Histoire De La Palestine


Histoire De La Palestine

Histoire de la Palestine

L'histoire de la Palestine est la présentation des événements dans la région de Palestine au cours de l'Histoire.

Cet article s'en tient aux travaux des historiens et des archéologues portant sur cette région. Pour les sources bibliques et religieuses et pour l'histoire du peuple juif ( = judéen), voir Israël (Bible), Judaïsme, Juifs et les articles cités en "Voir aussi".

Sommaire

La préhistoire

Lac de Tibériade
  • Des fouilles au sud du lac de Tibériade et dans d'autres parties de la vallée du Jourdain ont permis de mettre au jour des traces d'hominidés remontant au paléolithique inférieur, soit datant de plus d'un million d'années. D'autres fossiles découverts ont un âge estimé à environ 300 000 ans. La fréquentation des grottes par l'homme semble commencer à l'acheuléen supérieur. Le fossile L'homme de Galilée date d'environ 140 000 ans.
  • Entre le XIe millénaire av. J.-C. et le IXe millénaire av. J.-C. se développe, en Judée et Samarie, la civilisation natoufienne, sans doute nomade, dont on retrouve les vestiges[1]. Cette civilisation aurait été composée de deux groupes de populations légèrement différents, d'une part des ancêtres de peuples du type eurafricain (Palestine, Irak, Iran et Anatolie des temps historiques) et l'ancêtre des proto-méditerranéens également nombreux en Palestine.
  • Dès le IXe millénaire av. J.-C., des peuplades néolithiques ont domestiqué des plantes, des animaux, se sont sédentarisées et pratiquent l’agriculture et l’élevage. Vers 10 000 à 8 000 avant JC, l'outillage en os paraît prendre une réelle importance et le mobilier en pierre un essor caractéristique. À cette période, les conditions climatiques sont favorables (plus de précipitations et températures moins élevées).
  • Dès le VIIIe millénaire av. J.-C., la ville de Er Riha (Jéricho), constitue une des plus anciennes cités du monde. On estime que cette époque coïncide avec les premières cités en tant que telles constituées.
  • Au cours du dernier quart du VIIe millénaire av. J.-C., la céramique fait son apparition, ainsi que d'autres formes d’artisanat.
  • La Palestine du VIe et de la première moitié du Ve millénaire av. J.-C.est mal connue. On suppose des déplacements de populations qui peuvent être dus à des variations climatiques. Les reliefs et la région côtière sont occupées par une civilisation à caractère forestier comme en témoigne la prédominance des instruments destinés au travail du bois.
    • Au milieu du Ve millénaire av. J.-C., d'anciens sites de la vallée du Jourdain comme celui de Jéricho sont à nouveau occupés avec l'amélioration des conditions climatiques.
    • A la fin du Ve millénaire av. J.-C., la Palestine atteint un niveau de développement économique et culturel se rapprochant de celui des civilisations du nord de la Syrie qui avaient bénéficié plus tôt d'influences nord-mésopotamiennes.
  • Au IVe millénaire av. J.-C. : La civilisation cananéenne est organisée sur un système de cités-États, fruits d'une osmose entre agriculteurs sédentaires et pasteurs semi-nomades.
    • Dans la première partie du IVe millénaire av. J.-C., les techniques de la métallurgie et du travail de l’ivoire, arrivent du nord. On voit alors apparaître des structures techno-économiques adaptées aux régions sèches : y vivent de petites collectivités vivant de la culture de céréales et de l'élevage du gros et du petit bétail.
    • Dans la seconde partie du IVe millénaire av. J.-C., c'est l'Égypte qui influence la région.
    • Vers la fin du IVe millénaire av. J.-C. la civilisation des agriculteurs-éleveurs disparaît sans qu'il soit possible d'établir de lien avec la formation de la civilisation cananéenne du IIIe millénaire av. J.-C.. Jusqu'à 2400 avant JC, le climat était un peu plus humide que de nos jours.

L'inauguration d'échanges entre la Palestine et l'Égypte, à travers le désert du Sinaï, vers la fin du IVe millénaire av. J.-C., est un événement de première importance car jusqu'alors la Palestine avait été un "cul-de-sac" soumis aux seules influences asiatiques. Ces relations prennent une ampleur considérable, grâce à l'utilisation du bovidé comme animal de bât, capable de franchir les quelques 200 kilomètres de quasi-désert séparant le sud palestinien du delta égyptien. Dès lors, la Palestine joue le rôle de zone de passage où se croisent les influences, et souvent les armes, des grands empires d'Égypte et du Proche-Orient asiatique.

  • Le IIIe millénaire av. J.-C. est celui de la civilisation cananéenne qui s'étend au-delà de la fin de la préhistoire. Bien que l'écriture n'apparaisse pas en Palestine avant la seconde moitié du IIe millénaire av. J.-C., compte tenu de l'état de surproduction, de centralisation et de redistribution des surplus alimentaires, il est généralement considéré par les historiens que ce nouvel ordre économique, social et politique marque l'entrée de la Palestine dans l'histoire, soit dans le courant du IIIe millénaire av. J.-C.. Par les échanges avec l’Égypte, la région se développe et s’enrichit, se spécialise dans le commerce de la céramique et de nombreuses constructions voient le jour. De nombreuses villes cananéennes se développent et se fortifient.

La période cananéenne IIIe millénaire av. J.-C. au milieu du XVIe siècle av. J.-C.

Les historiens considèrent généralement que la période cananéenne s'étale du début du IIIe millénaire av. J.-C. à la fin du XXIIIe siècle av. J.-C.. Voir l'article Pays de Canaan.

  • Au sortir du IIIe millénaire av. J.-C., des populations semi-nomades franchissent le Jourdain et pénètrent en Palestine, provoquant l'effondrement des structures socio-économiques qui y prévalaient : les agglomérations sont détruites et abandonnées et l'économie palestinienne se convertit à l'élevage.
  • A partir du XIXe siècle av. J.-C., il est supposé une augmentation du nombre des installations permanentes, et une diminution de celui des tribus ; mais il semble que l'on reste encore très proche de l'organisation tribale.

Cette période durant laquelle les déplacements entre l'Asie, depuis la Mésopotamie, et l'Égypte sont intenses correspond à un moment d'agitation interne qui sert de prélude à l'invasion hyksôs (« Princes des pays étrangers ») de l'Égypte. Durant cette même période, les agglomérations palestiniennes commencent à s'entourer de remparts.

  • Les attaques et infiltrations répétées ouvrent aux Hyksôs la voie vers la partie orientale du delta du Nil où ils font d'Avaris leur capitale. Les Hyksôs étaient probablement des petits princes cananéens et amorrites venus de Palestine. Contrairement à ce qu'on a pensé, les Hyksôs ne semblent pas être un peuple sémitique car les données les plus récentes montrent, selon Dominique Valbelle, que leur langue n'appartenait pas à la famille des langues sémitiques[2]. Des tablettes égyptiennes les mentionnent comme des groupes d'éleveurs nomades et de marchands pratiquant le pillage. À cette époque, la Palestine, centre d'un empire placé sous l'autorité de la capitale hyksôs d'Avaris, atteint un niveau de civilisation remarquable[3]. De puissantes fortifications entourent les résidences des roitelets palestiniens sans cesse en guerre les uns contre les autres et recourant à des chars de guerre tirés par des chevaux. De spacieuses demeures, comprenant cour intérieure et étage, ont été dégagées. Elles contrastent avec les masures qui leur sont contemporaines occupées par la masse de la population. Les tombeaux, creusés dans le roc, sont le plus souvent des sépultures familiales ; armes et bijoux de bonne qualité accompagnent les restes des défunts fortunés. Dans le domaine de la céramique, les formes imitent celles de vases de métal. On voit se répandre en Palestine une poterie dite "hyksôs", noire, lustrée et incrustée de pâte de calcaire blanche, ainsi que des travaux sur ivoire de grande qualité, ou encore la réputation acquise par les Cananéens dans la teinture en pourpre.
  • Vers 1850 av. J.-C., la cité d’Ascalon (Ashquelon) est la capitale d’un royaume cananéen et un port très actif sur la mer Méditerranée qui exporte les produits de l’arrière-pays. Elle est ceinte d’un mur de 2 km de circonférence, haut de 25 mètres, et la cité devait compter près de 15 000 habitants.
  • Complétant l'œuvre de libération nationale entreprise par les pharaons de la XVIIe dynastie, Ahmosis, le fondateur de la XVIIIe dynastie, s'empara d'Avaris et pourchasse les Hyksôs jusqu'en Asie. Ainsi, vers le milieu du XVIe siècle av. J.-C., l'Égypte conquiert la Palestine où le protectorat égyptien fut maintenu pendant trois siècles et demi, durant lesquels la situation internationale subit de nombreuses modifications : les conflits avec les Hittites et les fréquentes révoltes des Bédouins campés dans le Néguev et le Sinaï entraînèrent des destructions, des pillages, des déportations en Palestine.

Âge du bronze récent -1550 à -1200

Localisation des principales cités du Levant de l'époque des archives d'El Amarna
  • Le Bronze récent (-1550, -1200) se termine, tout au long de son dernier siècle, par un effondrement systémique qui touche tout le bassin oriental de la Méditerranée. On assiste en Palestine à l’effondrement de la civilisation cananéenne et à l’avènement de l’âge du fer (terminologie utilisée par l'archéologue Pierre de Miroschedji[4]). Les données archéologiques, dans ce paragraphe, brossent un tableau radicalement différent du récit biblique sur beaucoup de points. Si on n’y retrouve pas certains éléments familiers (l'arrivée en Canaan des Hébreux de l'Exode, la conquête de Canaan par les Hébreux, la monarchie unie de David et Salomon, ou la guerre de David contre les Philistins), il ne s’agit pas d’un oubli ni d’une ignorance étonnante, c’est simplement que ces éléments ne sont pas des données du terrain.
  • C’est lors de cet effondrement que se produit l'invasion, à grande échelle, de ce que l'on appelle "les Peuples de la Mer". Les Philistins sont les plus connus parmi ces peuples. Ce sont les plaines côtières qui sont touchées les premières, et aussi le plus sévèrement.
  • Sous Akhénaton, les Lettres d'Amarna décrivent Canaan vers -1350 : le bas pays est contrôlé par des cités-États dans lesquelles se trouvent les garnisons égyptiennes. Les hautes terres sont partagées en territoires peu peuplés. Le roi de Jérusalem, Habdi-Heba se plaint des méfaits, sur son territoire (quelques hameaux s’étendant de Béthel à Beersheba) de l’éthnie Shasou (pasteurs nomades) et des Apirou (classe socio-économique de mercenaires plus ou moins brigands). Il réclame de l’aide à l’Égypte. Des conflits de territoires l’opposent à Shuwardata, souverain de Gat, la cité-État de la plaine côtière. À Sichem (hautes terres du nord) règne Labayu, qui lance une attaque sur la cité-État de Megiddo : c’est un échec qu’il paie de sa vie. Ces trois sphères d’influences, le fait est à noter, vont se maintenir longtemps[5].
  • Ramsès III (-1182, -1151) s’affronte durement avec les Peleset, un des Peuples de la Mer, et fait graver sur son temple une scène de bataille d’un réalisme dramatique. L’Égypte utilisera par la suite, semble-t-il, des Philistins comme mercenaires dans ses garnisons palestiniennes.

