Jean-Pierre Raffarin


Jean-Pierre Raffarin
Jean-Pierre Raffarin
Jean-Pierre Raffarin par Guillaume Kretz.jpg
Mandats
17e Premier ministre français
(165e chef du gouvernement)
6 mai 200231 mai 2005
(&&&&&&&&&&&011213 ans, 0 mois et 25 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin I
Jean-Pierre Raffarin II
Jean-Pierre Raffarin III
Législature XIIe législature
Majorité Majorité présidentielle
UMP - UDF (droite)
Prédécesseur Lionel Jospin
Successeur Dominique de Villepin
Président du conseil régional de
Poitou-Charentes
19 décembre 19988 mai 2002
Prédécesseur Louis Fruchard
Successeur Élisabeth Morin
Dominique de La Martinière (intérim)
Ministre des Petites et Moyennes entreprises,
du Commerce et de l'Artisanat
17 mai 19952 juin 1997
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé I
Alain Juppé II
Prédécesseur Alain Madelin
Successeur Marylise Lebranchu
Biographie
Date de naissance 3 août 1948 (1948-08-03) (63 ans)
Lieu de naissance Drapeau de la France Poitiers, Vienne
Nationalité Française
Parti politique UDF-PPDF
DL
UMP
Conjoint Anne-Marie Raffarin
Diplômé de Université Paris II
ESCP Europe
Profession Cadre de communication d'entreprise
Jean Pierre Raffarin

Parlementaire français
Date de naissance 3 août 1948
Mandat Sénateur
Début du mandat 1995- (actuellement en fonction)
Circonscription Vienne
Groupe parlementaire UMP
Ve République

Jean-Pierre Raffarin, né le 3 août 1948 à Poitiers (Vienne), est un homme politique français. Premier ministre du 6 mai 2002 au 31 mai 2005, il est aujourd'hui sénateur de la Vienne.

Sommaire

Biographie

Origines, études et famille

Il est le fils de Jean Raffarin, cultivateur puis homme d'affaires, qui fut secrétaire d'État à l'Agriculture du Gouvernement Mendès France en 1954, et Renée Michaud. Il a deux sœurs (Jacqueline Raffarin, née en 1938, et Françoise, épouse Vilain, née en 1947) et un frère, Gérard Raffarin (né en 1939).

Il a épousé le 29 juin 1980 Anne-Marie Perrier (née en 1952 à Chamalières), dont il a une fille, Fleur. On ne doit pas la confondre avec la femme de Michel Sardou.

Il étudie au lycée Henri-IV de Poitiers, puis part à Paris étudier le droit à l'université Paris II-Assas. Il est ensuite diplômé de l'ESCP Europe, promotion 1972 (la même que Michel Barnier). Il effectue un stage pendant près d'une année, dans le cadre de sa scolarité, dans la savonnerie Fébor dans l'Eure.

Contrairement à beaucoup d'hommes politiques, il effectue une partie de sa carrière professionnelle dans le privé :

Le Canard enchaîné révèle qu'il a été salarié de l'ANPE de 1976 à 1981, tout en occupant la fonction de chef de la cellule communication au cabinet de Lionel Stoléru, secrétaire d'État aux Travailleurs manuels puis aux Immigrés[1].

Conseiller technique de Lionel Stoléru de 1976 à 1981, il est aussi maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris de 1979 à 1988.

En 1978, suite à la démission de son père, il devient président de la société anonyme de crédit immobilier rural de la Vienne, structure fondée en 1956 par Jean Raffarin et affiliée au Crédit immobilier de France. Il fait fructifier cet héritage tout au long des années 1980, et devient, de fusion en fusion avec d'autres sociétés de crédit immobilier, président du Crédit immobilier de Poitou-Charentes puis du Crédit immobilier de France Centre-Ouest.

Carrière politique

Les débuts

Jean-Pierre Raffarin est membre des Jeunes giscardiens, et secrétaire général de Génération sociale et libérale (GSL), qui se fond dans le Parti républicain en 1977. Il est successivement animateur[2], délégué national, secrétaire national adjoint et membre du bureau politique (1977), puis secrétaire national chargé des élus locaux de ce parti (1989-1995).

Il est ensuite secrétaire général adjoint et porte-parole (1993-1995), puis secrétaire général de l'Union pour la démocratie française (UDF).

