Histoire de nantes


Histoire de nantes

Histoire de Nantes

Cet article traite de l'histoire de Nantes.

Sommaire

Antiquité

les Namnètes

Après une première occupation par les Celtes, arrivés entre le Ve et le Ier siècle av. J.-C. Vers 70 avant J.C., l’antique peuple armoricain des Namnètes installe la capitale de sa cité (son territoire), près de l’estuaire de la Loire. L'historien Polybe mentionnait déjà en 147 av. J.-C., l'existence d'un port fluvial à l'embouchure de la Loire appelé « Corbilo », bien que son emplacement exact reste inconnu. Mais il est impossible pour l’instant de déterminer si son site antique se situait ou non à l’emplacement de l’actuelle ville de Nantes. La cité, batie à l'emplacement de l'actuel quartier du Bouffay, est conquise en 56 av. J.-C. par Jules César et appelée Portus Namnetus. L'alliance des Namnètes aux Romains et la construction d'une flotte pour ceux-ci leur permit de réduire la résistance vénète la même année.

Période gallo-romaine

Aux IIIe et IVe siècles, comme beaucoup de métropoles régionales, Condevicnum change son nom et prend celui du peuple dont elle est la capitale. Ces mutations toponymiques sont intervenues à une époque où la solidité de l'empire romain s'effondrait. On observe alors, entre autres éléments significatifs, une renaissance des antiques divinités gauloises locales dans les sculptures religieuses et les inscriptions dédicatoires. Le changement de noms de cité relève sans doute un phénomène du même ordre, lié à une résurgence des vieux sentiments d'appartenance ethnique des tribus gauloises. Vers 280, l'empire romain y installe de nombreuses garnisons (sans doute venus de Grande Bretagne) afin de protéger la ville de pirates saxons. Ces Bretons insulaires auraient aussi remonté l'Erdre, d'où l'explication des quelques toponymes brittoniques le long de cette rivière. Il semblerait également que des garnisons venues de Grande-Bretagne aient été postées le long de la Loire jusqu'à Blois.

La christianisation

Nantes est christianisée durant le IIIe siècle. Le christianisme alors essentiellement phénomène urbain, se diffuse alors par la Loire à partir de Tours et d’Angers. Tours était le chef lieu de la province romaine appelée la Lyonnaise à laquelle appartenait la région de Nantes. L’évêché de Tours, établi depuis le milieu du IIIe siècle semble le point de départ de quelques missionnaires qui tentèrent d’évangéliser la population nantaise. La religion chrétienne parfois tolérée, souvent interdite, se pratique de manière secrète voire clandestine. Il existe cependant à Nantes un petit oratoire chrétien, en dehors des murs de la ville, sur le coteau Saint Similien dominant l’Erdre. C’est l’époque du martyre de Saint-Donatien et Saint-Rogatien, connus sous le nom des « Enfants Nantais ». C'est grâce à l'action de évangélisatrice de Saint Clair, le premier évêque de la ville durant la même époque que le christianisme se développe dans la région.

La première cathédrale Saint-Pierre devient le siège d’un évêché dont le territoire correspond approximativement à celui de l’actuelle Loire-Atlantique et du Craonnais (sud-ouest de la Mayenne). C'est aussi à la fin du IIIe siècle comme ailleurs que les agressions de pirates dits Saxons ou Frisons, de bandes de pillards appelés bagaudes et l'inefficacité de l'administration et de l'armée romaines contraindront les habitants à se protéger derrière une ligne de murailles dont plusieurs éléments subsistent aujourd'hui et qui, en réduisant la ville à 18 hectares, forma le cadre de la ville jusqu'au Moyen Âge.

Les invasions

Nantes est successivement envahie par les Saxons ou Frisons (vers 275-285), les Francs (vers 500), les Alamans, les Vikings (en 843) avec le martyr de Saint Gohard, évêque de Nantes, les Bretons (en 851), de nouveau les Normands (de 913 à 937), et qui s'intallent durablement dans l'Ile Bethia[1]) et plus tard par les Angevins (aux Xe et XIIe siècles), les Français (en 1487-1491) puis les Allemands (en 1940).

Le Moyen Âge

La Chronique de Nantes

La Chronique de Nantes est un recueil de textes datant du milieu du XIesiècle. Écrit en latin, cet ouvrage n'a pas survécu jusqu'à nous. Néanmoins une copie datant du XVesiècle traduite en français par Pierre le Baud, est parvenue jusqu'à notre époque. L'éditeur de ces chroniques nantaises, René Merlet, a regroupé 20 chapitres à partir de plusieurs sources historiques datant toutes du Moyen-Âge. La Chronique de Nantes racontent dans le détail, des moments importants de l'histoire de Nantes depuis le VIesiècle jusqu'à l'année 1050. Les chapitres sont écrits par des copistes qui évoquent, sans concession, la longue résistance de la population franque de Nantes contre les envahisseurs (Bretons, Vikings ou Angevins). La Chronique de Nantes révèle et dénonce à la fois, les razzias meurtrières des vikings, l'incompréhension linguistique et culturelle des Nantais vis-à-vis des chefs bretons qui vont occuper, un temps, les différentes charges de la ville sans pouvoir se faire comprendre dans la langue franque des Nantais, enfin les calculs politiciens de l'Anjou dans la domination et la protection du Comté nantais.

La période franque

Époque mérovingienne

A la fin du Vesiècle, Nantes est conquise par Clovis et passe sous domination franque. Les monnaies d'or montrent que la ville s'appelle Namnetes. Fils de l'évêque Eumalius, Félix est évêque de Nantes de 549 à 582. Il achève la construction de la nouvelle cathédrale de son père où il installe des reliques des apôtres Pierre et Paul.

Époque carolingienne

Créée au VIIIe siècle par la réunion de plusieurs comtés francs, la Marche de Bretagne se composait du pays Rennais, du pays Nantais et du pays Vannetais, ainsi que d'une partie du Maine. Véritable zone tampon, sous administration militaire, son plus célèbre préfet (« Britannici limitis praefectus ») fut Roland, neveu de Charlemagne, mort en 778 à Roncevaux. Il était chargé de défendre le royaume des Francs contre les incursions extérieures (Vikings et Bretons). En 799, le comte Wido qui a succédé à Roland, soumet la Bretagne à l'empereur Charlemagne.

La période de l'expansion bretonne

La conquête bretonne (841-851)

Limite de la Neustrie jusqu'au Traité d'Angers de 851

La famille franque des Widonides contrôlait depuis un demi-siècle les marches de Bretagne dont fait partie le comté de Nantes. Le 25 juin 841, Lambert, issu des Widonides, combat avec le comte Ricuin de Nantes à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye. Ricuin ayant été tué, le comté de Nantes, que Lambert considérait comme son légitime héritage, est confié par le roi de Francs Charles le Chauve à Renaud, comte d’Herbauges. Lambert abandonne alors le parti du roi et rejoint le duc breton Nominoë, en conflit avec Charles le Chauve.

