Histoire de la géostratégie russe de 1991 à 2008


Histoire de la géostratégie russe de 1991 à 2008

Cet article reprend l'ensemble des éléments composant l'histoire de la géostratégie russe entre 1991 et 2008.

Déjà amorcé durant le second mandat de Boris Eltsine (de 1996 à 1999) et poursuivi de manière plus significative par son successeur Vladimir Poutine, le redressement de la diplomatie russe, après la période de confusion suite au démembrement de l'Union soviétique, s'est surtout basé sur un réalisme politique dont les principales préoccupations se rapportent aux intérêts nationaux de la Russie. La volonté des dirigeants russes de recouvrer l'ancien prestige de leur pays en termes de superpuissance[N 1] est l'un des points les plus marquants en ce début du XXIesiècle.

Sommaire

L'Union soviétique avant sa dislocation

Carte montrant les dernières divisions administratives des Républiques de l'URSS (1989) avant son effondrement (1991).

Durant la Guerre froide (1945-1991), l'Union soviétique fut une superpuissance. La Russie, la Biélorussie, l'Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kirghizistan, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie étaient alors les 15 républiques socialistes soviétiques fédérées au sein de l'URSS. Il en sera ainsi jusqu'en 1991, lors de la dissolution de l'Union soviétique.

Le déclin de l'Union soviétique de 1989 à 1991

Dès 1989, l'URSS commençait déjà à perdre pied sur le plan international avec le retrait des troupes soviétiques de l'Afghanistan (25 février 1989), la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989) et la réunification allemande (12 septembre 1990)[N 2].

En juin 1990, Eltsine, président du Soviet suprême de la RSFS de Russie déclara la souveraineté de la Russie. En août 1991, le Putsch de Moscou, mené par des membres conservateurs du gouvernement communiste, opposés aux réformes démocratiques de Gorbatchev (« Glasnost », « Perestroïka » et « Union des républiques souveraines soviétiques »), montra à quel point le pouvoir central soviétique s'était fragilisée. Le complot échoua en grande partie grâce à l'intervention de Eltsine et des réformistes qui ont ainsi renforcé leur poids dans la lutte de pouvoirs au sein du Kremlin.

Au cours de l'automne 1991 les républiques constituantes de l'URSS proclamaient, l'une après l'autre, leur indépendance sans que le président soviétique Gorbatchev n'ait la possibilité de s'y opposer par la force. En novembre 1991, Eltsine publia un décret qui interdisait les activités du Parti communiste de l'Union soviétique sur le territoire de la RSFS de Russie.

La disparition de l'Union soviétique

En 1991

Communauté des États indépendants :      États membres ;      États participants[N 3],[N 4] ;     États associés ;     États observateurs ;     Anciens États membres.

Lors de l'implosion de l'Union soviétique, la situation économique, politique et militaire est catastrophique aussi bien pour la Russie que pour les autres anciennes républiques soviétiques. « Les liens économiques et culturels qui remontaient non seulement à l'époque soviétique, mais aussi impériale, ne pouvaient pas être supprimés si vite. Pour une nouvelle intégration, il fallait retravailler une question importante susceptible de sevir de base à l'unité : la menace commune[1] ». C'est dans ce contexte que naquit la Communauté des États indépendants (CEI).

Le 8 décembre 1991

La CEI est une collectivité intergouvernementale de coopération dont l'identité politique et juridique reste incertaine. Elle a été créée par le Traité de Minsk conclu entre le démocrate Eltsine (président de RSFS de Russie), le communiste Kravtchouk (président de l'Ukraine) et le social-démocrate Chouchkievitch (président du Parlement de la Biélorussie)[2] lors de leur réunion à la résidence de Viskouly où ils publièrent aussi au même moment une déclaration selon laquelle l'Union soviétique était dissoute. L'accord constitutif de la CEI était supposé faciliter l'accès à l'indépendance des républiques soviétiques et développer la coopération multilatérale.

Le 21 décembre 1991

Lors du sommet d'Alma-Ata, la CEI est élargie à l'Arménie, à l'Azerbaïdjan, au Kazakhstan, au Kirghizistan, à la Moldavie au Turkménistan, au Tadjikistan et à l'Ouzbékistan alors que l'Ukraine, la Russie et la Biélorussie, eux, reçoivent le statut de membre fondateur de la Communauté. De plus, le Traité d'Alma-Ata, conclu lors de ce sommet et confirmant le Traité de Minsk, stipule la création de deux organes exécutifs de la CEI (le Conseil des chefs d'État et des chefs de gouvernement). Lors du sommet d'Alma-Ata, un accord fut également conclu entre les quatre puissances nucléaires de la CEI (la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan) sur l'instauration d'un commandement unique des forces nucléaires stratégiques[2]. À cette occasion, les anciennes troupes soviétiques furent placées sous un commandement militaire unifié de la CEI.

