Hichcock


Hichcock

Alfred Hitchcock

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Alfred Hitchcock
Image associée à la personnalité
Nom de naissance Alfred Joseph Hitchcock
Surnom Hitch
Le maître du suspense
Naissance 13 août 1899
Leytonstone, (Royaume-Uni)
Nationalité(s) Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Drapeau des États-Unis Américain
Décès 29 avril 1980 (à 80 ans)
Drapeau des États-Unis Los Angeles, Californie
États-Unis
Profession(s) Réalisateur
Film(s) notable(s) Les 39 marches
Une femme disparaît
Rebecca
Les Enchaînés
La Corde
L'Inconnu du Nord-Express
Fenêtre sur cour
Sueurs froides
La Mort aux trousses
Psychose
Les Oiseaux
Pas de printemps pour Marnie
Conjoint(e) Alma Reville (1926-1982)
Enfant(s) Patricia Hitchcock (1928)
Distinction(s) Golden Globe Award

Sir Alfred Hitchcock, né Alfred Joseph Hitchcock, (le 13 août 1899 à Leytonstone, Royaume-Uni, mort le 29 avril 1980 à Los Angeles, États-Unis[1]) était un réalisateur, scénariste, producteur, écrivain et acteur de cinéma anglais naturalisé américain. Il a notamment été nommé à cinq reprises aux Oscars.

Considéré comme « le maître du suspense », Alfred Hitchcock a légué au cinéma une œuvre policière d’une grande intensité, avec des films comme Les Enchaînés, Fenêtre sur cour, Sueurs froides, La Mort aux trousses, Psychose, Les Oiseaux et Pas de printemps pour Marnie.

Il est entré dans l'histoire du cinéma comme l'un de ses plus grands réalisateurs.

Sommaire

Biographie

Enfance

Alfred Hitchcock naît le 13 août 1899 à Londre[2], commune située dans l'est de Londres. Ses parents, William et Emma, sont épiciers en gros. Alfred est le dernier de leurs trois enfants : l’aîné William est né en 1890 et la cadette Eileen en 1892. Dès son plus jeune âge, il est un enfant solitaire et peureux. Il avoue lui-même ne pas avoir eu d’amis dans son enfance et avoir passé son temps à jouer seul. Ce sentiment d'isolement s'accentue lorsqu'un soir de réveillon, il découvre sa mère prendre des jouets dans son bas de Noël pour les mettre dans ceux de son frère et de sa soeur[3]. Certains éléments marquants de son enfance se retrouveront dans ses films. Ainsi, il est plusieurs fois question du métier d’épicier comme dans Agent secret et Frenzy. De même, Hitchcock a peur de la police. Cette peur peut s’expliquer par un rapide séjour au commissariat. Alors qu’il était âgé de seulement 4 ou 5 ans, son père l'y envoya avec un mot de sa part. Après l'avoir lu, le policier l'enferma dans une cellule. En le relâchant, il lui explique : « Voilà comment nous traitons les vilains petits garçons. »[3] Le futur réalisateur expliquera plus tard que c'est l'une des causes de sa crainte vis-à-vis de l'autorité. Enfin, les religieux sont aussi souvent critiqués à travers ses films ; Hitchcock avait en effet été placé par ses parents catholiques dans un collège de Jésuites[4] et il en a gardé un très mauvais souvenir, notamment à cause de sa crainte des punitions corporelles[3].

À la mort de son père en 1914, il doit trouver un emploi et entre à la compagnie Henley, dans l'école School of Engineering and Navigation qui fabrique des câbles électriques[5]. Son travail dans la publicité développe ses talents de graphiste. Contrairement à d'autres réalisateurs dont la composante littéraire est très affirmée, Hitchcock, restera toujours un amoureux de la technique et du perfectionnisme de scènes très complexes, comme il le fera plus tard pour la scène de la douche de Psychose ou celle des ciseaux dans Le crime était presque parfait[6].

Les débuts

Sa carrière cinématographique débute en 1921 lorsqu’il est engagé par les studios américains de la Famous Players-Lasky à Islington. Pendant deux ans, il se rendra indispensable et va dessiner des intertitres[7]. Selon les propres mots d'Hitchcock : « Ce n'était vraiment pas bon »[8].

Il devient ensuite l'assistant réalisateur dans la compagnie fondée par Michael Balcon. C’est ainsi qu’en 1923, il rencontre sa future femme Alma Reville lors du tournage de Woman to Woman.

Pendant ses années de formation, il se perfectionne dans tous les domaines : décors, costumes, scripts... Son perfectionnisme lui vaudra par la suite de nombreuses scènes cultes. Comme le cinéma allemand est alors un des plus aboutis, il complète ses connaissances entre 1923 et 1925 en travaillant à Berlin pour l’UFA en tant que décorateur puis scénariste. Il restera profondément marqué par cette expérience et s’inspirera des réalisateurs expressionnistes.

En 1926, il réalise son premier film suite à une proposition de Balcon[7],[9] : Le Jardin du plaisir (The Pleasure Garden) - puis un second la même année - The Mountain Eagle - qualifié par Hitchcock de « mauvais film ». Une fois les deux films achevés, ils sont visionnés par les distributeurs qui les mettent au placard[10]. C.M. Woolf, le responsable, estime que les angles de prise de vues sont insolites et que les étranges éclairages inspirés par le cinéma germanique vont dérouter le public anglais[10]. Balcon est néanmoins, toujours confiant envers Hitchcock et lui propose un troisième film : Les Cheveux d'or (The Lodger), d'après un best-steller de Marie Belloc Lowndes. Ce thriller, librement inspiré de Jack l'éventreur, est jugé invendable par Woolf[11].

Le 2 décembre 1926, le réalisateur, dont la carrière semble achevée, épouse Alma Reville, avec qui il restera jusqu'à la fin de sa vie. Ils auront une fille Patricia Hitchcock (née le 7 juillet 1928) qui se mariera avec Joseph E. O'Connell avec qui elle aura trois filles Mary Alma O'Connell (nom de femme mariée Stone), née le 17 avril 1953, Teresa « Tere » O'Connell (nom de femme mariée Carrubba), née le 2 juillet 1954 et Kathleen « Katie » O'Connell (nom de femme mariée Fiala), née le 27 février 1959

Le Jardin du plaisir sort finalement l'année suivante, le 24 janvier 1927. Le public et la critique sont enthousiastes. Le Daily Express qualifie Hitchcock de « jeune homme de génie »[11]. Trois semaines plus tard sort Les Cheveux d'or. C'est un immense succès. Le public se rue dans les salles de cinéma[11]. Son deuxième film tourné, The Mountain Eagle sera un échec. Mais sa popularité est forte : les distributeurs mènent une enquête sur l'industrie cinématographique et le nom d'Hitchcock est quasiment celui cité par les anglais[11].

La période britannique

Le réalisateur peut alors choisir son prochain film. Il met en scène Downhill (1927), co-écrit et interprété par Ivor Novello, auteur de la pièce originale. « Ce fut le tournage le plus élégant de ma carrière »[12] racontera Hitchcock plus tard. Le film n'eut pas un grand succès.

La même année, il réalise trois autres films. Le premier, Le passé ne meurt pas, d'après une pièce de Noel Coward, souffre de l'absence de dialogues. Le second, Le Masque de cuir, est une histoire de triangle amoureux sur fond de boxe. Le film, qui est un succès, succède à une comédie romantique, Laquelle des trois ?. Pour ce film, Hitchcock dut remplacer le directeur de photographie, Jack Cox, tombé malade.

Installé avec son épouse au 153 Cromwell Road, un pavillon londonien, sa fille Patricia naît le 7 juillet 1928.

Hitchcock sait que ses derniers films ne sont pas à la hauteur des espoirs laissés par Les Cheveux d'or. Malgré une grande maîtrise technique, les idées manquent d'éclat. Le réalisateur tourne alors sa dixième production Chantage (1929)[13], d'abord en version muette puis en version sonore, avec quelques scènes entièrement refaites afin de pouvoir y utiliser la révolution technique que constitue alors l'arrivée du parlant. À sa sortie, le film obtient un succès phénoménal tant auprès du public que de la critique. La presse est enchantée par l'opposition entre le devoir et l'amour et, plus précisément, « l'amour opposé au devoir ».

En 1933, Hitchcock est de nouveau engagé par Michael Balcon[14] pour la Gaumont-British Picture Corporation[15]. Son premier film pour la compagnie, L'Homme qui en savait trop (1934) [16] a été un succès. Quant au deuxième, Les 39 marches (1935) [17], il est considéré comme l'un de ses meilleurs films du début de sa carrière. C'est aussi le premier long métrage à utiliser le MacGuffin, terme conçu par Hitchcock lui-même qui est utilisé pour désigner l'objet qui sert de prétexte pour déclencher l'intrigue. Dans Les 39 marches[17], le MacGuffin est l'ensemble de formules secrètes. Le réalisateur expliqua souvent ce que c'était :

Deux voyageurs se trouvent dans un train allant de Londres à Édimbourg. L'un dit à l'autre : « Excusez-moi Monsieur, mais qu'est-ce que ce paquet à l'aspect bizarre que vous avez placé dans le filet au-dessus de votre tête ? — Ah ça, c'est un MacGuffin. — Qu'est-ce que c'est un MacGuffin ? — Eh bien c'est un appareil pour attraper les lions dans les montagnes d'Écosse — Mais il n'y a pas de lions dans les montagnes d'Écosse. — Dans ce cas, ce n'est pas un MacGuffin » [18].

Le plus grand succès du réalisateur dans cette période britannique est Une femme disparaît (1938) [19] dans lequel une vieille dame disparaît mystérieusement[20] dans un train rempli d'espions[21].

