Histoire de la Charente Maritime


Histoire de la Charente Maritime

Histoire de la Charente-Maritime

Voir également l’article : Chronologie de la Charente-Maritime.

L'histoire du département de la Charente-Maritime en tant qu'entité administrative commence le 22 décembre 1789 par un décret de l'assemblée constituante. Ce dernier n'entre cependant en vigueur que quelques mois plus tard, le 4 mars 1790.

Basé sur des considérations géographiques - le cours inférieur de la Charente - le département est officiellement nommé Charente-Inférieure, appellation conservée jusqu'en 1941. Depuis lors, il porte le nom de Charente-Maritime, dénomination soulignant sa situation sur le littoral atlantique.

Le département intègre la majeure partie de l'ancienne province de la Saintonge, (amputée du Cognaçais et du Barbezilien qui sont rattachés au département de la Charente, et du duché-pairie de Frontenay-Rohan-Rohan, rattaché au département des Deux-Sèvres), la quasi totalité de l'ancienne province de l'Aunis et le Pays d'Aulnay, détaché de l'ancienne province du Poitou.

Sommaire

Antiquité

Articles connexes : Gaule Aquitaine et Aquitaine seconde.

C'est sans doute vers le VIIe siècle av. J.-C. que débute la colonisation du territoire de l'actuelle Charente-Maritime par la peuplade celte des « Santones », ou Santons.

Pendant la période du Second Age du Fer, les Santons se sont organisés politiquement autour de l'oppidum de Pons qui devient "l'oppidum des Santons de l'indépendance"[1], lequel passe pour avoir été leur première capitale. Ce centre commercial et artisanal actif est aussi un centre stratégique fortifié[2].

Plus au sud, les Santons établissent un important emporium sur l'estuaire de la Gironde : Novioregum, dont les vestiges sont en cours d'exhumation dans la commune de Barzan[3].

Au Ier siècle av. J.-C., le projet des Helvètes de venir s'installer dans la région ne va pas sans inquiéter certains peuples gaulois, en premier lieu les Séquanes et les Éduens. Ces derniers lancent un appel à leur protecteur romain. En sa qualité de proconsul des Gaules cisalpine et transalpine, Jules César intervient pour stopper cette migration. Refusant d'obtempérer, les Helvètes sont finalement défaits par les légions romaines à Bibracte en 58 av. J.-C.. Prenant conscience des dissensions entre peuples gaulois à la suite de cet épisode, Jules César y voit une opportunité pour sa carrière politique : ainsi débute la guerre des Gaules (58 à 51 av. J.-C.)[4]. L'attitude des Santons durant cette série de campagnes militaires demeure mal connue. Si l'on retrouve la flotte santonne aux côtés des Romains lors de la campagne contre les Vénètes en 56 av. J.-C., un contingent de guerriers santons et pictons combat à Gergovie en 52 av. J.-C..

Fanal d'Ébéon

Après la conquête, le territoire gaulois est réorganisé en profondeur. Les Santons perdent le contrôle d'une partie de leur territoire au profit des Bituriges Vivisques. Sous le principat d'Auguste, cette perte est compensée par la création de la province d'Aquitaine[5], laquelle s'étend de la Loire aux Pyrénées et de l'Atlantique aux contreforts auvergnats. Mediolanum Santonum, l'actuelle ville de Saintes, devient la première capitale de ce vaste ensemble, ainsi que le chef-lieu de la Civitas et du Pagus santonum. L'agglomération, reliée par la Via Agrippa à la capitale des Gaules, Lugdunum (Lyon), se pare de nombreux monuments sous le règne des Julio-claudiens, puis des Flaviens et des Antonins : amphithéâtre, arc votif, basiliques, forum, thermes et aqueduc.

Le territoire santon se couvre également de constructions des plus diverses : théâtre romain et thermes au site des Arènes à Thénac, fanaux à Saint-Romain-de-Benet (tour de Pirelonge) ou à Authon-Ébéon (Fanal d'Authon), ainsi qu'à Aumagne[6], important aqueduc entre Le Douhet et Saintes via Fontcouverte, sans compter les nombreuses villæ. Aux marges septentrionales du vaste territoire santon, et dans ce qui deviendra plus tard la province de l’Aunis, un petit amphithéâtre romain rural est édifié à Saint-Georges-du-Bois. De même, sur la « frontière » avec la province des Pictons, au nord-est, un « castrum » abrite une garnison à Aunedonnacum (Aulnay)[7], mais ce dernier, bien vite devenu obsolète pendant la Pax Romana, est démantelé sous le principat de Claude Ier en 43 ap. J.-C.. Novioregum (Barzan) devient la seconde agglomération de la région et un port d'une grande importance[8].

Parfois surnommée « Portus Santonum »[9], c'est-à-dire « port des Santons », cette cité portuaire est mentionnée par de grands géographes de l'Antiquité, tels Strabon ou Ptolémée[10]. De ce grand port maritime étaient expédiés des produits locaux tels que la « cuculle », une sorte de pèlerine, divers produits de la mer (poissons, sel et huîtres), le garum[11], ou encore la célèbre « santonine », une absinthe très prisée des notables romains. À partir de 276, l'édit de Probus permet de nouveau la production de vin local[12], lequel transite sans doute par le port de Novioregum. Ces différentes productions régionales étaient exportées vers l'ensemble de la Gaule et parvenaient même jusqu'à Rome[13].

Un réseau de voies romaines rayonne à partir de Mediolanum Santonum en direction des principales cités gallo-romaines : Novioregum (Barzan), Iculisma (Angoulême), cités appartenant au « Pagus Santonum », mais aussi Burdigala (Bordeaux), Limonum (Poitiers) ou Vesunna (Périgueux), respectivement capitales des Bituriges Vivisques, des Pictons et des Petrocores. Jalonné de bornes impériales[14], ce réseau routier est largement attesté par la Table de Peutinger et l'Itinéraire d'Antonin[15].

Pendant les trois premiers siècles de l'époque gallo-romaine, le « Pagus Santonum » (qui a donné son nom à l'ancienne province de la Saintonge) est une région relativement prospère. La population et les activités économiques se concentrent principalement le long des vallées fluviales de la Charente, de la Boutonne et de la Seugne, mais aussi sur le littoral. Des marais salants, mis en place et exploités grâce à l'ingéniosité des Romains[16], voient le jour à proximité de la « Terra maritimensis » (Marennes), ancienne presqu'île située entre l'estuaire de la Seudre et le golfe des Santons.

Si les vallées servent à fixer l'habitat et favorisent les communications, de grands massifs boisés les séparent encore pendant l'antiquité et ne font pas l'objet de défrichements. Ainsi, l'Aunis est-elle recouverte dans sa partie centrale par l'antique « Forêt d'Argenson »[17] tandis que quelques implantations humaines se sont établies principalement le long de son littoral, mais cette région reste largement à l'écart de la civilisation gallo-romaine[18]. Cette antique forêt se prolongeait vers les actuelles forêts de Chizé et d'Aulnay[19] et servait de délimitation naturelle avec la province des Pictons[20]. De même, entre les vallées de la Charente et de la Boutonne, l'antique forêt d'Annepont-Aujac reste-t-elle pratiquement intacte et constitue jusqu'au milieu du Moyen Age une grande réserve giboyeuse[21].

Chaque vallée s'organise autour d'un centre urbain (en latin : vicus) dépendant de la métropole de Mediolanum Santonum[22]. A cette époque commencent déjà à se développer les petits centres d'« Angeriacum », actuelle ville de Saint-Jean-d'Angély, sur la Boutonne, et de « Pontus », actuelle ville de Pons, sur la Seugne. Cette dernière "est devenue un nœud routier très important"[23] en « Santonie », étant desservie par les voies impériales Mediolanum Santonum - Burdigala et Mediolanum Santonum - Divona dont la voie romaine passait par Chadenac, signalée par une borne milliaire, et Guimps. Jusqu'à l'époque de l'empereur Claude Ier, la cité pontoise abritait un important castrum sur son rocher, sorte d'acropole où fut édifiée sur l'ancien oppidum la nouvelle cité gallo-romaine aux constructions somptueuses au milieu desquelles se dressait un temple romain "qui s'élevait majestueusement face à la vallée"[24].

Cependant, ce temps de prospérité et de paix est assombri à partir de la seconde moitié du IIIe siècle où la « Santonie » n'est pas épargnée par les premières invasions barbares et subit des destructions terribles. Ainsi Portus Santonum, l'avant-port de Mediolanum Santonum est anéanti en 256[25], puis Mediolanum Santonum est incendiée en 276, et probablement la même année, Pons subit une destruction totale qui la fait apparenter à la disparition de Novioregum[26]. Les grandes voies impériales largement pacifiées, étant devenues non plus des voies militaires mais des grandes artères commerciales, ont servi de larges boulevards facilitant les incursions dévastatrices des Barbares, en l'occurrence, des Alamans.

A la suite de ces invasions, Mediolanum Santonum vit repliée derrière ses remparts issus des monuments romains qui ont été remployés pour construire les fortifications de la ville dont l'espace urbain est considérablement réduit : "16 hectare intra-muros contre 168 hectares sous le Haut Empire"[27].

En 285[28], la Saintonge est intégrée à la province de l'Aquitaine Seconde par Dioclétien[29] et Saintes perd totalement ses fonctions administratives, l'antique Mediolanum Santonum entre alors dans une longue phase de léthargie urbaine.

C'est vraisemblablement à partir de la seconde moitié du IIIe siècle que le christianisme s’implante en « Santonie ». Une communauté de chrétiens est attestée à Mediolanum Santonum. La tradition lui donne pour guide Eutrope, lequel est considéré par l'église catholique comme le premier évêque du diocèse, alors largement clandestin. De même, un ermitage, datant probablement de cette époque, est creusé à même la falaise à Mortagne-sur-Gironde[30].

L’évangélisation de la région se trouve cependant confrontée à quelques résistances, et, à Saintes, l’hostilité des habitants va conduire au martyr d'Eustelle, fille du magistrat de la ville. L’implantation du christianisme dans la région demeure assez obscure - la date même du ministère et des martyrs d'Eutrope et d'Eustelle est incertaine - mais il connaîtra un essor certain dès le Ve siècle, c’est à dire au début du Moyen Age[31].

Chantier archéologique des thermes de Novioregum,site gallo-romain de Barzan

En 476, date de l'effondrement de l'Empire romain d'Occident[32], la Saintonge est déjà aux mains des envahisseurs germaniques. La grande prospérité dont cette province jouissait, si souvent narrée par le poète Ausone[33], prend fin avec les grandes invasions barbares dès le IVe siècle. Les Vandales, puis les Alains, se contentent de piller la région, tandis que les Wisigoths s'installent plus durablement en Saintonge.

En 418, un fœdus conclu entre le roi wisigoth Wallia et l'empereur romain Flavius Honorius marque le début d'une période de paix entre les deux parties. Devenus peuple fédéré, les Wisigoths se voient concéder des terres en Aquitaine seconde, ce qui leur permet de s'installer en Saintonge avec l'assentiment de Rome. Moins d'un an plus tard est constitué le royaume wisigothique, dont la capitale est établie à Toulouse. La présence des Wisigoths en Aquitaine dure moins d'un siècle : ils en sont délogés par les Francs de Clovis qui, lors de la bataille de Vouillé, en 507, vainc Alaric et ses armées[34]. Au début du VIe siècle, la domination franque s'étend à l'ensemble du sud-ouest de la Gaule.

Haut Moyen Âge

Articles connexes : Royaume d'Aquitaine, Aunis et Saintonge.

Au siècle suivant, la Saintonge est intégrée à un éphémère royaume d'Aquitaine mérovingien constitué au profit du frère de Dagobert Ier, Caribert II. À la mort de ce dernier, le royaume d'Aquitaine est rétrogradé au rang de simple duché. Eudes, nommé duc à la fin du VIIe siècle, s'emploie à faire reconnaître l'indépendance de son territoire. Cette tâche est compliquée par l'irruption des troupes sarrasines dirigées par le général Abd-er-Rahman. Après avoir pris Bordeaux, ce dernier fond sur la Saintonge, incendie Saintes en 732, avant d'être arrêté par les troupes de Charles Martel près de Poitiers.

En 781, la Saintonge devient partie intégrante d'un nouveau royaume d'Aquitaine fondé par Charlemagne au profit de son fils Louis[35]. La région connaît une brève période de paix que seule vient troubler, en 844, l'apparition des premiers drakkars vikings. Ceux-ci sont à Royan en 844. Cette même année, puis une nouvelle fois en 848, ils pillent et détruisent partiellement Saintes, sous la conduite de leur chef Hasting. Fondant une forteresse à Taillebourg, ils s'en servent comme base d'opération pour leur raids à travers la région. Celle-ci sombre dans l'anarchie : à partir de 864, le siège épiscopal est vacant[36]. Le pouvoir temporel vacille à son tour deux ans plus tard avec la mort du dernier comte de Saintonge, Landri, tué au cours d'un combat contre son homologue angoumoisin.

Le XIe siècle marque l'émergence d'une production littéraire en langue occitane. Plusieurs troubadours célèbres composeront jusqu'au XIIIe siècle chansons de geste et odes à l'amour courtois, tels Rainaut de Pons, Savary de Mauléon, Jauffré de Pons ou Rigaut de Barbezieux[37]. La langue usuelle parlée à cette époque demeure cependant mal connue : si des traits occitans apparaissent clairement dans certains textes latins de l'époque, ainsi que dans la toponymie d'une large moitié sud du département, des premières chroniques présentant des traits d'oïl apparaissent dans le courant du XIIIe siècle. Ainsi, la chronique connue sous le nom de « Pseudo-Turpin », également appelée « Tote l'istoire de France » est généralement considérée comme l'ancêtre de la langue saintongeaise.

Sur le plan politique, le Xe siècle voit la création de la province d'Aunis par scission de la partie nord-ouest de la Saintonge. Cependant, si le territoire acquiert ainsi son autonomie, il demeure partie intégrante du diocèse de Saintes. Sa capitale, Châtelaillon, est supplantée en 1130 par La Rochelle.

Bas Moyen Âge

La Rochelle est fondée au XIIe siècle autour de deux paroisses, Notre-Dame-de-Cougnes et Saint-Nicolas. La ville, qui bénéficie de la protection des ducs d'Aquitaine, également comtes de Poitou, bénéfice d'une croissance soutenue. Ce qui n'était qu'un modeste village quelques décennies plus tôt s'est mué en une cité prospère, à propos de laquelle une chronique parle de « la multitude d'hommes tant indigènes qu'étrangers de diverses parties du monde qui affluent par terre et par mer » [38]

En 1175, Henri II Plantagenêt octroie à la cité sa première charte communale, lui permettant ainsi d'acquérir une certaine autonomie sur les féodaux et de se doter d'un collège d'échevins. La position privilégiée de la ville favorise le développement d'un commerce actif avec les pays de la ligue hanséatique. Le moine et chroniqueur Richard le Poitevin décrit la cité comme « un bourg admirablement construit de nouveau, avec un port où une multitude de navires arrivent chaque jour de divers pays pour y faire le commerce »[38].

De fait, la région est alors un pays prospère et l'un des principaux producteurs de sel, une denrée indispensable à la bonne conservation des aliments. Ainsi, des salines sont notamment exploitées dans le pays de Marennes, en Arvert, sur les îles d'Oléron ou de . De même exporte t'on vers l'Europe du Nord les vins de la région, lesquels acquièrent bientôt une certaine notoriété[39], ou encore, par la Charente, les pierres issues des carrières de Crazannes, Taillebourg et de Saint-Savinien. Sur le littoral se développent des ports de moindre importance, presque tous fortifiés : ainsi de Royan, Broue, Le Château-d'Oléron ou encore Fouras.

Au XIIe siècle, tant la Saintonge que l'Aunis bénéficient d'un essor démographique et économique sans précédent. Les grandes forêts qui couvrent encore une partie de la région - forêts de Baconnais, de la Braconne, d'Argenson notamment - sont peu à peu défrichées sous l'impulsion de seigneurs locaux ou d'établissements ecclésiastiques. Cette pratique intensive de l'essartage permet la création de nouvelles paroisses, le développement des espaces cultivables, l'établissement de nouveaux moulins et, en parallèle, la fondation de plusieurs abbayes et prieurés. C'est ainsi qu'à l'instar de nombre de régions d'Europe occidentales, Saintonge et Aunis se couvrent « d'un blanc manteau d'églises », suivant l'expression consacrée.

Le XIIe siècle marque également l'âge d'or du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Quatre chemins principaux sont utilisés par les jacquets pour rejoindre le tombeau de l'apôtre. L'itinéraire le plus occidental - baptisé « Via Turonensis » ou « Voie de Tours » - traverse la Saintonge[40].

Prieurés et commanderies sont autant de lieux d'accueil pour les pèlerins en route vers la Galice. À Pons est créé un important hospice chargé de soigner les plus faibles d'entre-eux, tandis que Saintes se dote d'une nouvelle basilique afin que puissent être vénérées les reliques de l'apôtre de la Saintonge, Eutrope. Dans son « Guide des Pèlerins de Saint-Jacques » intégré au « Codex Calixtinus », le moine poitevin Aimery Picaud préconise de se rendre à la basilique Saint-Eutrope afin de « dévotement rendre visite au corps du bienheureux Eutrope, évêque et martyr »[41].

Château de Taillebourg

Depuis 1137, les provinces de Saintonge, d'Aunis et de Poitou sont placées sous l'autorité d'une jeune femme âgée de quinze ans, héritière du duc Guillaume X auquel elle a succédé à la tête du vaste duché d'Aquitaine. Cette adolescente attirée par les arts et les belles-lettres, Aliénor d'Aquitaine, épouse cette même année le roi de France Louis VII au cours d'une cérémonie solennelle en la cathédrale Saint-André, à Bordeaux. La nouvelle reine de France apporte ainsi en dot ses vastes provinces, consolidant le domaine royal. Cependant, les relations entre les deux époux, faites d'incompréhension mutuelle et d'incompatibilité de caractère évidente, conduisent à la rupture du mariage en mars 1152[42].

Quelques mois plus tard, en mai de cette même année, l'ancienne souveraine de France se fiance avec le comte d'Anjou Henri Plantagenêt, qu'elle épouse quelques jours plus tard, apportant en dot le duché d'Aquitaine dont elle a repris possession après son divorce. Ces noces conduisent à un changement politique majeur lorsque Henri devient roi d'Angleterre deux ans plus tard, en 1154 : l'Aquitaine devient ainsi partie intégrante d'un vaste domaine allant des marches d'Écosse aux contreforts des Pyrénées[43]. Ces dispositions, bien que légales au regard de la loi féodale, sont néanmoins perçues comme un affront - sinon comme une menace - par le souverain capétien.

La mise en œuvre d'une politique volontariste par le nouveau duc ne va cependant pas sans causer de profonds mécontentements parmi la noblesse locale, dont les prérogatives se voient peu à peu réduites[44]. Afin de tenter de calmer une situation devenant par trop instable, Henri II confie les rênes du duché à son fils Richard en 1169, Aliénor gardant toutefois un « droit de regard » sur les affaires courantes. C'est à cette époque que la duchesse Aliénor se rend sur l'île d'Oléron et promulgue le premier code maritime d'Europe : les rôles d'Oléron[45].

