Jean le Veneur


Jean le Veneur

Jean Le Veneur

Cardinal
Berretta cardinalizia.png
Jean Le Veneur
de l'Église catholique romaine
[[Image: Image de Jean Le Veneur]]
Cardinal
Blason de Jean Le Veneur
Naissance
Ordination
sacerdotale
Consécration
épiscopale
Évêque Évêque de Lisieux
Créé
cardinal
3 novembre 1533 par le
pape Clément VII
Décès 7 août 1543
 
Cardinal
Titre cardinalice
Collège cardinalice · Consistoire
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Jean Le Veneur, né au XVe siècle et mort en 1543, est un ecclésiastique, bénédictin, et homme politique français.

Il était chanoine de Paris, évêque-comte de Lisieux (1505-1539), abbé du Bec, vicaire général de l'Évêché d’Evreux, trente-septième abbé du Mont Saint-Michel (1524-1539), grand aumônier de France (1526-1543) et cardinal (1533-1543).

Il est généralement appelé le cardinal Le Veneur mais on le trouve parfois aussi désigné comme le cardinal de Lisieux ou encore le cardinal de Tillières[1].

Il portait pour armoiries : d’argent à la bande d’azur chargée de trois sautoirs d’or, qui sont les armes de la famille Le Veneur de Tillières.

Sommaire

Biographie

Évêque-comte de Lisieux

Jean le Veneur naquit vers 1473 de l'union de Philippe le Veneur, baron de Tillières, du Homme et du Valquier, avec Marie Blosset, fille de Guillaume, seigneur de Saint-Pierre et de Carrouges.

Il était chanoine de Paris, archidiacre de l'église de Lisieux et abbé de Saint-Grestain lorsque, au décès de son oncle Etienne Blosset, évêque de Lisieux, le 2 octobre 1505, il fut à son tour fait évêque et comte de Lisieux et abbé du Bec. Il fit beaucoup de bien à son église de Lisieux, dont il demeura évêque jusqu'en 1539, date à laquelle il se démit de son évêché au profit de son cousin germain, du côté de sa mère, le futur cardinal Jacques d'Annebault.

Son frère Ambroise le Veneur fut élu évêque d'Evreux en 1513, de même que son neveu Gabriel le Veneur en 1521.

Membre du Conseil royal à partir de 1516[2], il assiste au couronnement de la reine Claude en 1517. François Ier obtint qu'il soit élu abbé du Mont Saint-Michel en 1524.

Jean le Veneur devint également lieutenant général au gouvernement de Normandie par lettres du duc d'Alençon le 4 mars 1525.

Il fut l'un des négociateurs du traité de Madrid de 1526.

Grand aumônier de France et cardinal

François Ier le nomma grand aumônier de France en 1526. C'est à ce titre qu'il réforma les statuts de l'hôpital des Quinze-Vingts à Paris.

En sa double qualité d'abbé du Mont Saint-Michel et de grand aumônier de France, il présenta et recommanda Jacques Cartier à François Ier à l'occasion d'un pèlerinage que le roi fit à la l'abbaye du Mont Saint-Michel le 8 mai 1532. Tenant la promesse qu'il avait faite au roi à cette occasion, Jean le Veneur participa de ses deniers aux frais du voyage de Jacques Cartier au futur Canada et fournit les aumôniers du voyage parmi les moines de l'abbaye du Mont Saint-Michel.

Il fut créé cardinal du titre de Saint-Barthélémy en l'Île[3] le 5 novembre 1533 à Marseille par le pape Clément VII.

Lors de ce voyage à Marseille, François Ier et le tout nouveau cardinal Le Veneur obtinrent par ailleurs du Pape Clément VII une bulle limitant le partage du Nouveau Monde de 1493 (bulle Inter cœtera II) entre les couronnes d'Espagne et du Portugal aux seules terres connues à cette date « et non les terres ultérieurement découvertes par les autres couronnes ».

Abbé du Mont Saint-Michel

Le Mont Saint-Michel.

