 13e NC NC

Distinctions

Cinéma

Annexes

Notes et références

  1. Il est parfois présenté, à tort, comme le plus jeune champion du monde de sa spécialité, Karel Kaers ayant remporté son titre à 20 ans en 1934.
  2. Mémoire du cyclisme et l'Equipe
  3. (en) « Sources: Lance Armstrong coming back », Velonews.com, 8 septembre 2008.
  4. (en) « Astana denies Armstrong return », cyclingnews.com, 9 septembre 2008.
  5. « Cyclisme - Lance Armstrong confirme un retour à la compétition », levif.be, 9 septembre 2008.
  6. « Cyclisme - TDF 2009 - Armstrong avec Astana », L'Equipe.fr, 24 septembre 2008.
  7. Armstrong fait déjà sa loi, Sports.fr, 11 octobre 2008.
  8. http://www.cyclingnews.com/news.php?id=news/2009/mar09/mar23news3
  9. SRAM Tour of the Gila - NE sur cyclingnews.com. Consulté le 14 mai 2009
  10. Lance Armstrong va disputer sa dernière course à l'étranger en janvier - www.lemonde.fr du 24/10/2010 consulté le 27/11/2010
  11. Armstrong arrête pour de bon sur lequipe.fr, 16 février 2011. Consulté le 17 février 2011
  12. Lance Armstrong et Sheryl Crow se séparent sur nouvelobs.com, 4 février 2006. Consulté le 10 septembre 2008
  13. Ballester et Walsh 2006, p. 217-226
  14. Armstrong positif aux corticoïdes
  15. Armstrong dans la tourmente sur lequipe.fr, 10 septembre 2008
  16. La vérité sur Armstrong
  17. Armstrong s'en lave les mains sur lefigaro.fr, 27 avril 2009. Consulté le 14 juin 2010
  18. Michael Ashenden est à l'origine du test sanguin de détection de l'EPO et fait partie depuis 2008 du groupe d'experts nommés par l'UCI en charge de l'examen des passeports sanguins
  19. Ballester et Walsh 2006, p. 181-187
  20. (en) Interview de Michael Ashenden sur velocitynation.com
  21. Ballester et Walsh 2006, p. 190-199
  22. La compagnie d'assurance SCA Promotions s'était engagée à verser plusieurs millions de dollars à Armstrong via Tailwind Sports si Armstrong remportait les Tours de France 2001, 2002, 2003 et 2004. S'estimant flouée après la parution de L.A. Confidentiel et des accusations de dopage portées contre Armstrong en 2004, elle avait cessé de verser les sommes dues pour mener sa propre enquête. La société Tailwind Sports a alors demandé et obtenu du tribunal de Dallas l'ouverture d'une procédure d'arbitrage. Le litige s'est conclu par un accord amiable entre les deux parties. Les soupçons de dopage pesant sur Armstrong n'ont pas influé sur son issue : seul comptait qu'Armstrong soit officiellement déclaré vainqueur de l'épreuve pour que les termes du contrat soient respectés.
  23. Ballester et Walsh 2004, p. 69-73, 86-92
  24. Ballester et Walsh 2009, p. 16-35
  25. Ballester et Walsh 2004, p. 178
  26. Ballester et Walsh 2009, p. 38
  27. Ballester et Walsh 2004, p. 181-182
  28. Ballester et Walsh 2004, p. 182-184
  29. Ballester et Walsh 2004, p. 192-196
  30. Ballester et Walsh 2006, p. 34-39
  31. Floyd Landis avoue s'être dopé et accuse le cyclisme américain, le monde.fr. Consulté le 21 mai 2010
  32. « Armstrong répond à Landis », Europe1.fr, mis en ligne le 21 mai 2010
  33. Tyler Hamilton accuse Lance Armstrong de dopage, Le Soir en ligne, 20 mai 2011
  34. [1]
  35. [2]
  36. Libération 25/11/2000
  37. Lance Armstrong tente de justifier ses liaisons dangereuses
  38. Classement général du Tour d'Italie 2009 sur uci.ch. Consulté le 22 juillet 2011
  39. Initialement 12e, Lance Armstrong est classé 11e après le déclassement de Danilo Di Luca.
  40. 2005 UCI Road Rankings, UCI. Consulté le 12 février 2010
  41. Classement Pro-Tour sur mémoire-du-cyclisme.net. Consulté le 13 février 2010
  42. La coupe du monde depuis 1989 sur mémoire-du-cyclisme.net. Consulté le 13 février 2010

Bibliographie

  • Il n'y a pas que le vélo dans la vie, de Lance Armstrong, Sally Jenkins, Dominique Rinaudo (traduction) - Éditions Albin Michel, 2000
  • Chaque seconde compte, de Lance Armstrong, Sally Jenkins, Pierre Girard (traduction) - Éditions Albin Michel, 2003
  • Mon programme de forme et d'entraînement, de Lance Armstrong, Chris Carmichael, J-C Labrunye (traduction), Patrick Merle (traduction) - Éditions L'Archipel, 2003
  • Pierre Ballester et David Walsh, L.A. Confidentiel : Les secrets de Lance Armstrong, La Martinière, 2004, 374 p. (ISBN 2757800272) 
  • Pierre Ballester et David Walsh, L.A. Officiel, Paris, La Martinière, 2006, 236 p. (ISBN 2846752044) 
  • Pierre Ballester et David Walsh, Le sale tour, Paris, Seuil, 2009, 239 p. (ISBN 9782020994804) 
  • Lance Armstrong, de Arnaud Briand & J-S Fernandes - Éditions Horizon Illimité, 2004
  • Champion : Défense et illustration de Lance Arsmtrong, de Christian Laborde - Édition Broché, 2006
  • Lance Armstrong, l'abus ! de Jean-Emmanuel Ducoin - Éditions Michel de Maule, 2009
  • Jean-Pierre de Mondenard et David Garcia, La grande imposture, Hugo et Compagnie, 2009, 207 p. (ISBN 2755603682) 

Liens externes

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