En 1991, à la chute de l'URSS, l'armée soviétique fut démantelée entre les différents nouveaux États selon l'origine nationale des contingents. C'est alors qu'un commandement militaire commun à tous les membres de la CEI fut instauré à l'occasion également du sommet d'Alma-Ata. Ce commandement unifié avait sous ses ordres l'ensemble des anciennes troupes soviétiques.

Le 24 décembre 1991

La Russie est reconnue par les Occidentaux comme État continuateur de l'Union soviétique et lui succède au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le 25 décembre 1991

Gorbatchev (qui était alors encore président, mais sans pays, son pouvoir ne signifiant donc plus rien) démissionne de son poste de président de l'Union soviétique (après que Eltsine a proclamé d'autorité, lors d'une séance au Parlement, la dissolution de l'Union soviétique et l'indépendance de facto de la Russie qu'il dirige désormais) et de son poste de directeur du Parti communiste, puis transmet à Eltsine, président de la Russie, le contrôle de l'armement nucléaire. Le même jour, la RSFS de Russie change de nom et devient officiellement la Fédération de Russie.

Le 26 décembre 1991

Le Soviet suprême se réunit et dissout formellement l'Union soviétique.

Les tentatives russes de conserver son influence dans son « étranger proche »

En 1992

Les derniers reliquats de l'armée soviétique stationnés dans les républiques indépendantes avaient été dissous et les anciennes forces soviétiques basées en Allemagne orientale, en Hongrie, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Roumanie, en Bulgarie, en Lituanie, en Lettonie, en Estonie, en Mongolie et à Cuba commencèrent leur retrait en 1992.

L'extension du chaos afghan, ayant entraîné des affrontements entre pro-communistes et islamistes dans le Sud tadjik, provoque l'envoi de la 201e division d’infanterie russe prenant position sur les flancs du Pamir sous la bannière de la CEI[3]. Les accrochages entre gardes-frontières russes et rebelles sont nombreux au cours des années suivantes. Un cessez-le-feu a été signé en 1997 après que des dizaines de milliers de personnes eurent péri dans les violences.

La guerre du Haut-Karabagh oppose les Arméniens du Haut-Karabagh et d'Arménie aux Azéris.

La Russie a négocié avec la Moldavie, la Transnistrie et l'Ukraine pour obtenir l'autorisation de passage pour pouvoir évacuer du matériel militaire vers la Russie. À cette occasion, le quartier général de la XIVe armée russe est transféré de la capitale moldave, Chişinău, à la capitale transnistrienne, Tiraspol.

Le premier mandat d'Eltsine est marqué par une volonté de rattacher la Russie au système économique mondial. Pour y parvenir, une stratégie de complaisance et de rapprochement avec l'Europe occidentale, et, surtout, les États-Unis est déployée : la Russie adhère au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale ; elle entame une coopération rapprochée avec l'OTAN et l'ONU (participation à la FORPRONU, la Force de protection des Nations unies) en ex-Yougoslavie, signature d'accords visant la réduction des armements et l'interdiction des armes chimiques.

Durant le mois de janvier 1992

En janvier 1992, l'équipe de la CEI de football était une équipe constituée des meilleurs footballeurs de la CEI, qui regroupait 12 anciennes républiques soviétiques ayant accédées à l'indépendance après la chute de l'URSS. L'équipe était un symbole de l'unité politique de la CEI.

Le 28 janvier 1992

Dans un discours sur l'état de l'Union, George Herbert Walker Bush déclare : « Grâce à Dieu, les États-Unis ont gagné la guerre froide ; un monde jadis divisé en deux camps armés reconnaît aujourd’hui la supériorité d’une seule puissance : les États-Unis ; cette constatation n’inspire aucune peur car le monde a confiance en notre nation et il a raison. »

Le 2 mars 1992

Les troupes moldaves attaquent les Transnistriens, soutenus par les Cosaques et la XIVe armée russe.

Le 13 mars 1992

Un accord sur le partage de la dette extérieure de l'ex-Union soviétique (notamment Russie : 61,4 %, Ukraine : 16,37 %) est conclu.

Le 20 mars 1992

La force collective de maintien de la paix de la CEI est créée à Kiev[2]. Entre 1992 et 1993, les Russes interviendront, dans ce contexte, en Transnistrie, au Tadjikistan, en Ossétie du Sud et en Abkhazie.

Le 5 mai 1992

La crise diplomatique entre la Russie et l'Ukraine à propos de la Crimée débute.

