Histoire Des États-Unis De 1964 À 1980


Histoire Des États-Unis De 1964 À 1980

Histoire des États-Unis de 1964 à 1980

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Économie et technologie

La mission Apollo 11 sur la Lune en juillet 1969. La course à l'espace a été un moteur du développement exponentiel de la technologie.

Les années 1960, dans la foulée des années 1950 voient un développement de l'économie américaine et le développement de nouvelles technologies conduisant à une révolution dans le domaine de l'aéronautique (la mise en service des premiers avions de ligne à réaction fit exploser le trafic aérien), l'astronautique (Mise en œuvre du programme Apollo) et l'informatique (conception de l'ARPANET).

Les entreprises de ce pays multiplie les implantations à l'étranger et beaucoup de grandes sociétés deviennent des multinationales.

Les années 1970 sont marquée par la choc pétrolier à partir de 1973, l'intensité énergétique étant alors à 1,5 barils (contre 0,7 en 2007 [1]), le début d'une certaine désindustrialisation et une remontée du chômage.

Apparu à la fin des années 1960, le déficit commercial devenu depuis un élément structurel de l’économie mondiale conduit à un abandon de l'étalon-or en 1971.

La guerre froide et la diplomatie internationale

Rencontre historique de Nixon et Mao à Pekin, le 29 février 1972. Au crédit de sa présidence figure cette réussite diplomatique d'avoir "ouvert la Chine" au dit Monde libre. Le 1er janvier 1979 sous la présidence Carter, les États-Unis reconnaissent Pékin en tant que capitale de la Chine et ferment leur ambassade à Taipei.

Après la crise des missiles de Cuba, la situation durant cette période de la guerre froide se décrispe et les deux super-puissances commencent à se parler et engagent des négociations pour tenter de limiter la course aux armements mais le budget de la défense représentent encore 8 % du PIB au début des années 1970.

On assiste au début des années 1970, à la fin de la guerre du Viêt Nam, à un retournement diplomatique spectaculaire avec la visite de Richard Nixon en Chine en 1972 en qui montre le début d'une certaine alliance contre l'influence soviétique.

Le bourbier du Viêt Nam

Sur plusieurs points, la guerre du Viêt Nam succède directement à la guerre d'Indochine française. La France l'a conduite afin de conserver le contrôle de sa colonie d'Indochine contre un mouvement indépendantiste mené par le leader du Parti communiste Hô Chi Minh. Après que les forces communistes vietnamiennes (Viêt-minh) ont vaincu l'armée coloniale française lors de la bataille de Diên Biên Phu en 1954, la colonie reçoit son indépendance. Le traité de paix de Genève coupe le Viêt Nam temporairement en deux, entre un Nord communiste et un Sud non-communiste. Le pays doit être réunifié à l'occasion d'élections prévues pour 1956. Cependant, les élections n'ont pas lieu. Le président Diem du gouvernement RVN, avec le soutien du président américain Eisenhower, les annule de peur que Hô Chi Minh ne les remporte. En réponse du refus d'organiser des élections de réunification, le Front de Libération Nationale (FLN ou Viêt-cong) est créé comme mouvement de guérilla en opposition avec le gouvernement de la République du Viêt Nam.

L'implication de l'Amérique dans la guerre est progressive. Il n'y a pas de déclaration de guerre formelle, mais en 1964, le Sénat des États-Unis approuve la résolution du golfe du Tonkin qui apporte un large soutien au Président Johnson pour une implication américaine accrue. En 1968, plus de 500 000 soldats sont mobilisés et le nombre de soldats américains tués, tel que rapporté chaque jeudi aux informations du soir, est de plus de 100 par semaine. La foi du public américain en la « lumière au bout du tunnel » est balayée en 1968 quand l'ennemi, supposé être sur le point de s'effondrer, organise l'offensive du Têt.

Sur certains campus universitaires, un faible mouvement d'opposition à la guerre existe depuis 1964. Lentement, l'activisme étudiant monte en puissance par l'arrivée, en nombre significatif, de baby boomers dans les universités. Un mouvement d'opposition à la conscription se développe. La Guerre du Viêt Nam reçoit une couverture médiatique d'une intensité sans précédent – elle fut la première guerre télévisée – ainsi qu'une opposition déterminée de la part de la « Nouvelle Gauche ».

