Jaïnisme


Jaïnisme
Une statue de Tirthankara, « faiseur de gué ».

Le jaïnisme, ou jinisme, du sanskrit Jina « vainqueur », est une religion (en précisant que le mot religion se traduit en Inde par dharma, un mot largement polysémique qui signifie autant « foi », « religion », « vertu » que « devoir », « nature propre », « bonne action », « chemin spirituel ») qui insiste en premier et dernier lieu sur le respect de l'ahimsa (non-violence), en se basant sur la théorie du karma, des réincarnations, de l'écologie, et qui met l'accent sur l'ascétisme. Il ne commence pas, à l'image du bouddhisme, comme un mouvement de réforme à l'intérieur de l'hindouisme, car c'est une des plus anciennes religions au monde, qui vient de la plus haute antiquité – ou de la préhistoire (3000-3500 av. J.-C.[1]), et qui devient une religion d'importance au cours du VIe siècle av. J.‑C., sous l'influence de Mahavira. Le jaïnisme possède actuellement douze millions de fidèles dans le monde, ascètes et laïcs confondus, en majorité en Inde (30 000 en Europe et 50 000 aux Etats-Unis).

C'est la rigueur avec laquelle les adeptes suivent les préceptes du jaïnisme, et l'éthique qui en découle, qui leur a donné une surreprésentation dans les milieux culturels, politiques et des affaires au sein de la communauté indienne. Le temple d'Anvers à Wilrijk est le plus grand temple jaïn érigé en dehors de l'Inde. Il a été entièrement financé par les riches familles indiennes jaïnes actives dans le commerce diamantaire anversois. Il existe d'autres temples jaïns en dehors de l'Inde, notamment en Grande-Bretagne (à Potters Bar, Londres, notamment) et aux États-Unis.

Sommaire

La philosophie jaïne

Symbole Jaïn ; le svastika est un symbole majeur du jaïnisme. Ici, le svastika représente les quatre mondes : en haut à gauche, le monde des hommes ; en haut à droite, le monde des dieux ; en bas à gauche, le monde des animaux et des plantes ; en bas à droite, le monde des démons : seul le monde des hommes est ouvert à la délivrance, grâce aux trois joyaux (en vert) du jaïnisme (vision juste, connaissance juste, conduite juste), qui permet d'accéder à la libération du cycle des réincarnations (le candra-bindu : en jaune)
Symbole officiel du Jaïnisme représentant le cosmos et sa devise : Parasparopagraho Jivanam (« les vies se doivent un mutuel respect »).

Le jaïnisme partage de nombreuses et apparentes ressemblances avec l'hindouisme et le bouddhisme, mais il doit en être cependant différencié. Le jaïnisme est, d'un point de vue philosophique, un matérialisme[2],[3] éthique et sur le plan conceptuel, un agnosticisme (syâdvâda, de syat, signifiant « peut-être » : aucune vérité absolue ne peut être énoncée, mettant en garde contre toute guerre idéologique et violence – liée au fanatisme). Malgré ses temples, le jaïnisme peut être considéré comme « transthéiste[4] », mais il n'est pas athée (les dieux – forces de la Nature – existent et se réincarnent sous différents états d'êtres vivants), en précisant que certaines branches du jaïnisme refusent le culte des idoles ; ainsi :

« Le culte, intérieur et extérieur, a valeur uniquement subjective et sert à la concentration de l'esprit du fidèle sur l'exemple d'êtres parfaits que l'on peut imiter mais qu'on ne peut prier d'intervenir dans le destin de l'homme. L'homme, en dernier lieu seul avec lui-même, en compagnie de son seul effort, pourra parachever l'ascèse qui le portera à la paix au-delà de toute expérience humaine[2]. »

La philosophie jaïne considère le monde comme infini[5], univers symboliquement représenté sous la forme d'un corps cosmique, géant femelle ou mâle où, en son sein, les créatures se réincarnent sous différentes apparences depuis toujours. Selon le jaïnisme, l'univers, qui est infini, n'a pas été créé, et il ne cessera jamais d'exister :

« Le monde est incréé ; il n’a ni commencement ni fin, il existe par sa propre nature ; il est plein de jīvas et d’ajīvas ; il existe dans une partie de l’espace et il est éternel. »

— Samana Suttam[6].

Toutefois, soumis à des changements, il traverse une série continue de périodes d'ascensions et de déclins. Chaque période est divisée en six phases. Nous serions actuellement, selon cette optique, dans la cinquième phase d'une période de déclin (à rapprocher de la Kali-Yuga des hindouistes).

Quand l'univers aura atteint sa phase de déclin la plus basse (la sixième), le jaïnisme lui-même disparaîtra complètement. Puis, au cours de la suivante, il sera redécouvert et réintroduit par de nouveaux chefs spirituels appelés Tîrthankara (en sanscrit « les faiseurs de gué ») qui enseigneront à nouveau comment permettre aux âmes de mettre fin à leurs transmigrations successives (samsâra) et d'atteindre ainsi pour toujours leur libération (moksha).

