Hazaras


Hazaras
Hazaras
Populations
Populations significatives par régions
2 500 000 à 3 000 000Chiffres peu fiables pour le Pakistan et l'Iran :
Drapeau d'Iran Iran 400 000 à 700 000 ?
Drapeau du Pakistan Pakistan 300 000 ?
Autre
Langue(s) Persan (dialecte dari ou hazaragi)
Religion(s) Majoritairement islam chiite
Groupe(s) relié(s) Autres peuples iraniens, peuples turcs, peuples turco-mongols

Les Hazaras ou Hazâras (persan : هزاره ; pl.هزاره‌ها) sont un peuple perse et peuple turc vivant dans le centre de l'Afghanistan. Ils parlent un dialecte persan.

Situation du Hazaradjat en Afghanistan

Sommaire

Des origines obscures

On se perd en conjectures sur les origines de la population hazâra[1].

L'hypothèse suivant laquelle ils seraient les descendants de soldats de Gengis Khan, généralement admise en raison de leur type physique "asiatique" et de l'utilisation de quelques mots mongols dans leur vocabulaire est séduisante, mais, dès 1962, Joseph Schurman la mettait sérieusement en doute[2]. Des études linguistiques et ethnologiques récentes ont confirmé que Schurman était dans le vrai[3].«  Mentionnés pour la première fois en 1417, les Hazâras faisaient vraisemblablement partie de groupes mongols nomadisant à l'est de l'Altaï, qui se sont mis en mouvement vers l'ouest. Ils ne sont probablement pas venus avec les troupes conquérantes de Gengis Khan ou de ses successeurs du XIIIe siècle, contrairement à ce que l'étymologie "militaire" de leur nom pourrait laisser supposer » [4]. Bien qu'ils soient Turco-Mongols, et vraisemblablement plus Turcs que Mongols, les Hazâras se réclament volontiers d'une ascendance mongole qui les flatte.

Ils parlent le hazâragi, un dialecte persan avec quelques mots d'origine mongole et turque[5]. "Des données phonétiques, morphologiques et sémantiques attestent que le parler adopté par les Hazâras provient soit de Ghôr soit de régions adjacentes où était parlé le persan/dari"[6]

Les Hazâras représentent environ 12,5% de la population afghane. Suivant certaines sources, ils formeraient environ un tiers de la population de Kaboul[7]. Ils occupent principalement le centre de l'Afghanistan, dans les hautes vallées dominées par les sommets de l'Hindou-Kouch, mais on dénombre six groupes autour de ce noyau central, répartis dans les zones ou districts suivants : Koh-e Bâbâ, Cheikh Ali (entre Bâmiyân et Doab), Badakhshan, Aimaqs, Taïmanis et Berberis (au sud-est de Machad).

Les Hazara en Afghanistan vivent dans les zones urbaines comme Kaboul, Herat ou Mazâr-e Charîf, ainsi que dans villages du Hazarajat (aujourd'hui Bamiyan). Ils sont des descendants des troupes laissées dans la région par Kushan durant sa campagne indienne 1st century AD. Les Hazara ont occupé des postes importants dans les gouvernementaux dans le passé et comptent aujourd'hui de nombreux membres qui sont commerçants. Depuis la création de l'Afghanistan, ils constituent un groupe important et qui influence politiquement la société. Leur nombre est estimé à 8 million individus[8]. Ils parlent l'Hazaragi (un dialecte du Persan) ou le Dari et sont en majorité des musulmans chiites. Sir Mountstuart Elphinstone décrit les Hazara de Kabul au début du XVIe siècle comme une « colonie de turcs parlant le persan et, pour certains d'enter eux, le turc »[9]. Décrits comme instruits et influents, il apparaîtrait qu'ils aient abandonné leur langue turc originelle en faveur du Persan, devenant ainsi des « turcs persianisés »[10]

L'influence du mouvement Hazara dans le gouvernement a créé du ressentiment parmi les clans Pachtounes, particulièrement après que les Hazara se sont ouvertement alliés avec les britanniques durant la première guerre anglo-afghane (1838-1842). Au cours du massacre des minorités chiites d'Afghanistan perpétré par Abdur Rahman Khan, les Hazara ont été déclaré « ennemis de l'état » et ont été persécutés et chassés par le gouvernement et la majorité sunnite[8]

Articles détaillés : Bâmiyân et Bouddhas de Bâmiyân.