Certains américains s'opposent à la guerre sur des bases morales, la voyant comme une guerre destructrice attentant à l'indépendance du Viêt Nam et comme une ingérence inacceptable dans une guerre civile étrangère. D'autres s'y opposent car il y a un manque d'objectifs clairs, et que l'intervention militaire, de plus en plus coûteuse, est vouée à l'échec. Certains activistes sont eux-mêmes des vétérans, comme en témoigne l'organisation des « Vétérans du Viêt Nam contre la Guerre ». Trente ans plus tard, des organisations de vétérans de la guerre du Golfe feront entendre leur opposition à la guerre en Irak.

En 1968, le Président Lyndon Johnson débute sa campagne de réélection. Un membre de son propre parti, Eugene McCarthy, se présente contre lui pour l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. McCarthy perd les premières élections primaires au New Hampshire, mais il provoque la surprise en réalisant un score élevé contre le sortant. Le coup porté à la campagne de Johnson, combiné à d'autres facteurs, le mène à annoncer qu'il retire sa candidature, lors d'un discours télévisé surprise. Il y annonce conjointement le démarrage des Accords de Paix de Paris avec le Viêt Nam. Se saisissant de l'opportunité causée par l'abandon de Johnson, Robert Kennedy brigue alors l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. Le vice-président de Johnson, Hubert Humphrey, se porte également candidat, promettant de continuer d'aider le gouvernement du Sud Viêt Nam.

Lyndon Johnson

Robert Kennedy est assassiné durant cet été, et McCarthy est incapable de contrer le support dont Humphrey jouit dans l'élite du parti. Humphrey gagne l'investiture de son parti, et se présente contre Richard Nixon dans les élections générales. Pendant sa campagne, Nixon dit avoir un plan secret pour terminer la guerre.

Nixon est élu président et démarre sa politique de lent désengagement de la guerre. Le but est d'aider progressivement le Sud à construire sa propre armée en sorte qu'il puisse poursuivre la guerre par lui-même. Cette politique devient la clé de voûte de la « doctrine Nixon ». Appliquée au Viêt Nam, la doctrine devient la « vietnamisation ». Son but est de permettre à l'armée du Sud-Viêt Nam de tenir contre le FLN et l'armée du Nord-Viêt Nam.

La probité de la conduite des États-Unis durant la guerre continue à alimenter les discussions durant la présidence Nixon. En 1969, le massacre de Mỹ Lai, commis un an auparavant, devient un scandale national. Bien qu'il soit incarcéré pour le massacre de My Lai, Calley ne reçoit qu'une sentence légère à son procès en cour martiale en 1970 et est ensuite gracié par le président Nixon. Mỹ Lai ne fut qu'un massacre parmi d'autres et des millions de Vietnamiens sont morts des au cours de la guerre. La population du pays souffre encore aujourd'hui des munitions non explosées, particulièrement les bombes à fragmentation. Les effets sur l'environnement des agents chimiques, ainsi que les problèmes sociaux colossaux causés par la dévastation du pays après tant de morts ont réduit la durée de vie de beaucoup de survivants. Les estimations de pertes les plus basses, basées sur les déclarations du Nord Viêt Nam étaient autour de 1,5 millions de Vietnamiens tués. Le Viêt Nam a annoncé le 3 avril 1995 qu'un total d'un million de combattants vietnamiens et quatre millions de civils avaient été tués durant la guerre. Les pertes américaines se montent à environ 58 000 tués.

En 1970, Nixon ordonne une incursion militaire au Cambodge afin de détruire les refuges Viêt-cong bordant le Sud-Viêt Nam. Bien que Nixon ait promis au Sud-Viêt Nam qu'il lui apporterait un support militaire dans l'éventualité d'un effondrement de la situation militaire, le Congrès des États-Unis vote contre tout soutien financier à des actions militaires dans cette région. Nixon se bat alors aussi pour sa propre carrière politique dans le scandale du Watergate grandissant. Ainsi aucun des soutiens militaires promis pour la défense du gouvernement du Sud Viêt Nam n'est envoyé, bien que l'aide économique continue. Elle est cependant presque totalement aspirée par la corruption dans le gouvernement sud-vietnamien et peu vient effectivement alimenter l'effort de guerre. Le 94e Congrès des États-Unis vote pour que toute aide soit supprimée pour le début de l'année fiscale 1975-76 (1er juillet 1975).