La même année, il dit cette célèbre citation : « Les acteurs sont du bétail »[22] durant le tournage du film[19]. Trente-huit ans après, pour la première de son dernier film Complot de famille, il se défendit, non sans ironie, d'avoir fait cette remarque : « C'est un mensonge éhonté. Je n'ai jamais dit une chose pareille. C'est très grossier. J'ai sans doute dit que les acteurs devraient être traités comme du bétail. »[23]

Vers la fin des années 1930, le réalisateur commence à jouir d'une certaine réputation auprès du public américain ; il est alors au sommet de son art. C'est ainsi que David O. Selznick lui propose de venir travailler à Hollywood. Hitchcock accepte et, à partir de ce moment, c'est aux États-Unis qu'il tournera quasiment tous ses films. Le 14 juillet 1938, il signe un contrat de 40 000 $ par film. Le 6 mars 1939, lui et sa famille arrivent à New York et s'installent à Los Angeles. Entre temps, il aura tourné son dernier film en Angleterre avant son retour en 1972 avec Frenzy, La Taverne de la Jamaïque, un mélodrame historique.

La période américaine

Rebecca

Article détaillé : Rebecca (film, 1940).

Le producteur voulait qu’Hitchcock réalise un film sur l'histoire du Titanic[24]. Néanmoins Hitchcock parvient à imposer son film, et confie à Joan Harrison le soin d'écrire Rebecca (1940), adaptation d'un best-steller de Daphne du Maurier, qui avait déjà écrit L'Auberge de la Jamaïque. Mais des tensions naissent entre le réalisateur et le producteur quant à l’importance du montage, au choix et à la direction des acteurs et à la fidélité à laquelle est tenu un réalisateur[25]. Travaillant depuis trois ans sur le film qui fera sa renommée Autant en emporte le vent, Selznick a le sens de l'amour de la littérature. Il souhaite que des scènes et des dialogues entier de Rebecca soient fidèlement restitués à l'écran[26]. Son approche est en totale opposition avec celle d'Hitchcock[26]. Finalement après de nombreux remaniements de scénario, le tournage du film démarre le 8 septembre 1939, cinq jours après la déclaration de guerre de l'Angleterre à l'Allemagne et la veille de l'avant-première d'Autant en emporte le vent. Hitchcock aime travailler seul, sans interférences. Avec Selznick, il doit justifier ses choix et prendre les idées et les remarques du producteur en considération[26].

Rebecca est un conte gothique traitant de l'emprise d'une morte sur celui qui fut son mari, la nouvelle épouse et leur gouvernante longtemps après sa mort avec Laurence Olivier et Joan Fontaine dans les rôles principaux. Dans ce film, le réalisateur utilise des caractéristiques de ses œuvres les plus accomplies comme Fenêtre sur cour, Le Faux Coupable, Sueurs froides, Psychose et Les Oiseaux : un rythme lent, une histoire racontée selon le point de vue d'un seul personnage, l'introduction à mi-parcours d'un élément qui change totalement le sens de l'histoire et l'utilisation de procédés visuels spectaculaires réservée aux moments clés de l'intrigue[27].

Le film est un triomphe et reçoit deux oscars sur neuf propositions : celui du meilleur film remis à Selznick [28] et celui de la meilleure photographie remis au chef opérateur George Barnes. Hitchcock est nominé à celui du meilleur réalisateur, mais malgré cinq nominations au cours de sa carrière, il n'en reçut aucun pour son travail.

Correspondant 17

Article détaillé : Correspondant 17.

Hitchcock, comme beaucoup d'Anglais habitant aux États-Unis, était très inquiet pour sa famille et ses amis restés au pays alors que c'était le début de la Seconde Guerre Mondiale[29]. Il voulut leur rendre hommage à travers le film Correspondant 17 (1940), produit par Walter Wanger[26],[30]. L'histoire est celle d'un journaliste joué par Joel McCrea qui est envoyé en Europe pour évaluer l'éventualité d'une nouvelle guerre mondiale. Le film se termine par un plaidoyer en faveur de l'entrée en guerre des États-Unis.

À cette même époque, Hitchcock supervise le montage des versions américaines de deux documentaires anglais sur la guerre : Men of the Lightship (1941) et Target for Tonight (1941).

Joies matrimoniales

Article détaillé : Joies matrimoniales.

Malgré son écartement face aux mondanités, Hitchcock et sa femme se lient d'amitié avec Clark Gable et son épouse Carole Lombard pour qui il accepte de réaliser une comédie romantique avec Robert Montgomery, Joies matrimoniales (1941)[29],[31].

L'histoire est celle d'un couple querelleur interprété par Lombard et Montgomery qui découvre qu'ils ne sont pas mariés légalement. Après une séparation, ils finissent par se reconquérir à force de disputes. Le Red Book Magazine déclara qu'il s'agissait de la comédie la plus hilarante et explosive de l'année 1942.

Soupçons

Article détaillé : Soupçons.

La même année, le réalisateur retrouve Joan Fontaine pour un nouveau thriller, Soupçons, où elle joue aux côtés de Cary Grant, pour la première dans le rôle d'un homme sinistre[32]. Ce dernier interprète un homme séduisant, masquant son oisiveté par son charme. Il rencontre une jeune femme douce et riche (Fontaine). Mais cette dernière finit par découvrir la vraie personnalité de son mari et devient suspicieuse au moment où l'ami et associé de celui-ci est tué mystérieusement.

La peur et l'angoisse font partie des fantasmes les plus courants chez l'être humain selon le réalisateur. Joan Fontaine pousse ses fantasmes jusqu'à imaginer la mort de l'ami précipité du haut d'une falaise par son mari, puis la sienne avec la fameuse scène où Cary Grant lui monte un verre de lait qu'elle pense empoisonné. C'est une scène typique du cinéma d'Hitchcock, avec un escalier aux ombres menaçantes. L'attention du spectateur est attirée par l'étonnante luminosité du verre. Hitchcock explique à François Truffaut :

FT : Lorsque Cary Grant monte l'escalier, c'est très bien — AH : J'avais fait mettre une lumière dans le verre de lait — FT : Un projecteur dirigé vers le lait ? — AH : Non, dans le verre. Parce qu'il fallait que ce fût extrêmement lumineux. Cary Grant monte l'escalier et il fallait que l'on ne regardât que ce verre[33].

Pour le film, qui obtint un NYFCC Award[34], Joan Fontaine[35], reçut à 24 ans, le seul oscar de sa carrière[36], celui de la meilleure actrice.

Cinquième Colonne

Article détaillé : Cinquième Colonne.

Après avoir tourné quatre films en deux ans, Hitchcock se lance à la fin de 1941 dans une production à la fois plus personnelle et plus audacieuse : Cinquième Colonne[37], qui rappelle Les 39 marches et annonce déjà La mort aux trousses. Le 20 août 1941, date de la fin de tournage de Soupçons, Hitchcock se mit au travail avec le scénariste Peter Viertel jusqu'au mois d'octobre 1941, et travailla également dessus avec Dorothy Parker. Ce film marque sa première collaboration avec Universal Pictures.

L'intrigue débute avec un ouvrier de l'aéronautique jugé, à tort, coupable d'un acte de sabotage dans son usine, incendie qui cause la mort de son meilleur ami. Pour prouver son innocence, il entame une course-poursuite acharnée à travers le pays à la recherche du véritable saboteur. En chemin il fera la rencontre d'une jeune femme qui lui apportera son aide.

Pour les rôles principaux, Hitchcock voulait Gary Cooper et Barbara Stanwyck, mais le studio refusa et engagea Robert Cummings et Priscilla Lane. Pour le rôle masculin, le réalisateur déplora de n'avoir pu travailler avec un acteur plus connu auquel le public se serait mieux identifié[38].

On reprocha souvent à Hitchcock de ne plus s'intéresser à ses films à partir du moment où le tournage débutait. C'était mal connaître le réalisateur, toujours à la recherche de la perfection et donc prêt à modifier n'importe quel élément de son scénario en fonction de l'avancement du travail[39]. Pour Cinquième Colonne, il expérimenta de nouvelles techniques avec Robert Boyle. Il tourna deux versions différentes de nombreuses scènes, afin d'avoir la possibilité de choisir lors du montage. Le réalisateur reconnut une erreur. À la fin du film, le héros poursuit un assassin qui se retrouve pendu au sommet de la torche de la Statue de la Liberté[39]. Selon lui, il aurait fallu que ce soit le héros car l'identification du public aurait été plus forte[39].

Hitchcock savait être très sévère avec son propre travail. Distribué en avril 1942, le film connut un grand succès.

L'Ombre d'un doute

Article détaillé : L'Ombre d'un doute.

Dès que Cinquième Colonne fut terminé, Margaret McDonell, chef du département littéraire de Selznick, prit contact avec Hitchcock pour lui soumettre de nouveaux projets. Le réalisateur choisit une histoire écrite par son mari, Gordon McDonell, intitulée Oncle Charlie. Hitchcock fit appel à Thornton Wilder pour préparer le scénario rebaptisé L'Ombre d'un doute[40] entre mai et juin 1942, de nouveau produit par Universal Pictures. Mais le scénariste partit dans les services secrets de l'armée. La nouvelliste Sally Benson et Alma Reville finirent les dialogues. Le tournage commença le 10 août de la même année.

Dans ce film, le préféré d'Hitchcock, Joseph Cotten interprète Charlie Oakley, un homme qui se réfugie chez sa sœur, où il retrouve sa nièce joué par Teresa Wright, qui porte le même prénom que lui, et qui lui voue une profonde admiration. Deux hommes le surveillent de près, semant le doute dans l'esprit de la jeune fille qui finit par le suspecter d'être un tueur de vieilles dames.

