Jean d'Orleans (1874-1940)


Jean d'Orleans (1874-1940)

Jean d'Orléans (1874-1940)

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Jean d'Orléans
« duc de Guise »
Jean d'Orléans,  « duc de Guise »
Jean d'Orléans,
« duc de Guise »

Dynastie Maison d'Orléans
Naissance 4 septembre 1874
France (France)
Décès 25 août 1940
France Larache
(Maroc espagnol)
Prétendant au trône de France
Depuis 28 mars 1926
Titres duc de Guise
Père Robert d'Orléans, duc de Chartres
Mère Françoise d'Orléans
Conjoint Isabelle d’Orléans
Enfant(s) Isabelle d'Orléans
Françoise d'Orléans
Anne d'Orléans
Henri d'orléans, comte de Paris

Armoiries
link=PrédécesseurPhilippe d'Orléans, duc d'Orléans Prédécesseur
Philippe d'Orléans, duc d'Orléans
Successeur
Henri d'Orléans, comte de Paris
link=SuccesseurHenri d'Orléans, comte de Paris

Jean Pierre Clément Marie d’Orléans, « duc de Guise », est né en France le 4 septembre 1874 et est décédé à Larache, dans le Maroc espagnol, le 25 août 1940, peu après la défaite française face à l’Allemagne. De 1926 à sa mort, il est le troisième prétendant orléaniste au trône de France sous le nom de « Jean III ».

Sommaire

Famille

Arrière-petit-fils du roi Louis-Philippe Ier et dernier enfant de Robert d'Orléans (1840-1910), duc de Chartres, et de la princesse Françoise d'Orléans (1844-1925), Jean d'Orléans est également le gendre et le beau-frère des deux prétendants orléanistes au trône de France qui l’ont précédé : « Philippe VII », comte de Paris, et « Philippe VIII », « duc d’Orléans ».

Le 30 octobre 1899, Jean d'Orléans épouse, à Kingston-sur-Tamise, en Angleterre, sa cousine germaine Isabelle d’Orléans (1878-1961). C’est à cette occasion qu’il reçoit de son beau-frère le titre de courtoisie de « duc de Guise ». De cette union peu heureuse naissent quatre enfants :

  • Isabelle d'Orléans (1900-1983) qui épouse, en premières noces, le comte Bruno d'Harcourt (1899-1930) puis se remarie au prince Pierre Murat (1900-1948).

Biographie

Malgré la loi d'exil qui frappe les chefs des maisons de France depuis 1886, le prince Jean d'Orléans peut vivre et séjourner dans son pays jusqu’en 1924. Longtemps il n’est, en effet, qu’un cadet de la famille d’Orléans. Pourtant, au fur et à mesure que les années passent, tous les princes qui se situent avant le « duc de Guise » dans la lignée dynastique disparaissent les uns après les autres. D’abord ses frères Robert et Henri d'Orléans en 1885 et 1901, puis son père, le duc de Chartres, en 1910 et enfin ses cousins et beaux-frères Ferdinand d’Orléans, « duc de Montpensier », et Philippe d’Orléans, « duc d’Orléans », en 1924 et 1926.

Mais si la république française tolère longtemps le prince sur son territoire, elle lui interdit cependant de faire son service militaire au sein de son armée. C’est la raison pour laquelle le jeune prince d'Orléans se rend au Danemark, pays de son beau-frère Valdemar, pour y apprendre le métier des armes[1].

Revenu en France, le prince s’installe au Nouvion-en-Thiérache, domaine que lui a légué le duc d’Aumale, et y reste plusieurs années. Peu de temps après, il épouse sa cousine la princesse Isabelle[2].

Mais, en 1909, le « duc » et la « duchesse de Guise », désireux de contribuer à l’expansion de la France outre-mer, quittent la métropole pour s’installer au Maroc, pays où la France essaie alors d’établir son influence. En 1910, le couple s’installe ainsi sur le site de Larache, dans le nord du royaume chérifien[3]. Cependant, lorsque le pays tombe finalement sous la domination européenne en 1912, la maison de Larache est placée sous le régime du protectorat espagnol, tandis que le domaine agricole de la famille tombe sous le régime français[4].

Lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, le « duc de Guise » cherche à intégrer l’armée mais ni la France ni ses alliés ne l’autorisent à revêtir leur uniforme et il doit donc se résoudre à servir dans la Croix-Rouge (ce qui lui vaudra tout de même la Croix de guerre). Toutefois, une mission plus importante lui est accordée par le gouvernement français en 1915 : il s’agit d’une ambassade auprès de son oncle le roi Ferdinand Ier de Bulgarie. Mais hélàs cette mission est un échec et Sofia entre en guerre aux côtés des pays de la Triple-Alliance[5].

