Guérande


Guérande

47° 19′ 41″ N 2° 25′ 46″ W / 47.3279449, -2.4294376

Guérande
Porte Saint-Michel, porte d'entrée principale de la cité médiévale
Porte Saint-Michel, porte d'entrée principale de la cité médiévale
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Arrondissement Saint-Nazaire
Canton Guérande (chef-lieu)
Code commune 44069
Code postal 44350
Maire
Mandat en cours
Christophe Priou
2008-2014
Intercommunalité Communauté d'agglomération Cap Atlantique
Site web www.ville-guerande.fr
Démographie
Population 15 228 hab. (2008)
Densité 187 hab./km²
Gentilé Guérandais
Géographie
Coordonnées 47° 19′ 41″ Nord
       2° 25′ 46″ Ouest
/ 47.3279449, -2.4294376
Altitudes mini. 0 m — maxi. 61 m
Superficie 81,44 km2

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Guérande est une commune française, chef-lieu de canton, située dans le département de Loire-Atlantique et la région des Pays de la Loire. Ses habitants, les Guérandais et Guérandaises, étaient 15 228 au recensement de 2008.

Ville d'art et d'histoire depuis 2004, la commune est renommée pour ses marais salants et sa cité médiévale. C'est l'une des rares villes françaises qui a gardé ses remparts dans son intégralité (1 434 m de circonférence). C'est un haut lieu de l'histoire de la Bretagne.

Guérande fait partie des 21 communes appartenant au parc naturel régional de Brière.

Sommaire

Géographie

Situation de la commune de Guérande dans le département de Loire-Atlantique

Situation

Dans les marais-salants de Guérande : le Traict
En Grande Brière, le canal de Bréca

Guérande se situe à 19 km à l'ouest de Saint-Nazaire, 70 km au sud-est de Vannes et 80 km à l'ouest de Nantes.

La commune de Guérande se situe sur la presqu'île guérandaise, territoire ainsi nommé car il est entouré, à l'ouest par l'océan Atlantique, à l'est par le marais de Brière, au sud par La Loire et au nord par la Vilaine.

Selon le classement établi par l’INSEE en 1999, Guérande est une commune urbaine, une des 9 communes de banlieue de l’unité urbaine de Saint-Nazaire, qui s'étend de Donges au Croisic, et qui fait partie de l’aire urbaine de Saint-Nazaire et de l’espace urbain de Nantes-Saint-Nazaire.

Site

Le Pays de Guérande est divisé en deux entités (ou terroirs) distinctes : le pays paludier et le pays métais[1], séparés par l'abrupt du Coteau de Guérande[2]. Ces deux entités se distinguent aujourd'hui par l'architecture et les activités humaines traditionnelles (économie, costumes anciens, danses traditionnelles).

Le pays paludier

Il est situé entre le coteau de Guérande et la presqu'île du Croisic et est formé par les marais salants et les terrains adjacents ; l'altitude est ici de 0 à 10 mètres. On y trouve les îles de Lénifen et de Saillé (village paludier), la presqu'île de Lanclis au nord-ouest, les villages paludiers de Kerignon, Pradel, Mouzac au pied du sillon.

Le coteau guérandais

Il correspond à une ligne de faille qui s'étend de Piriac-sur-Mer à Saint-Nazaire selon une orientation nord-ouest/sud-est, déterminant l'existence d'une ligne parallèle au Sillon de Bretagne au nord et de même origine que ce dernier, et à la côte de la Presqu'île du Croisic au sud. Cet ensemble de reliefs parallèles est une réactivation d'accidents tectoniques anciens, mis en place au cours de l'orogénèse hercynienne, par les derniers contrecoups de la surrection des Alpes au cours des derniers millions d'années[3]. L'altitude passe ici brusquement de 10 mètres à 40-60 mètres. La ville est implantée au point culminant (61 mètres au niveau du Parc d'Activités de Villejames) de la ligne de crête qui offre une vue à la fois sur les côtes et sur l'arrière-pays (vers les marais de Grande Brière).

Le pays métais

Il s'étend sur le revers du coteau jusqu'à Herbignac au nord et Piriac-sur-Mer à l'ouest ; il descend en pente douce vers la Brière au nord-est. L'activité d'élevage domine les paysages, cette partie nord de la commune a fait l'objet d'un remembrement récent faisant disparaître une grande part du boccage.

Une expression utilisée dans la région guérandaise exprime la situation de la cité entre les marais salants, le pays blanc (pour le sel), et la Brière, le pays noir (pour la tourbe) : « Guérande : entre Pays Blanc et Pays Noir ».

Les marais du Mès, les marais de Grande Brière et les marais salants de la presqu'île guérandaise, dont une partie relève de la commune de Guérande, sont inscrits sur la liste des « zones humides protégées » (convention de Ramsar). De plus, le site des marais salants de Guérande est inscrit depuis 2002 sur la liste indicative soumise par la France au comité pour une inscription au Patrimoine mondial de l'humanité.

Communes limitrophes

Climat

La presqu'île de Guérande, particulièrement la cuvette occupée par les marais salants, jouit d'un microclimat océanique relativement sec et venté, et changeant au cours de la journée sous l'influence des marées et des brises thermiques.

Moyennes avant 1980, en général sur la période 1950 - 1975[4] réalisées par la station scientifique installée au Croisic avant 1970 :

  • Température moyenne annuelle : 11 °C
  • Moyenne annuelle des températures minimales : 9 °C (6 °C en janvier - février, à 16 °C en août)
  • Moyenne annuelle des températures maximales : 15,5 °C (9 °C en janvier - février, à 23 °C en août)
  • Nombre de jours de gelée : 18 j (Nantes : 40 j, Paris : 68 j)
  • Précipitations : moins de 700 mm par an, voire moins de 600 mm certaines années, pour une moyenne de 160 jours par an avec plus de 1 mm d'eau, mais seulement 50 jours par an avec plus de 5 mm, avec un déficit pluviométrique entre avril et septembre. Ainsi, La Baule et la région guérandaise offrent une pluviométrie parmi les plus basses de France métropolitaine[5] (Saint Nazaire : environ 750 mm/an ; Nantes : environ 780 mm/an ; l'écart sur des distances aussi courtes est lié aux reliefs, bien que ceux-ci soit peu marqués, notamment le Sillon de Bretagne au niveau de Savenay, et à l'influence thermique de l'océan Atlantique. Par exemple les orages l'été se déclarent généralement à l'Est du Sillon de Bretagne).
  • Ensoleillement : durée moyenne d'insolation : 2 000 heures (Nantes : 1 960 h, Paris : 1 800 h, Strasbourg : 1 650 h)
  • Nombre de jours avec brouillard : 25 jours (Nantes : 60 j, Paris 50 j, Strasbourg 65 j, Bordeaux : 78 j)

La zone climatique de part et d'autre de l'estuaire de la Loire (entre Noirmoutier et Port-Navalo) bénéficie en moyenne trois années sur quatre d'étés aux conditions climatiques proches de celles de la Côte d'Azur.

Grâce aux conditions climatiques particulières de la région guérandaise, outre le développement des marais salants, des établissements médicaux y ont été installés (lycée climatique de La Baule, centres héliomarins de Pen-Bron et du Croisic, centres de thalassothérapie de La Baule et de Pornichet).

Relevé météorologique (station météorologique de Saint-Nazaire - aéroport de Montoir[6])
mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,6 2,9 4,2 5,9 8,8 11,5 13,4 13,1 11,2 8,5 5,1 3,3 7,5
Température moyenne (°C) 5,6 6,2 8 10,2 13,2 16,4 18,6 18,2 16,3 12,8 8,6 6,3 11,7
Température maximale moyenne (°C) 8,6 9,5 11,9 14,5 17,7 21,4 23,9 23,4 21,3 17,1 12,2 9,3 15,9
Humidité relative (%) 87 85 81 78 79 77 75 77 80 86 87 88 82
Précipitations (mm) 81,3 68,3 59,3 48,9 65,3 42,6 38 39,6 58 78,6 81,9 79,5 741,3
Nombre de jours avec gel 9,2 7,8 4,9 1 0 0 0 0 0 0,3 4,9 8,3 36,5
Record de froid (°C)
(année du record)
-13,8
(16/01/1985)
-13,7
(10/02/1986)
-8,1
(03/03/1965)
-3,0
(11/04/1973)
-0,9
(14/05/1995)
2,0
(02/06/1962)
6,5
(03/07/1968)
4,7
(31/08/1986)
1,1
(11/09/1972)
-5,9
(30/10/1997)
-7,9
(23/11/1988)
-10,6
(28/12/62)
-13,8
Record de chaleur (°C)
(année du record)
15,3
(13/01/1993)
19,8
(28/02/1960)
22,5
(23/03/1996)
27,5
(22/04/1984)
29,8
(16/05/1992)
37,2
(26/06/1976)
36
(21/07/1990)
36
(03/08/1975)
31,9
(18/09/1987)
26,2
(03/10/1987)
20,3
(08/11/2008)
16,4
(10/12/1978)
37,2
Source : http://www.infoclimat.fr/climatologie/index.php?s=07217 Météo France sur infoclimat.fr


La végétation présente aussi des particularités liées à ce climat particulier : par exemple, le chêne vert (Quercus ilex), si caractéristique des paysages méditerranéens, est subspontané[7] et est en extension. La presqu'île de Guérande est un des points les plus septentrionaux pour cette espèce végétale. Pour la faune, depuis le XIXe siècle est observé un anoure nocturne : le pélobate cultripède connu antérieurement sur la côte languedocienne, et dont c'est la station la plus septentrionale connue (observé régulièrement dans les dunes de Batz-sur-Mer et de La Turballe). D'autres observations de même type ont suivi, notamment d'insectes méridionaux.

Économie

Emploi et industries

Guérande est la seconde ville du comté de Nantes du XIIe siècle au XIXe siècle, puis du département de Loire-Atlantique, tant sur le plan économique que par le nombre d'habitants. L'industrie textile « à domicile » y est très implantée jusqu'au XVIIIe siècle ainsi que l'orfèvrerie. La position administrative, la production de sel et l'agriculture (élevage et vignobles) ont assuré cette situation jusqu'au transfert vers Saint-Nazaire au début du XIXe siècle des administrations (sous-préfecture et tribunal) et l'essor industriel (construction navale et chimie) de l'estuaire de la Loire. Sa proximité avec ces nouveaux centres de développement économique, lui ont toutefois permis de retrouver grâce au développement des infrastructures de transport une nouvelle orientation économique.

L'économie locale est actuellement toujours majoritairement orientée, par la surface qui lui est consacrée, vers l'agriculture (élevage de bovins et maraîchage, ce dernier en cours de régression, et industrie salicole avec ses dérivés). Le remembrement récent de la commune a toutefois porté un arrêt aux productions d'intérêt local, et a permis l'extension des grandes exploitations.

Les activités tertiaires et l'artisanat (PME-PMI) sont particulièrement dynamiques. La majeure partie de ces entreprises sont implantés proches de la rocade dans la "Zone d'activités de Villejames" qui comprend une zone artisanale ainsi qu'une zone commerciale en expansion . Situé également à proximité de la Route Bleue, mais de l'autre côté de la rocade, le nouveau "parc tertiaire de Kerbiniou" connait lui aussi un essor . À l'entrée de La Baule la zone d'activités des Salines est pour sa plus grande partie située sur la commune de Guérande, ce que nombre de visiteurs ignorent.

Le secteur industriel est surtout représenté par des moyennes entreprises tels que MSL (composants électroniques) ou la SODIPA (emballages alimentaires)[8]. Les activités liées au tourisme et aux loisirs (hostellerie, restauration, et commerces associés) sont en constante augmentation depuis 20 ans et forment le bassin d'emploi majoritaire de la commune. Aussi le caractère saisonnier de nombre d'emplois liés au tourisme engendre une précarité qui fragilise notamment les plus jeunes. Une antenne de l'ANPE (désormais pôle-emploi) a été ouverte dans la commune en 2004.

La population active guérandaise se caractérise également par des migrations pendulaires vers le bassin d'activités nazairien : en effet celui-ci concentre une grosse partie des emplois industriels de la région (Chantiers navals STX Europe, Airbus, Zone de Brais).

La ville voit dans ses murs, chaque semaine le « grand marché » du samedi sous les halles et en centre-ville (autour de la Collégiale Saint-Aubin de Guérande) et le « petit » marché le mercredi. Le marché de Guérande est une institution pluricentenaire (celui du samedi est antérieur au XIIe siècle) toujours vivante, et toute l'année.

