La Boisserie


La Boisserie
La Boisserie
La Boisserie 04.jpg
Informations géographiques
Pays Drapeau de France France
Ville Colombey-les-Deux-Églises
Adresse 1 rue du Général-de-Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises
Coordonnées 48° 13′ 08″ N 4° 52′ 59″ E / 48.2187694, 4.8831833348° 13′ 08″ Nord
       4° 52′ 59″ Est
/ 48.2187694, 4.88318333
  
Informations générales
Collections Lieux et objets de la vie du général de Gaulle

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La Boisserie

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La Boisserie

La Boisserie était la résidence personnelle du général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises en Haute-Marne. C'est aujourd'hui un musée ouvert à la visite dont le propriétaire est son fils, l'amiral Philippe de Gaulle.

Sommaire

Historique

C'est le 9 juin 1934, que de Gaulle, alors commandant, et son épouse Yvonne achetèrent en viager cette gentilhommière de quatorze pièces entourée d'un vaste terrain. Elle s'appelait déjà « la Boisserie », déformation du nom « Brasserie » parce que la brasserie de village y fut fondée en 1843. Le couple désirait que leur benjamine Anne, trisomique gravement handicapée, bénéficie du grand air de la campagne champenoise dans cette maison de vacances et soit protégée de l'indiscrétion du public. Anne de Gaulle aima d'ailleurs particulièrement les séjours à La Boisserie, jusqu'à sa mort en février 1948. De plus, la résidence était proche de l'affectation du colonel de Gaulle au Metz de juillet 1937 à septembre 1939.

Au moment de l'acquisition, La Boisserie n'était pas une habitation luxueuse : elle n'était raccordée ni au réseau d'eau, ni au réseau téléphonique. Au lendemain de la seconde Guerre mondiale, après avoir été pillée et partiellement incendiée en 1944, les principales améliorations furent apportées, comme l'eau chaude et le chauffage central, et de Gaulle fit construire la tour hexagonale en moellons coiffée de vieilles tuiles du pays, au rez-de-chaussée de laquelle il installa son cabinet de travail d'où, d'un regard, il pouvait embrasser le paysage immense et sauvage.

De Gaulle aimait venir se reposer dans ce qu'il considérait comme sa vraie et sa seule demeure. Il s'y réfugiait pour prendre les décisions importantes, dans le calme et la solitude. Même élu président de la République française, au départ il refusa de séjourner à l'Élysée, contrairement au protocole. Il finit par habiter le palais présidentiel, mais continua de passer beaucoup de temps et tous ses week-end en famille à Colombey. En 1969, de Gaulle démissionna et se retira dans sa maison avec son épouse. Il y mourut le 9 novembre 1970.

Yvonne de Gaulle résida à la Boisserie jusqu'en 1978, date à laquelle elle la quitta définitivement pour Paris, où elle entra à la maison de retraite des sœurs de l'Immaculée Conception. Elle mourut un an plus tard à l'hôpital du Val-de-Grâce, à l'âge de 79 ans, le 8 novembre 1979, veille du 9e anniversaire de la mort de son mari.

La maison et son parc, y compris la clôture donnant sur la rue, ont été inscrits aux monuments historiques par un arrêté du 6 septembre 2004[1].

Musée

Les charges financières de l’entretien de la propriété étant devenues trop lourdes, la Boisserie est aujourd'hui un musée ouvert à tout public. On peut notamment y voir :

