Hannah More


Hannah More
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir More.
Hannah More

Hannah More (1745-1833) est une femme de lettres britannique. Elle devint célèbre à trois titres : comme poétesse de talent et femme d’esprit dans le cercle d’amis où se retrouvaient le docteur Johnson, Joshua Reynolds et David Garrick, comme moraliste et comme dame patronesse.

Sommaire

Biographie

Enfance

Née en 1745 à Fishponds, près de Bristol, c’est la quatrième des cinq filles de Jacob More, presbytérien converti à l’ anglicanisme, conservateur convaincu et professeur à Stapleton dans le Gloucestershire. Jacob More avait ouvert une école dirigée par sa femme Mary et sa fille aînée Elisabeth au numéro 6 de la rue de la Trinité à Bristol. Hannah y entra à l’âge de 12 ans et devenue adulte y travailla comme professeur.

Carrière littéraire londonienne

Elle fit ses premiers essais littéraires en rédigeant des pièces pastorales qui pouvaient être mises en scène et jouées par des jeunes filles. La première, qui date de 1762, s’intitulait La Recherche du bonheur. Vers le milieu des années 1780, elle en avait vendu plus de 10 000 exemplaires[1]. Elle admirait Métastase dont l’opéra Attilio Regolo lui servit de source pour une tragédie, L’Inflexible Captif.

En 1767, More renonça à sa part de capital dans l’entreprise familiale lorsqu’elle se fiança à William Turner, de Wraxall, dans le Somerset. Le mariage n’eut jamais lieu et Hannah More finit par accepter à contre-cœur une pension annuelle de 200 livres sterling de Turner. Ceci lui procura l’indépendance nécessaire pour se consacrer à une carrière littéraire et elle s’installa à Londres au courant de l’hiver 1773-1774. Les vers qu’elle avait écrits sur la performance de David Garrick dans Le Roi Lear lui servirent d’introduction auprès du célèbre auteur et tragédien. Elle fit également la connaissance d’Elizabeth Montagu et de Joshua Reynolds. Assez rapidement More fréquenta Samuel Johnson, Edmund Burke et le reste de l’intelligentsia londonienne. C’est Garrick lui-même qui rédigea le prologue et l’épilogue de sa tragédie Percy qui connut un grand succès à Covent Garden en 1777.

Après la mort de Garrick elle fit jouer The Fatal Falsehood (L’Erreur fatale) mais sans grand succès. En 1781, elle rencontra Horace Walpole avec lequel elle entama une correspondance durable. À Bristol, elle fit la connaissance d’Anne Yearlsey (1753-1806), laitière et poétesse, et rassembla une grosse somme d’argent pour lui venir en aide. Lactilia, ainsi que Yearsley fut surnommée, publia ainsi Poèmes pour diverses occasions en 1785, qui lui rapportèrent 600 livres sterling. More et Montagu gardèrent cette somme en fiducie afin que le mari de Yearsley ne puisse y avoir accès. Mais Anne Yearsley souhaita toucher le capital et accusa More de détournement, l’obligeant à lui remettre l’argent. Ces déconvenues littéraires et sociales poussèrent More à abandonner la vie qu’elle menait à Londres.

Moralisme et évangélisme

En 1782, Hannah More publia Tragédies sacrées. Le succès fut tel que l'œuvre fut rééditée dix-neuf fois. Ce succès et celui des poèmes Bas-bleu et Florio (1786) marquent la transition vers une vision plus grave de la vie qui s’exprime clairement dans ses œuvres en prose : Thoughts on the Importance of the Manners of the Great to General Society (Réflexions sur l'influence des manières des personnes de qualité sur le reste de la société) en 1788, et An Estimate of the Religion of the Fashionable World (Le point sur la religion des personnes en vue) en 1790. Elle était devenue l’amie de William Wilberforce et de Zachary Macaulay dont elle partageait le point de vue évangélique. En 1788, elle publia un poème sur l’esclavage, Slavery, devint l’amie de l’évêque Beilby Porteus et une des figures de proue du mouvement abolitionniste.