À propos de Charlie Oakley, Hitchcock dira à François Truffaut :

C'est un assassin idéaliste. Il fait partie de ces tueurs qui sentent en eux une mission de destruction. Peut-être les veuves méritaient-elles ce qui leur est arrivé, mais ça n'était pas son boulot de le faire. Un jugement moral est porté dans le film, n'est-ce pas, puisque Cotten est détruit à la fin, même accidentellement, par sa nièce ? Cela revient à dire que tous les méchants ne sont pas noirs et que tous les héros ne sont pas blancs. Il y a des gris partout. L'oncle Charlie aimait beaucoup sa nièce mais toutefois pas autant qu'elle l'aimait. Mais elle a dû le détruire car n'oublions pas qu'Oscar Wilde a dit : « On tue ce que l'on aime. »[41]

Pendant le tournage, le réalisateur apprit que sa mère était malade à Londres[42]. Profondément désolé et en proie à une vague de nostalgie et de réminiscences, Hitchcock, de caractère plutôt réservé, se met à parler de son enfance à Leytonstone[42]. Le scénario du film est émaillé de références personnelles : comme Hitchcock, Charlie a une mère qui s'appelle Emma, Oakley a eu un accident de bicyclette dans son enfance, une petite fille nommée Ann lit Ivanhoé (un livre que le réalisateur savait par cœur étant enfant) et le personnage Joseph (deuxième prénom d'Hitchcock) refuse de conduire une voiture[43].

Lifeboat

Article détaillé : Lifeboat.

Hitchcock travaille ensuite pour la Twentieth Century Fox, en tournant Lifeboat[44], premier film ouvertement politique du réalisateur[45], où des rescapés d'un naufrage d'un navire américain coulé par un sous-marin allemand tentent de rejoindre les Bermudes sans compas à bord d'un canot de sauvetage. Le film étudie ce dont les hommes sont faits lorsqu'ils n'ont plus rien. Il peut s'agir d'un film de propagande, une nouvelle contribution à l'effort de la guerre.

Lifeboat reçu un premier accueil critique très favorable, critique qui se ravisa brusquement, gangrenée par le doute, car le traitement de ces neuf individualités, et plus que tout autre celle du nazi, prend quelques libertés intolérables dans le contexte de l'époque.

Le film a été néanmoins proposé trois fois aux oscars[46] dans les catégories : meilleur réalisateur, meilleur scénario original (John Steinbeck) et meilleure photographie (Glen MacWilliams). L'actrice Tallulah Bankhead reçu un NYFCC Award de la meilleure actrice[46].

Bon voyage et Aventure malgache

Article détaillé : Bon voyage (film, 1944).
Article détaillé : Aventure malgache.

Hitchcock retourne ensuite en Angleterre vers la fin de l'année 1943 pour en repartir début 1944, pour y tourner deux court-métrage de propagande britannique produits par le Minister of Information ayant pour but de soutenir la résistance intérieure française, Bon voyage[47] et Aventure malgache[48]. Les deux films ont quelques touches personnelles du metteur en scène[49]. Le second film, jugé trop sensible, est interdit en France. Dans les années 1990, ils sont tout deux présentés sur la chaîne de télévision américaine Turner Classic Movies.

En 1945, Hitchcock servit de consultant sur le documentaire inachevé de Sergei Nolbandov consacré aux camps de concentration, dont les images sortiront par la suite sous le titre Memory of the Camps[50],[51], mais après la mort de Hitchcock, en 1984[52].

La Maison du docteur Edwardes

Article détaillé : La Maison du docteur Edwardes.

Hitchcock retourne ensuite aux États-Unis pour tourner La Maison du docteur Edwardes[53] (1940), deuxième film qu'il tourne avec Selznick, avec pour thème principal la psychanalyse. Les rôles principaux sont tenus par Gregory Peck et Ingrid Bergman.

Cette dernière interprète un médecin travaillant dans un établissement psychiatrique dirigé par un docteur sur le point de prendre sa retraite et qui doit être remplacé par un certain Anthony Edwardes. Une fois installé, le nouveau directeur s’avère être un amnésique du nom de John Ballantine, soupçonné d’avoir fait disparaître le véritable docteur Edwardes. Tombée amoureuse, la jeune femme va l’aider à retrouver son identité.

L'une des séquences les plus célèbres du film est celle du rêve surréaliste créée par Salvador Dali, une sorte de rébus qui va permettre à la psychanalyste d'élucier le mystérieux passé de son patient amnésique[54].

La Maison du docteur Edwards sera un grand succès commercial[54].

Les Enchaînés

Article détaillé : Les Enchaînés.

Sous le charme d'Ingrid Bergman, Hitchcock l'engage de nouveau pour Les Enchaînés[55] (1946), où elle interprète une jeune femme, fille d'un espion nazi devenue alcoolique, qui est recrutée pour séduire par un homme interprété par Cary Grant et espionner un ami de son père. Les personnages de Bergman et de Grant finiront par tomber amoureux avant une fin tragique.

Alors qu'il travaille avec Ben Hecht à l'écriture du scénario, le réalisateur se demande quel MacGuffin les héros du film pourraient bien rechercher et choisit l'uranium passé en contrebande par les espions pour fabriquer une bombe atomique. Il consulte des experts qui, pour l'éloigner de la vérité, tentent de lui faire croire que cette bombe est composée d'eau lourde et non d'uranium[54]. Les studios sont plutôt réticents jugeant le MacGuffin totalement idiot. Mais le réalisateur finit par percer le secret de la fabrication de la bombe atomique, et il apprendra par la suite que le FBI le fera suivre pendant trois mois pour découvrir d'où il tenait cette information[54].

Ce film, de nouveau produit par Selznick, est considéré par François Truffaut comme son meilleur film en noir et blanc[54].

Le Procès Paradine

Article détaillé : Le Procès Paradine.

Le Procès Paradine[56] (1947) est de le dernier film d'Hitchcock pour Selznick. Écoeuré par la fortune que le producteur a amassée sur son dos (il touche autant que lui à chaque contrat), Hitchcock manifeste peu d'intérêt pour ce film[57].

Alida Valli joue une jeune femme accusée d'avoir empoisonné son mari, un vieillard riche et aveugle. Son avocat (Gregory Peck) finira par succomber à son charme glacial.

Le film sera un désastre commercial et critique[57]. Hitchcock refusa de retravailler avec Selznick, qui lui avait néanmoins appris une chose majeure : à Hollywood, c'est le producteur qui a le « final cut »[57]. Le réalisateur va alors produire tous ses films.

La Corde

Article détaillé : La Corde.

En 1944, Hitchcock avait créé avec son ami le producteur Sidney Bernstein la société Transatlantic Pictures. Pour le premier film qu'il allait réaliser par elle, le réalisateur choisi d'adapter la pièce Rope's End de Patrick Hamilton, rebaptisée La Corde[58], inspirée du meurtre perpétré en 1924 sur un jeune homme nommé commis par Nathan Leopold et Richard Loeb.

Renommés Brandon Shaw et Philip Morgan, les deux assassinent un de leurs camarades. Ils préparent alors un dîner auquel sont conviées le soir même, sur le lieu du crime, la famille de la victime et sa petite amie. Parmi les invités se trouve également un de leurs professeurs, Rupert Cadell, qui, observant le comportement étrange des jeunes gens au cours de la soirée, va commencer à soupçonner l'impensable.

La Warner qui co-produisait le film, choisit James Stewart pour le rôle de Cadell. Et les deux meurtriers sont interprétés par John Dall et Farley Granger.

Ce film comporte onze plans (un par bobine).

Terminé le 21 février, le film sortit aux États-Unis en septembre 1948 sous le titre Alfred Hitchcock's Rope (La Corde d'Alfred Hitchcock). C'était la première fois que son nom apparaissait dans un titre, et Hitchcock en était très fier. Les critiques furent néanmoins mitigées, et le succès public tempéré par l'action des ligues de vertu. Le film n'a pas eu de problèmes avec la censure, mais il a été interdit dans plusieurs régions des États-Unis, ou bien projeté avec des coupures - en général la scène du meurtre. Le National Board of Reviewle déconseilla au moins de 21 ans. En Europe, il a été tout d'abord interdit en France et en Italie. La Corde n'a pas été un triomphe, mais les producteurs sont largement rentrés dans leurs frais.

Les Amants du Capricorne

Article détaillé : Les Amants du Capricorne.

Le premier succès de Transatlantic Pictures est contrecarré par l'échec des Amants du Capricorne[59] (1949), drame gothique avec Ingrid Bergman, où son personnage sombre dans l'alcool et la folie.

Ce film, qu'Hitchcock regrette le plus d'avoir tourné, sera la dernière collaboration entre l'actrice et le réalisateur.

Le Grand Alibi

Article détaillé : Le Grand Alibi.

Pour se remettre de l'échec de son précédent film, qui anéantit toute velléité chez le réalisateur de posséder sa propre maison de production même s'il produira par la suite tous ses films, Hitchcock enchaîne avec Le Grand Alibi.

Richard Todd joue Jonathan Cooper, un homme épris d'une comédienne et chanteuse, interprétée par Marlène Dietrich, est soupçonnée d'être l'assassin de son mari. Son amie Eve (Jane Wyman) tentera alors de l'aider.

Le film n'est pas un succès. Depuis Les Enchaînés, les relations entre les personnages manquent de souffle, l'image est terne, le montage est plat avec d'insipides dialogues[60]. Hitchcock décide de remédier à chacun de ces défauts.

L’Inconnu du Nord-Express

Article détaillé : L’Inconnu du Nord-Express.

Au début de l'année 1950, Hitchcock découvrit avec enthousiasme le premier roman de Patricia Highsmith : Strangers on a Train. Le réalisateur travailla sur le synopsis avec Whitfield Cook en juin 1950 et confia à Raymond Chandler, suggéré par la Warner, le soin d'écrire le scénario. Hitchcock expliquera plus tard : « Je me souviens de mon travail sur L’Inconnu du Nord-Express, Je ne trouvais personne qui voulût collaborer avec moi. Tout le monde pensait que mon premier jet était à la fois si plat et si proche des faits qu'on n'y trouvait pas la moindre qualité. En réalité, tout le film était là, visuellement. »[61]

Farley Granger tient le rôle principal, celui d'un champion de tennis qui rencontre dans un train un inconnu (Robert Walker) qui lui propose un marché bien spécial : il supprime sa femme envahissante (Kasey Rogers) si celui-ci se charge d'éliminer son propre père. Le joueur de tennis, pensant avoir affaire à un fou, laisse passer le marché et finit par l'oublier. Quelque temps plus tard, sa femme est assassinée.