Co-fondateur du Parti populaire pour la démocratie française (PPDF), il en est le délégué général adjoint de 1995 à 1997. Membre du bureau politique de l'UDF (1996), il prend part à la création de Démocratie libérale, dont il est membre du bureau politique (1997), puis vice-président jusqu'à la fusion avec l'UMP en 2002.

Au niveau local, il est conseiller municipal d'opposition de Poitiers de 1977 à 1995, conseiller régional de la région Poitou-Charentes en 1986, puis président du conseil régional de 1988 à 2002, où il succède à Louis Fruchard, son mentor. En 1995, il quitte le conseil municipal de Poitiers pour devenir, jusqu'en 2001, adjoint au maire de Chasseneuil-du-Poitou. Il est ensuite vice-président UMP du conseil régional de Poitou-Charentes de 2002 à 2004.

Parlementaire européen, ministre, sénateur

Jean-Pierre Raffarin en avril 1995

Il est député européen de 1989 à 1995, élu sur une liste UDF-RPR.

Le 17 mai 1995, il est nommé ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce et de l'Artisanat par Alain Juppé. En septembre de la même année, il se fait élire sénateur de la Vienne, mais n'exerce pas ce mandat pour rester au gouvernement. Jean-Pierre Raffarin se fait surtout connaître à cette époque pour son action en faveur de la protection des artisans boulangers.

Après la défaite de la droite aux législatives de 1997, il lance le club « Giscardisme et modernité », cultivant un positionnement qui fait de lui l'un des rares giscardiens « chiraco-compatibles ».

Suite à la réélection du président Jacques Chirac, il est nommé Premier ministre le 6 mai 2002.

Réélu au Sénat le 21 septembre 1997, il démissionne le 6 juin 2002 à la suite de sa nomination comme Premier ministre. Réélu le 26 septembre 2004, alors qu'il est toujours chef du gouvernement, il ne siège pas.

Premier ministre

Jean-Pierre Raffarin et son homologue espagnol, José María Aznar, le 4 décembre 2003

Jean-Pierre Raffarin a été Premier ministre de la République française du 6 mai 2002 au 31 mai 2005, au cours de trois gouvernements successifs :

Il commence par gouverner par décrets, avant d'obtenir une large majorité pour le soutenir lors des élections législatives (363 députés UMP sur 577). Sa ligne de conduite politique, marquée d'un style personnel en matière de communication[3], s'attache aux réformes avec une certaine fermeté.

En 2003, il conduit la réforme des retraites, celle de la décentralisation et de l'assurance maladie, en dépit de plusieurs grèves et manifestations. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, lui fait de l'ombre et l'importance prise par celui-ci, comme le grand investissement du président de la République dans les affaires de l'État, réduisent son champ d'action. L'importante baisse de sa popularité, un temps stable et élevée, comme la cinglante défaite aux élections régionales de 2004 (sa région, comme toutes les autres à l'exception de l'Alsace et de la Corse, passe à gauche) sont interprétées comme étant dues à une politique sociale insuffisante. Un remaniement ministériel dans ce sens a lieu, offrant à Nicolas Sarkozy le ministère des Finances et à Jean-Louis Borloo le ministère des Affaires sociales. Jean-Pierre Raffarin est alors écartelé entre la politique de ce dernier (en particulier sa politique de construction de HLM et de développement des emplois aidés) soutenue par Jacques Chirac et la volonté de Nicolas Sarkozy de gérer les finances « en bon père de famille », avant que ce dernier ne quitte le gouvernement pour prendre la présidence de l'UMP.

Au rang des principaux importants qu'il a fait adopter, la loi relative à l'application du principe de laïcité à l'école l'a été en 2004. Il met également en place la journée de solidarité envers les personnes âgées. Enfin, il fixe de nouvelles orientations dans le domaine de la lutte contre les dérives sectaires, notamment en demandant que « le recours à des listes de groupements [soit] évité au profit de l'utilisation de faisceaux de critères »[4].

La victoire du « non » au référendum sur le projet de constitution européenne du 29 mai 2005, est fatale à Jean-Pierre Raffarin. L'échec de cette campagne, combiné avec une popularité au plus bas, l'amène à remettre sa démission de Premier ministre le 30 mai 2005 au président Chirac. La rumeur dit que Henri Emmanuelli, tenor du « non », l'a appelé, le soir même du 29 mai 2005, pour le remercier : « sans vous, rien n'eût été possible. »[5] Il est aussitôt remplacé par Dominique de Villepin.