Le 15 mai 1992

6 États sur 11 (la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, l'Arménie, le Tadjikistan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan) signent à Tachkent un traité de sécurité collective.

Durant le mois de juin 1992

L'équipe de football de la CEI fut remplacée officiellement par l'équipe de Russie (voir 1992 en football).

Le 1er juillet 1992

Des troupes russes, géorgiennes et sud-ossètes de la mission JPKF de maintien de la paix de la CEI sont déployées en Ossétie du Sud[4] pour mettre un terme aux combats opposant depuis 1989 les indépendantistes de l'Ossétie du Sud aux forces gouvernementales de la Géorgie.

Le 29 juillet 1992

Une force trilatérale de la mission PKF de maintien de la paix (russe, moldave, ukrainienne, et transnistrienne) est déployée à la frontière moldavo-transnistrienne pour mettre fin aux combats opposant depuis novembre 1991 les séparatistes transnistriens (Russes, ukrainiens russophones et autres russophones)[5].

En 1993

Le commandement militaire unifié de la CEI est aboli. Moscou propose alors la mise en place de quatre « zones de sécurité » sur le territoire de la CEI, tandis que sont relancées les propositions destinées à coordonner l’activité des services de sécurité des membres de la Communauté.

La Charte de la CEI[6] a été adoptée et ratifiée par sept membres de la communauté (Russie, Biélorussie, Arménie, Kazakhstan, Tadjikistan, Ouzbékistan et Kirghizistan). Cependant, l’unité politique de la CEI se révèle difficile à construire car l'Ukraine et le Turkménistan refusent d’accepter la Charte.

L’unité économique de l’organisation est, elle aussi, rapidement affaiblie par la mise en place de douanes entre les républiques. De nouvelles négociations avec la Russie, premier fournisseur de l’ex-URSS, s’ensuivent ; celle-ci exige d’importants réajustements des prix préférentiels actuels, ce qui plonge les autres États membres dans la récession.

Face à la politique économique décidée à Moscou, certains membres de la Communauté veulent obtenir l’autonomie monétaire. Ainsi, le Kirghizistan, ignorant les procédures de la CEI sur l’introduction de devises, émet sa propre devise, le som, ce qui favorise l’abandon par les autres républiques du rouble comme monnaie commune.

La Fédération de Russie et les États-Unis signèrent le traité START II. Ce traité prévoit une réduction des arsenaux stratégiques au terme de laquelle chaque partie ne devra pas disposer de plus de 3 500 têtes nucléaires stratégiques.

Durant le mois de juillet 1993

Le déploiement d'une mission de l'ONU et de troupes russes d'interposition a lieu en Abkhazie pour mettre fin aux combats opposant depuis avril 1991 les indépendantistes abkhazes aux forces gouvernementales géorgiennes.

Le 24 septembre 1993

La Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, l'Arménie, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan, le Kirghizistan, la Géorgie signent à Moscou un accord-cadre d'union économique (l'« Union eurasiatique du charbon et du métal ») dans le but de développer la coopération économique et commerciale (l'Ukraine et le Turkménistan s'y sont associés). On appela dès lors la CEI comme une « Union énergétique ». Le 15 avril 1994, la Moldavie adhère à l'« Union eurasiatique du charbon et du métal ». Mais l'initiative resta lettre morte[7].

Le 23 octobre 1993

La Géorgie a été contrainte de demander l'adhésion à la CEI, en échange d'une intervention militaire russe devant stabiliser la situation politique en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

Au début de l'année 1994

Bill Clinton et Boris Eltsine, le 13 janvier 1994.

Les dernières troupes ex-soviétiques basées en Allemagne orientale, en Hongrie, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Roumanie, en Bulgarie, en Lituanie, en Lettonie, en Estonie, en Mongolie et à Cuba terminent leur retrait.

Le 14 mai 1994

Après la reprise des combats en Abkhazie, un nouvel accord est conclu le 14 mai 1994, la CEI déploie sa force à la frontière géorgio-abkhazienne. Bien que la mission ait pour mandat de remplacer les troupes russes sur le terrain, celles-ci demeurent encore à ce jour le principal intervenant. Ces forces sont stationnées[8]. Cette mission est réalisée en concert avec la mission MONUG de l'ONU[9].

Le 24 avril 1994

Le Comité inter-étatique économique, première structure supranationale dans la région, est créé, son siège est à Moscou.

Les immobilismes de la CEI

Fin de l'année 1994

Entre 1994 et 1999, la CEI s'est ensuite trouvée en paralysie.

Carte de la Ciscaucasie.