Une économie de subsistance

Dans les hautes vallées du Hazâradjat, les terres arables sont rares, les pâturages médiocres, et les hivers rigoureux sont interminables. Les rendements de blé de printemps, récolté fin août début septembre sont très faibles, de l'ordre de 3,5 quintaux à l'hectare. Dans les terres les plus hautes, on sème plutôt de l'orge. Les paysans hazâras élèvent surtout des moutons et des chèvres, qui sont conduits à la belle saison dans des pâturages d'altitude.

Cultures dans la vallée de Bâmiyân (2005). Au fond, la falaise avec la niche vide du grand Bouddha.

Les productions agricoles sont transformées et consommées sur place. L'équilibre alimentaire est fragile dans ces régions enneigées six mois par an : "Les paysans ont peu de réserves monétaires pour acheter du blé en cas de disette ou au moment de la soudure. Le Hazâradjat est en état de sous alimentation chronique. La solution est l'émigration temporaire"[11].

La laine des moutons est filée à la main par les femmes, qui confectionnent des vêtements d'hiver, des tapisseries de laine, ainsi que des étoffes épaisses pour couvrir le sol (qui se vendaient en abondance à Kaboul). Les femmes sont également d'habiles brodeuses (plastrons pour les robes, bourses et pochettes, ceintures, napperons, sacs, etc.) Les artisans hazâras excellent dans la fabrication de bijoux (colliers, parures, bracelets, amulettes)[12].

Discrimination

Les Hazâras n'apparaissent vraiment dans l'histoire qu'au XIXe siècle quand des témoins occidentaux rapportent qu'ils sont méprisés et parfois réduits en esclavage par d'autres ethnies. Un chef Ouzbek, Mourad Beg, se livre ainsi, au vu et au su de tous, au trafic d'esclaves hazâras pour se procurer des armes[13]. Vers 1839, Alexander Burnes signale que les Hazaras pratiquent le troc avec les Ouzbeks, échangeant parfois leurs enfants contre des vêtements ou d'autres marchandises de première nécessité[14]. À la fin du XIXe siècle, le médecin anglais de l'émir Abdur Rahman Khan (qui gouverne l'Afghanistan de 1880 à 1901) rapporte qu'à Kaboul un esclave mâle hazara se vendait une couronne (one crown), une femme 15 shillings[15]...

Un Hazara âgé

Mal aimés, les Hazâras l'étaient à cause de leur attachement au chi'isme dans un environnement très majoritairement sunnite (et l'on retrouvera cette animosité plus tard, entre 1998 et 2001, lorsque les talibans prendront le contrôle du Hazârajat) ou Hazaristan. Mais aussi ils étaient méprisés par les autres ethnies en raison leur extrême pauvreté qui les contraignait à l'exil et à accepter les tâches les plus humbles et les plus pénibles.