Les États-Unis retirent unilatéralement leurs forces du Viêt Nam en 1973. Début 1975, le Nord envahit le Sud et consolide rapidement le pays sous son contrôle. Saigon est prise le 30 avril 1975. Le Nord-Viêt Nam unifie le Nord et le Sud du pays le 2 juillet 1976 pour créer la République Socialiste du Viêt Nam.

Coups d'État et opérations couvertes en Amérique latine

Durant cette période, les États-Unis participèrent a de nombreuses actions armées en Amérique latine pour lutter contre l'influence des guerillas soutenue par Cuba et l'Union soviétique. Cela à contribué au renversement du chef d'État élu démocratiquement comme Salvador Allende, lors du coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili, avec le soutien d'Augusto Pinochet que l'on craignait de vouloir passer dans l'autre bloc. Aujourd'hui de nombreux documents déclassés montrent que le CIA a aussi joué un rôle dans Opération Condor, bien que l'étendue reste moins que parfaitement claire. Henry Kissinger a été impliqué dans plusieurs de ces actions [2].

La guerre froide en Afrique

l’Afrique sub-saharienne a semblé en marge dans la politique extérieure des États-Unis. En 1958, durant la décolonisation, est créé au sein du département d’État le poste de secrétaire d’État adjoint pour l’Afrique. Si les États-Unis ne signent pas d’alliance stratégique de défense avec le continent africain dans son ensemble, ils concluent cependant des accords de coopération militaire avec quelques pays, stratégiquement localisés en bordure des détroits, tels le Maroc et l’Égypte. Pendant longtemps, avec moins de 300 militaires officiellement permanents et aucune base pérenne notable, la présence militaire américaine en Afrique subsaharienne est modeste.

À partir de 1945, tant Washington que Moscou soutiennent la décolonisation, au nom du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». En Afrique, les États-Unis est longtemps quelque peu réticente à intervenir sur la base du respect des « zones d’influence » des partenaires européens (Royaume-Uni, France, Portugal, Belgique). Mais, face au risque de prise de contrôle du continent par l’URSS, les États-Unis se substituent aux petites puissances pour gérer la décolonisation. Ainsi, Washington intervient au Congo en 1960 et finit par soutenir le général Mobutu qui, pourtant, n’était pas son favori au départ et qui grâce à un soutien militaire et l'aide financière arrivera à reconstruire le pays en 3 ans (1966-1969). Dans le sud, en Angola, en Namibie et au Mozambique, intervient très indirectement, via l’Afrique du Sud, à partir de 1975 quand le Portugal se désengage et que ces pays bascule dans le camp du Bloc de l'Est et soutient les mouvement armée d'opposition comme l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola.

Dans un contexte de retrait des petites puissances, l’action américaine repose sur le principe d’opposition à l’URSS. John Fitzgerald Kennedy instaure une "politique africaine", mais, fondamentalement, il s’agit là plus d’une politique antisoviétique que d’une véritable politique africaine. L’Afrique, à l’instar des autres régions du monde, n’est alors qu’un terrain d’affrontement. En outre, les intérêts économiques y sont relativement modestes, sauf dans quelques cas, comme en Afrique du Sud (en raison de la richesse minérale du pays) ou en Angola (où la richesse pétrolière intéresse l’entreprise américaine Gulf Oil).

Réformes des années 1960

Lyndon Johnson signe la loi droits civils en compagnie de Martin Luther King.

Chronologie :

Les années 1960 voient la naissance et l'application de la discrimination positive en faveur des femmes et des minorités ethniques. En quatre décennies, la part des afro-américains faisant des études supérieures a été multipliée par deux [réf. nécessaire].

Bibliographie

  • Jacques BINOCHE, Histoire des États-Unis, Paris, Ellipses, 2003, ISBN 2-7298-1451-5
  • Daniel BOORSTIN, Histoire des Américains, Paris, Laffont, 2001, ISBN 2-2210-6798-3
  • Ginette CASTRO, Les femmes dans l'histoire américaine, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 1988, ISBN 2-8648-0259-7
  • André KASPI, Les Américains, tome 2 : 1945 à nos jours, Paris, Le Seuil, 1996, ISBN 2020567717
  • Howard ZINN, Une histoire populaire des États-Unis, De 1492 à nos jours, Paris, Agone, 2003, ISBN 2-9108-4679-2

Voir aussi

Notes et références

Articles connexes

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