Sorti en mars 1951, L’Inconnu du Nord-Express, malgré quelques plaintes de personnes outrées par les connotations sexuelles du film et son meurtre explicite, connut un immense succès public. Hitchcock avait gagné son pari et retrouvé la confiance du public et des studios[61].

La Loi du silence

Article détaillé : La Loi du silence.

Il était difficile pour Hitchcock de trouver un sujet après le succès de L’Inconnu du Nord-Express. Sa femme, Alma, lui suggéra d'adapter une pièce de théâtre de Paul Anthelme (autre pseudonyme de Paul Bourde) intitulé Nos deux consciences. L'histoire est celle d'un prêtre endossant la culpabilité d'un crime perpétré par son sacristain.

Le film devait se dérouler dans un environnement catholique, ce qui excluait un tournage aux États-Unis. L'action fut transportée au Québec, où le réalisateur et sa femme se rendirent pour les repérages après une première ébauche de scénario établie. Le réalisateur ne savait pas qui engager pour écrire. Alma désigna le scénariste Willian Archibald, qui avait fait ses preuves à Broadway. Pour les rôles principaux, il choisit Montgomery Clift et Anne Baxter.

La Loi du silence sortit à la mi-février 1953. L'accueil de la critique fut timide. Le public jugea le film mollement. La cause de cet insuccès, Hitchcock l'expliqua à François Truffaut :

L'idée de base n'est pas acceptable pour le public. Nous savons, nous les catholiques, qu'un prêtre ne peut pas révéler un secret de la confession, mais les protestants, les athées, les agnostiques pensent : « C'est ridicule de se taire ; aucun homme ne sacrifierait sa vie pour une chose pareille ».

Soucieux de plaire, Hitchcock alla jusqu'à dire que le film avait été une « erreur ».

Le crime était presque parfait

En 1953, Hitchcock était lié à la Warner Bros. depuis quatre ans. Il lui restait donc un film à faire. Il travailla un temps sur une roman de David Duncan, The Bramble Bush, qui ne le satisfaisait plus. Le réalisateur découvrit alors que le studio avait acheté les droits d'une pièce à succès de Broadway, Dial M for Murder.

Comme pour L'Inconnu du Nord-Express, l'un des personnages principaux est un champion de tennis. Ce dernier découvre que sa femme le trompe et décide d'engager un tueur pour l'éliminer.

Hitchcock pensa un moment confier les rôles du mari et de l'épouse à Cary Grant et Olivia de Havilland, mais les studios refusèrent. Le réalisateur fit donc appel à une jeune actrice qui n'avait tourné que trois films jusque-là : Grace Kelly. Elle allait devenir, en plus d'une grande amie, son actrice préférée. Ray Milland fut engagé dans le rôle de son époux. Les rôles secondaires furent confiés à des acteurs qu'Hitchcock connaissait bien : Robert Cummings et John Williams.

Le crime était presque parfait a été tourné en 3-D, c'est-à-dire en relief stéréoscopique et projection en lumière polarisée, avec lunettes polarisantes, un procédé très en vogue à l'époque.

À sa sortie, Le crime était presque parfait fut salué pour ce qu'il était : un grand Hitchcock.

Fenêtre sur cour

Article détaillé : Fenêtre sur cour.

Alors qu'il tournait Le crime était presque parfait, l'agent d'Hitchcock, Lew Wasserman signa un contrat de neuf films avec la Paramount. Le premier devait être l'adaptation d'une nouvelle de Cornell Woolrich intitulée It Had to be a Murder, renommée Fenêtre sur cour (1954).

Hitchcock trouvait l'idée de travailler dans un lieu unique très stimulante. La quasi-totalité du film se passe dans un appartement new-yorkais. Pour écrire l'histoire, celle d'un photographe cloué dans un fauteuil roulant avec une jambe dans le plâtre qui découvre que son voisin est un assassin, Hitchcock fît appel à un ancien journaliste John Michael Hayes. Pour les rôles principaux, Hitchcock avait dès le départ pensé à James Stewart et Grace Kelly.

À sa sortie, le film connut un grand succès et obtint quatre nominations aux oscars, dont celle du meilleur réalisateur, mais n'en reçut aucun.

La Main au collet

Article détaillé : La Main au collet.

Fenêtre sur cour n'était pas encore sorti qu'Hitchcock repartait sur un nouveau projet. La Paramount lui proposa d'adapter un roman de David Dodge : To Catch a Thief, une intrigue policière flirtant avec la comédie, qui se déroule sur la Côte d'Azur. Très satisfait de son précédent scénariste, John Michael Hayes, le réalisateur l'engagea de nouveau. Mais, Hayes ne connaissait pas le sud de la France, Hitchcock y remédia : « Quand il apprit que je n'étais jamais allé dans le Sud de la France, il s'arrangea pour que ma femme m'accompagne, aux frais du studio, afin d'y effectuer des repérages. Ce voyage fut naturellement le bienvenu et, à mon retour, je savais exactement quoi faire du roman. » Le scénario était prêt fin avril 1954. Début mai, le tournage commenca.

Le casting était prêt. Pour la troisième et dernière fois, Hitchcock fit appel à son actrice fétiche : Grace Kelly, et pour le rôle masculin, il choisit Cary Grant, qui accepta de sortir de sa retraite et faire son come-back.

Le première eut lieu à New York, le 15 août 1955. La critique se montra divisée, allant de l'éloge dithyrambique à la critique la moins acide. La Main au collet était « un film léger », selon le réalisateur. La critique, dans son ensemble, fit le même constat, mais en soulignant les points forts et les charmes de cette œuvre. Le public était très satisfait.

Mais qui a tué Harry ?

Article détaillé : Mais qui a tué Harry ?.

En 1950, Hitchcock avait lu le roman de Jack Trevor Story, The Trouble with Harry (Mais qui a tué Harry ?). Avant de partir tourner La Main au collet, il demanda à John Michael Hayes de travailler à son adaptation. Les droits furent achetés pour 11 000 $. Quatre ans auparavant, le comité de lecture de la Paramount avait émis un avis défavorable sur l'adaptation du roman, jugeant son humour trop fragile et un peu bizarre et ses personnages ressemblant un peu à des extra-terrestres.

Mais qui a tué Harry ? suit le parcours d'un cadavre découvert par un petit garçon. Celui-ci part vite chercher sa mère. Au même moment, un vieux chasseur tombe sur le cadavre et pense l'avoir tué. D'autres personnes se croiront tour à tour coupables, alors on enterre bien vite le cadavre encombrant. Occupé sur La Main au collet, Hitchcock ne se chargea pas de la distribution. Son producteur associé, Herbert Coleman trouva le casting. Il choisit Shirley MacLaine et John Forsythe pour les deux principaux personnages.

Hitchcock confiera à François Truffaut :

J'ai tourné ce film pour prouver que le public américain pouvait apprécier l'humour anglais et cela n'a pas trop mal marché.

À la sortie du film, le réalisateur tournait son film suivant, L'Homme qui en savait trop, et tout le monde n'avait ses yeux que pour celui-là, et on ne parla presque pas de Mais qui a tué Harry ?. La Paramount ne savait pas trop quoi en faire, et le film n'intéressa que moyennement le public américain. En France, le film fut un carton et resta six mois à l'affiche, avec des critiques très positives.

L'Homme qui en savait trop 2e version

Fin 1954, Hitchcock venait de terminer son quatrième film en dix-sept mois. Et il n'était pas question de faire une pause. Il décida de recycler une de ses anciennes œuvres, L'Homme qui en savait trop (1934), la seule fois de sa vie où il tourna un remake. Le premier film avait été un succès, mais Hitchcock n'en était pas satisfait, et sept ans après sa sortie, il en avait envisagé une nouvelle nouvelle version avec David O. Selznick.

John Michael Hayes fut de nouveau contacté. Le réalisateur lui demanda de ne pas visionner la version précédente et lui raconta simplement l'histoire, celle d'un espion qui est assassiné et qui confie à un docteur, rencontré la veille, qu'un attentat se prépare. Le médecin et sa femme se retrouvent alors embarqués dans un complot international, obligés de se taire pour sauver leur fils gardé en otage. En 1955, James Stewart était l'acteur le plus en vue d'Hollywood, et Hitchcock le choisit pour le rôle principal. L'Homme qui en savait trop était leur troisième collaboration. Pour le rôle de son épouse, le réalisateur avait remarqué Doris Day.

En juillet 1955, les derniers plans furent tournés dans les studios Paramount. Le film sera le plus rentable de l'année 1956. Pour de nombreux critiques, le remake de L'Homme qui en savait trop était meilleur que la version originale - une exception dans l'histoire du cinéma.

Le Faux Coupable

Article détaillé : Le Faux Coupable.

Sueurs froides

Article détaillé : Sueurs froides.

Sueurs froides (1958) est considéré par de nombreux cinéphiles comme le meilleur film d'Hitchcock. Pourtant, lors de sa sortie, sa qualité ne fut pas tout de suite reconnue par le public et la critique. Bien qu'il soit centré sur un meurtre, ce n'est pas à proprement parler un film policier, mais selon les mots de son auteur, « une histoire d'amour au climat étrange. »

Un ex-policier accepte de surveiller la femme d'un ami qu'il n'a pas revu depuis longtemps. Il en tombe amoureux, mais s'avère incapable d'empêcher son suicide, à cause du vertige dont il souffre. Il rencontrera plus tard, une jeune femme qui ressemble beaucoup à la disparue...