Les marais salants de l'île de Ré. Répandues sur l'ensemble du littoral, les salines font la fortune de la région au Moyen Âge

Le second mariage d'Aliénor n'est guère plus heureux que le premier. Accusant son époux de sacrifier les intérêts de l'Aquitaine à ceux des Plantagenêts[46], la souveraine semble ne pas être étrangère à la révolte que conduisent les jeunes princes Richard et Geoffroy contre leur père en 1174[47].

Alors que les troupes de mercenaires - les « Cottereaux » - viennent assez rapidement à bout des foyers d'insurrection allumés en Normandie et en Bretagne, il n'en est pas de même pour l'Aquitaine. Cependant, le rapport de force n'est pas en faveur de Richard, qui, acculé, finit par trouver refuge à Saintes. Le siège de la ville qui s'ensuit est bref autant que dévastateur[48]. À l'issue de celui-ci, Richard se soumet et se voit pardonné par son père, cependant que son épouse, moins bien lotie, est emmenée en captivité en Angleterre. Elle n'est libérée qu'à la mort d'Henri II en 1186.

L'accession au trône de son fils Richard permet à Aliénor de recouvrer ses prérogatives, qu'elle conserve lorsque la mort de celui-ci hisse sur le trône son autre fils Jean. Elle accorde des libertés communales aux villes de Saintes, de Saint-Jean-d'Angély et du Château-d'Oléron (1199), la charte étant par la suite étendue à l'ensemble de l'île.

L'accession au trône de Jean sans Terre est cependant contestée par une partie de la noblesse locale, qui lui préfère son neveu, le jeune duc de Bretagne Arthur. Ce dernier est tout naturellement soutenu par le roi Philippe Auguste, qui voit dans cette nouvelle querelle familiale une occasion d'affaiblir son adversaire. La mort d'Arthur - dans des circonstances troubles, probablement assassiné sur l'ordre de son oncle[49] - pousse les barons à déférer Jean devant la cour de justice de son suzerain - c'est à dire Philippe Auguste. Le duc ne se présentant pas devant un tribunal jugé partial, il est condamné par contumace comme félon et ses terres sont déclarées forfaites au profit de la couronne de France[50].

De ce fait, en 1204 - année de la mort de la duchesse Aliénor - les armées de Philippe Auguste pénètrent en Saintonge et en Aunis. Les régions littorales demeurent fidèles au roi-duc Jean : ainsi les bourgeois de La Rochelle ferment-ils leurs portes aux Français, soutenant un siège de près d'une année. Sous l'impulsion du seigneur de Châtelaillon et de Savary de Mauléon, la majeure partie de l'Aunis lui reste également fidèle, de même que l'île d'Oléron et les pays de Marennes et d'Arvert[51].

Il n'en est pas toujours de même dans l'intérieur des terres : que ce soit par crainte - les traces du siège subit par la ville quelques décennies plus tôt ne sont pas effacées des mémoires - ou par conviction, les bourgeois de Saintes ouvrent les portes de la ville à Philippe Auguste et à ses gens d'armes. Ceux de Saint-Jean-d'Angély agissent de même et se voient confirmés en guise de récompense l'établissement et les coutumes de la commune[52].

Cependant, la politique centralisatrice menée par le souverain capétien finit par lui aliéner seigneurs, notables et bourgeois de la région. Encouragé par les échos favorables qui lui parviennent, le roi-duc choisit ce moment pour entamer une contre-offensive. Parti de Portsmouth à la tête d'un contingent militaire, il débarque à La Rochelle sous les acclamations de la population au cours de l'été 1206 et poursuit sa route à travers Aunis, Saintonge et Poitou[53]. Le souverain français tente de stopper cette progression, mais constatant à Chinon l'importance de l'armée de son rival, il choisit de se replier à Paris pour y méditer sa contre-offensive. Une trêve est finalement conclue en 1207 mais est émaillée de nombreuses escarmouches entre partisans de l'un ou l'autre camp. Cette situation floue perdure jusqu'en 1224, année qui voit une nouvelle offensive française sous la conduite du roi Louis VIII. Ce dernier, profitant de la minorité du nouveau roi-duc Henri III, lance toutes ses forces pour annexer les territoires anglo-aquitains. Saintonge et Aunis passent ainsi sous contrôle français[54].

Afin de tenter de conserver les territoires conquis, il inclut dans ses dispositions testamentaires la création de plusieurs apanages au profit de ses trois fils cadets. Alphonse, dit Alphonse de Poitiers, se voit concéder les terres poitevines, saintongeaises et aunisiennes. Ces dispositions indignent plusieurs seigneurs locaux, parmi lesquels le comte d'Angoulême et de la Marche Hugues X de Lusignan qui se place en porte-étendart de la contestation. Cette détermination est entretenue par son épouse Isabelle d'Angoulême, veuve de Jean sans Terre et mère de Henri III. Louis IX, successeur de Louis VIII et frère aîné d'Alphonse, fait preuve de la même détermination et entend faire respecter les volontés de son père, fût-ce au prix d'une guerre[55].

Appelé à la rescousse par le duc d'Angoulême, le roi d'Angleterre ne tarde pas à réagir, embarquant à Portsmouth à la tête d'une escouade de 300 chevaliers. Il est accueilli aux pieds des remparts de Royan par sa mère au mois de mai 1242[56]. De là, il se rend à Pons où se sont regroupés plusieurs barons d'Aquitaine favorables à sa cause. Armées anglo-aquitaines et françaises se heurtent une première fois à la bataille de Taillebourg, le 21 juillet. Les troupes d'Henri III sont mises en déroute et se redéploient devant Saintes. Une nouvelle bataille a lieu devant les murailles de la ville le 24 juillet, sans plus de succès pour les anglo-aquitains[57]. Les Lusignans et les barons saintongeais, défaits, sont contraints de se soumettre au roi de France, tandis qu'Henri III se replie sur Blaye, puis sur Bordeaux[58].

Le traité de Paris de 1259 consacre la victoire du parti français. D'âpres négociations font cependant qu'il intègre une clause spécifiant qu'au cas où Alphonse de Poitiers viendrait à décéder sans héritier, les terres situées au sud du fleuve Charente reviendraient dans le giron anglo-aquitain.

C'est précisément ce qu'il advient à la mort du comte de Poitiers en 1271. Le roi de France Philippe III renâcle cependant à appliquer le traité et c'est sous le règne de son successeur Philippe IV qu'il est finalement mis en application au mois d'août 1286[59]. Ceci n'apaise en rien les conflits entre le roi-duc Édouard Ier, qui s'estime spolié, et le souverain capétien. La situation dégénère à plusieurs reprises en guerre ouverte[60], prémices d'un long conflit appelé à durer plus de cent ans.

Guerre de Cent Ans

La France en 1365.      Territoires contrôlés par Édouard III      Territoires cédés par la France à l'Angleterre par le traité de Brétigny      Territoire du duché de Bretagne, allié aux Anglais

La question de la succession du roi Charles IV est le point de départ de ce que l'on a coutume d'appeler la guerre de Cent Ans : en s'éteignant sans laisser d'héritier mâle pour lui succéder, le souverain place les barons du royaume devant un dilemme. De fait, le plus proche parent du roi défunt n'est autre que son neveu, le roi d'Angleterre Édouard III. En sa qualité de petit-fils de Philippe IV, il revendique la couronne de France, mais se voit opposer le refus d'une partie des hauts dignitaires qui invoquent la loi salique et le fait qu'une femme – en l'occurrence Isabelle de France – ne peut transmettre ce droit.

Alors qu'un cousin du défunt Charles IV monte sur le trône sous le nom de Philippe VI, Édouard III s'estime lésé et, considérant comme caduc son lien de vassalité, déclare la guerre à « l'usurpateur ». Étant une région frontalière, la Saintonge est appelée à être en première ligne de ce nouveau conflit. De fait, le déclenchement des hostilités y est immédiat, et l'on parle presque immédiatement des « guerres de Saintonge »[61].

Plus que de véritables batailles, il est question d'actions ponctuelles. Les seigneurs locaux sont divisés : on trouve ainsi aux côtés des anglo-aquitains le sire de Pons Renault IV, tandis que Guy de Surgères s'engage aux côtés des Français[62]. Places fortes et châteaux changent ponctuellement de main après des combats ou des sièges plus ou moins violents, tandis que les campagnes sont ravagées par des gens d'armes des deux partis.

Les combats prennent une nouvelle dimension avec l'irruption en Saintonge du comte de Derby Henri de Lancastre, lequel mène en 1345 un raid dévastateur sur les villes suspectées de nourrir des sympathies pour les français. Il prend Mirambeau, remonte vers le nord en direction d'Aulnay, de Benon et de Surgères, poursuit jusqu'à Lusignan, puis s'en revient mettre le siège devant Taillebourg et Saint-Jean-d'Angély[63].

À l'issue de cette campagne victorieuse, il retourne à Bordeaux et s'embarque ensuite pour Calais, non sans avoir laissé des garnisons dans chacune des places fortes prises[64].

L'église fortifiée d'Écoyeux

La situation n'est pas meilleure dans les villages, marqués par une forte insécurité, la soldatesque n'hésitant pas à s'y livrer à des excès de tous genre, tandis que des bandes de vagabonds et de brigands profitent de l'anarchie pour commettre leurs forfaits. Nombre d'églises rurales sont fortifiées afin de servir de refuge à la population - et parfois au bétail - en cas d'alerte[65].

L'arrivée d'un fléau inattendu force les belligérants à cesser momentanément les hostilités. En 1347 apparaissent les premiers cas de peste, lesquels ne cessent de se multiplier. L'épidémie - connue sous le nom de peste noire - provoque une hécatombe parmi les gens de toutes conditions, tuant en certains lieux plus de la moitié de la population. Certaines églises du département conservent des témoignages de l'épidémie : une litre funéraire représentant un cadavre dans son linceul orne ainsi un pilier de l'église de Léoville, dans le canton de Jonzac[66]. La paix, cependant, n'est que de courte durée.

Au printemps de 1351, après qu'une trêve d'un an a expiré, le roi de France juge le moment opportun pour lancer une offensive décisive contre les places fortes anglo-aquitaines. Il ordonne que soit mis le siège devant la plus importante d'entre-elles : Saint-Jean-d'Angély.

Les armées royales, menées par le connétable Charles de La Cerda, viennent prendre position devant les remparts au mois de mars, mais se heurtent à une résistance opiniâtre des défenseurs de la ville. Une compagnie menée par le comte Jean III de Sancerre vient prêter main forte aux assaillants sans plus de succès. Pressé d'en finir, le roi Jean II vient lui-même diriger les opérations à la tête d'un corps de chevalerie. Anéantis par la famine, les assiégés finissent par capituler et ouvrent les portes de la ville aux français le 11 septembre 1351[67]. Quelques mois plus tard, c'est au tour de Soubise et de Surgères d'être investies par les Français.

En 1356, une nouvelle « chevauchée » conduite par Édouard de Woodstock, le « Prince noir » s'achève par la capture du roi de France Jean II à la bataille de Poitiers. Une paix précaire voit le jour avec la signature en 1360 du traité de Brétigny. Ce dernier officialise l'intégration de l'Aunis et de la Saintonge dans une principauté d'Aquitaine constituée en faveur du fils et héritier d'Édouard III[68], lequel prend officiellement le titre de « prince d'Aquitaine et de Galles »[69]. Ce dernier confie la charge de connétable d'Aquitaine à l'un de ses meilleurs capitaines, Jean Chandos.

Les années qui suivent voient cependant une lente conquête des territoires anglo-aquitains par les armées du roi Charles V, appuyé par le connétable Bertrand du Guesclin. Frappé par la maladie, le prince d'Aquitaine est contraint de gagner l'Angleterre en 1371. Quelques mois plus tard, le roi d'Angleterre envoie en Aquitaine une escadre commandée par Jean de Hastings, comte de Pembroke. Composée de lourdes nefs, elle ne se borne pas à acheminer archers et chevaliers vers les champs de batailles du continent : elle transporte également la solde de près de 3000 mercenaires dont les actions contribuent à affaiblir le parti français[70]. Au matin du 22 juin 1372, la flotte anglaise arrivant en vue du port de La Rochelle ne se doute pas qu'elle est attendue par une escadre de navires français et de galères castillanes bien supérieure en nombre. Après une série de manœuvres tactiques, l'utilisation de brûlots par les franco-castillans est fatale aux navires anglo-aquitains et la bataille de La Rochelle se solde par une victoire française, à l'issue de laquelle le comte de Pembroke est fait prisonnier, de même que Guichard d'Angle, maréchal d'Aquitaine et sénéchal de Saintonge[71].

Cette bataille navale est le prélude au siège de La Rochelle par le connétable du Guesclin. La prise de la ville s'annonce longue, les anglo-aquitains tenant à conserver à tout prix cette importante place forte et cité marchande. Cependant, après deux mois de blocus, le maire Jean Chaudrier cède aux pressions et rejoint le parti français. Une ruse lui permet de faire arrêter le capitaine de la garde Philippe Mancel et de faire ouvrir les portes aux français, non sans avoir obtenu du souverain français que la ville conserve tous les privilèges octroyés par les anglo-aquitains[72].

Dans le même temps, les actions menées sur le continent par le connétable du Guesclin conduisent à la prise de nombreuses places fortes par les Français. Soubise, Saint-Jean-d'Angély obéissent désormais au roi de France, de même que l'île d'Oléron, l'île de Ré et l'île d'Aix. Au mois d'août 1372, Bertrand du Guesclin vient en personne mettre le siège devant la place forte de Broue, où le conseiller du roi d'Angleterre Simon de Burleigh retient prisonnière la belle-mère du roi de France, Isabelle de Valois[73].

Le 24 septembre, c'est au tour de Saintes d'ouvrir ses portes aux armées françaises, poussés par les prêches de l'évêque de la ville, Bernard du Sault[74].

La reconquête de Charles V

En apparence, l'issue du conflit dans la région semble proche. En 1374, Charles V élargit la province d'Aunis aux châtellenies de Rochefort et de Benon, ainsi qu'au bailliage de Marennes. L'année suivante, Édouard de Woodstock, le « Prince noir » rend son dernier souffle.

En 1377, c'est au tour d'Édouard III de s'éteindre, suivi trois ans plus tard par son adversaire capétien Charles V. S'ensuivent plusieurs trêves plus ou moins respectées qui procurent aux provinces de Saintonge et Aunis un - relatif - répit. Cette période moins agitée voit un renouveau du commerce qui profite notamment à La Rochelle. En 1402, les explorateurs Jean de Béthencourt et Gadifer de La Salle embarquent de cette ville afin de conquérir les îles Canaries[75]. Dans le même temps, français et anglais guerroient sous les murs de Montendre[76].

La démence qui frappe le nouveau roi de France Charles VI a cependant tôt fait de raviver une guerre qui n'a jamais vraiment cessé. La France tout entière sombre dans l'anarchie et se divise en deux factions antagonistes : les Armagnacs et les Bourguignons. Dans la région, des batailles sporadiques opposent partisans des deux camps, tandis que les campagnes sont ravagées par des « Écorcheurs » qui commettent les pires excès : « apatis »[77], viols et meurtres sont monnaie courante. Ces pratiques sont parfois cautionnées - quand elles ne sont pas encouragées - par des personnages de haut rang.

Jacques Ier de Pons est de ceux-là. Désargenté, ce dernier n'hésite pas à endosser le costume du mercenaire et à participer lui-même à des actes condamnables : il mène notamment des incursions dans les bourgs de Gémozac, Pérignac, Villars, Virollet, et se prend parfois à poursuivre jusqu'à Royan, Arvert et Marennes. Ses hommes rançonnent, tuent et violent, crimes qu'il confesse au roi et qu'il se voit absoudre par une lettre d'abolition datée de 1446[78].

De fait, le roi Charles VII, qui succède à Charles VI en 1422, entame une difficile mais patiente reconquête. Menant une politique conciliatrice vis à vis de seigneurs à la fidélité changeante, il se veut ainsi le restaurateur de l'ordre.

En 1451 débute le siège de la forteresse de Montguyon, sous la conduite de Jean de Dunois. Cet acte prélude à la marche des français sur la Guyenne qui trouve son aboutissement à la bataille de Castillon et à la défaite totale des anglo-aquitains deux ans plus tard. Aunis et Saintonge sortent exsangues de ce long conflit. Une chronique datée du début des années 1460 note ainsi :

« On puyt veoir que deçà la (...) rivière de Charante, tous les nobles lieux et gros villages ont esté et sont désers, en friche et en ruyne, et là où souloient estre les beaulx manoirs, dommaynes et heritaiges sont les grans buissons et aultres désers[79] »

Renaissance

Article connexe : Jacquerie des pitauds.
L'église de Lonzac, rare témoignage d'architecture Renaissance en Saintonge. Elle fut édifiée pour feu Catherine d'Archiac

La paix revenue permet au pays de se relever à une vitesse surprenante[80]. Si les terres en friche sont encore légion dans les années de l'immédiat après-guerre, nombre de seigneurs locaux choisissent de concéder des terres à leurs paysans à des conditions relativement avantageuses. Ainsi trouvent leur origine les nombreux hameaux dont le nom commence par la préposition « Chez », suivis du nom de leur premier propriétaire. De fait, cette politique volontariste ne tarde pas à porter ses fruits : la population s'accroît, les champs sont de nouveau cultivés, les moulins sont réparés[80]. Dans les grandes villes, le roi Louis XI confirme les anciennes chartes et privilèges communaux, conférant aux membres des corps-de-ville de La Rochelle et de Saint-Jean-d'Angély des titres de noblesse. Les villes plus petites retrouvent ou acquièrent leurs droits de foire : ainsi de Marennes (1452), de Jonzac (1473), de Pisany (1476) ou de Taillebourg (1480)[81]. Cependant, en 1481 et 1482, deux hivers particulièrement rigoureux entraînent une brève période de disette. Au froid s'ajoutent les crues de la Charente qui achèvent de détruire les cultures.

Le commerce rochelais prend encore de l'importance, notamment du fait de l'autorisation accordée à la ville de commercer avec les étrangers, quand bien même seraient-ils en guerre contre le royaume[82]. Le port de la ville accueille navires britanniques, flamands, espagnols, portugais ou italiens. Dans le même temps, les fortifications de la ville sont renforcées afin de parer toute velléité de débarquement.

Le premier quart du XVIe siècle voit néanmoins l'apparition de plusieurs fléaux : de 1500 à 1515, des épidémies de peste d'une grande virulence emportent près d'un tiers de la population de la région[83]. Le manque de bras pour moissonner les champs conduit irrémédiablement à des périodes de famines tout aussi désastreuses. Pour ne rien arranger à la situation, les côtes sont frappées par un terrible ouragan le 10 août 1518 : le littoral est envahi par les eaux, les récoltes submergées pourrissent sur pied. Au cours de l'hiver qui suit, le roi François Ier - d'origine saintongeaise, puisque né à Cognac - se rend en Saintonge et en Aunis. Malgré le désastre qui a frappé la région quelques mois plus tôt, il est reçu avec faste par les bourgeois et notables de la ville[84].

Gaspard de Saulx, nommé à la tête des troupes chargées de réduire La Rochelle en 1542.

