Katharine Hepburn


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Katharine Hepburn

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Katharine Hepburn en 1940

Nom de naissance Katharine Houghton Hepburn
Surnom First Lady of Cinema
Kate
The Great Kate
Naissance 12 mai 1907
Hartford, Connecticut (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès 29 juin 2003 (à 96 ans)
Old Saybrook, Connecticut (États-Unis)
Profession Actrice
Films notables L'Impossible Monsieur Bébé
Indiscrétions
La Femme de l'année
L'Odyssée de l'African Queen
Soudain l'été dernier
La Maison du lac

Katharine Houghton Hepburn, née le 12 mai 1907 à Hartford, dans le Connecticut, et morte le 29 juin 2003 à Old Saybrook, est une comédienne américaine, gagnant l'Oscar de la meilleure actrice à quatre reprises. Mais « Miss Kate », comme elle fut surnommée, ne prit la peine de venir en chercher aucun.

Dotée d'un fort tempérament et refusant les conventions, Hepburn compte parmi les grandes légendes hollywoodiennes. Éclectique et prolifique, elle excella dans le registre de jeunes femmes loufoques ou de vieilles filles aigries (notamment dans les comédies de George Cukor et Howard Hawks) avant d'endosser le costume de souveraines d'Écosse et d'Angleterre (pour John Ford et Anthony Harvey).

Elle fut nommée par l'American Film Institute plus grande actrice de légende du cinéma en 1999.

Elle n'a aucun lien de parenté avec la Britannique Audrey Hepburn, troisième de ce même classement.

Sommaire

Biographie

Katharine Hepburn dans la pièce de théâtre The Warrior's Husband en 1932

Issue d'une famille cultivée (son père était chirurgien et sa mère militante féministe) du New Jersey, « Kate » est « belle mais bêcheuse ». Seconde de six enfants, elle est d’une nature indépendante et affirme un caractère bien déterminé. Très tôt, après des études à l’Oxford School et au Bryn Mawr College, elle s’intéresse aux cours d’art dramatique.

Ses débuts au théâtre

À l’âge de 19 ans, elle abandonne ses études et se rend à Baltimore dans une compagnie théâtrale, où elle commence par de petits rôles dans La Tsarine et The Cradle Snatchers puis part à New York pour monter The Big Pond mais sans grand succès.

À vingt ans, elle pose nue pour un peintre. Le poète Phelps Putman dit d'elle : « Elle était l'anarchie vivante du cœur. Elle était aussi impolie que la vie et la mort. »

« Garce » — selon ses propres termes —, elle épouse par commodité un richissime homme d'affaires pour se plonger sans souci dans sa seule passion, le théâtre ; elle est pourtant mauvaise et le sait. Après sa première représentation de The Lake à Broadway, la romancière et critique Dorothy Parker écrit : « Allez donc voir Miss Hepburn décliner toute la gamme des émotions de A à B ». Suite à cet échec elle ne retrouve plus de rôle. Mais Kate décide de s'acharner.

En 1930, elle assiste à la conférence de Lee Strasberg au cours de laquelle ce dernier énonce le dogme de l'Actors Studio : « Nous jouerons toutes sortes de pièces. Nous serons tous égaux. Vedette une semaine. Simple figurant la suivante ». Kate qui possède un égo énorme et cachetonne depuis presque dix ans ne peut accepter et claque la porte du théâtre.

Elle obtient enfin ses premiers succès à Broadway dans Art and Mrs Bottle en 1931 et surtout dans The Warrior’s husband (1932) dans le rôle d’Antiope, reine des Amazones où elle impressionne favorablement les critiques.

La conquête d'Hollywood

Elle décide de tenter sa chance à Hollywood. À l'époque, les nababs des studios cherchent justement une Américaine capable de concurrencer la Suédoise Greta Garbo, avec une morphologie androgyne, un visage diaphane et une personnalité raffinée. Lorsque Kate se présente, sa sveltesse et son indépendance impressionnent le puissant David Selznick (un des directeurs de la RKO à ce moment) qui lui propose son premier film, Héritage aux côtés de John Barrymore, réalisé par George Cukor, qui deviendra son réalisateur préféré. Ils tourneront sept films ensemble et plusieurs téléfilms.