Agriculture

Les coteaux de Guérande, exposé au sud-ouest sont un terroir favorable aux maraîchers qui produisaient une carotte rouge-orangé, moyenne et de gros diamètre : "la carotte guérandaise", encore cultivée au conservatoire des espèces végétales de l'Institut national de la recherche agronomique.

Sur ce coteau était aussi produit un vin rouge réputé, de bonne garde pour l'époque - 3 à 5 ans selon les années -, qui était vendu dans le reste de la Bretagne et exporté vers l'Angleterre. Cette production a régressé au cours du XVIIIe pour disparaître au début du XXe siècle. Il a traversé néanmoins la crise du Phylloxera, et quelques ceps survivent encore dans des parcelles abandonnées ou dans des talus. Les vignes étaient plantées en bas de coteau, de Trescalan à Careil principalement, sur des sols colluvionnés argileux et profonds. Les parcelles les plus réputées étaient le "Clos Saint Aubin", (ou Clos de la Pierre) entre Guérande et Saillé, et le "Clos de Marsillé"[9].

On trouve encore par-ci par-là quelques rangs de vignes (à usage personnel)[10] dans l'arrière-pays, avec notamment quelques plans de Noah qui ont échappé à l'arrachage et à la vigilance des « douanes ».

La polyculture est en régression générale dans la presqu'île guérandaise, la pression foncière et la rentabilité économique ayant eu en grande partie raison de cette activité. L'élevage bovin est en extension, particulièrement depuis le remembrement de la fin des années 1980.

Histoire

Menhir de Bissin

L'abondance des monuments, vestiges et sites archéologiques de toutes époques a conduit à son classement de la totalité du territoire communal en zone archéologique protégée et en « zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager » (ZPPAUP) ainsi que, pour le secteur intramuros et sa périphérie immédiate, en « secteur sauvegardé » (depuis 1976). En conséquence, les aménagements et travaux sont obligatoirement précédés d'une autorisation spécifique et d'une fouille archéologique préventive.

Préhistoire

La presqu'île guérandaise (au sens large, et en incluant les marais de Grande-Brière motière) contient à elle seule, près de 50 % des monuments mégalithiques subsistants du département de Loire-Atlantique[11].

La région de Guérande a en effet été occupée dès la Préhistoire, principalement à partir du Néolithique moyen (Chasséen).

Quelques sites archéologiques attestent d'occupations antérieures, remontant à l'épipaléolithique et au Mésolithique (industries microlithiques du type Tardenoisien, avec ou sans "pointe du Chatelet", trouvées en plusieurs points de la commune). Des éléments isolés font même penser à une occupation encore plus ancienne (Moustérien, vers - 85 000 ans), mais les sols granitiques et l'urbanisation n'ont laissé que peu d'éléments.

En revanche, de nombreux mégalithes témoignent de l'occupation chasséenne. En 1911 dans son inventaire, H. Quilgars[12] localise 13 dolmens et 5 menhirs sur la commune. Si certains mégalithes signalés posent question, un certain nombre sont avérés, et la majeure partie d'entre eux a disparu, comme la Pierre beurrée (ou Pierre Bréhet) haute de 3,70 m au Haut Mora, ou le dolmen de Mérionnec (fouillé en 1918). Quelques rares mégalithes ont été identifiés depuis et s'ajoute à cet inventaire[13].

On peut citer, parmi ceux existants aujourd'hui, le menhir de Bissin (haut de 3,5 m), la pierre de Congor (ou de Saillé) (dans le "Clos de la Pierre", encore planté de vignes au début du siècle, et signalé dans le cartulaire de Redon en 854[14]), l'habitat préhistorique sur un éperon barré (de type oppidum) et l'allée couverte ruinée, sur la butte de Sandun, site occupé du Chasséen ancien à l'âge du bronze, le très grand enclos mégalithique de Brétineau (ou Tertre de Boga) [15]: quadrilatère composé d'une centaine de menhirs alignés juxtaposés, certains haut de 2 mètres, aux dimensions impressionnantes = 78 m par 12 m, en faisant une des plus grandes enceintes mégalithiques d'Europe, situé près de Sandun (ne se visite pas, propriété privée), le rocher de Brandu[16] avec un pétroglyphe gravé, le menhir de Kerhué (ou de Quéniquen), et en limite de commune sur Saint-Lyphard, les dolmens de Kerbourg et le menhir de la Pierre Blanche, etc. (cette liste se limite aux mégalithes signalés sur les cartes ou dont la préservation ne pose pas de problème)

Les récentes fouilles du site de Sandun font actuellement référence pour la chronologie du néolithique (Chasséen) atlantique.

Protohistoire

Des découvertes éparses mais assez abondantes (haches à talons en bronze notamment) indiquent une continuité du peuplement après la fin du Néolithique (Chalcolithique et Campaniforme)

Lors de la construction de la ZAC de Beaulieu et de la ZI de Villejames, des habitations, des enclos, et un « temple » (site reconstruit à l'époque romaine et transformé en fanum) ont été mis au jour[18]. Des fermes et habitations ont été mises en évidence sur l'ensemble du territoire de la commune, ainsi que des ensembles de sépultures (malheureusement fouillées au XIXe siècle). La forte densité de vestiges autour de l'actuelle cité médiévale laisse supposer que le site de Guérande est occupé depuis cette période au moins[19].

Des fours à sel (type four à augets) ont été découverts en plusieurs lieux de la région. Ils montrent une première exploitation salicole en presqu'île guérandaise. De l'eau salée et des saumures sont évaporés sur le feu dans des augets (d'où le nom de sel ignigène), pour produire des pains de sel qui seront ensuite exportés sur de grandes distances.

Stèle basse de La Madeleine / Kerbourg, période de La Tène

Plusieurs petits gisements d'étain et de plomb sont aussi exploités dès cette époque dans la presqu'île (notamment à Batz-sur-Mer, à Crossac et autour de Donges, l'étain alluvionnaire à Pénestin ou à Piriac a pu aussi être exploité) pour la fabrication du bronze et des ports d'exportation de ce métal sont signalés dans l'estuaire de la Loire par les géographes grecs : Strabon parle de Corbilo et Ptolémée d'Alexandrie de Brivates Portus, mais leurs positions actuelles sont purement conjecturales (Donges, Saint-Nazaire, Penhoët, Clis ?)[20].

À la fin de l'âge du Fer (époque de la Tène), au sud, La Loire est la frontière entre les Namnètes et les Pictons. Au Nord, la presqu'ile guérandaise se trouve à la frontière entre les Vénètes et les Namnètes. Elle est probablement dans la sphère d'influence vénète, au moins pour sa partie ouest (Plusieurs stèles basses ont été découvertes : deux à Clis, une à La Madeleine-Kerbourg, au total une quinzaine ont été identifiées)[21], mais elle est mentionnée par les auteurs antiques comme territoire namnète, la limite entre les deux cités étant habituellement fixée sur la Vilaine. La position de la presqu'île entre la Vilaine (Vicenonia en gaulois tardif) et la Loire, l'une, voie navigable desservant les Redones et l'autre, voie navigable entre les Namnètes et les Pictons qui avaient un port important à Rezé, en font carrefour important, y compris par mer avec les Vénètes et les Grecs (Massaliotes notamment)[22].

L'époque gallo-romaine

Le site d'implantation de la cité médiévale n'a pas révélé de traces d'ensembles monumentaux gallo-romains[23], même si de nombreux vestiges attestent d'une occupation à cette époque, dès le Ie siècle d'après quelques monnaies[24] et des céramiques trouvées lors de travaux récents[25]. Mais les recherches archéologiques ont été très ponctuelles, et ont été menées essentiellement à la périphérie de l'agglomération moderne (lieux-dits : Bois Rochefort, Pradonnais, Moulin de Beaulieu, etc.) ; aussi, certains auteurs remettent en cause l'existence d'un vicus (agglomération rurale). Ils pensent plutôt à un site d'habitat diffus, plus ou moins dense, le long des axes de circulation ou reliés à ceux-ci.

Une voie carrossable relie cette agglomération à Nantes (Portus Namnetum) par les rives de La Loire, et se prolonge vers l'ouest jusqu'à Clis et Piriac-sur-Mer. Une autre voie (appelée le « Pavé de Beaulieu » car dallée) relie le site à Vannes (Durioritum), traversant la Vilaine soit par un pont à Rieux (Duretie) soit par bateau à La Roche-Bernard[26]. Le site d'implantation de la cité est donc à l'intersection de deux voies carrossables secondaires. Toutefois, la presqu'île guérandaise reste à l'écart des axes principaux, la voie carrossable principale qui relie Nantes à Vannes est de l'autre côté des marais de Grande-Brière. Mais la Loire navigable toute l'année entre Ancenis et son estuaire est un axe majeur de communication particulièrement entre Nantes et la cote Atlantique depuis la préhistoire, pour preuve lors de la conquète romaine, la flotte qui affrontera les Vénètes est construite sur les rives de la Loire entre Angers et Nantes (le site de construction est variable selon les auteurs, le texte de La Guerre des Gaules sur ce point étant peu précis).

Le coteau de Guérande et son arrière-pays sont densément occupés aux IIe siècle-IIIe siècle par de grandes exploitations agricoles (villae). Une forte densité de constructions a notamment été découverte à Clis au XIXe siècle où un ensemble monumental à abside de 67 mètres sur 49,50 a été fouillé par Léon Maitre. Un mur en opus regulatum haut d'un mètre, et long d'une dizaine, est encore visible aujourd'hui entre Clis et Maisons brûlées, au Réquer, à mi pente sur le coteau (lieu dit : Château Grannon).

Au IVe siècle, Guérande fait partie de la province romaine de Troisième Lyonnaise (Lugdunensis Tertia) dont le chef-lieu est Tours (Tours est donc aussi siège archiépiscopal) ; une garnison y serait stationnée. La région est évangélisée à la fin IVe siècle à l'époque des évêques de Nantes Euménius et Félix (549-582), et terminée sous la conduite de Saint-Germain l'Auxerrois dans le deuxième quart du Ve siècle. En 448, les Armoricains chassent temporairement les Romains de la région. De retour, la garnison romaine se serait implantée à Grannona[27] (qu'une hypothèse assimile à Château Grannon près de Clis, voir paragraphe précédent).

De l'effondrement de l'Empire Romain, en 476, jusqu'en 486 (bataille de Soissons), la presqu'île guérandaise, est intégrée au royaume gallo-romain de Syagrius. Une hypothèse assimile une des résidences (villae) de ce dernier "Roi", appelée Clivus (ou Clivius), au village de Clis.

Le Moyen Âge

De la colonisation bretonne à la féodalité : du VIe siècle au XIe siècle

Après la bataille de Soissons, le territoire de la presqu'île de Guérande passe sous la domination des Francs, comme l'ensemble des territoires appelés par la suite Neustrie, notamment le comté de Nantes. Mais vers 560, une bataille oppose Clotaire, futur roi des Francs et le "roi" breton Canao Ier, probablement en presqu'île de Guérande[28]. Lors de l'occupation de Nantes par Lambert II, la presqu'île de Guérande redevient territoire breton.

La fondation de Guérande est datée du haut Moyen Âge[29], plus précisément de la seconde moitié du VIe siècle. En effet, selon des sources médiévales postérieures[30], la fondation du Bro Wenrann et celle de l'occupation continue du site jusqu’aujourd'hui, est attribuée à la colonisation bretonne contemporaine du roi du Broërec Waroch II (entre 575 et 595). La cité s'implante autour d'une église, d'où l'origine probable de son nom qui signifie « champ/parcelle, consacré/pur » (cf. infra: Origine du nom de Guérande).

Cette implantation bretonne s'est faite corrélativement à une entrevue dans sa résidence nommée Aula Quiriaca[31] de Waroch avec saint Félix, évêque de Nantes et le lettré et futur évêque de Poitiers, Saint Fortunat, entrevue rapportée par ce dernier dans ses Epistolae[32]. La rencontre, située vers 580, de ces trois importants personnages fait penser à une négociation entre les parties ayant des intérêts stratégiques entre Loire et Vilaine c'est-à-dire : les Bretons (Waroch) et les Francs de Nantes (Saint Félix) et du Poitou (Fortunat). Il est aussi rapporté que l'avancée bretonne est arrêtée à Saint-Nazaire en 577 par une intromission divine[33].

Du VIe siècle au IXe siècle, le « Bro Wenrann » est beaucoup plus étendu que ce qu'on appelle actuellement la presqu'île de Guérande : il inclut Donges au sud, Pontchâteau à l'est, La Roche-Bernard au nord.

