Koï


Koï
Carpe koï de variété Kohaku

La carpe koï (, koi?) est un poisson ornemental asiatique, élevé en Chine puis au Japon. Son nom est la contraction du terme « nishikigoi » (錦鯉?, littéralement « carpe de brocart »). Vivant dans les rizières, ce poisson est le fruit de croisements entre individus de l'espèce appelée Carpe commune, Cyprinus carpio. Elle est définie comme étant de la sous-espèce Cyprinus carpio carpio[1]. La carpe koï arbore diverses couleurs : rouge, blanc, jaune, noir, etc. Certaines variétés colorées sont très prisées par les collectionneurs et peuvent atteindre des prix records alors qu'elles ne sont encore âgées que d'environ deux ans. C'est un symbole d'amour et de virilité que l'on retrouve couramment dans la culture japonaise.

Sommaire

Principales variétés

La carpe koï est représentée par différentes variétés[2] :

  • Kohaku (variété blanche à taches rouges) ;
  • Taisho-Sanke (variété tricolore à fond blanc et taches rouges et noires) ;
  • Showa-Sanshoku (variété tricolore à fond noir et taches blanches et rouges) ;
  • Bekko (variété bicolore) :
    • Shiro-Bekko (variété à fond blanc et légères taches noires) ;
    • Aka-Bekko (variété à fond orange et légères taches noires) ;
    • Ki-Bekko (variété à fond jaune et légères taches noires) ;
  • Goshiki (variété bicolore à fond gris et taches oranges) ;
  • Bekko (variété bicolore avec des traces noires sur un fond d'une autre couleur) ;
  • Utsurimono (variété bicolore à fond noir) ;
  • Asagi-Shusui (variété gris bleuté et blanche avec des taches rouges) ;
    • Asagi (variété présentant des reflets métalliques) ;
    • Shusui (variété ne présentant pas de reflets métalliques) ;
  • Koromo (variété avec écailles présentant une bordure bleue) ;
  • Hikarimono (variété unicolore métallique)
    • Ogon (variété de couleur platine) ;
  • Hikari-Utsurimono (variété tricolore métallique) ;
  • Hikari-Moyomono (variété multicolore métallique) ;
  • Hikari-Mujimono (variété unicolore : orange, jaune ou grise) ;
  • Kawarimono (variété regroupant tous les poissons sans reflets métalliques n'appartenant à aucune autre variété) ;
    • Karasugoi
    • Matsubagoi
  • Kinginrin (variété présentant des écailles très brillantes et argentées) ;
  • Tancho (variété avec une tache rouge sur la tête).

Comportement des koïs

Les carpes koï ne peuvent être maintenues qu'en extérieur, dans des bassins aménagés ou des étangs. Elles sont incapables de survivre en aquarium, puisqu'il faut un mètre cube d'eau pour une carpe koï adulte[2].

Les carpes koï sont essentiellement végétariennes, ce qui explique leur caractère pacifique et grégaire. La cohabitation avec d'autres espèces de poissons ne pose donc aucun problème. Elles restent souvent regroupées en bancs et effectuent ensemble des aller-retour entre leurs lieux de repos et d'alimentation[réf. souhaitée].

Les koïs affectionnent les fonds sablonneux ou vaseux dans lesquels elles cherchent de la nourriture à l'aide de leurs deux paires de barbillons. Dans un bassin aménagé, il est cependant préférable de supplémenter leur nourriture avec des granulés flottants, des flocons, etc. La carpe est tellement docile et routinière qu'elle finira souvent par manger dans la main de son propriétaire et venir réclamer sa nourriture à heure fixe[réf. souhaitée].

Plus la température de l'eau est élevée, plus les carpes seront voraces. Mais lorsque la température descend sous la barre des 6 °C, les carpes cessent pratiquement de s'alimenter et entrent dans une phase de semi-hibernation qui peut durer durant tout l'hiver. Elles se cachent alors au fond du bassin, presque enfoncées dans la vase, afin de se protéger du froid[2].

L'histoire de la carpe koï

La Carpe commune (formes normale et cuir) qui a servi de souche aux carpes koï.
Six carpes koï de différentes variétés colorées.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la carpe koï n'est pas originaire du Japon. La plus ancienne forme du nishikigoi, appelé magoi, était noire et vivait dans les mers Noire, Caspienne, d'Aral et d'Azov. C'est en Chine qu'apparaissent les premiers écrits les concernant au environ de 500 av. J.-C..

Les premières techniques d'élevage de la carpe koï furent également inventées en Chine. Les variations chromatiques se limitaient alors au rouge et au gris car on l'élevait principalement pour la saveur de sa chair. La carpe koï ne fut introduite au Japon que lors des invasions chinoises[2].