Les « raffarinades »

Le terme « raffarinade » s’est rapidement imposé au sein de la presse française, à commencer par la presse satirique, pour désigner des déclarations de Jean-Pierre Raffarin, formulées dans un style qui lui est propre. Parmi les plus marquantes, on peut citer : « La route est droite, mais la pente est forte » et « Win the Yes needs the No to win against the No ! »[6] ou encore « positive attitude ».

L'après « Matignon »

Jean-Pierre Raffarin au Sénat, le 14 février 2008.

Une élection partielle provoquée après son départ du gouvernement par la démission de son suppléant lui permet d'être réélu, le 18 septembre 2005, sénateur (UMP) de la Vienne, obtenant au premier tour 56,98 % des voix des 1046 grands électeurs[7].

Début 2006, le président Jacques Chirac nommait Jean-Pierre Raffarin président du comité d'organisation français pour célébrer le 400e anniversaire de la ville de Québec, lui confiant la mission de rassembler des initiatives françaises.

Après sa réélection au Sénat, Jean-Pierre Raffarin, président du club de réflexion politique « Dialogue & Initiative », se fait plus discret. En temps que porte-parole de l'UMP, il s'investit néanmoins dans les élections présidentielle et législatives de 2007, dans de nombreux meetings et interventions télévisées.

Après que Nicolas Sarkozy est devenu président de la République française, l'UMP est profondément modifiée, notamment dans sa fonction institutionnelle ; Jean-Pierre Raffarin devient alors vice-président du parti et profite de cette fonction pour assurer la « diversité » au sein du courant majoritaire.

Il réclame, le 14 avril 2008, la démission de la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, après la décision de la cour d'appel de Rennes condamnant Ségolène Royal à payer les assistants parlementaires qu'elle avait eus. L'ancien Premier ministre déclare à son sujet que « pour un responsable politique, la délinquance sociale c'est la faute majeure ».

Le 24 septembre 2008, Jean-Pierre Raffarin est battu au premier tour de la primaire UMP, face à Gérard Larcher, pour l'élection à la présidence du Sénat[8].

Depuis le mois d'octobre 2009, Jean-Pierre Raffarin est le Représentant personnel du président de la République pour la Francophonie, fonction occupée précédemment par Christian Philip, nommé recteur de Montpellier. En février 2010, il décline la proposition de Nicolas Sarkozy, de devenir ambassadeur de France en Chine[9].

Il s'oppose avec 24 autres sénateurs UMP, fin 2009, à la suppression de la taxe professionnelle, refusant de voter le projet de loi « en l'état »[10].

Décorations

Bibliographie

Ouvrages de Jean-Pierre Raffarin

Ouvrages consacrées à Jean-Pierre Raffarin

  • Albert Algoud et Christophe Bertin, Raffarin de Matignon, guide modique, modeste et modéré de la France d'en-bas, Paris, Mango document, 2002.
  • Le Canard enchaîné, Raffarin d'en haut en bas : qui se cache derrière l'homme de Matignon ?, Paris, Les dossiers du « Canard », 2002, ISSN 0292535485

Notes et références

  1. Les dossiers du Canard enchaîné, Raffarin d'en haut en bas, p.21, octobre 2002. Le journal en conclut, après vérifications, qu'il a cumulé les émoluments des deux postes.
  2. Jean-Pierre Raffarin sosie de Johnny sur son site consulté le 28 mars 2010.
  3. Ses « raffarinades » ont marqué un style d'expression qui lui est très personnel.
  4. Circulaire du 27 mai 2005, Journal officiel n°126 du 1 juin 2005
  5. Cf. Le Canard Enchaîné
  6. Vidéo de Win the yes need the no to win
  7. Résultats de l'élection sénatoriale partielle du 18 septembre 2005 dans la Vienne sur le site du Sénat.
  8. Présidence du Sénat : Larcher remporte la primaire UMP, Le Figaro, 24 septembre 2008
  9. « Jean-Pierre Raffarin refuse de s'exiler en Chine », Nouvelobs interactif, 10 février 2010.
  10. Marie-Christine Tabet, « Taxe professionnelle: Raffarin mène la fronde », Le Journal du dimanche, 1er novembre 2009.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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Précédé par Jean-Pierre Raffarin Suivi par
Nicolas Sarkozy
Vice-président de l'UMP
2007 -
en fonction
(direction collégiale tricéphale avec Jean-Claude Gaudin et Pierre Méhaignerie)



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