Il fallut trois scénaristes successifs avant qu'Hitchcock ne parvienne à un scénario qui le satisfasse. Le dernier, Samuel Taylor avoua qu'il avait travaillé uniquement sur les indications du réalisateur, sans lire le roman D'Entre les morts qui servit d'adaptation, ni le premier scénario, afin de se concentrer sur le personnage principal.

Le réalisateur engagea James Stewart pour le rôle principal. Sueurs froides marque leur dernière collaboration. Et pour l'interprète de la jeune femme malade, Hitchcock voulait propulser au rang de star sa nouvelle protégée Vera Miles. Enceinte, elle se désista. Le studio la remplaça par Kim Novak, qui accomplit sa meilleure performance.

La Mort aux trousses

Article détaillé : La Mort aux trousses.

Psychose

Article détaillé : Psychose (film, 1960).
Sur le tournage de Psychose

Alors qu'il lisait la rubrique « Livres » du New York Times, Hitchcock vit une excellente critique sur le livre Psycho de Robert Bloch. Il acheta le livre et annonca à sa secrétaire « Je tiens notre prochain sujet, Psycho[62]. ».

Hitchcock engagea le scénariste débutant Joseph Stefano pour lui écrire ce qui allait devenir un film majeur dans sa filmographie et considéré comme un chef-d'œuvre[63] Anthony Perkins tient le rôle principal, celui de Norman Bates, un jeune homme perturbé, propriétaire d'une vieille demeure surplombant le motel dont il est également propriétaire, et où Marion Crane (jouée par l'actrice Janet Leigh), une automobiliste de passage, connaîtra un destin tragique. Un détective privé (Martin Balsam), puis l'amant et la sœur de Marion (interprété par Vera Miles), se lanceront à sa recherche.

Psychose n'a pas été bien accueilli par la critique[64],[65]. Il n'était soi-disant pas à la hauteur de La Mort aux trousses, de La Main au collet, de Sueurs froides et des autres films d'Hitchcock[66]. La raison probable de ces réactions, est que les journalistes n'ont pas apprécié d'avoir découvert le film au cinéma[67]. Hitchcock était toujours déçu quand son travail était mal reçu car il y consacrait beaucoup de temps[68]. En Europe, le film fut très bien accueilli aussi bien par la critique que le public [69].

Les Oiseaux

Article détaillé : Les Oiseaux (film, 1963).

Après Psychose Hitchcock eut le plus grand mal à trouver un nouveau sujet de film[70]. Il commença à travailler sur le scénario de Pas de printemps pour Marnie avec Joseph Stefano. Le film devait marquer le come-back de l'actrice fétiche du réalisateur, Grace Kelly[71]. Devenue princesse de Monaco, l'actrice était prête dans un premier temps à accepter[72], mais finalement, repoussa l'offre[72],[73].

Déçu mais non découragé, le réalisateur se tourna vers l'adaptation d'une nouvelle de Daphne Du Maurier, Les Oiseaux, publiée en 1952 dans la revue féminine Good Housekeeping[74]. Il la retint d'abord pour sa série télévisée hebdomadaire Alfred Hitchcock présente, mais eut l'idée d'en faire un long-métrage après avoir entendu qu'une femme avait été attaquée par des oiseaux[75]. Hitchcock avait déjà adapté deux œuvres de Du Maurier pour ses films La Taverne de la Jamaïque en 1939 et Rebecca en 1940, en dépit du fait qu'il ne ressentait pas particulièrement d'attachement vis-à vis de ses écrits[74].

« On pourrait dire que le thème des Oiseaux est l'excès d'autosatisfaction qu'on observe dans le monde : les gens sont inconscients des catastrophes qui nous menacent. »

— Alfred Hitchcock[76]

Hitchcock se mit ensuite à la recherche d'un scénariste. Stefano produisait la série Au-delà du réel et n'était donc plus disponible. Après avoir envisagé plusieurs personnes, dont Ray Bradbury[77], le réalisateur se tourna vers Evan Hunter qui deviendra célèbre plus tard sous le pseudonyme d'Ed McBain. L'écrivain accepta immédiatement de travailler avec Hitchcock[78].

Hitchcock ne voulait pas de star pour le film[79]. Le succès de Psychose sans grands acteurs l'avait motivé à se diriger dans ce sens. Après divers essais filmés de plusieurs actrices, il surprit en choisissant une inconnue, Tippi Hedren, qui deviendra l'une des plus grandes blondes hitchcockiennes avec Grace Kelly et Ingrid Bergman[80] La jeune femme fut aidée de ses collègues, Rod Taylor, Suzanne Pleshette et Jessica Tandy.

Contrairement à Psychose où la Paramount lui avait imposé un budget réduit à 800 000 $[81], Alfred Hitchcock disposait de 2 500 000 $[82]. Il retrouvait ainsi une somme équivalente à celles dont il bénéficiait habituellement. Pour La Mort aux trousses, le budget s'était monté à 3 300 000 $[81]. Le tournage proprement dit débuta le 5 mars 1962. Tout avait été méticuleusement prévu car Hitchcock n'aimait pas les extérieurs[83],[84], qui ne lui permettaient pas de contrôler la lumière et le bruit ambiant[85].

« Hitchcock reconnut avoir été exceptionnellement tendu, durant le tournage du film »[41]. Lui si méticuleux, qui habituellement travaillait chaque prise longtemps à l'avance, apportait des changements de dernière minute au scénario et improvisait sur le plateau[86]. En dépit de ces changements de dernière minute, Hitchcock étudia les story-boards montrant l'attaque de Tippi Hedren par des oiseaux dans le grenier (une séquence qui exigea trente-deux angles de prise différents) et il indiqua le nombre d'images nécessaires. Il anticipait les coupes au montage et pensait la durée de chaque plan : « Je n'ai jamais vu personne, ni avant ni après, doté d'un tel sens du cinéma », confia Harold Michelson, qui participa aux effets spéciaux [87].

La principale difficulté technique, avant les effets spéciaux, concernait les oiseaux réels. Rod Taylor fut harcelé par un corbeau nommé Archie[88], mais c'est Tippi Hedren qui souffrit le plus[89],[90]. Lors de la scène du grenier où Melanie est sauvagement attaquée, l'actrice apprit le matin du tournage que les oiseaux mécaniques qui devaient entrer en jeu ne fonctionnaient plus. Pendant cinq jours, Tippi Hedren dut affronter des oiseaux réels[91]. Durant toute la semaine, les techniciens lancèrent sur elle des volatiles censés la frapper ; certains étaient rattachés à son costume par des films invisibles[92]. Le lundi suivant, elle s'écroula d'épuisement et dut être hospitalisée, une paupière ouverte[93].

Les attentes étaient grandes depuis Psychose. Avec des effets visuels ambitieux, une bande-son inhabituelle et l'absence de tête d'affiche, Hitchcock ne pouvait se permettre de décevoir ni la critique ni le public. C'était la première fois qu'il disposait d'un aussi gros budget[74]. Son film « le plus important »[94] selon ses propres mots devait être un succès.

Alfred Hitchcock choisit de présenter son film en avant-première mondiale au Festival de Cannes 1963[95]. Il fit l'ouverture mais ne fut pas sélectionné pour la compétition officielle[96], le public fut sous le choc en sortant de la projection :

« Ce n'est pas le lâcher de quelques pigeons débonnaires, ni le charme de son interprète Tippi Hedren qui pourront atténuer l'impression d'horreur ressentie à la présentation de son film Les Oiseaux. »

— Édition spéciale consacrée au 16e festival international du film de Cannes[97]

Les Oiseaux remporta en totalité aux États-Unis 11 403 559 $[82]. Ce résultat fut moins bon que prévu mais néanmoins restait un succès suffisant pour rassurer le réalisateur. Il fut classé 16e[98] parmi les 20 films les plus regardés de l'année 1963[74]. Aujourd'hui considéré comme un classique du cinéma d'épouvante[99], le film a fait l'objet d'un remake pour la télévision intitulé Les Oiseaux 2, réalisé en 1994 avec Tippi Hedren.

Pas de printemps pour Marnie

Article détaillé : Pas de printemps pour Marnie.

Le Rideau déchiré

Article détaillé : Le Rideau déchiré.

L'Étau

Article détaillé : L'Étau.

Frenzy

Article détaillé : Frenzy.

Complot de famille

Article détaillé : Complot de famille.

The Short Night

Article détaillé : The Short Night.

Hitchcock ne réalisera que quatre films pour Selznick (Rebecca en 1940 ; La Maison du docteur Edwardes en 1945 ; Les Enchaînés en 1946 et Le Procès Paradine en 1947) avant de décider qu’il vaut mieux être son propre producteur en 1947. Cependant, produire un film coûte cher et les premières œuvres indépendantes d’Alfred Hitchcock (La Corde et Les Amants du Capricorne) n’ont guère de succès au box-office. C'est ainsi que pressé par ses créanciers et par son agent, Les Wasserman, il accepte en 1955 de prêter son nom et son image à une série télévisée intitulée d’abord Alfred Hitchcock présente (1955-1962) pour un salaire de 129 000 $ par épisode de 30 minutes. De 1962 à 1965, la série prendra le titre de Suspicion.

Son rôle y est toutefois limité et cela relève de son propre choix. Il écrit et présente l’introduction de chacun des épisodes et en choisit les scripts (rôle qu’il confiera à partir de 1959 à Joan Bennett son assistante et amie). Contrairement à ce que beaucoup de spectateurs croient à l’époque, la série Alfred Hitchcock présente est fort peu révélatrice de ses particularités et de ses talents en tant que concepteur, scénariste, monteur et réalisateur. De fait, sur les 368 épisodes télévisés, Hitchcock n’en réalisera que 20.