Âge du fer I -1200 à -900

  • Les zones montagneuses sont, pour une raison géographique évidente, moins exposées aux Peuples de la Mer. C'est dans ces régions montagneuses, vers -1200, qu'apparaissent les premiers Israélites, population semi-nomade qui se sédentarise. Israël Finkelstein en est l’un des découvreurs. On observe ensuite une croissance régulière de cette population, qui se poursuit à l'époque de David et de Salomon. Pour Pierre de Miroschedji, la culture israélite a émergé dans les collines du centre du pays, en continuité avec la culture cananéenne de l'époque précédente[6].
  • Vers -1000, on estime la population à 40 000 habitants répartis sur 230 sites dans la moitié nord, mieux arrosée et proche des grandes voies de communication, pour 5 000 habitants répartis sur 20 sites dans la moitié sud (plus sèche et plus isolée). Ces chiffres, très faibles, démontrent l’impressionnant progrès des méthodes d’investigation de l’archéologie aujourd’hui. L’inscription, ligne 27 de la stèle de Mérenptah (-1207), selon laquelle Israël est un groupe semi-nomade qui n’habite pas dans une ville, se trouve ainsi confirmée.
  • La Stèle de Tel Dan, postérieure à -900 (non datée exactement), vante les exploits de l’araméen Hazaël, roi de Damas : « J’ai tué [Jo]ram fils d’[Achab] roi d’Israël, et [j’ai] tué [Ahas]yahu fils de [Joram ro]i de la maison de David. Et j’ai réduit [leur ville en ruine et changé] leur terre en [désolation]. » L’archéologie a ainsi la preuve qu’il y a bien eu un roi David, dont la “maison de David” (la dynastie) était différente de la "maison d'Omri" (désignation de la dynastie d'Israël dans les archives assyriennes).
  • À l’époque du roi David, Jérusalem est un petit village entouré d’une population rurale très dispersée (5 000 habitants répartis sur 20 sites). La croissance de cette population est assez lente mais régulière, elle se poursuit sous Salomon, Jérusalem restant cependant une agglomération de taille modeste[7]. La population totale du royaume de Juda est estimée, selon les critères habituels en archéologie, à 35 000 vers –800. Il n’y a, dans la région, nulle trace d’une activité militaire sous David (aucune trace de grande bataille des Israélites avec les Philistins), ni de la construction de très grands bâtiments sous Salomon (temple, palais, écurie). Pourtant, l’archéologie est à même d’identifier, dans le même site autour du promontoire, de grandes constructions antérieures (murailles cyclopéennes vers –1700), ainsi qu’un développement foudroyant postérieur (vers –700)[8].
  • Sheshonq Ier attaque les principales cités du nord ainsi que la partie montagneuse d’Israël située juste au nord de Jérusalem. Plusieurs villes sont alors incendiées et détruites. L’épisode est relaté sur un mur de Karnak. Les inscriptions ne mentionnent pas Jérusalem (c’est un petit village) et ignorent complètement Juda. L’épisode se situe entre -950 et –900 mais n’est pas daté précisément par l’archéologie : cette imprécision empêche donc d’étalonner le carbone 14 à cette occasion[9].
  • La culture philistine du littoral méridional et la culture cananéenne des vallées du nord se poursuivent jusque vers –900 sans interruption et, dans le royaume des Omrides, une importante population cananéenne coexiste avec la population israélite : on ne peut donc pas définir l'Histoire de la Palestine entre –1200 et -900 à partir de la seule culture israélite.

Âge du fer II -900 à -586

Localisation des principaux sites du Levant de la première moitié du Ier millénaire avant J.-C.
  • Au royaume de Juda, après –900, d’imposantes citadelles sont construites à Lakish et Bet-Shemesh, une forteresse à Arad et une autre à Beersheba (Beer Sheva), signant un essor économique, commercial et administratif au sud de Jérusalem.
  • Selon la stèle de Mesha (–853), « Omri [était] roi d’Israël, et il opprima Moab pendant de nombreux jours… Et son fils lui succéda, et lui aussi il déclara “je vais humilier Moab.” Ainsi a-t-il parlé, sous mon règne… Et Omri prit possession de la terre de Medeba. Et il y habita pendant son règne, et la totalité des règnes de ses fils : pendant quarante ans. » Le royaume d’Israël, sous la dynastie des Omrides (-884, -842), a pour capitale Samarie. On y a dégagé une immense esplanade et un superbe palais de pierre taillée, le plus grand de la région, daté -900[10]. Le royaume, qui comprend toutes les grandes villes du nord, devient un véritable État avec une gestion administrative centralisée, la production à grande échelle de céréales et l’exportation, en grande quantité, d’huile d’olive et de vin, vers l’Assyrie en particulier. Les armées d’Hazaël mettent fin à la domination de ces puissants chefs militaires que sont les Omrides, comme à celle des Philistins (destruction de Gat).
  • Au royaume d’Israël, on trouve à Megiddo, Hazor et Gezer des portes monumentales en triple tenaille, que l’on a, au siècle dernier, attribuées à Salomon. Mais les datations actuelles situent ces trois portes à des époques différentes et, de plus, des portes du même type ont été trouvées dans des régions très diverses, sans rapport avec les Israélites. Celle de Megiddo est datée –800. Une très grande écurie a été trouvée à Megiddo, datée –800 également. Les restes les plus importants, palais et temples en pierre taillée, sont datés –900[11].
  • L’Assyrie envahit le royaume d’Israël en –720, anéantissant sa puissance économique et politique.
  • Vers -700, Jérusalem, modeste bourgade de 6 hectares, passe à 75 hectares en quelques décennies, et devient une ville impressionnante protégée par une muraille formidable. Sa population passe en peu de temps de 1 000 à 12 000 habitants et la population totale de Juda est alors estimée à 120 000 habitants[12]. Cette croissance spectaculaire s’explique par l’afflux de réfugiés en provenance du royaume d'Israël et par la collaboration commerciale de Juda avec l’Assyrie. Les jarres, de taille standardisée, portent des sceaux officiels, preuve d’un mode de production industriel et de la généralisation de l’écriture.
  • Ézéchias (-715, -687) fait creuser un tunnel pour amener l’eau sous la ville, réalisation qui représente une grande prouesse technique, à laquelle la Bible fait allusion. Une inscription commémorative, en hébreu ancien, a été gravée. Destinée à être lue pour informer (alors que les stèles ont jusqu’ici une fonction magique qui explique le style laudateur à l’excès de leurs textes), elle prouve que Juda est désormais alphabétisé. Le nombre d’ostraca trouvés augmente d’ailleurs considérablement à partir de -800. Dans la Bible, les événements ont à partir de -700, un fondement historique précis, en rapport avec les données archéologiques, ce qui n’était pas le cas auparavant, tant que l’écriture proto-hébraïque n’était pas pratiquée au sein de la population.
  • En -623, la puissance Assyrienne s’effondre, les Assyriens se retirent de la région du nord. Le règne de Josias – descendant de David – couronné en -639, représente, pendant 30 ans, l’apogée de la monarchie israélite.
  • Vers -600, Juda a 75 000 habitants, dont 15 000 à Jérusalem. Juda rêve d’étendre son influence sur le nord, de réaliser l’unité du peuple d’Israël, mais les visées égyptiennes sont contraires à ce projet[13]. L’Égypte est un bien grand voisin (2 800 000 habitants vers –1250). Cette concurrence constitue, pour la première fois en Juda, une raison réelle d’hostilité vis-à-vis de l’Égypte. Dans la Bible, l’Égypte est tantôt présentée comme un pays amical (Joseph), tantôt comme un pays hostile (Moïse).
  • En -586, Nabuchodonosor (Babylonie, c’est-à-dire Mésopotamie du centre) conquiert le royaume de Juda et Jérusalem, déporte le quart de la population à Babylone et détruit le Temple et la cité systématiquement. Il en résulte une première Diaspora juive. Juda devient Jehoud, la Judée : une certaine vie des Jehoudim (les Juifs) subsiste sur les emplacements actuels de Ramallah et de Bethléem. Les fouilles permettent d’estimer à 30 000 habitants la population de la province de Jehoud qui entoure Jérusalem à cette époque.

La période perse -587 à -333

De 587 av. J.-C., la période perse s'étend jusqu'en 333 av. J.-C..

  • D'autres peuples commencent à cette période à s'installer alors en Samarie, parmi lesquels les Edomites, les Ammonites et les Maobites.
  • En 539 av. J.-C., Cyrus le Grand, roi de Perse, fait la conquête de Babylone et de ses provinces. Il autorise la même année par un édit les Israélites à retourner en Palestine, mais la situation économique n'y est pas très favorable et beaucoup restent dans l’empire perse, aidant parfois financièrement ceux qui choisissent de revenir en Palestine. Ces derniers, au nombre de 40 000 environ, reconstruisent le Temple de Salomon (selon la Bible, d'abord l'autel des sacrifices dès 538 av. J.-C. puis le temple lui-même entre 520 et 515 av. J.-C.). D'autres parties de la ville détruite, dans laquelle certains Israélites étaient déjà retournés clandestinement, sont rebâties.
  • Cette épreuve pour la communauté judéenne en exil, soldée par un renouveau religieux en Palestine, permet l'émergence véritable du judaïsme.
  • Une importante communauté juive se développe à Éléphantine en Égypte. Elle nous est connue en détail par une riche collection de papyri écrits en araméen.
  • Jusqu'au IVe siècle av. J.-C., grâce aux libertés qui règnent dans l’empire Perse, la Judée et la Samarie deviennent plus florissantes. Le grand prêtre de Jérusalem est nommé administrateur de la province perse de Judée, ce qui fait d’elle une théocratie. L'araméen ayant été adopté par les souverains achéménides sous l'administration babylonienne, cette langue se propage en Palestine et, en Judée, elle prend une importance de plus en plus grande au détriment de l'hébreu.