L'armée russe s'embourbe dans la Première guerre de Tchétchénie, qui, de plus, remet en cause le pouvoir unificateur de la Russie.

La CEI n'est toujours pas parvenue à mettre fin au conflit opposant l’Arménie à l’Azerbaïdjan à propos du Haut-Karabagh (1992-1994).

Face à la difficulté économique dû l'éclatement de l'Union soviétique (1991) et aux immobilismes de la CEI, certains pays issus de l'ex-URSS avaient émis des initiatives pour créer des unions plus poussées et plus dynamiques au sein de l'espace post-soviétique. Une partie des républiques de la CEI, conduite par notamment la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l'Ukraine et le Kirghizstan ont donc plaidé pour un niveau de rapprochement plus important que celui atteint au sein de la CEI. En effet, une proposition faite par le président kazakh Nazarbayev envisageait la création d'une union eurasiatique mais cette proposition ne fut jamais adoptée[10].

Durant le mois de décembre 1994

Le traité START I, entre en vigueur.

En 1995

Durant le mois de janvier 1995

Après une zone de libre-échange créée en 1992, une union douanière fut mise en place entre la Biélorussie et la Russie pour faciliter leurs échanges[11],[12]. L'Union douanière était à la base réservée à la Russie et à la Biélorussie. Le Kazakhstan adhérera à l'union douanière par la suite.

Le 26 mai 1995

La Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Arménie et la Géorgie signent à Minsk un traité de défense commune des frontières extérieures.

En 1996

Cette période d'ouverture et d'optimisme caractéristique du premier mandat de Eltsine est parfois conjuguée avec la personnalité de Kozyrev, ministre russe des Affaires étrangères de l'époque, dont les objectifs étaient le développement et la revitalisation d'une économie au bord de la faillite. Cependant, comme Eltsine et son gouvernement, Kozyrev fut largement critiqué en Russie pour ses concessions face aux États-Unis : « dégradation de la fierté nationale, concessions dans la crise qui ravage l'ex-Yougoslavie, renoncement à la parité stratégique avec les États-Unis, trahison de Fidel Castro en retirant les troupes (alors encore soviétiques) basées à Cuba, abandon des 25 millions de Russes disséminés dans les autres ex-républiques soviétiques[13]... »

Commencé en 1996, le second mandat d'Eltsine est marqué, sur le plan géostratégique, par une réduction de l'optimisme russe dans ses relations avec l'Occident. En effet, Primakov, le successeur de Kozyrev, considère que les efforts d'apaisement et de rapprochement avec l'ancien adversaire n'ont pas permis de récolter les fruits escomptés. Il privilégie donc les intérêts nationaux de la Russie et se positionne contre l'« unilatéralisme » américain (ce qui lui vaut une grande popularité en Russie). De manière générale, une ligne plus distante s'établit entre Moscou et Washington. Dans ce cadre, l'avancée de l'OTAN dans l'espace d'influence autrefois inféodé à Moscou, comme les pays baltes, est perçue comme une sorte de fer de lance anti-russe[14].

Le Kirghizistan adhérera à l'union douanière russo-biélorusso-kazakhe.

La Communauté des États intégrés, basé sur l'union douanière russo-biélorusse de 1995 et regroupant la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan, est créée. Elle consistait en une union douanière destinée à renforcer les échanges entre les 6 pays membres[15].

Le président russe Eltsine avait invité la Bulgarie, une ancienne démocratie populaire avec laquelle la Russie maintient des relations basées sur la doctrine panslave, à une adhésion au sein de la Communauté des États intégrés. Moscou n'avait fait une pareille offre à aucun autre pays, pas même la Biélorussie. Mais les relations entre la Russie et la Bulgarie se sont alors temporairement dégradées[16],[17], ce qui mit un terme à l'initiative russe.

L'Ukraine, la Géorgie et l'Azerbaïdjan forment ce qui deviendra le GUAM, rival du Traité de sécurité collective.

Le 2 avril 1996

La Russie et la Biélorussie entament un processus d'union entre leurs deux États d'abord au sein de la Communauté de la Russie et de la Biélorussie[18].

Le 16 octobre 1996

L'Arménie, l'Ukraine, la Russie, la Géorgie, le Kazakhstan, la Moldavie, le Tadjikistan créent un ministère des Finances de la CEI.

En 1997

Les tensions entre Kiev et Moscou diminuent lorsqu'un traité fut conclu. Selon ce traité, la Russie reconnaît les clauses bilatérales du traité « Paix et Amitié » confirmant l'appartenance de la Crimée à l'Ukraine, l'ancienne flotte soviétique de la mer Noire et ses installations sont partagées entre l'Ukraine et la Russie, la base navale de la flotte russe de la mer Noire est située à Sébastopol, grâce à un bail qui expirera en 2017.