  • Revenge (2/10/55)
  • Poison (5/10/58)
  • Breakdown (13/11/55)
  • A Dip in the Pool (1/06/58)
  • Back for Christmas (4/3/56)
  • Banquo’s chair (3/05/59)
  • The case of Mr Pelham (4/12/55)
  • Arthur (27/09/59)
  • Wet Sathursday (08/56)
  • The Crystal Trench (4/10/59)
  • Mr Blanchard’s secret (23/12/56)
  • Incident at a corner (5/4/60)
  • Four o’clock (30/09/57)
  • Mrs Bisby and the colonel (27/09/60)
  • One more mile to go (7/04/57)
  • The horse player (14/03/61)
  • The perfect crime (20/10/57)
  • Bang! You’re dead! (17/190/61)
  • Lamb to the slaughter (13/04/58)
  • I saw the whole thing (11/10/62)

Les films réalisés et produits par Hitchcock entre 1954 et 1963 sont en général considérés comme ses plus grands chefs-d’œuvre. Citons notamment Sueurs froides (1958) ou Psychose (1960) d’après le roman de Robert Bloch. Avec les Oiseaux en 1963, Hitchcock tente de faire réfléchir le spectateur sur la place de l’Homme : « Et si mère Nature reprenait le dessus ? ».

Les films qui suivront seront moins personnels - peut-être aussi moins ambitieux. L’âge commence à se faire sentir, le cinéma est en crise à cause de l’arrivée de la télévision dans les ménages et Hitchcock a perdu deux de ses plus proches collaborateurs : Bernard Herrmann, son musicien, et Robert Burks, le directeur de la photographie. Sans être toutefois des « navets », les films réalisés après Pas de printemps pour Marnie (1964) n’ont pas la même dimension que ceux de son âge d’or.

Après l'échec du Rideau déchiré et de L'Étau, Hitchcock retrouve le succès avec Frenzy, en 1972. Puis, Complot de famille en 1976 reçoit les hommages de la critique. Le réalisateur prépare, en 1978, un nouveau film d'espionnage très prometteur, The Shorth Night. Mais devant la difficulté du tournage, il met fin à sa carrière et prend sa retraite.

L’influence hitchcockienne

Psychose, Hôtel des Bates : lieu de tournage de la scène principale

Si Hitchcock est aujourd’hui considéré par beaucoup comme l’un des plus grands réalisateurs de cinéma, cela n’était pas le cas lors de la sortie de ses films. Peu aimé de la critique, il était accusé de toujours refaire la même histoire ou de faire ses films en fonction du public. À cela, Hitchcock répondait qu’il ne comprenait pas l’attitude nombriliste de certains réalisateurs qui font des films pour eux-mêmes.

Néanmoins, Hitchcock a toujours été plébiscité par le public. De plus, de nombreux films, clins d’œil à Hitchcock, ont été faits tel Psycho (1998) de Gus Van Sant qui reprend à quelques détails près les mêmes plans que l’original mais est tourné en couleurs. Ce film fut un échec.

Aujourd’hui, de nombreux réalisateurs s’inspirent directement du travail d’Hitchcock. Il est le premier à avoir appliqué dans ses films toutes les « recettes » du suspense et des scènes d’anthologie toujours appréciées - la douche dans Psychose - montrent à quel point il reste populaire.

Parmi les réalisateurs actuels, celui qui se veut le plus hitchcockien est sans doute Brian De Palma.

Le cinéma hitchcockien

Nous nous appuierons sur Psychose, Sueurs froides, Les Oiseaux et Fenêtre sur cour pour déterminer les éléments récurrents du cinéma d’Hitchcock.

Le suspense

Le suspense doit se distinguer de la surprise, plus caractéristique du cinéma d’horreur ou d’épouvante. Dans les films d’Hitchcock, justement surnommé le « maître du suspense », le suspense est obtenu par un décalage entre ce que le spectateur sait et ce que le personnage voit. L’attente anxieuse du spectateur peut ensuite être renforcée par une musique accentuée, des ombres, des effets de lumière… Dans le cinéma d’horreur, l’effet de surprise consiste à faire apparaître une chose (ou un personnage) inattendu et souvent terrifiant alors que ni le personnage ni le spectateur ne s’y attendaient. Mais dans les films hitchcockiens, l’anxiété du spectateur augmente au fur et à mesure que le personnage reste inconscient du danger. Il se demande ce qui va arriver quand il l’apercevra enfin. Tous les films d’Hitchcock s’appuient sur cet effet.

Ainsi, dans Fenêtre sur cour, le spectateur est seul à voir le voisin d’en face sortir de son appartement avec une femme ; Jeffries dort à ce moment. De même, quand le détective monte les escaliers du manoir dans Psychose, le spectateur voit la porte s’entrouvrir et il est seul à prévoir le meurtre du détective. Sueurs froides est aussi particulièrement significatif puisque le spectateur apprend par un flash-back, dès le début de la seconde partie du film, la véritable identité de Judy et tout le complot monté contre Scottie. Le spectateur s’interroge ainsi sur la tournure que vont pouvoir prendre les évènements.

Le MacGuffin

Des critiques reprochaient à Hitchcock de toujours faire le même film. Il y a d’abord un élément déclencheur « Le MacGuffin » et un personnage lambda devient héros du film. Il est vrai que la plupart de ses films adoptent cette structure. Le MacGuffin (ou élément déclencheur) de Psychose est l’argent volé au patron ; celui de Les Oiseaux est le couple d’inséparables… Leur importance dans le film diminuera progressivement jusqu’à ne plus avoir aucun rôle, tant le personnage est emporté par les évènements. Ainsi, le psychiatre à la fin de Psychose remarque lui-même que « c’était un crime passionnel » et donc que les 40 000 $ n’ont eu aucun rôle dans l’action. Norman Bates n’en avait d’ailleurs pas connaissance ; l’argent n’a servi qu’à conduire Marion Crane vers le Motel Bates, et vers sa perte.

Les femmes

Hitchcock entretient des rapports difficiles avec les femmes dans son enfance et son adolescence. Il est un enfant solitaire et ne s’y « intéressera » que vers l’âge de 20 ans. Dans ses films, les figures féminines sont souvent les plus noires. D’une part, les jeunes femmes blondes représentent souvent le mal ; dans Les Oiseaux, Melanie Daniels est accusée de sorcellerie ; dans Sueurs froides, Judy est complice d’un meurtre. De plus, la figure de la mère est omniprésente et en opposition constante avec son fils. Cela est aussi visible dans Les Oiseaux, où la mère a peur d’être abandonnée par son fils ; le paroxysme de cette relation est bien sûr présent dans Psychose où l’assassinat de sa mère déclenche le dédoublement de personnalité de Norman Bates.

La nourriture

Hitchcock était complexé par son poids, héritage de son père qui appréciait également la bonne cuisine. Différents acteurs et membres de l’équipe technique racontent qu’Hitchcock les invitait à dîner pour faire plus ample connaissance mais qu’ils parlaient davantage de gastronomie et du bon vin que du film en cours.

Dans ses films, la nourriture a un rôle important. Elle accentue le désir de Norman Bates pour Marion Crane dans Psychose, puisqu’il lui apporte les sandwiches afin de discuter avec elle. La fameuse scène du baiser dans Les Enchaînés est entrecoupée de propos sur le poulet. De même, l’invitation au dîner est souvent un désir d’un des deux personnages d’aller plus loin dans sa relation avec l’autre. Ainsi, Scottie invite Judy à dîner, Mitch invite Melanie, John « le Chat » et Frances partent en pique-nique respectivement dans Sueurs froides, Les oiseaux et La Main au collet ; une relation amoureuse peut débuter. Enfin, dans Fenêtre sur cour, Lisa est vue comme une femme parfaite et Jeffries semble l’admettre lorsqu’elle lui apporte son repas : « Parfait, comme d’habitude ».

Les caméos

Article détaillé : Caméos d'Hitchcock.

Un caméo est l’apparition furtive (souvent muette) d’une personnalité célèbre dans un film. Hitchcock apparut d'abord dans les « Cheveux d'or » (1926) car il avait trouvé plaisant d'équilibrer lui-même un premier-plan (on le voit assis de dos à un petit bureau) devant une baie vitrée d'une salle de rédaction. Par la suite, ses caméos devinrent un jeu pour le spectateur et on peut le voir dans tous ses films de la période américaine. Mais en aucun cas cette apparition furtive ne doit freiner le déroulement de l’action et Hitchcock apparaît ainsi généralement en tout début de film pour que les spectateurs ne l’attendent plus et puissent être pleinement dans le film.

Les caméos d’Hitchcock révèlent un personnage assez paradoxal. Obsédé par son physique, il ne perdait pourtant pas une occasion de se montrer, contrairement à d’autres réalisateurs très discrets. Cela est une part de son humour cocasse, qui ponctue bien souvent ses films.

Des exemples de caméos :

  • Remontant une pendule dans l’appartement du pianiste Fenêtre sur cour.
  • Sortant de l’oisellerie avec ses (propres) chiens alors que Melanie y entre dans Les Oiseaux.

Un Monsieur Tout Le Monde innocent

La plupart des personnages des films d’Hitchcock deviennent héros malgré eux. Parfois accusés à tort, ils doivent s’enfuir afin de prouver leur innocence. Marion Crane (Psychose) est une employée lambda, Mitch (Les Oiseaux) un simple avocat… Le déroulement de l’action va les pousser à faire preuve de sang-froid et ainsi devenir héros. Hitchcock tient ainsi à montrer que ses histoires peuvent arriver à n’importe qui, et le fait que le spectateur s'identifie au personnage peut amplifier le suspense.