Une population de colons bretons venant de Bretagne insulaire (des Cornouailles) s'implante durablement dans la région au VIe siècle. Elle sera renforcée par une seconde vague d'immigrants au cours du siècle suivant. Le Pays guérandais (entre Brière et Atlantique) constitue l'avancée la plus au Sud de la langue Bretonne (limite sud des noms de lieu en Ker- ; plus de 50% des toponymes de la commune sont d'origine bretonne certaine[34]).

La cité (re)trouve son Saint Patron avec la translation des reliques de Saint Aubin[35] probablement dès 556, et au plus tard durant la seconde moitié du VIIe siècle[36]. Une tradition tenace fait de Saint Aubin un enfant du pays. Aubin d'Angers a été moine puis abbé au monastère de Tincillac[37] en Bro Wenrann [38], qu'il quitte pour devenir évêque d'Angers de 529 à 550. Cette translation d'un saint originaire de Bretagne révèle les liens entre l'anjou franc et la région guérandaise, ainsi que l'existence d'une communauté chrétienne suffisamment influente pour obtenir ces reliques.

Vers 800, Charlemagne reconquiert très temporairement les territoires entre Loire et Vilaine, ainsi que le sud du Pays de Vannes (ou Broërec) notamment la presqu'île de Rhuys et Vannes. Les Marches sont alors reconstituées, mais les populations de langue bretonne restent dans la presqu'île de Guérande.

Les institutions religieuses se développent dans la cité comme le montre la construction d'une seconde église au VIIIe siècle et dont on a retrouvé des éléments remaniés sous l'actuelle Collégiale[39]. Nominoë, Roi et unificateur de la Bretagne, instaure un évêché (très temporaire) à Guérande, et sépare ainsi la région guérandaise de l'évêché de Nantes, sous influence franque, pour la rattacher à l'influence bretonne, et à l'archevêché de Dol. En 851, suite à la Bataille du Grand-Fougeray, Charles le Chauve, Co-Empereur et Roi des Francs, et Erispoë, Roi « héréditaire » de la Bretagne, se rencontrent à Angers pour signer le traité d'Angers qui donne à la Bretagne les pays rennais, le nantais et le Pays de Retz (partie nord de l'Herbauges). Par la suite, le pays de Guérande demeurera jusqu'en 1789 dans le Duché de Bretagne.

À la suite de ce traité, probablement dans un souci d'apaisement des relations avec l'archevêché de Tours et l'évêché de Nantes, l'évêché de Guérande est supprimé, et le Pays de Guérande est définitivement rattaché à l'évêché de Nantes en 857. De cette situation politique est restée une double tutelle sur la ville de Guérande : l'évêque de Nantes et le Duc de Bretagne se partageront jusqu'à la Révolution les droits et propriétés sur la cité. C'est aussi durant cette période que se structurent les premières institutions urbaines de la ville, dont la constitution d'une milice armée pour défendre la cité. Cette milice sera jusqu'au XVIe siècle une force armée reconnue pour sa qualité militaire, et utilisée dans des conflits régionaux ou extérieurs jusqu'à la Révolution comme troupe constituée[40].

C'est en 854 qu'apparait la première mention écrite connue (et explicite) de la ville de Guérande, ainsi que de l'existence d'une église avec un autel contenant les reliques de Saint Aubin [41].

Puis, en 854-855 apparaissent les premières mentions écrites[42] des salines dans les alentours de Guérande : à Clis et à Saillé. Si la récolte du sel est une pratique très ancienne, ce document montre que la construction des salines, selon la conception actuelle des marais salants de Guérande, se fait bien avant le IXe siècle. (Il s'agit probablement d'un héritage gallo-romain.)

Vers 870, le Roi Salomon de Bretagne, installe à la tête de la paroisse de Guérande et des églises et chapelles qui y sont rattachées, un chapitre de quatorze chanoines. Le chapitre de Guérande est donc un des plus anciens de France[43].

La région est affectée par plusieurs incursions des Normands de 843 à 1013 (voir Histoire de Nantes[44]). Les Vikings débarquent à Batz en 843 et ils utiliseront comme point d'appui la Presqu'île de Guérande et du Croisic par la suite. Ces incursions auront pour conséquence la désorganisation politique et économique de la région, la Basse-Loire est la région qui sera la plus affectée de Bretagne[45]. Les implantations monastiques sont abandonnées, et les moines, se replient en amont d'Angers, puis en Bourgogne. Vers 900, les normands s'implanteront à La Roche-Bernard sur La Vilaine (en 919), ainsi que dans l'estuaire de la Loire, dans l'Ile Bothy, de part et d'autre de la presqu'île de Guérande, et ils occupent Nantes durant une vingtaine d'années.

En 939, les Normands quittent la Bretagne, les raids se font plus rares après 960, le Pays de Guérande reprend sa place dans le Duché de Bretagne qui se réorganise sous le règne d'Alain Barbetorte dit al louarn.

Le Moyen Âge jusqu'à la guerre de succession

À la mort d'Alain le Grand, comte de Vannes, Alain Barbetorte reçoit en partage des terres et des apanages dans Guérande et aux alentours, une autre partie allant à l'évêché de Vannes[46].

La chatellenie de Guérande

À la fin du Xe siècle, le territoire du Plou Wenrann est réduit au nord-est, le long de la Vilaine, par la création d'une baronnie autour du chateau de la Roche crée par le viking Bernard et ses descendants, à l'origine de l'actuelle La Roche-Bernard[47].

Au XIe siècle, le territoire est à nouveau divisé en trois seigneuries : la châtellenie de Guerrande de langue bretonne, la châtellenie du Pont (actuel Pontchâteau), et la Vicomté de Donges, ces deux dernières majoritairement de langue gallèse[48].

À Guérande, le duc est représenté par un vicarius (viguier), attesté vers 1055. La ville reste donc sous la tutelle directe des ducs. Il est probable que c'est à cette époque que l'évêque de Nantes installe dans la ville, à côté du viguier, un Sénéchal des régaires, pour administrer les biens et droits repris de l'évêché de Vannes. En 1142-1147, la présence active des Chanoines est attestée dans une série d'actes.

La prospérité des XIIe siècle et XIIIe siècle

Au XIIe siècle- début XIIIe siècle, une nouvelle collégiale est construite en style roman (chapiteaux historiés dans la nef, style roman final « pré-gothique ») sur les fondations plus anciennes. C'est à cette époque que la ville prend son extension actuelle ; des fortifications sont construites. La ville de Guérande se dote alors d'une flotte de navires rouliers qui vont exporter le sel et le vin sur les côtes françaises et vers les pays d'Europe du Nord, particulièrement l'Angleterre. La Loire et la Vilaine sont aussi des axes commerciaux importants. La grève du Traict, dans les marais salants, est utilisée comme port, les navires remontent certains des étiers des marais salants (secteur des hameaux de Congor et Pradel) pour charger le vin et le sel.

1156 : Le comté de Nantes passe sous domination Plantagenêt jusqu'à l'intégration du comté au domaine duccal en 1203.

En 1160, une charte indique l'existence d'une Domus des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. Il ne reste aucun élément de cette implantation templière, elle devait probablement être située à l'extérieur des murs selon l'usage de l'ordre, probablement dans le faubourg Saint-Armel. La chapelle Saint-Jean rue de Saillé n'est donc pas le site initial de l'hôpital des hospitaliers.

Un acte de 1234 confirme la présence d'une communauté juive[49] qui disparaitra avec l'ordonnance du Duc Jean I de 1234 qui ordonne l'expulsion des juifs de Bretagne. La rue de la Juiverie témoigne encore aujourd'hui de la présence de cette communauté de commerçants et d'usuriers. Elle a pu se dévélopper sous la tutelle de l'évêque de Nantes.

Tout ces éléments montrent un développement urbain et économique important de la cité de Guérande durant l'âge d'or de la bretagne durant le XIIe siècle et XIIIe siècle.

Intervention du roi de France Philippe Auguste

En 1206, Philippe Auguste[50] destitue les viguiers du Duc au profit de sénéchaux royaux. Guérande est alors intégrée dans la sénéchaussée de Nantes, dont les limites sont celles de l'évêché et de l'ancien comté. La chatellenie de Guérande est temporairement partagée entre André de Vitré et Eude (ou Eudon) de Châteaubriant. En 1207, Philippe Auguste rend le duché à Guy de Thouars et la chatellenie de Guérande est reconstituée[51]. En 1214, un acte d'arbitrage indique que Guérande est à la « disposition » de Pierre de Dreux, dit Mauclerc, baillistre de Bretagne.

Organisation du chapitre collégial

Le 13 juillet 1312, une bulle du pape Clément V institue à la tête du chapitre de la collégiale un prévôt avec mitre et crosse. La nomination du prévôt sera ensuite systématiquement ratifiée par le pape et le duc de Bretagne (puis le roi de France). Au chapitre est adjoint un théologal, qui fait office de curé de la paroisse, et une fabrique qui gère les biens de la paroisse. En outre, le collège a la gestion d'une psalette (chœur et école de chanteurs), d'une serpenterie (école de musique et musiciens) et d'une régence (école ouverte aux psalteurs et aux enfants des paroissiens qui y font leurs « humanités »). Le sacré collège sera dissout à la Révolution (voir le tableau de Jacob Catrou dans la Collégiale Saint-Aubin de Guérande, peint en 1642, classé MH).

Gabelle et commerce du sel

En 1341, lors de l'institution de la gabelle, impôt sur le commerce du sel, Guérande, étant ville productrice de sel, bénéficie d'une exemption. Le commerce du sel en Bretagne et vers le Nord de la France (pour la salaison du poisson, notamment vers Boulogne-sur-Mer), ainsi que l'Europe du Nord[52], permet l'essor économique de la région guérandaise. Mais l'ensablement inexorable du Traict et l'augmentation du tonnage des navires entraîne, à partir du XIVe siècle, le déplacement des activités portuaires vers Le Croisic et Le Pouliguen.

Maison du Potier, XVIe - XVIIe, place du Pilori

Guérande et la guerre de succession de Bretagne (1341-1364)

La guerre de succession de Bretagne, entre deux prétendants à la succession de Jean III, Jean de Montfort et Charles de Blois, doit être replacée dans le contexte de la guerre de Cent Ans. À l'échelle locale, ce conflit a eu pour conséquence, malgré la destruction de la ville de Guérande, de redonner un souffle à la région.

La situation de Guérande au début du conflit

Un acte daté du 26 décembre 1332 indique que Guerrande, Baas, Saillé appartiennent à Jean de Bretagne, comte de Montfort. C'est un bien qui lui vient de sa mère Yolande de Dreux, comtesse de Montfort l'Amaury, descendante de Pierre Mauclerc, et c'est le seul qu'il possède alors dans le Duché de Bretagne. La Ville, suivie par une vingtaine d'autres places fortes bretonnes, prend le parti de Jean de Montfort ; cette loyauté, confirmée jusqu'à la fin de la guerre, explique l'attachement que les ducs de Bretagne de la dynastie de Montfort montreront pour la région guérandaise.

Le sac de Guérande (1342)

Printemps 1342 : le sac de Guérande[53], par les troupes espagnoles, génoises et françaises sous le commandement de Louis de la Cerda, dit Louis d'Espagne, Amiral de France, du parti de Charles de Blois, dont il est le cousin. Après un bref siège, au motif que la ville serait tenue par des troupes anglaises (ce qui est très probablement faux à ce moment du conflit), la ville et les cinq églises sont pillées et incendiées, si l'on en croit le récit de Jean Froissart. Selon la chronique du siège, le pillage permit de collecter un grand butin, plus que les hommes n'en purent porter. La population aurait été passée au fil de l'épée ; il y aurait eu 8000 morts selon d'autres sources, proches de Louis d'Espagne, mais probablement excessives, puisqu'il n'y avait que 3000 à 4000 habitants dans la cité et les faubourgs. Dans une autre version[54], les bourgeois de la ville furent mis à la rançon, et les incendiaires des églises pendus. Les troupes franco-espagnoles démantèlent les fortifications.

Cette chronique du siège nous fournit indirectement des informations sur la ville : elle est décrite comme une place fortifiée stratégique du fait de son contrôle de la côte, peuplée, riche et commerçante, productrice de vin, avec des navires en grève[55]. Curieusement, le sel n'est pas signalé comme une source de richesse. Les Croniques et ystoires des Bretons de Pierre le Baud confirme l'ampleur du butin des asiègeants.

