Judaisme mizrahi


Judaisme mizrahi

Juifs mizrahim

Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite des Juifs d'origine orientale. Pour le parti politique sioniste-religieux, voir Mizrahi.
Juifs Mizrahim
יהדות מזרח (Yahadout Mizra'h)
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Populations significatives par régions
Israël Israël 2 200 000 à 2 500 000
États-Unis États-Unis 250 000
France France 400 000
Canada Canada 35 000
Inde Inde 250
Iran Iran 25000
Chili Chili 2700
Argentine Argentine 2170
Mexique Mexique 1000
Population totale
2,7 à 3,2 millions (est.)
Langue(s)
Liturgique: Hébreu mizrahi
Traditionnel: divers dialectes judéo-arabes, judéo-araméens et locaux
Moderne: la langue du pays de résidence actuelle, comme l'hébreu moderne en Israël.
Religion(s)
Judaïsme
Groupe(s) ethnique(s) relié(s)
Juifs sépharades, ashkénazes et autres sous-ethnies juives, Arabes

Les Juifs mizrahim, plus couramment Mizra'him (מזרחי "Oriental", plur. מזרחים "Orientaux"), et parfois Adot HaMizra'h (Communautés orientales) sont les Juifs descendant des communautés juives du Moyen-Orient. Sont inclus sous ce terme les Juifs, ou plutôt les réfugiés juifs des pays arabes, les Juifs du Yémen, les Juifs d'Iran, les Juifs de Boukhara, les Juifs d'Irak, les Juifs d'Inde, les Juifs de Géorgie, les Juifs du Caucase (parfois appelés « Juifs des montagnes ») et les Juifs du Kurdistan. En dépit de leurs origines hétérogènes, le rite de ces Juifs est principalement celui des Juifs sépharades, avec quelques différences entre les minhagim de communautés particulières.

Sommaire

Histoire et usage

Les termes « Mizrahi, » (מזרחי, littéralement traduit par « Oriental, » מזרח désignant l'est en hébreu) et « Edot HaMizra'h » (Assemblée de l'Est) sont une traduction de l'arabe Mashriqiyyun, qui fait référence dans son acceptation originelle aux habitants de la Syrie, de l'Irak et d'autres pays de l'Asie, par opposition aux résidents de l'Afrique du Nord (Maghrabiyyun).
Cependant, par confusion, dans son usage israélien moderne le terme fait référence aux Juifs originaires des pays arabes et d'Asie, regroupant ainsi Mizrahim et Sfaradim en un seul groupe malgré l'évidente contradiction lexicale et les nombreuses différences culturelles entre ces populations. Quoi qu'il en soit, le terme fut accepté et largement utilisé par les activistes mizrahim dès le début des années 1990. [1]

De nombreux Mizra'him rejettent de nos jours cette appellation (et toute désignation collective), leur préférant l'identification à leur pays d'origine, ou celui de leurs ancêtres immédiats, par exemple « Juif d'Irak, » « Juif kurde, » « Juif tunisien, » etc.

Une autre description, assez courante dans l'hémisphère occidental est celui de « Juifs orientaux », ce terme étant considéré comme dépréciateur par les intéressés, au vu du sens donné à « l'orientalisme » par Edward Said.

Autres désignations

Mariage juif à Alep, en 1914.

Beaucoup d'orateurs, particulièrement en Israël, assimilent aux Juifs sépharades les « non-ashkénazes ». Ceci est généralement considérés comme absurde, car la plupart des Mizrahim ne sont pas originaires de la péninsule ibérique, y compris en Afrique du Nord et dans l'empire ottoman, qui hébergeaient des communautés juives locales et des tribus berbères judaïsées bien avant l'arrivée des sépharades en 1492. Cependant, la plupart des communautés mizrahi utilisent un rite fortement similaire à celui des sépharades et s'ils ne sont pas des « Juifs d'Espagne » sont des « Juifs de rite espagnol. » L'assimilation aux « sépharades » est fréquente dans les sphères religieuses, particulièrement celles associées au parti Shass. Le dirigeant spirituel du Shass, Ovadia Yossef, qui fut grand-rabbin sépharade d'Israël, est lui-même d'ascendance irakienne et non sépharade.
Dans de nombreux pays arabes, une distinction sociale avait été établie entre les Juifs parlant les langues judéo-romanes, dont le judesmo ou la haketia, qui étaient des sépharades expulsés d'Espagne en 1492, ou du Portugal par Manuel Ier en 1497, et les Juifs arabophones. Ceux-ci se dénommaient souvent les « Musta'arabim; » les sépharades les appelaient « Moriscos. »