Forte de ses derniers succès au théâtre, l’actrice parvient à négocier un avantageux contrat. Arrivée en 1932 à Hollywood, l’actrice détonne dans cet univers très glamour par son physique, sa façon d’être et de s’habiller (pantalon et chemise désassortis). Son tempérament est à l’opposé des stéréotypes féminins de l’époque, incarnés par Garbo, la femme mythifiée, Dietrich la femme fatale inaccessible, à l’érotisme trouble, ou Mae West et Jean Harlow, stars à la sexualité agressive. Elle va incarner les nouvelles héroïnes de l’écran : indépendantes et actives, affirmant leur personnalité propre, non pas dans la sécurité du mariage, mais dans la volonté d’agir de façon égale, sinon supérieure, à celle d’un homme.

Elle campe une ambitieuse aviatrice prête à tout dans Le Phalène, son second film ; une jeune fille indépendante qui renonce à l’amour pour devenir écrivain dans Les Quatre filles du docteur March ; un garçon manqué travesti en homme dans Sylvia Scarlett ; la reine Marie Stuart pour John Ford ; une militante féministe qui assume sans honte sa condition de fille-mère dans La Rebelle...

Très vite, tous les producteurs, réalisateurs et vedettes, vont tomber sous son charme et seront les victimes de son caractère. Dès ses premiers films, elle donne son avis sur tout et fait preuve d’un sens artistique inné.

Vedette attitrée de la RKO, elle obtient dès son troisième film l’Oscar de la meilleure actrice dans Morning Glory. Un an plus tard, en 1934, l’actrice divorcera de Ludlow Oggen Smith.

Cukor, tout de suite fasciné par l’actrice, renouvelle leur collaboration pour Les Quatre filles du docteur March. Dès leur première rencontre naît une amitié qui durera tout au long de leur vie. Elle reçoit la toute première Coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine du Festival de Venise pour ce film. En 1936, elle retrouve pour la troisième fois le réalisateur George Cukor pour un film Sylvia Scarlett, où elle interprète le rôle d’un garçon manqué se transformant en jeune femme épanouie grâce à l’amour. Lourd échec critique et commercial, ce film inclassable est pourtant l'un des plus beaux films du Cukor des années trente.

Mais bien que le public commence à l'aduler, beaucoup de ses films sont des fiascos et on la surnomme « poison du box-office ». Peu à peu les portes des studios se ferment.

Elle renoue pourtant avec le succès pour son dernier film à la RKO dans l’extraordinaire comédie L'Impossible Monsieur Bébé d’Howard Hawks. Cette comédie loufoque, chef-d’œuvre de la screwball comedy, restera un modèle du genre, notamment grâce au duo hors pair formé par Katharine Hepburn et Cary Grant. Après avoir racheté son contrat à la RKO, deux mille dollars, elle retrouve Cukor, son réalisateur fétiche, et Cary Grant, son partenaire de prédilection, pour une brillante comédie de la Columbia, Vacances. Ce fut un nouveau succès au box-office.

Sollicitée pour le rôle tant envié de Scarlett O'Hara et pourtant bien décidée à l’obtenir, elle refuse de tourner un bout d’essai et le rôle lui échappe.

Star à la MGM

Entre-temps, Katharine se laisse séduire par le très fantasque milliardaire Howard Hughes ; amants et associés, ils vont acheter les droits de la pièce Philadelphia story et l'infatigable Kate triomphe deux années durant sur les planches. Les studios s'intéressent de nouveau à elle, mais elle fait monter les enchères et négocie durement avec Samuel Goldwyn, les frères Warner et même Louis B. Mayer. Pour son retour, elle exige George Cukor comme réalisateur, James Stewart et Cary Grant comme partenaires (cf. Indiscrétions).

Louis B. Mayer, patron de la MGM, cède aux demandes de la star. En effet, la MGM a un grand besoin de renouveler ses stars féminines, en ce début de décennie. Greta Garbo et Norma Shearer sont sur le point de se retirer des écrans, Myrna Loy interrompt sa carrière pour travailler à la Croix-Rouge, Joan Crawford est sur la sellette et va quitter la MGM en 1943 pour la Warner. La firme du lion a absolument besoin d’une forte personnalité et Katharine Hepburn arrive à point nommé. Le film Indiscrétions est un énorme succès, elle obtient le prix de la critique new-yorkaise et une nomination aux Oscars, James Stewart recevra la précieuse statuette.

En 1940, elle fait son entrée parmi les stars de la firme Metro-Goldwyn-Mayer avec un contrat de longue durée assorti de privilèges dont celui de pouvoir choisir ses partenaires.