La période hellénistique -333 à -134

La période hellénistique s'étend de 333 av. J.-C. à 63 av. J.-C..

  • En 333 av. J.-C. : Alexandre le Grand de Macédoine, vainc les Perses, s'ouvrant ainsi la voie vers la Syrie. Après Tyr et Gaza en 332 av. J.-C., il pénètre en Égypte où il fonde Alexandrie en 331 av. J.-C., puis entame la conquête de la Judée et des terres entre l'Égypte et l'Inde, obligeant les peuples à lui faire acte d'allégeance.
    • La Palestine semble alors connaître un temps de paix et la Judée s'hellénise partiellement, de nombreux Grecs s'y installent et leur culture influence profondément les domaines sociaux, philosophiques mais également religieux. La communauté juive devient minoritaire d'autant plus que de nombreux juifs partent par milliers s'installer dans les nombreuses cités de l'empire, depuis la mer Noire jusqu'à la mer Égée, mais surtout dans la nouvelle capitale d'Alexandrie (voir : Juifs de l'Égypte hellénistique et romaine). Ces migrations prirent une telle importance qu'on les désigna sous le nom collectif de diaspora (en grec, « dispersion »). À cette période, la Bible commence à être traduite en grec, traductions qui formeront la Septante. Des synagogues sont édifiées dans les grandes villes.
    • Après la mort d'Alexandre, en 323 av. J.-C., ses descendants, les Séleucides de Syrie, contrôlent la Judée jusqu'au IIIe siècle av. J.-C., mais elle devient l'enjeu de conflits incessants entre l'Égypte et la Syrie.
  • En 198 av. J.-C., le roi Antiochos III de Syrie écrase les Égyptiens à la bataille de Panion, et annexe définitivement la Judée à ses territoires, et tente de remplacer le judaïsme par l'hellénisme.
  • Selon l'historien Flavius Josèphe, Antiochos III avait accordé aux Juifs une charte définissant le statut théocratique de la nation juive. Cependant, les tensions avec les Romains se multiplient et le successeur d'Antiochus III ne renouvelle pas cette charte.
  • En 167 av. J.-C., le roi Antiochos IV de Syrie interdit la religion juive et remplace dans le Temple sacré, l'autel de Yahvé par un autel consacré à Zeus.
    • Selon les livres des Macchabées repris par Flavius Josèphe, le soulèvement juif s'organise sous la direction du prêtre Mattathias et de ses fils, les Macchabées. Au terme d'un rude conflit militaire, les Macchabées, qui ont fait appel aux Romains en 164 av. J.-C., sont victorieux, obtiennent l'abrogation des mesures qui ont provoqué le soulèvement. Judas Macchabée conduit alors des expéditions punitives envers les non-Juifs et les Juifs hellénisés.
    • Les grands prêtres désignés sont favorables à la culture hellénique, ce qui génère des conflits avec les adversaires des Grecs qui finissent par céder. Ces derniers nomment en 152 le chef des rebelles Jonathan grand prêtre.

La période hasmonéenne -134 à -63

C'est avec le petit-fils de Jonathan, Jean Hyrcan Ier(134-104), que les Juifs connaissent une période d'indépendance sous la forme d'une dynastie monarchique et sacerdotale hasmonéenne. Le nouveau royaume annexe la Samarie et l'Idumée et leurs habitants adoptent le judaïsme, contraints en partie. Au Ier siècle av. J.-C., le trône de Judée est l'enjeu d'un grave conflit entre les deux princes hasmonéens Hyrcan II et Aristobule II. Le gouverneur Antipater s'allie avec les Romains qui étaient restés depuis un siècle dans la région, et en 63 av. J.-C., le général romain Pompée entre à Jérusalem.

Les manuscrits dits de la mer Morte datent de cette période. Déposés dans des grottes à proximité de Jéricho, au cours de la première révolte juive contre les Romains (au plus tard en 68 av. J.-C.). Par ailleurs, le grec est devenu la langue internationale au Proche-Orient comme dans l'ensemble du monde "civilisé".

La période romaine -63 à 324

Elle s'étend de 63 av. J.-C. à 324 ap. J.-C. et se prolonge, sans solution de continuité, dans la brillante période byzantine.

Les historiens distinguent usuellement deux périodes, la première concernant les deux derniers siècles de la Jérusalem juive, jusqu'à la fin de la guerre d'Hadrien 135 ap. J.-C., puis l'époque de la païenne Ælia Capitolina, se clôturant sur la victoire de Constantin, en 324 ap. J.-C..

  • En 63 av. J.-C., Pompée prend Jérusalem. Hyrcan II étant grand prêtre, Antipater, son ministre gouverne la Judée. c'est alors que se généralise le terme « Judéens » pour désigner les enfants d'Israël et qui donnera juifs en Français.
  • À partir de 47 av. J.-C., le royaume de Judée est directement soumis à l'empire romain. Ce sont les Romains qui créeront, plus tard, le nom « Palestine » en souvenir du peuple philistin. Le gouverneur Antipater prend le titre de procurateur. La loi romaine s'étend sur la Judée, qui est rattachée à la grande province romaine de « Syrie-Palestine ».
  • En 37 av. J.-C., Hérode le Grand, le fils d'Antipater devient roi de Judée. Dans un premier temps, aucun juif n'avait pu prétendre à la royauté, le plus haut grade leur étant accordé étant celui de grand prêtre ou d'ethnarque. Mais Hérode s'impose parmi ceux à même de défendre les intérêts romains en Palestine, devenant roi allié à l'empire. À la fin de son règne, son royaume s'étend sur la Palestine jusqu'à la mer Morte, entre Massada et Sodome, et des parties de la Transjordanie. En administrateur et helléniste passionné, il fait construire gymnases, théâtres, piscines et autres lieux de rassemblements, ainsi que des temples en l'honneur de l'empereur romain. Il aménage également le mont de Massada et la colline de l'Hérodion (proche de Bethléem) pour en faire des forteresses, celles-ci accueillent alors les plus anciennes synagogues connues, celle de l'Hérodium qui est datée de la Première révolte juive, et celle de Massada du début du règne d'Hérode
  • En 20 ap. J.-C., Hérode s'attache à bâtir à la place du modeste temple que les Juifs ont érigé à leur retour d'exil, un Second Temple. Le culte s'y établit dès l'an 18 ap. J.-C., mais l'aboutissement de la réalisation ne se fera qu'en 64 ap. J.-C., quelques années avant la Première révolte juive, qui verra ce monument être détruit. Hérode tarde cependant à se faire reconnaître des Juifs, qui lui reprochent ses origines étrangères er son alliance avec Rome qu'il applique dans un despotisme souvent brutal.
  • Le régime procuratorien dure 60 ans jusqu'à la Première révolte juive - interrompu de 41 à 44, ce qui correspond au règne d'Agrippa.
  • Parmi les procurateurs qui se succèdent jusqu'en 41, le commandement de Ponce Pilate (26-36) reste associé dans les textes religieux des Évangiles à la mort de Jésus-Christ. Son règne se termine peu après le massacre de Samaritains qu'il ordonne.
  • Considéré au départ comme une secte juive, le christianisme, porté par de brillants disciples, s'étend rapidement parmi les juifs hellénisés, qui considèrent Jésus-Christ comme le Sauveur (en hébreu Yeshua), le Messie attendu et annoncé par les prophéties. Cependant cette nouvelle religion se propage avec beaucoup plus de force et de foi vers Rome et l'Europe qu'en Judée même, ou le judaïsme, fondement et source du monothéisme, est largement suivi par la population. Les religieux réagissent fortement en refusant tout laxisme dans l'observance des formes de la religion traditionnelle.
  • Au début de l'ère chrétienne, la population de Judée est composée en majorité d'habitants d'origine grecque, en partie judaïsés, d'un tiers de juifs autochtones, et de quelques groupes de Nabatéens.
  • De 41 à 44 ap. J.-C., Agrippa 1er règne sur les terres du royaume d'Hérode, légèrement modifiées. À sa mort, l'empereur Claude fait du royaume du défunt une province administrée par un procurateur romain. La situation devient tendue entre Romains et Juifs qui les accusent de despotisme et des incidents éclatent.
  • En 66 ap. J.-C., lors du prélèvement effectué sur le trésor du Temple, des émeutes éclatent, qu'attisent les Zélotes. Elles constituent la Première révolte juive, de 66 à 70. Proclamé empereur en 70, le général Vespasien, envoyé par l'empereur Néron, confie à Titus son fils, la mission de terminer les opérations engagées contre les Juifs. Les bastions juifs tombent les uns après les autres, le Temple de Jérusalem, après plusieurs mois de siège en 70, est incendié, la forteresse de Massada est vaincue en 73. De nombreux juifs sont vendus comme esclaves.
  • En 72 ap. J.-C., est fondée Flavia Neapolis, l'actuelle ville de Naplouse. La province est devenue indépendante de celle de Syrie et est régie par un légat.
  • Vers la fin du Ier siècle, le canon hébraïque de la Bible est fixé à Jamnia (Yabné), après la destruction du Temple. Pour les versions grecques, voir Traductions de la Bible.
  • Au IIe siècle, lorsque l’empereur Hadrien ordonne de rebâtir Jérusalem sous le nom d'Ælia Capitolina en l'honneur de Jupiter et interdit la circoncision, une nouvelle révolte juive éclate, en 132, sous la direction de Simon Bar-Kokheba.
  • En 135, les troupes romaines finissent par écraser la rébellion dans le sang. Le royaume de Judée est définitivement aboli et complètement intégré dans la province romaine de Syrie Palestine. Jérusalem est déclarée cité romaine et interdite aux Juifs sous peine de mort.
  • Les juifs de Palestine se regroupèrent en Galilée et autour du lac de Tibériade.
  • La communauté juive d'Égypte, estimée à 300 000 personnes, particulièrement importante à Alexandrie, est exterminée entre 115 et 117 par les soldats romains de Trajan et par les citoyens grecs d'Alexandrie (voir Juifs de l'Égypte hellénistique et romaine).

La période byzantine 324 à 638

Découpage administratif de l'empire byzantin, suivant les limites des diocèses de Palaestina Prima et Palaestina Secunda, vers la fin du 4e siècle
  • À partir du IIIe siècle, sous l’influence des chrétiens qui sont devenus de plus en plus puissants, surtout après l'adoption du christianisme par l’empereur Constantin Ier au IVe siècle, la Palestine prend un statut moral particulier en étant considérée comme Terre sainte.
  • Constantin et spécialement sa mère sainte Hélène, qui vient en pèlerinage sur place, détruisent les sanctuaires païens établis sur les lieux saints et établissent des basiliques sur le site du Saint-Sépulcre et de la Nativité à Bethléem. D'autres basiliques et sanctuaires sont construits et le pèlerinage en Terre Sainte se développe, ainsi que le monachisme (saint Jérôme de Stridon se retire à Bethléem pour y traduire la Bible en latin : la Vulgate).
  • La Palestine byzantine connaît, comme le reste de la partie orientale de l'Empire, une floraison culturelle et économique alors même que l'Empire d'occident disparaît.
  • Les empereurs byzantins de Constantinople s'y intéressent de très près. Au VIe siècle, les chrétiens sont majoritaires en Palestine, aux côtés desquels on trouve une forte minorité juive, des Arabes païens et une petite communauté samaritaine.