Dans chacune de ces longues périodes — qui font penser au jour de Brahma de l'hindouisme —, il y a toujours vingt-quatre Tîrthankara. Dans l'ère actuelle du monde, le vingt-troisième a été Pârshavanâtha, un ascète et prophète, qui aurait vécu vers 850 - 800 av. J.-C.. Ce fut un réformateur qui réclama un retour à la croyance et aux pratiques de la tradition religieuse originale. Le vingt-quatrième et dernier Tirthankara de cette ère est connu par son titre, (Mahâvîra, le « grand héros » (599 - 527 av. J.-C.). Ce fut aussi un maître spirituel errant qui a rappelé les Jaïns à la pratique rigoureuse de leur foi antique.

Les Jaïns croient que la réalité de l'univers est composée de sept principes éternels[2]:

  1. L'âme, l'énergie ou substance animée (jîva) ;
  2. Les substances non vivantes et non spirituelles ou ajîva (c'est-à-dire, le « non-jîva ») – ou pudgala – c'est la matière sous toutes ses formes et conditions que sont : kâla (le temps), âkâsha (l'espace), dharma (le principe du mouvement) et adharma (le principe du repos) ;
  3. La matière du karma ;
  4. La servitude à la transmigration qui en résulte ;
  5. L'arrêt du flot karmique ;
  6. L'usure et l'élimination de la matière karmique ;
  7. La délivrance ultime (moksha).

L'âme et la matière sont des substances identiques, dont l'une est consciente tandis que l'autre ne l'est pas ; elles sont douées de qualités fondamentales (guna)[2] ; il existe deux catégories d'âmes :

  1. Les âmes libres ou parfaites, franches de toutes attaches corporelles ou passionnelles (ce sont les tîrthankara ou « faiseurs de gué », sortes de prophètes qui sont au nombre de vingt-quatre, le dernier étant Mahavira)[2].
  2. Les âmes transmigrantes, qui comprennent aussi bien les hommes que les animaux, les végétaux, les minéraux, etc., identité qui amène l'homme à ne faire aucun mal à tout ce qui vit (pratique de l'ahimsâ).

Jîva et pudgala sont éternels ; ils ne sont pas venus à l'existence et ils ne cesseront jamais d'être. Le monde entier est constitué de jîva emprisonnés dans de l'ajîva ; il y a des jivâ incorporés dans l'air, la terre, l'eau, le feu, les plantes, les insectes, les animaux, les êtres humains, les êtres célestes et les êtres infernaux.

Tout contact du jîva avec le pudgala engendre de la souffrance. Ainsi, les Jaïns constatent que ce monde est souffrance et ils estiment que ni les réformes sociales (en leur essence, car sinon le jaïnisme pousse à une société humaine fondée sur la charité universelle[7]), ni les efforts non méritoires ou non valables des individus ne pourront jamais la faire cesser. Dans chaque être humain, un jîva est emprisonné, et ce jîva souffre en raison de son contact avec l'ajîva. La seule manière d'échapper à la douleur est pour le jîva (l'âme) de se libérer des transmigrations successives auxquelles elle est soumise et de parvenir ainsi au bonheur parfait éternel.

Les Jaïns considèrent que c'est le karma qui maintient le jîva emprisonné dans l'ajîva et qu'il faut donc se débarrasser de celui existant et ne pas en acquérir de nouveau. La libération de l'âme est difficile. Les Jaïns croient que le jîva continue à souffrir pendant toutes ses vies ou réincarnations, qui sont d'un nombre indéfini. Ils pensent que chaque action effectuée par une personne, qu'elle soit bonne ou mauvaise, ouvre les canaux des sens (vue, ouïe, toucher, goût et odorat), par lesquels une substance invisible, le karma, s'infiltre à l'intérieur et adhère au jîva, déterminant les conditions de sa prochaine réincarnation.

La conséquence des actions mauvaises est un karma mauvais, qui tire le jîva vers le bas, l'entraînant vers une nouvelle vie de condition inférieure sur l'échelle des existences. La conséquence des bonnes actions est un bon karma, qui permet au jîva de monter après sa vie actuelle ou dans une prochaine à un niveau plus élevé dans l'échelle des existences, là où il y a moins de souffrances à supporter. Cependant, les bonnes actions ne peuvent pas seules mener à la libération.

La libération — ou moksha— s'obtient grâce aux différents moyens définis par la doctrine jaïne que sont : la vision juste, la connaissance juste et la conduite juste. Le karma est le mécanisme de cause à effet en vertu duquel toutes les actions ont des conséquences auxquelles on ne peut se soustraire. Ledit karma a pour résultat de maintenir le jîva dans une suite ininterrompue d'existences durant lesquelles il va souffrir jusqu'à un certain degré. Ainsi, la libération du cycle des transmigrations implique le rejet du karma, la destruction de celui existant et l'évitement de la constitution de nouveau.

Au moment d'une mort sans karma, le jîva flotte vers le haut, exempt de tout pudgala, libéré de la condition humaine, exempt de toutes futures réincarnations. Il s'élève au-dessus de l'univers dans un endroit appelé Siddhashila. Là, identique à tous les autres jîva purs, il peut enfin éprouver sa vraie nature dans un calme éternel, dans un bonheur parfait. Il est alors totalement pur et libéré. La manière d'effacer le karma acquis consiste à se retirer du monde autant que faire se peut et à fermer le canal des sens pour empêcher toute matière karmique d'entrer et d'adhérer au jîva.