Néanmoins, les années qui suivent marquent globalement un certain retour à la prospérité, notamment dans les campagnes ou dans ce que l'on appelle alors le « Pays des Isles », c'est à dire les régions du littoral. Le commerce du sel est de nouveau florissant au début des années 1540 : les salines des pays d'Arvert, de Marennes et d'Oléron approvisionnent une large part le sud-ouest de la France via les ports de Bordeaux et de Libourne. La région tirant une large part de sa prospérité du commerce du sel, il n'est guère surprenant que la remise en cause de la taxation de cette denrée en 1542 provoque incompréhension d'abord, révolte ensuite. De fait, la région bénéficie alors d'un régime spécial la dispensant de payer la gabelle, remplacée par un impôt correspondant au quart-denier de la vente[85]. La tentative du roi François Ier d'imposer la gabelle provoque une première révolte que ne parviennent que difficilement à contenir les troupes de François de La Trémoille, gouverneur du Poitou et Gaspard de Saulx, seigneur de Tavannes. Ce dernier tente de prendre la ville de La Rochelle, dans laquelle se sont réfugiés nombre de mutins[86].

Une fois parvenu à concrétiser cette entreprise, il s'accorde avec le maire Guy Chabot de Jarnac pour faire poursuivre les émeutiers. Les troupes sont logées chez l'habitant, accentuant encore le désir de vengeance d'une partie de la population. De fait, des rixes ne tardent pas à éclater. La situation est sur le point de s'envenimer lorsque le maire prend le parti d'envoyer un émissaire au roi afin de le presser de venir régler lui-même la situation. François Ier, alors à Montpellier, prend la route de l'Aunis, faisant savoir aux rochelais qu'ils auraient bientôt des comptes à lui rendre. À la fin du mois de décembre 1542, le roi paraît aux portes de la ville, accueilli par les milices communales venues lui rendre les honneurs, qu'il refuse d'agréer[87].

Un tribunal est improvisé pour que soient jugés les insurgés capturés. Le garde des sceaux demande que soit appliquée la loi dans toute sa rigueur, c'est à dire que les accusés soient condamnés à la peine capitale. Cependant, contre toute attente, le roi pardonne à ses sujets et ordonne une amnistie de tous les prisonniers[88].

L'insurrection reprend cependant de plus belle à partir de 1548, s'étendant même aux provinces voisines d'Angoumois, de Périgord et de Guyenne. Les mutins donnent la chasse aux « gabelleurs » accusés de tous les maux, et n'hésitent pas à l'occasion à massacrer ceux qu'ils trouvent. Cette fronde des paysans - connue sous le nom de Jacquerie des pitauds - voit les campagnes être parcourues de bandes armées bien organisées, dirigées par des « commandants » eux-mêmes placés sous l'autorité d'un « colonel de Saintonge » ou « couronnal » : Antoine Bouchard, seigneur de Puymoreau[89].

Ces violences ont tôt fait d'entraîner le déploiement d'une troupe de cavalerie menée par Henri d'Albret, gouverneur des provinces maritimes d'Aquitaine, mais contre toute attente, celle-ci est défaite à Barbezieux. Les révoltés parviennent à se rendre maîtres de Pons, de Saintes et de Royan.

La justice du « couronnal » est aussi implacable qu'expéditive : une simple dénonciation suffit à ce que les « Pitauds » se mettent en route pour châtier quelque présumé « gabelleur ». Ainsi, près de Belluire, un clerc ayant été reconnu coupable de vol, il est attaché à un arbre et bardé de flèches jusqu'à ce que mort s'ensuive[90]. Ce climat d'insurrection incite le roi à faire montre de prudence : il fait lire et placarder dans les principales villes de la région des édits promettant l'amnistie et la prise en compte des griefs des révoltés, ce qui a pour effet de calmer la situation. Peu soucieux de rallumer des braises encore chaudes, le duc d'Aumale fait quelques exemples en Saintonge, mais se garde bien de toute répression abusive. Le connétable Anne de Montmorency ne l'entend pas ainsi : suivi du prévôt Jean Baron et de ses lansquenets allemands, il intervient en Saintonge et s'y livre à une féroce répression.

Les meneurs sont exécutés, parfois avec des raffinements de cruauté, tels le « commandant » Taillemagne condamné à être « rompu vif, la tête cerclée d'une couronne de fer rouge »[91]. Des bourgeois suspectés d'avoir participé aux évènements sont égorgés ou pendus, tandis que le « couronnal » est condamné à la décapitation « attendu sa qualité de gentilhomme »[92]. Nombre d'églises se voient privées de leurs cloches - coupables d'avoir sonné le tocsin de la révolte - tandis que les libertés communales de plusieurs villes sont abolies[89]. Cependant, dans le courant de l'année 1555, Henri II décide de renoncer à étendre la gabelle et la région revient à l'ancien système du quart-denier.

Parallèlement à ces évènements se développe la pêche à la morue sur les grands bancs de Terre-Neuve. Les premiers départs de marins saintongeais sont relevés dès 1546 depuis les ports de Trembledam - actuelle La Tremblade - et de Royan. Peu après, ce sont encore plusieurs dizaines de navires qui quittent les ports de Meschers, de Mortagne, de Saint-Seurin-d'Uzet, de Saint-Martin-de-Ré ou encore de Jacopolis-sur-Brouage[93].

Fondée en 1555 par Jacques II de Pons, la ville n'est longtemps qu'un petit port situé aux confins des seigneuries d'Hiers et de Broue - aux mains des sires de Pons -, le long d'un bras de mer appelé la « Brouage ». Ce dernier est l'héritier d'un vaste golfe marin en cours d'envasement depuis la fin du XIVe siècle. L'ancienne ville, port et châtellenie de Broue, jadis prospère, est depuis lors une cité en plein déclin, les flots ne parvenant que difficilement dans ce port désormais éloigné de près de 15 kilomètres du littoral[94]. De fait, la fondation de ce nouveau port au cœur du « pays du sel » n'est pas sans déplaire à nombre de marchands désireux de contrebalancer l'influence de la toute-puissante La Rochelle[95].

La Réforme

Article connexe : Réforme protestante.

Au début du XVIe siècle, les abus d'une partie du clergé conduisent au développement d'un courant réformateur prônant le retour aux « vraies valeurs de l'évangile ». La publication des « 95 thèses » de Martin Luther en 1517 marque de façon symbolique la naissance du Protestantisme, appelé à jouer un rôle d'une grande importance dans les provinces d'Aunis et de Saintonge.

Même si les causes profondes de la Réforme ne sauraient être réduites à ce simple fait, la moralité douteuse de certains ecclésiastiques du temps contribue largement à miner l'image d'un clergé déjà miné par les querelles récurrentes entre l'évêque et les chanoines du chapitre de la cathédrale de Saintes[80]. De fait, pamphlets et libelles d'une grande virulence se multiplient dans les provinces d'Aunis et de Saintonge dès le début des années 1530. Le portrait du prieur de Biron, une petite paroisse de la région de Pons, est ainsi dépeint sans concessions : « (il) est ung prebstre secullier demeurant en la ville de Xainctes, est mal vivant et lubricquement, que tient ordinairement une putain et grand nombre de chiens, que tous les jours va plus tost chasser que aller dire ses heures et faire son office »[80].

Contraint de quitter Paris en 1534 après qu'un sermon de son ami et confrère Nicolas Cop ait provoqué un véritable tollé, Jean Calvin se réfugie en Saintonge sous le nom d'emprunt de Charles d'Espeville. Au cours de ce bref séjour, il rédige plusieurs sermons qui, lus dans plusieurs églises du diocèse, contribuent en partie à faire connaître sa doctrine[96].

Néanmoins, plus que la brève et discrète prédication de Calvin, la présence de ports commerçants très actifs, en relation constante avec les pays du nord de l'Europe, permet aux idées nouvelles de se répandre peu à peu. C'est ainsi que les régions du littoral (Côtes de l'Aunis, Pays d'Arvert et « Pays des isles », c'est à dire région de Marennes et Oléron) comptent très rapidement parmi les plus importants bastions réformés[97].

À une relative tolérance ne tarde pas à succéder une répression dont on trouve les premiers échos en 1548, année qui voit l'imposition d'une pénitence publique à plusieurs « hérétiques », contraints de faire amende honorable devant le portail de l'église Notre-Dame-de-Cougnes, à La Rochelle. Les conversions ne cessant pas pour autant, les autorités choisissent de faire un exemple : en 1552, les dénommés Pierre Constantin et Mathias Couraud sont condamnés à avoir la langue tranchée pour avoir « blasphémé » avant d'êtres brûlés vifs en place publique[98].

Dans le même temps surviennent également les premières déprédations d'églises, livrées ça et là aux fureurs iconoclastes de quelques excités. Des actes isolés sont signalés, notamment en Arvert et sur l'île d'Oléron, où le prieuré de la Perroche est mis à sac[99]. D'une manière générale, ces excès demeurent encore marginaux, les « huguenots » demeurant généralement dans une semi-clandestinité.

Bible en pierre sur la façade du temple de Breuillet.

Des ministres du culte envoyés de Genève prennent en charge l'organisation des communautés : ainsi du pasteur Pierre Richer, qui fonde l'église de La Rochelle en 1557, puis celle de Saint-Martin de Ré en 1559, de Lucas d'Aube, qui prend en main l'église de Saint-Jean-d'Angély en 1558, ou de Alexandre Guyautin, qui fonde celle du Château-d'Oléron en 1559.

L'église d'Arvert est toutefois l'une des premières à voir le jour, à l'instigation de Philibert Hamelin. Après s'être enfui à Genève en raison de ses convictions religieuses, cet ancien prêtre revient en France afin de soutenir les communautés naissantes, mais est arrêté peu après[100]. Condamné par le parlement de Bordeaux à être pendu « jusqu'à ce que mort s'ensuive », la sentence est exécutée en mars 1557[101].

D'une manière générale, les procès pour fait de religion demeurent relativement rares dans la région, nombre d'officiers des hautes justices seigneuriales étant eux-mêmes des sympathisants de la foi nouvelle[80].

Le meurtre de plusieurs catholiques dans la cathédrale de Montpellier (20 octobre 1561) et le massacre de fidèles calvinistes à Wassy par les soudards du duc de Guise (1er mars 1562) témoignent des crispations entre les deux communautés. Ainsi débute la première des huit Guerres de Religion qui vont ensanglanter la France[102].

Les Guerres de Religion

Le prince Louis Ier de Bourbon-Condé, chef des armées protestantes.

Le nombre croissant de fidèles calvinistes dans des villes de première importance comme La Rochelle - avec 25 000 habitants, c'est alors l'un des plus importants ports du royaume[103] - incite dans un premier temps les autorités à modérer leurs élans répressifs. Bien plus : à la demande du maire Jean Pineau, et avec l'assentiment du sénéchal et gouverneur d'Aunis Guy Chabot de Jarnac, les églises Saint-Sauveur et Saint-Barthélemy accueillent alternativement les messes catholiques et les prêches protestants[104]. Le 17 janvier 1562, la promulgation par le jeune roi Charles IX d'un premier édit de tolérance met certes fin à cette pratique, mais officialise de fait la célébration du culte réformé. Le texte n'est cependant pas sans contrainte, et le culte ne peut être célébré que dans un lieu défini à l'avance, toujours à l'extérieur des enceintes urbaines[105].

Cette tentative pour éviter une confrontation violente se heurte néanmoins aux extrêmes des deux camps, et l'annonce du massacre de Wassy achève de ruiner les efforts des partisans d'une cohabitation pacifique. À l'appel de Louis de Bourbon, prince de Condé, des milliers d'hommes se lèvent et prennent les armes. Des troubles éclatent dans nombre de provinces de l'ouest et du midi de la France. Le comte François III de La Rochefoucauld se charge d'organiser les volontaires d'Aunis, Saintonge, Poitou et Guyenne, tandis que des synodes sont convoqués à Saint-Jean-d'Angély et à Saintes afin de légitimer le soulèvement[106].

Des accrochages sporadiques se produisent dans plusieurs paroisses rurales, tandis qu'à La Rochelle, l'église Notre-Dame-de-Cougnes et la chapelle des Dominicains sont dévastées par une poignée d'exaltés[107]. Les pulsions iconoclastes ont tôt fait de se répandre et culminent quelques semaines plus tard par le sac de l'abbaye royale de Saint-Jean-d'Angély au mois de juillet 1562. Le maire de la ville Arnauld Rolland dirige en personne les émeutiers, lesquels saccagent l'église, brûlent les reliques, la bibliothèque et les archives du monastère[108]. Plus au nord, les chefs de partis des deux camps finissent par se neutraliser mutuellement - le prince de Condé et le connétable de Montmorency sont fait prisonniers à la bataille de Dreux (19 décembre 1562), tandis que le duc de Guise est assassiné durant le siège d'Orléans (février 1563). La paix d'Amboise met un terme à cette première guerre de religion.

Le grand temple de La Rochelle, construit en 1577, aujourd'hui détruit

Dans l'espoir de calmer des tensions persistantes, la famille royale entame un long voyage à travers les différentes provinces du royaume. Le roi Charles IX, accompagné de sa mère Catherine de Médicis, de sa sœur Marguerite de Valois et du jeune prince de Béarn Henri de Bourbon arrivent à Saintes le 1er septembre 1565. Ils quittent la ville dix jours plus tard, faisant étape à Saint-Jean-d'Angély le 11 septembre, à La Jarrie le 13. Le lendemain 14 septembre, le roi fait son entrée solennelle à La Rochelle, accueilli par le maire, les échevins, les différents corps religieux et les milices communales[109]. Les cérémonies protocolaires et les politesses d'usage ne parviennent cependant pas à occulter la froideur du souverain, informé du peu d'empressement de certaines communautés protestantes à rendre au culte catholique les églises dont ils ont pris possession. Dans certaines paroisses rurales, ce sont les prêtres qui font défaut : chassés de leurs églises durant les troubles, nombre d'entre eux craignent d'être de nouveau victimes de violences[110].

En 1567, la tentative d'enlèvement du roi par les réformés, suivie du bref siège de Paris par les troupes du prince de Condé, ne tarde pas à relancer les hostilités. Jusque alors soucieuse de préserver une apparente neutralité - bien que sa population et son administration communale soit composées de nombreux réformés - la commune de La Rochelle se range clairement dans le camp protestant. À la demande de son nouveau maire François Pontard, zélé calviniste et partisan de Condé, la ville consolide son système de défense, déjà considérable. La plupart des églises de la ville sont purement et simplement rasées, à l'exception des clochers, reconvertis en tours de guet[111].

Le gouverneur d'Aunis Guy Chabot de Jarnac, absent, est chargé par le roi de rétablir l'ordre, ce qui détermine François Pontard à se faire attribuer par le conseil de la commune des pouvoirs étendus, à proclamer la déchéance du gouverneur et enfin, à appeler la population aux armes. La Rochelle devient dès lors une sorte d'état indépendant de fait, véritable république théocratique calquée sur la république de Genève[112].

Saintonge et Aunis deviennent au cours de la deuxième et de la troisième guerre de Religion (respectivement 1567-1568 et 1569-1570) l'un des principaux théâtre d'opération. Blaise de Montluc, lieutenant-général de Guyenne, est chargé par le roi de soumettre les nombreuses villes et villages rebelles. De fait, la plupart des villes de la région ont été conquises par les armées du parti calviniste : ainsi de Saint-Jean-d'Angély, prise par Arnauld de Clermont, de Brouage, de Saintes, soumise par François d'Andelot, ou des « Isles » de Marennes.

Théodore Agrippa d'Aubigné, capitaine dans l'armée protestante, poète et intellectuel saintongeais

Les tentatives de reconquête catholique se heurtent à de véritables actions de guérilla tels que le célèbre combat du « Pas de Saint-Sorlin » qui se déroule à Saint-Sornin, une petite paroisse du pays de Marennes. Au cours de ce bref affrontement, les « casaques noires » du capitaine catholique Madaillan se heurtent à une compagnie de gens de pied huguenote, dirigée par le capitaine Goulènes[113]. Quelques semaines plus tard, une compagnie d'arquebusiers commandée par le capitaine Leberon embarque à Brouage afin de gagner l'île de Ré, important bastion calviniste. À l'issue d'un rude combat, la ville de Saint-Martin est soumise.

Le 13 mars 1569, la bataille de Jarnac s'achève par l'assassinat du prince de Condé. Privé de son chef, le parti protestant en vient à la négociation avec le roi : ainsi est signé le 8 août 1570 l'édit de Saint-Germain, qui institue quatre places de sûreté protestantes dans l'ensemble du royaume. Parmi celles-ci figure la ville de La Rochelle, laquelle fait désormais figure de « capitale » officieuse du protestantisme français[114]. De fait, l'influence de la ville se fait sentir tant sur le plan politique et militaire - elle accueille dans ses murs de nombreuses personnalités du parti calviniste, dont l'amiral Gaspard de Coligny, la reine de Navarre Jeanne d'Albret et son fils Henri de Navarre, futur roi Henri IV - que religieux et intellectuel. Jeanne d'Albret fonde ainsi le collège de La Rochelle, créé pour concurrencer directement le collège royal de Paris. D'éminents professeurs y occupent des chaires de grec, de latin ou d'hébreu, contribuant à la renommée de la ville en Europe[115]. Enfin, c'est dans cette cité que se tient le premier synode de l'église réformée a recevoir officiellement l'agrément du roi : présidé par le célèbre théologien Théodore de Bèze, il a lieu du 2 au 11 avril 1571[116].

Une fois encore, la paix est de courte durée : un peu plus d'un an plus tard, dans la nuit du 23 au 24 août 1572, le massacre de la Saint-Barthélémy rompt de manière dramatique la fragile trêve qui prévalait entre les deux partis. Le colonel-général de l'infanterie Philippe Strozzi, envoyé à Brouage quelques semaines avant le déclenchement des évènements, est chargé de préparer le siège de la place forte de La Rochelle[117]. Celui-ci débute effectivement le 11 février 1573, sous le commandement du duc d'Anjou - futur roi Henri III - placé à la tête d'une armée de près de 6000 hommes. La fine fleur de la noblesse française est présente devant les remparts de La Rochelle, ce qui n'empêche nullement la place forte de résister obstinément. Le 26 juin de cette même année, l'élection du duc d'Anjou au trône de Pologne entraîne la fin du siège[118].

De 1573 à 1580, trois nouvelles guerres ensanglantent encore le royaume. En 1574, La Rochelle entre dans la confédération des Provinces-Unies du Midi, laquelle regroupe nombre de villes protestantes du sud de la France[119]. Deux ans plus tard, Henri de Navarre prend le commandement des armées huguenotes, tandis qu'un troisième parti se forme autour du duc d'Alençon. Formé principalement de nobles fatigués des querelles intestines, le parti des « Malcontents » cherche à favoriser le retour à la paix civile. Les catholiques les plus intransigeants se regroupent alors en une « Sainte-Ligue » à l'influence croissante. Celle-ci entraîne une radicalisation de la politique royale qui s'illustre par la promulgation de l'édit de Nemours (1585), mettant de nouveau au ban de la nation les membres de la « religion prétendue réformée »[120].

L'abbaye Notre-Dame-de-Ré, dans la commune de La Flotte-en-Ré, détruite lors de combats en 1574

Henri de Condé, principal lieutenant d'Henri de Navarre, organise la résistance en Aunis et Saintonge, suivi par la noblesse protestante locale : François IV de la Rochefoucauld, René II de Rohan, Théodore Agrippa d'Aubigné. Ce dernier se distingue au cours de plusieurs combats, réussissant même à conquérir l'île d'Oléron et à s'en proclamer gouverneur en avril 1586[121], avant d'être fait prisonnier par les troupes catholiques de Blaise de Montluc au mois de juillet de la même année et emprisonné quelques mois à Brouage[122]. Les principales villes de la région sont âprement disputées entre protestants et ligueurs : ainsi des forteresses de Royan, de Saintes, de Matha, de Marans, mais aussi de villages de moindre importance stratégique, tels Trizay, Soubise ou Aulnay.