Un spectateur complice

Hitchcock réalise ses films pour le spectateur et il aime jouer avec eux. Dans Fenêtre sur cour, il nous amène à avoir la même attitude que Jeffries et Lisa : comme le dit cette dernière, « nous sommes déçus parce qu’un homme n’a pas assassiné sa femme ». Et la fenêtre de Jeffries, sorte d’écran de cinéma, nous place dans la même position que Jeffries. Évidemment le spectateur veut une victime et un meurtrier car il veut de l’action. Cela est aussi visible dans Psychose, où l’on espère que Norman Bates ne va pas oublier le journal — presque une preuve de sa culpabilité. De même, quand il veut faire disparaître la voiture dans le marais, celle-ci s’arrête un moment de s’enfoncer et le spectateur est aussi soulagé que Norman quand elle s’enfonce à nouveau.

La force d’Hitchcock est de rendre le spectateur complice du meurtrier, malgré lui.

Hitchcock et les blondes

Les « blondes sophistiquées » des films de Hitchcock sont devenues des paradigmes du cinéma, des figures fondatrices, et des images éternelles de l’imaginaire. Les blondes de Hitchcock sont toujours représentées comme étant froides. Les Oiseaux et Pas de printemps pour Marnie sont deux films clés pour qui veut saisir quelque chose entre la vie privée et l’œuvre du cinéaste. La raison tient à Tippi Hedren, la seule actrice à laquelle Hitchcock a osé déclarer sa flamme. On a l’impression que Hitchcock a réalisé Les Oiseaux pour malmener Tippi Hedren, l'effrayer, abîmer sa beauté insolente. Façon pour le moins maladroite de lui avouer son amour. C’est durant le tournage de Marnie, que Hitchcock va tenter de le lui avouer une nouvelle fois. Il va poursuivre lourdement Tippi de ses assiduités. Le ressort d’Hitchcock sera cassé, Marnie se terminera dans une lourde ambiance de bâclage et la carrière de Tippi Hedren sera brisée net. Tippi Hedren avait refusé toutes les avances d’Hitchcock durant le tournage des Oiseaux ; pour se venger, Hitchcock lança de vrais volatiles pour certaines scènes de film. Blessée physiquement et psychiquement, elle dut être soignée. Sur le plateau, déclare-t-elle dans une interview, il y avait en permanence une personne de la S.P.A. « C’est plutôt moi qui avait besoin d’être protégée. Je ne sais combien de fois j’ai été mordue, griffée, parfois cruellement, par les oiseaux pris de panique. Les hommes manipulant les mouettes et corbeaux portaient des gants, moi j’étais l’innocente cible inventée par Hitchcock ».

La fille de Hedren (Melanie Griffith) ayant grandi confia à Télérama : « J’ai toujours pensé que Hitchcock avait volé ma mère ». « Il était obsédé par elle et il a brisé sa carrière parce qu’elle ne voulait pas se laisser faire. Pour mes six ans, il m’a envoyé une boîte en forme de cercueil avec une poupée représentant ma mère telle qu’elle était dans les Oiseaux. C’était un malade ». La carrière de Hitchcock déclinera. Effrayés, les producteurs imposeront leurs propres blondes. Tippi Hedren, quant à elle, n'aura pas eu tout à fait la carrière prévue, mais deviendra encore plus célèbre après Pas de printemps pour Marnie, en tournant avec Charlie Chaplin, Marlon Brando, Sophia Loren, Jude Law, Mark Wahlberg ou encore Naomi Watts.

James Stewart et Kim Novak dans Sueurs froides

Pour le film Sueurs froides , Hitchcock ne voulait pas au départ de Kim Novak, il voulait Vera Miles, et en faire « la nouvelle Grace Kelly ». On avait photographié son visage, doux et distingué, pendant des jours, tout était prêt. Mais Vera Miles était enceinte de son mari, Gordon Scott. Hitchcock voulut retarder le tournage après la naissance de l’enfant. Impossible. Il trouva alors sa vengeance : lui donner le second rôle féminin dans Psychose, celui de la sœur de Janet Leigh. Vera Miles avait le crâne rasé car elle jouait dans Cinq Femmes marquées et Hitchcock l’affubla d’une perruque qui détruisait sa beauté. Hitchcock déclare en parlant de Sueurs froides « Quand la Paramount a donné le rôle à Kim Novak, j’ai perdu tout intérêt pour le personnage et le film lui-même… » Ce qui est faux, à en voir le résultat. « Je crois avoir déçu Hitchcock. Je ne correspondais pas à son image de blonde idéale. À mon avis, il était conscient d’avoir commis une erreur en me choisissant, et il a décidé de tirer parti de cette erreur. C’est comme s’il avait voulu se mettre lui-même dans la peau de Scottie en espérant retrouver en moi une blonde à la Grace Kelly, ce qui n’était pas le cas, tout en espérant changer ma nature. Du coup on retrouve cette résistance à l’écran. »

Les différents lieux de tournage

Hitchcock, en grand perfectionniste, prenait soin de choisir les lieux où il tournait ses films et ses scènes.

Dans L'ombre d'un doute, Hitchcock choisit la petite ville de Santa Rosa, idyllique et pleine de charme, afin de renforcer l'aspect innocent de ses personnages et criminel de l'oncle Charlie. En 1958, il choisit San Francisco pour tourner son prochain long-métrage, Sueurs froides. Cette ville vallonnée reflétait parfaitement les émotions de Scottie. Dans La mort aux trousses, il prend un champ vide pour tourner la scène mythique de l'avion. Cet espace vide permettait à Hitchcock de montrer à quel point la situation est inattendue et absurde.

Filmographie

À partir des années 1950, Hitchcock a décidé, non seulement de continuer ses films, mais aussi de lancer une série télévisée, Alfred Hitchcock présente, petites histoires à suspense, et également de prêter son nom pour des livres pour enfants, dont la série Les Trois Jeunes Détectives. Cela montre à quel point Hitchcock aime son travail et comment il le diversifie.

Films muets

réalisateurs et réalisatrices

par récompense ou nationalité

Période britannique

Comme coscénariste, directeur artistique et assistant réalisateur de Graham Cutts :

Comme réalisateur :

Films parlants

Période britannique

Période américaine

Correspondant 17 (1940)
La Mort aux trousses (1959)

Citations

  • « Je suis un philanthrope : je donne aux gens ce qu’ils veulent. Les gens adorent être horrifiés, terrorisés. »
  • « Je n’ai jamais dit que les acteurs étaient du bétail. Ce que je disais c’est qu’il fallait les traiter comme tel. »
  • « La durée d’un film devrait être adaptée à l’endurance de la vessie. »
  • « Il n’y a pas de terreur dans un coup de fusil, seulement dans son anticipation. »
  • « Demander à un homme qui raconte des histoires de tenir compte de la vraisemblance me paraît aussi ridicule que de demander à un peintre figuratif de représenter les choses avec exactitude. »
  • « Ma femme fait la cuisine tous les soirs et je l'aide à faire la vaisselle. »
  • « Malgré toutes mes fanfaronnades et ma bravade, je suis en fait assez sensible et poltron. »
  • « L'autoplagiat, c’est le style. »
  • « Je crois au cinéma pur. »
  • « Certains films sont des tranches de vie. Les miens sont des tranches de gâteau. »[100]
  • « Le cinéma, c'est la juxtaposition de différents éléments filmés pour susciter une émotion chez le spectateur. »
  • « Tous les méchants ne sont pas noirs, tous les gentils ne sont pas blancs. Il y a du gris partout. »
  • « Avec l’aide de la télévision, le meurtre doit entrer dans les foyers, là où est sa place. »
  • « Si vous voyez un homme arriver derrière un innocent avec une arme à la main, vous en savez plus que l’innocent, et ça crée le suspense. »
  • « Le mystère intrigue, c'est un phénomène intellectuel. Le suspense est quelque chose de purement émotionnel. »
  • « Pour moi, le montage est l’élément essentiel d'un film. »