Fulgence Girard, dans son Histoire géologique, archéologique et pittoresque de Mont Saint-Michel de 1843, décrit la prélature de Jean Le Veneur au Mont Saint-Michel dans ces termes :

« La mort de l’abbé Jean de Lamps, le 4 décembre 1523, sembla le signal des intrigues qu’inspira le désir de lui succéder à la prélature du Mont Saint-Michel. François Ier et Louise de Savoie, alors au château de Blois, se virent subitement assiégés par les suppliques de vingt rivaux. La faveur dont Jean Le Veneur, évêque de Lisieux, et abbé commendataire du Bec, jouissait à la cour de France rendit inutiles toutes ces démarches et toutes ces prières. Cette prélature lui fut promise. Mais, voulant d’abord s’assurer des droits que le couvent pouvait avoir à l’élection de ses abbés, le roi et la reine invitèrent, par plusieurs lettres expresses, les religieux à leur députer quelques-uns de leurs frères, avec les titres qui leur attribuaient le privilège de l’élection canonique de leurs pasteurs.

Thomas Roussel, grand chantre, Michel d’Anneville, aumônier et archidiacre et Louis de Festan, infirmier de l’abbaye, furent chargés de cette mission. Le roi, flatté de leur obéissance, leur fit l’accueil le plus bienveillant ; les bulles et les chartes dont ils étaient porteurs furent soumises à l’examen du conseil royal, qui reconnut la réalité de leurs droits électoraux ; mais le souverain ne leur en déclara pas moins positivement son désir et sa volonté de voir leurs suffrages octroyer la dignité abbatiale à l’évêque de Lisieux, son grand aumônier.

Les députés, de retour dans leur monastère, firent à leurs frères un rapport exact des divers incidents de leur députation. L’effet que produisirent sur les esprits les ordres du monarque, déjà exprimés dans les lettres royales qu’ils avaient reçues, ne fut pas tel que les partisans de l’évêque se crussent assurés de sa nomination. Informé de ces dispositions, Jean Le Veneur obtint de François Ier une lettre si impérative que les moines, ne pouvant décliner l’expression positive de la volonté du monarque, l’acceptèrent plus qu’ils ne l’élurent pour abbé.

À peine investi de ce titre, ce prélat envoya ses délégués pour se saisir de l’administration des biens du monastère et de la perception des revenus : fidèles aux ordres et aux vœux de leur maître, ces agents ne laissèrent à la mense conventuelle que ce dont ils ne purent la dépouiller. Le nombre de religieux fut même considérablement affaibli par leurs mesures fiscales. Ce fut ainsi que cette abbaye fut gouvernée pendant quinze ans.

La seule trace, selon don Huynes, que Jean Le Veneur y laissa de son passage comme abbé du Mont Saint-Michel, fut celle de son écusson, qu’il fit en effet substituer d’abord à celui de Guillaume d'Estouteville qui brillait sur l’une des verrières du chœur, auprès de l’image de ce cardinal, puis à celui de Jean de Lamps à la clé de la voûte de l’abside, désireux sans doute, dans sa vanité, d’usurper le mérite et l’honneur de ces travaux.

Les seuls avantages que le Mont Saint-Michel obtint sous sa prélature lui provinrent de la libéralité de Gabriel du Puys, esq., gouverneur de cette place. Le monastère reçut de lui la grille en fer qui fut posée au chœur, et 200 écus qu’il dépensa en prières ; la ville lui dut plusieurs ouvrages de fortifications, entre autres la tour en granit qui porte son nom, et au-dessus de laquelle un moulin fut établi dans la suite. On peut encore voir la vaste salle formée par l’intérieur de cette tour dont la plate-forme est supportée par un seul pilier. »

Le châtelet d'entrée du château de Carrouges

Carrouges

Jean le Veneur, qui était également seigneur de Carrouges, est le constructeur du châtelet qui marque l'entrée nord du domaine de Carrouges.