Dans leurs efforts d'atteindre le but le plus élevé qu'est le retrait permanent du jîva de toute souillure due à la matière karmique, les Jaïns ne croient pas qu'un esprit ou un être divin peut les aider de quelque façon que ce soit. Ils considèrent que les dieux, les êtres célestes (deva, devî), peuvent influencer les évènements de ce monde mais qu'ils ne peuvent pas aider les jîva à obtenir leur libération. Celle-ci ne peut être réalisée que par les efforts soutenus de chaque individu. En fait, les dieux (les êtres célestes) ne peuvent obtenir leur propre libération qu'à la condition d'avoir été au préalable réincarnés sous forme d'êtres humains et d'avoir suivi le mode de vie des ascètes jaïns.

Pârshvanâtha, le 23e et avant-dernier Tîrthankara, reconnaissable aux serpents qui le protègent, au-dessus de sa tête (sept au minimum)

Nayavâda

La philosophie jaïne a développé une doctrine qui lui est propre : le nayavâda ; l'être humain ne pouvant aller au-delà des limites de ses sens, que son appréhension de la réalité est partielle et n'est valable que d'un point de vue particulier, connu sous le nom de naya, le jaïnisme considère que la réalité est un complexe, non seulement en ce sens qu'elle constitue une pluralité (aneka), mais encore du fait qu'elle est l'objet de points de vue multiples (anekânta) : c'est pourquoi il estime que la réalité peut être perçue sous des angles différents, et donc, appréhendée sous certaines réserves[7].

Comme le naya est le moyen capable de constater vraiment une des caractéristiques d'un objet (sans contradiction), d'un point de vue particulier, les philosophes jaïns ont défini sept naya, qui sont :

  • le point de vue universel-particulier, ou téléologique (naigama naya),
  • le point de vue de classe (sangraha naya),
  • le point de vue particulier (vyavahāra naya),
  • le point de vue momentané (rijusātra naya),
  • le point de vue synonyme (shabda naya),
  • le point de vue étymologique (samabhirādha naya), et
  • le point de vue approché (evambhāta naya).

Par exemple : quand on décrit divers ornements en or, du point de vue des modifications de l'or, on parle du point de vue modal (paryâra-naya). Quand les ornements en or sont décrits du point de vue de sa substance, c'est-à-dire de l'or et de ses différentes qualités, on parle du point de vue substantiel (dravya-naya).

On peut aussi parler du point de vue pratique ou du point de vue réaliste, notamment dans les discussions spirituelles. Quand il s'agit du point de vue pratique, ou de bon sens, on parle de vyavahāra-naya, alors que, lorsqu'il s'agit du point de vue pur, ou réaliste, on parle de nishchaya-naya.

Cette doctrine de l'appréhension partielle de la réalité constitue une mise en garde à l'encontre de ceux qui affirment que leur système est unique et qu'il permet de tout comprendre : elle ouvre la voie de la réconciliation des points de vue opposés et de leur harmonisation, en prenant en compte la relativité des différents aspects de la réalité[7].

Syâdvâda

Exemple d'enluminure jaïne, tirée du Kalpa-sutra.
Article détaillé : Anekantavada.

La doctrine précédente fournit l'ossature de celle du syādvāda, en disant clairement que la réalité peut être considérée de nombreux points de vue différents, et qu'aucun ne doit être déclaré seul valable[7]. Cela fait du jaïnisme une forme d'agnosticisme.

Le but de la recherche philosophique étant d'appréhender la réalité, les philosophes jaïns estiment que cette appréhension ne peut être faite en formulant uniquement des déclarations simplistes et catégoriques. La réalité étant complexe, aucune affirmation simple ne peut l'exprimer totalement, c'est la raison pour laquelle le mot syat, qui signifie « peut-être », « par certains côtés », est ajoutée, par les philosophes jaïns, aux différentes affirmations la concernant[7].

Ces philosophes formulent sept propositions, sans la moindre affirmation absolue que ce soit, concernant la réalité, en les faisant précéder toutes du mot syat. Cela veut dire qu'une affirmation est toujours nuancée, qu'elle est relative, approchée, d'un certain point de vue, sous certaines réserves, et qu'elle ne saurait, en aucune façon, être considérée comme catégorique[7].

Ainsi, lorsque l'on décrit une chose, on peut faire, sur la base du syādvāda ou de l'anekāntavāda, sept affirmations ou propositions ou énoncés, qui paraissent contradictoires, mais qui sont parfaitement vraies. On peut ainsi dire :

  • « par certains côtés, c'est » (syād-asti),
  • « par certains côtés, ce n'est pas » (syād-nāsti),
  • « par certains côtés, c'est et ce n'est pas » (syād-asti-nāsti),
  • « par certains côtés, c'est indescriptible » (syād-avaktavya),
  • « par certains côtés, c'est et c'est indescriptible » (syād-asti-avaktavya),
  • « par certains côtés, ce n'est pas et c'est indescriptible » (syād-nāsti avaktavya),
  • « par certains côtés, c'est et ce n'est pas, et c'est indescriptible » (syād-asti-nâsti avaktavya).

