Józef Hoene-Wroński

Józef Hoene-Wroński

Josef Hoëné-Wronski

Josef Hoëné-Wroński, né à Wolsztyn (province de Poznan) le 23 août 1778 et mort à Neuilly-sur-Seine le 8 août 1853, est un philosophe et scientifique polonais de langue polonaise et française.

Sommaire

Biographie

Né Josef Hoëné à Wolsztyn en Pologne, il est le fils du dernier architecte du roi de Pologne. Il participa à la guerre pour l'indépendance de son pays entre 1791 et 1794 et se distingua notamment lors du siège de Varsovie face aux Prussiens. Il fut cependant fait prisonnier à la bataille de Maciejowice et fut emprisonné 4 années. Lorsqu'il fut libéré, il gagna l'Allemagne où il commença des études de droit, de philosophie et de mathématiques. Il gagna ensuite la France ou il travailla à l'observatoire de Marseille.

Il se fit naturaliser français sous le Directoire. En 1810 il s'installa à Paris, se maria, et adopta le nom de Wronski. Il parlait un grand nombre de langues comme le polonais, le français, le latin, le grec, l'hébreu, l'arabe, l'araméen, mais pas l'anglais.

Son Œuvre

Son Œuvre intellectuelle

Son but était une « Réforme du savoir humain » comprenant aussi bien la théorie du mouvement spontané que l'art de gouverner. Comme il le dit dans Prolégomènes du Messianisme :

« L'objet de cet ouvrage est de fonder péremptoirement la vérité sur la terre, de réaliser ainsi la philosophie absolue, d'accomplir la religion, de réformer les sciences, d'expliquer l'histoire, de découvrir le but suprême des États, de fixer les fins absolues de l'homme et de dévoiler les déstinées des Nations. »
Portrait par Félix Vallotton

Son premier mémoire sur les bases des mathématiques fut édité à Paris en 1810 mais il lui valut les comptes-rendus assez réservés de Lacroix Lagrange et Laplace; ces deux derniers, jugeant "incompréhensible la philosophie des mathématiques de Wronski". Voir: "Mathématiques et Mathématiciens" de Rebière, Alphonse, p. 452. Paris, 1898.

Du coup, Wronski interrompit ses relations avec l' Institut de Paris et fit de l'Académie des sciences de Paris un « ennemi né de la vérité » pour finalement s'en prendre à l'illustre Lagrange dans sa : Réfutation de la Théorie des fonctions analytiques de Lagrange, 1812.

Son œuvre industrielle

Il dessina entre autres des véhicules tout terrain pour concurrencer les chemins de fer mais ceux-ci ne furent jamais fabriqués.

Wronski passa les années 1819 à 1822 à Londres. Il vint en Angleterre pour essayer d'obtenir une récompense du Bureau des longitudes mais ses instruments furent retenus par les Douanes à son entrée dans le pays. Il se retrouva dans une situation financière difficile, mais, après que ses instruments lui furent retournés, il contacta le Bureau des Longitudes. Son travail sur les longitudes ne contenait que des généralités et n'impressionna guère.

N'ayant réussi à vendre ses spéculations industrielles, ni à faire accepter ses idées à l'Académie des sciences, il fut obligé d'emprunter de l'argent pour publier ses idées philosophiques. Mais une faillite brusque de son banquier mit un terme à l'impression de son travail pendant plus de 30 ans, excepté son Canon des logarithmes.

Son œuvre scientifique

Concernant son travail scientifique, il essaya principalement d'appliquer la philosophie aux mathématiques, la philosophie venant avant les preuves mathématiques rigoureuses. Il critiqua l'utilisation de séries infinies de Lagrange et introduit sa propre idée du développement en série d'une fonction. Les coefficients de cette série sont des déterminants maintenant connus sous le nom de wronskiens (appellation due à Muir, 1882). Il travailla beaucoup sur les déterminants et mit au point une méthode permettant, pour tout polynôme, d'extraire le polynôme dont toutes les racines sont à l'intérieur du disque unité, méthode connue sous le nom de méthode de Wronski et basée sur les fonctions de Schur.