Sérieusement blessé à la bataille de Coutras (1587) Condé est transporté à Saint-Jean-d'Angély où il s'éteint quelques jours plus tard. Cette même année, l'un des « mignons » d'Henri III est nommé gouverneur de Saintonge, d'Aunis et d'Angoumois : Jean Louis de Nogaret de La Valette, duc d'Épernon[123].

Poignardé par un catholique extrémiste fanatisé par les ligueurs, le roi Henri III n'a que le temps de désigner officiellement l' « hérétique » Henri de Navarre comme successeur sur le trône de France. Après dix années d'anarchie marquées notamment par une « révolte des Croquants » (1593-1594), le roi Henri IV promulgue l'édit de Nantes en 1598. Plusieurs villes sont désignées comme « places fortes de sûreté » par le roi : La Rochelle, Marans, Taillebourg et Royan sont les principales d'entre-elles.

Le XVIIe siècle

Portrait factice de Samuel de Champlain. Aucun portrait du fondateur de Québec n'a été réalisé de son vivant.

Les dernières années du règne du roi Henri IV sont marquées par un retour à la paix civile qui masque mal la persistance de griefs propres aux deux partis. Si les catholiques les plus extrémistes ne parviennent pas à voir le roi autrement que comme un hérétique s'étant converti par opportunisme[124], les protestants entendent bien exercer une influence sur les affaires du royaume et ne faire aucune concession quant à leur liberté religieuse. Au delà des questions spirituelles, l'augmentation des impôts existants et la levée de nouvelles taxes causent des troubles sporadiques. En 1602, la prorogation de la « pancarte » - un impôt censé être provisoire - est la cause de révoltes en Aunis et Saintonge, ce d'autant plus que la ville de La Rochelle bénéficie seule d'un régime d'exception, au grand dam des autres villes de la région qui jalousent ce privilège[125].

Néanmoins, les premières années du XVIIe siècle voient également le début de grands chantiers d'aménagement du territoire ordonnés par le roi lui-même : ainsi débute notamment la grande campagne d'assainissement des « marais et paluds » de Marans, confiée à des spécialistes venus de Flandre et du Brabant[126]. Par cette mesure, l'on entend tout à la fois mettre un terme aux fièvres endémiques que permettre la culture de terres considérées comme stériles. Dans le même temps, les ports de la région servent de base de départ aux navires commis à l'exploration de l'Amérique du nord. Parmi les explorateurs les plus célèbres figurent ainsi le royannais Pierre Dugua de Mons et le brouageais Samuel Champlain[127], lequel fonde la ville de Québec le 3 juillet 1608[128]. Par la suite, les habitants de la Saintonge et de l'Aunis fourniront de nombreux contingents d'immigrants vers les terres de la Nouvelle-France.

L'assassinat du roi Henri IV en 1610 marque le début d'une période d'incertitude pour les protestants, méfiants envers la nouvelle régente Marie de Médicis, laquelle ne cache pas ses sympathies ultramontaines. Entourée de courtisans italiens autant que de conseillers jésuites, celle-ci ne tarde pas en effet à révoquer les ministres nommés par son époux et à multiplier les vexations et les maladresses à l'égard du parti réformé. Craignant d'être de nouveau inquiétés pour leurs opinions religieuses, les protestants se donnent pour chef des hommes tels que Henri II de Rohan et Benjamin de Soubise.

À l'instar de plusieurs provinces du midi de la France, Aunis et Saintonge connaissent une série de brèves escarmouches entre 1615 et 1620[129]. Si le rapprochement avec la puissance ultra-catholique qu'est l'Espagne - matérialisée par le mariage du roi Louis XIII avec l'infante Anne d'Autriche (1615) - passe mal auprès des calvinistes, le décret rétablissant le libre exercice du culte catholique en Navarre (1617) vaut au roi les protestations des réformés. Devant la résistance du parlement, le souverain décide de marcher sur la Navarre (1620), au grand scandale des protestants qui ne tardent pas à se soulever. Les villes d'Aunis et de Saintonge ne sont certes pas les dernières à entrer en rébellion, forçant le roi à se porter devant les murs de Saint-Jean-d'Angély. La ville, défendue par Benjamin de Soubise, est encerclée par les armées royales commandées par Louis XIII en personne. Débutant le 21 mai 1621, le siège dure jusqu'au 24 juin, et se solde par la capitulation des révoltés, l'abolition des privilèges communaux et la destruction des remparts[130]. Ces mesures répressives ont un effet mitigé : si Pons ouvre ses portes sans résistance à l'armée royale le 30 juin, il n'en est pas de même de la place-forte de Royan, qui se soulève à son tour quelques mois plus tard. C'est ainsi qu'au début du mois de mai 1622, les troupes royales mettent le siège devant la citadelle, laquelle ne résiste toutefois que quelques jours. La ville paiera cher sa désobéissance, et sera condamnée à être entièrement rasée afin de servir d'exemple[131].

La Rochelle enfin, qualifiée de « métropole de l'hérésie » par le cardinal de Richelieu, tient tête à son tour au souverain[132]. Soucieux d'éviter l'enlisement du conflit, les belligérants conviennent néanmoins d'un traité de paix, le traité de Montpellier (octobre 1622). Parmi les clauses de ce texte figure la démolition par les royaux du « Fort-Louis », une forteresse pointant ses canons sur La Rochelle que le roi vient de faire édifier. Conseillé par un Richelieu résolu à en finir avec les rebelles calvinistes, Louis XIII se montre réticent à appliquer cet article du traité de paix, lui-même tolérant de plus en plus difficilement que se maintienne cet « état dans l'état » et que soient bafoués ses droits régaliens. Devant l'échec de plusieurs ambassades envoyées au devant du souverain, l'insurrection reprend de plus belle en 1625.

Statue de Jean Guiton, défenseur de La Rochelle

Sur mer, les hostilités sont marquées par un combat naval entre la flotte rochelaise de Jean Guiton et l'escadre royale commandée par l'amiral de France Henri II de Montmorency. Celle-ci réussit à débarquer sur l'île de Ré malgré les efforts des rochelais. Le 15 septembre, Benjamin de Soubise, acculé, gagne l'Angleterre. Deux jours plus tard, le fort de Saint-Martin de Ré, dernier foyer de résistance des calvinistes, capitule à son tour. Une fois de plus, les négociations de paix traînent en longueur : elles aboutissent au traité de Paris qui, s'il garantit toujours la liberté de culte pour les fidèles de la « religion prétendue réformée », revient clairement sur la promesse faite en 1622 de démanteler Fort-Louis. Ces conditions de paix ne peuvent contenter les rochelais, qui interviennent discrètement auprès de leur allié anglais afin que celui-ci fasse le nécessaire pour rappeler au roi de France ses engagements passés. Devant l'intransigeance de Louis XIII, le roi d'Angleterre Charles Ier se décide à intervenir militairement, faisant armer des navires dans le port de Portsmouth. Jugeant une nouvelle guerre inévitable, Louis XIII ordonne de son côté l'envoi de fantassins, de cavaliers et d'artilleurs, lesquels sont placés sous l'autorité du maréchal Jean de Saint-Bonnet de Toiras. Dans le même temps, le cardinal de Richelieu reçoit pour mission de renforcer les défenses des îles de et d'Oléron[133].

L'escadre anglaise, placée sous le commandement du duc George Villiers de Buckingham appareille le 27 juin 1627, arrivant en vue des côtes aunisiennes dans le courant du mois suivant. Débute alors le blocus de l'île de Ré par les troupes britanniques, tandis que parallèlement se dessine celui de La Rochelle par les troupes françaises. Celles-ci passent à l'action le 1er septembre 1627, entreprenant le creusement de tranchées sous les murailles de la ville[133]. Ainsi débute le célèbre siège de La Rochelle, conduit par le cardinal de Richelieu en personne. Une ligne de circonvallation comprenant forts et redoutes est édifiée autour de la ville. Quelques mois plus tard, elle sera complétée par une digue, empêchant tout ravitaillement des insurgés par la mer[134].

La situation ne tarde pas à apparaître comme critique pour les insurgés, les efforts du duc de Buckingham pour secourir la ville se brisant sur les fortifications mises en place par Richelieu. Les épidémies et la famine déciment une partie de la population, sans toutefois venir à bout de la résistance du maire Jean Guiton, qui a résolu de tuer le premier qui parlerait de se rendre, lui y compris, plutôt que de capituler[135]. Au bout d'un an d'un blocus total, la mortalité atteint des sommets : de 28 000 habitants avant le conflit, la population est passée à un peu plus de 5000 habitants. Cette situation désespérée pousse finalement les rochelais à capituler sans condition le 28 octobre 1628. Le Ier novembre, le roi fait son entrée dans la ville ravagée[136].

Portail de l'ancienne chapelle des jésuites à Saintes

Par l'édit de grâce signé à Alès le 28 juin 1629, les protestants se voient dépossédés de toutes leurs places de sûreté, mais conservent théoriquement le droit de pratiquer leur culte. Dans les faits, les autorités encouragent la politique de Contre-Réforme, laquelle se traduit dans un premier temps par le développement des ordres religieux (création de collèges de jésuites à Saintes et à La Rochelle, de couvents de Récollets à Royan et à Saintes, d'Ursulines à Saint-Jean-d'Angély et La Rochelle, fondation d'un séminaire à Saintes)[137], par des missions d'évangélisation, ainsi que par la restauration des églises et des abbayes détruites durant les guerres de religion.

Le 2 mai 1648 est créé le diocèse de La Rochelle, formé à partir de paroisses détachées des diocèse de Saintes et de Maillezais[138]. La nouvelle cathédrale est aménagée dans l'ancien grand-temple de la ville, converti en église depuis 1628.

Ces tentatives de ramener les fidèles protestants à la foi catholique ne portent guère de fruits : en 1660, Saintonge et Aunis comptent encore environ 80 000 protestants, répartis en quatre colloques : celui des isles de Marennes et Arvert (32 000 fidèles), celui de Saintes (de 20 à 25 000 fidèles), celui de La Rochelle et de l'île de Ré (14 000 fidèles) et celui de Saint-Jean-d'Angély (13 000 fidèles)[139]. Sous le règne du roi Louis XIV, la conversion des religionnaires devient une priorité qui justifie l'emploi de toutes sortes de méthodes, y compris les plus brutales. Aux tracasseries administratives (application rigoureuse des clauses de l'édit de Nantes) s'ajoutent les destructions de temples, les taxations abusives, les réquisitions de foin et de nourriture, les enlèvements d'enfants[140]. À partir de 1681, les dragons du roi se chargent des « opiniâtres » qui refusent toujours d'abjurer, n'hésitant pas à recourir à la violence, au pillage et au meurtre pour frapper les esprits. Persécutés, de nombreux religionnaires choisissent alors d'abjurer leur foi. Fort de l'apparente « réussite » des dragonnades, le roi peut promulguer l'édit de Fontainebleau le 18 octobre 1685, lequel révoque l'édit de Nantes accordé par son grand-père[141].

En novembre de la même année, une mission est dépêchée à La Tremblade, important fief protestant, afin d'affermir des consciences encore hésitantes. Conduite par Fénelon, celui-ci ne peut qu'écrire, dépité : « Nous rencontrons partout un attachement incroyable à l'hérésie ».

Pour beaucoup de religionnaires débute le temps de « l'église du désert » caractérisé par des prêches clandestins. Des maisons particulières, des granges ou des clairières servent aux rassemblements protestants. Ces assemblées interdites, parfois interrompues par l'irruption des dragons, perdureront jusqu'à la seconde moitié du siècle suivant. Enfin, la révocation de l'édit de Nantes est la cause de grandes vagues d'émigration, notamment depuis les ports des pays de Marennes et d'Arvert : nombre de protestants s'embarquent ainsi clandestinement à destination de l'Angleterre, de la Hollande ou des colonies anglaises d'Amérique du nord[142].

Dans le domaine de l'organisation militaire, le roi prend très vite conscience de l'importance stratégique du littoral charentais et de la nécessité de compléter le système de fortifications existantes, devenues obsolètes. Cette mission est confiée à deux ingénieurs militaires chevronnés : François Ferry et Sébastien Vauban. Ainsi les points névralgiques du littoral voient ils s'élever en quelques années forts, redoutes ou citadelles, parmi lesquelles la citadelle du Château-d'Oléron, celle de Saint-Martin de Ré ou encore les forts Louvois et Lupin[143].

La maison du Roy, à Rochefort.

À partir de 1666, un ancien village situé au cœur des marais de la Charente est choisi pour devenir le site du grand arsenal de la marine du Ponant. Sous l'impulsion de Jean-Baptiste Colbert, mais plus encore de son cousin Charles Colbert du Terron, le bourg de Rochefort se métamorphose en un important centre de construction navale[144]. La cité, bâtie sur un plan hippodamien, accueille de nombreuses infrastructures militaires (Corderie Royale, Arsenal, Hôpital de la Marine, Magasin aux vivres de la Marine). Une enceinte urbaine est élevée par Louis Nicolas de Clerville[145]. La ville nouvelle devient peu après le siège d'une intendance de la Marine. En 1688, le poste d'intendant de la Marine échoît à Michel Bégon, lequel œuvre à moderniser la ville, mais s'illustre également en jetant les bases d'une politique sociale (création des orphelinats de la Marine) et culturelle (fondation d'une bibliothèque, d'un cabinet de curiosités, de jardins botaniques)[146].

En 1694, tout en conservant sa charge d'intendant de la Marine, Michel Bégon devient le premier intendant de la Généralité de La Rochelle, subdivision administrative nouvellement constituée et regroupant cinq élections relevant auparavant des généralités de Poitiers (La Rochelle), de Limoges (Saint-Jean-d'Angély) ou de Bordeaux (Saintes, Marennes et Cognac).

Le XVIIIe siècle

La culture du maïs prend son plein essor à partir du XVIIIe siècle

Le XVIIIe siècle est marqué par un développement considérable de l'agriculture et de l'artisanat, notamment grâce à l'introduction d'une céréale originaire du nouveau monde, le « Bled d'Espaigne » ou « bled d'Inde », c'est à dire le maïs[147]. Cette nouvelle culture vient s'ajouter aux productions traditionnelles de l'Aunis, de la Saintonge et du Poitou à cette époque, à savoir le blé, le froment, le seigle et l'orge, sans oublier le « baillarge », destiné aux animaux. Dans le même temps, la production de vin brûlé (ou brandevin) bien que toujours relativement confidentielle, tend à se développer peu à peu. L'amélioration des techniques de production (double distillation, conservation de l'eau-de-vie en fûts de chêne) contribue à la notoriété d'un produit qui connaîtra son heure de gloire durant le siècle suivant sous l'appellation générique de Cognac. Transitant par voie fluviale sur des gabares à destination des principaux ports marchands de la région - à commencer par La Rochelle - les tonneaux d'eau-de-vie sont ensuite exportés vers les pays d'Europe du Nord ainsi que vers les îles britanniques[148].

Ce renouveau de l'agriculture contribue à la prospérité globale des provinces charentaises, pourtant soumises aux aléas climatiques qui frappent une partie de l'Europe à cette époque, et que l'histoire retiendra sous le nom de « petit âge glaciaire ». Les hivers rudes se font plus fréquents, plus meurtriers aussi. Le 28 janvier 1708 débute ainsi une vague de froid d'une ampleur peu commune (le « grand hyver ») durant laquelle les grands fleuves de la région sont pris par les glaces[149]. Cette situation dure jusqu'au mois de mars et entraîne le gel des vignobles et de nombreux arbres, dont la forêt de la Roche-Courbon qui doit être replantée dans sa totalité[150]. L'hiver 1739 est tout aussi rigoureux, entraînant le gel des semences et causant une disette qui touche tout autant l'Aunis que la Saintonge. L'année 1765 voit à son tour une offensive hivernale d'une telle ampleur que la Gironde elle-même est partiellement prise par les glaces[150]. Ce scénario se répète à intervalles réguliers jusqu'au terrible hiver de 1788/1789, lequel est parfois vu comme l'une des causes de la Révolution française.

L'artisanat connaît également un fort développement jusque dans les plus petites bourgades : les industries textiles représentent notamment un secteur florissant, et l'on relève pas moins de 45 manufactures à Saintes, à peine plus qu'à Jonzac ou l'on en dénombre 38 en 1740. Le tannage des peaux est une autre activité en plein essor jusqu'au milieu du siècle, particulièrement à Saint-Jean-d'Angély, Jonzac, Saintes et même Archiac[151].

Le port de Brouage décline dès le XVIIIe siècle

Les ports du littoral connaissent une prospérité croissante, à l'exception notable de Brouage, victime de l'envasement de son port et qui décline inexorablement. En 1716, La Rochelle est l'un des cinq ports du royaume autorisés à armer pour les Antilles. Tout comme Bordeaux ou Nantes, la ville pratique le commerce triangulaire, et les armateurs de la ville s'enrichissent en important le sucre de Saint-Domingue, où nombre d'entre eux possèdent des plantations, ainsi que grâce à la traite des noirs[152]. Rochefort reste avant tout fidèle à sa vocation militaire : la ville est un centre de formation pour les militaires de la Nouvelle-France, qui transitent par la citadelle du Château-d'Oléron avant de rejoindre le Canada.

Le siècle des lumières est marqué ici comme ailleurs par le développement des disciplines scientifiques. La Rochelle, déjà pourvue d'un collège royal, accueille en 1732 l'académie des belles-lettres, sciences et arts, placée sous la protection du prince Louis François de Bourbon-Conti[153], qui vient rejoindre l'académie de drame et de musique crée deux ans plus tôt. Le théâtre royal en 1742, le cabinet de curiosités de Clément Lafaille (ancêtre du muséum d'histoire naturelle) en 1770, puis un jardin des plantes quelques années plus tard, viennent compléter les infrastructures culturelles de la capitale aunisienne. En 1722 est créé à l'initiative de Jean Cochon-Dupuy l'École de médecine navale de Rochefort[154], tandis que sous l'impulsion du docteur Jean-Jacques Doussin est fondée en 1777 l'école de chirurgie de Saintes[155].

Cercles littéraires, salons mondains, sociétés savantes ou philanthropiques font leur apparition, notamment à La Rochelle, à Rochefort et à Saintes. Des loges maçonniques sont établies dans ces trois villes dès 1744, vites rejointes par celles de Saint-Jean-d'Angély et du Château-d'Oléron (1764), de Marennes (1777) ou d'Aulnay (1781)[156].

La réorganisation du système pénitentiaire après la suppression du corps des galères entraîne la création du bagne de Rochefort - l'un des trois principaux bagnes du royaume - en 1766.

Le déclenchement de la guerre de Sept Ans entraîne une série de raids britanniques sur les côtes aunisiennes et saintongeaises entre 1757 et 1758. Caressant l'espoir de prendre la cité portuaire de Rochefort, le lieutenant-général Sir John Mordaunt, à la tête d'une flotte de 80 navires - dont 16 vaisseaux de ligne - commandée par les amiraux Sir Edward Hawke et Sir Charles Knowles, tente d'établir une tête de pont sur l'île-d'Aix. Le 21 septembre, celle-ci est prise sans coup férir. Contrariés par les éléments, les anglais décident cependant, et contre toute attente, de ne pas poursuivre l'opération. De retour en Angleterre, Sir John Mordaunt est jugé en cour martiale[157].

