Henri Gatien Bertrand


Henri Gatien Bertrand
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Henri Gatien Bertrand
Henri Gratien Bertrand 1.jpg
Naissance 28 mars 1773
Châteauroux, Indre, France
Décès 15 janvier 1844 (à 70 ans)
Châteauroux, Indre, France
Origine Français
Allégeance Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Empire français (Cent-Jours)
Grade Général de division
Années de service 1793 - 1816
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléonniennes
Commandement 4e corps de la Grande Armée
Faits d'armes Bataille des Pyramides
Bataille d'Austerlitz
Bataille d'Iéna
Bataille d'Eylau
Bataille de Wagram
Bataille d'Essling
Distinctions Grand Croix de la Légion d'honneur
Comte de l'Empire
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
(14e colonne)
Autres fonctions Compagnon de Napoléon à Sainte-Hélène
Député de l'Indre
Commandant de l'École polytechnique

Henri Gatien comte Bertrand était un général du Premier empire, compagnon de Napoléon à Sainte-Hélène, né à Châteauroux (Indre) le 28 mars 1773 et mort dans la même ville le 15 janvier 1844.

Sommaire

Jeunesse

Issu d'une famille bourgeoise[1], Henri Gatien Bertrand naît au château Raoul à Châteauroux, logement de fonctions de son père, Henry Bertrand, maître particulier des eaux et forêts, subdélégué de l'intendance de Bourges au département de Châteauroux. La mère de Bertrand, Henriette Boucher, était la fille d'un inspecteur général des Ponts et Chaussées.

Il est élève chez les oratoriens du Collège royal de La Flèche, où Descartes l'a précédé. Le 11 septembre 1793, il entre comme sous-lieutenant à l'École royale du génie de Mézières en 1793. Il est le major de sa promotion. Il en sort lieutenant, est promu capitaine le 21 mars 1795 et, à vingt-deux ans, il remplace pendant près d'un an (juin 1795-avril 1796) l'illustre Monge à la chaire de stéréotomie et de géométrie descriptive de l'École polytechnique, ce qui témoigne de sérieuses capacités en mathématiques.

Carrière militaire

Gloire nationale : Henri Gratien Bertrand

Il servit d'abord dans la garde nationale de Paris. Le 10 août son bataillon se porta aux Tuileries pour défendre la royauté constitutionnelle.

Sous-lieutenant dans la guerre des Pyrénées en 1795 et 1796; l'année suivante il fit partie de l'ambassade envoyée à Constantinople. Il est alors attaché à la mission du général Aubert du Bayet, ambassadeur extraordinaire auprès de la Porte, afin d'aider les Turcs à organiser la défense des Dardanelles. Après bien des péripéties, la mission parvient à Constantinople où elle se heurte à une fin de non-recevoir des Turcs.

Bertrand prend alors le chemin de l'armée d'Italie, qu'il atteint en 1797. C'est là qu'il rencontre Bonaparte, qu'il suit en Égypte, où il se distingue aux Pyramides et reçoit alors le grade de chef de bataillon (commandant).

Il est nommé sous-directeur des fortifications. Légèrement blessé à la tête à Aboukir (25 juillet 1799), son cheval tué sous lui, le général en chef l'appelle pour remplacer son chef de brigade et Bertrand, la tête enveloppée d'un bandage, s'élance à l'attaque du fort d'Aboukir, prend un drapeau et reçoit une blessure à la cuisse. En récompense, il est promu chef de brigade (colonel). Le 16 septembre 1800, il est général de brigade et, le 21 mars 1801, directeur des fortifications d'Alexandrie.

L'Empereur en fait son aide de camp le 7 mars 1805. À la suite de l'Empereur, il participe à toutes les grandes batailles de l'Empire : il est à Austerlitz[2], à Iéna, obtient la capitulation de Spandau le 25 octobre 1806, est à Eylau et au siège de Dantzig. Il est nommé général de division le 30 mai 1807, comte de l'Empire en mars 1808.

Le 16 septembre 1808, le général comte Bertrand épouse, à la mairie du Ier arrondissement, Élisabeth Françoise Dillon, dite Frances ou Fanny, fille du général Arthur Dillon et d'une créole de la Martinique, Laure Girardin de Montgérald, petite cousine de l'impératrice Joséphine. Le mariage religieux eut lieu le lendemain à Saint-Leu chez Hortense de Beauharnais.