La situation de sujétion dans laquelle se trouvaient les Hazâras les poussa à se révolter en 1888 contre la tutelle qu'entendait leur imposer Abdur Rahman. L'"émir de fer" obtint sans difficulté des oulémas sunnites une fatwa déclarant les Hazâras "chi'ites infidèles"[16]... La répression ordonnée par l'émir en 1891-1893 fut terrible, mais devant la résistance qu'on lui opposait, il finit par accepter de négocier, mais en position de force : "Des édits ou firmans interdirent aux Hazâras l'élevage des chevaux et livrèrent une grande partie de leurs pâturages aux nomades pachtouns, les "Koutchis". Ceux-ci reçurent en dotation de vastes espaces de parcours et finirent même par s'approprier des terres arables soit en les transformant en pâturages, soit en y fraisant travailler pour leur compte les paysans"[17]. Cette situation renforça encore l'état de sujétion dans laquelle allaient demeurer ces populations, qu'elles vécussent dans le Hazâradjat ou dans d'autre régions d'Afghanistan en dépit de la suppression officielle de l'esclavage dans le royaume en 1895.

L'exil vers les villes s'accentua encore à partir des années 1930. Les Hazâras y exerceront les métiers les plus pénibles. À Kaboul notamment, ils assureront encore longtemps le ramassage des ordures ménagères, le transport de marchandises sur les charrettes à bras appelées "karachis", deviendront hommes de peine, les plus heureux exerçant de petits métiers ou se louant comme domestiques. On estimait, dans les années 1990, que les Hazâras représentaient près du tiers de la population de Kaboul.

Le droit à l'éducation ne leur fut réellement ouvert avec parcimonie à partir des années 1950 ou 1960, leur permettant d'accéder à certaines professions libérales et à des postes dans la fonction publique. Il fallut toutefois attendre 1978 et le régime communiste pour qu'un Hazâra, Sultan Ali Keshtmand, fasse partie d'un gouvernement en 1978[18].

Histoire récente

La résistance contre le pouvoir communiste et les Soviétiques s'est organisée assez rapidement. Ses différentes tendances (dont certaines étaient proches de l'Iran de l'ayatollah Khomeini) ont finalement été fédérées en 1989 au sein du Hezb-e Wahdat ("le parti de l'unité") dont le chef, Abdul Ali Mazârî, allait ensuite s'opposer aux talibans. Capturé en 1995 par les talibans, il trouva la mort dans des circonstances obscures, durant son transfert en hélicoptère de Kaboul vers Ghazni. Selon les talibans, il aurait tenté de s'évader. Il fait en réalité peu de doute qu'il a été assassiné avec certains de ses adjoints après avoir été torturé. Ses obsèques à Mazâr-e Charîf ont donné lieu à des manifestations gigantesques. Révéré comme un martyr (Chahîd), il est aujourd'hui couramment appelé "le père de la Nation" [hazâra].

Une des principales artères de Kaboul en 1993. Les quartiers hazaras sont en arrière plan.

Durant la guerre civile pour le contrôle de Kaboul (1992-1995), alliées d'abord au Hezb-e Islami d'Hekmatyâr, les milices du Wahdat ont participé aux combats contre celles de l'Ettehâd-e Islami d'Abdul Rasoul Sayyaf[19], puis contre celles de Massoud qui tentaient de les désarmer... Les quartiers hazâras très peuplés de l'ouest la capitale, d'abord bombardés, furent le théâtre de combats acharnés assortis de violences contre les populations civiles, notamment des femmes. Des conflits éclatèrent en outre entre différentes factions chi'ites courant 1994. Dans ce climat inouï de confusion et de violence, le blocus de Kaboul était effectué par les troupes d'Hekmatyâr. Les populations étaient affamées. L'arrivée des talibans au début 1995 ramena le calme dans une ville dévastée, que 500 000 habitants (dont de nombreux Hazâras) avaient fuie.

De septembre 1998 à mai 1999, les talibans se lancèrent à la conquête du Hazâradjat. En dépit de la résistance des troupes du Hezb-e Wahdat, la région fut investie. De nombreuses sources (dont les Nations Unies et Human Rights Watch[20]) attestent que les talibans se sont livrés à de véritables massacres, à Mazâr-e Charîf, à Bâmiyân et dans le district de Yakaolang, ainsi que dans d'autres lieux, exécutant également des personnels des Nations Unies et d'une organisation humanitaire[21]. Leurs victimes se comptèrent par milliers entre 1998 et 2001.