Ces diverses propositions peuvent être comprises au moyen d'un exemple : un homme est le père, n'est pas le père, et est les deux, sont des énoncés parfaitement intelligibles, si l'on comprend le point de vue à partir duquel ils sont exprimés. Par rapport à un certain garçon, cet homme est le père, par rapport à un autre il n'est pas le père, et par rapport aux deux, pris ensemble, il est le père et il n'est pas le père. Comme les deux idées ne peuvent s'exprimer par des mots en même temps, on peut dire qu'il est indescriptible, etc.

Ces sept propositions peuvent être exprimées à propos de l'éternité, de la non-éternité, de l'identité et de la différence, etc. de n'importe quel objet. Les philosophes jaïns estiment que ces sept façons d'affirmer donnent ensemble, une description adéquate de la réalité.

Le syâdvâda vise à coordonner, à harmoniser et à synthétiser les points de vue individuels dans un énoncé d'ensemble : comme la musique, il mêle les notes discordantes pour réaliser une parfaite harmonie.

Cette doctrine n'a pas un simple intérêt spéculatif, elle a pour but de résoudre les problèmes ontologiques et elle a une influence sur la vie psychologique et spirituelle de l'homme. Elle donne au philosophe un « cosmopolisme » de pensée, en le convainquant que la vérité n'est le monopole de personne. Elle vise à abattre les barrières des religions sectaires et à répandre l'esprit de tolérance qui va parfaitement de pair avec l' ahimsâ (la non-violence) que le jaïnisme prêche depuis des millénaires[7].

La quintessence de cette doctrine, fort éloignée de la terminologie scolastique, c'est qu'en matière d'expérience il est impossible de formuler la vérité totale, et qu'en matière de transcendance de l'expérience le langage est insuffisant[7].

Les catégories du vivant

Affiche indienne représentant les différentes catégories d'êtres vivants, selon le nombre de leur sens.

Du fait que l'axe principal du jaïnisme est d'éviter le maximum de préjudice à autrui, il a engendré une hiérarchie de la sensibilité des êtres vivants ; en effet, le jaïnisme considère que toute créature a une âme, une énergie vitale qui est la même pour tous les êtres vivants[7], âme sans forme, au pouvoir illimité, qui prend un énième corps éphémère qui sans elle serait « sans vie », c'est-à-dire incapable d'être conscient ou de ressentir quoi que ce soit[7]. Plus une créature possède de sens, plus elle souffre, plus elle jouit : mais elle n'est pas encore libre. Ainsi, selon la tradition jaïne, il y a[8]:

  • Les êtres immobiles, ou Jiva (âme incarnée) à un seul sens (celui du toucher) ; subdivisés en ;
  1. Créatures à corps de terre (comme la glaise, le métal, etc.).
  2. Créatures à corps d'eau (comme l'iceberg, le brouillard, etc.).
  3. Créatures à corps de feu (comme l'éclair, la flamme, etc.).
  4. Créatures à corps d'air (comme le cyclone, le vent, etc.).
  5. Créatures à corps de végétal. Les plantes vivantes peuvent avoir une âme ou plusieurs, dans un seul corps. En fonction de cela, elles sont classées en sous-catégories suivantes :
    1. Créatures végétales à une seule âme (arbres, buissons, épis, par exemple).
    2. Créatures végétales avec un nombre d'âmes infini en seul corps (les racines, comme les pommes de terre, les carottes, les oignons, l’ail, les betteraves etc. appartiennent à cette catégorie).
  • Les êtres mobiles, ou Jiva à plusieurs sens (de deux à cinq) ; subdivisés en  :
  1. Créatures ayant deux sens, le sens du toucher et du goût (ce sont, par exemple, les mollusques, les vers, etc.).
  2. Créatures ayant trois sens, le sens du toucher, du goût et de l'odorat (ce sont, par exemple, les limaces, les fourmis, les mites, punaises, les mille-pattes, etc.)
  3. Créatures ayant quatre sens, le sens du toucher, du goût, de l'odorat et de la vue (ce sont, par exemple, les scorpions, les criquets, les araignées, les coléoptères, les sauterelles, les mouches, les abeilles, etc.)
  4. Créatures ayant cinq sens, le sens du toucher, du goût, de l'odorat, de la vue et de l'ouïe; parmi les êtres possédant (normalement) cinq sens, il y a les sous-catégories suivantes :
    1. Créatures démoniques, vivant en enfer ;
    2. Créatures animales, telles que les vaches, les moutons, les éléphants, les lions, les oiseaux, les poissons, etc. ;
    3. Créatures célestes (ou dieux), vivant dans le ciel (ou paradis) ;
    4. Créatures humaines, qui sont les seules à pouvoir émettre des vœux, et donc, à pouvoir prétendre au salut, à la libération du cycle des réincarnations par la maîtrise de soi.