Le 2 avril 1997

Carte de la Communauté (qui deviendra l'Union) de la Russie et de la Biélorussie.

Suite à la signature du Traité d'union, la « Communauté de la Russie et de la Biélorussie » devient l'« Union de la Russie et de la Biélorussie »[19].

En 1998

Dans un contexte de privatisations hâtives et d'inflation persistante sous l'ère Eltsine, la transition économique s'est finalement traduite par une baisse substantielle du PIB, entraînant une décrépitude militaire et politique de l'ancienne superpuissance majeure, avec le gel des grands investissements et des achats militaires. La campagne dévastatrice et épuisante économiquement de la Première guerre de Tchétchénie (achevée en 1996) a précipité la débâcle économique, ce qui a fragilisé encore plus la position géostratégique de la Russie. La dépression économique, qui s'ensuivit, a culminé avec une crise financière majeure et un défaut de paiement des dettes, et fut marquée par une dévaluation brutale du rouble et un endettement record.

Le 29 avril 1998

Berezovski est nommé secrétaire exécutif de la CEI, il est également chargé de préparer les réformes « en profondeur ».

Les prémices d'un redressement

En 1999

Avec la décision de l'OTAN d'intervenir militairement au Kosovo, les relations russo-américaines connaissent encore une période de froideur[N 5].

Le 2 avril 1999

Seuls six pays signataires sur neuf du TSC ont signé un protocole afin de renouveler le traité pour une autre période de cinq ans. En effet, l'Azerbaïdjan, la Géorgie et l'Ouzbékistan ont préférés se retirer du traité plutôt que de signer le protocole. Dans le même temps, l'Ouzbékistan a rejoint le GUAM, largement considéré comme ayant l'intention de contrer l'influence russe dans la région.

Le 2 décembre 1999

Le Traité de l'Union slave est ratifié par la Douma russe et Belgrade[20] et le sera par l'Assemblée nationale de la Biélorussie le 26 janvier 2000[18] (date à laquelle le Traité est entré en vigueur). La Yougoslavie joua un rôle d'observateur au sein de l'Union russo-biélorusse.

La mise en place de l'Union slave a eu lieu dans un contexte de tension avec l'Occident. La Russie, la Biélorussie et la Yougoslavie ont le désir de lutter contre se qu'ils appellent « l'expansionnisme de l'OTAN à l'Est[N 6] » (notamment la Guerre du Kosovo). Cette menace va donc accélérer la mise en place d'une union concrète entre la Russie et la Biélorussie que la Yougoslavie rejoindrait plus tard[21].

Le redressement

Le 31 décembre 1999

L'arrivée de Poutine[N 7] sur la scène politique russe s'insère dans la continuité d'une diplomatie crédible qui tente d'équilibrer un partenariat renforcé avec une fermeté retrouvée avec l'Occident.

En 2000

Dans un autre ordre d'idées, la crise financière de 1998 en Russie lui a été salutaire, en ce sens qu'elle a permis à l'appareil de production de redevenir compétitif et de se remettre en marche. La hausse des prix du pétrole et les réformes économiques engagées par Poutine à partir de 1999 ont favorisé également ce rebond.

L'opinion publique russe est fortement favorable aux réformes économiques et politiques de Poutine, ce qui lui procure une vaste marge de manœuvre à l'intérieur du pays, y compris en ce qui concerne la possibilité d'exercer une ingérence directe dans le fonctionnement des géants économiques russes.

Poutine, arrivé à la présidence, reprit la situation intérieure de la Russie en main et rétablit spectaculairement l'économie de son pays après avoir gagné durant la Seconde guerre de Tchétchénie et avoir repris contrôle de la Tchétchénie, qui était en sécession depuis la chute de l'Union soviétique, ce qui rendit possible l'élaboration d'une nouvelle doctrine militaire (avril 2000) dans laquelle le renforcement de l'appareil militaire russe doit servir les intérêts géostratégiques de l'État sans se préoccuper des considérations occidentales. Cette victoire en Tchétchénie démontre le poids prédominant de la Russie au sein de la CEI.

Article détaillé : Deuxième guerre de Tchétchénie.

Une réforme des organes exécutifs de la CEI a été entreprise.

Par la suite, il s'engagea dans les relations extérieures et rétablit la Russie comme une « super-puissance » au même titre que les États-Unis, avec sa propre sphère d'influence. Ce durcissement russe présageait, alors, qu'une entente entre les États-Unis et la Russie ne serait pas parfaite.

Le traité START II fut ratifié par la Russie.