En 843, Renaud de Nantes bat Lambert allié aux Bretons de Nominoé et aux Vikings d’Hasting à la bataille de Messac mais peu après, il est battu et tué à la Bataille de Blain le 24 mai 843. Les Nantais refusent de reconnaitre Lambert comme comte. Ce dernier est soupçonné d’avoir guidé les Vikings qui, le 24 juin, mettent la ville à sac et tuent l’évêque Gohard dans sa cathédrale. Ce n'est qu'après le départ de ses alliés que Lambert se rend maitre de Nantes et devient Lambert II de Nantes, comte de Nantes. En 844, Lambert II tue dans un combat le comte Bernard de Poitiers et Hervé comte d’Herbauges, fils et successeur de Renaud. Fin octobre-début novembre 845, Lambert II abandonne le parti de Nominoë et fait sa soumission au roi des Francs qui lui laisse le comté de Nantes. En 849, Charles le Chauve rappelle Lambert II et lui confie le pays nantais, le pays rennais et le territoire au sud de la Loire. En 851, Lambert II accompagne Nominoë dans son offensive en Neustrie. Après la mort subite du chef breton à Vendôme le 7 mars 851, Lambert II prend le commandement de l’armée bretonne en retraite. Il participe ensuite aux côtés d’Erispoë, fils de Nominoë et nouveau chef des Bretons, à la bataille de Jengland près du Grand-Fougeray. Suite à la Bataille du Grand-Fougeray, Charles le Chauve et Erispoë, chef breton, signent en septembre 851 le traité d'Angers. Le roi des Francs reconnait la tutelle bretonne sur les pays rennais, nantais et de Retz, fixant ainsi les limites frontalières de ce qui devient la Bretagne « historique ». La Bretagne devient un royaume dirigé par Erispoë.

Le comté de Nantes dans le royaume de Bretagne (851-908)

A la suite du traité d'Angers de 851, la ville de Nantes devient possession bretonne pour une période d'une cinquantaine d'années. Le titre de comte de Nantes est alors assumé par le roi de Bretagne Erispoë, suivi de son frère Salomon. A la mort de ce dernier, le trône est disputé entre le comte de Rennes Gurvant, gendre d'Erispoë, et le comte de Vannes Pascweten, gendre de Salomon. Pascweten hérite du titre de comte de Nantes mais sans régler son conflit avec Gurvant pour la couronne bretonne. C'est son frère Alain le Grand, comte de Nantes en 877, qui deviendra roi de Bretagne vers 890 jusqu'à sa mort en 907.

La période angevine (909-919)

En 907, à la suite de la mort du roi Alain le Grand, à qui succède Gourmaëlon, comte de Cornouaille et prince de Bretagne de 908 à 913, les attaques vikings ravagent à nouveau le royaume de Bretagne. Face aux menaces vikings et à leurs razzias, Robert Ier de France qui combat les Normands à travers toute la Neustrie, organise avec Foulque Ier d'Anjou la défense des frontières occidentales de la Neustrie. Foulque Ier reçoit alors le comté de Nantes dont il est chargé d'organiser la défense.

La période de domination scandinave (919-937)

En 919, Une imposante armada viking, composé de Danois, venus de leur nouveau fief de La Roche-Bernard remonte la Loire. Nantes est prise par les Vikings malgré la résistance de la garde nantaise et de l'escorte angevine de Foulque Ier. La cité est pillée et la cathédrale incendiée. Les notables nantais ainsi que le clergé de Nantes et les clercs fuient vers Angers. En 920, les Vikings attaquent Angers qu'ils pillent, puis Tours et menacent Orléans qui offre une forte rançon pour éviter le pillage. Les Nantais et les Angevins trouveront refuge en Bourgogne. Les Vikings redescendent le grand fleuve jusqu'à leur fief nantais.

Le comté de Nantes n'est plus qu'un titre sans territoire, Ottar et Hroald de 914 à 919 , Rognväld de 919 à 930 puis Incon vers 930-937 dirigeants un fief normand à Nantes (Namsborg) et dans sa région.

Foulque Ier reconstitue, à Angers, une troupe de Nantais et d'Angevins pour libérer la cité franque de Nantes. Malgré l'aide des troupes franques de Robert Ier de France, la contre-attaque en 921, est un échec. Néanmoins, le comte d'Anjou, Foulque Ier conservera le titre de comte de Nantes, mais ce titre ne fut définitivement reconnu qu'en 930, quand son suzerain Hugues le Grand le qualifia comme tel dans une de ses chartes. Foulque Ier passa le restant de sa vie à combattre les Vikings. Il perd un de ses fils, Ingelger, lors d'un affrontement contre les Normands. Les Vikings envahissent la Bretagne. Devant leurs succès militaires, les seigneurs bretons et les notables fuient et embarquent pour se réfugier en Angleterre. Parmi les fuyards, un jeune homme, nommé Alain Barbetorte qui préparera sa revanche.

L'établissement du duché de Bretagne (937-952)

C'est Alain Barbetorte, débarqué sur la côte nord de Bretagne en 936 de retour d'exil d'Angleterre, qui va entreprendre avec des troupes bretonnes la guerre aux Vikings. En 937, Alain Barbetorte est reconnu duc de Bretagne, n'étant pas aussi puissant que son grand-père Alain le Grand pour revendiquer la titre de roi. Il poursuit son combat contre les Vikings et s'empare de Nantes la même année. Les Vikings reviennent plusieurs fois à la charge le long de la Loire. Ce n'est qu'en 939, avec la victoire de Trans sur les Vikings, que Nantes sera définitivement à l'abri. Il se marie avec Roscille de Blois. En 952, le duc Alain II Barbetorte meurt. Il sera inhumé dans la collégiale Notre-Dame à Nantes.

Nantes dans le duché de Bretagne du X° au XII° siècle

Nantes sous l'influence angevine (952-960)

Alain Barbetorte laisse le duché à son fils de deux ans, Drogon, comte de Nantes et duc de Bretagne de 952 à 958. Sa veuve se remarie à Foulques II le Bon, comte d'Anjou. La tutelle de Drogon est assurée par son oncle Thibaut Ier de Blois. Le pouvoir sur la Bretagne est alors partagé : Foulque II reçoit le comté de Nantes et la garde du jeune duc Drogon, Thibaut Ier conservant la suzeraineté sur le reste de la Bretagne. En 958, Drogon meurt subitement à Angers, peut-être empoisonné par Foulque II. La même année, lors d'une assemblée regroupant les comtes d'Anjou, de Blois et les barons bretons, Foulque II devient comte de Nantes et duc de Bretagne de 958 à sa mort en 960.

