La Mer de la fertilité


La Mer de la fertilité
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'œuvre littéraire de Yukio Mishima. Pour la mer lunaire dont elle tire son nom, voir Mare Fecunditatis.
La Mer de la fertilité
Illustration de couverture de l'édition française : Hatsuhana faisant pénitence sous la cascade de Tonosawa, une estampe sur bois de Kuniyoshi Utagawa
Illustration de couverture de l'édition française : Hatsuhana faisant pénitence sous la cascade de Tonosawa, une estampe sur bois de Kuniyoshi Utagawa

Auteur Yukio Mishima
Préface Marguerite Yourcenar
Genre Roman
Version originale
Titre original Hôjô no umi
Langue originale Japonais
Pays d'origine Drapeau du Japon Japon
Date de parution originale 1970
Version française
Traducteur Tanguy Kenec'hdu
Lieu de parution Paris
Éditeur Gallimard
Collection Quarto
Date de parution 2004
Couverture Kuniyoshi Utagawa
Nombre de pages 1204
ISBN 2-07-076843-0

La Mer de la fertilité (Hôjô no umi[1]) est une tétralogie romanesque de l'écrivain japonais Yukio Mishima souvent présentée comme son « testament littéraire »[2].

Les quatre romans du cycle ont été écrits entre 1965 et 1970. Ils content la courte vie et les « réincarnations » successives d'un des personnages principaux, Kiyoaki, et rapportent parallèlement d'importantes séquences de l'existence de son ami Honda. Du lendemain de la guerre russo-japonaise au surlendemain américanisé du dernier conflit mondial, l'ouvrage évoque divers aspects du Japon du XXe siècle, d'une bourgeoisie et d'une aristocratie pour une part fortement occidentalisées.

Mishima dit avoir mis dans ce livre tout ce qu'il connaissait de la vie.[citation nécessaire] Le 25 novembre 1970, juste après avoir mis le manuscrit sous enveloppe au nom de l'éditeur, il mène une opération d'éclat (qui échoue) contre le gouvernement et s'ouvre le ventre selon la tradition japonaise du suicide rituel, le seppuku. Cette forme de suicide est par ailleurs longuement évoquée et décrite dans le deuxième volet de La Mer de la fertilité. Le titre de l’œuvre fait allusion à la plaine déserte du globe lunaire, prise ici comme symbole du désert absolu.[citation nécessaire]

Sommaire

Présentation

La théorie de la réincarnation, qui sous-tend l'œuvre, réunit des personnes très différentes les unes des autres de façon subtile mais évidente pour Honda, le personnage suivi tout au long de sa vie au cours de la tétralogie.

Neige de printemps

L'histoire se déroule dans un Japon qui vient de sortir de l'ère Meiji et qui, sous le poids de l'influence occidentale, peine à passer à quelque chose de nouveau. Deux jeunes hommes, Kiyoaki et Honda, vivent une forte amitié, quand le premier tombe amoureux, après maintes dérobades, de Satoko, alors promise à un prince impérial. Ses sentiments le mènent à la mort, alors qu'elle se retire dans un couvent. Le premier opus se termine dans le train où Kiyoaki agonise et quitte Honda sur ses derniers mots : « Je viens d'avoir un rêve. Je te reverrai. Je le sais. Sous la cascade. »[3]

Chevaux échappés

Le second roman débute en 1932. Honda, marié et approchant de la quarantaine, est magistrat à Osaka. Il se souvient de sa jeunesse et de celle de Kiyoaki, se persuade que celui-ci s'est réincarné en Isao, un idéaliste vouant une vénération sans limites à l'Empereur, à l'instar des samouraïs révoltés du début de l'ère Meiji. Ce très jeune homme s'indigne de la corruption, de l'engouement pro-occidental du Japon, et prémédite, avec des étudiants, une action sanglante et spectaculaire pour « purifier » le Japon de ses institutions faibles non respectueuses du pouvoir impérial. Suite à son échec, Isao opte pour une deuxième tentative, sous forme d'assassinat, et se suicide suite à la réalisation de son projet.

Le Temple de l'aube

Le troisième opus, dont Honda est toujours protagoniste, fait apparaître un nouveau personnage : une princesse thaïlandaise s'avérant être une nouvelle réincarnation du personnage initial, Kiyoaki. Le livre porte sur les fantasmes et pulsions mal contrôlés du vieillard qu'est devenu Honda, hanté par son amour pour la jeune princesse. À nouveau, le roman se clôt par la mort – celle de la thaïlandaise.

L'Ange en décomposition

Le quatrième volume nous fait croire à une nouvelle réincarnation, qui s'avérerait être erronée. À la fin du roman, un Honda octogénaire ayant usé ses dernières forces à gagner un monastère proche de Nara va retrouver l'ancienne maîtresse de Kiyoaki devenue abbesse. Cette dernière clôt toute l'histoire en quelques phrases énigmatiques empreintes de sagesse. Dans un jardin paisible et vide, tout reste en suspension, la « réalité » du roman remise en question.

Personnages principaux

  • Kiyoaki Matsugae — Jeune noble d'une grande beauté. Héros du premier opus.
  • Shigekuni Honda — Meilleur ami de Kiyoaki, il sera présent durant toute l'histoire, vu à chaque fois lors d'une autre période de sa vie.
  • Satoko Ayakura — Amante de Kiyoaki, elle deviendra plus tard abbesse.
  • Isao — Seconde réincarnation de Kiyoaki. Expert en kendo, il tentera de monter un coup d'État, puis finira par s'ôter la vie. (Ce personnage partage plusieurs traits en commun avec son auteur, Mishima s'étant effectivement donné la mort selon la tradition japonaise suite à une sorte de tentative de coup d'État.[citation nécessaire])
  • Ying Chan — Troisième réincarnation de Kiyoaki. Princesse thaïlandaise.
  • Toru Yasunaga — Devrait être la dernière réincarnation de Kiyoaki, mais le doute plane quant à sa véritable origine.

Citation

« Je voyais distinctement la mer qui resplendissait et la plage brillante, telles qu'elles étaient vraiment. Pourquoi n'ai-je pas su voir la modification subtile survenue en profondeur dans la substance de l'univers? Le monde changeait constamment, imperceptiblement, tout comme le vin dans une bouteille. Me voici comme celui qui ne voit pas au-delà du liquide sombre dont les reflets chaleureux illuminent le verre. Pourquoi n'ai-je jamais songé à le goûter, ne fût-ce qu'une fois chaque jour, tâchant de déceler la moindre variation qui se serait produite. »

— Neige de printemps

Notes et références

  1. La littérature japonaise, p. 112
  2. La Mer de la fertilité, quatrième de couverture
  3. Neige de printemps, Chapitre 55, dans La Mer de la fertilité, p. 368

Bibliographie


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