Dans les pays arabes, les Mizrahim étaient désignés (mais ne se désignaient pas eux-mêmes) sous le terme de « Juifs arabes. » Du fait des tensions politiques nées du conflit israélo-arabe, peu de Mizra'him s'identifient de la sorte, mettant au contraire l'emphase sur la dhimmitude qui les distinguait de leurs voisins arabes (le plus souvent musulmans), malgré la communauté de culture. Par ailleurs, certaines communautés de la diaspora juive remontant à aussi loin que la captivité à Babylone, elles étaient installées sur ces terres bien avant la conquête arabe, qui eut lieu un millénaire plus tard.
Ce terme est en revanche toujours utilisé dans le monde arabe.

Langues des Mizrahim

Juives du Kurdistan à Rawanduz, actuellement au nord de l'Irak, 1905.

Les communautés juives orientales parlaient un certain nombre de dialectes judéo-arabes, comme le Moghrabi, bien que ces langues soient actuellement utilisées comme langue folklorique. Parmi les autres langues des Mizrahim figurent le Dzhidi, le Grouzini, le Boukhori, le judéo-kurde, les divers judéo-berbères, le Juhuri et les dialectes judéo-araméens, dont la langue du Talmud et le Lishán didán.

Les ouvrages philosophiques, religieux ou littéraires des Mizrahim étaient écrits en judéo-arabe, en utilisant un alphabet hébreu modifié.

La dispersion post-1948

La plupart des Juifs mizrahim fuirent leurs pays de naissance suite aux persécutions qu'ils eurent à subir lors de la guerre israélo-arabe de 1948 et de l'établissement de l'état d'Israël qui s'ensuivit. Des actions anti-juives furent encore prises par les gouvernements arabes dans les années 1950s et 1960s, parmi lesquelles l'expulsion de 25,000 Juifs d'Égypte suite à la crise de Suez de 1956. La plupart des réfugiés émigra vers Israël ou aux États-Unis, principalement en ce qui concerne les Juifs de Syrie ou d'Égypte. Les Juifs d'Afrique du Nord, ancienne colonie française, fuirent vers la France, modifiant profondément le paysage culturel juif français, jusque là principalement ashkénaze et assimilé.

De nos jours, il reste environ 40,000 Mizrahim répartis dans des communautés éparpillées dans le monde musulman non-arabe, principalement en Iran, mais aussi en Ouzbékistan, Azerbaïdjan, ou en Turquie[2]. Il en reste très peu dans le monde arabe, à raison de 5000 au Maroc et moins de 2000 en Tunisie. Certains pays en hébergent encore moins de 100.

Les Mizrahim dans l'État d'Israël

L'arrivée des Mizrahim en Israël a également profondément modifié son paysage culturel et politique. Leurs coutumes, cultures et langages fortement différentes de celles de leurs compatriotes ashkénazes, bien plus proches de celles des Arabes, suscita nombre de réactions méprisantes de leur part: outre l'épithète de vilde 'hayïes (« bêtes sauvages » en yiddish), les nouveaux arrivants furent considérés comme de la main d'œuvre grossière et inéduquée, parqués dans des tentes érigées à la hâte, puis dans des zones urbaines de développement. La tentative d'intégration dans des moshavim (villages agricoles coopératifs) ne fut que partiellement couronnée de succès, les Mizrahim ayant exercé l'artisanat et le commerce plutôt que l'agriculture. Rejetant leur frustration sur l'establishment politique socialiste, les Mizrahim soutinrent activement la candidature de Menahem Begin, chef du parti du Likoud, qui fut élu après un monopole jusque-là ininterrompu du sionisme travailliste. Par ailleurs, des jeunes inspirés par le mouvement afro-américain des Black Panthers en fondent une version israélienne, luttant pour les mêmes revendications.

L'intégration fut donc difficile et s'étendit sur des décennies. Cependant, malgré une certaine ségrégation semblant persister entre ashkénazes et sépharades dans le milieu haredi[1], une étude réalisée en 2004 par l'Adva Center[2] montre que s'il existe encore un écart significatif entre le revenu moyen d'un Israélien ashkénaze et d'un mizrahi, celui-ci se réduit à mesure que les populations se mélangent. Le mariage entre ashkénazes et mizrahim est devenu courant, et les mizrahim sont apparus comme totalement intégrés aux immigrants ultérieurs, dont les Juifs de Russie et d'Éthiopie.

Voir aussi

Références

Liens externes

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