Pour parachever leur occupation du Hazâradjat, les talibans ont procédé en mars 2001 à la destruction des Bouddhas géants de Bâmiyân.

Après la chute des talibans, et la formation du gouvernement Karzaï, les Hazâras ont normalement été intégrés et représentés au sein des nouvelles institutions. C'est ainsi que Abdul Karim Khalili, l'un des principaux dirigeants du parti Wahdat, est devenu vice président du gouvernement Karzaï en 2002, renouvelé en 2004. Le ralliement de Karim Khalili a toutefois poussé Mohammed Mohaqiq à provoquer une scission au sein du Wahdat pour créer le parti de l'unité islamique du peuple afghan (dari: حزب وحدت اسلامی مردم افغانستان), qui a obtenu d'excellents résultats aux élections qui ont suivi.

Habiba Sarabi

Deux femmes d'origine hazâra sont entrées au gouvernement Karzaï. La première fut Mme Sima Samar (née en 1957, docteur en médecine), ministre de la condition féminine en 2002-2002, contrainte à la démission par les éléments conservateurs du Parlement, qui lui reprochaient ses positions modernistes et libérales en matière législative. Elle préside aujourd'hui la commission indépendante des droits de l'Homme en Afghanistan (en) [7]. Mme Habiba Sarabi (née en 1956, docteur en médecine, hématologue) lui a succédé au ministère de la condition féminine en 2003-2004 ; elle a été nommée gouverneur de Bâmiyân en 2005 (première femme afghane à occuper un tel poste) (en)[8]. C'est à elle que l'on doit en 2008 la création du parc naturel national de Band-e Amir.

Il n'empêche que les Hazâras font toujours l'objet de diverses discriminations et sont en butte à l'hostilité de certaines ethnies, notamment les Koutchis, nomades pachtouns. De graves incidents opposent ainsi périodiquement, pour des raisons de tenure d'espaces agricoles, Hazâras et Koutchis dans le district de Behsud, situé à l'Ouest de la province de Wardak. Le dernier en date, en juillet 2010, a causé la mort de plusieurs Hazâras [22].

Culture

  • Faiz Mohammed Hazâra (1862–1929), né dans la province de Ghazni, est un historien et un intellectuel, fonctionnaire ("kateb") à la cour des émirs Abdur Rahman (1880-1901), Habibullah Châh (1901-1919), et Amanoullah (1919-1929). Il est l'auteur d'une histoire de l'Afghanistan (Siradj ul Tawarikh) en cinq volumes, ainsi que d'autres travaux dont une biographie de l'émir Habiboullah Châh.
    Faiz Mohammed Hazâra "Kateb" (cliché anonyme, date inconnue)
    Il participa au mouvement constitutionnaliste naissant, ce qui lui valut un bref emprisonnement. Il serait mort après avoir été battu par des partisans de Batcha-e Saqâo qui s'était auto proclamé émir sous le nom d'Habiboullah[23].
  • Daoud Sarkhosh (né en 1971) est un poète, musicien et chanteur. Il interprète notamment la chanson traditionnelle hazâra Moghol daughtâr ("la fille mongole"), claire référence aux origines supposées de l'ethnie hazâra.
  • Safdar Tawakoli (né 1942 à Yakaolang, dans le district de Bâmiyân) est un célèbre joueur de dambura, sorte de luth à long manche, un instrument très prisé en Asie centrale[24].