Ce sac ne serait qu'un coup de main[56] aux conséquences limitées[57], car dès l'année suivante, courant 1343, la place de Guérande est toujours sous l'autorité de Jean de Montfort, administrée pour lui par Guillaume du Verger, avec le titre de lieutenant du comte. Des troupes anglaises et bretonnes y stationnent[58], et Guillaume du Verger fait réparer les fortifications et les renforce en faisant creuser des fossés. Cependant, durant l'été 1344, les troupes de Charles de Blois sont de nouveau autour de Guérande [59]. Ce siège semble s'être encore conclu par une nouvelle reddition de la cité, Charles de Blois nomme un capitaine : Foulque de Laval pour administrer la cité. Très rapidement la ville revient sous l'autorité de Jean de Montfort.

La mort de Jean de Montfort (1345)

Après la mort de Jean de Montfort en 1345, son fils, le futur Jean IV poursuit le conflit. Les troupes guérandaises restent fidèles au parti Montfort, bien que l'évêque de Nantes soit passé au parti de Charles de Blois. En 1355, Edouard III, roi d'Angleterre et tuteur du futur Jean IV de Bretagne prescrit la remise des places fortes au Duc de Lancastre.

Le premier traité de Guérande (1365)

Le 12 avril 1365, le premier traité de Guérande est signé dans la Collégiale Saint-Aubin de Guérande, alors en cours de reconstruction, un lieu symbolique pour le parti vainqueur, puisque cette ville était la seule des Montfort en Bretagne au début du conflit. Le traité met fin à la guerre de Succession de Bretagne et voit Jeanne de Penthièvre renoncer au duché en faveur du fils de Jean de Montfort, Jean IV.

Voir aussi : Premier Traité de Guérande (1365)

La fin du Moyen Âge

Création de la sénéchaussée de Guérande

La paix retrouvée, Guérande, ville ducale, devient en 1365 le siège d'une sénéchaussée distincte de celle de Nantes. Cette sénéchaussée s'étend sur treize paroisses, c'est-à-dire presque toute la presqu'ile : d'Herbignac, Assérac, Mesquer et Saint-Molf au nord, jusqu’à Saint-Nazaire et Montoir-de-Bretagne au sud. Le Croisic et Batz-sur-Mer y sont intégrés. Donges reste administrée par la Sénéchaussée de Nantes.

Le conflit avec le roi de France et le second traité de Guérande (1381)

En 1371 : nouveau siège et prise de Guérande par Bertrand du Guesclin.

Les nobles bretons se rebellent contre Jean IV qui s'exile en Angleterre dans ses possessions de Richemont. En 1378, le roi de France profite de cette situation pour essayer de s'emparer de la Bretagne, mais la noblesse bretonne rappelle Jean IV et le conflit reprend contre la France. En 1379, Olivier III, seigneur de Clisson tente de prendre la ville, mais après un bref siège, les troupes bretonnes et guérandaises sortent et poursuivent son armée jusque dans ses terres autour de Blain.

Un second traité de Guérande est signé le 4 avril 1381 entre le duc Jean IV et Charles VI dans la chapelle de Notre-Dame la Blanche (intramuros) récemment reconstruite. Ce traité règle définitivement les problèmes de succession dans le duché de Bretagne et clarifie les rapports entre le royaume de France et le duché de Bretagne.

Voir aussi : Second Traité de Guérande (1381)

La paix retrouvée
Remparts

Signe de ces nouveaux temps de paix, le mariage de Jean IV, duc de Bretagne, avec Jeanne de Navarre, est célébré à Saillé, au cœur des marais salants, en 1386. Les remparts actuels sont construits après ces conflits sur les ruines des fortifications antérieures, principalement sous le règne de François II[60].

Blason du Monastère Saint-Yves, XVIIIe


En 1404, le duc Jean V approuve la création du couvent dominicain Saint Yves situé dans le faubourg Bizienne ; en 1405, il instaure une foire annuelle au profit de ce monastère (les 20 et 21 mai). Le pape Benoît XIII donne son accord en 1409, alors que la construction est déjà commencée.

L'époque moderne

Le règne d'Anne de Bretagne

Au cours de la « guerre folle », en pleine mobilisation, la duchesse Anne, par une lettre du 9 avril 1484, octroie aux Guérandais divers privilèges, en compensation de la fourniture de troupes et pour s'assurer du soutien financier de la ville durant ce conflit : elle « anoblit les Marais salants, les dispensant d'impôts… ». Les Guérandais n'oublieront pas ces privilèges, pas plus que ceux donnés aux habitants de la Grande Brière (l'indivision actuelle des marais de Grande Brière sont une conséquence de ces lettres patentes, même s'il n'y a pas continuité avec la situation actuelle[61]).

En mémoire de ses nombreux séjours dans « sa bonne ville »[62] et de sa fidélité à la Maison de Montfort, Anne de Bretagne aurait, selon la tradition, donné une couronne d'or à Guérande, une d'argent à Saillé, et une de cuivre doré à Trescalan (aujourd'hui dans la commune de La Turballe). Les deux premières ont disparu, mais la troisième existe encore, et est toujours portée par les mariés lors de leurs noces.

Guérande après l'union perpétuelle (1532)

Le "Château" est démoli en 1614 à la requête des États de Bretagne. Ce "logis" probablement fortifié avait servi de maison seigneuriale aux ducs de Bretagne lors de leurs séjours à Guérande et d'atelier monétaire à Jean de Montfort durant la Guerre de Succession de Bretagne. Sa localisation précise demeure incertaine faute de recherches archéologiques et de textes historiques précis[63]. La porte Saint-Michel, qui servait de logis au lieutenant de police et au lieutenant militaire de la Place de Guérande, représentant le duc de Bretagne, n'était pas la résidence ducale. En 1682, c'est le Palais épiscopal qui est à son tour rasé à la demande de l'évêque de Nantes Gilles de Beauveau, il était situé rue du Chateau Gaillard, coté nord, entre la rue et les remparts. Le manoir de Calon dans le faubourg Saint-Michel servira de résidence aux évêques de Nantes lors de leur déplacement annuel à Guérande par la suite.

Les États de Bretagne se réunissent plusieurs fois à Guérande, notamment en 1625, probablement dans le bâtiment servant de Cohue et de Tribunal qui était localisé à l'emplacement des halles actuelles ou dans le monastère Saint-Yves. Le Chapitre et la Ville de Guérande envoyaient chacun des députés aux États et au Parlement de Bretagne.

Au cours des XVIIe siècle et XVIIIe siècle, la ville se transforme, des demeures bourgeoises en granite remplacent les maisons du XVe siècle et XVIe siècle. Ces hôtels particuliers et ces maisons représentent près de 50% du bâti visible aujourd'hui dans le secteur intra muros. En 1686, place Saint-Aubin, un nouvel édifice publique est construit, les halles avec un auditoire à l'étage.

La conspiration de Pontcallec

La noblesse de la presqu'île de Guérande, particulièrement celle de la cité, se joint à la « Conspiration de Pontcallec » entre 1717 et 1719. La plupart d'entre eux signeront l'acte d'union de la « conspiration ». Parmi les familles qui se sont jointes à la conspiration, on retrouve les Morvan de Kerpondarmes, alors députés de Guérande aux États de Bretagne, les Rohan-Pouldu, qui ont un hôtel en ville et des terres dans la presqu'île, les Kerpoisson, les Rollan, Roger, Lizet, etc. Les conspirateurs se sont alors fortement armés, dans l'attente d'un renfort de troupes espagnoles, qui n'arriveront jamais.

En 1789, le couvent dominicain, situé à l'extrémité du « faubourg Bizienne », est vendu comme « bien national », et, servant de « carrière », est en grande partie détruit dès cette époque[64].

L'Époque contemporaine

Les révoltes paysannes de 1793, le dernier siège de Guérande.

En mars 1793, des jeunes gens refusent le tirage au sort dans le cadre de la levée en masse, des révoltes éclatent en Mayenne, dans le Léon, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Inférieure, la Vendée et le Maine-et-Loire. Entre les 11 et le 20 mars, les deux tiers de l'Ouest sont touchés.

le 19 mars 1793, avec des renforts arrivant de Savenay, quelques centaines de paysans font le siège de Guérande qui ouvre ses portes grace semble-t-il à la complicité d'une partie des Gardes Nationaux stationnés dans la ville. Les conséquences de ce siège suivi d'une mise à sac pour les vivres et les munitions, sera importante pour les archives municipales et départementales : en effet, celle-ci seront recherchées par les insurgés dans les édifices municipaux ou éclésiastiques, ainsi que dans les offices notariaux et d'avocats et détruites volontairement sur la place du Marché-au-Bois. Une grande part des inconnues de l'histoire de la ville viennent de ces événements. Les insurgés recherchaient les listes de conscriptions et tous documents permettant d'établir les assiettes fiscales espérant par ce moyen échapper aux nouveaux impots, et l'enrôlement dans l'armée. Ces troupes se dirigent ensuite vers Penchâteau (au Pouliguen) espérant ainsi y prendre les canons qui défendent la côte, puis avec d'autres troupes venant de Pontchâteau, elles se rassemblent devant La Roche-Bernard et gagnent Rochefort-en-terre[65].

Les restructurations administratives 

Lors de la création des communes et des départements en 1789-90, la sénéchaussée de Guérande (et de Campsillon) disparait. Les paroisses qui en faisaient partie deviennent généralement des communes. Le territoire communal de Guérande est formé à partir des paroisses et trêves de Guérande, Saillé, Trescalan et La Madeleine. Le bourg de La Madeleine est même coupé en deux avec Saint-Lyphard.

Guérande devient tout de même chef-lieu de district, mais la délimitation du Morbihan et de la Loire-Inférieure ampute le Pays guérandais de trois communes du nord de la presqu'île : Pénestin, ancienne trève de la paroisse d'Assérac, Camoël et Férel, anciennes trèves de la paroisse d'Herbignac.

De surcroît, lors de la création des arrondissements en 1800, Guérande perd son statut de chef-lieu qui est attribué à Savenay (puis à Saint-Nazaire en 1868). Perdant son rôle de centre religieux et administratif, la ville perd ses fonctions de commandement qui était au cœur de la cité depuis le Moyen Âge.

En 1865, Guérande subit un nouvel amoindrissement du fait de la séparation de l'ancienne paroisse de Trescalan, qui deviendra par la suite la commune de La Turballe.

L'évolution économique, le déclin des marais salants

Les marais salants de Guérande, principale source d'approvisionnement en sel pour l'Europe du Nord, maintiennent leur prospérité jusqu'au milieu du XIXe siècle. En 1840, on dénombre encore 2 350 paludiers ; 25 577 œillets sont cultivés, 493 seulement ne le sont pas. Cependant, dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au XXe siècle, l'industrialisation de la production du sel des salins du Midi et de l'Est provoque la chute des cours du sel et l'effondrement du commerce des salines de la côte atlantique : il ne reste que 370 paludiers en 1934. Le développement économique et industriel de Saint-Nazaire isole le Pays guérandais, qui se tourne vers ses ressources agricoles (élevage et culture maraîchère). La ville vit au rythme des foires aux bestiaux mensuelles, avec chaque année le point d'orgue de la foire aux bœufs et aux porcs du 30 juin qui attire des acheteurs et des vendeurs de toute la région, et même bien au-delà.

Gare de Guérande, vers 1902
L'arrivée du chemin de fer

Le développement des stations balnéaires (Le Pouliguen, Pornichet, puis La Baule) et du tourisme, la construction de la voie ferrée[66] La Baule-Guérande, embranchement de la ligne Saint-Nazaire-Le Croisic, entre 1872 et 1879, donnent à Guérande un nouveau souffle économique, avec notamment le développement du commerce des bovins vers Nantes. L'inauguration de la gare et de la ligne reliant La Baule à Guérande a lieu le 11 mai 1879. Dans un premier temps, trois trains de voyageurs desservent Guérande chaque jour, puis six. Le projet initial prévoyait le prolongement de la ligne de Guérande à La Roche-Bernard, mais cela n'est pas immédiatement réalisé.

En 1905-1906, est construite une ligne d'intérêt local « Guérande, Piriac, Herbignac » de la Compagnie du Morbihan (CM), inaugurée le 1er juillet 1907. Cette ligne à voie métrique a fonctionné jusqu'au 1er juin 1938, époque où se manifeste la concurrence des premières lignes de cars. Cette seconde gare, proche de la précédente (voir paragraphe précédent) se trouvait à l'emplacement de la caserne des pompiers et de la gendarmerie. Durant cette période, un raccordement entre Herbignac et La Roche-Bernard permettait de relier Guérande à Vannes et à la presqu'île de Rhuys. Mais seul le tronçon « Guérande - La Turballe - Lérat - Piriac » était suffisamment fréquenté[67].