Selon le jaïnisme, toutes ces créatures produisent du karma, bon ou mauvais, qui engendrent des destins, des renaissances et des conditions où l'on éprouve plus ou moins de peine, plus ou moins de joie, selon la bienveillance ou l'égoïsme des actes, paroles et pensées produits auparavant ; le but est de s'en libérer, en saisissant la chance d'être incarné, dans la vie présente, en être humain, afin de mettre en pratique la compassion pour toutes les créatures (ci-dessus mentionnées); Les âmes libérées, quant à elles, n'ont pas de karma, ne sont plus liées à leur condition humaine dépassée par l'ascèse éthique proposée par le jaïnisme ; sans forme et sans taille, leur âme s'est réalisée (elle ne peut plus se réincarner), jouissant d'une connaissance et d'une perception parfaite, ainsi qu'une vigueur et un bonheur infini[7]. Le fait que le jaïnisme considère que les éléments constitués d'air, de feu, de terre ou d'eau soient des êtres vivants rapproche cette religion de l'animisme (sans toutefois développer un aspect cultuel à leur égard), quoique cette théorie admet qu'il y a aussi dans l'univers des éléments sans âme, c'est-à-dire sans sensibilité, dénués d'énergie vitale, ajiva (comme le temps, l'espace, etc.)[7].

Code moral jaïn

Le code moral du jaïnisme est considéré comme la simplicité même, et sa pratique, graduelle[7]. Il est exprimé dans les vœux suivis par les laïcs dits petits vœux (anuvrata) et par les ascètes dits grands vœux (mahâvrata), vœux qui ne sont pas différents des cinq vœux moraux de base d'une des six branches de la philosophie hindoue – le Yoga-Sûtra de Patanjali –, ni des trois premiers devoirs de base (ahimsa, satyam, astya) de toute la communauté hindoue (les ârya ou « nobles » en sanskrit) des Lois de Manu [9], [10].

Les membres de la communauté monastique sont obligés de respecter strictement ces cinq vœux ; les laïcs jaïns sont dispensés d'appliquer strictement les quatrième et cinquième : il leur est donc loisible de se marier, d'avoir des enfants et de posséder des biens matériels[11] ; ainsi, ces vœux ne changent pas de nature mais de degrés, – les laïcs et ascètes possèdent le même code moral mais appliqué moins rigoureusement chez le laïc jaïn, afin qui ce dernier puisse vivre dans la société et apporter la nourriture aux ascètes, eux qui ne possèdent rien ni ne travaillent, guidant leurs disciples dans la pure non-violence.

Les cinq vœux majeurs des Jaïns sont :

Temple jaïn ; les objets en cuir ou autres produits non-végétariens y sont strictement interdits d'entrée.
  1. Le vœu de non-violence : ahimsâ. C'est la « non-volonté de faire souffrir », la « fraternité, compassion, charité universelle », ou « le respect impérieux de la vie ». La violence est définie comme une atteinte à ce qui vit, par un manque de soin ou d'attention, mais son sens n'est pas limité à cela. Il est sûr que de blesser, d'attacher, de faire du mal, d'exploiter ceux qui travaillent, de surcharger, d'affamer ou de ne pas nourrir quand il le faut, constituent des formes de violence et, comme telles, doivent être bannies. La devise des Jaïns est Parasparopagraho Jivanam, les vies se doivent un mutuel respect en sanskrit, mais aussi ahimsa paramo dharma, c'est-à-dire la non-violence est la religion (ou devoir) suprême ou Vaazhu Vaazha Vidu (en tamoul), vivre et laisser vivre. La renonciation à la violence peut être complète ou partielle. La renonciation complète s'accomplit de neuf façons : par soi-même, par un moyen ou par approbation, et, chaque fois, par la pensée, par la parole et par le corps. Pour un laïc, la renonciation complète est impossible. Aussi lui est-il demandé de se décharger de ses responsabilités terrestres avec le minimum de préjudice pour les autres. Pour donner un aspect pratique à ce sujet, la violence a été analysée, d'après l'attitude mentale, en quatre catégories, à savoir[7] :
    1. la violence accidentelle (celle qui est réalisée, de façon inévitable, dans l'accomplissement des tâches domestiques indispensables, comme la préparation des repas, la tenue des choses propres, la construction d'immeubles, de puits, etc.),
    2. la violence professionnelle (celle commise dans l'exercice d'une profession, ou de ses occupations comme agriculteur, commerçant, industriel, ouvrier, Médecin, etc.),
    3. la violence défensive (celle que l'on ne peut pas éviter pour défendre une personne, pour sauver un peuple, etc. ; le jaïnisme, avec l'hindouisme, considèrent que la violence défensive peut être justifiée [12], mais aussi qu'un soldat, qui tue des ennemis dans un combat, accomplit un devoir légitime [13] : les communautés jaïnes acceptent d'utiliser la puissance militaire pour leur défense et celle des autres, et il y a des laïcs jaïns, dans le passé ou aujourd'hui, monarques, généraux ou soldats[14]),
    4. la violence intentionnelle (celle qui est faite à dessein ou en connaissance de cause, par exemple : en chassant, en offrant des sacrifices, en tuant pour manger ou pour s'amuser, en mangeant de la viande, etc.). Le jaïnisme considère que quelqu'un qui a franchi l'étape de la vie active devrait absolument éviter les quatre formes de violence, mais il n'est exigé du laïc de ne s'abstenir totalement que de la violence intentionnelle car, pour ce qui est des autres, ce n'est pas possible complètement, à ce stade[7]. Néanmoins, le laïc est avisé qu'il doit éviter, au maximum, les trois premières formes également et qu'il faut qu'il fasse des progrès réguliers, dans ce sens, dans sa conduite[7]. Ainsi, le vœu d' ahimsâ signifie, pour le laïc, qu'il doit s'abstenir de la violence intentionnelle[7].
  2. Le vœu de sincérité : satya. En termes simples, c'est ne pas dire des paroles qui font du tort, mais le sens est beaucoup plus large. Ainsi, les fausses doctrines, la révélation des secrets, la déformation d'autres, la médisance, la confection de faux documents, les manquements à la vérité, sont aussi considérés comme des mensonges et, par conséquent, on doit s'en abstenir. Toutefois il ne s'agit pas de l'« impératif catégorique » kantien car au nom de la non-violence (pour protéger un voleur qui risque la peine de mort, pour éviter qu'un animal, un homme soit tué ou blessé par exemple), on peut « mentir ».
  3. Le vœu d'honnêteté, de refus du vol : asteya. Voler, c'est prendre ce qui n'est pas donné, mais un sens large est attribué à ce mot. C'est pourquoi, la communication d'information sur la façon de commettre un vol, l'acceptation de choses volées, ou oubliées, perdues, le non-respect des injonctions légales en vendant des choses à un prix excessif, la falsification et la conservation de faux poids et de fausses mesures, sont tenus pour des formes de vol dont on doit se garder.
  4. Le vœu de chasteté : brahmacharya. Le manque de chasteté est une faute qui peut prendre des formes diverses. Ainsi, la marieuse qui provoque des mariages comme passe-temps, le jouisseur de plaisirs qui amènent la souffrance de l'autre (viol, pédophilie, zoophilieetc.), l'amateur de paroles voluptueuses, le coureur de femmes mariées, ou non mariées immorales, commettent cette faute qui doit être proscrite, mais cela n'est possible que par une maîtrise de sa pensée, consciente, mais surtout inconsciente (par le biais de la méditation) : le désir sexuel est ainsi arraché à la racine.
  5. Le vœu de non-attachement aux choses du monde : aparigraha. L'attachement aux choses du monde consiste à désirer plus que ce dont on a besoin. Ainsi, l'accumulation de choses, même nécessaires, en grand nombre, l'émerveillement devant la richesse des autres, l'avidité, la transgression des limites des possessions et l'augmentation de celles existantes sont des fautes à ne pas commettre. Chez l'ascète, cela se traduit par une non-possession d'objets pure et simple.