Le 5 octobre 2000

L'Europe orientale fut bouleversée par une vague de coups d'État (pour la plupart pacifiques) qui changèrent les politiques pro-russes des pays concernés en une orientation pro-européenne et pro-américaine (les « révolutions de couleur »). Ce fut le cas, par exemple, en Yougoslavie (Révolution des bulldozers contre Milošević)

Le 10 octobre 2000

Communauté économique eurasiatique :
     États membres ;     États membres auto-suspendus ;     États observateurs.

À l'occasion des réformes en profondeur de la CEI, sur base de la Communauté des États intégrés, est créée la Communauté économique eurasiatique (Eurasec)[22]. L'Eurasec avait pour objectif de effacer les échecs de la CEI, de former un véritable marché commun, de contrecarrer les défis de la mondialisation et de reprendre le processus d'intégration au sein de la CEI.

En 2001

Le 11 septembre 2001

Les attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis ont transformé la donne géostratégique pour la Russie et ont donné une impulsion à l'établissement de relations plus rapprochées entre la Russie et les États-Unis[23]. Le soutien de la Russie à la guerre contre le terrorisme établit un climat de coopération ainsi qu'une nouvelle alliance entre les deux puissances. Une perception commune des intérêts internationaux russes et américains permet à la Russie de revenir en force sur la scène internationale en jouant un rôle prédominant dans la lutte contre le « terrorisme » ou dans les tentatives de médiation dans les conflits complexes comme les dossiers palestinien ou iranien.

Article détaillé : Guerre contre le terrorisme.

Mais ce rapprochement fut de courte durée, les tensions reprirent alors entre Washington et Moscou. Les deux rivaux commencèrent à entretenir un jeu d'influences aux périphéries de leurs domaines respectifs : les États-Unis envahirent l'Afghanistan tentant ainsi d'influencer le Kirghizistan où des bases militaires américaines furent installées.

En 2002

Le traité START II est en principe dépassé en raison des mesures de réduction unilatérales des arsenaux annoncées le 12 novembre 2001 par les présidents russe et américain : le SORT[N 8], conclu en 2002, abaisse les plafonds de START II.

Le complexe militaro-industriel russe est revenu, depuis 2002 environ, à l'avant-scène de la stratégie globale de la Russie, aussi bien dans le plan politique qu'économique[N 9]. Si, durant la Guerre froide, l'URSS livrait à prix coûtant et même gratuitement de nombreux matériels aux « pays frères », la Russie le vend désormais à des pays en mesure de payer comme la Chine, l'Inde et l'Iran. Ses armes, de qualité comparable et même souvent supérieure aux productions occidentales, sont beaucoup moins chères ; commercialisées par l'agence Rosoboronexport, elles attirent même des pays alliés des États-Unis tels que la Grèce, la Corée du Sud ou les Émirats arabes unis.

Le 7 octobre 2002

Organisation du traité de sécurité collective :
     États membres ;     Anciens États membres.

Les pays signataires du TSC signèrent une Charte à Chisinau, en Moldavie. La Charte stipulait la création de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC).

En 2003

Après l'Afghanistan, les États-Unis envahissant l'Iraq, renversant le gouvernement de Saddam Hussein (ces deux invasions ont alors encerclé l'Iran, alliée fidèle de la Russie) ; la Russie quant à elle soutint la politique anti-impérialiste des pays sud-américains comme notamment le Venezuela de Chavez, la Bolivie de Morales et le Nicaragua d'Ortega.

Après la Révolution des bulldozers en Yougoslavie (2000), la vague des révolutions colorées se propagea à la Géorgie (Révolution des Roses).

Le 18 septembre 2003

L'organisation devient effective. Très rapidement, l'OTSC est apparue comme le complément politico-militaire de l'Eurasec.

En 2004

À l'instar de la Géorgie, la vague colorée atteint l'Ukraine (Révolution orange).

En 2005

Après l'Ukraine, c'est le Kirghizistan qui est frappée par une révolution colorée (Révolution des Tulipes). Cette révolution a toutefois échoué à long terme car Bichkek resta dans la sphère d'influence russe.

Pour contrebalancer les révolutions colorées en Europe orientale et en Asie centrale, la Russie soutenait également des révolutions et des coups d'États, notamment en Afrique noire.

Durant le mois d'août 2005

Le Turkménistan décide de devenir État associé dans le cadre de la CEI.

En 2006

Entre 1999 et 2005, la Russie a connu une croissance économique moyenne supérieure à 6 %[24].

Économiquement, si la balance commerciale russe reste structurellement excédentaire depuis la disparition de l'Union soviétique (excédent de 68 milliards de dollarsUS), les trois quarts des exportations concernent des matières premières (combustibles, minéraux et métaux).