Notes et références

  1. Ken Mogg, « Senses of Cinema-Great Directors - Alfred Hitchcock – Master of Paradox »
  2. Ken Mogg « Senses of Cinema-Great Directors - Alfred Hitchcock – Master of Paradox »
  3. a , b  et c Paul Duncan « Alfred Hitchcock : Filmographie complète », Italie, Taschen, page 19, ISBN 2-7434-5172-6
  4. Welcome to St Ignatius College
  5. Patrick McGilligan, pgs. 24-25
  6. « Hitchcock, la légende du suspense », Les débuts au cinéma
  7. a  et b Paul Duncan Chaplin, mais le film ne fut jamais terminé en raison de la perte d'argent du studio
  8. « Hitchcock, la légende du suspense », Number thirteen (1922)
  9. The Pleasure Garden (1925) sur l'Internet Movie Database
  10. a  et b Paul Duncan « Alfred Hitchcock : Filmographie complète », Italie, Taschen, page 28, ISBN 2-7434-5172-6
  11. a , b , c  et d Paul Duncan « Alfred Hitchcock : Filmographie complète », Italie, Taschen, page 31, ISBN 2-7434-5172-6
  12. Peter Bogdanovich « Who the Devil Made it », Alfred A. Knopf, 1997
  13. Blackmail (1929) sur Internet Movie Database
  14. Balcon, Michael (1896-1977) Executive Producer British Film Institute ScreenOnline
  15. Gaumont-British Picture Corporation British Film Institute
  16. The Man Who Knew Too Much (1934) sur Internet Movie Database)
  17. a  et b The 39 Steps (1935) sur Internet Movie Database
  18. Patrick McGilligan, pg. 158
  19. a  et b The Lady Vanishes (1938) sur Internet Movie Database
  20. Dame May Whitty sur Internet Movie Database
  21. Lions of British Cinema-Sir Alfred Joseph Hitchcock, (13 août 1899 – 29 avril 1980) AvantGardeNow.com
  22. Alfred Hitchcock Quotes Brainy Quote
  23. DVD Complot de famille : Livret de 4 pages avec les notes de productions
  24. ÉCRAN NOIR Alfred Hitchcock REBECCA
  25. Voir à ce sujet l’essai de Leonard J. Leff intitulé Hitchcock/Selznick paru chez Ramsay
  26. a , b , c  et d Paul Duncan « Alfred Hitchcock : Filmographie complète », Italie, Taschen, page 83, ISBN 2-7434-5172-6
  27. Paul Duncan « Alfred Hitchcock : Filmographie complète », Italie, Taschen, page 84, ISBN 2-7434-5172-6
  28. Awards for Rebecca (1940) sur Internet Movie Database
  29. a  et b Paul Duncan « Alfred Hitchcock : Filmographie complète », Italie, Taschen, page 90, ISBN 2-7434-5172-6
  30. Foreign Correspondent (1940) sur Internet Movie Database
  31. Donald Spoto « The Dark Side of Genius : The Life of Alfred Hitchcock », 1999, États-Unis, Da Capo, page 237, ISBN 0-306-80932-X
  32. Marion Dale Pokriots « Women of the Rancho Marion Dale Pokriots» par Scotts Valley Chamber of Commerce
  33. « Hitchcock, la légende du suspense », Suspicion (1941)
  34. New York Film Critics Circle Winners In the 40's par Geocities
  35. Joan Fontaine sur Hollywood.com
  36. Awards for Joan Fontaine sur Internet Movie Database
  37. Saboteur (1942) sur Internet Movie Database
  38. « La Collection Alfred Hitchcock » Livret Cinquième Colonne, page 2
  39. a , b  et c « La Collection Alfred Hitchcock » Livret Cinquième Colonne, page 9
  40. Shadow of a Doubt (1943) sur Internet Movie Database
  41. a  et b François Truffaut « Le Cinéma selon Hitchcock », Interview de Alfred Hitchcock, Robert Laffont, 1966
  42. a  et b Paul Duncan « Alfred Hitchcock : Filmographie complète », Italie, Taschen, pages 98-99, ISBN 2-7434-5172-6
  43. Donald Spoto « La Face cachée d'un génie », Édition Ballantine, 1983
  44. Lifeboat (1944) sur Internet Movie Database
  45. Paul Duncan « Alfred Hitchcock : Filmographie complète », Italie, Taschen, page 104, ISBN 2-7434-5172-6
  46. a  et b Awards for Lifeboat (1944)
  47. Bon Voyage (1944) sur Internet Movie Database
  48. Aventure malgache (1944) sur Internet Movie Database
  49. Patrick McGilligan, pgs. 346-348
  50. Patrick McGilligan, pgs. 372-374
  51. FRONTLINE: "Memory of the Camps" Public Broadcasting System (PBS)
  52. Un film et son époque - Il était une fois... "Les Enchaînés"
  53. Spellbound (1945) sur Internet Movie Database
  54. a , b , c , d  et e Paul Duncan « Alfred Hitchcock : Filmographie complète », Italie, Taschen, page 104, ISBN 2-7434-5172-6
  55. Notorious (1946) sur Internet Movie Database
  56. The Paradine Case (1947) sur Internet Movie Database
  57. a , b  et c Paul Duncan « Alfred Hitchcock : Filmographie complète », Italie, Taschen, page 115, ISBN 2-7434-5172-6
  58. Rope (1948) sur Internet Movie Database
  59. Under Capricorn (1949) sur Internet Movie Database
  60. Paul Duncan « Alfred Hitchcock : Filmographie complète », Italie, Taschen, page 117, ISBN 2-7434-5172-6
  61. a  et b DVD L'Inconnu du Nord-Express : Livret de 4 pages avec les notes de productions
  62. Interview de Peggy Robertson, assistante d'Hitchcock dans le documentaire "The Making of 'Psycho'"
  63. Critique sur le site aVoir-aLire.com
  64. Janet Leigh « Psycho: Behind the Scenes of the Classic Thriller », Harmony, 1995.
  65. Critiques du New York Times, Newsweek et de Esquire
  66. Interview de Hilton A. Green, assistant réalisateur du film Psychose dans le documentaire "The Making of 'Psycho'"
  67. Interview de Joseph Stefano, scénariste du film Psychose dans le documentaire "The Making of 'Psycho'"
  68. Interview de Patricia Hitchcock dans le documentaire "The Making of 'Psycho'"
  69. Critiques du New York Daily News, New York Daily Mirror, et Village Voice
  70. (fr) Interview de Patricia Hitchcock dans le documentaire « All About 'The Birds' »
  71. (fr) François Truffaut, Hitchcock/Truffaut, Robert Laffont, 1967
  72. a  et b Interview de Joseph Stefano - « The Trouble with Marnie » : Grace Kelly
  73. Interview de Patricia Hitchcock - « The Trouble with Marnie » : Grace Kelly
  74. a , b , c  et d (en) Jeff Stafford, The Birds. TCM. Dernier accès à l'url le 18 février 2008
  75. (fr) Interview de Robert Boyle « All About 'The Birds' » Partie 1 : À la recherche d'un nouveau sujet... de Laurent Bouzereau
  76. Cameron, Ian et Perkins, Interview with Alfred Hitchcock. Movie 6, janvier 1963.
  77. (en) The Birds (1963). The Complete Rod Taylor Site. Dernier accès à l'url le 18 février 2008
  78. (fr) Evan Hunter, Hitch et moi, Edition Ramsay, 2006
  79. (fr) Paul Duncan, Alfred Hitchcock : filmographie complète, Tashen, 2004
  80. (en) Camille Paglia, The Birds, British Film Institute, 1998
  81. a  et b (en) Stephen Rebello, Alfred Hitchcock and the Making of Psycho, December Books, 1990
  82. a  et b (en) Box office/business for The Birds (1963). IMDB.
  83. (fr) La mort aux trousses - édition collector sur DVD critiques.com. Consulté le 24/02/2008. « Une autre empreinte de Sir Alfred c'est l'utilisation quasi permanente des trucages pour tourner en studio. Hitchcock n'aime pas tourner en extérieur et désire contrôler tous les éléments. »
  84. (fr) La Main au collet d'Alfred Hitchcock sur Evene.fr. Consulté le 24/02/2008. « Lui qui naguère ne tournait qu'en studio, et évitait au maximum les extérieurs (...) »
  85. (fr) Interviews de Patricia Hitchcock, Tippi Hedren Hilton A. Green, Robert F. Boyle « All About 'The Birds' » Hitchcock n'aime pas les extérieurs de Laurent Bouzereau
  86. (en) Patrick McGilligan, Alfred Hitchcock: A Life in Darkness and Light, Halsted, 2003
  87. (fr) Interview de Harold Michelson « All About 'The Birds' » La Précision d'Hitchcock de Laurent Bouzereau
  88. (fr) Interview de Rod Taylor « All About 'The Birds' » Archie, l'oiseau de mauvais augure de Laurent Bouzereau
  89. (fr) Donald Spoto, La Face cachée d'un génie - La vraie vie d'Alfred Hitchcock, Albin Michel, 2004
  90. (fr) Joël W. Finler, 140 Grands Réalisateurs de Hollywood et d'ailleurs, éditions Gründ, 1986, (ISBN 2-7000-6602-2), « Il fera souvent souffrir ses actrices préférées des années 1950, Grace Kelly, Janet Leigh, Eva Marie Saint et Kim Novak, mais s'acharnera particulièrement sur Tippi Hedren dans Les Oiseaux ! »
  91. (fr)Jacques Zimmer, Alfred Hitchcock, J'ai Lu, 1988
  92. (en) Hitchcock's THE BIRDS Gallery sur American Film Institute. Consulté le 23/02/2008. « To shoot this scene, Tippi Hedren had live seagulls hurled at her for a week. She also had to lie on the floor with live birds tied to her arms and legs. »
  93. (fr) Interview de Patricia Hitchcock « All About 'The Birds' » Après Psychose de Laurent Bouzereau
  94. (fr) Cahiers du cinéma p. 33
  95. (en) Robert E. Kapsis, Hitchcock : The Making of a Reputation, University of Chicago Press, 1992
  96. (fr) V.C. Thomas, Festival de Cannes 1963. Cannes-Festival. Dernier accès à l'url le 20 février 2008
  97. (fr) Festival de Cannes - édition spéciale de l'ORTF du 15 mai 1963
  98. (en) Top 20 Films of 1963. Box Office Report. Dernier accès à l'url le 21 février 2008
  99. (fr) Éric Dufour, Le Cinéma d'horreur et ses figures, Presses universitaires de France, 2006
  100. Entretiens avec François Truffaut.

Voir aussi

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Bibliographie

  • (en) Charles Barr, « Hitchcock’s British Films Revisited », in Andrew Highson, Dissolving Views. Key Writings on British Cinema, Londres, Cassell, 1996, p. 9-19.
  • (en), Tom Ryall, Alfred Hitchcock and the British Cinema, Croom Helm, 1986, 193 p.
  • (en) Axel Madsen, « Who’s Afraid of Alfred Hitchcock ? », Sight and Sound, hiver 1967-68, p. 26-27.
  • (en) David Thomson, « H for Hitchcock », Sight and Sound, janvier 1997, p. 26-30.
  • (fr) Paul Duncan, " Alfred Hitchcock, Filmographie complète ", Taschen
  • (fr) Laurent Bourdon, Dictionnaire Hitchcock, Larousse 2007; préface de Claude Chabrol (qui la conclut ainsi : « Avec ce dictionnaire, vous saurez tout sur Hitchcock, beaucoup de choses sur le cinéma et un peu sur la nature humaine. »).
  • (fr) François Truffaut, Alfred Hitchcock. Éditions Ramsay Poche Cinéma, 1985, 311 p. (un étonnant dialogue entre les deux cinéastes où l'ensemble de l’œuvre d’Alfred Hitchcock est envisagé sous les angles de la passion du cinéma et de la technique). Cet ouvrage est aussi appelé Hitchcock/Truffaut.
  • (fr) Donald Spoto, La Face cachée d’un Génie, La vraie vie d’Alfred Hitchcock, Albin Michel

Liens externes

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