Le déclin du chemin de fer

Quant à la ligne Guérande-La Baule, relevant du réseau de l'État à partir du début du XXe siècle, elle est sur le déclin à partir de 1940 : le trafic voyageurs est réduit aux trains ouvriers vers Saint-Nazaire. Le trafic voyageur cesse définitivement en 1955, tandis que le trafic marchandises se poursuit jusqu'en juillet 1971.

La Seconde Guerre mondiale se prolongea pour Guérande et ses voisines de la région nazairienne durant 9 mois de plus (d'août 1944 au 11 mai 1945) que dans le reste du département : c'est l'épisode connu sous le nom de Poche de Saint-Nazaire.

La portion de voies ferrées entre la gare de Guérande et la zone industrielle de Villejames est déclassée en 1981 laissant place à l'actuelle avenue Anne de Bretagne. Le reste de la voie jusqu’à la Baule est à son tour déclassé en 1990 et récemment transformé en piste cyclable, élément important du réseau Vélocéan. La gare est détruite, ce qui modifie la physionomie du quartier où vont s'élever des logements, une éphémère zone commerciale, la nouvelle poste et le centre culturel Athanor. Depuis quelques années, ce secteur de la ville subit de nouvelles transformations, avec la création d'une zone paysagère (la coulée verte, vers le Bois Rochefort) et la construction à la place de l'ancien centre Leclerc d'un cinéma multiplexe de 6 salles avec des restaurants et de nouvelles voies piétonnes.

En 1970-1971 : Création du Parc naturel régional de Brière, un des premiers parcs régionaux de France. Le flanc nord du coteau de Guérande, vers les marais de Grande Brière, est dans son périmètre. La limite du Parc naturel correspond au tracé de la "Route bleue", voie express qui doit relier Vannes à Saint-Nazaire[68], par le barrage d'Arzal sur la Vilaine. Seul le tronçon de Guérande à Saint-Nazaire est réalisé actuellement.

Emblèmes

Héraldique

Blason au-dessus de la porte Saint-Michel.
Blason Blasonnement
D'argent à quinze mouchetures d'hermine de sable posées 5, 4, 3, 2 et 1.
Commentaires : Ces armes figuraient, jusqu'aux années 1990, sur les documents municipaux officiels. Elles furent concédées à la ville, en 1819, par le roi de France Charles X, mais leur usage est antérieur, car elles figurent déjà sur le timbre d' une cloche du carillon de la Collégiale daté de 1642 (classé MH). Les mouchetures d'hermine évoquent le blasonnement d'hermine plain de la Bretagne, rappelant l'appartenance passée de la ville au duché de Bretagne. Armes confirmées par Ordonnance de Charles X du 11 décembre 1829 (moyennant 91 Francs de « droits de sceau »).
Blason ville fr Guérande (Loire-Atlantique) Losange.svg

Il existe une variante de ce blason en losange : d'hermine plain, en losange. Ce blason en losange a pour supports deux lions casqués.

Blason guerande.svg

Pour Victor Adolphe Malte-Brun, les armes de Guérande sont : de gueules, à deux lions passants d'argent.

Blason-guerande-2.jpg

Ornements extérieurs : exemple du timbre de l'horloge de la Collégiale, daté de 1642. Description : d'argent à quinze mouchetures d'hermine, posées 5, 4, 3, 2 et 1 ; l'écu timbré d'un lion casqué d'argent, et soutenu par deux lions aussi casqués du même. Ce blason (timbré de la couronne, et entouré de la cordelière de la duchesse Anne de Bretagne) est aussi celui qui figure sur la porte Saint-Michel (mais l'état actuel fait suite aux restaurations de la porte Saint-Michel de 1895-1900).

Drapeau

La ville de Guérande possèderait un drapeau (ressemblant à celui du Québec) : une croix noire sur fond blanc (appelée « Kroaz du », utilisée aussi par les troupes des ducs de Bretagne), avec une moucheture d'hermine dans chaque quartier; il était porté par les navires armés par la ville, notamment pour le commerce du sel et du vin vers l'Europe du Nord.

Cette bannière, comme les armes de la ville, montrent et rappellent que Guérande était une possession ducale, et pas un fief ni une ville ayant bénéficié d'une émancipation urbaine. La milice de Guérande constituait aussi le noyau, avec d'autres, des bataillons permanents des armées du duché de Bretagne, puis du royaume de France.

Special-guidon-breton.png Guidon de la fin du Moyen Âge.

Banniel Gwenrann.svg Drapeau rétabli par les habitants de Guérande depuis 1999.

Logotype

Guérande, Loire-Atlantique, France - Logo.jpg

Logo de Guérande.

Étymologie, toponymie, langue

La presqu'île de Guérande : une limite linguistique

La langue bretonne, implantée dès le VIe siècle, sera la langue vernaculaire de la commune de Guérande jusqu’à la fin du XVIIIe siècle[69], et ne disparaîtra de la presqu'île guérandaise que dans les années 1960 (parler proche du vannetais), en concurrence avec le parler gallo, langue romane de Haute-Bretagne. Ce maintien du breton s'explique en partie par les liens économiques avec le reste de la Bretagne, mais aussi par une autarcie agricole marquée, limitant, jusqu'à l'arrivée des trains, les communications vers le Bassin de la Loire.

Aujourd'hui, les locuteurs du gallo sont aussi en voie d'extinction dans la région : la langue parlé par les natifs de la région est en règle générale du français teinté de gallo (disparition des conjugaisons et des diphtongaisons) et de bretonnismes (une centaine environ, qui se retrouvent dans les structures grammaticales usuelles comme dans le vocabulaire).

Origine du nom de Guérande

Le nom de la commune était orthographié Guerrande jusqu'au XVIIIe siècle. Il est issu de deux mots bretons : gwenn (« blanc » en breton moderne mais également « pur, sacré » autrefois) et rann (« parcelle »). En breton moderne, Guérande s'écrit Gwerrann ou Gwenrann. Les habitants sont appelés Gwenranniz (Gwenrannad au singulier).

Quatre hypothèses existent quant à l'étymologie de Guérande :

  1. Pays Blanc : pays (rann) au sens de territoire et blanc (gwenn) faisant référence aux salines. Cette traduction séduisante car empreinte d'une salinité toute guérandaise méconnaît le sens exact du mot rann en vieux-breton : part, partie au sens de parcelle de terre, champ. Le sens donné à rann de territoire ou subdivision d'un pays n'existe qu'en breton moderne. Cette hypothèse évoquée par Léon Maître en 1894 et largement reprise par les guides touristiques ne trouve aucun écho chez les spécialistes du breton.
  2. Vindo-Randa : Guérande serait selon Alain Gallicé (1995) une bretonnisation du gaulois vindo-randa (« terre en friche» ; le mot a donné garenne en français[70]), composition celtique strictement identique en sens et en forme au breton gwenn-rann. Cependant le nom de Guérande n'est attesté qu'à partir du IXe siècle : cette date semble trop tardive pour la reprise d'une appellation gauloise dans un lieu (autour de l'actuelle Collégiale Saint-Aubin de Guérande) qui, de surcroît, semble n'être occupée qu'à partir de la colonisation romaine pour la zone intramuros de la ville.
  3. Parcelle en friche : nous retrouvons le même sens que dans l'hypothèse gauloise, mais cette fois-ci ce sont les Bretons qui auraient trouvé un lieu abandonné et couvert de ruines. Joseph Loth (1883) s'appuie sur le gallois gwynn qui peut signifier « en friche », pour étayer cette hypothèse reprise par Henri Quilgars (1910). Toutefois, ce sens ne semble pas attesté en breton pour gwenn.
  4. Parcelle consacrée : Gildas Buron rappelle que la première attestation de Guérande mentionne en 854 « ecclesia quae dicitur Wenran[71] ». Il s'agissait donc d'une église, d'une assemblée chrétienne (sens initial de ecclesia) ou d'une paroisse, mais non d'un pays, d'un bourg ou d'une région. Des fouilles archéologiques ont de plus montré la présence d'un cimetière d'époque mérovingienne autour de cette église primitive. Il peut donc s'agir d'un toponyme signifiant « parcelle pure, ou consacrée », ce sens convenant à l'adjectif gwenn comme au mot rann, mais aussi à la nature de l'occupation des lieux.
  • Par ailleurs, Erwan Vallerie souligne, dans une région relativement restreinte, l'existence de trois toponymes proches : outre Guérande (Wenrann), il faut noter également : Guémené (Winmonid, monid ou ménez pour colline), et Guenrouet (Wenroued, roued pour chemin/passage à gué), tous de même structure, basé sur la racine wenn (ou win), ce qui renforce l'idée que le sens blanc (gwen) pour cette racine est à prendre avec circonspection. Il peut aussi être ajouté à cette liste : Vindunita insula transcription latine de l'ancien nom breton[72] de Besné[73].
  • Il est à signaler, en complément, de l'existence de nombreux toponymes non bretons mais d'origine pré-romaine basés sur la racine celto-gauloise « Rnd, ou randa » signifiant « frontières, limites, bord » particulièrement dans le Massif central. Ainsi, on y trouve des villages appelés GuérandeToulon-sur-Allier et Arfeuilles dans l'Allier ou à Lacalm dans l'Aveyron), des Guirande (Les Salles dans la Loire et à Felzins dans le Lot), et aussi, sans être exhaustif : Egarande, Chamarande, Chamérande, Ayguirandes, Eygurande, Guirandes, Burande, La Randeix, etc. Il s'agissait souvent de points de contacts entre les civitas gauloises, gué, ponts, villages jumeaux autour d'un site de commerce, etc[74]. Ces toponymes forment une ligne qui épouse la limite de l'ancien territoire des Arvernes. De même les limites du territoire Pictons sont marqués par une série de lieux basés sur la même racine, comme par exemple une rivière Guirande, au sud de Niort, qui marque la limite sud de ce territoire. Un lien entre Guérande et ces toponymes est peu probable, mais la position de limite (ou frontière) entre Namnètes, Pictons et Vénètes de la presqu'île guérandaise est un élément à considérer même s'il doit être établi par une recherche archéologique.

Les formes anciennes du nom Guérande sont Werran en 854 (première mention attestée)[75], Uuenran 8 juillet 857, Uuerran 10 juillet 865, Uuenrann 5 février 870, Guarranda et Guerrandioe 1070, Gerran 1112, 1114 et 1139, Guerrandia 1112, Varrandi 1178-1241, Garrande 1305 et Guerrande à partir de 1311 jusqu'au XVIIIe siècle.

La forme attestée en 1872 dans le dialecte breton de Batz-sur-Mer, commune voisine, est Uéreñn. L'absence de gw- initial y est surprenante.

Il existe d'autres attestations indirectes du nom de Guérande en breton vannetais : le mot guéran attesté en 1774 au sens de « muletier, saunier », et aussi l'expression sé-guéran (littéralement « robe de Guérande ») qui désigne une blouse de paysan.

Origine du nom de Saillé

On identifie ce village au cœur des marais salants avec la Villa Saliacum[76] que l'on trouve dans des documents antérieurs à l'an 1000 (donation aux moines de Saint-Aubin d'Angers en 971). Ce nom laisserait entendre une origine gallo-romaine. Ces moines s'y établirent et y fondèrent un prieuré. La forme bretonne du nom de Saillé est Selak (forme attestée au XXe siècle à Batz-sur-Mer).

Administration

Organisation administrative actuelle

Le canton de Guérande comprend les communes de : Guérande, Mesquer, Piriac-sur-Mer, Saint-André-des-Eaux, Saint-Molf et La Turballe.

