Ivy (Arme nucleaire)


Ivy (Arme nucleaire)

Ivy (Arme nucléaire)

Ivy est le nom d'un programme militaire des États-Unis qui a, dans les années 1950, inauguré l'ère thermonucléaire et le durcissement de la Guerre froide avec le premier « vrai » essai thermonucléaire, dont le nom de code était Mike ou Ivy Mike (« Mike » rappelant l'initiale M pour mégatonne).

Ivy Mike et son système de refroidissement
Boule de feu de la première bombe H (essai Ivy Mike, 31 oct. 1952)
Expansion de la boule de feu et apparition du champignon atomique (essai Ivy Mike, 31 oct. 1952)
Expansion de la boule de feu et apparition du champignon atomique (essai Ivy Mike, 31 oct. 1952)
Expansion du champignon atomique dans la haute atmosphère (essai Ivy Mike, 31 oct. 1952)
Carte de l'intensité des radiations mesurées quelques heures après l'explosion

Sommaire

Histoire

Les États-Unis, après la Seconde Guerre mondiale, sont entrés dans une course aux armements avec l'URSS, le Royaume-Uni et la France. Dans les années 1950, les États-Unis ont notamment développé un double programme stratégique de création et de test d'armes atomiques beaucoup plus puissantes que celles d'Hiroshima et de Nagasaki, armes nouvelles dont le président des États-Unis Harry S. Truman, a le 31 janvier 1950 vanté une puissance supérieure à celle développée par tous les explosifs utilisés dans les deux guerres mondiales réunies, et un rendement meilleur que toutes les armes atomiques à fission jamais explosées jusqu'alors, au moment où il demandait aux militaires d'intensifier leurs efforts pour des bombes encore plus puissantes (It is part of my responsibility as Commander in Chief of the Armed forces to see to it that our country is able to defend itself against any possible aggressor. Accordingly, I have directed the AEC to continue its work on all forms of atomic weapons, including the so-called hydrogen or Super bomb.[1]).

Deux nouvelles bombes (les plus puissantes pour cette époque) ont donc été préparées par le Comité Panda (Panda Committee) dirigé par J. Carson Mark à Los Alamos, pour être testées fin de 1952 dans une zone isolée de l'océan Pacifique ; c'est le programme Ivy qui a abouti aux essais d'explosions en surface et aérien de deux bombes sur l'île de Elugelab (Flora), sur l'atoll d'Enewetak, en octobre et novembre 1952.

L’Operation Ivy était la huitième série d’essais nucléaires des États-Unis, venant après l’Operation Tumbler Snapper et avant l’Opération Upshot - Knothole.

Essais nucléaires américains du programme « Ivy »
Nom du test Date Lieu Puissance Remarques
Ivy Mike (ou Mike) 1er novembre 1952 Elugelab Island, Eniwetok 10,4 mégatonnes Première bombe à hydrogène. Elle a vaporisé une partie de l'île d'Elugelab et a laissé un cratère vitrifié d'environ 1 km de large dans l'atoll[2]. Le « combustible » de fusion thermonucléaire (deutérium liquide) était refroidi par un coûteux et encombrant système cryogénique. Cette bombe était trop lourde pour être déployée comme arme. Elle a servi à démontrer la puissance militaire des États-Unis et leur capacité à maîtriser la fusion nucléaire, utilisable pour d’autres armes bien plus puissantes que les premières bombes atomiques (500 fois la puissance de la bombe lâchée sur Nagasaki dans ce cas précis).
Ivy King (ou King) 16 novembre 1952 essai aérien (2000 pieds), au nord de l'ile de Runit (Eniwetok) 500 kilotonnes Cette bombe également baptisée Super Oralloy bomb, était la plus puissante jamais construit à l'époque, n’utilisant que la fission nucléaire comme source d’énergie, ce qui permet aussi la « fusion de sauvegarde » de l'arme en cas d'échec du tir. Son rendement (500 kilotonnes) est sensiblement moindre que celui d'une bombe à hydrogène, mais reste de 25 à 40 fois plus puissante que les armes larguées pendant Seconde Guerre mondiale.

Impacts environnementaux

Cette explosion a été si puissante que son plasma a produit des éléments encore inconnus : deux nouveaux isotopes du plutonium (plutonium 244 et plutonium 246) et de nouveaux métaux lourds (einsteinium et fermium). Les impacts physiques directs sont évidents (le sol a été littéralement vaporisé sur une zone circulaire de 1 km de large) qu'il a fallu couvrir d'un sarcophage de béton spécial. Des impacts environnementaux semblent inévitablement avoir eu lieu sur l'environnement marin proche et moins proche. Une pollution de l'atmospère a également été inévitable. Il ne semble pas exister de documents publics précis sur cette question. L'explosion d'Ivy Mike a laissé un énorme trou vitrifié[3] sous l'emplacement du site sur l'atoll (photos ci-dessous).

Une expédition océanographique a travaillé dans ce secteur après l'explosion, avec à bord des spécialistes du nucléaire militaire. L'atoll Enewetak n'a été nettoyé qu'à la fin des années 1970, près de 20 ans après l'explosion : un vaste dôme de béton y a été construit.[4]

Une autre opération de test (Operation Castle) a produit une explosion nucléaire sur l'atoll Enewetak en 1954, dans le cadre d'une opération plus large (Operation Redwing), et l'atoll a encore été utilisé pour des explosions souterraines après 1958 (interdiction des essais aériens)[5].

Impacts sanitaires

Il est permis de penser que les personnels associés à la fabrication de la bombe, aux essais et surtout au nettoyage du site (dans les années 1970) ont pu subir des taux importants de radiation, ou inhaler ou avaler des radioparticules : isotopes radioactifs de plutonium, de cobalt et de strontium (extrêmement toxiques à faibles doses s'ils sont ingérés ou s'ils pénètrent le corps).

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Notes et références

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