Les conflits avec la Maison de Rennes (960-1066)

Le fils illégitime d'Alain II Barbetorte et d'une noble dame nommée Judith, Hoël Ier, devient comte de Nantes et duc de Bretagne de 960 à 981. Face à l'incapacité de Geoffroy Ier d'Anjou à l'aider à combattre les Vikings, Hoël Ier se rallie à eux. Geoffroy Ier d'Anjou, s'allie alors avec le comte de Rennes Conan Ier de Bretagne dit "Conan le Tort", vassal de Thibaut Ier de Blois, en lui faisant épouser sa fille Hermengarde d'Anjou en 971 et entre en guerre quasi-permanente contre Hoël Ier. En 981, Hoël Ier est assassiné sur l'ordre de Conan. Sitôt prévenu, son frère, Guerech quitte Tours, avant sa consécration comme évêque de la ville, et se fait élire comte de Nantes. Guerech poursuit le combat initié par son frère contre le comte de Rennes Conan Ier. Guerech signe un traité avec le comte Guillaume IV de Poitiers qui confirme les possessions nantaises au sud de la Loire - les pagi d'Herbauges, de Tiffauges et de Mauges - obtenues par son père Alain II Barbetorte en 942. En 982, Guerech fait appel à Geoffroy Ier d'Anjou en le reconnaissant comme son suzerain. Conan Ier, de fait vassal de Eudes Ier de Blois, se retrouve alors en opposition avec son ancien allié Geoffroy Ier. L'armée nantaise, soutenue par la Maison d'Anjou, l'armée rennaise, soutenue par la Maison de Blois, se rencontrent sur le champ de bataille à Conquereuil. Guerech bat les troupes de Conan Ier mais cette victoire ne règle pas le conflit. En 983, Guérech se rend à la cour du roi de Francie Occidentale Lothaire pour lui prêter hommage, cherchant à s'affranchir de la tutelle de son nouvel allié mais Geoffroy Ier capture Guerech lorsque ce dernier s'arrête à Angers durant son retour à Nantes. Guérech ne sera libéré qu'en 985 en reconnaissant la suzeraineté de Geoffroy Ier d'Anjou sur le comté de Nantes. Ce dernier lui apporte alors le soutien militaire de l'Anjou face à son rival Conan Ier. Son ancien allié angevin soutenant à présent son ennemi, Conan Ier aurait convaincu le médécin de Guerech, Héroicus, également abbé de l'Abbaye Saint-Sauveur de Redon d'empoisonner le comte. Guerech meurt comme son frère prématurément, en 988. Son jeune héritier, le comte Alain disparaît en 990.

Le nouveau comte d'Anjou, Foulques III Nerra, s'inquiétant des prétentions de Conan Ier et de son ascension politique, se proclame défenseur des intérêts de la maison de Nantes et lui livre combat. Conan Ier est tué lors de la seconde Bataille de Conquereuil le 27 juin 992. Soutenu par Foulque III, le très jeune Judicaël de Nantes, comte de Nantes de 992 à 1004, est placé sous la tutelle de son vassal le vicomte Aimery III de Thouars qui portera le titre de comte de Nantes de 992 à 994. Judicaël meurt prématurément en 1004 assassiné par trahison. Budic de Nantes, comte de Nantes, fils de Judicaël, dirige le comté jusque vers 1010. Budic met à profit un pèlerinage de l'évêque de Rennes en Terre Sainte pour s'emparer des biens épiscopaux et détruire le château du prélat à Nantes. De retour de Palestine, l'évêque demande l'intervention du comte de Rennes et Budic demande l'assistance de Foulque III ce qui entraînera la perte d'une partie des territoires nantais, notamment au sud de la Loire.

La fin des conflits (1066-1148)

Fils aîné d’Alain Canhiart, comte de Cornouailles, et de Judith, fille et héritière de Judicaël, comte de Nantes, Hoël II de Bretagne accède au trône ducal en 1066, ramenant la paix entre Nantes et Rennes. Son fils, Alain IV Fergent ou Fergant, comte de Cournouailles, de Rennes et de Nantes, devient duc de Bretagne de 1084 à 1112. En 1084, il nomme son fidèle frère Mathias II à la tête du comté de Nantes et reprendra personnellement le titre à la mort de celui-ci en 1103. Veuf de Constance de Normandie, fille de Guillaume le Conquérant, en 1090, il épouse Ermengarde d'Anjou en 1093. En 1096, il fait revenir à Nantes les reliques de Saint Gohard, l'évêque de Nantes tué par les Vikings en 843 et dont le corps reposait à Angers depuis cette date, afin de le déposer dans la crypte romane de la cathédrale de Nantes. Son successeur et fils, Conan III de Bretagne, assuré par une alliance avec le roi capétien Louis VI qui le garantit de la fin des menaces venant de l'extérieur, fait faire de grands progrès pour la paix dans le comté et l'ensemble du duché. C'est pourtant en refusant de reconnaître son fils Hoël III comme successeur à sa mort en 1148 qu'il y mettra fin.

Des titres contestés (1148-1156)

Hoël III, comte de Nantes et de Cornouailles, est désavoué pour le titre de duc par son père Conan III sous prétexte qu'il est bâtard. Hoël refuse de reconnaître son neveu Conan IV de Bretagne comme duc, sous la tutelle du beau-père de celui-ci, Eudon de Porhoët. Hoël, vaincu par Eudon, se contente du comté de Nantes. Arrivé à l'âge de régner, Conan IV est pourtant tenu éloigné du trône ducal par son tuteur. Il s'allie alors avec le comte de Nantes. Conan IV est vaincu par son tuteur et se réfugie à la cour d'Henri II Plantagenêt en Angleterre grâce à son titre de comte de Richmond. Resté seul, Hoël est à son tour vaincu à Rezé par Eudon. En 1156, Conan IV, soutenu par les Anglais, bat Eudon et est proclamé duc de Bretagne. Mais les Nantais, inquiets de ce retour à la violence, chassent son oncle Hoël III et choisissent pour comte le frère cadet d'Henri II, Geoffroy Plantagenêt, comte du Maine et d'Anjou.

La période des Plantagenêts (1156-1203)

Au XIIe siècle, le comté de Nantes est détaché, lors d’une période de divisions internes de la Bretagne, et annexé à l’Anjou. En effet, alors que Conan IV est proclamé duc de Bretagne, les Nantais chassent son oncle Hoël comte de Nantes et choisissent pour comte le frère cadet d'Henri II, Geoffroy Plantagenêt, déjà comte du Maine et d'Anjou depuis 1156. Le comté de Nantes sort du duché. À la mort de Geoffroy, en 1158, Conan croit pouvoir reprendre le pays nantais, mais doit le restituer à Henri II Plantagenêt qui le conservera en sa main jusqu'à sa mort, c'est à dire pendant plus de trente années (1156-1189)[2].

Conan IV doit abdiquer en 1166 et Henri II est reconnu gardien du duché par les barons bretons en attendant que son fils Geoffroy II Plantagenêt, fiancé à la petite-fille de Conan III, Constance de Bretagne, atteigne la majorité.

En tant qu'époux de Constance, Geoffroy Plantagenêt est proclamé duc de Bretagne sous le nom de Geoffroy II de Bretagne en 1181, mais il meurt le 19 août 1186 suite à des blessures reçues au cours d'un tournoi organisé à Paris par le roi de France, Philippe Auguste.

Après la mort de son premier mari, Constance exerce réellement le pouvoir en Bretagne, surtout après la mort d'Henri II Plantagenêt survenue en 1189.