C'est au XVIIe siècle, dans la région du Niigata, que l'on introduisit la carpe dans les rizières afin d'agrémenter le régime à base de riz des paysans. Les premières mutations chromatiques dignes de ce nom apparurent entre 1804 et 1830 et concernèrent les carpes rouge, blanche et jaune. Entre 1830 et 1850, les kohaku virent le jour à la suite d'un croisement entre une carpe blanche et une carpe rouge. Et dès la fin du XIXe siècle, la plupart des variétés que nous connaissons maintenant s'étaient établies[2].

L'élevage des carpes koï ne connut cependant qu'un succès qui ne dépassa pas les frontières du Niigata. Mais au sein de cette région, certains poissons valurent bientôt leur pesant d'or et l'élevage fut temporairement interdit par les autorités locales qui considéraient cela comme de la spéculation.

Ce n'est qu'à la suite d'une exposition à Tokyo en 1914 que les koïs sortirent de leur isolement, le maire d'un village du Niigata y ayant envoyé 27 exemplaires afin de sensibiliser le public aux conditions de travail pénible dans la région. Huit de ces carpes furent offertes au fils de l'empereur Taisho. Ce fut cet évènement qui permit la propagation de la carpe koï dans le monde entier[2].

Le marché de la carpe koï s'est considérablement développé à l'issue de la Seconde Guerre mondiale grâce au transport aérien et la création d'élevages à l'extérieur du Japon. Maintenant, de nombreux pays assurent la production de carpes ornementales, mais la qualité des koïs élevées au Japon surpasse néanmoins toute concurrence[réf. nécessaire].

Marché et collectionneurs

Les carpes koï peuvent être très onéreuses, suivant leur classe : A, B et C ; la classe A étant la plus chère. En effet, on compte des individus dont le prix peut aller jusqu'à 200 000 dollars (180 000 euros) pour les plus rares[réf. nécessaire] au début des années 2000. Le record absolu est une vente réalisée en 2008 pour une montant de 347 000 euros[réf. nécessaire].

Les carpes koï de classe A proviennent uniquement d'élevages japonais et sont pour cela considérées comme étant les meilleures. Les carpes koï nées de parents japonais, mais qui n'ont pas été élevées au Japon forment la classe B. En revanche, les carpes de grade C n'ont pas de liens de parenté avec les koïs et ne devraient pas être considérées comme telles[réf. nécessaire].

La plus prisée des carpes koï est le tancho. Cette carpe est blanche avec une tache rouge unique sur la tête. Son nom provient de la grue du Japon, qui arbore également ce motif. Elle est particulièrement appréciée chez les Japonais puisque son motif rappelle le drapeau du pays[2].

La carpe koï dans la culture

Les carpes koï ont une place importante dans la culture japonaise, où elles sont un symbole d'amour et de virilité[réf. souhaitée]. Leur succès s'est étendu partout où ces poissons ont été exportés, elles apportent beaucoup de charme et de dynamisme à un bassin de jardin. Les carpes koï étant très calmes, elles apportent beauté et sérénité dans un bassin.

Au Japon, ces carpes servaient à agrémenter les jardins. Elles donnaient une touche de couleur, de vie et de sérénité dans ce lieu de repos. La tradition voulait que l'invité prestigieux choisisse en entrant le spécimen qu'il allait déguster pendant le repas[réf. nécessaire].

Plus précisément, elles représentent la force et la persévérance, du fait qu'elles remontent à contre-courant les rivières et cascades du Japon et d'Asie. Selon la légende chinoise, les carpes du fleuve Jaune, après avoir remonté le fleuve, s'envoleraient vers le ciel en se transformant en dragons. Cette légende serait à l'origine au Japon des koi-nobori (鯉幟?, lit. « bannière carpe »), des manches à air en forme de carpes koï utilisées lors de la journée des enfants le 5 mai, ayant jadis pour objet d'encourager les garçons à être forts et valeureux[3].

On raconte que le philosophe Confucius reçut une carpe koï de la part du roi et aurait nommé son fils d'après ce poisson, car il était le seul à pouvoir remonter les chutes du fleuve Jaune[2].

Notes et références

  1. Référence FishBase : espèce Cyprinus carpio carpio (en) (+ traduction (fr)) (+ noms vernaculaires 1 & 2)
  2. a, b, c, d, e, f, g et h La grande encyclopédie des fascinants koï, Édition Chantecler
  3. Les origines japonaises de la fête des enfants sur Koi nobori - la fête des enfants du monde, Espace HATTORI, Centre Culturel Franco-Japonais. Mis en ligne le 25 avril 2009, consulté le 30 mai 2009

Voir aussi

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Bibliographie

  • P. Balza, La Carpe Koï, Éditions De Vecchi, Paris 2006, 93 p.
  • Le guide complet des Koi, Chantecler
  • Dr Herbert R. Axelrod, Introduction aux koïs, T.F.H
  • Peter Cole, L'art de la carpe koï, Le point vétérinaire
  • Bernhard Teichfischer, Koï, dans les plus beaux jardins aquatiques, Dähne Verlag
  • S. Lechleiter et C.P. Steinle, Koï, Ulmer

Lien externe

Articles connexes


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