Quelques années plus tard, le 10 mars 1780, le jeune marquis de La Fayette rejoint le port de Rochefort, puis Port-des-Barques, où est stationnée la frégate L'Hermione, attendant d'appareiller vers les côtes américaines. Porteur d'informations secrètes destinées au général George Washington, chef des insurgents, désireux de se soustraire à la tutelle britannique - une mission confiée par le roi lui-même - il atteint pour la seconde fois de sa vie le territoire américain après trente-huit jours de traversée, accostant d'abord à Marblehead, dans le Massachusetts, puis à Boston[158].

Malgré un siècle globalement marqué par une certaine prospérité, la situation en Saintonge et Aunis tend à se dégrader à partir des années 1780, marquées par des disettes récurrentes dues aux caprices du climat. Touché par la crise du textile, l'artisanat périclite, contribuant au mécontentement d'une partie de la population. L'hiver 1788/1789, d'une rigueur exceptionnelle, détruit les semences et contribue à la cherté du pain[159]. Ce contexte économique difficile entraîne une première flambée de violence au printemps 1789 à l'encontre des meuniers ou des boulangers, que l'on soupçonne de cacher le blé afin de se livrer à la spéculation. Le 28 avril, des émeutiers mettent à sac les principales boulangeries de Rochefort[159].

Chantier de reconstruction de L'Hermione

Le roi Louis XVI convoque les États-Généraux afin de tenter de trouver des réponses à la crise qui touche l'ensemble du royaume. Dans les différentes paroisses de la région, on s'atèle à la rédaction des cahiers de doléances. Loin d'être des réquisitoires contre l'autorité royale - le roi reste généralement populaire dans ces régions rurales - ils dénoncent les nombreux abus de l'administration et appellent à une réforme en profondeur d'institutions politiques archaïques[160].

À l'issue de ce processus sont désignés les représentants des différents baillages aux États-Généraux qui s'ouvrent à Versailles le 5 mai 1789. Ceux-ci sont au nombre de quatre pour la ville et gouvernement de La Rochelle, de huit pour le bailliage de Saintes et de quatre pour celui de Saint-Jean-d'Angély (le nombre de représentants du Tiers-État est systématiquement le double de celui des autres ordres).

La Révolution

Article connexe : Révolution Française.

Le bon déroulement des États-Généraux ne tarde cependant pas à se heurter à la question du vote, dont personne n'a encore décidé s'il aurait lieu par ordre ou par tête. Après plusieurs semaines agitées est finalement mise sur pied l'assemblée constituante, chargée de rédiger une nouvelle constitution pour le royaume. Le 22 décembre 1789, les membres de cette assemblée promulguent un décret créant une nouvelle division administrative pour le royaume, le département. Ainsi voit le jour le nouveau département de l'Aunis et de la Saintonge, rebaptisé Charente-Inférieure par le décret du 26 février 1790[161]. Cette nouvelle entité territoriale doit son nom à sa situation, le cours inférieur du fleuve Charente constituant en quelque sorte son « épine dorsale ». Les anciennes juridictions sont abolies d'un trait de plume.

Carte de la Charente-Inférieure

De fait, de nombreux cahiers de doléances suggéraient une simplification de ces structures administratives particulièrement complexes. C'est ainsi que jusqu'en 1789, la majeure partie de l'Aunis et de la Saintonge était incorporée à la Généralité de La Rochelle, elle-même subdivisée en six élections et douze subdélégations. L'administration judiciaire était particulièrement déroutante : ainsi relevait-on, pour ce qui est de la justice ordinaire, deux sénéchaussées (Saint-Jean-d'Angély et Saintes) desquelles dépendaient parfois des bailliages secondaires. La région de Burie était quant à elle rattachée au bailliage de Cognac, dépendant de la sénéchaussée d'Angoumois. Quant à l'Aunis, il était incorporé au gouvernement de la ville de La Rochelle, duquel dépendait également le bailliage de Rochefort. À un niveau supérieur se trouvaient les parlements, à la compétence judiciaire très étendue. La Charente fixait la délimitation entre les juridictions du parlement de Paris (La Rochelle, Saint-Jean-d'Angély) et du parlement de Bordeaux (Saintes)[162]. De même le fleuve marquait-il la limite entre les pays de droit coutumier (au nord) et ceux de droit écrit. Enfin, il conviendrait également de prendre en compte les juridictions exceptionnelles - tribunal de la connétablie, de l'amirauté, de l'officialité, de la monnaie - et les justices seigneuriales héritées du moyen-âge.

La création du département est définitivement entérinée le 4 mars 1790. Cette nouvelle entité territoriale est cependant formée sans respect pour les anciennes limites provinciales. À l'Aunis - qui aurait souhaité former un département à part entière - est adjoint une partie de la Saintonge (province désormais divisée, Cognaçais et Barbezilien étant incorporés au département de la Charente), tandis que la région d'Aulnay est détachée de la province du Poitou. Ce nouvel ensemble est divisé en sept districts (Saintes, Saint-Jean-d'Angély, La Rochelle, Pons, Marennes, Rochefort et Montlieu) lesquels seront convertis par la suite en six arrondissements (Saintes, Saint-Jean-d'Angély, La Rochelle, Rochefort, Marennes, Jonzac)[161]. Le choix du chef-lieu départemental est malaisé, La Rochelle, Saintes et Saint-Jean-d'Angély se disputant cet honneur. Durant plusieurs mois, le département est ainsi doté d'une « préfecture tournante » avant que la ville de Saintes ne soit finalement choisie[161].

L'ordre nouveau est - dans l'ensemble - bien accepté, et c'est avec enthousiasme que l'on prêt le serment fédératif de fidélité « à la nation, à la loy et au roy » le 14 juillet 1790[163]. Ces festivités patriotiques cachent cependant un profond mécontentement dans certaines communes rurales, dû à l'incompréhension des paysans quant à la subsistance de certains droits féodaux, théoriquement abolis depuis le 4 août 1789. Ainsi, la réforme fiscale de 1789 fait-elle que le cens - appelé localement terrage ou encore agrier - peut être racheté par les paysans, qui n'en ont toutefois pas toujours les moyens. Au mois d'avril, le vicaire de Saint-Thomas-de-Conac Jacques Roux - futur chef de la faction des enragés - est à l'origine de premiers troubles agraires. Au mois de septembre, un début d'agitation voit également le jour à Migron. Les autorités du district de Saint-Jean-d'Angély finissent par envoyer deux commissaires le 10 octobre, auxquels la population ne fait pas le meilleur accueil[164]. La contestation a tôt fait de gagner les villages environnants, décidant les autorités à frapper un grand coup. Le 22 octobre, l'un des meneurs de la contestation, un dénommé La Planche, est arrêté à Varaize. Il n'en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres et déclencher un véritable soulèvement contre la maréchaussée qui, dans la panique, fait usage de ses armes[165]. À l'issue de ses événements, le maire de la commune Latierce, tenu responsable des événements, est égorgé[166].

La loi sur la constitution civile du clergé est bientôt un autre facteur de division, nombre d'ecclésiastiques, encouragés par les évêques de Saintes et de La Rochelle refusant de prêter serment à une constitution dont la rédaction n'était, par ailleurs, toujours pas achevée. Le 28 mars 1791, Isaac-Étienne Robinet est élu évêque constitutionnel de Saintes[166].

Le déclenchement de la guerre contre l'Autriche et la Prusse, la proclamation solennelle de « la patrie en danger » entraîne un accroissement des pressions sur les prêtres réfractaires, déjà visés par un décret, et que l'on accuse de manquer de patriotisme. Le roi est déposé le 10 août. Trois jours plus tard, l'évêque « réfractaire » de Saintes, Pierre-Louis de La Rochefoucauld, est arrêté et incarcéré à la prison des Carmes. Il y est victime des septembriseurs le 2 septembre 1792[166]. Une partie du clergé de Charente-Inférieure, menacé de déportation, choisit l'émigration en Espagne, au Portugal, parfois même en Angleterre[167]. Le 22 septembre, la toute nouvelle Convention nationale proclame officiellement la République.

La Terreur

Articles connexes : Terreur (Révolution française) et Pontons de Rochefort.
La place Colbert, à Rochefort, accueille la guillotine

L'exécution du roi (21 janvier 1793) marque le début de la radicalisation de la révolution, sous l'impulsion du parti de la Montagne, l'une des principales factions de la Convention avec la Gironde. L'épuration des Girondins ouvre la voie à la dictature de la Montagne, qui met en place le Comité de salut public et le Tribunal révolutionnaire. La Charente-Inférieure revêt dès lors une importance stratégique de par sa situation à proximité de la Vendée insurgée, mais aussi du fait de la chute de Toulon et de son arsenal : Rochefort devient dès lors le seul grand arsenal de la République.

Le tribunal révolutionnaire de Rochefort est créé le 3 novembre 1793 à l'initiative de Joseph Lequinio et de Joseph François Laignelot[168], représentants du peuple envoyés par la Convention. Formé de trois juges, d'un accusateur public, d'un substitut et de douze jurés[169], sa juridiction s'étend à l'ensemble du département. Cette institution opaque, entièrement soumise à la volonté de ses créateurs, ne tarde pas à se rendre odieuse, certains membre de la cour n'hésitant pas à recourir au tribunal pour assouvir des vengeances personnelles[168]. La guillotine est installée sur l'actuelle place Colbert.

Dans le même temps, l'on assiste à une brève mais violente campagne de déchristianisation, laquelle touche tout autant les prêtres réfractaires que les prêtres constitutionnels. Lequinio et Laignelot, tous deux athées convaincus, organisent des tournées dans les différentes communes du département au cours desquelles les prêtres sont « encouragés » à brûler publiquement leurs lettres de prêtrise. Les curés de Romegoux, de Trizay, d'Aumagne, comptent ainsi parmi ceux qui, comme le rapportent les actes de la municipalité de Rochefort, « reconnaissent l'erreur du culte mensonger qu'il ont prêché jusqu'à présent, et voulant entrer dans le sentier de la philosophie et de la saine doctrine, déclarent formellement renoncer au métier de prêtre (...)  »[170]. Quelques églises sont pillées, les autres transformées en « temples de la Raison », tandis que les noms de communes à consonance religieuse sont solennellement rebaptisés. Lequinio et Laignelot n'hésitent pas à donner de leur personne et à se livrer à de véritables prêches athées, se voyant en « apôtres de la Raison » ou en « pourfendeurs de la superstition »[171].

La croix de galets de l'île Madame est un mémorial rendant hommage aux prêtres morts sur les « pontons »

Le 25 janvier 1794, un arrêté du comité de salut public ordonne le rassemblement des prêtres réfractaires de l'ensemble du pays. Ceux-ci sont principalement dirigés vers le port de Rochefort, d'où l'on prévoit de les déporter en Guyane, territoire où « l'agriculture manque de bras »[172]. Cependant, le blocus des côtes par la marine britannique oblige à différer l'opération. D'abord incarcérés au couvent des Capucins où à la prison Saint-Maurice[173], le flot continu de prisonniers en attente de déportation oblige les autorités à trouver de nouvelles solutions. Au printemps de cette même année, on entasse finalement des centaines d'ecclésiastiques sur un ancien navire négrier préalablement démâté, les « Deux-Associés », rejoint quelques semaines plus tard par le « Washington » et l'« Indien »[174]. Les trois navires sont conduits au large de Rochefort, au large de « l'île Citoyenne » (île Madame), de l'île d'Aix et de Port-des-Barques, dans l'attente de nouvelles consignes[175].

Les conditions de détention sur ces « pontons », particulièrement dures, entraînent épidémies et surmortalité. Le déclenchement d'une épidémie de typhus particulièrement virulente pousse l'équipage à jeter les corps par dessus bord, mais la marée les entraîne jusqu'à Rochefort, faisant craindre pour la salubrité publique. Les plus malades sont alors débarqués sur l'île Citoyenne, où nombre d'entre-deux décèdent[176]. Il faut attendre le printemps 1795 pour qu'une partie des prisonniers soit libérés, les autres étant transférés à Brouage, Saint-Martin de Ré, au Château-d'Oléron puis à Saintes. Le Concordat de 1802 voit la libération des derniers prisonniers.

Dans les campagnes, la désorganisation de l'administration est propice au développement du brigandage. La région est ainsi marquée par la prolifération de bandes criminelles, dont les tristement célèbres « chauffeurs »[177].

Le XIXe siècle

Michel Regnaud de Saint-Jean d'Angély, conseiller impérial, ministre d'état, comte d'Empire, membre de l'Académie Française

Quelques années après le coup d'état de Napoléon Bonaparte, le département plébiscite l'établissement de l'Empire (23 244 voix pour, 25 contre). Le 2 décembre 1804, la majorité des cadres du département assiste à la cérémonie du sacre impérial. La délégation de Charente-Inférieure comprend ainsi le préfet du département Ferdinand Guillemardet, l'ensemble des sous-préfets (à l'exception de celui de Marennes), le commandant de la garde nationale Pierre-André Barbot de La Trésorière, le maire de La Rochelle Paul Garreau, les présidents des collèges électoraux d'arrondissement de Saintes, Rochefort et Saint-Jean d'Angély et plusieurs présidents de canton[178]. Certains anciens révolutionnaires reconvertis entament une carrière dans l'entourage de l'empereur, tel Michel Regnaud de Saint-Jean d'Angély qui devient conseiller et ministre d'état, puis comte d'Empire en 1808[179].

Cette même année, l'empereur entame une visite dans le département, passe quelques heures à Saintes (4 août), puis part inspecter les fortifications du littoral[180], dont il pressent la vulnérabilité. C'est ainsi que depuis 1804 ont débuté les travaux de consolidation du banc de sable de la « longe de Boyard » en vue d'y édifier un fort, projet qui ne peut aboutir du fait de la menace que font peser les navires britanniques croisant au large[181].

Cette menace se concrétise au soir du 11 avril 1809, lorsque une escadre de navires britanniques placée sous la direction des amiraux James Gambier et Thomas Cochrane lance une offensive contre deux divisions navales françaises rassemblées en rade de l'île d'Aix. L'utilisation de brûlots par les britanniques désorganise totalement la défense française : la bataille de l'île d'Aix s'achève ainsi par la perte de la quasi-totalité de la flotte, qu'elle ait été capturée par l'ennemi (L'Aquilon, la Ville-de-Varsovie), détruite (Le Calcutta) ou encore incendiée par son propre commandant (Le Tonnerre). Parmi les principaux protagonistes de cette bataille navale de plus de cinq heures, le commandant Lucas, à la tête du Régulus, s'illustre par une farouche résistance[182].

À cette mise en déroute de la flotte française répond la volonté accrue de l'empereur d'organiser une « ceinture de feu » pour protéger les côtes d'une nouvelle incursion ennemie. Le Fort de Fouras et le Fort de la Rade sont modernisés, tandis que l'île d'Aix voit s'élever le Fort Liédot et le Corps de Garde de Coudepont. Enfin, pour compléter ce dispositif défensif visant à protéger l'arsenal de Rochefort, on élève le Fort Énet sur un îlot rocheux au large de Fouras[183].

La maison de l'empereur, sur l'île d'Aix, actuel musée napoléonien

Le 1er juillet 1810, l'empereur choisit la ville de La Rochelle comme nouvelle préfecture.

En 1814, l'armée britannique, remontant d'Espagne, se rend maître de Bordeaux, puis déferle sur la Saintonge. La situation n'est pas moins critique sur mer : harcelé par la marine ennemie, le capitaine du navire Le Régulus - navire rescapé de l'attaque de 1809 - doit se résoudre à incendier le bâtiment au large de Meschers afin d'éviter de le voir tomber en des mains ennemies. La première abdication de l'empereur arrête la marche des anglais à Cozes[184].

Contraint à l'exil après l'effondrement total de l'Empire un an plus tard, Napoléon rejoint Fouras, d'où il embarque pour l'île d'Aix. Ayant choisi de se mettre sous la protection de ses anciens ennemis, il pense pouvoir rejoindre les États-Unis mais est finalement déporté sur l'île Sainte-Hélène[185].

La Restauration est vécue dans une relative indifférence par les habitants du département[186] en dépit du retour à la paix qui favorise un accroissement de la population, en particulier dans les communes rurales. L'administration ordonne la mise en œuvre d'une politique de grands travaux parmi lesquels l'assainissement des marais de Brouage. De fait, si ceux-ci ont longtemps été la principale source de revenus de la région, le manque d'entretien les a peu à peu transformés en zones insalubres où le paludisme fait des ravages. Ce chantier d'importance est confié au nouveau sous-préfet de Marennes Charles-Esprit Le Terme, lequel fait creuser plusieurs canaux, bâtir des écluses et des digues. En 1826, ce dernier peut rendre public son « Réglement général et notice sur les marais de l'arrondissement de Marennes »[187].

Les quatre sergents de La Rochelle peu avant leur exécution place de Grève à Paris

Les principales villes connaissent un renouveau de la vie culturelle marqué notamment par la création de la société philharmonique de La Rochelle (1815) suivie quelques années plus tard par la fondation de la société des sciences naturelles (1835) et la société de médecine (1850)[188], de même que la société de géographie de Rochefort et la société des archives historiques de Saintes[189]. En 1833, la promulgation de la loi Guizot entraîne la création de nombreuses écoles communales, contribuant à faire passer le taux d'illettrés de 53,7 % en 1832 à 2,4 % en 1901[190].

Si d'une manière générale l'agitation politique demeure relativement confidentielle, se limitant à quelques manifestations épisodiques, le complot des quatre sergents de La Rochelle (1822) prend une importance nationale[191], témoignant du développement croissant de sociétés secrètes - les carbonari - opposées à la politique du roi Louis XVIII.

L'avènement du roi Louis-Philippe Ier, à la suite des « Trois Glorieuses », n'a que peu de répercussions au niveau local. Le règne du nouveau souverain est néanmoins marqué par une crise économique qui frappe durement la région, culminant avec les émeutes frumentaires de 1839 à La Rochelle et à Marans. Cette même année, le comte Tanneguy Duchâtel - député de Charente-Inférieure depuis 1833 - est nommé au ministère de l'Intérieur, poste qu'il occupera jusqu'à la révolution de 1848.

Les évènements parisiens sont globalement assez bien acceptés dans le département. Le 4 juin 1848, Louis-Napoléon Bonaparte est élu député de la Charente-Inférieure[192]. Quelques mois plus tard, il devient président de la République, avant de se proclamer empereur des français à la suite du coup d'État du 2 décembre 1851. Les valeurs conservatrices prônées par le nouveau chef de l'État, l'attention particulière que ce dernier apporte au développement de l'agriculture assurent la popularité du régime. Ainsi, si d'un point de vue économique, le département reste en périphérie d'un développement industriel touchant avant tout les régions septentrionales, céréaliculture et surtout viticulture connaissent un véritable essor. De fait, le Second Empire peut être vu comme l'âge d'or de la production d'eau-de-vie de Cognac, entraînant la formation d'une opulente « bourgeoisie du bouchon »[193]. L'exportation du Cognac vers les îles britanniques est facilitée par la signature d'un traité commercial en 1860, entraînant l'accroissement du vignoble départemental, lequel passe de 111 000 hectares en 1839 à 164 651 hectares en 1876[194].