De ce premier mariage, Constance a deux enfants : notamment Arthur, qui lui succèdera. En 1196, Arthur Plantagenêt est proclamé duc de Bretagne par les grands barons de Bretagne et devient Arthur Ierde Bretagne. Elevé à la cour de Philippe Auguste, il est protégé des convoitises de son frère puîné Richard Cœur de Lion. À la mort de ce dernier, Arthur revendique l'héritage de "l'empire Plantagenêt" (Anjou, Angleterre, Aquitaine, Maine, Normandie, Poitou) qui lui fut confisqué par son oncle Jean sans Terre (le plus jeune frère de Richard) avec le soutien de sa grand-mère, la vieille reine Aliénor d'Aquitaine. Il devint le chef nominal des barons bretons qui revendiquent l'indépendance. Vaincu, lui et sa sœur sont faits prisonniers en 1202 à Mirebeau (près de Loudun) par Guillaume de Broase, seigneur normand à la solde de Jean sans Terre. Il meurt en 1203 en prison à Rouen, peut-être à la demande de son oncle[3].

Nantes dans le duché de Bretagne du XIII° au XV° siècle

La guerre de succession de Bretagne

Lors de la guerre de Succession de Bretagne, Nantes accueille Jean de Montfort qui s’y établit en mai 1341 revendiquant la succession de Jean III de Bretagne. Il est fait prisonnier par Charles de Blois et les Normands, qui prennent Nantes le 21 novembre 1341 après un siège de 2 semaines. Ensuite Nantes reste du côté du parti de Blois.

Nantes capitale de la Bretagne (XVesiècle)

Sous les ducs capétiens Nantes prend un rôle prédominant sur Rennes, Nantes voit s'ériger, en remplacement du Château du Bouffay, le Château de la Tour Neuve au Bouffay au XIIIe siècle grâce à Pierre Ier de Bretagne.

Ce n'est réellement qu'au XVe siècle que Nantes prend un essor véritable. La ville se développe particulièrement sous le règne de Jean V qui avec une politique habile de neutralité lors de la guerre de Cent Ans assure paix et prospérité à toute la Bretagne, la construction de la cathédrale actuelle commence le 14 avril 1434 avec le duc Jean V et Jean de Malestroit. À signaler le 25 octobre 1440, l'exécution de Gilles de Rais dit Barbe-bleue à Nantes.

Nantes continue son développement sous l'impulsion du duc François II de Bretagne et de son gouvernement dirigé par le chancelier de Bretagne, Guillaume Chauvin et le trésorier de Bretagne, Pierre Landais, qui encourage le commerce, fonde l'Université de Bretagne en 1460. La première imprimerie est créée en 1493. Le château des Ducs de Bretagne, refait et agrandi par François II à partir de 1466, reçoit la Cour ducale. Il est la plus belle expression de la renaissance dans cette capitale nantaise d'un État prospère et moderne, la Bretagne, mais qui allait au devant de guerre avec la France et de problème de succession du fait que François II n'a pas de fils légitime pour lui succéder. À sa mort lui succède sa fille, née 11 ans plus tôt en 1477 à Nantes, et qui, à la suite du traité du Verger de 1488, consécutif à la défaite militaire du duc face au roi de France[4], ne peut se marier sans le consentement de celui-ci.

Renaissance

La ville de Nantes à la fin du siècle compte près de 40 000 habitants mais est touchée par sa première grande épidémie de peste en 1501 qui fait environ 4 000 victimes. De nouvelles épidémies sont recensées en 1522, 1523 et 1529. La Fosse (futur Quai de la Fosse) commence à être construite en 1517. Jean de Brosse devient gouverneur de Bretagne en 1543. En échange, il abandonne ses prétentions ducales.

Réunion de la Bretagne à la France

Durant la guerre franco-bretonne (considérée par certains comme la seconde partie de la guerre folle), Nantes est assiégée à plusieurs reprises par les troupes françaises, notamment en 1487 (siège qui voit la mort du quimpérois Michel Marion lors d'un raid pour soulager la ville) et en 1491 (où finalement le Seigneur d'Albret livre le château à La Trémoille). Charles VIII entre dans la ville en 1491.

Suite aux guerres de 1487-1491, de duché de Bretagne vaincu et réuni à la France par l'édit d'union de 1532. Ce rattachement a été préparé par les deux mariages successifs d'Anne de Bretagne aux rois de France puis celui de sa fille la duchesse Claude avec le roi François Ier.

Le Parlement de Bretagne

Le Parlement, sous divers noms, avait siégé à Vannes depuis son origine. À l’issue d’un long bras de fer entre Rennes et Nantes de 1553 à 1561 au cours duquel le Parlement de Bretagne tient ses sessions alternativement dans chacune des deux villes, le roi de France et dernier duc de Bretagne en titre Henri II décide en 1557 que le Parlement ne se réunirait plus qu'en la ville de Nantes. Devant les protestations des Rennais, la régente et dernière duchesse en titre Catherine de Médicis attribue le siège du Parlement à la ville de Rennes par édit du 15 mars 1560 du jeune roi Charles IX. Nantes reste cependant jusqu'en 1790 le siège de la Chambre des comptes de Bretagne qui avait été transférée de Vannes entre 1492 et 1499. Son palais est devenu la préfecture de Loire-Atlantique. Nantes conserve aussi l'université - la seule de Bretagne - qui avait été créée par le duc François II.

Les guerres de religion

Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine[5]. Nantes est moins concerné que les régions poitevines par les persécutions contre les huguenots.

C'est à la suite des guerres de religion et de leur prolongement en Angleterre lors de la Glorieuse révolution anglaise que vont émigrer en France la plus grande partie des jacobites irlandais, après la bataille de la Boyne et le Traité de Limerick, au nombre de 20 000 environ. Nantes sera l'un de leurs principaux ports d'accueil, grâce au soutien que leur apporte Louis XIV.

Accueillis par une petite communauté jacobite installée dès 1652 au moment des conflits entre Oliver Cromwell et les jacobites ceux de la génération de 1690 seront militaires, comme leurs aînés, mais surtout grand négociants, prenant une part majeure au Commerce triangulaire. En 1720, lorsque la production sucrière décolle à Saint-Domingue, que les plantations s'étendent vers le Sud de l'île, Nantes assure à lui seul 44 % du grand commerce français, selon le livre La France au XVIIIe siècle: 1715-1787 de Olivier Chaline - 1996. Nantes devient la seule ville de province à avoir dix millionaires, à une époque où un immeuble parisien ne vaut que 50 000 livres. Le leader de cette commaunauté est Antoine Walsh, dont le père avait ramené à Saint-Malo le roi catholique d'Angleterre Jacques II, ami et allié de Louis XIV.