Spencer Tracy et Katharine Hepburn dans Madame porte la culotte (1949)

Après le succès d’Indiscrétions et une pause de quelques mois, elle reçoit un scénario de Ring Lardner Jr., Michael Kanin et Garson Kanin, La Femme de l'année. C’est la rencontre avec Spencer Tracy, celui qui allait devenir l’homme de sa vie. Ils formeront un des couples les plus célèbres de l’histoire du cinéma et tourneront neuf films ensemble. Les films MGM suivants seront plus conventionnels malgré de grands réalisateurs comme Vincente Minnelli, Elia Kazan, Clarence Brown, Frank Capra. À noter les deux brillantes comédies signées George Cukor, Madame porte la culotte et Mademoiselle gagne tout, sur un scénario de Ruth Gordon et Garson Kanin (nommés les 2 fois aux Oscars) révélant encore une fois la merveilleuse complicité du couple Tracy-Hepburn.

C’est aussi l’époque du Maccarthisme et Katharine ne cachera pas ses opinions à propos de ce comité qui enquête sur les activités anti-américaines des artistes d’Hollywood, elle déclara : « Depuis le commencement des temps, l’artiste a toujours exprimé les aspirations et les rêves du peuple. En imposant silence à un artiste, vous bâillonnez la voix la plus puissante qui soit. »[1]

Son contrat avec la MGM se termine en 1952 et Katharine retrouve son indépendance.

La femme indépendante

Katharine Hepburn dans L'Odyssée de l'African Queen (1951)

Après un retour à Broadway triomphal et une tournée pour une pièce de Shakespeare, Comme il vous plaira, John Huston lui propose de tourner un film avec Humphrey Bogart dans L'Odyssée de l'African Queen. Tourné en décors naturels à Biondo en République démocratique du Congo (alors Congo belge), le film fut éprouvant à cause des pénibles conditions climatiques, ce qui n’empêcha pas les deux acteurs de composer un duo haut en couleur qui fit la joie des spectateurs. Le film reçut quatre nominations aux Oscars pour John Huston, Katharine Hepburn, James Agee (scénario) et Humphrey Bogart qui obtint la précieuse statuette.

Elle retourne au théâtre dans une pièce de George Bernard Shaw, La Milliardaire puis au cinéma joue les vieilles filles dans Vacances à Venise (pour lequel elle aura sa sixième nomination aux Oscars) et Le Faiseur de pluie, retrouve Spencer Tracy pour une nouvelle comédie Une femme de tête et surtout interprète Mme Venable vieille milliardaire excentrique dans Soudain l'été dernier d’après un roman de Tennessee Williams. Le côté sulfureux du scénario et l’attitude du réalisateur, Joseph L. Mankiewicz, envers Montgomery Clift causa une atmosphère lourde durant le film. Malgré cela le film fut un triomphe, Elizabeth Taylor et Katharine Hepburn furent toutes deux nommées aux Oscars.

Katharine Hepburn avec le danseur Robert Helpmann en 1955

Après les années cinquante, ses apparitions pour le grand écran se font plus rares mais sont toujours saluées aussi bien par la critique, le public que par les professionnels comme le prouvent les louanges qu'elle reçoit pour le film de Sydney Lumet en 1962 : Long voyage vers la nuit, écrit par Eugene O'Neill, qui lui vaut le Prix d'interprétation à Cannes. Elle continuera de plus, toujours avec bonheur, les incursions au théâtre notamment dans des pièces de Shakespeare et même dans la comédie musicale avec Coco, sur la vie de la couturière Coco Chanel. Elle recevra encore trois Oscars, à savoir deux consécutifs en 1968 et en 1969 et un en 1982. Ils ont distingué ses interprétations dans la comédie de mœurs Devine qui vient dîner ? de Stanley Kramer (son dernier film avec Spencer Tracy), Le Lion en hiver d'Anthony Harvey où elle joue Aliénor d'Aquitaine (elle obtint le prix ex æquo avec Barbra Streisand dans Funny Girl), puis enfin La Maison du lac de Mark Rydell, l'un de ses derniers rôles au cinéma, où elle et Henry Fonda campent un couple d'octogénaires qui voit débarquer dans sa maison de campagne leur fille, jouée par Jane Fonda, venue avec un nouveau compagnon et son fils. Bien que les quatre Oscars de sa carrière, glanés sur une cinquantaine d'années et sur douze nominations, aient fait d'elle la comédienne la plus récompensée à Hollywood, elle ne s'est jamais déplacée pour les accepter au cours des différentes cérémonies. Sa seule et unique apparition aux Oscars date de 1974 : elle y a remis le Prix Irving G. Thalberg au producteur Lawrence Weingarten[2].

Elle tourne encore quelques films notamment dans un truculent duo avec John Wayne Une bible et un fusil et deux téléfilms avec son pygmalion George Cukor.