Prosper de Chasseloup-Laubat, député de l'arrondissement de Marennes, ministre de la marine et des colonies

Dans le même temps, le département entre dans la « Révolution des transports » par le développement du chemin de fer, dont la première ligne (Rochefort-La Rochelle-Poitiers) est inaugurée en 1857[195]. Une décennie plus tard, la voie ferrée reliant Rochefort à Angoulême via Saintes est mise en service. La Compagnie des Charentes est créée en 1867 et installe son siège et de vastes ateliers ferroviaires à Saintes qui devient rapidement le centre d'une étoile ferroviaire en Charente-Inférieure[196].

Le 24 novembre 1860, Prosper de Chasseloup-Laubat, député du 5ème collège de Charente-Inférieure (Marennes) devient ministre de la Marine et des Colonies, puis président du Conseil d'État[197].

Bien que l'on relève l'élection d'un premier (et unique) député républicain en 1865[198], le département reste longtemps acquis à la cause bonapartiste, même une fois la déchéance de l'empereur prononcée[199]. En 1876, les élections sénatoriales sont remportées par le parti bonapartiste[198]. La Charente-Inférieure est alors l'un des trois principaux départements bonapartistes de France, lui valant le surnom de « Corse intérieure »[198].

L'année 1872 voit l'apparition d'un parasite appelé à causer de grands ravages dans la région : le phylloxéra. Celui-ci ne tarde pas à décimer l'ensemble du vignoble charentais, d'abord celui de la Saintonge en 1875, puis celui de l'Aunis l'année suivante, entraînant la ruine de nombreux viticulteurs. De 7 millions d'hectolitres en 1872, on n'en relève plus que 70 000 en 1880[200]. Si, à la fin du siècle, le vignoble est peu à peu reconstitué en Saintonge, l'Aunis s'en détourne définitivement, orientant son économie agricole vers l'élevage laitier et la fabrication de produits laitiers, en particulier le beurre. Les premières laiteries coopératives voient le jour en Aunis à la fin de la décennie 1880-1890, puis se multiplient rapidement dans tous les départements du Centre-Ouest de la France dès la décennie suivante[201].

Sur le littoral, la mode des bains de mer et de l'hydrothérapie transforme de petits centres en véritable stations balnéaires (Fouras, Châtelaillon suivant l'exemple donné par Royan). L'arrivée du chemin de fer à Royan en 1875 ne tarde pas à conforter la ville et ses stations satellites (Pontaillac, Saint-Georges-de-Didonne, Le Bureau-les-Bains) dans sa position de « station du Tout-Bordeaux »[202]. Lorsque l'éditeur parisien Georges Charpentier décide d'acquérir une villa à Royan en 1885[203], de nombreuses personnalités du monde des arts choisissent de lui emboîter le pas. La ville accueille ainsi des grands noms de la littérature (Émile Zola, Alphonse Daudet) ou de la musique (Camille Saint-Saëns, Jules Massenet[204]). Pour la haute société qui s'étourdit en fêtes et en mondanités, ces années sont celles d'une « Belle Époque » appelée à s'achever avec le déclenchement de la première guerre mondiale.

La rivalité entre les différentes stations conduit à toujours plus d'aménagements : casinos, salles de bals, villas balnéaires, immeubles et hôtels modernes fleurissent un peu partout. Le vaste casino de Châtelaillon est construit en 1893[205] : malgré ses dimensions, il est supplanté trois ans plus tard par le nouveau casino de Royan, qui est alors et jusqu'à sa destruction en 1945 le plus important de France[206]. Sur l'île d'Oléron, le village de Saint-Trojan (devenu officiellement Saint-Trojan-les-Bains en 1898) mise sur les vertus curatives que l'on prête à l'air marin (en particulier dans le traitement de maladies respiratoires comme la tuberculose). En 1896, le président de la République Félix Faure inaugure en personne le « preventorium », un établissement médical de pointe spécialisé dans le traitement de ces pathologies[207].

Le 18 janvier 1895, à La Rochelle, une foule hostile accueille sous les huées un homme qui déchaîne les passions et divise le pays. Alfred Dreyfus est transféré au pénitentier de Saint-Martin-de-Ré où il reste incarcéré jusqu'au 21 février 1895, date de sa déportation vers les îles du Salut[208].

Époque contemporaine

Émile Combes, sénateur-maire de Pons, président du Conseil de 1902 à 1905

Si le début du XXe siècle est sur le littoral une période d'opulence, la situation apparaît comme plus contrastée dans nombre de villages de l'intérieur du département, parfois encore dépourvus de tout confort moderne, et qui conservent généralement une vocation agricole.

Au point de vue politique, les élections de 1898 et de 1902 consacrent la victoire des radicaux. Le 3 juin 1902, le sénateur-maire de Pons Émile Combes succède à un Pierre Waldeck-Rousseau affaibli par la maladie au poste de président du Conseil[209].

Farouchement républicain et anticlérical militant, il dépose à la chambre des députés un projet de loi visant à l'abrogation du Concordat, mène une guerre d'usure contre les congrégations religieuses auxquelles il conteste le droit d'enseigner et prépare la loi de séparation des Églises et de l'État, laquelle est finalement promulgée par son successeur Maurice Rouvier le 5 décembre 1905.

Contre toute attente et au contraire d'autres départements, la Charente-Inférieure ne réagit pas plus aux mesures anti-congréganistes qu'à l'inventaire des biens de l'église[210], sinon dans de très rares cas (protestations contre la fermeture de l'école religieuse de Saint-Seurin-d'Uzet et troubles limités à Montendre[211]).

Cette période voit également l'inauguration en grande pompe d'un réseau de chemin de fer sur l'île d'Oléron (lequel n'est plus en activité de nos jours). La cérémonie a lieu le dimanche 24 avril 1904, en présence du président du Conseil Émile Combes[212].

Quelques années plus tard, le 14 août 1910, l'une des plus importantes catastrophes ferroviaires de l'histoire du département se produit en gare de Saujon. Un train de voyageurs assurant la liaison Bordeaux-Royan percute de plein fouet un train de marchandise malencontreusement stationné à l'intersection de deux voies. Le bilan est particulièrement lourd, 38 morts et 80 blessés étant à déplorer[213].

La première guerre mondiale

Le 1er août 1914, aux alentours de 16 heures, les cloches des églises sonnent le tocsin dans l'ensemble des communes du département. Aux habitants rassemblés, les maires lisent le décret de mobilisation générale à compter du lendemain : « Par décret du président de la République, la mobilisation des armées de terre et de mer est ordonnée, ainsi que la réquisition des animaux, véhicules et harnais nécessaires au complément de ces armées (...) ». Comme dans l'ensemble du pays, si l'on se veut généralement optimiste, l'on est pas moins choqué et stupéfait de l'imminence d'un conflit auquel on espérait échapper.

Des manifestations patriotiques, des défilés et des fanfares précèdent le départ de ceux que l'on appelle sous les drapeaux. Ces soldats improvisés sont envoyés dans le nord-est du pays où, dès le mois de septembre, les allemands ont pris l'avantage avant d'être stoppés par la première bataille de la Marne, prélude à une terrible guerre d'usure dans les tranchées où nombre d'appelés connaissent un destin tragique[214].

Monument aux morts de Chaillevette

En Charente-Inférieure comme dans l'ensemble des départements français, les usines sont reconverties vers l'effort de guerre. Les hommes jeunes étant partis combattre, l'on fait appel dans un premier temps aux retraités, aux réformés, aux blessés de guerre rentrés du front et surtout aux femmes pour assurer la production. Dans un second temps, les prisonniers de guerre sont également mis à contribution, tandis que l'on fait de plus en plus appel à la main d'œuvre coloniale et étrangère.

Lors de l'entrée en guerre des États-Unis en 1917, des infrastructures nouvelles sont mises en place ou projetées : à Saint-Trojan-les-Bains, l'on édifie une base d'aviation navale comprenant des cales de mise à l'eau, des hangars à hydravions (pouvant contenir jusqu'à 24 appareils) et des baraquements. Si les premiers contingents américains prennent leurs quartiers le 9 novembre 1917, les travaux ne s'achèvent que durant l'été 1918[215]. À La Rochelle, le port de La Pallice est utilisé par les forces américaines pour acheminer armes et matériel militaire, lequel arrive en pièces détachées et est remonté dans des ateliers installés dans la nouvelle gare de la ville[216]. Enfin, en juillet 1917, le site de Talmont est choisi pour abriter un grand port en eau profonde destiné au transbordement de troupes et de matériel militaire. Les travaux ne tardent pas à démarrer sous la direction de 6000 hommes du génie militaire américain appuyés de 1500 prisonniers de guerre : des pans entiers de falaises sont dynamités, une voie ferrée est construite[217]. L'armistice du 11 novembre 1918 met néanmoins un terme aux travaux avant que ceux-ci ne soient achevés.

Le 25 octobre 1919, une loi accorde des subventions aux municipalités afin qu'elles puissent ériger des monuments aux morts honorant les combattants tués lors du conflit.

L'entre-deux-guerres

Au lendemain du conflit, le département apparaît comme fragilisé, tant d'un point de vue économique que démographique. Alors que l'on relevait encore 451 044 habitants en 1911, l'on n'en compte plus que 418 310 en 1921. Aux traumatismes physiques de ceux qui rentrent du front (mutilés de guerre, victimes des gazs notamment), il convient encore d'ajouter les nombreux traumatismes psychologiques. Une commune comme Coux (canton de Montendre) illustre tragiquement les pertes dues au premier conflit mondial : sur une population avoisinant les 570 habitants en 1914, on ne recense pas moins de 27 victimes[218].

Ces coupes claires dans les tranches d'âges les plus jeunes et les plus dynamiques, véritable hémorragie humaine, accentue encore le phénomène de vieillissement de la population amorcé bien avant le conflit. D'autres malheurs viennent s'ajouter à une situation déjà critique, parmi lesquels l'épizootie qui touche les bassins ostréicoles en 1920, décimant la plupart des naissains d'huîtres plates[219].

Après l'échec des politiques économiques du Bloc national (1919-1924) puis du Cartel des gauches (1924-1926) le président Gaston Doumergue demande à Raymond Poincaré de former un gouvernement d'union nationale (22 juillet 1926). Désireux de redresser une économie moribonde, il réforme une organisation territoriale jugée trop coûteuse : dans le département, les arrondissements de Saint-Jean-d'Angély et de Marennes sont supprimés, portant un rude coup au développement de ces agglomérations. L'armée n'échappe pas aux restrictions budgétaires : en 1927, la marine doit se résoudre à se séparer de l'un de ses fleurons, l'arsenal de Rochefort[220].

La porte du soleil, principal accès à l'ancien arsenal maritime de Rochefort

La politique menée par Raymond Poincaré porte ses fruits rapidement : en 1926, le budget est déjà équilibré ; en 1927, il est en excédent[221]. L'économie locale reprend une certaine vigueur, notamment le commerce maritime (construction du môle d'escale du port de La Pallice, destiné à l'accueil des navires de fort tonnage à partir de 1930[222]), tandis que les ateliers et dépôts de chemins de fer de Saintes vivent leurs plus belles heures. Sur le littoral, les stations balnéaires ont retrouvé de leur éclat et sont de nouveau fréquentées par les célébrités du temps : Royan est ainsi le lieu de villégiature du couple Sacha Guitry - Yvonne Printemps ou du photographe Jacques-Henri Lartigue[223]. En 1930, cette ville est choisie par le cinéaste Émile Couzinet pour abriter des studios de cinéma, les « Studios Royan-Côte de Beauté[224] ». L'émergence de la crise économique (débutée en 1929, elle atteint la France en 1931) met un certain frein à cette période de frivolité baptisée par certains les « années folles ».

D'un point de vue artistique, la période de l'entre-deux-guerres est marquée par la création de « l'école rochelaise » qui regroupe des peintres comme Gabriel Charlopeau ou Pierre Langlade[225].

Politiquement, le département reste acquis aux radicaux-socialistes (42 % aux élections de 1936) tandis que la SFIO passe de 9 % aux élections de 1928 à 24 % en 1936[226]. À l'exemple de ce qui a lieu dans nombre de villes industrielles françaises, de grandes grèves succèdent à la victoire du Front populaire (création du cabinet dirigé par Léon Blum le 4 juin 1936). Des occupations d'usine ont ainsi lieu à Rochefort, Saintes, La Rochelle ou Tonnay-Charente[226].

La seconde guerre mondiale
Monument aux déplacés de Schweyen à Saint-Sorlin-de-Conac. Cette stèle symbolise les interrogations des réfugiés quant à leur destination finale et leur éventuel retour dans leurs foyers

L'imminence d'un conflit avec l'Allemagne nazie semblant inéluctable, l'état-major français prévoit dès 1937 un plan d'évacuation des populations d'Alsace-Lorraine situées dans la « zone rouge » entre la ligne Maginot et la frontière allemande. Le 1er septembre 1939, alors que la radio annonce officiellement l'invasion de la Pologne, les habitants sont contraints de laisser leurs maisons et dirigés vers une destination qui leur est encore inconnue. Certains d'entre-eux sont accueillis en Charente-Inférieure, tels les habitants du village de Schweyen, dispersés entre les communes de Soubran, de Saint-Georges-des-Agoûts et de Saint-Sorlin-de-Conac, dans le canton de Mirambeau. Les premiers déplacés arrivent le 18 septembre au matin : ils ne seront appelés à retrouver leurs foyers que plusieurs mois plus tard, après la défaite des armées françaises[227].

Après une période d'un calme relatif marquée seulement par quelques incidents frontaliers (la « drôle de guerre ») les troupes allemandes submergent le pays en quelques semaines. Le 13 juin 1940, le gouvernement se replie en toute hâte sur Bordeaux. Anticipant de quelques heures l'appel du général de Gaulle, cinq officiers de l'école de pilotage de Melun repliés à Médis s'envolent vers l'Angleterre le 17 juin 1940 afin de rejoindre les Forces françaises libres[228].

Une convention d'armistice est signée le 22 juin. Le lendemain, les premières troupes allemandes investissent le département. Empruntant la route de Niort, la 44e division de la Wehrmacht se scinde en deux détachements : l'un se dirige vers La Rochelle, l'autre fait route vers Rochefort, Saintes et Royan. Le 24 juin, l'occupant prend possession de Saint-Jean-d'Angély, tandis que les localités les plus isolées sont investies dans les jours suivants. Le 29 juin, la prise des îles d'Oléron et de achève la mainmise des allemands sur le département[229].

Les prisonniers de guerre français sont parqués dans des camps provisoires (Mazeray, La Jarne, Saintes[230]) avant d'être regroupés au camp de Surgères, rapidement surpeuplé. Les hommes du IIIe régiment d'infanterie coloniale de Rochefort sont incarcérés à l'école des mécaniciens de l’armée de l’Air en attendant leur démobilisation.

La construction de la Base sous-marine de La Rochelle (1941)

Intégrée à la zone occupée, la Charente-Inférieure est administrée par les autorités militaires allemandes. Celles-ci installent une Feldkommandantur (préfecture militaire) à La Rochelle, tandis que Saintes, Jonzac et Royan accueillent chacune une Kreiskommandantur (kommandantur d'arrondissement) desquelles dépendent un service de surveillance chargé de lutter contre les actes de malveillance à l'encontre des occupants (Geheime Feldpolizei) et un service de maintien de l'ordre (Feldgendarmerie)[229]. Le 2 août 1940, le général de brigade Pierre Maratuech est nommé à la tête de la Garde civile du département (police auxiliaire dépendant du gouvernement de Vichy)[229].

Des terrains d'aviation dépendant de la Nationalsozialistisches Fliegerkorps (Laleu, Saint-Jean-d'Angély, Corme-Écluse, Bussac-Forêt) sont chargés de missions de défense aérienne. À la fin de l'année 1940, la côte atlantique est divisée en trois Seekommandantenbereiche (secteurs de défense maritime, en abrégé Seeko). Les côtes charentaises sont intégrées au Seeko-Loire[229]. Quelques mois plus tard, la kriegsmarine décide de la construction d'une grande base de sous-marins dans le bassin à flots du port de La Pallice. Les plans en sont confiés à Albert Speer, la construction étant l'œuvre de l'organisation Todt. Enfin, un important dépôt de munitions - le second de France en terme d'importance - est aménagé dans les carrières d'Heurtebise, près de Jonzac.

Comme dans toute la France, les habitants du département sont confrontés aux brimades, aux pénuries, au rationnement et aux privations de toute nature. Les premiers actes de résistance ne tardent pas à survenir : en juillet et août 1940, plusieurs câbles téléphoniques allemands sont sabotés[231]. Désireux de faire un exemple, les occupants condamnent à mort un jeune homme de 19 ans, Pierre Roche, lequel est fusillé à La Rochelle le 7 septembre[232]. Les premiers maquis sont tout aussi rapidement démantelés : ainsi du groupe Fillol (fondé par l'ancien commandant Pierre-Georges Fillol, démantelé en juillet 1941), du groupe Tatave (fondé par Émile Billon et Gustave Bourreau, démantelé en novembre de la même année)[232] ou du groupe Germain (fondé par Roger Bolleau, lequel est arrêté et exécuté comme otage au fort de Romainville le 21 septembre 1942).

Soldats de la Wehrmacht défilant sur la plage de la Grande-Conche à Royan

Le 4 septembre 1941, une loi autorise le département de Charente-Inférieure à changer de dénomination au profit de celle de Charente-Maritime. Cette nouvelle appellation fait suite à la fronde menée par plusieurs maires du département depuis 1939, ceux-ci estimant peu flatteur le qualificatif d'« inférieur ». Ainsi, dans un article publié le 4 février 1939, le maire de Royan Paul Métadier argumentait que « Dans ces deux départements, les Charentes, s'il y en a un qui est inférieur, l'autre doit bien être supérieur, ce que nous n'admettons pas[233] ».

Sur le terrain, la répression s'intensifie. Afin de combattre plus efficacement les maquis, les hommes de la Sipo-SD viennent rejoindre les effectifs déjà en place. Un Kommando der Sipo-SD (KDS) est implanté à Poitiers, dont dépend une Aussenstellen (antenne) basée à La Rochelle[229]. Comme dans le reste du pays, Juifs et Tsiganes sont victimes de rafles : incarcérés notamment à la prison militaire de Lafond, à celle de Royan ou à la maison d'arrêt de Saintes, ils sont ensuite envoyés à Drancy, puis dans les camps d'extermination d'Allemagne ou d'Europe de l'est. Les résistants et les communistes ne sont pas plus épargnés : nombre d'entre eux sont torturés par la Gestapo ou par la Milice dans les geôles de la caserne Henriot ou de la prison Lafond (La Rochelle), à la caserne Brémond d'Ars (Saintes) ou à la prison Saint-Maurice (Rochefort)[230].

Dans le courant de l'année 1942, les allemands débutent la construction du mur de l'Atlantique, un ensemble de fortifications censé contenir les assauts alliés en cas de débarquement. L'organisation Todt est chargée de la construction de cet ensemble défensif composé de blockhaus, de champs de mines et de fossés antichars. Les côtes du département sont placées dans l'Oberbauleitung (secteur de construction) « Paula »[229]. Plus de 10 000 ouvriers sont affectés à la construction du mur dans le département, dont des jeunes réquisitionnés par le STO.

Plusieurs « verrous » complètent les fortifications établies : la forteresse de La Rochelle, celles de l'île d'Oléron et de l'île de Ré, plus encore Royan (Gironde Mündung Nord) et Le Verdon-sur-Mer (Gironde Mündung Süd) qui protègent l'estuaire de la Gironde et le port de Bordeaux d'éventuelles incursions ennemies.