L'Édit de Nantes

Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur devient gouverneur de Bretagne le 5 septembre 1582 avec comme attache Nantes et son Château où il séjourne souvent. Son épouse est l'héritière de la famille de Penthièvre qui avait des prétentions au trône de Bretagne ainsi il revendique lors de la Ligue l'indépendance de la Bretagne. Le Duc de Mercœur est opposé aux réformés et participe à la Ligue à partir de 1584 contre les réformés et contre le roi légitime Henry IV. Il sera le dernier ligueur à résister au roi. Il se fortifie à Nantes après l'assassina du duc de Guise pour continuer la lutte en 1588. Finalement après la conversion du roi, il abandonna la lutte en 1597 et vint à Angers se soumettre au roi de France. La ville de Nantes devra payer très cher ce conflit, s'en suivra une période moins dorée jusqu'au milieu du XVIe siècle. Du fait que la Bretagne fut la dernière province à avoir continuer la Ligue, et surtout, Nantes pour avoir été la dernière ville de la Ligue fut choisit par Henry IV pour proclamer le célèbre édit de Nantes en 1598 et ainsi mettre fin au conflit religieux. En 1608, Henri IV demandera 12 000 livres à la ville pour son mariage avec Marie de Médicis.

Le XVIIesiècle

L'Exécution de Henri de Talleyrand

Exécution en 1626, place du Bouffay du comte de Challais, Henri de Talleyrand pour avoir comploté contre Richelieu qui était gouverneur de Bretagne.

Dans les années 1640, l'Île Gloriette et la partie ouest de la Prairie de la Madeleine sont urbanisées (hôpital, ...).

L’arrestation de Nicolas Fouquet

Nantes, le 5 septembre 1661. Louis XIV fête ce jour-là ses 23 ans. La somptueuse fête donnée le 17 août par Nicolas Fouquet en son château de Vaux-le-Vicomte est encore dans tous les esprits, surtout celui du roi. Mazarin est décédé quelques mois plus tôt, et le jeune monarque a la volonté d’affirmer son pouvoir. Le Conseil, réunissant entre autres Colbert, Fouquet et Le Tellier, vient de se tenir au château de Nantes. En sortie de séance, le souverain devise avec son surintendant des finances, afin de le retenir[réf. nécessaire]. D'Artagnan a reçu la veille des consignes strictes afin de mener à bien son arrestation. Mais une nuée de quémandeurs assaille Fouquet, qui disparaît dans la foule.

Louis XIV ordonne au capitaine-lieutenant de la compagnie des Mousquetaires de fouiller toute la ville si nécessaire. C’est finalement au niveau de la cathédrale, place Saint-Pierre, que d’Artagnan rattrape la chaise à porteurs de Nicolas Fouquet. Il présente alors la lettre de cachet au surintendant, incrédule. Ce dernier est emprisonné dans un premier temps au château d'Angers, prison royale, à la Bastille, puis, au terme d’un procès devant le Parlement, à la forteresse de Pignerol où il décéde le 23 mars 1680.

L'essor du port, après la dissolution de la compagnie des Indes

En 1664, Nantes n'est encore que le huitième port français. Plusieurs sources convergent pour observer que l'activité du port de Nantes enregistre une brusque accélération dans les années 1670, Louis XIV décidant en 1669 de suspendre certains monopoles accordés par Colbert pour les gérer à son bon vouloir puis en 1674 de dissoudre la Compagnie des Indes occidentales, afin de donner au port de Nantes des avantages dans le commerce vers les Antilles[6]. L'objectif est de doper la production de sucre et l'importation d'esclaves africains, ce qui amène Louis XIV à demander la rédaction du code noir qu'il obtient avec retard, en 1685, deux ans après la mort de Colbert. En 1674, Louis XIV avait rendu la traite libre sur tout le territoire africain et en 1676 participé personnellement à ce trafic par le biais d'un traité passé avec Jean Oudiette[7].

D'autres accélérations se produisent en 1688, avec plus de 60 armements en moyenne dès les années 1685-1688, puis en 1707. Charles François d'Angennes, le marquis de Maintenon devient alors le premier planteur de Martinique, après être parti aux Antilles accompagné d'un fameux corsaire du port de Nantes, le capitaine Bernard Lemoigne[8].

La Révolte du papier timbré

Des troubles se produisent dans la ville pendant la Révolte du papier timbré survenue en 1675.

Le XVIIIesiècle

Les activités économiques ; le commerce triangulaire

Île Feydeau, les immeubles construit par les négriers sont encore bâtis sur pilotis ce qui fait pencher les murs

A la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, Nantes connaît un important essor économique grâce au commerce triangulaire, base de la fortune des armateurs locaux, et devient le principal port négrier français. Il ne faut cependant pas oublier que le commerce triangulaire ne représente qu'une fraction du commerce maritime en général, à côté notamment du commerce en droiture (vente directe de marchandises dans les colonies), et que les sociétés d'armement maritime s'intéressent encore à cette époque à la pêche morutière et à l'armement corsaire[9].

Les changements de la fin du XVIIe siècle

En 1669, Louis XIV décide que les autorisations d'exporter des esclaves aux Antilles ne dépendent plus que de lui et que ce commerce n'est donc plus le monopole d'aucune compagnie, ce qui va faire la fortune des armateurs de Nantes.

L'intensité des échanges de Nantes avec les Antilles s'accroît nettement après 1674, année de la mise en sommeil de la Compagnie des Indes Occidentales et de la création de la Compagnie du Sénégal, avec plus de 60 armements en moyenne dès les années 1685-1688[6] et l'arrivée des Irlandais de Nantes.

Au cours de l'année 1685, année de l'institution du code noir, la ville arme 58 navires pour les îles d'Amérique[10]. En 1686, le port a 84 navires de plus de 50 tonneaux, tonnage minimal pour effectuer la traversée de l'océan, soit trois fois plus qu'en 1666. En 1704, il y en a 151, soit 6 fois plus[11]. Dès cette époque, la traite des esclaves noirs vers l'Amérique tient une grande place dans le commerce maritime nantais.

La traite négrière à Nantes, vue d'ensemble

Au total, 1427 expéditions ont été organisées, soit 42 % de la traite négrière française. Nantes fonde sa richesse sur le commerce triangulaire et devient un port négrier important à l'échelle européenne, quoique loin derrière Liverpool (5000 expéditions)[12]. Les navires négriers basés à Nantes partent vers les côtes ouest de l’Afrique, où les capitaines achètent des hommes et des femmes en échange d'objets manufacturés ou de produits européens[13] et les emmènent aux Antilles pour les vendre comme esclaves aux propriétaires des plantations. Les bateaux reviennent ensuite au port de Nantes chargés d’épices et de sucre. Pour éviter de parler directement de la nature de ce commerce, on utilise alors la formule : « Bois d’Ébène ».

La traite négrière à Nantes commence assez tard : alors que La Rochelle lance 45 expéditions de 1670 à 1692, Nantes en lance seulement 8 de 1688 à 1698[14]. Mais la progression est rapide : 9 expéditions de 1702 à 1704, 10 par an de 1713 à 1722. Le port de Nantes domine à ce moment de façon écrasante : 15 expéditions sur les 20 françaises de 1707 à 1711, 152 sur 240 de 1712 à 1721[15]. De 1722 à 1744, la part de Nantes est au dessous de 50 % ; elle est largement supérieure de 1745 à 1762, mais dans cette période de guerre, les négociants nantais subissent des pertes élevées (pendant la Guerre de sept ans : 105 navires, 26 000 000 de livres, soit une année de chiffre d'affaires). De 1763 à 1792 (période de paix), la part de Nantes tombe à un tiers environ.