Notes et références

  1. Sur les Hazâras en général, voir Pierre Lafrance, "La population de l'Afghanistan central", Paysages du centre de l'Afghanistan. Paysages naturels, paysages culturels, Paris, Ceredaf, 2010, p. 204-211.
  2. Joseph Schurman, The Mongols of Afghanistan, La Haye, 1962.
  3. Voir Rawân Farhadi, "Les Hazâras en Afghanistan : origine et témoignage linguistique", Les Nouvelles d'Afghanistan, n° 126, 2009, p. 20-22. Voir également une étude ethnologique : Alessandro Monsutti, Guerres et migrations. Réseaux sociaux et stratégies économiques des Hazâras d'Afghanistan, Neuchâtel (Institut d'ethnologie), Paris (Maison des sciences de l'Homme), 2004, p. 91-93.
  4. Bernard Dupaigne, Gilles Rossignol, Le carrefour afghan, Gallimard, Folio "Le Monde" actuel, 2002, p. 131. En persan, hazâr signifie "mille", et hazârân "les unités de mille".
  5. La seule étude d'ensemble (en dari) sur le "hazâragi" est due à Châh Ali Akbar Châharetânî, Qâmus-e lahja-e dari-e hazâragi ("Vocabulaire du dialecte dari-hazâragi"), Kaboul, (1361 H).
  6. Rawân Farhadi, "Les Hazâras en Afghanistan", Paysages du centre de l'Afghanistan, ouvr. cité, p. 201.
  7. B. Dupaigne et G. Rossignol, ouvr. cité, p. 133 ; Pierre Centlivres, "La nouvelle carte ethnique de l'Afghanistan", Les Nouvelles d'Afghanistan, avril 1990, p. 4-11.
  8. a et b , US Library of Congress, consulté le (29 août 2006)
  9. Mountstuart Elphinstone, An Account of the Kingdom of Caubul, pp. 320-321
  10. Henry Yule, Hobson-Jobson, London, 1886, p. 380
  11. B. Dupaigne, G. Rossignol, ouvr. cité, p. 133.
  12. Bernard Dupaigne, "L'artisanat hazâra", Paysages du centre de l'Afghanistan, ouvr. cité, p. 212-214.
  13. Voir Alexander Burnes, "Description of Bokhara", Journal of the Royal Asiatic Society of Bengal, May 1833, repris dans le tome II de ses Travels into Bokhara (...), London, John Murray, 1834, 3 vol. Voir aussi : Vartan Gregorian, The emergence of Modern Afghanistan. 1880-1946, Stanford University Press, 1969, p. 35.
  14. Alexander Burnes, Cabool. Being a Personal Narrative of a Journey to, and Residence in that City in the years 1836,7, and 8, London, John Murray, 1842, p. 231 (consultable en ligne : [1].
  15. John A. Gray, At the Court of the Amir. A Narrative, London 1895 (cité par Vartan Gregorian).
  16. Mohammed Hassan Kakar, A Political and Diplomatic History of Afghanistan (1863-1901), E.J. Brill, éd. 2006 (cet ouvrage reprend la thèse de doctorat de l'auteur, consacrée à Abdur Rahman, soutenue à Oxford.)
  17. Pierre Lafrance, "La population de l'Afghanistan central", Paysages du centre de l'Afghanistan. Paysages naturels, paysages culturels, ouvr. cité, p. 210.
  18. Cette nomination hautement symbolique, survenant après le coup d'État communiste, n'était évidemment pas sans arrières pensées de la part des dirigeants Pachtouns. Ce qui n'empêcha nullement les populations du Hazâradjat d'entrer en rébellion contre le nouveau régime dès l'année suivante.
  19. Voir (en) [2]
  20. Voir [3] et [4]
  21. Voir RAWA (âmes sensibles s'abstenir).
  22. Voir les témoignages enregistrés et filmés à Behsud, été 2010. L'un des Hazâras interviewé accuse clairement les Koutchis d'avoir partie liée avec les talibans : [5]. Pour une analyse approfondie de la querelle entre Hazâras et Koutchis, voir  : site
  23. Source : Jafar Rezaï : [6] Cet article, qui ne comporte aucune référence, est à considérer avec précaution.
  24. Voir une interprétation assortie d'une vidéo sur le Hazâradjat

Liens externes


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