Monuments aux martyrs de la résistance et de la déportation à Royan

Dans le même temps, les maquis se renforcent et se réorganisent. Les principaux mouvements de résistance nationaux ont depuis longtemps constitué des réseaux dans le département, notamment Libé-Nord ou l'OCM, dont l'un des représentants locaux est Jean Garnier, dit « Labrousse ». À cette dernière est affilié le groupe Honneur et Patrie de Léopold Robinet et le réseau Centurie du commandant Lisiack[229]. Cependant, entre le 9 octobre et le 11 novembre 1943, une grande rafle menée conjointement par la services de répression allemands et leurs affidés français conduit au démantèlement de ces réseaux. Sur les 80 membres de l'OCM qui comparaissent à Bordeaux, 21 sont condamnés à mort et 38 sont déportés à Dachau, au Struthof ou à Mauthausen[234].

La résistance départementale se réorganise immédiatement et le commandant Gaston Thibaudeau dit « Marché » devient chef départemental de la Résistance française en remplacement du général Bruncher[235]. Bien décidés à en finir avec les « terroristes », les allemands lancent une nouvelle vague de répression dans le courant du mois de janvier 1944. Plusieurs cadres de la résistance sont arrêtés et torturés. Relâché, le chef de la zone nord Georges Texier est néanmoins abattu par la Gestapo le 20 janvier[236].

Le 6 juin 1944, les évènements s'accélèrent, et le débarquement des alliés en Normandie laisse espérer une défaite rapide du Reich. Les actes de sabotages contre les occupants se multiplient et culminent avec l'attentat contre l'important dépôt de munition (le second de France en terme d'importance) des carrières d'Heurtebise le 30 juin. Cette action menée par un jeune homme de 19 ans, Pierre Ruibet - lequel périt dans l'explosion - porte un coup important à l'organisation militaire allemande au moment où s'intensifie la campagne de reconquête de la France par les alliés[237].

En tant que lieutenant de l'US Air Force, Howard Zinn participe aux bombardements de la poche de Royan en 1945

D'importants bombardements touchent le site stratégique de la gare et des ateliers de réparation ferroviaires de Saintes dès le 24 juin, causant plusieurs centaines de morts et la destruction d'une partie du quartier adjacent[238]. Secondés par les principaux groupes armés de la Résistance (Brigade RAC, bataillon Violette, Francs-Tireurs et Partisans, Maquis Bir-Hakeim), les alliés poursuivent leur avance inexorable à travers la France. Le 13 août, alors que les blindés alliés sont aux portes de Paris, la ville de Jonzac est la première ville d'importance à être libérée. Puis vient le tour de Saintes (4 septembre), de Rochefort (12 septembre) et de Saint-Jean-d'Angély le lendemain[229]. Le 18 septembre, le général de Gaulle arrive à Saintes, qui abrite de nouveau la préfecture. Alors que des pourparlers officieux ont lieu entre le capitaine de corvette Hubert Meyer et l'amiral Ernst Schirlitz quant à l'avenir de la place de La Rochelle, le général de Gaulle indique clairement les limites à ne pas dépasser : « Les pourparlers ne devront jamais revêtir le caractère d'une négociation [239]».

Tandis qu'une large partie de la Charente-Maritime a recouvré la liberté à l'automne, les allemands refusent d'entendre parler de reddition et restent enfermés dans leurs forteresses, les « poches » de Royan (qui intègre en fait la totalité de la presqu'île d'Arvert jusqu'à Talmont) et de La Rochelle. Le 14 octobre 1944, le général de Gaulle nomme le général de corps d'armée Edgard de Larminat commandant du détachement d'armée de l'Atlantique (DAA) dont la mission est de réduire les poches de résistance ennemies.

Le cimetière national français de Rétaud accueille les sépultures de nombreux FFI tombés durant les combats de la Libération.

Une offensive visant à libérer l'île d'Oléron est envisagée dès l'automne, mais apparaît comme prématurée au regard de la puissance des fortifications en place (ensemble de 29 blockaus et de 42 positions fortifiées, 30 000 mines, garnison de 2000 hommes sous les ordres du capitaine de corvette Schaeffer[240]). Une offensive prévue sur la poche de Royan (opération indépendance), prévue pour le 25 novembre, est également repoussée au 10 janvier en raison de la contre-offensive allemande dans les Ardennes, laquelle implique le départ d'une partie des effectifs de la 2e DB. Pourtant, à Royan, les évènements vont prendre une toute autre tournure au matin du 5 janvier 1945. Pour une raison qui demeure toujours inexpliquée - l'hypothèse d'une erreur d'interprétation des cartes par les états-majors britanniques et américains semble être la plus probable[241] - la ville de Royan subit deux vagues de bombardements massifs par les appareils de la RAF entre 4 heures et 6 heures du matin. Au lever du jour, la ville n'est plus qu'un champ de ruines : si la quasi-totalité des édifices civils ont été détruits, les infrastructures militaires apparaissent comme presque toutes intactes[242]. 442 Royannais et 35 Allemands ont trouvé la mort dans un raid parfaitement inutile d'un point de vue stratégique. Quelques semaines plus tard, les derniers civils sont expulsés par les Allemands[241].

Alors que la chute du Reich apparaît comme imminente, les Allemands tiennent bon et refusent toujours toute reddition. À La Rochelle, l'amiral Schirlitz, prudent, a fait poser des mines dans le port, bien décidé à ne pas céder la ville en cas d'attaque.

Dans le courant du mois de mars, une armée se concentre à l'extérieur de la poche de Royan (une partie de la 2e DB ainsi que les bataillons coloniaux Oubangui-Chari et Antilles). Après une série de bombardements d'une grande violence (durant laquelle sont largués plusieurs centaines de milliers de litre de napalm) et une préparation d'artillerie au matin du 14 avril, l'opération Vénérable est lancée. L'armée alliée est divisée en deux groupes (groupement nord commandé par le colonel Granger, groupement sud sous l'autorité du colonel Adeline[243]). Le 17 avril, l'amiral Michaelles, commandant militaire allemand de Royan, se rend sans conditions.

Le cimetière militaire allemand de Berneuil, géré par le Service d´entretien des sépultures militaires allemandes, abrite les tombes de 8295 soldats allemands tombés lors de la seconde guerre mondiale, dont 353 restent non-identifiés

Le 30 avril marque le début de l'opération Jupiter visant à libérer l'île d'Oléron. Après une préparation d'artillerie, un détachement comprenant les 50e et 158e régiments d'infanterie, des troupes de fusiliers marins et des forces françaises libres débarquent à la pointe de Gatseau, à Saint-Trojan-les-Bains[240]. Le colonel Durand reçoit la reddition allemande le jour même, à 18 heures. Dans le nord de l'île, les dernières poches de résistance se rendent vers 22 heures. Ce même jour, la radio allemande annonce la mort du Führer.

De nouvelles négociations sont menées entre le capitaine Meyer et l'amiral Schirlitz, mais celles-ci n'aboutissent pas. Le 7 mai 1945, le commandant allemand donne l'ordre de dynamiter le port de La Rochelle[244]. Cet ordre n'est néanmoins pas suivi d'effet : son subordonné, le capitaine de corvette Erwin De Terra a en effet pris l'initiative de couper les cordons de mise à feu[245]. Le 8 mai, à minuit, tandis que la seconde guerre mondiale a officiellement pris fin, l'amiral Schirlitz accepte de capituler. Le 9 mai à 8 heures, l'acte de capitulation est officiellement signé[245] : La Rochelle devient ainsi la dernière ville de France à être libérée.

À la fin de la guerre, les FFI comptent 2716 membres[246]. Au terme de ces cinq années d'occupation, l'on dénombre pas moins de 1120 déportés, 700 internés et 271 fusillés[229].

En 1967, dans un esprit de réconciliation, la commune de Berneuil inaugure un grand cimetière militaire allemand dont l'entretien est confié à la république fédérale d'Allemagne. 8295 soldats allemands tombés dans plusieurs départements du centre et du sud-ouest de la France ont été inhumés dans cette nécropole[247].

L'après-guerre
Le front de mer de Royan, œuvre caractéristique de l'architecture moderniste royannaise

Les années de l'immédiat après-guerre sont marquées par la persistance de pénuries dans de nombreux domaines, l'économie nationale ayant été considérablement affectée par l'occupation allemande ainsi que par les combats de la Libération. Dans les zones sinistrées (quartier Saint-Pallais à Saintes, quartiers de La Pallice et de Mireuil à La Rochelle, ville de Laleu et surtout Royan et sa proche agglomération, pour ne citer que les principales) les victimes des bombardements sont relogés dans des abris de fortune[248]. L'une des premières mesures du nouveau gouvernement français est d'élaborer un « code de l'urbanisme et de l'habitation » devant fixer les bases de la reconstruction. Détruite à près de 85 % par endroits, la ville de Royan est choisie pour être l'une des six villes de France devant servir de « laboratoire de recherche sur l'urbanisme »[248]. Sous la supervision de l'urbaniste Claude Ferret qui redessine complètement son schéma directeur, Royan se relève de ses ruines dans le courant des années 1950. De monumentales infrastructures avant-gardistes (influencées par divers courants architecturaux allant du rigorisme académique d'avant-guerre au courant tropical brésilien) caractérisent la ville nouvelle et son architecture moderniste.

À La Rochelle, Le Corbusier est choisi comme architecte en chef de la reconstruction, mais ne parvient pas à faire adopter ses conceptions en matière d'urbanisme. Ce sont donc des architectes au style plus académique (Louis Simon, Pierre Grizet, André Gomis) qui vont se charger de dessiner les premiers ensembles de Mireuil, de Laleu ou de Villeneuve-les-Salines[249]. Saintes, très éprouvée par le bombardement de ses ateliers ferroviaires et de l'ensemble du quartier adjacent, voit quant à elle la création le 3 mars 1950 de la société coopérative des « Castors saintais » qui est l'une des premières expériences de construction de logements basée sur l'entraide (chacun participant à la construction de l'ensemble du lotissement, et se voyant attribué un logement en retour)[250].

Le quartier des Boiffiers, à Saintes, fut construit dans les années 1970 pour répondre à la croissance de la population

À partir de 1962, le rapatriement des français d'Afrique du nord conjugué à la croissance naturelle de la population entraîne une politique accrue en matière de logements. Des tours et des barres d'habitation s'élèvent à la périphérie des principales villes et permettent à de nombreuses familles de vivre dans des conditions décentes[250]. Une nouvelle vague de construction voit le jour dans le courant des années 1970 avant que la crise économique des années 1980 ne mette un frein à cette politique.

Le tourisme connaît dès le début des années 1950 un renouveau spectaculaire. Sur l'île d'Oléron, deux hameaux (La Brée-les-Bains et Le Grand-Village-Plage) s'émancipent et sont érigés en commune entre 1951 et 1953. En 1967, la création du zoo de La Palmyre entraîne une urbanisation rapide des lieux et le développement d'une véritable station balnéaire (La Palmyre). En parallèle, nombre de communes rurales voient le nombre de leurs habitants diminuer et sont forcées de fusionner avec une ou plusieurs communes voisines : ainsi de Montendre (absorbe les communes de Chardes et de Vallet en 1972[251]), de Saint-Savinien (absorbe les communes d'Agonnay et de Coulonge-sur-Charente en 1972 et 1973[252]), d'Aulnay (absorbe Salles-lès-Aulnay en 1972[253]) ou de Chenac-sur-Gironde et de Saint-Seurin-d'Uzet qui se regroupent en une seule entité (Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet) en 1965[254].

Le département est marqué par la création en 1993 de l'université de La Rochelle, laquelle intègre enseignement général (langues, sciences humaines, économie, droit) et pôles de recherche (laboratoire de génie protéique et cellulaire, institut du littoral, laboratoire de maîtrise des technologies agro-industrielles, institut du monde asiatique)[255]. Cet établissement d'enseignement supérieur vient rejoindre les infrastructures déjà existantes, dont le centre audiovisuel de Royan pour l'étude des langues, créé en 1966[256].

Le 27 décembre 1999, le département est frappé par « la tempête du siècle », baptisée Martin par les services météorologiques. Des vents atteignant les 197 kilomètres/heure sont relevés à Saint-Denis-d'Oléron. Les valeurs ne sont pas moins extrêmes sur le continent : 194 kilomètres/heure sont relevés à Royan, 151 kilomètres/heure à La Rochelle. Le bilan de cet ouragan est particulièrement élevé, tant d'un point de vue humain (13 morts) qu'économique[257]. Dix ans plus tard, en 2009, la tempête Klaus provoque quelques dégâts matériels dans le sud du département.

De nos jours, la Charente-Maritime est le département le plus peuplé du Poitou-Charentes (600 000 habitants) et celui qui a la plus forte croissance démographique.

Son économie repose essentiellement sur le tourisme, sur les industries électroniques (Saintes), sur les industries de construction navales, ferroviaires et aéronautiques (La Rochelle, Rochefort, Tonnay-Charente), sur les activités portuaires (import/export du bois via le grand port maritime de La Rochelle, tourisme nautique et accueil de paquebots de croisière, pêche via les port de pêche de Chef de Baie et de La Cotinière) ainsi que sur les industries agro-alimentaires[258].

Bibliographie

Sur l'Antiquité en Charente-Maritime 
  • L. Delayant, Histoire du département de la Charente-Inférieure, H. Petit, libraire-éditeur, La Rochelle, 1872.
  • F. Julien-Labruyère, À la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980.
  • F. de Vaux de Foletier, Histoire d'Aunis et de Saintonge, Princi Néguer, 2000.