Henri Bertrand est envoyé en Espagne, puis construit les ponts de l'île Lobau sur le Danube qui permettent à la Grande Armée de traverser ce fleuve et de remporter la bataille de Wagram[3]. Son aide de camp est alors Auguste du Moulin de La Fontenelle.

Il est fait grand aigle de la Légion d'honneur le 14 août 1809[4].

Le 9 avril 1811, il succède à Marmont comme gouverneur général des provinces illyriennes. C'est un demi-échec, Bertrand, peu à l'aise dans ce rôle nouveau pour lui, semblant hésiter à prendre des décisions. À la fin de 1812, Napoléon doit lui retirer ses fonctions, mais il lui donne le commandement du IVe corps de la Grande Armée. Bertrand n'y fait pas merveille, notamment lorsque ses troupes sont battues par Blücher et Yorck devant Wartenburg, le 3 octobre 1813. Le 18 novembre 1813, il est nommé Grand Maréchal du Palais et s'installe aux Tuileries le 20.

Après l'Empire

C'est tout naturellement qu'il suit l'Empereur à l'île d'Elbe où il exerce les fonctions de ministre de l'Intérieur et gouverneur des affaires civiles. Pendant les Cent-Jours, il se réinstalle aux Tuileries. Il devient grand Maréchal du Palais et le conseiller militaire de Napoléon pendant cette période. C'est également tout naturellement qu'après Waterloo, il suit l'Empereur à la Malmaison, puis dans le reste de son périple jusqu'à Sainte-Hélène[5].

Le 7 mai 1816, Bertrand fut condamné à mort par contumace pour trahison envers le Roi Louis XVIII, à cause d'une lettre secrète qu'il avait écrite au duc de Fitz-James dans laquelle il déclarait: "Je reste sujet du Roi et je serai son sujet fidèle", et promettait de quitter Napoléon en échange d'un retour chez sa famille en France[6]. Bertrand revient à Paris en octobre 1821. Amnistié de sa condamnation à mort par contumace le 24 octobre 1821[7], triomphalement accueilli à Calais, il se partagea entre ses terres de Laleuf, près de Châteauroux, et son petit hôtel parisien de la rue de la Victoire.

Henri Gratien Bertrand 2.jpg

La monarchie de Juillet le nomma commandant de l'École polytechnique en novembre 1830. Élu député de l'Indre, il siégea à gauche, et, battu en 1834, se retira de la vie publique.

Sa femme Fanny Dillon mourut d'un cancer du sein le 10 mars 1836.

Sa unique fille, Hortense[8]-Eugénie (18 novembre 1810 - Palais des Tuileries, Paris1889) avait épousé Amédée Thayer, sénateur du Second Empire.

Il eut trois fils, Napoléon, Henri et Arthur (1817-1871), né à Ste-Hélène, dont sa mère annonça ainsi la naissance à l'Empereur : " Sire, j'ai l'honneur de vous présenter le premier français qui soit entré à Longwood sans la permission du gouverneur."

Ses deux fils aînés lui causèrent bien des soucis, à tel point qu'il s'éloigna d'eux pendant trois ans à la Martinique, avec le titre de gouverneur, sous le prétexte d'exploiter les plantations de canne à sucre léguées par sa belle-mère.

Revenu en France, en 1840, il remit à Louis-Philippe l'épée de l'Empereur. Cet acte ne fut pas sans soulever l'indignation de la famille Bonaparte qui réclamait ce legs que leur illustre parent leur avait laissé par testament[6].

Avec son dernier fils Arthur, Bertrand embarqua sur la Belle Poule le 7 juillet 1840 et participa à l'expédition organisée pour ramener les cendres de l'Empereur Napoléon restées à Sainte-Hélène depuis mai 1821[6].

Arthur a d'ailleurs raconté ce retour des cendres dans un ouvrage intitulé "Lettres sur l'expédition de Sainte-Hélène en 1840"[9].

Il partit ensuite pour un long voyage aux Caraïbes et aux États-Unis, revint enfin mourir à Châteauroux le 15 janvier 1844, à l'âge de soixante-dix ans.

Hortense-Eugénie Bertrand (1810-1889).

