Interahamwe


Interahamwe

Les Interahamwe constituent la plus importante des milices rwandaises créées dès 1992 par le MRND, parti du président Juvénal Habyarimana, au Rwanda. Interahamwe signifie « ceux qui combattent ensemble » en kinyarwanda. Ces milices sont responsables de la plupart des massacres pendant le génocide en 1994. Leur nom est attribué par les médias internationaux à toutes les milices des partis impliqués dans le génocide et qui ne pouvaient pas, de fait, être différenciées sur le terrain. Les Impuzamugambi sont par exemple les miliciens de la Coalition pour la défense de la République (CDR) et massacrent avec les Interahamwe[1]. L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes des États-Unis d'Amérique[2].

Après l'entrée de l'APR (branche armée du Front patriotique rwandais) dans la capitale rwandaise Kigali, de nombreux Interahamwes s'enfuient vers les pays environnants, pour l'essentiel vers le Zaïre, désormais appelé République démocratique du Congo (RDC).

Continuant son activité après le génocide, la milice s'est livrée à des opérations militaires au-delà de la frontière du Zaïre, au Rwanda. Les Interahamwe ayant émigré au Zaïre se regroupent avec des soldats hutu des ex-FAR dans les camps de réfugiés. Ils se constituent sous le nom de Rassemblement démocratique pour le Rwanda. Ils recrutent aussi des Congolais. L'organisation prend le nom d'Armée de libération du Rwanda (ALiR). À partir de 2000, on les retrouve dans les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Ces regroupements des forces génocidaires en RDC sont invoqués par le FPR comme motif de leur implication dans la Première et la Deuxième guerre du Congo.

La poursuite de ces criminels par le FPR a causé la mort de plusieurs dizaines de milliers de civils innocents, dont les familles des miliciens qui les accompagnaient. Invoquant ces événements, les forces négationnistes de l'ancien Rwanda accusent, le FPR d'avoir massacré plusieurs millions de personnes (soit la totalité des morts au Congo depuis 1994), essayant ainsi de déplacer l'accusation de génocide vers un « contre-génocide ». Ils arguent aussi d'une plainte en cours d'examen devant la justice espagnole pour le massacre de coopérants espagnols tués pendant ces conflits et attribués au FPR.

Le massacre de Gatumba[3] en août 2004 de 150 réfugiés Tutsis dans un camp de réfugié des Nations unies au Burundi est un exemple controversé de la participation des miliciens et soldats génocidaires rwandais aux entreprises criminelles de l'ex-Zaïre.

En 2007 la Monuc, force de l'ONU stationnant dans l'Est de la RDC, et les forces armées congolaises tentent encore de réduire les groupes de miliciens rwandais qui continuent de déstabiliser la région. Ce problème est l'enjeu constant des négociations en cours entre les gouvernements congolais et rwandais (qui exige pour sa sécurité le démantèlement définitif de ces groupes).

D'autres Interahamwe sont retournés au Rwanda ou étaient restés sur place. Ils sont aujourd'hui jugés dans les Gacaca, justice traditionnelle rwandaise réorganisée pour juger les acteurs du génocide au Rwanda et tenter une réconciliation populaire.

Des témoignages de Rwandais et d'un gendarme français du GIGN, formateur de la garde présidentielle rwandaise, accusent la France d'avoir contribué à la formation des Interahamwe dans le cadre des formations de la gendarmerie rwandaise de 1990 à 1993. Les autorités françaises ont toujours nié ces formations de miliciens[4].

Le gouvernement rwandais a profité de la situation pour infiltrer des groupes armés dans la RDC. En utilisant le motif de devoir chasser les rebelles Interahamwes qui pourraient retourner au Rwanda, des miliciens rwandais ont envahi la RDC. Cette chasse aux Interahamwes est aujourd'hui beaucoup questionnée et vue comme prétexte[Qui ?] pour pouvoir occuper le Congo oriental (voir la Première et la Deuxième guerre du Congo), car les Hutus responsables du génocide (Interahamwes) sont une toute petite minorité[réf. nécessaire] parmi les Hutus de la RDC et il est très difficile de savoir qui sont ceux qui ont participé au génocide.

Les milices rwandaises causent une véritable panique au sein de la population Hutu qui habite au Congo oriental. Les troupes rebelles attaquent les petites villages et pillent, volent, violent... Cette situation fait que dans les provinces du Kivu la population qui habite la campagne est souvent obligée de fuir pour chercher plus de sécurité dans les grandes villes de la région. Cette migration en masse fait augmenter le nombre des personnes sans aucune occupation et la misère dans les villes du Nord-Kivu et Sud-Kivu, comme Goma.

Notes

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