La période musulmane 638 à 1096

  • 638 : Le Calife Umar (634-644), annexe les territoires de Syrie et la Judée. Jérusalem tombe après deux ans de siège et les conquérants convertissent pacifiquement[14] la population. La cité de Jérusalem est un lieu sacré de l’islam, car selon les musulmans, Mahomet aurait été transporté, lors d’une nuit miraculeuse, de La Mecque à « la plus éloignée des mosquées ». Dans ce lieu — d'après la tradition musulmane — il a fait son ascension au paradis : c’est l’épisode du isra' (voyage nocturne) et du Mi’radj (ascension). Les Arabes autorisaient les Juifs et les Chrétiens à rester dans Jérusalem.
  • En 691, La «Coupole du Rocher», l'un des plus beaux monuments de l’architecture islamique, est construite à Jérusalem, sur l'emplacement de l'ancien temple juif détruit par les romains.
  • En 702 est construite la mosquée Al-Aqsa, près du nouveau Dôme du Rocher.
  • Salih ibn Ali, le Wali d’Égypte est nommé gouverneur de la Palestine, il sera confirmé par le nouveau Calife en 755.
  • Au Xe siècle, la dynastie régnante des Fatimides s’oppose aux attaques turques, bédouines et byzantines.
  • Le géographe arabe Muqaddasi, né à Jérusalem en 942, définit la Palestine comme le territoire s’étendant de la plaine côtière à la steppe, à travers la montagne, puis la dépression du Jourdain.
  • En 972, le calife Fatimides al-Mu'izz, (953-975), étendit son empire sur l’Égypte, la Palestine et une partie de la Syrie.
  • De 1090 à 1272, les haschischins, secte politico-religieuse dissidente du courant ismaélien, font régner la terreur dans les États du Proche et du Moyen-Orient. Ils prônaient l’élimination physique des ennemis de la Vérité, et tuèrent de nombreux dignitaires Turcs seldjoukides, Abbassides, Sunnites, Fatimides et croisés chrétiens.

Le temps des croisades 1096 à 1244

  • De 1096 à 1099, première croisade des chrétiens en Terre Sainte.
  • En 1098, Jérusalem est prise par les Fatimides
  • le 15 juillet 1099, Jérusalem est prise par les Croisés, une grande partie des habitants musulmans et juifs sont massacrés.
  • En 1100, le roi Godefroi de Bouillon désireux avant tout de protéger les intérêts de l’Église dans l’État latin en formation, choisit lui-même de porter le titre d’avoué du Saint-Sépulcre, car il ne voulait pas ceindre une couronne d’or là où le Christ avait porté une couronne d’épines.
  • Le 18 juillet 1100, le roi Godefroi de Bouillon meurt tué par une flèche empoisonnée, selon le chroniqueur ibn al-Qualanissi, alors qu’il dirigeait les opérations du siège d’Acre, mais selon les chroniqueurs francs il serait mort de la peste.
  • En juin 1101, Bataille de Rama, lors de laquelle, le nouveau roi Baudouin Ier, avec ses 260 chevaliers et son infanterie, écrase l’armée égyptienne du général-émir al Sawla al Qavasi.
  • En mai 1102, Bataille de Rama près de Jaffa, lors de laquelle 20 000 guerriers égyptiens débarquent et prennent par surprise le roi Baudouin et ses chevaliers qui sont massacrés. Le roi réussit à se sauver, mais Jérusalem se retrouve sans défense, or curieusement les Égyptiens ne tentent rien et repartent.
  • En 1103 : Le roi Baudouin Ier prend les cités de Haïfa, de Jaffa et d’Acre.
  • En 1108 : Arrivée en Palestine de Bertrand de Toulouse et d’escadres de mercenaires génois, dans le but final de prendre Tripoli et Beyrouth au Liban.
  • En 1111, le gouverneur palestinien d’Ascalon, propose au roi Baudouin Ier, un tribut versé par les palestiniens de la ville, en contrepartie de l’éviction des fonctionnaires égyptiens, et de la fourniture d’une garnison franque pour les protéger, mais en juillet les égyptiens contre-attaquent et massacrent le gouverneur et 300 guerriers francs.
  • En 1113 :
  • En 1115, Tughtekin de Damas s’allie au roi Baudouin pour contrer l’armée du sultan Mohammed de Bagdad.
  • En 1117, le roi Baudouin Ier répudie sa deuxième épouse après l’avoir ruinée.
  • En 1118 :
    • En mars, le roi Baudouin Ier part conquérir l’Égypte avec 216 chevaliers et 400 fantassins, il traverse le Sinaï mais meurt de maladie à El-Arich le 2 avril. Le nouveau roi est Baudouin, comte d’Édesse, sous le nom de Baudouin II.
    • L’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ est créé par les chevaliers Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer, afin d’assurer la garde du défilé d'Athlit, le chemin d’accès le plus dangereux pour les pèlerins.
      • Le nouveau roi de Jérusalem, Baudouin II leur octroie une partie de son palais, à l’emplacement du Temple de Salomon.
      • En l’honneur de ce lieu hautement symbolique, ils prennent le nom d’Ordre du Temple en 1119, créé avec sept autres chevaliers français : André de Montbard, Gondemare, Godefroy, Roral, Payen de Montdésir, Geoffroy Bisol et Archambaud de Saint-Agnan. André de Montbard était le neveu de Saint-Bernard qui a écrit lui-même la règle de l’ordre. Jusqu’en 1291 et la chute de Saint-Jean-d'Acre, les Templiers vont gagner, en Terre Sainte, une aura très importante.
  • En 1147 et 1148, désastreuse deuxième croisade qui finit par rejoindre Jérusalem.
  • En août 1153, les Templiers, par la prise de la cité d’Ascalon, marquent leurs ambitions d’obtenir un véritable pouvoir temporel.
  • À l’exception de l’époque de la désastreuse deuxième croisade, la Palestine connaissait depuis la mort du roi Baudouin Ier en 1118 des années de paix relative et de relation de bon voisinage entre chrétiens et musulmans. Beaucoup d’anciens croisés épousèrent des femmes arabes et adoptèrent nombre de coutumes orientales, et d’intenses échanges commerciaux se développèrent avec les ports italiens. Il n’y eut pas de conversion forcée au christianisme, mais des persécutions contre les Juifs qui choisirent l’exil en grand nombre et disparurent presque de Palestine.
  • Dans les années 1180, le plus puissant seigneur du monde musulman était le sultan d’Égypte, Salâh al-Dîn, dit Saladin. Il dominait une grande partie du Levant et avait en général de bons rapports avec les chrétiens. Mais les agissements de quelques seigneurs fanatiques l’obligèrent à entrer en guerre. Lors de la bataille de Hattin (Attîn), Saladin battit les chrétiens et finalement entra en vainqueur à Jérusalem en octobre 1187. Cet évènement dès qu’il fut connu en Europe entraîna l’appel à la troisième croisade.
  • En 1189, l’empereur Frédéric Barberousse, le roi de France Philippe Auguste et le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion, unirent leurs forces et formèrent une très importante armée, l’armée des Rois. Cependant Frédéric Barberousse se noya, et Philippe Auguste quitta la croisade après la prise de Saint-Jean-d'Acre. Resté seul, Richard Cœur de Lion accomplit des prodiges mais finalement, en 1192, avant de repartir, il négocia une trêve avec Saladin, aux termes de laquelle, Jérusalem restait définitivement aux mains de Saladin, les pèlerins chrétiens étaient autorisés à s’y rendre librement et les « Francs » conservaient les ports du Levant, ainsi que Chypre.
    • Avec la défaite des Croisés et la victoire de Saladin, la communauté juive redevint plus nombreuse, surtout dans les villes côtières.
  • En 1228 et 1229, l’empereur germanique Frédéric II, excommunié, organisa sa propre croisade en Terre sainte, et, essentiellement par la diplomatie, il obtint la restitution de Bethléem, de Nazareth et de Jérusalem.
  • En 1244, les musulmans reprennent définitivement Jérusalem.

La conquête ottomane 1244 à XVIIIe

  • Après Saladin, aux XIIIe siècle et XVIe siècle, les Mamelouks égyptiens, créés en 1230, prennent en 1250 le pouvoir en Égypte et contrôlent la Palestine, alors que le prestige de Jérusalem s’accroît dans le monde arabe.
    • Durant cette période, la Palestine, accueille des réfugiés arabes chassés par l’avancée des Mongols sur l’Irak et la Syrie, et vers la fin du XVe siècle, elle accueille les réfugiés juifs chassés d’Espagne. Beaucoup d’entre eux s’installent en Galilée, et vont être à l’origine du rayonnement intellectuel et religieux de la ville de Safed.
  • En 1516, le sultan turc Selim Ier de Constantinople conquiert la Palestine qui va devenir durant 4 siècles, jusqu'en 1917, une des provinces arabes de l’Empire ottoman, un an avant l'Égypte, mais il laisse aux milices mamelouks le pouvoir au niveau local, avec le titre de Bey.
  • Intégrée dans l’empire Ottoman, la Palestine connaît au XVIe siècle un bon développement économique, au contraire de l’Égypte. Les cités et lieux de cultes sont rénovés, toutes les communautés voient leurs populations croître. Les Ottomans autorisent les juifs à se réinstaller en Palestine, fuyant les persécutions (notamment d'Espagne).

Le XIXe siècle

Bonaparte y passe, suivi d’une courte présence égyptienne. La région subit une forte dépression économique, mais, à la fin du XIXe siècle, la Palestine redevient l’objet des convoitises, notamment européennes, et sa population voit l’arrivée massive d’Arabes de Transjordanie, tandis que les minorités chrétiennes et juives s’étendent également.