En 1812 il publia un travail prétendant prouver que toute équation a une solution algébrique, résultat contredisant les travaux de Paolo Ruffini déjà publiés. Le travail de Wronski, bien que naturellement faux, eut néanmoins d'importantes applications.

Son livre Introduction à un cours de mathématiques fut publié à Londres en 1821. Il mourut en 1853 à Neuilly, près de Paris.

Discussion

Mathématicien, technicien, philosophe, mystique, etc., ses travaux touchant aussi bien la politique, la religion et la philosophie que les sciences et l'industrie peuvent paraître effectivement confus.

Contrairement, par exemple, à un Lagrange ou un Laplace, ses contemporains, Wronski visiblement n'avait pas de ligne directrice prédéterminée. Génie, plus proche du Romantisme voire de l'Illuminisme que de l'Académisme, il suivait visiblement l'inspiration du moment (mais peut-être aussi, les Modes du moment...). Aujourd'hui (2008), soit deux siècles plus tard, il pourrait être qualifié de: "touche à tout" et même de "marginal".

Pendant des années, les travaux de Wronski furent considérés comme inutiles. Toutefois un examen récent plus approfondi de son travail prouve, même si une partie est fausse et s'il avait une très haute opinion de lui-même et de ses idées, une grande perspicacité mathématique et un génie secret.

Divers

Voir: Une herméneutique du sacré : le cas Wronski de Serge Zenkine ; opus cité.

  • En août 1803 (le 15?), il eut la révélation de l’«Absolu», et jusqu’à la fin de sa vie il ne cessa d’élaborer une théorie générale du « Messianisme», ou du « Paraclétisme », fondée sur ce fait qu’il n’aura de cesse d’exposer dans de nombreux ouvrages philosophiques et politiques

La date exacte de cette révélation n’a jamais été précisée dans les écrits de Wronski: mais selon l’un de ses disciples, le banquier Pierre-Georges Arson, son (ancien) maître lui avait promis de: «faire connaître, l’objet de tous [ses] vœux et de toutes [ses] recherches; et il avait fixé le 15 août [1814?], comme étant l’anniversaire de cette grande découverte » (Voir : Document pour l’histoire des grands fourbes qui ont figuré sur la terre, ou Mémoire d’Arson de l’Isle de Vaucluse contre Hoëné Wronski, auteur de divers ouvrages sur les mathématiques, Paris, Didot, 1817-1818, p. 27).

  • Certains de ses ouvrages appelaient à la formation d’une école ou, plutôt d’une « Union Antinomienne » qui servirait: à la connaissance et l’application de l’Absolu dans la vie. Le maître eut des disciples plus ou moins fidèles, et ses écrits suscitèrent de l’intérêt chez les penseurs utopistes de l’époque et c’est au titre, "d'auteur utopiste", qu’il fut mentionné par :

- Sainte-Beuve dans son article sur Ballanche (Revue des Deux Mondes, 15 septembre 1834, t. 3, p. 686-715).

- par Balzac : «… Et il lut à Marguerite un article où il était parlé d’un procès relatif à la vente qu’un célèbre mathématicien polonais (Wronski) avait faite de l’Absolu». Honoré de Balzac, La Recherche de l’absolu, La Comédie humaine, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, t. X, p. 834-835.

