Héloïse d’Argenteuil


Héloïse d’Argenteuil
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Les Amours d'Héloïse et d'Abélard par Jean Vignaud (1819).
Sa tombe au Père-Lachaise

Héloïse (nom de famille inconnu, née vers 1100-01, morte le 16 mai 1164) fut une abbesse du Moyen Âge.

Sommaire

Biographie

Bien qu'Héloïse soit une jeune femme très cultivée, peu de choses nous sont connues de sa famille. Les lettres d'Héloïse et de Abélard sont parmi les mieux connues et les plus anciennes de l'amour romantique.
L'historien Guy Lobrichon avance l'hypothèse que son père serait probablement Gilbert de Garlande, frère d'Étienne de Garlande[1].
On sait qu'elle a passé toute son enfance a étudier au monastère d'Argenteuil (Val-d'Oise) puis à la cathédrale Notre-Dame de Paris, qu'elle était sous la garde de son oncle Fulbert, chanoine à Notre-Dame de Paris. Sa beauté, son intelligence et ses connaissances en latin, grec et hébreu, lui valurent une renommée dans Paris. Pierre Abélard, considéré comme l'un des plus éminents professeurs de son époque, chercha à devenir son professeur dans le but de la séduire[2]. L'oncle d'Héloïse, Fulbert, chanoine à Notre-Dame de Paris, sans doute flatté par la réputation d'Abélard, l'engagea comme professeur et le logea chez lui.
Une liaison s'engagea entre le professeur et son élève, liaison qu'ils ne parvinrent guère à tenir secrète. Héloïse tomba enceinte et accoucha d'un fils, Pierre Astrolabe dit Pierre Astrolabeou, alors qu'elle avait à peine 18 ans et qui fut confié à la garde de la sœur d'Abélard, Denise. Pour apaiser la colère de son oncle Fulbert, Héloïse et Abélard se marièrent secrètement, et Héloïse, poussée par Abélard, entra au couvent d'Argenteuil comme sœur converse. La famille d'Héloïse chercha pourtant une dernière vengeance en châtrant de force Abélard.
Elle fut prieure en l'abbaye d'Argenteuil mais fut expulsée avec les autres sœurs du couvent car l'abbé de l'abbaye St Denis à Paris souhaitait rattacher son couvent à celui d'Argenteuil pour y mettre les frères de son couvent. Pierre Abélard lui proposa donc de venir au Paraclet (le consolateur en latin), sanctuaire qu'il avait créé quelques années auparavant et où il avait enseigné. Elle accepta et s'y installa avec les autres sœurs du couvent. Finalement Abélard mourut en 1142. Héloïse fit tout le nécessaire pour être ensevelie avec son amant. Elle mourut à son tour le 16 mai 1164.
Héloïse s'impose parmi les rares femmes qui dominent leur temps par leur sagesse, leur force et leur habileté à gérer une communauté religieuse. Plusieurs sources tendent à montrer qu'Héloïse fut également renommée pour ses compositions et ses chansons[3].

Hommages

Note et références

  1. Guy Lobrichon, Héloïse, l'amour et le savoir, Gallimard, 2005.
  2. Marie-Andrée Roy et Agathe Lafortune, op. cit., p.  87, 88.
  3. Listening to Héloïse: the voice of a Twelth-Century woman, sous la direction de B. Wheeler, Palgrave Macmillan (avril 2000)

Bibliographie

Lettres d'Héloïse

  • Epistolae duorum amantium. Trad. : Lettres des deux amants, attribuées à Héloïse et Abélard, traduites et présentées par Sylvain Piron, texte français suivi du texte latin établi par Ewald Könsgen, Paris, Gallimard, 2005 (notice BNF no FRBNF39917165x). Lettres antérieures.
  • Héloïse et Abélard. Lettres et vies, Garnier-Flammarion, 1996, p. 39-92 (Lettre I : Abélard, A un ami, Histoire de mes malheurs ; lettre II : Première lettre d'Héloïse à Abélard ; lettre III : Réponse d'Abélard à Héloïse ; lettre IV : Réponse d'Héloïse au même Abélard ; lettre V : Seconde réponse d'Abélard à Héloïse). Lettres postérieures.

Études sur Héloïse

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