  • Le vestibule aux grandes dalles patinées, aux murs duquel sont accrochés des masques africains, deux défenses d’éléphant et des sagaies en bois offerts lors de ses voyages. Sous l’escalier, près de la réserve de bois, le Général avait fait installer « la » ligne téléphonique de rigueur, eu égard à sa fonction présidentielle, mais il y répondait rarement, détestant le téléphone. L'escalier en bois est barré, les appartements privés à l'étage n'étant pas admis à la visite : la chambre du couple comportant deux lits jumeaux de style Louis XVI, une autre chambre qui servait de cabinet de travail à Yvonne de Gaulle et abrite les meubles de la famille Vendroux et les chambres doubles de leurs enfants Philippe et Élisabeth[2].
  • La salle à manger, au sol recouvert d’un fin carrelage noir et blanc, au mur décoré d'une tapisserie d'Aubusson, présente un mobilier typiquement normand, notamment le buffet avec la maquette du France dont Yvonne de Gaulle était la marraine. Cette pièce renferme des cadeaux personnels reçus par le Général : deux amphores romaines repêchées et offertes par la Marine française, un coq en acier de Thiérache offert par la Foire internationale de Lille qu’il inaugura le 23 avril 1966), un tapis venant de Mohammed V du Maroc, une tablette de clés offertes par des villes visitées et, au-dessus de la porte d'entrée, une plaque en bois « rue Princesse », don de sa ville natale de Lille. Le Général s’asseyait le dos à la cheminée monumentale ornée de carreaux de Delft et s'amusait à faire compter aux invités le nombre d'animaux présents sur la Dame à la licorne[3].
  • Le grand salon toujours en carrelage noir et blanc recouvert par des tapis. Au mur, des portraits de la famille de Gaulle et un tableau du XVIIe siècle représentant le port d’Anvers, cadeau du roi Baudouin de Belgique. Un canapé, des fauteuils et des chaises sont disposés autour d’une cheminée de briques roses. Dans le fond, une vitrine expose divers cadeaux d'objets de culte, notamment une Piéta du XVe siècle, don à la maîtresse de maison du chancelier allemand Konrad Adenauer, le seul chef d’État reçu à la Boisserie les 14 et 15 septembre 1958, pour débuter la réconciliation franco-allemande.
  • La bibliothèque où Charles de Gaulle mourut le 9 novembre 1970 alors qu'il réalisait une patience sur sa table de bridge recouverte de feutrine verte, tout en attendant les informations régionales télévisées. Le mobilier est resté en place : le fauteuil blanc, le lampadaire et la table à jeu du Général, à côté le secrétaire de Mme de Gaulle. On voit également une table basse avec un coffre à cigares offert par Fidel Castro. La bibliothèque abrite notamment les Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand et le Mémorial de Sainte-Hélène de Las Cases qui ont inspiré les Mémoires de guerre du général, mais aussi les œuvres complètes de Jules Verne ou des ouvrages destinés à ses enfants (comme le Lion de Joseph Kessel)[4]. Au-dessus des bibliothèques sont accrochées des photos en noir et blanc, dédicacées par les chefs d’état rencontrés (Kennedy, la Reine Élisabeth II, Hailé Sélassié, Churchill, etc.) et en face 14 lampes de mineurs alignées, reçues chaque fois qu'il se rendait dans sa région d'origine.
  • Le bureau, attenant à la bibliothèque, situé dans la tour d’angle hexagonale, abrite les objets personnels du général[5] : ses Mémoires de guerre reliées de cuir vert, un briquet, un sous-main, des souvenirs frappés du « V » de la victoire et de la croix de Lorraine (armes de parade, plaques commémoratives, fanions, insignes, etc.) ainsi que des fils de fer barbelés du camp d'internement de Compiègne - Royallieu. De la fenêtre, le général pouvait voir la forêt de Clairvaux[6] et la ligne d'horizon de la Côte des bar.
  • Le parc boisé de deux hectares, planté de rosiers et de pivoines, garde au fond une partie (nommée « le verger » laissée en jachère fleurie que le général faisait faucher deux fois par an[7]. Les de Gaulle y ont fait installer des jeux pour leurs petits-enfants : petite terrasse qui servait pour la piscine d'été, mini-golf, ancien terrain de tennis, portique de balançoire, etc.

Notes et références

  1. Notice no PA52000023, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  2. Florence d'Harcourt, Tante Yvonne, une femme d'officier, mars 2007, 334 p. (ISBN 978-2353350735), p. 292 
  3. André Malraux, Le miroir des limbes : la corde et les souris, t. 2, Gallimard, 1976, 541 p. (ISBN 2-07-036731-2), p. 646-648 
  4. Les rayons de livres sont barrés par une tige de métal anti-vol.
  5. Protégé par une porte vitrée, le bureau ne se visite pas.
  6. Le général allait régulièrement se confesser à l'Abbaye de Clairvaux.
  7. C'est toujours la même famille d'agriculteurs qui fait les foins.

Voir aussi

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