On peut noter que ce cinquième vœu est particulier, car il vise indirectement l'égalité économique, en empêchant l'accumulation de richesses par les individus. En effet, dans ce vœu, il est prescrit au laïc de se fixer une limite maximum de biens et de ne pas la dépasser, sous aucun prétexte. S'il lui arrive de gagner plus que la limite qu'il s'est fixée, il lui est recommandé de le dépenser en actes charitables, dont les meilleures formes sont au nombre de quatre :

  1. Le don de médicaments,
  2. La diffusion de son savoir,
  3. La fourniture de moyens pour sauver la vie des créatures en danger
  4. Et de nourriture à ceux qui ont faim ou qui sont pauvres[7].

Pour les laïcs, le couple jaïn doit pratiquer la fidélité absolue à son conjoint. Pour les ascètes (moines et nonnes), le vœu de pureté signifie le célibat absolu et l'absence de toute pratique sexuelle. La non-violence implique entre autres choses le véganisme ou végétarisme. La pratique alimentaire jaïne exclut la plupart des racines, car l'on pourrait causer du mal à un animal en les déterrant, et l'on détruit de facto une vie végétale (prendre un fruit, ou un légume, n'amène pas la mort de la créature végétale qui le produit), – ce respect se retrouve chez les bishnoïs aussi. Les ascètes et les pieux laïques jaïns ne mangent pas, ne boivent pas ou ne voyagent pas après le coucher du soleil et ne se lèvent pas avant son apparition, toujours pour éviter de blesser un être vivant par manque de lumière ou à cause des lampes, des bougies, etc. qui pourraient brûler les insectes attirés par leurs flammes dans la nuit.

La société des Jaïns est aussi duale que leur univers, où tout est néanmoins interdépendant. D'une part, il y a les moines et les nonnes qui pratiquent l'ascétisme et tâchent de faire de leur vie en ce monde la dernière. D'autre part, il y a les laïcs qui poursuivent des pratiques moins rigoureuses, mais toujours selon le même code moral commun avec les ascètes, en s'efforçant de faire notamment de bonnes actions, des pénitences et en dominant leurs passions pour espérer une meilleure incarnation dans leur vie suivante. Les règles de conduite jaïnes ont été instituées de façon que toute personne puisse les suivre. Celles des laïcs sont moins rigides que celles des ascètes, parce que les laïcs ne renoncent pas aux activités du monde. La modération est la règle pour le laïc, en ce qui concerne l'observation des vœux, alors que leur rigueur est extrême pour l'ascète. La raison évidente de cette différence vient de ce que les laïcs doivent assurer leurs moyens d'existence et ceux des ascètes, s'occuper de leur famille et s'adapter aux conditions, sociales et politiques, de la société dans laquelle ils vivent. Les ascètes n'ont pas ces contraintes. Ils abandonnent tout, avec pour seul but de suivre la voie spirituelle. Ils doivent observer les vœux de façon très rigoureuse en contrôlant en permanence leurs sens et en dominant leurs passions, grâce aux enseignements religieux et à la discipline spirituelle. Toutefois, en raison de l'éthique « stricte » consubstantielle au jaïnisme, les laïcs (hommes et femmes) doivent normalement choisir une profession et un mode de vie compatible avec leur foi, les métiers non-violents, tels certains du commerce, ou de l'enseignement, sont majoritairement choisis (dans le Sud de l'Inde néanmoins, au Tamil Nadu par exemple, c'est la pratique de l'agriculture qui demeure le métier des laïcs jaïns).

