Histoire d'Orleans


Histoire d'Orleans

Histoire d'Orléans

Cette page présente l'histoire d'Orléans, ville française de l'actuel département du Loiret (Centre)

La ville a toujours été un point de passage stratégique de la Loire car elle se situe sur le point du fleuve le plus au nord, donc au plus près de Paris, de plus, les ponts étaient rares et la Loire dangereuse.

Sommaire

Antiquité

Article détaillé : Cenabum.

Cenabum, parfois orthographiée Genabum, était le nom d'une cité des Carnutes située à l'emplacement de l'actuelle ville d'Orléans.

Moyen Âge

Accompagnés des Vandales, les Alains franchissent la Loire en 408. Un de leurs groupes, dirigé par Goar accepte de se joindre aux forces armées romaines. Aetius l'installe sur la Loire et à Orléans. Mais ces Alains, turbulents, sont très mal perçus par les autochtones. Un jour, estimant ne pas être payés assez vite ou suffisamment, ils n'hésitent pas à tuer des sénateurs d'Orléans.

À Orléans toujours, sous le roi Sangiban, les Alains se joignent aux forces d'Aetius qui s'opposent à Attila qui avait envahi la Gaule en 451 et prennent part à la bataille des Champs Catalauniques. Une centaine de localités de l'Orléanais se souviennent de l'installation de ce peuple : Allaines, Allainville, Alaincourt, etc.

À l'époque mérovingienne, Orléans fut la capitale du royaume d'Orléans à la suite du partage du royaume de Clovis Ier.

En 851, Orléans est pillée par le chef viking Hasting ; le même revient et met à nouveau la ville à sac le 18 août 856[1].

le couronnement de Louis VI le Gros à Orléans

À l'époque capétienne, Orléans fut la capitale d'un comté puis d'un duché tenu en apanage par la maison de Valois-Orléans. La famille de Valois-Orléans accèdera au trône de France par Louis XII puis François Ier.

En 1108, Louis VI Le Gros est sacré dans la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans par l'archevêque de Sens. Il s'agit d'un des rares sacres capétiens n'ayant pas eu lieu à Reims.

Au Moyen Âge, Orléans est l'une des trois plus riches villes de France avec Rouen et Paris.

Sur la rive sud un châtelet dit « des Tourelles » protégeait l'accès au pont. C'est là qu'eut lieu la bataille qui permit à Jeanne d'Arc d'entrer dans la ville libérée le 8 mai 1429, aidée des grands généraux du royaume, Dunois et Florent d'Illiers (voir l'article Siège d'Orléans). Les habitants lui vouèrent dès lors une admiration et une fidélité qui durent encore aujourd'hui. Ils la nommèrent « la pucelle d'Orléans » et lui offrirent une maison bourgeoise dans la ville. Ils participèrent également à la rançon pour la délivrer lorsque celle-ci fut faite prisonnière, mais en vain car le Dauphin devenu Roi grâce à elle garda l'argent pour lui et Jeanne ne fut pas libérée.

Une fois la guerre de Cent Ans terminée, la ville recouvrit sa prospérité. Le pont lui rapportait l'argent des taxes ainsi que l'attractivité économique des commerçants de passage. Le roi Louis XI a largement contribué à sa prospérité. Il dynamisa l'agriculture de l'Orléanais. Les terres exceptionnelles de la Beauce favorisent les cultures. Il relança la culture du safran à Pithiviers.

L'Université d'Orléans a contribué aussi au prestige de la ville. Spécialisée dans le Droit, elle était réputée dans toute l'Europe.

Temps modernes

À la Renaissance, la ville bénéficia des passages des riches châtelains allant dans le Val de Loire devenu très à la mode, à commencer par le roi lui même, Chambord, Amboise, Blois, Chenonceau étant des domaines royaux. Jean Calvin y fut reçu et hébergé. Il y écrivit une partie de ses thèses réformistes. En remerciement de cette protection, le roi d'Angleterre Henry VIII, inspiré des pensées du réformateur pour la religion anglicane, offrit une bourse à l'Université. La ville abrita de nombreux protestants.

Du 13 décembre 1560 au 31 janvier 1561, les États généraux y furent réunis. Ce fut à cette époque que mourut le roi François II, le fils ainé de Catherine de Médicis et d'Henri II, le 5 décembre 1560, dans sa chambre de l'hôtel Groslot.

Guerres de religion

Avec une poignée d’hommes, Condé prend la ville en août 1562, après le massacre de Vassy[2]. Le duc de Guise est assassiné en février 1563 par Poltrot de Méré, pendant le siège pour reprendre la ville, défendue par d’Andelot.

Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), entamé pour apaiser les tensions religieuses. Il est accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine[3]. À ce moment, les catholiques ont repris les choses en main à Angers : le catholique Cypierre est placé à la tête de la municipalité, et les protestants sont mis en minorité dans l’échevinat. Un nouveau fort est construit. Cependant, le convoi royal est accueilli par une émeute.

La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy atteint Orléans le 25 août. Les massacres, organisés par les échevins, durent jusqu’au 27, et font 1200 morts. Seuls les étudiants allemands sont épargnés. La ville, qui comptait une importante communauté protestante, est désormais entièrement catholique[4].