Le 25 janvier 2006

Sous l'impulsion de Moscou, la Communauté économique centre-asiatique est en cours de dissolution au sein de l'Eurasec.

En 2007

Rassuré par une économie en croissance et ayant repris le contrôle des ressources énergétiques, Poutine rompt avec l'« ultralibéralisme ». Moscou s’ingère à nouveau dans l’économie pour réorganiser le développement du territoire, y compris de la partie asiatique de la Fédération. Les bénéfices provenant de l’exportation des hydrocarbures sont placés dans l’économie intérieure afin de lutter contre la pauvreté, sans crainte de relancer l’inflation. Cette politique doit néanmoins faire face à la montée du chauvinisme (à l’intérieur) et l’impérialisme américain (à l’extérieur)[25].

Moscou, une partie des gratte-ciels en construction à Moskva-City.

Les secteurs énergétique et militaire ne sont plus les seuls fers de lance des stratèges russes pour regagner du terrain dans le monde économique, d'autres secteurs économiques qui ont le vent en poupe (acier, aérospatiale, agro-alimentaire, etc.) prennent graduellement la relève. Les banques russes se montrent également de plus en plus friandes d'achats d'actifs en Occident[N 10]. Aujourd'hui, TVEL fournit du combustible pour les centrales nucléaires de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Bulgarie, de la Hongrie, d'Ukraine, d'Arménie, de la Lituanie, de la Finlande et de la Chine. Il y a actuellement 76 réacteurs de puissance et 30 réacteurs de recherche qui utilisent le combustible de TVEL.

La Moldavie a invité l'ONU à remplacer les forces russes de la mission PKF de maintien de la paix de la CEI présentes en Transnistrie par des observateurs civils. « Nous sommes inquiets face aux tensions qui perdurent dans la zone de sécurité (en Transnistrie), ce qui constitue une grave violation des droits civils fondamentaux. L'imperfection du mécanisme de paix existant nécessite sa transformation en mission civile multinationale jouissant d'un mandat international »[26].

Le bilan en 2007

Grâce aux prix de plus en plus élevés de l'énergie qui assure une rente en devise, la demande intérieure se développe rapidement et une croissance du PIB de l'ordre de 6 à 8 % par an. L'essor économique est facilité par la remontée des cours du gaz et du pétrole qui permet un désendettement général et de grande ampleur de l'État russe (la dette publique est ramenée à 13 % du PIB fin 2007 contre 120 % en 1998), et à ce dernier de libérer des ressources budgétaires nécessaires. L'économie semble débuter lentement mais sûrement un long processus de diversification dans le cadre d'une croissance élevée dont la vigueur structurelle (très importants besoins de re-équipement et d'investissements, explosion de la consommation) est plus ou moins protégée par la politique monétaire de la Banque centrale de Russie qui dispose des réserves de change permettant de gérer efficacement le renforcement continu du rouble (réserves de changes de 473 milliards de dollarsUS fin 2007 contre 12 milliards en 1999), et du Fonds de stabilisation issu des excédents de pétrodollars[27],[28], appelés à servir de « coussin de sécurité » dans le cas où les cours de pétrole diminueraient.

Notons cependant que malgré des fausses croyances, le secteur pétro-gazier ne représenterait que 18,9 % du PIB russe en 2007 et il doit retomber à 14,9 % en 2010, il ne peut donc pas à lui seul expliquer la vigueur actuelle de l'économie russe[29].

Croissance du PIB russe[30] :

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
10,0 5,1 4,7 7,3 7,2 6,4 6,7 8,1