Certains jaïns pratiquent la mort pacifique par le jeûne (sallekhana), afin de respecter leurs vœux de non-violence et d'ascèse, et en raison de leur grand âge ou d'une maladie incurable (cette tradition est pan-indienne et existe dans l'hindouisme : Vinoba Bhave l'a pratiqué par exemple). En fait, le jeûne est souvent pratiqué par les adeptes, notamment lors des diverses fêtes religieuses. Des ascètes de certaines branches jaïnes portent un tissu devant leur bouche et leur nez afin d'éviter de tuer, en les respirant, de petits insectes, tout en étant symbole de respect dans ses paroles. Gandhi a été profondément influencé par la façon de vivre jaïne, paisible et respectueuse de la vie, et il en a fait une partie intégrante de sa propre philosophie : un ascète jaïn fut d'ailleurs l'un de ses meilleurs amis, Shrimad Rajchandra.

Les quatre vertus du jaïnisme

Deux sculptures de Tirthankaras, le premier, Adinath, et le dernier et vingt-quatrième, Mahavira.

Le disciple jaïn doit méditer et pratiquer les quatre vertus suivantes qui sont à la base des cinq grands vœux[7] :

  1. Maitrî : l' Amitié pour tous les êtres vivants.
  2. Pramoda : la Joie de voir des êtres plus avancés que soi sur la voie de la libération (Moksha) du cycle des réincarnations.
  3. Kârunya : la Compassion pour les créatures qui sont malheureuses.
  4. Mâdhyasthya : l' Indifférence envers ceux qui sont discourtois ou qui se conduisent mal.

L'alimentation non-violente

Outre les cinq petits vœux du laïc, les vertus de base du jaïn s'incarnent dans l'abstention de consommer les « trois M » que sont : mâmsa (la viande, la chair des créatures), madya (le vin), et madhu (le miel)[7]. Afin de réduire au minimum les dommages aux êtres vivants, une abstinence totale de ces « trois M » est préconisée (la viande est considérée comme une source infinie de violence, de maltraitance (la maltraitance suprême étant le fait de tuer), et est rejetée totalement en tout premier lieu). Et de manière plus générale, le jaïnisme encourage vivement à un mode de vie végan[15].

Les trois buts de la vie des laïcs jaïns

Dans l'important traité shvetâmbara intitulé Yoga-shâstra, écrit par le célèbre Âchârya Hemacandra, il y a mention des trois buts de la vie du laïc idéal, que ce dernier doit pratiquer sans en exclure aucun :

  1. Dharma, vertu.
  2. Artha, richesse.
  3. Kâma, désir (tout particulièrement plaisir amoureux).

Lorsque le laïc s'engage sur la voie plus appronfondie de sa religion en devenant ascète, le Moksha, « Libération » (du cycle des réincarnations), devient le but principal qui subordonne absolument tous les autres. Il devient ainsi exemplaire et un guide pour les laïcs jaïns et la société.

Le schisme

Les deux sectes principales du jaïnisme trouvent leur origine dans des évènements qui se sont produits environ 200 ans après la mort de Mahâvîra. À cette époque, Bhadrabahu, le chef spirituel des moines jaïns, avait prévu une période de famine de douze années et, afin de l'éviter, il avait conduit tous ceux qui avaient accepté de le suivre, aussi bien ascètes que laïcs, dans le sud de l'Inde. Après que la famine eut disparu, Bhadrabahu retourna au nord et constata que, durant son absence, la vie monastique s'était corrompue. Les moines portaient de longues robes blanches au lieu d'aller « habillés de ciel », ou « d'espace », c'est-à-dire nus comme prescrit par Mahâvîra. La pratique de la nudité était, et est toujours actuellement, un refus d'accéder au désir de confort du corps, et surtout une marque de détachement absolu du monde. Cette nudité complète est suivie seulement par les moines jaïns digambara, jamais par les moines jaïns shvetambara, ni par les nonnes, ni par les laïcs.

Bhadrabahu s'opposa avec force à la faiblesse qui avait conduit les moines à porter des habits. Les moines qui continuèrent à porter des robes blanches prirent le nom de Shvetâmbara (« vêtus de blanc »), tandis que ceux qui continuèrent à ne rien porter se nommèrent Digambara (« vêtus de ciel » ou « vêtus d'espace »). Les deux groupes ascétiques sont demeurés séparés à ce jour. Toutefois, du point de vue de l'essence même du jaïnisme, ces différences sont minimes. Le principal facteur de désaccord, analogue dans les deux sectes, concerne l'attitude envers les statues installées dans les temples : les courants traditionnels les vénèrent et leur portent des offrandes, tandis que d'autres courants s'y refusent absolument, notamment sous l'influence de l'islam.