  • Le général Napoléon Bonaparte passe par la Palestine et Saint-Jean-d'Acre.
  • Lors de ce XIXe siècle, la Palestine subit une forte dépression économique, et redevient l’enjeu de convoitises européennes.
  • 20 avril 1799, Jérusalem : Proclamation à la nation Juive, discours de Napoléon Bonaparte, durant sa campagne d'Égypte, reconnaissant la propriété de la terre sainte (Palestine) au peuple juif[15].. L'autenticité de cette proclamation est contestée par certains historiens[16].
  • 1800 : Le 16 août 1800, Napoléon Bonaparte déclara : "Si je gouvernais une nation juive, je rétablirais le temple de Salomon."[17].
  • 1854 : Selon le compte-rendu publié dans le New York Tribune, les Juifs représentaient les deux tiers de la population de Jérusalem. Le journaliste, envoyé spécial au Moyen-Orient pour Le Tribune s'appelait Karl Marx.
  • 1866 : Le Suisse Henri Dunant (1828-1910), fondateur de la Convention de Genève et de la Croix Rouge, constitue La Société Nationale Universelle pour le Renouvellement de l'Orient, et lance un appel suggérant que les colonies juives naissantes en Palestine soient déclarées diplomatiquement neutres, tout comme la Suisse.
  • 1873 : Les territoires allant de Ramleh-Jaffa, au nord, jusqu’à l’Égypte, au sud, relèvent désormais directement des autorités de Constantinople. Jusque là, la Judée et la Samarie relevaient de l’administration de Damas, alors que la Galilée relevait de Beyrouth.
  • 1881 : L'assassinat du tsar Alexandre II marque le début de la première vague d’immigration juive. Des Juifs venus de Russie, de Roumanie, et du Yémen, viennent s’installer en Palestine. Le baron Edmond de Rothschild se met à acheter de la terre en Palestine et finance le premier établissement "sioniste" à Rishon LeZion (Le Premier à Sion). Arrivée des premiers sionistes, les Amants de Sion.
    • Avant cette arrivée (en 1881), la population de la Palestine est de 457 000 personnes, dont 400 000 musulmans, entre 13 000 et 20 000 Juifs et 42 000 chrétiens, la plupart orthodoxes grecs[18].
    • Ces derniers, ashkénases d'origine européenne et sépharades d'origine d'Espagne, d'Afrique du Nord et du Moyen Orient, sont de condition modeste et se concentrent dans des quartiers à Jérusalem, Hébron, Safed et Tibériade. Ils ne représentent au total qu'une minorité insignifiante (hormis dans ces villes).
    • La population Arabe vit à 70% dans des petits villages dans les collines, à proximité des sources et des puits, où, métayers, ils vivent d'une agriculture primitive. Les grands propriétaires terriens vivent dans les villes et, pour certains, à Beyrouth, Damas et Paris. C'est à eux, principalement, que les terres seront achetées, privant ainsi les métayers de leur outil de travail.

Des quêtes sont organisées dans les milieux ouvriers juifs communistes européens pour l'achat de terres en Palestine, des gravures d'époque présentent ces quêtes populaires. Le sionisme moderne est né dans les milieux juifs socialistes communistes ouvriers qui influenceront directement le style de vie des nouveaux arrivant: une société proche des idéologies socialistes et des méthodes collectivistes soviétiques, en créant des collectivités semblables aux kolkhozes russes (coopératives agricoles de production qui avait la jouissance de la terre qu'elle occupait et la propriété collective des moyens de production), ou tout est mis en commun au service de la communauté. En Israël ce sont à la campagne des collectivités appelées Kvoutza, modernisées ensuite par le Kibboutz et le Mochav, coexistants avec un secteur privé.

  • 1883 : Début des activités d’implantation de colonies juives par le baron Edmond de Rothschild en Palestine.
    • Les idées de Theodor Herzl se concrétisent. Bien qu'en public il prétende que l'arrivée des Juifs n'apporterait que des bienfaits matériels, il est conscient du problème que pose la présence de la population Arabe en Palestine, mais il se garde d'en parler[19].
  • 1890 : Début de la deuxième vague d’immigration juive en provenance de Russie.
  • 1899 : Création de la Banque coloniale juive, chargé de générer le financement des activités pour l’achat de terres en Palestine.

Le XXe siècle jusqu'à la Déclaration Balfour (1903 - 1920)

  • 1903 : Le 6e Congrès sioniste, adopte le principe d’une installation en Palestine.
  • 1908 : Ouverture près de Jaffa du Bureau palestinien destiné à organiser l’achat de terres par le Dr Arthur Ruppin (1876-1943), ainsi que du Palestine Land Development Company (PDLC).
    • En mars, incidents à Jaffa entre Juifs et Arabes.
  • 1909 : Fondation d’un petit bourg juif à proximité de Jaffa qui deviendra la ville nouvelle de Tel Aviv.
    • Création du premier kibboutz.
    • La notion de travail juif, au cœur de la philosophie socialiste, conduit à l'exclusion des Arabes de l'économie juive. Cette politique exacerbe l'hostilité des Arabes envers le sionisme. Paradoxalement plus ouverts, les riches propriétaires terriens utilisent la main d'œuvre arabe, moins chère et plus expérimentée[20].
  • 1910 : À Jerusalem sur une population totale de 73700 personnes, 47400 sont juifs, 9800 musulmans, 16500 chrétiens. ( En 1860, sur 18000 personnes on comptait 8000 juifs, 6000 musulmans et 4000 chrétiens )
  • 1915 : En pleine guerre, le Royaume-Uni, la France et la Russie, planifient, dans le plus grand secret, le partage du Proche-Orient et définissent les contours de leurs zones d’influence. Ils pensent que la Palestine est un cas particulier, du fait de l’enjeu symbolique que constituent les lieux saints, et doit bénéficier d’un statut international.
  • 1916 : L’accord Sykes-Picot redéfinit la nouvelle carte géo-politique du Moyen-Orient. La Palestine est définie comme zone internationale, comprenant Saint-Jean-d’Acre, Haïffa et Jérusalem.
Article détaillé : Déclaration Balfour de 1917.
  • 1919 : Rencontre entre l'Emir Fayçal et Haïm Weizmann le 3 janvier; la possibilité d'une coopération judéo-arabe apparaît. L'Emir Fayçal envisage favorablement la venue des Juifs en Palestine et la fondation d’un Foyer National Juif.

Le Mandat britannique (1921-1947)