Les armateurs nantais du XVIII° siècle

Une partie des armateurs nantais est issue de familles de nobles irlandais exilés, accueillis par la petite communauté catholique jacobite arrivée dès les années 1650, décennie où l'Angleterre était gouvernée par Oliver Cromwell. Le leader de cette communauté est Antoine Walsh, dont le père avait ramené à Saint-Malo le roi catholique d'Angleterre Jacques II.

A partir de 1690, les immigrants irlandais sont de plus en plus souvent de grand négociants, plutôt que des militaires, comme leurs aînés ; ils une part majeure au commerce négrier. La famille Stapleton, propriétaire à Saint-Domingue dès les années 1690, achète en 1701 le colombier des Dervallières situé boulevard Jean-Ingres[16], et le riche armateur Jean Stapleton(1696-1766) est le beau-frère de ses pairs, les Guillaume Grou, Antoine Walsh, Clarke et Luc O'Schiell. Nombre de ces jacobites irlandais catholiques de Nantes ont de grandes plantations à Saint-Domingue, qui permettent à la France de rattraper l'Angleterre pour les exportations en cours de siècle.

En 1720, lorsque la production sucrière décolle à Saint-Domingue, que les plantations s'étendent vers le Sud de l'île, Nantes assure 44% du grand commerce français[17]. Nantes est la seule ville de province à avoir dix millionaires, à une époque où un immeuble parisien ne vaut que 50 000 livres.

Nantes et Bordeaux

Dans la deuxième moitié du siècle, le port de Bordeaux dépasse celui de Nantes, réalisant 40 % du grand commerce français, grâce à la proto-industrie de son arrière-pays, en particulier les régions textiles de Mazamet et de Montauban. A Bordeaux, le commerce triangulaire joue un rôle plus limité qu'à Nantes : bien que la traite y soit apparue dès 1672, les Bordelais pratiquent principalement le commerce en droiture vers Saint-Domingue vendant des produits textiles et revenant chargés de sucre, tandis que Nantes s'en tient au commerce triangulaire, faute de produits à exporter aux Antilles. Or les navires négriers n'ont pas le tonnage suffisant pour ramener l'énorme quantité de sucre produite par l'île, qui est devenue le premier exportateur mondial, loin devant les colonies anglaises de la Jamaique et de la Barbade.

L'industrie à Nantes, chantiers navals et indiennage

L'activité du port génére d'abord une très importante activité de construction navale : de 1750 à la Révolution, les chantiers de la Basse-Loire construisent un total de 135 000 tonneaux (134 000 à Bordeaux). En revanche, l'industrie sucrière est peu développée (150 personnes en 1789).

L'industrie de l'indiennage (impression de tissus de coton) connaît un développement sensible, avec 4 400 actifs en 1789. La première manufacture d'indiennes est créée en 1719 dans la paroisse Saint-Nicolas par les armateurs associés Thiercelin, Laurencin, Montaudouin, Michel. En 1733, elle emploie 1000 personnes[18] avec un chiffre d'affaires de 500 000 livres. Par la suite, l'activité de l'indiennage est prise en main par des immigrants venus de Suisse ou d'Allemagne, qui dirigent douze entreprises : Pelloutier, Kuster, Bourcard, Stechlin (venus de Bâle), Gorgerat, Rother, Favre[19], Petitpierre[20] (venus de Neufchâtel), Dubern, Simon, Roques (venu de Hanovre), Langevin. Les plus importantes sont les entreprises Petitpierre et Dubern (25 000 pièces de tissu chacune). En 1785, un procédé innovant, la gravure à la planche de cuivre, qui permet une grande variété de couleurs, est introduit dans la manufacture Petitpierre[21]. On peut aussi citer la famille suisse De Pourtalès.

Géographie portuaire de Nantes au XVIII° siècle

Au milieu du XVII° siècle, l'activité portuaire et l'activité d'armement sont dispersées entre plus de trente sites sur la Basse-Loire et même au delà (Bourgneuf, Pornic, Le Croisic); au XVIII° siècle a lieu une restructuration autour de Nantes, qui concentre la quasi totalité de l'armement transatlantique et une bonne part de l'armement de cabotage européen. Le port du Croisic subit alors un rapide déclin. En revanche, l'activité portuaire reste dispersée : un quart seulement des navires négriers partent de Nantes même. Cela génère une très importante circulation de gabarres sur l'estuaire, entre Nantes et les ports satellites (Paimboeuf, Le Pouliguen, etc.)[22].

Article détaillé : Histoire de Saint-Domingue.

Immigration acadienne

Des réfugiés acadiens chassés d'Acadie après le Grand Dérangement trouvent refuge dans le quartier Sainte-Anne entre 1775 et 1785.

La Révolution

L'établissement de la limite sud de la ville

Contrairement à ce qui est souvent affirmé, la délimitation entre Nantes et Saint-Sébastien-sur-Loire ne remonte ni à 1801 (Concordat), ni à 1793 ou 1797, mais à août 1790, comme l’ouvrage consacré à l’histoire de Saint-Sébastien (Du village à la cité-jardin. Saint-Sébastien-sur-Loire depuis les origines [23] le démontre.

La mise en place de la nouvelle organisation du territoire en décembre 1789 (système : département – district –canton- commune) entraîne pour la commune de Nantes une situation désagréable : le passage du territoire de la paroisse de Saint-Jacques sous le contrôle administratif de la commune de Saint-Sébastien, en vertu du principe selon lequel les communes sont constituées sur la base des paroisses principales (Saint-Jacques est une ‘’succursale’’ de Saint-Sébastien). A partir de là, les dirigeants nantais vont tout faire pour obtenir une dérogation à ce principe, étant donné l’importance qu’ils accordent à un contrôle sur les faubourgs de la rive sud (Saint-Jacques, Pirmil, Dos d’Ane) et des îles (Vertais).

Dès le mois de décembre 1789, la municipalité de Nantes argumente que : « les habitants des cantons susdits ont toujours été regardés comme faisant partie intégrante de la ville…. ; que les quais et calles …dans cette partie de Saint-Sébastien ont été construits des deniers de la communauté de ville, qu’ils sont entretenus par elle…. » (ADLA, Liasse 385).

Les premières élections municipales à Saint-Sébastien ont lieu le 23 mars 1790 dans le cadre de la commune étendue, avec deux lieux de vote : la chapelle des Sœurs de la Sagesse pour les quartiers urbains où Jean-Jacques Fleuranceau, négociant, obtient 135 voix sur 146 ; la sacristie de l’église du bourg pour les quartiers ruraux, où François Lyrot de la Patouillère obtient 135 voix sur 141. A partir du 27 mars, compte tenu de ce résultat, les Nantais considèrent les quartiers sud comme nantais.

Le 4 juillet 1790, la municipalité de Saint-Sébastien porte l’affaire devant l’assemblée du district de Nantes. Les diverses instances territoriales donnent leur avis et notamment, de nouveau la municipalité de Nantes (ADLA, L 385, 10 août 1790). Le directoire du district rend sa décision définitive à la mi-août : « Le Directoire… arrête que les quartiers de St Jacques, Pirmil, Dos d’âne et Vertais resteront attachés à la Municipalité de Nantes et continueront d’en faire partie comme les autres faubourgs de la même ville. » (ADLA, L 42, folio 127).