Guérande fait partie de la communauté d'agglomération Cap Atlantique, avec La Baule, Batz-sur-Mer, Le Croisic, etc…

Administration ancienne

Sire de La Bouexière, sénéchal royal de Guérande de 1706 à 1767
  • La ville est d'abord administrée sous la double tutelle d'un sénéchal des Régaires nommé par l'évêque de Nantes et d'un viguier nommé par le duc de Bretagne. Les premiers viguiers connus sont Geoffroy (vers 1065), Rouaud (1066-1084 puis en 1086), un Geoffroy à nouveau, puis son fils Berard vers 1145.
  • À partir de 1342, un capitaine de ville renforce l'autorité duccale, le premier connu est Guillaume du Verger. À la suite de nombreux conflits entre les représentants de l'évêque de Nantes et ceux du Duc, une ordonnance de 1418 organise la juridiction de la ville et de ses faubourgs.
  • Au moins à partir de 1451, (probablement avant 1413), la ville est administrée sous l'autorité d'un Procureur-Syndic, d'un miseur et d'un contrôleur, nommés par la communauté urbaine et paroissiale, au sein du Général, et députe [77] avant cette date aux États de Bretagne[78].
  • Vers 1550, jusqu'en 1692 : le Procureur-Syndic est remplacé par un maire nommé par les bourgeois des paroisses de Guérande, Saillé et Trescalan.
  • 1692 - 1789 : La fonction de maire de Guérande devient une charge vénale. La fonction est alors souvent occupée par le député de la ville aux États ou au Parlement de Bretagne, ou assez souvent par le sénéchal de la ville.
  • Liste des maires de Guérande sous l'ancien régime[79] :
    • François Duhil, sieur du Breil, en 1696 ;
    • Guillaume Calve, sieur de Touloc, en 1700 ;
    • Guillaume Laragon, sieur de Kerbézo, en 1713 ;
    • Thomas Hemery, avocat, en 1716 ;
    • Le Texier, sieur de Kerhillier, en 1718 ;
    • Réné Bourdic, sieur de Guémadeuc, Sénéchal des Régaires, en 1722 ;
    • Louis Mouton, avocat au Parlement de Bretagne, en 1733 ;
    • René Boudic, en 1734 ;
    • le sieur Fournier de La Gillardais, en 1740 ;
    • le sieur Gannat, avocat, en 1744 ;
    • en 1745, la situation est confuse : on trouve Christophe Georgelin, sieur de Maufredais, puis Duvivier, greffier de la Sénéchausée ;
    • à nouveau, Gannat, en 1748 ;
    • Joseph Tiffoche, Sénéchal, avocat à la Cour des Comptes et subdélégué de l'Intendance de Bretagne, en 1750 ;
    • Gabriel Vrignaux de Plusquepois, alloué de la Sénéchaussée et lieutenant général de Police, en 1764 ;
    • le sieur Tiffoche (fils ?), en 1765 ;
    • le sieur Belliotte, sieur de la Ville-Alain, en 1766 ;
    • Gabriel Vrignaud, à nouveau en 1776 ;
    • le sieur Amelot, en 1779 ;
    • le sieur Rouault de la Villemartin, Procureur de la Sénéchaussée, en 1786

(Cette liste est incomplète, les dates indiquées sont celles des actes sur lesquels le nom figure, souvent celle de leur entrée ou fin de fonction). La charge était en général achetée pour une période de quatre ans.

Les maires de Guérande depuis 1800

  • La période 1790 - 1800 a vu plusieurs édiles aux statuts variables se succéder.
  • Le premier maire, avec des fonctions telles que nous les connaissons aujourd'hui, est élu sous le Consulat en 1800 (Constitution de l'an VIII, Loi d'organisation administrative de la France du 28 pluviôse an VIII = 17 février 1800), comme dans toutes les communes de France.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Consulat - Ier Empire
1800 1806 Jean-Marie Chotard - Conseiller général et député
1806 1816 Louis-Armand Mérese - Notaire
Restauration - Monarchie de Juillet
1816 1821 Louis-Jacques de Sécillon - Lieutenant-Colonel - Ordre du Saint Esprit
1821 1830 Louis-Marie de Couëssin - Commandant
1830 . Félix Thomas Quilgars - Notaire puis Juge de Paix
1830 1833 Gilles Muterse de la Ville au Blaye - -
1833 . François Victor Frangeul - Boulanger
1833 1847 Louis Armand Mérese - Notaire - Conseiller général
1847 . Jérome Bernus - Loueur de voiture puis bijoutier
1847 1848 Jean Kerguistel - Médecin
1848 . Citoyen - Challau - -
IIe République
1848 1849 François-Louis Fournier de Pellan - Propriètaire (comte)
1849 1851 Jean Kerguistel - Médecin
1852 . François Victor Frangeul - Vétérinaire
IIe Empire
1852 1854 Tranquille-Louis de Morat - -
1854 1855 Émile Antoine Mérese - Médecin (mort 1855)
1855 1860 François-Louis-Marie Fournier de Pellan - - (mort 1860)
1860 1861 Jacques Marie Martin de la Moutte - Receveur principal des Douanes
1861 1865 Henri Isle de Beauchaine - Propriètaire (comte)
1865 1870 Gustave Lallement - -
1870 1871 Émile Grazais - Médecin
IIIe République
1871 1878 François-Louis-Marie Fournier de Pellan (fils) - Propriétaire (vicomte)
1878 . Pierre-Marie du Bouays de Couesbouc - Médecin
1878 1879 Édouard de Monti - -
1880 . Paul Quirouard - Notaire
1881 1882 Jean-Baptite Dubois - Commerçant
1882 1882 Eugène de Bregeot - Propriétaire
1883 1884 Louis de Couëssion - Propriétaire
1884 1887 Émile Grazais - Médecin
1887 1889 Paul Le Quen d'Entremeuse - Propriétaire
1889 1892 Jean-Baptiste Dubois - Propriètaire
1892 1912 Paul Gustave Le Quen d'Entremeuse - Propriétaire
1912 1929 Émile Pourieux - Négociant
1929 1935 Joseph Bigare - Propriètaire
1935 1945 Paul Pichelin - Colonel
IVe et Ve République
1945 1958 Émile Pourieux (fils) Div.D. Négociant
1958 1979 Jean Ménager UDR Comptable
1979 1986 Jean Rousseau UDR Entrepreneur de maçonnerie
1986 1995 Michel Rabreau RPR Pharmacien
1995 2006 Jean-Pierre Dhonneur[80] UMP Directeur de banque
2006 2008 Annick Mahé UMP -
2008 - Christophe Priou UMP Ancien maire du Croisic, député

La ville de Guérande est traditionnellement ancrée à droite, tendance qui se confirme lors des différents scrutins nationaux ou locaux où les partis de droite remportent une majorité des suffrages exprimés dans la commune.

Démographie

Évolution démographique

En 2008, Guérande comptait 15 228 habitants (soit une augmentation de 12 % par rapport à 1999). La commune occupait le 607e rang au niveau national, alors qu'elle était au 656e en 1999, et le 13e au niveau départemental sur 221 communes.

L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués à Guérande depuis cette date. Depuis le début du XXIe siècle, pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006[81],[82],[83].

Le maximum de la population a été atteint en 2007 avec 15 356 habitants.

Évolution démographique
Années 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
Population 7 236 7 222 7 252 7 779 8 190 8 239 8 503 8 577 8 648
Années 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
Population 8 540 8 524 6 749 6 705 6 804 6 912 7 062 7 020 7 054
Années 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
Population 6 913 6 852 6 609 5 760 6 082 6 164 6 163 6 014 6 567
Années 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
Population 6 389 6 499 7 644 9 140 11 665 13 655 15 226 15 356 15 228
Notes, sources, ... Cède, en 1865, La Turballe.
Sources : pour le recensement de 1836, archives départementales de la Loire-Atlantique[84], base Cassini de l'EHESS pour les nombres retenus jusque 1962[85], et à partir de 1968 : Insee (population sans doubles comptes puis population municipale à partir de 2006)[86],[87],[88].
Histogramme

Remarque : la baisse démographique visible entre 1861 et 1866, est lié à la séparation de La Turballe érigée en commune distincte en 1865.

Pyramide des âges

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (21 %) est en effet inférieur au taux national (22,1 %) tout en étant toutefois supérieur au taux départemental (20,4 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,8 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2008, la suivante :

  • 49,2 % d’hommes (0 à 14 ans = 20,2 %, 15 à 29 ans = 17,3 %, 30 à 44 ans = 19,6 %, 45 à 59 ans = 24,4 %, plus de 60 ans = 18,5 %) ;
  • 50,8 % de femmes (0 à 14 ans = 18,2 %, 15 à 29 ans = 15,8 %, 30 à 44 ans = 19,5 %, 45 à 59 ans = 23,1 %, plus de 60 ans = 23,3 %).
Pyramide des âges à Guérande en 2008 en pourcentage[86]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,1 
90 ans ou +
1,0 
4,8 
75 à 89 ans
7,6 
13,6 
60 à 74 ans
14,7 
24,4 
45 à 59 ans
23,1 
19,6 
30 à 44 ans
19,5 
17,3 
15 à 29 ans
15,8 
20,2 
0 à 14 ans
18,2 
Pyramide des âges du département de la Loire-Atlantique en 2008 en pourcentage[89]
Hommes Classe d'âge Femmes
0,3 
90 ans ou +
1,0 
5,5 
75 à 89 ans
9,0 
11,7 
60 à 74 ans
13,0 
20,2 
45 à 59 ans
19,9 
21,4 
30 à 44 ans
20,3 
20,3 
15 à 29 ans
18,7 
20,5 
0 à 14 ans
18,3 

Langue bretonne

  • À la rentrée 2007, 2,2% des enfants de la commune étaient inscrits dans le primaire bilingue[90].
  • L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg label 1 a été votée par le Conseil municipal le 18 octobre 2010.

Jumelage

Guérande est jumelée avec :

Lieux et monuments

Plan de Guérande, vieille ville

La cité médiévale de Guérande

L'enceinte urbaine fortifiée, XIIIe ‑ XVIe siècles

Classé Monument historique en 1877.

  • L'enceinte fortifiée de Guérande est l'une des rares cités médiévales à avoir conservé ses remparts dans leur intégralité. C'est aussi l'une des mieux conservées de France. Elle a été peu remaniée depuis sa phase de construction principale (au XVe siècle) et très peu « restaurée » au XIXe siècle ... Elle comprend actuellement 10 tours, 4 portes, dont deux flanquées de tours, et une poterne (ouverte au XIXe siècle), reliées par une courtine, sur une longueur de 1,434 kilomètre (pour comparaison : cité de Carcassonne, 1,250 km pour l'enceinte intérieure).

Suite au sac de Guérande par les troupes de Louis d'Espagne en 1342 dans le cadre de la guerre de succession de Bretagne, la cité entreprend de construire un rempart dès l'année suivante en 1343. Les travaux dureront plus d'un siècle et demi.

Les premiers aménagements paysagers ont été réalisés par Emmanuel-Armand de Wignerod Du Plessix Richelieu, duc d'Aiguillon, lieutenant général de Bretagne de 1753 à 1765, avec des plantations d'ormes, le comblement des douves, l'arasement des boulevards et l'aménagement du mail, donnant avec la croissance des arbres un charme très romantique qui amènera Balzac, Zola, Flaubert et beaucoup d'autres à résider ou visiter la cité au XIXe siècle.

Durant la Révolution française, les troupes royalistes assiègent Guérande et tirent un boulet de canon en direction des remparts (entre la poterne du Tricot et la porte de Saillé). Ce sera le dernier tir de canon entendu à Guérande mais le tir avait créé une brèche. Afin de reboucher les remparts, les Guérandais décidèrent de récupérer les pierres composant les différents calvaires de la région. Aujourd'hui très reconnaissable à sa couleur de pierre différente du reste des remparts, cette partie de l'enceinte est appelée « la courtine des calvaires ».

En 1818, la tour Sainte-Catherine s'effondre. Un riverain, Monseigneur Mascarène de la Rivière (alors propriétaire du manoir du Tricot) demande alors à la municipalité d'ouvrir une porte privative à ses frais afin d'entrer directement dans son manoir sans à avoir traverser la ville. La municipalité accepte à condition de pouvoir reboucher la porte si nécessaire. Dès la mort du seigneur, la municipalité décide finalement de la reboucher car les Guérandais prennent alors conscience de l'intérêt de ce patrimoine et son classement dans les premiers inventaires des monuments historiques.

À la fin du XIXe siècle, la municipalité décide de percer les remparts d'une cinquième ouverture qui deviendra plus tard la poterne du Tricot. L'idée était de pouvoir permettre à la ville de se développer en dehors de ses murs. Cependant, la ville affronte à cette période une crise du sel et n'éprouve pas le besoin de se développer au-delà. Constatant son inutilité, la municipalité rebouche l'ouverture quelques années plus tard à l'exception d'une poterne car les Guérandais de la rue du Tricot avaient pris l'habitude d'emprunter cette ouverture.

L'enceinte a fait l'objet de restaurations récentes (depuis les années 1970) pour la consolider et restituer les éléments d'élévations confirmés. Les ormes atteints par une épidémie et morts dans les années 1980, n'ont pas été remplacés par d'autres essences. Seuls ceux plantés sur le Mail, classés Monument historique, ont été remplacés par des nouveaux ormes résistants à la maladie.