En 1785 elle acheta une maison à Cowslip Green, près de Wrington dans le nord du Somerset où elle se retira avec sa sœur Martha et écrivit de nombreux livres et manuels de morale, en particulier Strictures on Female Education, paru en 1799. Elle écrivait rapidement, d’une plume alerte et sans apprêt. L’originalité et la force des écrits de More expliquent son incroyable popularité. Elle écrivit également de nombreux contes en vers et en prose, cherchant à combattre l’influence de Thomas Paine et celle des idées de la révolution française. Village Politics, par Will Chip, paru en 1792, eut un énorme succès qui incita More et ses sœurs à entreprendre une série de brochures, les Cheap repository tracts, à la cadence de trois par mois pendant trois ans. Le plus célèbre est sans doute Le Berger de la plaine de Salisbury, qui met en scène une famille trouvant le bonheur en pratiquant une phénoménale frugalité. La brochure fut traduite en plusieurs langues. Plus de deux millions d’exemplaires de ces portraits vifs et concis circulèrent dans une seule année, enseignant aux pauvres, à l’aide d’une rhétorique accessible, comment vivre heureux en respectant des principes simples tels que la résignation, la sobriété, l’humilité, le travail, le respect de la constitution, la haine des Français, la foi en Dieu et la confiance en la bonté des propriétaires terriens.

Activités philanthropiques

À la fin des années 1780, Hannah et Martha More se lancèrent dans les bonnes œuvres dans la région des Mendips, encouragées par William Wilberforce qui avait pu constater les conditions misérables des habitants lorsqu’il visita Cheddar en 1789[2].

En 1800, elle avait contribué à la création d’une douzaine d’écoles où les enfants apprenaient à lire (la bible et le catéchisme) mais non à écrire. Les deux sœurs durent faire face à l’opposition des fermiers qui pensaient que l’éducation, aussi limitée fût-elle, porterait un coup fatal à l’agriculture, et des membres du clergé dont elles palliaient les carences mais qui les accusèrent de dérive méthodiste.

Dans ses dernières années elle reçut la visite de nombreux admirateurs venus voir cette vieille dame active et enjouée qui deux ans avant sa mort avait conservé toutes ses facultés. Elle mourut le 7 septembre 1833.

Notes et références

  1. S. J. Skedd, 'More, Hannah (1745–1833)', Oxford Dictionary of National Biography’’', (Oxford: Oxford University Press, 2004)
  2. A. W. Coysh, E.J. Mason & V. Waite The Mendips 1977 Robert Hale Ltd, London, isbn 0709164262

Voir aussi

Liens internes

Liens externes



Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Hannah More de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Hannah More — (February 2, 1745 – September 7, 1833) was an English religious writer and philanthropist. She can be said to have made three reputations in the course of her long life: as a clever verse writer and witty talker in the circle of Johnson, Reynolds …   Wikipedia

  • Hannah More — Grabado de Hannah More por H.W. Pickersgill en la National Portrait Gallery of Illustrious and Eminent Personages of the Nineteenth Century. Hannah More (2 de febrero de 1745 – 7 de septiembre de 1833) fue una escritora y filántropa inglesa… …   Wikipedia Español

  • Hannah Cowley — (14 March 1743 – 11 March 1809) was an English dramatist and poet. Although Cowley’s plays and poetry did not enjoy wide popularity after the nineteenth century, critic Melinda Finberg rates Cowley as “one of the foremost playwrights of the late… …   Wikipedia

  • Hannah (given name) — For other uses, see Hannah (disambiguation). Hannah Gender Female Origin Word/Name Hebrew Meaning Grace , He (God) has favoured me/favours me …   Wikipedia

  • Hannah —  Pour l’article homophone, voir Hanna. Cette page d’homonymie répertorie les différents sujets et articles partageant un même nom. Hannah est un nom propre qui peut désigner : Sommaire …   Wikipédia en Français

  • More, Hannah — (1745–1833)    Philanthropist and Devotional Writer.    More was born in Stapleton, near Bristol, England. Financially independent, she became part of the London literary world and was a personal friend of Samuel johnson, the artist Joshua… …   Who’s Who in Christianity

  • More, Hannah — (1745 1833)    Born at Stapleton, Gloucestershire, she was educated at home and at her sisters school in Bristol, where she acquired mathematics, Italian, Spanish, and Latin. In 1773, she published The Inflexible Captive a translation from… …   British and Irish poets

  • More — Cette page d’homonymie répertorie les différents sujets et articles partageant un même nom.  Pour les articles homophones, voir Maure, Maures, Mors et Mort. Sur les autres projets Wikimedia  …   Wikipédia en Français

  • More (surname) — Persons with the surname More, Moré or Mores include: Anthony More (16th century), Dutch painter Anthony More (musician) (born 1948), British musician Edward Rowe Mores (1731–1778), the first person to use the title actuary in relation to… …   Wikipedia

  • Hannah Swensen Mysteries — are books written by Joanne Fluke. So far in the series there are ten books, but there are still more planned. List of Works # Chocolate Chip Cookie Murder (February 2000) # Strawberry Shortcake Murder (February 2001) # Blueberry Muffin Murder… …   Wikipedia