Les prétentions de Nantes sont donc légalisées par cet arrêté. Conséquence sur le plan religieux : la paroisse Saint-Jacques est érigée en paroisse de plein exercice en mai 1791, dans le cadre de l’organisation établie par la Constitution civile du clergé. En 1801, le pape prend acte de la nouvelle organisation paroissiale, ce qu’il n’avait pas fait auparavant, puisqu’il avait refusé la Constitution civile du clergé. On peut noter que pendant les guerres de Vendée, les habitants de Saint-Sébastien prennent massivement parti pour les insurgés.

Nantes et les guerres de Vendée

Article détaillé : Terreur à Nantes.

Durant les Guerres de Vendée, la ville, acquise aux idées révolutionnaires, est attaquée par l’armée vendéenne commandée par Cathelineau et Charette, le 29 juin 1793, sans succès. C’est la bataille de Nantes. Cathelineau y fut mortellement blessé. Charette sera capturé plus tard et fusillé le 29 mars 1796. Entre 1793 et 1794, Jean-Baptiste Carrier, représentant de la Convention en mission à Nantes, ordonne un grand nombre d’exécutions sommaires (la cour fut présidée par Bignon) : de la fin décembre 1793 à la fin février 1794, Carrier fait fusiller 2600 prisonniers[24]. Il organise aussi des noyades à Nantes dans le fleuve depuis des bateaux munis de trappes : les condamnés, attachés deux par deux (un homme, une femme), se noient mutuellement ; Jean-Baptiste Carrier avait baptisé ces exécutions la « déportation verticale », elles sont restées célèbres sous le nom de « mariages républicains ». Les différentes épidémies pendant cette période ont aussi prélévé un lourd tribut.


Le XIXesiècle

Les embellissements du XIXe siècle

Grâce à cette accumulation de richesses, les bourgeois nantais acquièrent le pouvoir, ce qui leur permet d’entamer des travaux de transformation et d’embellissement de leur ville. Ces opérations leur permettent aussi d’investir leurs richesses dans une autre activité que le commerce, car la traite des esclaves commence à décliner à partir de milieu du XVIIIe siècle, du fait des courants de pensée des Lumières puis de l’abolition de l'esclavage en 1848. Plusieurs plans d’embellissements sont réalisés, mais ce n’est qu’avec celui de Ceineray que les choses se concrétisent. Le néo-classicisme est le maître-mot dans le cadre de l’architecture, et des hommes comme Marc-Antoine Laugier et Jacques-François Blondel sont leur source d’inspiration.

C’est en 1826 qu’est inauguré le premier service omnibus. C’est le premier service au monde de transports en commun grâce à Stanislas Baudry, bientôt imité par Paris, Londres et New York. La première ligne de chemin de fer est construite en 1851 et contribue à favoriser le développement de l’industrie. Les omnibus sont remplacés par le tramway en 1875 de type Mékarski.

Le XXesiècle

Rattachement de Chantenay et de Doulon

En 1908, le territoire nantais s'agrandit considérablement. En effet, une loi ordonne le rattachement des communes limitrophes de Doulon (à l'est) et de Chantenay (à l'ouest).

Lefèvre-Utile

Une prospère fabrique de biscuits se développe dans la ville, dont deux entreprises restent célèbres : Lefèvre-Utile, qui invente le Petit Beurre LU, et la Biscuiterie nantaise. Aujourd’hui LU fait partie du groupe Danone, qui ne fabrique ces biscuits que pour conserver son image de marque ; en effet, ce produit ne fait plus vraiment recette.

La biscuiterie LU a été recyclée en un centre culturel, le Lieu Unique (on retrouve les initiales LU), où se trouvent un café, un restaurant, un hammam, un espace d’expositions, de spectacles ainsi qu’une librairie.

Les comblements des bras de Loire et de l’Erdre

Nantes est traversée par la Loire et quatre de ses affluents. De cette situation, Nantes a hérité un surnom : La Venise de l’Ouest. Petit à petit, le comblement des cours d’eau s’est fait pour faciliter les déplacements dans la ville.

Au début du XXe siècle, la plupart des petits bras de la Loire sont comblés, rattachant la majorité des îles aux terres. L’espace ainsi constitué est aujourd’hui appelé Île de Nantes, en référence au projet de rénovation urbaine actuellement en cours.

C’est aussi à cette période que les 500 derniers mètres de l’Erdre, affluent de la Loire, sont déviés et comblés, permettant la création du Cours des 50-Otages, et du tunnel fluvial entre l’Erdre et le canal Saint-Félix, à la confluence avec la Loire. Les travaux sont réalisés de 1929 à 1934, par une entreprise allemande, sous la direction de l'ingénieur Karl Hotz.

La Seconde Guerre mondiale

Monument des 50 otages
La période de commandement de Karl Hotz

Le 18 juin 1940, la ville est occupée par les troupes allemandes. La ville devient chef-lieu de la Feldkommandantur 518, à la tête de laquelle est affecté, le 23 juin, le lieutenant-colonel Karl Hotz.

Nantes est un centre important de la Résistance. Cette période est marquée par l'arrestation à Chantenay d'Honoré d'Estienne d'Orves, le 20 janvier 1941, mais il n'est pas jugé à Nantes.

Suite à l'exécution, le 20 octobre 1941, de Karl Hotz par trois jeunes résistants communistes venus de Paris, 48 otages sont fusillés à Nantes, Châteaubriant et au fort du Mont-Valérien. Le 11 novembre suivant, le général de Gaulle décerne la croix de la Libération à la ville, première des cinq villes françaises à être ainsi décorées.

Les bombardements

Nantes est bombardée à vingt-huit reprises entre le 27 juillet 1940 et le 2 août 1944. Les 16 et 23 septembre 1943, des bombardements de la 8e Air Force américaine, dont l'objectif était les installations industrielles des Batigolles à l'est de la ville, détruisent le centre-ville, faisant un total de 1 463 morts, et 2 500 blessés. Près de 700 immeubles et habitations individuelles sont détruits, et 3 000 logements deviennent inhabitables.

La libération de la ville

La ville est finalement libérée le 12 août 1944, du moins au nord du pont de Pirmil. Au sud, la libération n'intervient que le 29 août, les Allemands se repliant alors vers la poche de Saint-Nazaire.

La reconstruction

La reconstruction est confiée à partir de 1945 à l'architecte prix de Rome Michel Roux-Spitz[25]. Son plan de reconstruction et d'aménagement est approuvé en 1947. Il concerne notamment les quartiers du centre-ville : la Place Royale, la rue du Calvaire, la Place Bretagne. Il construit aussi la cité des Hauts-Pavés afin de reloger les sinistrés. Il reconstruit aussi plus tard avec l'aide de son fils l'Hôtel-Dieu, actuel CHU, achevé en 1963.

En août 1955, la Fédération communiste libertaire est présente lors des grèves insurrectionnelles à Nantes, où elle distribue 10.000 exemplaires d'une édition spéciale du Libertaire.