Aujourd'hui, seulement une partie des remparts a été restaurée : les travaux sont en effet très couteux (environ 2 000 € par mètre linéaire). Une partie est néanmoins possible d'accès dans le cadre du musée de la porte Saint-Michel ou via les visites guidées proposées par l'office de tourisme de Guérande.

L'enceinte fortifiée est percée de 4 portes d'entrée:

Porte Saint-Michel
  • Porte Saint Michel : Signalée vers 1350, réamenagée vers 1440-1450, la couverture est mise en place au XVIIe siècle. Restaurée au XIXe siècle. À l'origine, la porte était occupée par le « capitaine de cité », c'est-à-dire le représentant de l'autorité du duc de Bretagne dans la ville. Mais suite au rattachement de la province au royaume de France en 1532, le capitaine de cité laissera sa place au gouverneur. La Révolution Française chassera de Guérande le dernier d'entre eux et installera une prison dans la porte Saint-Michel. L'édifice n'étant pas adapté à cette fonction, la municipalité installera sa mairie par la suite qui, là encore, devient vite trop petit et inadapté. La mairie laissera finalement sa place au « musée des Amis de Guérande », fondé en 1928, qui regroupe une collection intéressante de coiffes et de costumes traditionnels de la presqu'ile, ainsi que des collections archéologiques et le Trésor de la Collégiale Saint-Aubin de Guérande. Cette porte domine la place du marché au Bois, sur laquelle les foires aux bestiaux se tenaient.
  • Porte Vannetaise[91] : XIIIe siècle. C'est un des éléments les plus anciens de l'enceinte, elle est de style « philippien »[92]. Certains auteurs avancent l'hypothèse que cette porte était un des éléments du "Château", ou Logis fortifié servant de résidence aux ducs de Bretagne, d'autres, qu'elle était liée à la résidence de l'évêque de Nantes appelée « l'évêché ».
  • Porte de Saillé : XVIe siècle. Comme pour la porte Bizienne (plus récente), la porte de Saillé n'est constituée que d'une simple ouverture apparemment peu fortifiée, en fait les fortifications extérieures en terre, arasées au XVIIIe siècle, assuraient cette fonction défensive. Les formes angulaires et rectilignes de la porte de Saillé montrent que l'édifice n'était pas du tout adapté aux progrès de l'artillerie alors que depuis longtemps, les architectes avaient pris l'habitude de construire des tours rondes afin de dévier les tirs de canon. En fait, la porte de Saillé était davantage une porte d'apparat, construite à une époque (XVIe siècle) où Guérande n'avait en réalité plus à craindre de sièges. Le mur d'enceinte entre la Porte de Saillé et la Poterne du Tricot, est daté selon certains auteurs du XIIe siècle[93] et constiturait donc l'élément subsistant le plus ancien de la première enceinte de Guérande.
  • La porte Bizienne: Les historiens supposent que le nom de cette porte tire son origine d'un notable de Guérande. C'est l'élément le plus récent de l'enceinte fortifiée.
  • Les tours de l'enceinte: L'enceinte fortifiée possède 7 tours: la tour Saint-Jean (début XVe), la tour Sainte-Catherine (s'est effondrée début 1818, aujourd'hui disparue), la tour de l'Abreuvoir (1460-1470), la tour de la Gaudinais (milieu XVe), la tour de Kerbernet (milieu XVe), la tour Sainte-Anne (milieu XVe) et la tour théologale.

L'enceinte fortifiée n'était pas le seul élément défensif dont disposait la cité.

  • Le mail ou boulevard, construit à la fin du XVe siècle ou au début XVIe siècle, situé entre la porte Saint-Michel et la porte de Saillé pour la partie encore conservée, constituait une première ligne de défense, en renfort des remparts devenant de moins en moins efficaces avec le développement de l'artillerie d'attaque, et permettait de plus d'y déployer des canons. Son aspect actuel résulte des aménagements du duc d'Aiguillon qui l'a fait rehausser et transformer en promenade arborée. Cette butte tire son nom du mail, un ancêtre du croquet et sport que pratiquaient les gentilshommes.
  • Les douves, sèches à l'origine, ont été creusées entre le Mail et les remparts pour renforcer les fortifications. Elles entouraient autrefois entièrement l'enceinte fortifiée. Elles ont cependant été en partie bouchées à cause de l'odeur qu'elles dégageaient (une partie des habitants y jetaient leurs déchets). Une partie a cependant été conservée entre la porte Bizienne et la porte Vannetaise.

La Collégiale Saint-Aubin de Guérande, XIIe siècle - XVIe siècle

La Collégiale de Guérande est classée monument historique depuis 1853. La reconstitution de l'histoire de ce bâtiment est complexe, les recherches archéologiques effectuées au XIXe siècle puis sur les trois places périphériques lors des réaménagements réalisés ces dernières années ne lèvent que partiellement les questions posées.

Plan de la Collégiale
  • Saint-Aubin « 0 » : une construction antique ayant été réutilisée comme premier lieu de culte lors de l'évangélisation de la région n'a pas été découverte lors des explorations archéologiques du site. Mais sa présence est possible. En effet, comme un peu partout dans le centre de la cité, des fragments de tegulae (tuiles romaines) ont été découverts[94]. De plus le centre du chœur et la croisée du transept n'ont pas été explorés par les fouilles anciennes restées assez superficielles. Les recherches archéologiques récentes n'ont pas exploré l'intérieur du bâtiment.
  • Saint-Aubin I : Un premier bâtiment est implanté sur le site actuel au VIe siècle, d'après la tradition, sous l'égide du roi de Vannes Waroc'h II[95]. Cet édifice religieux, probablement modeste, serait à l'origine de l'implantation urbaine actuelle. Les éléments le concernant ne sont connus que par des écrits tardifs et postérieurs, les fouilles du XIXe siècle en ont peut-être révélé des éléments, mais leur imprécision ne permet pas d'autres interprétations.
  • Saint-Aubin II, la basilique de Salomon : Après la translation des reliques de Saint-Aubin d'Angers, un second bâtiment plus grand est construit à la fin du IXe siècle ou au Xe siècle. Cet édifice sera très rapidement entouré d'un cimetière entre le Xe siècle et le XIIe siècle. Un des Sarcophages trouvé sous le chœur actuel, au niveau du chevet, au XIXe siècle[96] a été déposé dans la Chapelle Basse ou crypte de la Collégiale.
Des éléments architecturaux de ce bâtiment ont été retrouvés dans les collatéraux explorés en tranchées pour vérifier la solidité des fondations avant la construction des voûtes et au niveau du chevet (base de pilier notamment, avec chapiteaux en réemplois), et un mur en fondation est attribué à ce bâtiment sous le mur nord du transept, découvert lors des dernières fouilles archéologiques[97].
  • Saint-Aubin III, la Collégiale romane : Les incursions des Normands, aux conséquences importantes dans la région, obligent peut-être la reconstruction des bâtiments, en style roman tardif[98], ou la démographie de la ville et l'affirmation de sa puissance commerciale peut aussi être à l'origine de cette construction comme manifestation de prestige. Cette phase débutée après le milieu du XIIe siècle se termine par la construction de la façade principale au XIIIe siècle. Il s'agit probablement plus d'une extension avec une construction d'une nef élargie, que d'une reconstruction complète de l'édifice. Le chœur du Xe siècle a probablement été conservé, au moins en partie. Le mur nord du chœur a probablement été reconstruit à la fin de ce cycle de construction. Le cimetière s'étend alors particulièrement au Sud du bâtiment, à l'emplacement de l'actuelle place Saint-Aubin, centre de la ville.
Éléments visibles de cette étape : 8 colonnes avec chapiteaux historiés dans la nef (7 des chapiteaux sont romans (XIIe siècle), le 8e a été refait au XIXe siècle suite à l'effondrement de la façade, voir infra), ainsi que des sculptures en réemploi XIIIe siècle dans la façade actuelle.
  • Saint-Aubin IV, la Collégiale gothique : Après le Sac de Guérande, 1342, et la Guerre de Succession de Bretagne, la Collégiale ruinée est reconstruite à partir de 1380 en style gothique : le transept sud et la « crypte » au XIVe siècle, le transept nord est repris ensuite puis le chœur et le chevet sont reconstruits au XVe siècle. Une nouvelle façade gothique termine le bâtiment, la charpente sur les transepts est posée en 1541[99]. Le cimetière s'étend à partir de cette époque au nord de la Collégiale, jusqu'à son déplacement place Sainte-Anne au XIXe siècle, à l'emplacement de l'actuelle place Jean XXIII, libérant ainsi l'actuelle place Saint-Aubin.

Au XVIe siècle : pose des vitraux de saint-Aubin et de Saint-Julien (gauche et droite du cœur), puis XVIIe siècle : pose du grand vitrail du couronnement de la vierge, au centre du chevet et enfin, le mobilier de l'église : stalles, autels, jubé (enlevé en 1804, et entré au Musée de Cluny à Paris (actuellement Musée national du Moyen Âge, N°inv. 1604) et depuis sa porte centrale est mise en dépôt au Musée de la Porte Saint-Michel), et aménagement de la Sacristie.

Blason du Chapitre de la Collégiale - armorial du XVIII siècle (BNF)

Transformations et évolutions postérieures du bâtiment :

En 1705, un ouragan détruit le campanile de style renaissance en haut de la façade. Une nouvelle flèche est construite, elle sera détruite par une tempête en 1785. En 1789-1790, l'église est délabrée, les tuyaux de l'orgue sont fondus, les cloches aussi. L'église servira temporairement au culte de l'Être Suprême. L'église est rendue au culte en 1802.

  • 1864 : construction des voûtes en tuffeau, au-dessus du cœur et des transepts. Les voûtes de la nef et de ses collatéraux seront réalisées entre 1876 et 1885.
  • 1872 : construction d'une flèche en style néo-gothique au sommet de la façade sur la base du clocheton renaissance. Des fissures sont déjà apparentes alors que les travaux sont en cours.
  • Le 28 novembre 1876, le clocher de l'horloge sur la façade, s'effondre en pleine messe et emporte avec lui une grande partie de la façade et de la première croisée de la nef. La flèche construite 4 ans auparavant était trop lourde et les fondations de l'édifice trop anciennes. La restauration de la collégiale est terminée en 1885, la façade est reconstruite en reprenant le maximum de blocs anciens. La chaire extérieure est du (XVe siècle, une rareté architecturale), bien que partiellement démontée et remontée à l'identique[100].
  • 1891 : dépôt des reliques de saint Salomon III (duc de Bretagne et fondateur du sacré collège).
  • 1899 : Fouilles archéologiques de Léon Maitre, sous le chœur, en vue de rétablir le niveau du sol d'origine.
  • 1903 : Construction du clocher central, en remplacement d'un petit clocher en poivrière construit en 1580.

La légende de Saint-Aubin

De nombreux édifices et sites religieux portent le nom de Saint-Aubin. Cet homme vivant au VIe siècle serait originaire du Pays Guérandais. Reconnu pour sa grande piété, il accède au rang épiscopal d'Angers entre les années 530 et 550, et ce jusqu'à sa mort. En réalité, Saint-Aubin serait à l'origine d'un miracle qui eu lieu à Guérande.

La milice de Guérande face aux Normands en 919 - in : « Vie de Saint Aubin », manuscrit du XIe siècle, BNF

Selon la légende, les Vikings arrivent à Guérande en 919 bien décidé à piller et détruire la cité. Les Vikings étaient réputés cruels et violents mais en face les Guérandais, trop peureux pour aller se battre, décidèrent de se réfugier dans la collégiale. Ne sachant plus quel saint à qui se vouer, ces derniers décidèrent de se tourner vers Saint-Aubin. Grondements et tonnerres dans les cieux, un chevalier blanc descend du ciel et harangue les habitants pour qu'ils reprennent courage (dans les textes, la légende oppose les Guérandais, chrétiens, aux Vikings qui sont eux des païens). Les habitants reprennent les armes et chassent les Vikings de la région sans aucun seul mort dans leurs rangs. Plus tard, ils voulurent remercier ce chevalier blanc mais il avait disparu. On en déduisit donc que ce fut Saint-Aubin qui sauva les Guérandais de la destruction.