Articles détaillés : Palestine mandataire et Histoire du sionisme.
  • En 1921 :
    • De passage à Jérusalem, le jeune secrétaire d’État britannique aux Colonies, Winston Churchill, reçoit une délégation islamo-chrétienne qui lui déclare : « Si les sionistes n’étaient venus en Palestine que comme des hôtes, ou si les choses en étaient restées à ce qu’elles étaient avant la guerre, il n’y aurait pas de problème Juifs et de non-Juifs. Mais c’est l’idée d’une Palestine transformée en un Foyer national juif que les Arabes rejettent et combattent ».
    • Les mouvements palestiniens refusant de cautionner la construction d’un « Foyer national juif », ils rejettent toute participation aux institutions politiques du mandat britannique, à l’exception de la gestion des affaires religieuses.
  • 1922 : La Transjordanie (partie orientale du territoire mandataire britannique) devient un émirat autonome. Elle est soustraite à l’immigration juive.
  • 1928 : la Palestine vivait jusqu’en 1926 dans un calme relatif, mais la communauté juive -le yichouv - traverse depuis une crise profonde. Le tarissement de l’immigration juive permet même à certains de parler de « banqueroute du projet sioniste ». Cette année là, la commémoration par les juifs sionistes de la destruction du Temple par les Romains se radicalise et est ressentie comme une provocation par la communauté musulmane. De nombreux incidents ont lieu près du mur des Lamentations. Des rumeurs commencent à circuler, au sujet d’un complot juif, dont le but de s’emparer de l'Esplanade des mosquées.
  • 1929 : La rumeur aboutit à des émeutes qui prennent des allures de pogrom anti-juif; massacres à Hébron puis à Safed : 113 juifs tués et 339 autres blessés. Pourtant, l'émigration reprend, et de nombreux juifs d’Europe centrale continuent d’arriver en Palestine, apportant des capitaux et achetant de plus en plus de terres arabes.
  • 1930 : Publication du second Livre Blanc britannique, prévoyant de limiter pour la première fois l’immigration des Juifs en Palestine.
  • 1931 : Deuxième recensement britannique. La Palestine compte 175 000 Juifs et 880 000 Arabes (pour 84 000 Juifs et 760 000 Arabes lors du premier recensement en 1922)[22]. En 1939, la Palestine comptera 1 070 000 Arabes et 460 000 Juifs[23].
  • En 1933 :
    • Adolf Hitler accède au pouvoir en Allemagne. C’est le début de la 5e aliyah, principalement en provenance d’Allemagne et des territoires contrôlés par les Allemands.
    • en octobre, à Haïfa, des émeutiers arabes s’en prennent aux autorités britanniques qu’ils considèrent comme responsables des progrès du sionisme.
  • 1934 : Début de la Hapa'alah, entreprise d’immigration illégale de réfugiés juifs alors que leur nombre dépasse les quotas imposés par les Britanniques.
  • Automne 1935 : une révolte populaire arabe éclate, avec une nette coloration d’islam populiste et de guerre sainte, menée par le cheikh Izz al-Din al-Qassam. Après sa mort, en novembre, une grève générale est lancée pour obtenir l’arrêt de l’immigration juive et la vente des terres aux juifs. Elle se prolongera jusqu’en octobre 1936.
  • En 1936 : Début de l’opération Homa Oumigdal (murailles et tour), qui est une entreprise d’implantations aboutissant, de 1936 à 1939, à 51 nouvelles localités créées chacune en une seule nuit.
  • Avril 1936 : La révolte arabe, soutenue par le grand mufti de Jérusalem, Haj Amin al Husseini, se généralise après la grève générale. Les britanniques et les Juifs sont visés par de nombreux attentats.
  • 1937 :
    • La commission britannique Peel, propose un projet de partition de la Palestine entre Juifs et Arabes (15% du territoire à l'état juif). Le gouvernement britannique finit par accepter le principe de cette recommandation. Il s’agit là du premier texte suggérant le partage du pays entre Juifs et Arabes. Malgré le soutien de Ben Gourion, l'Agence Juive rejette le plan, tous comme les dirigeants palestiniens.
    • Des groupes armés arabes s’en prennent aux Britanniques, aux Juifs et aux « traîtres arabes ». Les Britanniques mènent une dure répression, et en deux années réussissent à vaincre et à décapiter ce mouvement national palestinien.
    • L'Irgoun commet, en 1937 et 1938, une série d'attentats à la bombe contre les foules et les bus arabes en représailles contre les attentats arabes. ces actions font environ 250 victimes civiles arabes[24].
    • Ben Gourion se rallie à la thèse, largement débattue, du « transfert » : « Le transfert obligatoire [nous] apporterait une immense région [pour la colonisation].[...] Je suis en faveur d'un transfert obligatoire et je n'y vois rien d'immoral. »[25].
  • 3 mai 1939 : Publication du 3e Livre Blanc (de MacDonald) :
    • Celui-ci prévoit que « au terme de la période de cinq ans, aucune immigration juive ne sera plus autorisée, à moins que les Arabes de Palestine ne soient disposés à y consentir »[26].
    • Par ailleurs, « le gouvernement de Sa Majesté déclare aujourd’hui sans équivoque qu’il n’est nullement dans ses intentions de transformer la Palestine en un État juif. [il a le] désir [...] de voir s’établir finalement un État de Palestine indépendant[26] ».
    • Ce projet officiel semble entrainer la fin des espoirs sionistes, et entraine une nette dégradation des relations entre l'Agence Juive (l'exécutif sioniste en Palestine), et le gouvernement britannique.
  • 1941 : « Le Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, rencontra plusieurs dirigeants nazis dont Adolf Hitler et Heinrich Himmler, espérant les amener à adopter la cause arabe et même à étendre leurs mesures anti-juives aux Juifs de Palestine. Lors de sa réunion avec Hitler, en novembre 1941, al-Husseini obtint d'Hitler la promesse que "l'objectif allemand serait (...) la destruction des éléments juifs résidant dans la sphère arabe"[27] ». Le Mufti soutiendra les forces de l'Axe jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
  • 6 mars 1942 : A la conférence de Biltmore, qui réunit l'Agence Juive et les délégués sioniste américain, David ben Gourion annonce que l'objectif officiel du sionisme est la création d'un « commonwealth juif », une « patrie des Juifs[28] ». C'est la première revendication d'un état indépendant, l'Agence juive s'étant jusqu'alors gardée d'affronter la puissance mandataire sur ce point, en restant à la revendication plus consensuelle et plus floue d'un « foyer national juif » autonome.
  • Février 1944 : l'Irgoun, organisation armée sioniste issue de la droite sioniste, rompt le cessez-le-feu qu'elle respectait depuis 1940 du fait de la guerre, et lance une campagne d'attentats contre les britanniques, qui durera jusqu'en 1948. Le Lehi, une dissidence de l'Irgoun, reprend aussi ses opérations anti-britanniques. Les attaques, en combattant les deux points les plus rejetés du livre blanc de 1939 visent à permettre une libre émigration juive en Palestine afin de modifier le rapport de force démographique, et à empêcher la création de l'état palestinien unitaire qui était envisagé. Un troisième objectif s'y ajoute progressivement : le départ des britanniques.
  • 8 août 1944, le haut commissaire britannique pour la Palestine (gouverneur), sir Harold Mac Michael, très impopulaire dans le Yichouv[29], échappe à une tentative d'assassinat du Lehi.
  • Juillet 1947 : le bateau Exodus est expulsé des côtes de Palestine vers l’Europe, portant à son bord 4 500 survivants de la Shoah, suscitant un important mouvement de sympathie international.
  • 18 février 1947 : Devant l'augmentation des attentats commis par les organisations armées sionistes (surtout Irgoun et Lehi, et dans une moindre mesure Haganah), les Britanniques annoncent l'abandon de leur mandat sur la Palestine.
  • 28 avril 1947 -13 mai : La SDN ayant attribué ce mandat, c'est à son successeur, l'ONU, qu'il appartient de décider des conséquences de la fin du mandat. Une commission d'enquête est créé l'UNSCOP (United Nations Special Committee on Palestine), composé de représentants de 11 états (Australie, Canada, Guatemala, Inde, Iran, Pays-Bas, Pérou, Suède, Tchécoslovaquie, Uruguay, Yougoslavie). Dans un souci de neutralité, aucune des grandes puissances de l'époque ne fut représentée.
    • L'UNSCOP considère deux options. La première était la création d'États juif et arabe indépendants, avec la ville de Jérusalem placée sous contrôle international. La seconde consistait en la création d'un seul État fédéral, contenant à la fois un État juif et un État arabe.
    • L'agence juive coopère largement avec l'UNSCOP, mais le Haut comité arabe (représentant les palestiniens) refuse, considérant que « les droits naturels des arabes de Palestine sont évidents et ne peuvent continuer à faire l'objet d'enquête[30] », et critiquant l'absence de prise en compte de l'idée d'un état indépendant unitaire. Ce sont les états arabes qui défendent la position palestinienne.
    • Sur le principe, les représentants de la jeune Ligue arabe rejettent toute division de la Palestine mandataire, et réclament une indépendance unitaire[30]. La fin de l'immigration juive est demandée, les Juifs déjà installés et ayant « acquis légalement la nationalité palestinienne [auraient] les mêmes droits [que les] arabes[31] ». Hamid Frangié, un représentant libanais, indique à l'UNSCOP qui demande des précisions sur ce dernier point que « les Juifs entrés illégalement en Palestine ou n'ayant pas demandé la nationalité - au total, d'après lui, 400 000 personnes, soit les deux tiers des immigrants - seraient [...] expulsés[32] ». Pour le Haut comité arabe, « l'affrontement en terre sainte met au prise, non deux légitimités, mais des autochtones avec des colons étrangers[33] ».
  • Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale de l'ONU vote à la majorité des 2/3 et le soutien des grandes puissances (USA, URSS, France) une résolution sur le partage de la Palestine.
    • Deux états, un juif et un arabe, sont créés. Le territoire israélien proposé couvre 55% de la Palestine mandataire (voir Carte du plan de partage), qui abriterait une population de 498 000 Juifs sur 650 000 (37% de la population totale de la Palestine), plus une minorité de 407 000 Arabes sur 1 237 000. À l'époque du vote, 7% du territoire de la Palestine avait déjà été acquis en propriété foncière par la population juive grâce au financement par des mécènes et aux collectes de fonds.
    • Le territoire des deux états ne comprend pas Jérusalem, où vivent 100 000 Juifs supplémentaires aux côtés de 105 000 Arabes, et dont le statut prévu est celui de zone internationale[34].
    • Les Britanniques se sont abstenus, souhaitant préserver leurs intérêts dans le monde arabe sans s'opposer aux américains.
    • L'Agence Juive soutient le plan, lequel est rejeté par la droite nationaliste sioniste : Parti révisionniste, Irgoun et Lehi.
    • Les pays arabes ont voté contre le plan, et quittent la salle du vote après celui-ci[35]. Toutes les organisations politiques palestiniennes s'opposent au plan, à l'exception du parti communiste, qui s'aligne sur Moscou.
    • Bien que la principale objection soit la création d'un état pour des « colons étrangers[33] », la partie arabe critique aussi de façon plus technique le tracé de la frontière. Celui-ci a en effet été dessiné de façon à englober le maximum de villages juifs à l'intérieur de l'État juif, la réciproque n'étant pas respectée. La frontière englobe enfin 55% du territoire palestinien, les Juifs ne représentant à l'époque que 37% de la population.

Du vote des Nations Unies aux Armistices (1947-1949)