Notes et références

  1. « Le site de Pons, reconnu par L. Lassarade, était peut-être l'oppidum des Santons de l'indépendance », J. GLENISSON, Aunis, Saintonge, Christine Bonneton Éditeur, 1987, p.16. Ceci fait d'ailleurs de Pons la plus vieille ville de Charente-Maritime.
  2. Fouilles archéologiques à Pons
  3. F. JULIEN-LABRUYERE, À la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p. 98 à 106
  4. P. GRIMAL, L'Empire romain, éditions du Fallois, 1993, p. 29 et 30
  5. « Lorsque la politique d'Auguste, rompant les vieilles associations gauloises, donna au pays une nouvelle division, les Santons passèrent de la Celtique dans l'Aquitaine », extrait du livre de L. Delayant, Histoire du département de la Charente-Inférieure, H. Petit, libraire-éditeur, La Rochelle, 1872, p.34
  6. À Aumagne, cette « pile » romaine était appelée « fanal de Varaize » et était édifiée en bordure de l'antique voie romaine Lemonum-Mediolanum. Elle fut démolie en 1840. [Source : M. de la Torre, Charente-Maritime, l’art et la nature de ses 472 communes, éditions Nathan, 1985
  7. Voir J. Combes, Guide des départements - La Charente-Maritime, éditions du Terroir, Tours, 1985, p.28
  8. « Si on fait le tour de toutes ces activités et si on les compare à celles de Médiolanum, il est certain que Portus Santonum était la seconde ville de Santonie et pouvait compter jusqu'à 5 000 habitants avec ses différents quartiers de Talmont, du Caillaud, du Fâ mais aussi de Barzan et des Monards », texte cité dans F. Julien-Labruyere, A la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p. 140<
  9. Portus Santonum a longtemps été l'objet de nombreuses spéculations quant à sa situation géographique et a nourri beaucoup de conjectures (voir notamment les commentaires de F. de Vaux-de-Foletier ou de L. Delayant). Cependant, tout porte à croire que le site actuel du Moulin-du-Fâ, commune de Barzan, au sud-est de Royan, correspond bien à ce très grand port gallo-romain dont les traces sont particulièrement nombreuses.
  10. L. DELAYANT, Histoire du département de la Charente-Inférieure, H. Petit, libraire-éditeur, La Rochelle, 1872, p.32 et 33
  11. « Le garum est le nom latin d’un condiment à base de poissons saumurés et lacto-fermentés. Il est incontournable dans la cuisine romaine et subsiste aujourd’hui dans différents pays méditerranéens, qui en font toutefois un usage discret et souvent méconnu. Par contre, en Extrême-Orient le garum continue de récolter un franc succès et y porte des appellations très variées, dont la plus célèbre est sans conteste le nuoc-nam ».
  12. « L'édit de Domitien en 92 ordonnait aux Gaulois d'arracher la plus grande partie de leurs plants et leur interdisait de créer de nouveaux vignobles. Ce n'est que deux siècles plus tard (en 276) que Probus leva l'interdiction et qu'alors la Gaule se couvrit de vignes », extrait du livre de F. Julien-Labruyere, À la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p. 127
  13. « Bien que la "Santonie" fut à une extrémité de l'Empire, son nom paraît avoir été assez connu des habitants de Rome. Ils recherchaient l'absinthe de Saintonge, "santonicum herba" ou "virga santonica" ; ses vins, les poissons qu'on pêchait en abondance sur ses côtes, et déjà les huîtres qu'on y nourrissait. Enfin, malgré la raillerie des poètes, la mode empruntait à la Saintonge un de ses vêtements, le "cucullus" », extrait du livre de L. Delayant, Histoire du département de la Charente-Inférieure, H. Petit, libraire-éditeur, La Rochelle, 1872, p.37
  14. appelées à l'époque « milliaires », ancêtres des bornes kilométriques, dont quelques unes sont encore visibles aujourd'hui à Pons et à Chadenac
  15. C. Salles, l'Antiquité romaine, des origines à la chute de l'Empire, Larousse-Bordas/HER, 2000, p. 504.
  16. F. Julien-Labruyere, À la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p. 142<
  17. La forêt d’Argenson est par ailleurs orthographiée Argençon ou encore Argenton. Cette dernière appellation était d’ailleurs celle de l’actuelle commune de Saint-Georges-du-Bois, au nord de la ville de Surgères. En effet, cette paroisse se nommait Argenton et son nom apparaît dans une charte de 1179, nom qui s’appliquait aussi à cette immense forêt. Voir Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime (ouvrage collectif), Collection Le patrimoine des communes, Flohic éditions, 2002, (Monographie de Saint-Georges-du-Bois, Tome II).
  18. F. de VAUX de FOLETIER, Histoire d'Aunis et de Saintonge, Princi Néguer, 2000, p.12
  19. La forêt d'Aulnay fut partiellement défrichée pour établir la voie romaine entre Limonum (Poitiers) et Mediolanum Santonum (Saintes). Sur le rôle stratégique des voies romaines, consulter notamment le livre de C. Salles, l'Antiquité romaine, des origines à la chute de l'Empire, Larousse-Bordas/HER, 2000, p. 503/504<
  20. F. JULIEN-LABRUYERE, A la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p. 118
  21. J. GLENISSON, La Charente-Maritime – L’Aunis et la Saintonge des origines à nos jours, Bordessoules, St-Jean d’Angély, 1981, p.112.
  22. F. de VAUX de FOLETIER, Histoire d'Aunis et de Saintonge, Princi Néguer, 2000, p.11
  23. L. MAURIN, Des origines à la fin du VIe siècle, Tome Premier, in J. GLENISSON (Ouvrage sous la direction de), Histoire de l'Aunis et de la Saintonge, Gestes éditions, p.175
  24. P. SENILLOU, Pons à travers l'histoire, Publications de l'Université Francophone d'Été, Éditons Bordessoules, 1990, p.39
  25. F. JULIEN-LABRUYERE, A la recherche de la Saintonge maritime, Éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p. 158
  26. où "les grands îlots de cendres noires trouvées dans les fouilles (seraient) l'ultime témoignage du sort qui dût frapper l'oppidum et l'effacer radicalement de la surface du sol" in P. SENILLOU, Pons à travers l'histoire, Tome 1, Publications de l'Université francophone d'Été, Éditions Bordessoules, 1990, p.43.
  27. J. COMBES (Ouvrage collectif sous la direction de), Guide des départements : La Charente-Maritime, Éditions du Terroir, 1985, p. 30
  28. « en 285, Dioclétien, réduisit l'étendue des provinces pour faciliter l'organisation de la défense. La civitas Santonum fut incorporée à l'Aquitaine Seconde qui se subdivisait en six cités », in J.M. Deveau, Histoire de l'Aunis et de la Saintonge, PUF, Collection Que-Sais-Je?, 1974, p.18
  29. « L'empereur Dioclétien - à la fin du IIIe siècle - limite l'étendue des provinces pour faciliter l'organisation de la défense. La Civitas Santonum est incorporée à l'Aquitaine Seconde, extrait du livre cité dans J. Combes,Guide des départements - La Charente-Maritime, éditions du Terroir, Tours, 1985, p.30 »
  30. À Mortagne-sur-Gironde se trouve un ermitage rupestre avec des cellules, un dortoir, un réfectoire et une chapelle entièrement creusés dans la falaise et datant de cette époque. Selon une tradition persistante, il aurait été occupé par l'évangéliste Martial.
  31. J. COMBES,Guide des départements - La Charente-Maritime, éditions du Terroir, Tours, 1985, p.30
  32. P. GRIMAL, L'Empire romain, éditions du Fallois, 1993, p. 184
  33. F. JULIEN-LABRUYERE, A la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, p. 35, 46, 144, 145, 150
  34. L. DELAYANT, Histoire du département de la Charente-Inférieure, H. Petit, libraire-éditeur, La Rochelle, 1872, p.42 à p.44
  35. in Histoire des Aquitains, par Antoine Lebègue, page 77, éditions Sud-Ouest
  36. in Histoire du Poitou et des Pays charentais,G. Bernard, p. 125
  37. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 164-165
  38. a  et b in Histoire du Poitou et des Pays charentais, ouvrage collectif, page 168
  39. in Histoire du Poitou et des Pays charentais, ouvrage collectif, page 166
  40. Le chemin de Saint-Jacques en Saintonge
  41. La légende de Compostelle, Bernard Gicquel, traduction française du Codex Calixtinus, Taillendier, 2003
  42. in Histoire des Aquitains, par Louis Lebègue, page 90
  43. in Nouvelle Histoire de France, Albert Malet, pages 62-63
  44. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 16
  45. in Dictionnaire Manuel de Diplomatie et de Droit International Public et Privé, par Carlos Calvo, page 371
  46. in Histoire des Aquitains, par Antoine Lebègue, page 92
  47. in Revue Anglo-Française, ouvrage collectif, année 1833, page 88-94
  48. in Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, par Daniel Massiou, tome II, livre II, pages 63 - 67
  49. in Plantagenêts et Capétiens, confrontations et héritages, résumé du colloque des 13-15 mai 2004 à Poitiers, collection Histoires de famille, la parenté au Moyen Âge page 5
  50. in Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, par Daniel Massiou, tome II, livre III, page 178
  51. in Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, par Daniel Massiou, tome II, livre III, pages 178 - 184
  52. Saintonge en ligne
  53. in Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, par Daniel Massiou, tome II, livre III, page 191
  54. in L'Aunis et la Saintonge : histoire par les documents, par Jacques Duguet et Jean Michel Deveau, page 99
  55. in La Monarchie féodale en France et en Angleterre (Xe-XIIIe siècle), par Charles Petit-Dutaillis, page 282
  56. in Royan, par Yves Delmas, page 10
  57. in Histoire de Saint-Louis, par Richard de Bury, pages 52-57
  58. (la) in Actes publics de Thomas Rymer, tome I, pages 325-326
  59. in Histoire du Poitou et des Pays Charentais, ouvrage collectif, page 180
  60. (la) Voir notamment Actes publics de Thomas Rymer, tome III, page 1011
  61. in Histoire du Poitou et des pays Charentais, ouvrage collectif, pages 195-196
  62. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. III, Saintes, Charrier, 1846, 517 p., p. 51 
  63. Saint-Jean-d'Angély se rend au comte de Derby
  64. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. III, Saintes, Charrier, 1846, 517 p., p. 52-59 
  65. in La Guerre de Cent Ans, par Jean Favier
  66. in Le Patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, page 313
  67. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. III, Saintes, Charrier, 1846, 517 p., p. 64 
  68. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 28
  69. in Le Prince Noir en Aquitaine (1355-1356) - (1362-1370), par Joseph Moissan
  70. in Les Rois qui ont fait la France : Charles V le Sage, de Georges Bordonove
  71. in La guerre de cent ans, par Jean Favier, pages 335-338
  72. in Histoire de la Rochelle, par Edouard Dupont, page 32
  73. in La tour de Broue et Du Guesclin, extrait du bulletin de la société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, année 1896, page 90
  74. in La guerre de cent ans, par Jean Favier, pages 352-354
  75. in Jean de Béthencourt, roi des Canaries, 1402-1422, par Roger Dévigne
  76. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. III, Saintes, Charrier, 1846, 517 p., p. 239 
  77. synonyme de pillage et de rapts - voir dictionnaire du CNRTL
  78. in Histoire du Poitou et des Pays charentais, ouvrage collectif, pages 198-199
  79. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 30
  80. a , b , c , d  et e in Charente-Maritime, éditions Bonneton, page 30
  81. in Histoire du Poitou et des pays Charentais, ouvrage collectif, page 209
  82. in Histoire du Poitou et des pays Charentais, ouvrage collectif, page 210
  83. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. III, Saintes, Charrier, 1846, 517 p., p. 412 
  84. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. III, Saintes, Charrier, 1846, 517 p., p. 412-414 
  85. in Dictionnaire historique des institutions, moeurs et coutumes de la France, par Adolphe Chéruel, page 1037
  86. in Annales d’Aquitaine, par Jean Bouchet
  87. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. III, Saintes, Charrier, 1846, 517 p., p. 440 
  88. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. III, Saintes, Charrier, 1846, 517 p., p. 441 
  89. a  et b La révolte des Pitaux, par Louis Audiat
  90. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. IV, La Rochelle, F.Lacurie, 1836, 551 p., p. 11 
  91. in Histoire de l'Aunis et de la Saintonge, par Louis Canet, tome II
  92. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. IV, La Rochelle, F.Lacurie, 1836, 551 p., p. 17 
  93. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 36
  94. in Brouage-Québec, par Maxime Le Grelle, page 21
  95. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 37
  96. Biographie de Jean Calvin
  97. Mémoire protestante en pays royannais
  98. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. IV, La Rochelle, F.Lacurie, 1836, 551 p., p. 28 
  99. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. IV, La Rochelle, F.Lacurie, 1836, 551 p., p. 58 
  100. in Histoire des églises réformées de Pons, Gemozac, et Mortagne, pages 16 à 26
  101. Premières églises protestantes en Saintonge, Aunis et Angoumois
  102. in Nouvelle histoire de France, par Albert Malet, page 143
  103. in Le Patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, page 23
  104. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. IV, La Rochelle, F.Lacurie, 1836, 551 p., p. 54 
  105. Le texte intégral de l'édit de pacification, dit édit de janvier
  106. François de la Rochefoucauld réunit à Saint-Jean-d’Angély, un Synode des réformés de Saintonge et d’Angoumois pour organiser le soulèvement. On le retrouve à Tours où il prend part au pillage des reliques ; il marche sur La Rochelle, assemble un nouveau Synode à Saintes où se réunissent soixante ministres calvinistes; on y proclame la guerre sainte, in La Rochefoucauld. Au péril de Calvin, par Yvon Pierron, éditions La Péruse
  107. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. IV, La Rochelle, F.Lacurie, 1836, 551 p., p. 54-55 
  108. Le sac de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély
  109. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. IV, La Rochelle, F.Lacurie, 1836, 551 p., p. 93 
  110. in Histoire des Protestants en France. De la Réforme à la Révolution, par Philippe Wolff
  111. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. IV, La Rochelle, F.Lacurie, 1836, 551 p., p. 108 
  112. in Histoire du Calvinisme, par Louis Maimbourg et Sébastien Mabre-Cramoisy
  113. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. IV, La Rochelle, F.Lacurie, 1836, 551 p., p. 112 
  114. in Histoire du Poitou et des pays charentais, ouvrage collectif, page 271
  115. in Jeanne d’Albret, reine de Navarre 1528-1572, par Nancy Lyman Roelker
  116. Musée virtuel du protestantisme français
  117. Daniel Massiou, Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, t. IV, La Rochelle, F.Lacurie, 1836, 551 p., p. 246 
  118. in Histoire Universelle, par Agrippa d'Aubigné, page 377
  119. (en)in Queen Jeanne and the Promised Land, par David Bryson, page 304
  120. in Histoire des assemblées politiques des réformés de France, par Léonce Anquez, page 91
  121. Récit de la prise de l'île d'Oléron par Agrippa d'Aubigné, site Histoire Passion
  122. Agrippa d'Aubigné : repères biographiques
  123. in La faveur du roi: mignons et courtisans au temps des derniers Valois, par Nicolas Le Roux, page 734‎
  124. in L'édit de Nantes, par Janine Garrison, éditions Fayard
  125. in Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, par Daniel Massiou, page 185, tome 4, livre 8
  126. in Aunis et Saintonge, par Louis Papy, page 229
  127. in Champlain, la naissance de l'Amérique française, par Raymonde Litalien et Denis Vaugeois, page 121
  128. 1608 - Québec fondé par Samuel Champlain et Pierre Dugua de Mons
  129. in Histoire du Poitou et des Pays Charentais, ouvrage collectif, page 274
  130. in La Charente sous Louis XIII, par Gaston Tesseron, page 60
  131. in Royan, par Yves Delmas, pages 24-25
  132. in Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, par Daniel Massiou, page 278, tome 4, livre 9
  133. a  et b Le siège de La Rochelle
  134. Monde Moderne : Le siège de La Rochelle
  135. La fin du siège de La Rochelle
  136. Le grand siège de La Rochelle, exposition au musée d'Orbigny-Bernon, La Rochelle, dossier de presse (PDF)
  137. in Histoire du Poitou et des Pays Charentais, ouvrage collectif, page 277
  138. 1648 à aujourd’hui - Histoire du diocèse de La Rochelle
  139. Les protestants en Aunis et Saintonge
  140. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 53
  141. in Histoire du Poitou et des Pays charentais, ouvrage collectif, page 290
  142. Fuir ou Abjurer, in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 53
  143. Forts et citadelles du littoral (PDF)
  144. in Le patrimoine des communes de Charente-Maritime, éditions Flohic, page 629
  145. in Le patrimoine des communes de Charente-Maritime, éditions Flohic, page 637
  146. Les cabinets de curiosités, in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 190
  147. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 56
  148. Histoire du Cognac
  149. 1709, l'année du grand hiver, article sur le site Histoire Passion
  150. a  et b De mémoire d'homme en météo charentaise, article de Jean-Pierre Roullin
  151. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, pages 57-58
  152. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 60
  153. Compagnies littéraires et scientifiques, in Etat de la France en 1789, de Paul Boiteau d'Ambly et John Boyd Thacher, 1871, page 471
  154. in Les grandes écoles de France: carrières civiles, par Maurice d' Ocagne, page 60
  155. in Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, page 1021
  156. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 197
  157. La Royal Navy arrive en force en rade d’Aix... et abandonne son projet de débarquement, article sur le site Histoire Passion
  158. Symbole de l'aide française à la lutte pour l'indépendance des colonies américaines, une réplique de ce navire est en chantier dans une des formes de radoub de Rochefort
  159. a  et b <in Histoire du Poitou et des pays charentais, ouvrage collectif, page 328
  160. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, pages 62-63
  161. a , b  et c 1790 - Quand les départements portaient des noms de provinces, article sur le site histoire passion
  162. in Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, page 161
  163. in Histoire du Poitou et des pays charentais, ouvrage collectif, pages 333-335
  164. 1790 - La sédition populaire de Varaize (17) : récit à l’Assemblée Nationale, article sur le site histoire passion
  165. in Précis des événements arrivés à Varaise et à Saint-Jean d'Angély, les 21, 22 octobre 1790 (Rochefort, René-Daniel Jousserant-Mesnier, 1790).
  166. a , b  et c in Deux victimes des Septembriseurs, par Louis Audiat, chapitre 12
  167. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 64
  168. a  et b Le tribunal révolutionnaire,in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 66
  169. in Bulletin de la Société des archives historiques de la Saintonge, 1911, page 12-14
  170. Liste des prêtres ayant déposés leur lettre de prêtrise
  171. in Histoire du Poitou et des pays charentais, ouvrage collectif, page 353
  172. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 66
  173. in Le Patrimoine des communes de Charente-Maritime, éditions Flohic, page 640
  174. in Rochefort et les pontons de l'Ile d'Aix, par Louis-Marie Dubois, page 65
  175. Histoire des prêtres déportés
  176. in Rochefort et les pontons de l'Ile d'Aix, par Louis-Marie Dubois, page 217
  177. lire à cet effet Brigands et « chauffeurs » pendant la période révolutionnaire en Charente-Inférieure, par Jean Pierre Queguiner
  178. Les charentais présents au sacre de l'empereur Napoléon Ier, article du site histoire passion
  179. Biographie de Regnaud de Saint-Jean d'Angély
  180. Le voyage de l'empereur Napoléon Ier en Charente-Inférieure
  181. Fort-Boyard sur le site de la Charente-Maritime
  182. L'affaire des brûlots d'Aix
  183. in Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, pages 623-624
  184. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 67
  185. Site : de Waterloo à Sainte-Hélène
  186. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 70
  187. Marais et canal de Charente-Seudre, site du bassin de Marennes-Oléron
  188. in La Rochelle, par Jean-Charles Volkmann, page 22
  189. De nouvelles sociétés, in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 201
  190. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 200
  191. Les quatre sergents de La Rochelle, site Hérodote
  192. in Histoire du Poitou et des pays charentais, ouvrage collectif, page 377
  193. in Cognac Story, par François Julien-Labruyère
  194. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 74)
  195. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 71
  196. Y. LE DRET, Le train en Poitou-Charentes, Les Chemins de la Mémoire Éditeur, [tome 1 : La naissance du chemin de fer en Poitou-Charentes, p.39]
  197. in Histoire du Poitou et des pays charentais, ouvrage collectif, page 380
  198. a , b  et c Les républicains en Charente-Inférieure de 1870 à 1914, par Florence Muel
  199. in Histoire du Poitou et des pays charentais, ouvrage collectif, page 385
  200. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 74
  201. J. SOUMAGNE (ouvrage collectif avec la participation de), La Charente-Maritime aujourd'hui : milieu, économie, aménagement, Publications de l'Université francophone d'Eté, 1987, p.86
  202. J. Combes (ouvrage collectif sous la direction de), Guides des départements : la Charente-Maritime, Éditions du Terroir, 1985, p.157
  203. Les vacances de Zola à Royan (PDF)
  204. [in Saintonge, guide Gallimard, extrait de La Gazette des bains de mer datée du 12 septembre 1886, p. 95]
  205. in Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, page 164
  206. in Royan, par Yves Delmas, page 61
  207. Le preventorium de Saint-Trojan-les-Bains, site Oleron mag
  208. L'affaire Dreyfus : Chronologie
  209. La France se radicalise, in Il était une fois la France, ouvrage collectif, pages 250-251
  210. in Histoire du Poitou et des pays charentais, ouvrage collectif, pages 391-392
  211. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 78
  212. in Poitou-Charentes au temps des promeneurs en canotier, pages 20-21
  213. in Le train en Poitou-Charentes - Tome 1, par Yves Le Dret (ISBN 2-84702-111-6) (Éditeur : Les chemins de le mémoire)
  214. La guerre des positions, in Il était une fois la France, ouvrage collectif, pages 260-261
  215. Inventaire général du patrimoine culturel, ministère de la culture
  216. in Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, page 739
  217. in Talmont et Merveilles, de Bernard Mounier, éditions Bonne Anse, pages 38-39
  218. in Le patrimoine des communes de Charente-Maritime, éditions Flohic, page 493
  219. in L'homme et la mer sur la côte Atlantique de la Loire à la Gironde, par Louis Papy, page 310
  220. Inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France
  221. Les années folles : frivolité et renouveau, in Il était une fois la France, ouvrage collectif, page 283
  222. in Histoire de l'Aunis et de la Saintonge, par Jean-Michel Deveau, Presses universitaires de France, page 119
  223. in Saintonge, guide Gallimard, pages 116-120
  224. Lire à ce sujet : Citizen Couzinet, par Françoise Mamolar, éditions Bonne Anse
  225. in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, pages 82-84
  226. a  et b in Charente-Maritime, encyclopédie Bonneton, page 79
  227. in Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, page 484
  228. in Le patrimoine des communes de Charente-Maritime, éditions Flohic, page 1051
  229. a , b , c , d , e , f , g , h  et i Le fil de l'histoire
  230. a  et b Lieux de détention en Charente-Maritime
  231. in Royan, par Yves Delmas, page 75
  232. a  et b 1939-1945 La Rochelle libérée
  233. La création de la Charente-Maritime, in Saintonge, guide Gallimard, page 116
  234. Mémoire et espoirs de la Résistance, Association des amis de la fondation de la Résistance
  235. in Les deux Charentes sous l'occupation et la résistance, par Christian Genet et Louis Moreau, pages 138-140
  236. Georges Texier : biographie sommaire
  237. Sabotage dans les carrières d'Heurtebise, in Le patriote résistant
  238. in La mémoire du quartier de la gare, Colonnes, n° 16, octobre 2005
  239. Le commandant Meyer
  240. a  et b Libération de l'île d'Oléron, site Chemins de mémoire
  241. a  et b La poche de Royan, site Chemins de mémoire
  242. in « Batailles », l'histoire militaire du XXe siècle, numéro 7
  243. Historique du Ier régiment FFI de Bigorre, 1944-1945
  244. Libération de la poche de la Rochelle, site Chemins de mémoire
  245. a  et b L'amiral Schirlitz
  246. Dominique Lormier, La Libération de la France : Aquitaine, Auvergne, Charentes, Limousin, Midi-Pyrénées, Éditions Lucien Sourny, ISBN 978-2-84886-065-7, p 15
  247. in Le patrimoine des communes de Charente-Maritime, éditions Flohic, page 242
  248. a  et b in Royan, par Yves Delmas, page 81
  249. in Le patrimoine des communes de Charente-Maritime, éditions Flohic, page 747
  250. a  et b in Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, page 1035
  251. Fiche de Montendre sur la base de données Cassini
  252. Fiche de Saint-Savinien sur la base de données Cassini
  253. Fiche d'Aulnay sur la base de données Cassini
  254. Fiche de Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet sur la base de données Cassini
  255. in Charente-Maritime, encyclopédies Bonneton, page 304
  256. Histoire du CAREL
  257. Les tempêtes en Europe : un risque sous-estimé, site Prevention 2000 (PDF)
  258. in Charente-Maritime, encyclopédies Bonneton, pages 294 à 307
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