Décès

Le cardinal Jean le Veneur mourut le 7 août 1543[4], âgé de 70 ans. Il fut enterré en l'église Saint-André d'Appeville et son cœur fut porté et posé dans le chœur de son abbaye du Bec.

Ami des lettres, Jean le Veneur est cité par Rabelais au livre IV de Pantagruel[5], et Carrouges pourrait être un des modèles de l'abbaye de Thélème.

L'Île Le Veneur au Québec, longue de 22 km dans le cours moyen de la rivière Eastmain, a été baptisée ainsi en 1945 en mémoire du cardinal Le Veneur.

Notes et références

  1. Certaines sources sur Internet affirment par ailleurs qu'il avait été fait comte de Tillières, cependant ceci est surprenant puisque son père était baron et non pas comte de Tillières, et que c'est son petit-neveu Tanneguy qui fut fait premier comte de Tillières en 1565.
  2. Il était certainement déjà sous Louis XII un proche du roi. C'est de ce roi qu'il est question dans les Ordonnances synodales de Monseigneur l'Illustrissisme & Reverendissime LEONOR DE MATIGNON, Evesque & Comte de Lysieux, publiées en son Synode tenu le 31. jour de May 1661 qui désignent le cardinal le Veneur ainsi en latin : « Joannes le Veneur, praedicti nepos, ex domo Comitum de Tilleres, receptus 12. Octobris 1505. Cardinalis factus à Clemente. 7. 1534. TT. sancti Bartholomaei in Insula. magnus Franciae Eleemosynarius à Rege Lud. XII. magnificis donatus titulis & elogiis, nimirum. Verus Israelita, in quo dolus non est. Obituum salis author, obiit 7. Augustii 1543. jacet cum praedicto, pias sanctiones fecit & imprimi curavit ».
  3. Quelques sources parlent du titre de Sainte Suzanne, mais selon la plupart des sources il était cardinal du titre de Saint-Barthélémy en l'Île, et c'est d'ailleurs ainsi qu'il se décrit lui-même dans des lettres, que mentionne M. H. Fisquet dans La France pontificale (Gallia christiana) : « Nous avons de lui des lettres du 24 août 1537, où il s'intitule par la miséricorde de Dieu, cardinal prêtre de la sainte Église romaine, du titre de Saint Barthélemi, appelé vulgairement cardinal le Veneur, évêque et comte de Lisieux, grand aumônier de France, vicaire général et irrévocable de l'évêché d'Evreux, délégué à cet effet par le Saint-Siège apostolique. »
  4. Certains ouvrages mentionnent le 7 mars, probablement en reproduisant l'erreur de M. H. Fisquet dans La France pontificale (Gallia christiana), corrigée seulement dans un rectificatif en page 867 de ce livre.
  5. cf. Les œuvres de M. François Rabelais, docteur en médecine: augmentées de la Vie de l'auteur, & de quelques remarques sur sa vie & sur l'histoire. Avec la clef & l'explication de tous les mots difficiles, t. 2, Henri Frix, Paris, 1659 p. 133 version numérique

Sources

  • (fr) Fulgence Girard, Histoire géologique, archéologique et pittoresque de Mont Saint-Michel, Avranches, E. Tostain, 1843, p. 261-263.
  • (fr) M. H. Fisquet, La France pontificale (Gallia christiana), histoire chronologique et biographique des archevêques et évêques de tous les diocèses de France depuis l'établissement du christianisme jusqu'à nos jours, divisée en 17 provinces ecclésiastique. Tome second (Paris : doyens, grands-aumôniers,abbayes, etc.), E. Repos, Paris, 1864-1873, pp.88-89 et p. 867 (rectificatif).
  • (fr) Abbé Charles Berton, Dictionnaire des cardinaux: contenant des notions générales sur le cardinalat, J.-P. Migne, Petit-Montrouge, 1857, pp.1605-1606
  • (fr) Claude Fleury, Histoire ecclésiastique, vol. 28, Emery et Cie, Paris, 1730, pp.438-437

Ouvrages sur le cardinal Le Veneur

Articles connexes


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