Après la guerre, le « duc de Guise » regagne Larache mais la mort du « duc de Montpensier » (en 1924) et la séparation du prétendant d’avec son épouse, l’archiduchesse Marie-Dorothée de Habsbourg-Lorraine, bouleversent son existence dans la mesure où ils font automatiquement de lui le « dauphin » des orléanistes. Le prince s’établit donc au manoir d’Anjou, en Belgique, tandis que son fils, le futur « comte de Paris », est envoyé à Paris poursuivre ses études[6].

Deux ans plus tard, Jean d’Orléans hérite du statut de prétendant[7]. Mais, il se trouve presque immédiatement face à de graves difficultés politiques puisque le pape Pie XI interdit aux catholiques de soutenir Maurras et l’Action française, c’est-à-dire les plus puissants soutiens de la maison d'Orléans[8]. L’entre-deux-guerres est donc une période d’éloignement –et finalement de rupture, en 1937– entre le chef de la maison royale (soutenu par son fils, le «comte de Paris ») et le mouvement d’extrême-droite. Mais c’est également le moment où, pour la première fois depuis longtemps, l’orléanisme cesse d’être uniquement synonyme de conservatisme[9].

Titulature et controverse

Louis-Philippe Ier, arrière-grand-père de Jean d'Orléans.
Article détaillé : Maison de France.

Comme prétendant orléaniste au trône de France et chef de la Maison d'Orléans, le prince Jean pouvait porter chaque titre lié à un apanage traditionnel de la Maison Royale, ou puiser dans les nombreux titres traditionnels de sa branche : duc d'Orléans, duc de Valois, duc de Chartres, duc de Nemours, duc de Montpensier, dauphin d'Auvergne, prince de Joinville, sénéchal héréditaire de Champagne, marquis de Coucy, marquis de Folembray, comte de Soissons, comte de Dourdan, comte de Romorantin et baron de Beaujolais.

Pour ses partisans, les orléanistes, et particulièrement les militants d'Action française, Jean d'Orléans était l'héritier du trône de France sous le nom de « Jean III ». Il était en effet l'aîné des descendants du roi Louis XIII de France, à l'exclusion des descendants de Philippe V d'Espagne, partis régner de l'autre côté des Pyrénées en vertu du traités d'Utrecht, signé en 1713.

Mais, pour ses adversaires légitimistes, Jean d'Orléans n'était « que » duc d'Orléans alors que les véritables héritiers du trône étaient ses lointains parents, les princes Jacques et Alphonse-Charles de Bourbon, puis le roi d'Espagne Alphonse XIII.

Annexe

Bibliographie

Œuvres du « duc de Guise »

  • Jean d'Orléans, duc de Guise, Sous le Danebrog : souvenirs de la vie militaire en Danemark 1894-1899, Éditions Calmann Lévy, Paris, 1900. (ASIN B00182FFW2)
  • Jean d'Orléans, duc de Guise, Éphémérides militaires du Nouvion-en-Thiérache, de 1789 à 1871, E. Dubois, Paris, 1902. (ASIN B001C822YG)
  • Jean d'Orléans, duc de Guise, Les Légions de l'Espérance et de l'Athénée à Turin, 1799-1801, E. Dubois, Paris, 1902. (ASIN B001C80H7A)
  • Jean d'Orléans, duc de Guise, Un village andalou sous le premier Empire, pendant l'occupation française, E. Dubois, 1902. (ASIN B001C847VW)
  • Jean d'Orléans, duc de Guise, Les Anciens lieux-dits de la commune du Nouvion-en-Thiérache, E. Dubois, 1903. (ASIN B001C80H9S)
  • Jean d'Orléans, duc de Guise, Les Seigneurs du Nouvion-en-Thiérache, 1147-1790, E. Dubois, Paris, 1906 (ASIN B001C822X2)
  • Jean d'Orléans, duc de Guise, Paroles royales. Lettres et manifestes de Mgr le duc de Guise, 1933 (ASIN B00182J5VE)
  • Jean d'Orléans, duc de Guise, Manifeste du duc de Guise, 1933 (ASIN B00182DYK2)

Sur le « duc de Guise » et sa famille

  • Georges Cerbelaud-Salagnac, Quatre règnes en exil ou d'Henri V à Jean III (1820-1940), Éditions France Empire, 1947.
  • Jean Monneron, Le duc de Guise et la Maison de France, Paris, Éditions Imprimerie nouvelle, 1939.
  • Georges Poisson, Les Orléans, une famille en quête d'un trône, Perrin, Paris, 1999. (ISBN 226201583X)

Liens internes

Notes et références

  1. Georges Poisson, Les Orléans, une famille en quête d'un trône, Perrin, Paris, 1999, p. 327.
  2. Georges Poisson, Op. cit., p. 335.
  3. Georges Poisson, Op. cit., p. 339.
  4. Georges Poisson, Op. cit., p. 340.
  5. Georges Poison, Op. cit., p. 341-342.
  6. Georges Poisson, Op. cit., p. 344.
  7. Georges Poisson, Op. cit., p. 344-345.
  8. Georges Poisson, Op. cit., p. 349-6350.
  9. Georges Poisson, Op. cit. p. 352-354.
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