Ouvrages

  • Le Bombardier polonais, 1800 (ouvrage perdu)
  • Philosophie critique, fondée sur le premier principe du savoir humain, 1803
  • Introduction à la philosophie des mathématiques et technie de l’algorithmie, 1811
  • Résolution générale des équations de tous les degrés, 1812
  • Réfutation de la Théorie des fonctions analytiques de Lagrange, 1812
  • Philosophie de l’infini, 1814
  • Philosophie de la Technie algorithmique, section 1, 1815
  • Philosophie de la Technie algorithmique, section 2, 1816
  • Introduction au Sphinx, 1818
  • Le Sphinx ou la Nomothétique séhélienne 1, 1818
  • Le Sphinx ou la Nomothétique séhélienne 2, 1819
  • Critique de la Théorie des fonctions génératrices de Laplace, 1819
  • Introduction à un cours de mathématiques (en anglais) 1821
  • Canon des Logarithmes, où est donnée la solution de l’équation du cinquième degré, 1827
  • Problème fondamental de la politique moderne : Machines à vapeur, 1829
  • Prospectus du Messianisme, 1831
  • Prodrome du Messianisme; Révélation des destinées de l’humanité, 1831
  • Réflexions philosophiques sur un miroir parabolique, 1832
  • Loi téléologique du Hasard, comme base de la Réforme du Calcul des Probabilités, 1833
  • Nouveau système des machines à vapeur, contenant les nouvelles lois de la Physique, 1834-1835
  • Rails mobiles ou chemins de fer mouvants, 1837
  • Pétition aux deux Chambres législatives de France sur la barbarie des Chemins de fer et sur la réforme de la locomotion, 1838
  • Supplique au Roi des Français, 1838
  • Avis aux ingénieurs, et résultats des expériences, 1838
  • Métapolitique messianique ou philosophie absolue de la politique, 1840
  • Tableau de la Philosophie de l’Histoire, 1840
  • Tableau de la Philosophie de la politique, 1840
  • Secret politique de Napoléon, comme base de l’avenir moral du monde, 1840
  • Le faux Napoléonisme comme interprétation funeste des idées napoléoniennes, 1840
  • Prospectus historique sur la réforme scientifique de la locomotion, 1840
  • Théorie axiomatique des groupes de TD en Alsace-Lorraine, 1841
  • La véritable localisation d'Alesia, et autres informations sur la Pologne, 1841
  • Introduction à un mémoire sur la solution scientifique de la locomotion, 1842
  • Application nautique de la nouvelle théorie des marées, 1842
  • Caméralistique. Économie politique et finances, 1842
  • Le destin de la France, de l’Allemagne et de la Russie comme Prolégomènes du Messianisme, 1842-1843
  • Urgente réforme des Chemins de fer et de toute la locomotion terrestre, 1844
  • Adresse aux nations slaves, 1847
  • Messianisme ou Réforme absolue du savoir humain I (Mathématiques), 1847
  • Performations phénoménologiques et criticisme ontologique, 1847
  • Réforme du savoir humain II (Philosophie), 1848
  • Réforme du savoir humain III (Résolution générale et définitive des équations de tous les degrés), 1848
  • Adresse aux nations civilisées sur leur sinistre désordre révolutionnaire, comme suite de la Réforme du savoir humain, 1848
  • Épître à S.A. le prince Czaroryski, sur les destinées de la Pologne et généralement sur la destinée des nations slaves, 1848
  • Supplément à cette Épître, pour servir d’avis aux deux classes scientifiques de l’Institut de France, 1848
  • Les Cent pages décisives, pour S.M. l’Empereur de Russie, avec leur Supplément séparé pour la dynastie de Napoléon, 1850
  • Épître à S.M. l’Empereur de Russie, offrant l’explication définitive de l’Univers, physique et moral
  • Épître secrète à S.A. le prince Louis-Napoléon, président de la République, 1851
  • Accomplissement de la Réforme de la Mécanique céleste, donnant les lois de la construction générale de l’Univers entier, 1851
  • Supplément à cette Epître, contenant la nouvelle science nautique des marées, 1851
  • Document historique (secret) sur la révélation des destinées du monde, 1851
  • Philosophie absolue de l’Histoire ou Genèse de l’humanité, 1852
  • Historiographie, 2 vol., 1852
  • Réforme scientifique de la Locomotion terrestre, 1852
  • Document scientifique, 1852
  • Véritable science nautique des marées, 1853
Publications posthumes
  • Propédeutique messianique, en deux parties, 1855, 1875
  • Développement progressif et but final de l’humanité, 1861
  • Apodictique messianique ou traité du Savoir-suprême, 1876
  • Développement de la Philosophie absolue, 1878
  • Sept manuscrits inédits, écrits de 1803 à 1806, 1879
  • Nomothétique messianique, ou Lois suprêmes du Monde, 1881

(Source: Francis Warrain, L'Œuvre de Hoëné Wronski, 3 volumes parus sur 6 prévus, éditions Véga 1933, 1936 et 1938.)

Articles connexes

Liens externes

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