De comédies romantiques à des rôles de vieilles filles privées d'amour, elle a régné quatre décennies sur Hollywood avant de se retirer à New York. Katharine Hepburn est décédée le 29 juin 2003 à l'âge de 96 ans pendant son sommeil. Elle a imposé au cinéma son inimitable style fait de désinvolture, de malice, d'indépendance, d'avant-garde, de provocation, d'impertinence et de trait d'esprit.

Son grand amour

Au début des années 1940, Kate rencontre le grand amour de sa vie, Spencer Tracy. Elle dit dès leur première rencontre « oh, monsieur Tracy, mais je suis vraiment trop grande pour vous ! » Tracy répliqua « ce n’est pas grave, ma chère, j’aurai vite fait de vous rendre votre vraie dimension. »[3] Elle a dit également de lui qu'il était « bon comme une pomme de terre au four ». Une profonde intimité les unira tout de suite, faits l’un pour l’autre, ils vivront, clandestinement, vingt ans de passion adultère (Tracy étant catholique, il ne divorcera pas de sa femme) et elle tournera avec lui neuf films dont La Femme de l'année, Madame porte la culotte et Devine qui vient dîner ?. Tracy meurt en 1967.

Citations

  • « Je suis une personnalité tout autant qu’une actrice. Montrez-moi une actrice qui n’ait pas une personnalité et je vous montrerai une femme qui n’est pas une star. » Katharine Hepburn[1].
  • « … On découvre chez Katharine Hepburn dans Sylvia Scarlett une spontanéité et une maîtrise incomparables et son jeu, qui n’a pas vieilli, annonce ce qui sera le style de jeu des actrices de la génération suivante : discrétion dans les effets, mise en place parfaite de la parole et du geste. Hepburn est, à la lettre, aérienne. Elle déploie une virtuosité qui est celle d’une grande danseuse de ballet… »[4]

Personnage

Anecdotes

  • Katherine Hepburn a habité Manhattan dans un immeuble de la 2e avenue, où elle vivait avec Phyllis, sa dame de compagnie, sourde et dévouée. Elle passait ses week-ends dans sa propriété de Fenwick où elle plongeait quotidiennement dans le lac à l'eau glaciale.
  • Spencer Tracy la surnommait affectueusement le « sac d’os ».
  • Ce qu'elle aimait : les lys et les chocolats aux amandes, boire du whisky soda en dînant, manger du potage de betterave à l'aneth à midi, jouer au jeu de l'oie.

Filmographie

Théâtrographie

  • Night Hostess (1928)
  • These Days (1928)
  • Art and Mrs. Bottle (1930)
  • The Warrior's Husband (1932)
  • The Lake (play)|The Lake (1934)
  • Jane Eyre (1936-1937)
  • The Philadelphia Story (1938)
  • Without Love (1942)
  • As You Like It (1950)
  • The Millionairess (1952)
  • The Merchant of Venice, Measure for Measure et The Taming of the Shrew (1955)
  • The Merchant of Venice et Much Ado About Nothing (1957)
  • Antony and Cleopatra et Twelfth Night (1960)
  • Coco (1969)
  • A Matter of Gravity (1976)
  • The West Side Waltz (1981)

Récompenses et nominations

Lorsqu'elle a remporté la récompense, celle-ci est en gras.

Oscars

Golden Globe

BAFTA

Festival de Cannes

Festival de Venise

Autre

Notes et références

  1. a et b Katharine Hepburn dans l'objectif, texte français de Marie-Louise Navarro, Collection Eugène Clarence Braun-Munk, Librairie des Champs-Élysées (ISBN 2-7024-1145-2),
  2. [vidéo], Youtube.fr, « Katharine Hepburn's only Academy Awards® appearance. », consulté le 20 juillet 2010.
  3. Metro Goldwyn Mayer, Splendeur du cinéma américain de Peter Hay, traduit par Paule Pagliano, Bordas (ISBN 2-04-019778-8),
  4. George Cukor par Jean Domarchi, Collection cinéma d'aujourd'hui, Éditions Seghers (D. L. 4-1965),

Voir aussi

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Bibliographie

  • Scott Berg, Appelez-moi Kate, éd. Robert Laffont, 318 p. (trad. Bella Arman).
  • Katharine Hepburn (trad. Françoise Cartano), Moi, Histoires de ma vie [« Me: Stories of My Life »], Presses Pocket, coll. « Best », 1993 (ISBN 2-26605-150-7) 
  • Katharine Hepburn, Comment je suis allée en Afrique avec Bogart, Bacall et Huston et faillis perdre la raison.(1987)

Liens externes


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