Notes et références

  1. Joel Diederik Beversluis (2000) : Sourcebook of the World's Religions : An Interfaith Guide to Religion and Spirituality, New World Library : Novato, CA ISBN 1-57731-121-3 « Originating on the Indian sub-continent, Jainism is one of the oldest religion of its homeland and indeed the world, having pre-historic origins before 3000 BC and the propagation of Indo-Aryan culture... » p. 81
  2. a, b, c, d et e Encyclopédie de la philosophie, Le Livre de Poche, ISBN 2-253-13012-5
  3. Le jaïnisme est défini comme un « matérialisme naïf » dans Les philosophies de l'Inde, Heinrich Zimmer, Payot, ISBN 978-2-228-89063-2
  4. Les philosophies de l'Inde, Heinrich Zimmer, Payot, ISBN 978-2-228-89063-2
  5. Jaina mathematics, J J O'Connor et E F Robertson.
  6. http://www.jainworld.com/JWFrench/jainworld/jainbooks/samansuttam/ch36.asp
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t Vilas Adinath Sangave, Le Jaïnisme, traduction de Pierre Amiel, Maisnie, Tredaniel, (1999), (ISBN 2844450784)
  8. Les philosophies de l'Inde, Heinrich Zimmer, Payot, ISBN 978-2-228-89063-2
  9. http://wikisource.org/wiki/%E0%A4%AE%E0%A4%A8%E0%A5%81%E0%A4%B8%E0%A5%8D%E0%A4%AE%E0%A5%83%E0%A4%A4%E0%A4%BF_10 अहिंसा सत्यमस्तेयं शौचमिन्द्रियनिग्रहः। एतं सामासिकं धर्मं चातुर्वर्ण्येऽब्रवीन् मनु, ahimsâ satyamstenam shaucmindrayanigrahah, etam sâmâsikam dharmam câturvanaryabravîn manu, soit, au chapitre X : « 63. L'ahimsâ (respect impérieux de la Vie, non-violence), la véracité, l'abstention de s'approprier les biens d'autrui, la pureté et le contrôle des sens, Manu a ainsi déclaré que tout cela peut être considéré comme le résumé du Dharma pour les quatre varna (« couleurs », membres) d'ârya »
  10. http://www.sacred-texts.com/hin/manu/manu10.htm
  11. Gerhard J. Bellinger, Encyclopédie des religions, ISBN 2-253-13111-3
  12. Nisithabhasya (in Nisithasutra) 289; Jinadatta Suri: Upadesharasayana 26; Dundas pp. 162–163; Tähtinen p. 31.
  13. Jindal pp. 89–90; Laidlaw pp. 154–155; Jaini, Padmanabh S.: Ahimsa and "Just War" in Jainism, in: Ahimsa, Anekanta and Jainism, ed. Tara Sethia, New Delhi 2004, p. 52-60; Tähtinen p. 31.
  14. Harisena, Brhatkathakosa 124 (10th century); Jindal pp. 90–91; Sangave p. 259.
  15. http://www.herenow4u.net/index.php?id=76726

Annexes

Articles connexes

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Liens externes

Bibliographie

  • Pierre P. Amiel Les Jaïns aujourd'hui dans le monde L'Harmattan (2003) (ISBN 2-7475-5354-X)
  • Pierre P. Amiel B.A.-BA Jaïnisme Editions Pardès (2008) (ISBN 978-2-86714-411-0)
  • Dayanand Bhargave, Jaïna Ethics
  • Colette Caillat, Les Expiations dans le rituel ancien des religieux jaïna (1965) Editions De Boccard
  • C. et Kumar Caillat, La Cosmologie jaïna(1981) Chêne/Hachette
  • Bool Chand, Mahâvîra, le Grand Héros des Jaïns Maisonneuve et Larose (1998)(ISBN 2-7068-1326-1)
  • A. Chakravarti, The Religion of Ahimsâ
  • A. Guérinot, La Religion Djaïna, Paul Geuthner, (1926), ASIN : B0000DY141
  • P. Letty-Mourroux, Une nouvelle approche du Jaïnisme
  • P. Letty-Mourroux, Cosmologie Numérique Teerthankara
  • J.P. Reymond, L'Inde des Jaïns
  • N. Tiffen, Le Jaïnisme en Inde, Weber, Genève, (1990), (ISBN 7047440631)
  • Vilas Adinath Sangave, Le Jaïnisme, Maisnie, Tredaniel, (1999), (ISBN 2844450784)
  • N. Shanta, La Voie jaina, Œil, (1990), (ISBN 2868390269)
  • Collectif, Religions & Histoire n° 21, juillet-août 2008, Le jaïnisme, religion indienne de la non-violence, Dijon, Editions Faton, 2008
  • (en) Nagendra Kr Singh, Encyclopaedia of Jainism, Anmol Publications PVT. LTD., 2001, ISBN 81-261-0691-3, 30 volumes.


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