Depuis 2008

Notes

  1. On peut d'ailleurs citer la Russie comme l'une des superpuissances émergentes. En effet, elle ne l'était plus depuis la dissolution de l'URSS en 1991.
  2. L'URSS accepta la réunification à la condition que l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ne s'étende pas au-delà de l'Allemagne unifiée, dans la sphère d'influence soviétique. La promesse de l'OTAN ne fut pas tenue (Hongrie, Baltique, Pologne, Bulgarie, etc.).
  3. Qu'est-ce qu'un État participant ? Un État participant est un État membre n'ayant, dans ce cas-ci, pas ratifié la Charte de la CEI et ne reconnaissant donc pas le statut de cette dernière. Cependant, comme le nom du statut le montre, les États participants au sein de la CEI participent activement au moins à certains projets de la Communauté qui les intéressent directement (cas de l'Ukraine).
  4. « NB : Étant un État fondateur de la CEI, l'Ukraine n'a pas ratifié le statut de cette organisation et ne constitue pas pour cette raison son membre de jure. Cependant, l'Ukraine participe activement aux réunions de la CEI en tant que membre-participant ». Voir : L'Ukraine dénonce l'accord sur la création de la CEI.
  5. Exemples de faits de la période de froideur : l'annulation d'un voyage de Primakov (alors que celui-ci était déjà en route), la fermeture du bureau de la représentation militaire russe auprès de l'OTAN à Bruxelles, etc. Voir http://www.archipel.uqam.ca/741/01/M10084.pdf
  6. Voir les remarques susdites sur la réunification allemande.
  7. Il fut nommé Premier ministre par Eltsine.
  8. Dans les faits, SORT est une évolution du traité START III de 1997, qui n'a pas eu le temps d'être ratifié. START III devait limiter encore plus le stock d'armes mais aussi empêcher leur réintroduction.
  9. Cela a été permis grâce à l'entrée de nouvelles générations d'armements et grâce aux achats massifs et structurés.
  10. L'acquisition de 5 % des actions du groupe aéronautique européen EADS par la Vnechtorgbank russe en est un exemple ou l'intérêt que porte la Russian Railways dans la prise de 50 % du capital de la multinationale canadienne Bombardier Transport.

Références

  1. (fr) Garik Galstyan, Les intérêts géopolitiques russes dans la région caspienne (page 206).
  2. a, b et c (fr) Colisée, La Communauté des États Indépendants, 23 juin 2003.
  3. (fr) Géopolitique altaïque : l’OTSC et ses ambitions politico-militaires.
  4. (fr) Force conjointe de maintien de la paix en Ossétie du Sud.
  5. (fr)Force conjointe de maintien de la paix sur la frontière moldavo-transnistrienne.
  6. (en) Charte de la Communauté des États indépendants.
  7. (fr) Les intérêts géopolitiques russes dans la région caspienne (page 209).
  8. (fr) Force de maintien de la paix sur la frontière géorgio-abkhazienne.
  9. (fr) Mission d’observation des Nations Unies en Georgie.
  10. (en) Nargiz Asadova. An interview with Prime Minister of Kazakhstan Karim Masimov. Imprimé à l'origine dans Kommersant, 4 juin 2007, p. 2. (traduction anglaise par Ferghana.ru).
  11. (ru) Union douanière.
  12. (fr) Chronologie de la Biélorussie.
  13. http://www.lexpress.fr/informations/bill-boris-et-les-autres_593042.html
  14. http://www.monde-diplomatique.fr/2008/09/HALIMI/16245
  15. (fr) Où va la Russie ?
  16. (en) PRESIDENT ZHELEV BELIEVES IT WAS HIS DUTY TO REACT.
  17. (de) Bulgariens Präsident rechnet mit Verbesserung der Beziehungen zu Russland.
  18. a et b (en) Audrius Zulys. Toward a Union State of Russia and Belarus. Lithuanian Foreign Policy Review, 2005, p. 149.
  19. (fr) La traduction française est celle du département de l'information et de la presse du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie : « La priorité pour la Russie sera […] le travail de formation de l’Union de la Russie et de la Biélorussie, dans le cadre de la Communauté économique eurasiatique et du Traité de la sécurité collective. » Des interventions des membres du Gouvernement de la Russie а propos des tâches pour l’an 2002, dépêche datée du 29 décembre 2001, publiée le 8 janvier 2002.
  20. (fr) Union slave : L'accord Russie-Bélarus est signé. sur Lukashenko Solidarity.
  21. (fr) Contre l'expansionnisme de l'OTAN à l'Est.
  22. (fr) RELATIONS AVEC LA COMMUNAUTÉ ÉCONOMIQUE EURASIENNE (EURASEC) ET PROJET DE MÉMORANDUM D’ACCORD ENTRE L’UNESCO ET CETTE ORGANISATION INTERRÉGIONALE - ANNEXE I : COMMUNAUTÉ ÉCONOMIQUE EURASIENNE (EURASEC).
  23. (fr) 11 Septembre - 18 mois après.
  24. http://fr.rian.ru/russia/20081204/118681304.html
  25. http://www.voltairenet.org/article145230.html
  26. (fr) Après Tbilissi, Chisinau réclame le départ des soldats de la paix russes.
  27. http://fr.rian.ru/business/20070201/60064942.html Le Fonds de stabilisation se montait au 1er février 2007 à 99,77 mds USD (Finances).
  28. http://fr.rian.ru/russia/20070201/60029112.html Les réserves de change de la Russie : +1,1 milliard de dollars en huit jours
  29. http://fr.rian.ru/analysis/20070503/64831963.html
  30. Chiffres du FMI et Institut fédéral des statistiques russes.

Voir aussi

Articles sources

Liens externes


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