Histoire contemporaine

En 1958, l'un des derniers Pont transbordeur de France, est démoli. Il avait été construit par l'ingénieur Ferdinand Arnodin. L'Université de Nantes rouvre en 1960. La cathédrale Saint-Pierre est touché par un terrible incendie en 1972. En 1985, Nantes est la première ville française à se doter d'un réseau de tramway moderne. Un précédent équipement avait été démantelé 27 ans auparavant. Aujourd'hui, le réseau est l'un des plus important de France. En 1986 les Chantiers navals Dubigeons construisent un dernier navire à Nantes, puis ferment leur établissement de l'Île de Nantes en 1987.

Bibliographie

Ouvrages anciens
  • Abbé Ferdinand Brault, Paul Jeulin, Le couvent des Cordeliers de Nantes, 1926
  • Paul Jeulin, L'évolution du port de Nantes. Organisation et trafic depuis les origines, Paris, 1929
  • Paul Jeulin, Histoire lapidaire du château de Nantes, Editions In Octavo, Rennes, 1925
  • Paul Jeulin, L'urbanisme à Nantes au XVIIIe siècle et sa documentation, Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, Rennes
Ouvrages récents
  • Olivier Pétré-Grenouilleau, Nantes, Editions Palantines, Plomelin (29), 2003 (avec la collaboration de Robert Durand, Jean Guiffan, Agnès Marcetteau, André Péron, Guy Saupin et autres).
  • Ouvrages publiés par l'Association Nantes-Histoire, notamment :
  • Alain Croix, dir., Nantais venus d'ailleurs. Histoire des étrangers à Nantes des origines à nos jours, PU Rennes et Association Nantes Histoire, Rennes, 2007, 431 pp., ill. coul. [ISBN 978-2-7535-0419-6]
    Chapitre sur les Irlandais (p. 37-50) ; sur les Acadiens (p. 124-127), etc.
Nantes avant le XVIII° siècle
  • Henri Touchard, Le Commerce maritime breton à la fin du Moyen Age, Paris, 1967 (thèse de doctorat)
  • Guy Saupin, Nantes au XVII° siècle. Vie politique et société urbaine, PU Rennes, Rennes, 1996 (thèse de doctorat)
Nantes au XVIII° siècle et pendant la Révolution
  • La Traite des Noirs à Nantes du XVII° au XIX° siècle, CRDP de Nantes, Collection Documents d'histoire régionale, Nantes, 1980, 78 pp., ill. nr [ISSN 0765-7965]
  • Olivier Chaline, La France au XVIIIe siècle : 1715-1787, 1996 (sur le commerce nantais).
  • Olivier Pétré-Grenouilleau, Nantes au temps de la traite des Noirs, Hachette, Collection La vie quotidienne, Paris, 1998, 278 pp.
  • Olivier Pétré-Grenouilleau, L'Argent de la traite. Milieu négrier, capitalisme et développement : un modèle, Aubier, Paris, 1997 (thèse de doctorat)
  • Roger Dupuy, Nouvelle histoire de la France contemporaine. Tome 2 : La République jacobine, Paris, Seuil, 2005, ISBN 2020398184
XIX° et XX° siècles
  • Chantal Cornet, Les Comblements de la Venise de l'Ouest, Editions CMD, Montreuil-Bellay, 1996, 92 pp, ill. [ISBN 2-909826-37-6].

Notes

  1. aujourd'hui Ile Botty dans la commune de Bouguenais
  2. Judith Everard. « Le duché de Bretagne et la politique Plantagenêt aux XIIe et XIIIe siècles », in Marin Aurell et Noël-Yves Tonnerre éditeurs. Plantagenêts et Capétiens, confrontations et héritages, colloque des 13-15 mai 2004, Poitiers. Brepols, 2006, Turnhout. Collection Histoires de famille. La parenté au Moyen Âge. ISBN 2-503-52290-4, p 202
  3. Martin Aurell, « Introduction : pourquoi la débâcle de 1204 ? », in Martin Aurell et Noël-Yves Tonnerre éditeurs. Plantagenêts et Capétiens, confrontations et héritages, colloque des 13-15 mai 2004, Poitiers. Brepols, 2006, Turnhout. Collection Histoires de famille. La parenté au Moyen Âge. ISBN 2-503-52290-4, p 5
  4. Cornette (Joël), Histoire de la Bretagne et des Bretons, 2005 (tome I p. 323 et sq). Leguay (J-P), Martin (Hervé) Fastes et malheurs de la Bretagne ducale (1213-1532), Ouest-France Université, 1982, p. 404 et sq. (Titre "La guerre avec la France 1487-1488")
  5. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Club France Loisirs, 1980, (ISBN 2-7242-0785-8 ), p 258
  6. a  et b http://outremer44.free.fr/page21.html
  7. http://www.ordesiles.com/L_esclavagisme/esclavage_martinique.php
  8. http://www.geocities.com/trebutor/Livre/1F/1675_1678.html
  9. C'est le cas de l'armement Espivent de la Villesboisnet Frères, présenté par Olivier Pétré-Grenouilleau, Nantes, 2003, page 92 (étude d'un livre de compte de la société Espivent).
  10. http://books.google.fr/books?id=lSkxfqJ60HcC&pg=PA270&dq=nantes+%22louis+XIV%22+sucre&lr=&ei=ruQdSYDXKZTEzATVr_38DQ#PPA270,M1
  11. http://books.google.fr/books?id=lvCEAAAAIAAJ&q=nantes+%22louis+XIV%22+sucre&dq=nantes+%22louis+XIV%22+sucre&lr=&ei=FekdSYDSHIy4yASJismuDA&pgis=1
  12. Au plan mondial, le premier port négrier est Rio de Janeiro.
  13. On parle souvent de pacotille ou de verroterie, mais les trafiquants locaux recherchaient aussi des produits plus élaborés, tels que des armes.
  14. Nantes, 2003, page 72.
  15. Ibidem, page 83.
  16. http://www.infobretagne.com/nantes.htm
  17. selon le livre La France au XVIIIe siècle: 1715-1787 d'Olivier Chaline - 1996
  18. Ibidem, page 87
  19. Famille dont un descendant est maire de Nantes au XIX° siècle.
  20. Famille apparentée à celle des Favre ; au XIX° siècle, Fleurus Petitpierre est maire de Saint-Sébastien sous la Monarchie de Juillet.
  21. Nantes, 2003, page 88.
  22. Nantes, 2003, page 95.
  23. Robert Durand, Didier Guyvarc’h et autres, Du village à la cité-jardin. Saint-Sébastien-sur-Loire depuis les origines Editions ACL, Nantes, 1986, pages 93-94. Les citations des Archives départementales (ADLA) sont prises dans cet ouvrage, réalisé sous la direction de M. Robert Durand, professeur à l'Université de Nantes (en retraite depuis 1998).
  24. Roger Dupuy, Nouvelle histoire de la France contemporaine. La République jacobine, 2005, p.170
  25. Voir le Dossier sur la reconstruction de Nantes édité par les Archives municipales de Nantes

Voir aussi

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