Du XVIIe siècle à la Révolution française

Jean-Baptiste Poquelin, plus connu sous le pseudonyme de Molière, vint lui aussi y étudier le droit, mais il participa au carnaval pourtant interdit par les règles non laïques de l'Université et fut pour cela renvoyé de l'établissement.

La cathédrale fut plusieurs fois reconstruite. La dernière version a vu sa première pierre posée par Henri IV, et les travaux s'étalèrent sur un siècle, offrant ainsi un mélange de style fin Renaissance et époque Louis XIV. Elle est l'une des dernières cathédrales construites en France et non des moins spectaculaires.

Lorsque la France colonise l'Amérique, son territoire conquis est immense, tout le fleuve Mississippi, baptisé fleuve Colbert, de l'embouchure jusqu'à sa source aux frontières du Canada. Ce sera la Louisiane. La capitale est nommée la Nouvelle-Orléans en l'honneur du régent de Louis XV, le duc d'Orléans. Elle est peuplée de 8 000 Français et Cadiens chassés du nord-est par les troupes britanniques.

Les ducs d'Orléans ne venaient presque jamais dans leur ville. En tant que frères ou cousins du roi, ils faisaient partie de sa Cour et avaient peu l'occasion la quitter. Officiellement leur château était celui de Blois. Le duché d'Orléans était le plus vaste de tous. Il débutait à Arpajon, continuait à Chartres, Vendôme, Blois, Vierzon, Montargis. Le fils du duc portait le titre de duc de Chartres. Les héritages de grandes familles et les mariages leurs ont permis d'accumuler une richesse colossale. On disait de Philippe Égalité qu'il était l'homme le plus riche du monde. Son fils Louis-Philippe Ier reçut en héritage les fortunes des Penthièvres et des Condés.

XIXe siècle

Entrée des Allemands à Orléans, 1870. Tableau de Ludwig Braun

Les Compagnies ferroviaires Paris-Orléans et la célèbre gare d'Orsay sont créées en 1852.

Lors de la guerre contre les prussiens en 1870, la ville se présente encore comme enjeu stratégique géographiquement. Le 13 octobre 1870, la ville est occupée par les prussiens. L'armée de la Loire est constituée sous les ordres du général d'Aurelle de Paladines et se base en Beauce à proximité de la ville (voir l'article Bataille d'Orléans).

XXe siècle

La dernière grande crue de Loire a eu lieu le 20 octobre 1907.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis font de la gare des Aubrais-Orléans une gare centrale pour leur logistique ferroviaire. Le pont Georges V est rebaptisé « pont des Tourelles »[5]. Durant la nuit du 14 au 15 juin 1940, un bombardement aérien allemand détruit une grande partie du centre ville (rues Bannier et Royale) ainsi que plusieurs ponts. Un camp de transit sur le chemin de la déportation est bâti à Beaune-la-Rolande. À la Libération, l'aviation américaine bombarde intensément la ville et la gare. Les dégâts sont très importants.

La ville est l'une des première reconstruite après la guerre : le plan de reconstruction et d'aménagement de Jean Kérisel et Jean Royer est adopté dès 1943 et les travaux commencent dès le début de l'année 1945. Cette reconstruction se fait pour une part à l'identique comme la rue Royale et ses arcades mais aussi ailleurs par la mise en oeuvre de procédés de préfabrication innovants, comme l'îlot 4 sous la direction de l'architecte Pol Abraham[6]. Un certain nombre d'îlots, ou secteurs, seront pris directement en charge par l'état français, le reste étant reconstruit par des chantiers privés. Les grands travaux se terminent vers 1954[7].

Par la suite, près de 12 000 soldats américains et leur famille ont vécu à Orléans ou dans sa banlieue, le dernier contingent quittant les lieux au printemps 1967[8].

La grande ville d'autrefois est aujourd'hui une ville moyenne de 250 000 habitants avec son agglomération. Elle a su tirer parti une fois de plus de sa position stratégique pour attirer de nombreuses entreprises intéressées par la réduction des coûts de transport qu'offre une ville au centre de la France située à moins d'une heure de la capitale.

Voir aussi

Articles connexes

Documentation externe

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

  1. Michel Dillange, Les Comtes de Poitou, Ducs d'Aquitaine (778-1204), Geste éditions, coll. « La Crèche », 1995, 304 p. (ISBN 2-910919-09-9), p. 56 .
  2. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Club France Loisirs, 1980, (ISBN 2-7242-0785-8 ), p 230
  3. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Club France Loisirs, 1980, (ISBN 2-7242-0785-8 ), p 258
  4. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Club France Loisirs, 1980, (ISBN 2-7242-0785-8 ), p 286
  5. Actualités mondiales du 16 mai 1941, disponible sur le site de l'INA (lien direct).
  6. Joseph Abram, L'architecture moderne en France, du chaos à la croissance, tome 2, éd. Picard, 1999, pp. 28 et 37-38
  7. Orléans 1945-1955, la reconstruction, supplément à La République du Centre, édition Orléans, le 28 octobre 2008
  8. La République du Centre, édition Orléans, 14 septembre 2007, p 6

Source : cf. Orléans

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