  • Dès le lendemain de l'adoption du plan de partage par l'ONU, les manifestations de joie de la communauté juive sont contrebalancées par les manifestations d'opposition arabe dans tout le pays[36]. En effet, de graves affrontements ont déjà lieu et dans tout le Proche-Orient les extrémistes islamistes s'en prennent aux communautés juives[37].
Rue Ben Yehuda après l'attentat du 22 février 1948
  • Décembre 1947 : un « vent de violence »[39] va rapidement et spontanément s'installer, annonciateur de la « guerre civile[40] ». Dans toutes les zones mixtes où vivent les deux communautés, à Jérusalem et Haïfa en particulier, attaques, représailles et contre-représailles de plus en plus violentes se succèdent. Les tirs isolés évoluent en batailles rangées ; les attaques contre le trafic se transforment en embuscades. Des attentats de plus en plus sanglants se produisent, auxquels répondent à leur tour des émeutes, des représailles et d'autres attentats.
  • 8 janvier 1948 (ou 10 janvier selon Yoav Gelber)[41] : entrée en Palestine de l'Armée de libération arabe de Quawukji, formée de volontaires arabes et palestiniens, à l'époque environ 1 500 hommes[42].
  • Dans la nuit du 20 au 21 janvier, une troupe composée de 700 Syriens, en tenue de combat, bien équipée et disposant de transports mécanisés entre en Palestine « via la TransJordanie[43] ».
  • Le 27 janvier, une « bande de 300 hommes, venant de l'extérieur de la Palestine, s'est établie dans la région de Safed en Galilée et est probablement responsable des attaques intensives au mortier et à l'arme lourde de la semaine contre la colonie de Yechiam[43] ».
  • Janvier 1948 - Mars 1948 :
    • les attaques menées par les nationalistes palestiniens et les volontaires arabes se généralisent, sous le nom de « guerre des routes ». Les communications entrent implantations juives et avec la Jérusalem juive deviennent difficiles. Les forces Juives sont sur la défensive.
    • En mars, rédaction du plan Daleth par la Haganah, lequel prévoit « destruction de villages [...]. En cas de résistance, les forces armées doivent être détruites et la population expulsée en dehors des frontières de l'État hébreu ». Des historiens comme Ilan Pappé ou Walid Khalidi le considère comme un plan de nettoyage ethnique, alors que Benny Morris ou Yoav Gelber le considère plutôt comme un plan limité à la gestion des affrontements autour des « bases ennemies »[44].
    • Première vague de réfugiés : environs 70 000 palestiniens, essentiellement des membres des couches moyennes et supérieures, qui partent pour l'étranger dans l'attente de la fin des combats.
  • Début avril 1948, la Haganah, principale milice clandestine, dépendant de l'Agence juive (le gouvernement du Yichouv), reçoit sa première grosse livraison d'armes en provenance de Tchécoslovaquie (en quelques mois, sous la direction de Yigael Yadin, elle deviendra une véritable armée professionnelle).
    • Début de la contre-attaque des forces sionistes : décidée par Ben Gourion, l'Opération Nahshon est lancée le 2 avril par la Haganah pour dégager la Jérusalem juive avec laquelle les communications sont devenues très difficiles.
    • 9 avril, l'Irgoun et le Lehi, assistés par la Haganah, prennent le village de Deir Yassin. Après le retrait de la Haganah un massacre est commis contre les civils. Le massacre est condamné par l'Agence juive et les dirigeants de la Haganah[45], mais sans sanctions judiciaires.
    • Courant avril, la Haganah conquiert Tibériade et Haïfa, puis, par l'opération Yiftah sous la direction de Yigal Allon, Safed, pendant que l'Irgoun s'empare de Jaffa.
    • Yigal Allon lance une campagne de guerre psychologique[46].
    • En un mois et demi (avril-mai), les villages arabes tombent les uns après les autres.
    • Seconde vague de l'exode palestinien. D'après un rapport du Shai (service de renseignement militaire de la Haganah) daté du 30 juin 1948[47], 391 000 personnes sont parties depuis décembre 1947, ce qui estime la seconde vague à 320 000 réfugiés. Le rapport indique : « au moins 55 % du total de l’exode ont été causés par nos opérations [de la Haganah] [...], [l’Irgoun et le Lehi] ont directement causé environ 15 % de l’émigration ». Deux pour cent des départs seulement seraient des expulsions directes, chiffre considéré comme sous-estimé par Morris, qui l'évalue plutôt à 10%.
  • Le 14 mai 1948, Ben Gourion lit la Déclaration d'indépendance qui proclame la création de l'État d'Israël. A ce stade, le gouvernement contrôle la bande côtière Ashkelon-Haïfa, la Jérusalem juive, le vallée de la Jézréel et la haute vallée du Jourdain.
Carte des évolutions territoriales entre 1947 et 1949 : l'État palestinien prévu par le plan de partage de 1947 n'est pas créé. Israël, l'Égypte et la Jordanie se partagent son territoire
  • Dans les jours qui suivent, des armées composées d'environ 1 000 Libanais, 6 000 Syriens, 4 500 Irakiens, 10 000 Égyptiens et entre 6 000 et 9 000 Transjordaniens se joignent aux forces arabes civiles (12 000 hommes) et à l'Armée de Libération (3 800 hommes d'après Gresh et Vidal[42]). Israël se retrouve comme avant avril sur la défensive.
  • 11 juin 1948 - 8 juillet 1948 : première trêve israélo-arabe. Les armes affluent en Israël, en particulier en provenance du bloc de l'est, qui souhaite la défaite des anglais et de leurs alliés arabes. Création et organisation de Tsahal, qui regroupe toutes les milices juives.
  • Juillet - octobre :
    • Israël conquiert la plus grande partie de la Palestine, hors le Neguev et la Cisjordanie.
    • Troisième vague de départ des réfugiés (300 ou 350 000), accompagnés de certains massacres[48]. Selon Morris[49] ou Gelber[50], s'appuyant sur les archives de Tsahal, les expulsions deviennent particulièrement nombreuses.
    • Au total, ce sont à la fin 1948 entre 700 000 et 730 000[51] Palestiniens qui fuiront ou seront chassés de leur terre et leur maison. Cet exode est à la fois intérieur vers la Bande de Gaza et la Cisjordanie et extérieur vers la Syrie, le Liban et la Jordanie. À la fin de la guerre, plus de la moitié des Palestiniens sont des réfugiés : il en reste moins de 150 000 en Israël, 400 000 en Cisjordanie, 60 000 dans la bande de Gaza[52]. Suite à l'annexion de la Cisjordanie la plus grande partie de ces réfugiés palestiniens passeront sous tutelle jordanienne. Le Liban et la Syrie accueillent chacun à peu près 100 000 réfugiés, l’Irak 5 000 et le restant sera sous administration égyptienne dans la bande de Gaza.
    • La Palestine comptait environ 1 800 000 habitants (musulmans, juifs et chrétiens) dont environ 1 200 000 palestiniens de souche. En quelques mois, elle voit la majeure partie de la population palestinienne de souche fuir ou être chassée des zones sous contrôle israélien. Les réfugiés furent remplacés par les immigrés juifs survivants de la Shoah, ainsi que par les réfugiés juifs chassés ou fuyant à leur tour les pays arabes. Voir notamment à ce sujet Diaspora palestinienne.
  • Décembre 1948 : la loi sur les « propriétés abandonnées » permet la saisie des biens de toute personne « absente ». Elle définit un « Absent » comme une personne qui « pendant la période du 29 novembre 1947 au 1er septembre 1948, se trouvait quelque part ailleurs sur la Terre d’Israël située à l’extérieur du territoire d’Israël » (ce qui signifie la Cisjordanie ou la Bande de Gaza) ou dans d’autres États Arabes. Les anciens villages arabes sont détruits, et leurs terres redistribuées à des communautés agricoles juives, Mochavim ou Kibboutzim, formalisant légalement la volonté d'empêcher tout retour.
  • 24 janvier 1949: annexion de la Cisjordanie par la Transjordanie, qui devient alors la Jordanie. La Palestine, qui avait obtenu une existence juridique à partir du mandat de la Société des nations de 1922, cesse toute existence légale, partagée entre Israël (77%), la Jordanie (20%), et l'Égypte (2%). Seule la bande de Gaza n'est pas formellement annexée par l'Égypte, tout en restant cependant administrée par elle en l'attente d'une hypothétique « libération de la Palestine ».
  • Mars 1949 : le désert du Neguev passe sous contrôle israélien (opération Ouvda).

De l'Indépendance d'Israël à la Guerre de Six Jours (1949-1967)

Article détaillé : Crise du canal de Suez (1956)

Depuis la guerre des Six jours

  • En 1968, le Fatah, groupe de résistance palestinienne, est la cible d’une attaque majeure de l’armée israélienne sur le village jordanien de Karameh, durant laquelle plus de 150 combattants palestiniens sucomberont sous le feu israélien et 29 soldats israéliens seront tués par les forces armées jordaniennes. Malgré sa défaite sur le terrain, la bataille est considérée comme bénéfique par le Fatah, les Israéliens s’étant finalement retirés.
  • En 1970, Yasser Arafat appelle au renversement de la monarchie hachémite, en s’appuyant sur le fait que 75% des habitants de la Jordanie sont maintenant Palestiniens à un degré ou à un autre. Le roi Hussein ne se laisse pas faire et fait massacrer par dizaines de milliers les Palestiniens, qu’ils soient fedayins ou civils, obligeant Yasser Arafat à se réfugier au Liban. Cet épisode dramatique est connu sous le terme de Septembre noir.
  • En 1974, les chefs d’États arabes déclarent que l’OLP est le seul représentant légitime de tous les Palestiniens. L’OLP est admise comme membre à part entière de la Ligue arabe en 1976.
  • 1987 : Début à Gaza de la première Intifada, la « guerre des pierres » ou la « révolte des pierres », initiée par la population palestinienne contre l'occupation et les humiliations israéliennes. Elle durera sept années.
  • En 1988, avec l’Intifada, Yasser Arafat reformule sa pensée politique, à travers la « Déclaration d’indépendance de l’État de Palestine », préparée par Jerome Segal, un universitaire juif américain d’extrême-gauche, et prononcée à Alger. Il se fait élire, par le Conseil national palestinien, président de l’État qu’il proclame indépendant en novembre à Alger.
  • Le 30 octobre 1991 a lieu une conférence de paix à Madrid, parrainée par Moscou et Washington.
  • En août 1993, suite à des négociations secrètes menées à Oslo, un accord de paix est signé à la Maison Blanche sous l’égide du président Bill Clinton. Le monde entier retient la poignée de main échangée avec le premier ministre israélien Yitzhak Rabin et la nouvelle donne géopolitique que constitue le plan d’Oslo.
  • Le 1er juillet 1994: Arafat revient en Palestine après plusieurs années d’exil. Il constitue à Gaza l’Autorité nationale palestinienne et en est élu président en 1996.
  • Le 4 novembre 1995 Yitzhak Rabin est assassiné par un extrémiste juif qui lui reproche la rétrocession des terres juives. Il est remplacé par le travailliste Shimon Peres, qui perdra le pouvoir six mois plus tard au profit du politicien de droite Benyamin Netanyahou.
  • 13 novembre - 21 décembre 1995 : Retrait israélien de plusieurs villes de Cisjordanie.
  • Durant les années 1994 à 2000, selon un rapport du FMI, l’économie palestinienne a augmenté à un rythme de 9,28% par an, et les investissements de 150%, ce qui en fait l’un des taux de développement les plus élevés au monde lors de cette période, mais cette croissance ne profite pas au peuple du fait du coût économique et social exorbitant de la lutte contre Israël et de la corruption généralisée des dirigeants palestiniens.
  • 23 octobre 1998 : Netanyahu et Arafat signent à Wye Plantation (États-Unis) un accord sur le retrait israélien de 13% de la Cisjordanie. Le 14 décembre, les articles de la charte palestinienne appelant à la destruction d’Israël sont supprimés.
  • En 2000, le nouveau premier ministre israélien Ehud Barak prétend offrir à Yasser Arafat de reconnaître l’État palestinien. En fait « l’État » proposé voyait les colonies israéliennes non démantelées, était amputé de près de 10% de son territoire sans compter le contrôle israélien à l’ouest du Jourdain, avec les colonies qui amputent encore de 40% le contrôle du territoire (du fait des routes de détournements reliant les colonies entre elles) ; l'état proposé n'avait pas le contrôle de ses frontières, pas armée, et il était prévu d’y inclure la ville près de Jérusalem, Abu Dis, et de la nommer Al Quds (le nom arabe de Jérusalem), ainsi que de permettre le retour en Israël même de 250 000 descendants des réfugiés de 1948. Sans compter le fait qu’Israël ne reconnaissait pas sa responsabilité dans le problème des réfugiés palestiniens. Suite à cela, il y a eu les accords de Taba, mais Barak n'a pas voulu signer, officiellement car son mandat arrivait à son terme. De plus il restait encore des contentieux à régler (Jérusalem Est, les colonies à démanteler, la reconnaissance de la responsabilité israélienne pour les réfugiés).
  • En septembre 2000, une seconde Intifada est déclenchée, encore plus violente que la première ; elle tourne rapidement à la guerre. D’après Imad Al Faluji, ministre palestinien de la Communication (mai 1996 - octobre 2002), la seconde Intifada a été planifiée par les treize formations dès la fin du sommet de Camp David II en juillet 2000. La visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des Mosquées (aussi appelée Mont du Temple) ayant été vécue comme une provocation par les Palestiniens, elle serait l’étincelle qui déclencha le début de l’Intifada le lendemain.
  • 30 avril 2003 : Publication de la Feuille de route pour la paix, un plan par étapes rédigé par les États-Unis, la Russie, l’Union européenne et l’Onu et devant conduire à la création d’un État palestinien. Les Palestiniens l’acceptent immédiatement, Israël l’adopte en mai, avec des réserves liées à la sécurité des ses frontières et aux attaques terroristes.
  • 17-18 aout 2005 : Retrait et démantèlement des colonies Juives de la bande de Gaza, 8000 colons sont évacués en Israël par l'armée israélienne, ce qui provoque une fracture au sein de la population entre les pro-retrait favorables au dialogue avec les Palestiniens et les anti-retrait favorables à la poursuite de la colonisation.
  • 12 septembre 2005 : Après trente-huit ans d’occupation et de colonisation de la bande de Gaza le départ des derniers soldats israéliens marque un tournant dans l'avenir du proche orient. Le retrait de Gaza, le démantèlement de plusieurs colonies en Cisjordanie ainsi que la construction de la barrière de sécurité ("le mur de l'apartheid" du point de vue palestinien) envisage les frontières d'un futur État Palestinien et rassure les Israéliens sur des frontières sûres… la paix est peut-être proche.
  • Décembre 2005 - Janvier 2006 : Le premier Ministre Israélien, Ariel Sharon, acteur principal du plan de désengagement israélien de la bande de Gaza subit deux attaques cérébrales successives et plonge dans un coma profond. Le pays sombre dans un grand désarroi.
  • 25 janvier 2006 : Tenue des élections législatives Palestiniennes. Stupeur et crainte pour l'avenir remplace l'optimisme du récent retrait israélien de Gaza. Malgré les efforts de paix de Mahmoud Abbas (Président de l'Autorité Palestinienne) et malgré le désengagement juif de Gaza, le peuple Palestinien élit massivement le Hamas (parti islamiste qui ne reconnait pas Israël et appelle à sa destruction). Le Hamas obtient 74 des 132 sièges au parlement palestinien entrainant la démission du 1er Ministre Ahmed Qoreï. Les États-Unis décident de stopper leurs versements financiers au gouvernement Palestinien tant que le Hamas n'aura pas reconnu Israël et qu'il n'aura pas renoncé à son projet de destruction totale de l'État Hébreu.
  • 30 janvier 2006 : Israël, par la voix de son Premier ministre intérimaire, Ehud Olmert, décide de geler les fonds dus à l'Autorité palestinienne, de peur qu'ils ne parviennent à des éléments terroristes.
  • 25 juin 2006 : Un groupe de combattants Palestiniens attaque un poste armé de Tsahal à la frontière sud d'Israël via un tunnel près de Kerem Shalom qui passe au sud de la bande de Gaza. Durant l'attaque, deux soldats israéliens sont tués, trois autres blessés, dont le caporal Guilad Shalit qui est enlevé par les Palestiniens. Mohammed Abdel Al, un porte-parole des Comités de Résistance Populaire, a révélé que l'attaque de ce lieu était planifiée depuis deux mois dans le but de réclamer la libération de prisonniers palestiniens enfermés en Israël.
  • 28 juin 2006 : Israël lance l'opération "pluie d'été" dans le but de récupérer le soldat capturé par le commando palestinien. Plusieurs unités terrestres de Tsahal sont engagées dans les combats ainsi que des hélicoptères et des frappes aériennes de bombardiers F-15 et F-16. Le second objectif de cette offensive est de mettre fin aux tirs incessants de roquettes kassam tirées depuis Gaza sur le sud d'Israël (notamment la ville de Sdérot) et de mettre la pression sur le gouvernement du Hamas qui cautionne ces attaques. C'est la première fois que l'armée israélienne revient sur ce territoire de l'Autorité palestinienne depuis le plan de désengagement unilatéral terminé en septembre 2005. Les premiers jours de l'opération ont été marqués par la destruction de la seule centrale électrique de Gaza, de trois ponts et de l'arrestation de plusieurs parlementaires et ministres affiliés au Hamas.