Son enterrement, suivi seulement par son fils Arthur, fit contraste avec son ultime destinée : le 5 mai 1847, sur la proposition du colonel et député Bricqueville, on ramena sa dépouille à Paris pour l'enterrer aux Invalides, vis-à-vis de Duroc. Depuis le transfert des cendres de Napoléon dans la crypte conçue par Louis Visconti, il veille à l'entrée du tombeau de ce maître qu'il continue de servir dans la mort.

Publications

  • Ses fils ont publié en 1847 les Campagnes d'Égypte et de Syrie (2 volumes in-8 et atlas), qu'il avait écrites à Sainte-Hélène, sous la dictée de Napoléon.
  • Général Bertrand, lettres à Fanny 1805-1815, annotées et présentées par Suzanne de la Vaissière-Orfila, Paris, Albin Michel, 1979
  • Général Bertrand, " Sur la détresse des colonies françaises en général, de l'île Martinique en particulier...", Paris, Typographie de Firmin Didot frères, 1838
  • Lettres sur l'expédition de Sainte-Hélène en 1840, par son dernier fils Arthur - Paulin Éditeur 1841

Armoiries

Figure Blasonnement
Blason Henri Gatien Bertrand (1773-1844).svg Armes du comte Bertrand et de l'Empire (décret du 19 mars 1808, lettres patentes du 21 septembre 1808 (Château-Roux))

Écartelé : au premier des comtes militaires ; au deuxième d'or, à l'ombre de soleil rayonnant d'azur, au troisième d'or, au palmier de sinople, issant de la pointe et fruité du champ, trois à dextre, trois à sénestre, posés deux et un, au quatrième d'azur au créquier d'or issant de la pointe.[10],[11],[12]


Livrées : bleu, rouge, jaune et vert ; le vert dans les bordures seulement[10].

Références

Source partielle

  • « Henri Gatien Bertrand », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]
  • Archives nationales (CARAN) – Service Historique de l’Armée de Terre – Fort de Vincennes – Dossier S.H.A.T. Côte : 7 Yd 455.

Notes

  1. « mais de ces bourgeois en route pour la noblesse et déjà vivant noblement » dit Frédéric Masson (Masson, Napoléon à Sainte-Hélène, tome I, p. 87)
  2. Bertrand fit preuve de talent et de courage à Austerlitz, et, après la bataille on le vit, à la tête d'un faible corps, ramener un grand nombre de prisonniers et 19 pièces de canon.
  3. Il rendit le service le plus essentiel de la campagne à Essling (1809), par la rapide construction des ponts hardis établis sur le Danube. Sans l'active habileté de Bertrand, l'armée française, renfermée dans Unter-Lobau (ile du Danube), ne pouvait se porter sur le champ de bataille de Wagram.
  4. Testu, Almanach impérial pour l'année 1810 : présenté à S.M. l'Empereur et Roi par Testu, Paris, Testu, 1810 [lire en ligne (page consultée le 2 octobre 2009)] 
  5. « C'était un homme fort borné, mais très honnête, tranche la comtesse de Boigne. Il a été bon mari et bon gendre […] On dit qu'il avait de la capacité dans son arme. L'Empereur était bon juge et le distinguait, mais je crois que son vrai mérite était un dévouement aveugle et sans bornes d'aucune espèce. »
  6. a, b et c Albert Benhamou, L'autre Sainte-Hélène, 2010
  7. Louis XVIII annula le jugement et le réintégra dans tous ses grades
  8. Prénom de sa marraine, Hortense de Beauharnais.
  9. Lettres sur l'expédition de Sainte-Hélène en 1840 par Arthur Bertrand - Paulin Éditeur 1841
  10. a et b PLEADE (C.H.A.N. : Centre historique des Archives nationales (France)).
  11. Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments
  12. Source : www.heraldique-europeenne.org

Bibliographie

  • Jacques de Vasson, Bertrand, le Grand Maréchal de Sainte-Hélène, Issoudun, 1935
  • Le Général Bertrand, fils du Berry, catalogue de l'exposition du bicentenaire, musée Bertrand, Châteauroux, 1973
  • Michel Berthelot, Bertrand, grand-maréchal du Palais. Dans les pas d'un fidèle, Châteauroux, Chez l'auteur, 1996
  • Arthur Bertrand, Lettres sur l'expédition de Sainte-Hélène en 1840, Paulin Éditeur 1841

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