Personnages historiques

Bibliographie

Notes

  1. Histoire de l'humanité, T. 1, De la Préhistoire aux débuts de la civilisation, Éditions UNESCO, 2000, pp. 611-623 et pp. 1029-1035. ISBN 92-3-202810-7.
  2. Voir Dominique Valbelle, Dictionnaire de l’Antiquité, sous la direction Jean Leclant, éditions PUF, 2005, p. 1105.
  3. Claude Vandersleyen, L’Égypte et la vallée du Nil T. 2, “De la fin de l’Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire”, éditions PUF, 1995, pp. 163-206, armement p. 205.
  4. Voir Palestine par Pierre de Miroschedji et Jacques Briend, p.1 621 du Dictionnaire de l’Antiquité, sous la direction de Jean Leclant, PUF, octobre 2005.
  5. Israël Finkelstein, Neil Asher Silberman, “Les rois sacrés de la Bible, Bayard, 2006.
  6. Pierre de Miroschedji, « La Recherche » no391 du 01-11-2005, p. 32.
  7. Jean Baptiste Humbert, p. 1 177 du Dictionnaire de l’Antiquité, direction Jean Leclant, PUF, 2205.
  8. Ronny Reich dans le DVD de Thierry Ragobert “La Bible dévoilée”, chap. 6 de l’épisode 2.
  9. Israël Finkelstein, Neil Asher Silberman, “Les rois sacrés de la Bible, Bayard, 2006, p. 74.
  10. Norma Franklin dans le DVD de Thierry Ragobert “La Bible dévoilée”, chap. 8 de l’épisode 3.
  11. Françoise Briquel Chatonnet, p. 1 377 du Dictionnaire de l’Antiquité, direction Jean Leclant, PUF, 2005.
  12. Double DVD de Thierry Ragobert “La Bible dévoilée”, sur le travail de Finkelstein et Silberman, Éditions Montparnasse, 2006.
  13. idem
  14. référence, citation ou lien
  15. [1]
  16. [2]
  17. [3]
  18. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste (titre original Righteous Victims. A History of the Zionist-Arab Conflict, 1881-1999.), Éditions Complexe (CNRS-IHTP), 2003, ISBN 2-87027-938-8, p. 18.
  19. Benny, Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 35. En 1885, Theodor Herzl écrit ainsi dans son journal : « Nous devons essayer d’attirer la population démunie au-delà des frontières en lui procurant du travail dans les pays de transit et en empêchant qu’elle puisse en trouver chez nous. Le processus d’expropriation et le déplacement des pauvres doivent tous deux être accomplis avec discrétion et circonspection. ».
  20. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 65.
  21. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 125. Admirateur de Mussolini, selon Benny Morris, tout en restant très attaché au libéralisme politique et économique, Jabotinsky ancre le parti révisionniste dans une idéologie de droite à la fois nationaliste et libérale. Son attitude vis-à-vis de Mussolini est quelque peu ambiguë. Il fustige le 2 décembre 1928 « la tendance maladive qui existe dans nos rangs à exagérer l'importance du pouvoir personnel » (Jabotinsky, dans « je crois », un article publié dans Doar Ha'yom le 2 décembre 1928 - cité par Marius Schattner, Histoire de la droite israélienne, 1991, P.97.). Fin 1927, il écrit « la revanche du chef est une idée à la mode que je déteste [...]. Passe encore qu'un personnage comme Mussolini enfourche un tel cheval. Du moins cet homme ne manque ni de grandeur ni de sens pratique, bien que je le supporte aussi peu que les autres » (Lettre à Oscar Grunzberg, 3 octobre 1927 - cité par Marius Schattner, Histoire de la droite israélienne, 1991, P.346.). Le mouvement révisionniste deviendra, après 1948, le parti Herout, qui donnera naissance au Likoud.
  22. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 124.
  23. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 140.
  24. Arie Perliger et Leonard Weinberg, Totalitarian Movements & Political Religions, Vol. 4, No. 3 (2003) 91-118.
  25. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 163.
  26. a  et b Extrait du troisième livre blanc sur la Palestine.
  27. Interview accordé par Walter Reich au journaliste Schmuel Rosner, correspondant pour Haaretz aux États-Unis [4]
  28. Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 77.
  29. À son poste, en charge d'appliquer le « livre blanc » de 1939, Sir Mac Michael devait lutter contre l'immigration clandestine juive en Palestine, qui concernait souvent des juifs fuyant l'Europe nazie. C'est sous son mandat que se déroulera la Tragédie du Struma, un cargo chargé de centaines de fuyards, qui sera torpillé après avoir été repoussé en mer, entraînant la mort de 768 personnes. L'émotion fut très vive dans le Yichouv et y ancrera la mauvaise réputation de Sir MacMichael.
  30. a  et b Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 21.
  31. Déclaration du représentant libanais, citée par Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 23.
  32. Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 23.
  33. a  et b Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 24.
  34. Chiffres donnés par Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 25.
  35. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, p. 206.
  36. Extraits du Time de l'époque
  37. Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 1947, André Versaille éditeur, 2008, p.7.
  38. Yoav Gelber (2006), p.17
  39. L'expression est de Ilan Pappé, La guerre de 1948 en Palestine, La fabrique éditions, 2000, p.111.
  40. Benny Morris, The Birth Of The Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, 2003, p.65
  41. Yoav Gelber, p.51-56
  42. a  et b Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, éditions complexe, 1994, P. 145.
  43. a  et b United Nations Special Commission, First special Report to the Security Council : The Problem of Security in Palestine, 16 avril 1948, § II.7.3, disponible sur le site des Nations-Unies..
  44. Sur la controverse autour du plan Daleth, voir par exemple :
    • la présentation de la controverse dans le chapitre History and invention : was Plan D a blue print for "ethnic cleansing" du livre de Yoav Gelber, pp.302-306.
    • Walid Khalidi, Plan Daleth : Master Plan for the conquest of Palestine, Middle East Forum, Novembre 1961, réédité dans le Journal of Palestine Studies, Beyrouth, vol.XVIII, n°69, 1988, pp.4-37.
  45. Idem, p. 230-231. Après avoir violé plusieurs filles arabes, ils massacrent hommes femmes et enfants
  46. Idem, p. 235. (« Si vous ne fuyez pas immédiatement, vous serez tous massacrés, vos filles seront violées... »)
  47. Le rapport s'intitule L’émigration des Arabes de Palestine dans la période 1/12/1947 - 1/6/1948.
  48. Yoav Gelber, P.220-236
  49. Benny Morris, The Birth Of The Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press.
  50. Yoav Gelber, clairement favorable à la position israélienne, et souvent critique des analyses de Benny Morris, parle ici de nettoyage ethnique. Palestine 1948, Sussex Academic Press.
  51. Les estimations vont de 550 000 à 900 000 mais le chiffre généralement admis aujourd'hui est de 700 000 à 730 000. voir Benny Morris, The birth of the Palestinian Refugee Problem revisited, éditions Cambridge University Press, 2004, (ISBN 9780521009676  et ISBN 0521009677)
  52. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste (titre original Righteous Victims. A History of the Zionist-Arab Conflict, 1881-1999.), Éditions Complexe (CNRS-IHTP), 2003, ISBN 2-87027-938-8, p. 277.

Articles connexes

Histoire des Juifs en terre d'Israël

Liens externes


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