Les chanoines de la collégiale Saint-Aubin

Le terme "collégiale" a deux significations. Cela désigne tout d'abord un collège de chanoines, c'est-à-dire un ensemble de clercs attachés à un édifice religieux avec à leur tête un prévôt qui souvent appartenaient à des grandes familles. La plupart des chanoines étaient titulaires de bénéfices et vivaient le plus souvent en-dehors de la ville. À Guérande, il y avait quatorze chanoines (12 à partir du XVIIe siècle) qui avaient chacun une fonction bien spécifique: l'un était chargé de dire la messe (le théologal), un autre de s'occuper des pauvres ou encore de s'occuper de la chorale.

L'ancienne école de musique se trouvait autrefois au "carrefour de la psalette" (du grec ancien "psalein" signifiant "faire vibrer les cordes d'un instrument"). C'était une obligation de la collégiale d'entretenir un chœur. Une demi-douzaine de garçons (souvent d'extraction bourgeoise ou noble) étaient choisis pour intégrer cette école dès leur plus jeune âge. Ils étaient nourris, logés et blanchis et en plus, ils reçevaient une éducation complête. Une fois que leur voix muait, ils étaient priés de quitter l'école. Certains d'entre-eux devenaient parfois eux-mêmes chanoines.

La seconde signification du mot marque son importance. Une collégiale est l'édifice religieux qui vient juste après la cathédrale, celle de Nantes en l'occurrence. Cela montre bien que Guérande a été pendant longtemps un important centre religieux.

Les chanoines de Guérande seront chassés pendant la Révolution Française mais reviendront quelque temps après.

Autres édifices intra-muros

Notre-Dame-la-Blanche vue depuis la place du Pilori.

Classée monument historique en 1910. Construite en style gothique au XIVe siècle sous Jean de Montfort, elle est le plus vieil édifice de la cité médiévale. Elle était la propriété des ducs de Bretagne contrairement à la collégiale qui elle était détenue par l'évéché. C'est dans cette chapelle qu'est signé le second traité de Guérande, le 4 avril 1381, qui rétablit Jean IV comme duc de Bretagne. Cette chapelle est vendue comme bien national durant la Révolution Française avant d'être rachetée par l'abbé Sorin (alors curé de Guérande) en 1853. L'une des particularités de cette chapelle est qu'elle ne possède pas de transept mais seulement une nef unique.

  • Chapelle Saint-Jean et ancien hôpital.

Ancienne chapelle des templiers construite au début du XVe siècle (façade rue de Saillé) reliée aux bâtiments de l'ancien hôpital Saint-Jean (place Saint-Jean). Cet ensemble a été transformé au XIXe siècle en école publique, puis en bibliothèque municipale. Il est utilisé aujourd'hui comme salle d'exposition (Collection de poupées actuellement) et de réunions. Ces bâtiments mériteraient une restauration et notamment une restitution des volumes de la chapelle.

Monuments des faubourgs

  • Le couvent des Ursulines

Inscrit Monument historique en 2001. Situé dans le faubourg Saint-Michel, le couvent des Ursulines tire son nom des religieuses qui s'y installent en 1646. Elles construisent un grand corps de couvent à aile en retour, achevé en 1704. L'ensemble est complété de deux ailes en retour et d'une grande chapelle au XIXe siècle.

  • Le Moulin du Diable (ou du Crémeur)

Inscrit Monument historique en 1901. Moulin en poivrière à l'architecture caractéristique, fin du XVe siècle. Il porte les armes de la famille de Carné, dont un gisant est visible dans la Collégiale. Plusieurs moulins sont encore visibles autour de Guérande : Drézeux, Colveux, Bout de la Rue, Kercabu, Beaulieu, Trévaly, Saillé, Careil, Moulin de la Place, Kerbironné, Clis, Cardinal, Tréveday, Bouzeray. Mais de nombreux autres ont été détruits au XIXe.

Sites et monuments des environs

Les marais salants de la presqu'île guérandaise

Article connexe : Marais salants de Guérande.

Les marais salants de Guérande est un marais d'eau salée d'environ 1 700 hectares.

Certaines parties des marais et du "Traict" sont classés en Réserve naturelle (étape majeure pour les oiseaux migrateurs) ou sous le contrôle du Conservatoire du littoral. Le Traict et les marais sont classés site Natura 2000. Ces marais sont aussi inscrits depuis 1971 sur la liste des zones humides à protéger de la Convention de Ramsar.

Les marais salants de Guérande, comprennent deux bassins salicoles :

  • Le bassin de Guérande: le plus grand et le plus connu entre Guérande et la presqu'île du Croisic, sur le Traict
  • Le bassin du Mès, plus modeste, à Mesquer. C'est le bassin salicole le plus au Nord de l'Europe.

Ils font partie des marais salants de l'Atlantique, situés pour plus des trois quarts d'entre eux, entre la Gironde et la presqu'île de Quiberon.

On parle de marais salants parce que c'est le lieu où les paludiers récoltent environ 15 000 tonnes de gros sel par an pour environ 300 tonnes de fleur de sel. Cette dernière bénéficie d'une charte de qualité, et le sel de Guérande, d'un Label rouge. Par ailleurs, ces marais salants sont classés "Sites remarquables du goût".


Les Marais de Brière (dit le « Pays Noir »)

Article connexe : Brière.

La Brière est un territoire de 490 km2 dont 170 km2 de zones humides. Son marais d'eau saumâtre appelé « Le Marais de Grande Brière » couvre à lui seul 70 km2. Ce sont 21 communes qui font partie de ce territoire et dont Guérande fait partie.

Dans une volonté de préservation de cet environnement, le parc naturel régional de Brière a été créé le 16 octobre 1970 (révisé le 6 juin 2001).

Lieux-dits et écarts

Village de Clis

Le village de Clis se situe entre Guérande et La Turballe sur la route D99.

Histoire

Diverses fouilles effectuées depuis la fin du XIXe siècle ont montré que le site était déjà occupé à l'époque romaine, vraisemblablement au Ier siècle après J.-C.. La première mention écrite nous provient du cartulaire de Redon (nom cité dès 859[101]), et le village était alors appelé Aula Clis.


Sa position géographique sur la crête du coteau guérandais a permis à ce village d'acquérir une certaine importance au Moyen Âge. La vue dégagée de ce site permettait en effet de surveiller l'ensemble des Marais Salants. Malgré cette importance et le fait qu'elle possedait une chapelle, Clis ne fut jamais élevé au titre de paroisse mais seulement de frairie qui dépendait directement de la collégiale Saint-Aubin située à Guérande.

Monuments & patrimoine

De son riche passé, il nous reste aujourd'hui plusieurs vestiges archéologiques encore visibles et un patrimoine bâti des plus intéressant. Le village de Clis se caractérise par la présence d'un nombre important d'habitations "paludières" (que l'on peut aussi retrouver à Saillé). Certaines sont constituées d'éléments datant du (XVe siècle mais la plupart d'entre-elles datent du VIIe siècle et XVIIIe siècle. On y trouve aussi 2 manoirs: le manoir de Tuloc (XVIIe siècle-XVIIIe siècle) et le manoir de Kerpondarm (XVe siècle-XVIIe siècle). Ce sont des témoins de l'architecture nobiliaire bretonne modeste qui se caractérise par la présence d'un bâtiment unique avec une grande salle chauffée par niveau.

On trouve à Clis plusieurs éléments patrimoniaux dignes d'intérêt:

  • La chapelle Sainte Catherine (XVe siècle): Bâtie sur un effleurement rocheux, cette chapelle est en partie détruite durant la Révolution Française. Elle est cependant reconstruite en 1812 et rendue au culte en 1836. Elle est constituée d'une nef à chevet plat, couverte d'une charpente lambrissée peinte d'un ciel étoilé qui rend cet édifice quelque peu original. Elle conserve aussi 2 croix: l'une en granit datant de 1820 et une autre en fonte qui elle date de 1850.
  • Un mur gallo-romain (en opus regulatum très caractéristique) (Ie siècle ?) est encore visible sur une dizaine de mètres et haut de plus d'un mètre. Placé en limites de propriétés privées, son état se dégrade faute d'entretien et de mesures de conservation.
  • La croix du Requer (classée monument historique en 1944): Cette croix datée du XIIIe siècle (placée sur un socle reconstruit en 1825) est une figuration naïve très ancienne du Christ en croix sur une face et d'une Vierge à l'Enfant sur l'autre.

Le village de Clis se caractérise par de nombreuses fontaines plus ou moins anciennes, dont la fontaine romaine. L'architecture de cette dernière permet de la dater du XVIe siècle.

Village de Saillé

Le village de Saillé se situe entre Guérande et Le Pouliguen/Batz-sur-mer près de la route D774.

Histoire

Blason du Prieuré de Saillé - XVIIIe

La première mention de Saillé nous provient du cartulaire de l'Abbaye de Saint-Aubin d'Angers. Le nom de Villa Saliacum (nom probablement d'origine gallo-romaine) apparait alors dans ce cartulaire à l'occasion d'une donation de terre aux moines de cette abbaye. Ces derniers s'y installeront et fonderont un prieuré au Xe siècle . Le 11 septembre 1346, le duc de Bretagne Jean IV se marie avec Jeanne de Navarre, fille de Charles le Mauvais, roi de Navarre, dans l'église de Saillé. Cette église a été reconstruite à la fin du XIXe siècle.

Patrimoine

Saillé est un village paludier. À ce titre, on trouve des maisons dites paludières comme au village de Clis. Cette architecture traditionnelle se caractérise par plusieurs aspects: façade dissymétrique avec une porte cintrée, lucarnes en chien assis avec fronton triangulaire, et crossette saillante en bord de toiture. La plupart d'entre elles datent du XVIIe siècle.

L'ancienne annexe de l'église a été convertie en musée. Elle accueille aujourd'hui la Maison des paludiers, un économusée consacré à la découverte du Pays et du métier de paludier.

Village de Careil

Le village de Careil se situe entre Guérande et La Baule près de la D92.

Monuments & patrimoine

Le mur défensif du château
Article détaillé : Château de Careil.

Classé monument historique en 1925.

Construit à partir de la fin du XIVe siècle, et agrandi aux XVe et XVIe siècles, ce manoir avait à l'origine une fonction défensive comme en témoigne la courtine crénelée qui subsiste encore aujourd'hui. Sous la Réforme, il a servi de lieu de culte et de point d'appui aux protestants implantés en presqu'île de Guérande. (il y avait alors un temple à Guérande, un à la Roche-Bernard, et un au Croisic). Pour cette raison, il fut attaqué et pillé par la ligue catholique. En 1699, quelque temps après la révocation de l'édit de Nantes, le manoir est saisi et vendu aux enchères à une famille catholique. Après être devenu un restaurant au début du XXe siècle, le site qui est actuellement habité à l'année abrite aujourd'hui un lieu de visite qui propose plusieurs visites originales.

Village de La Madeleine

Le village de la Madeleine se situe entre Guérande et Saint-Lyphard sur la D51.

Histoire

Habitat traditionnel du Pays métais, chaumière briéronne

La première mention du village de la Madeleine date de 1370. On y trouve alors une maladrerie et une chapelle se trouvait à l'entrée du bourg près du calvaire. L'église actuelle a été construite à la fin du XIXe siècle, après la création de la Paroisse de « La Madeleine de Guérande », le 4 août 1850. La population stable avec environ 1 200 habitants jusqu'aux années 1970, est en constante augmentation depuis (environ 3 200 habitants aujourd'hui) par la proximité des axes routiers desservant Saint-Nazaire et les industries de l'estuaire de la Loire.

Patrimoine

L'architecture des fermes et hameaux environnants est de type briéronne, du Pays métais, c'est-à-dire des chaumières en longère, sans étage habitable, avec petits appentis, et étable centrale, caractéristiques de la région (avec des secteurs sauvegardés dans le cadre de la charte du Parc naturel régional de Brière). Les bâtiments principaux, en pierre locale, étaient enduits à la chaux grasse étendue d'argile, et couverts de roseaux coupés dans les marais de Grande-Brière. Les bâtiments annexes (grange, abris pour le matériel agricole) sont en bois, avec murs en pisé (argile jaune) et toitures en chaume. La majeure partie de ces constructions « fragiles » a disparu aujourd'hui.

  • À proximité : Dolmens de Kerbourg (commune de Saint-Lyphard) et menhir de la Pierre Blanche à proximité, bloc de quartz blanc, près de la limite communale.

Personnalités liées à la commune

  • Anne de Bretagne, séjourne plusieurs fois à Guérande avec sa cour au monastère Saint-Yves, notamment vers 1490-1491, avant son mariage avec Charles VIII à Langeais. Elle y reviendra brièvement avant d'entamer son Tro Breiz, en 1498 et avant son second mariage avec Louis XII.
  • Anne François Augustin de La Bourdonnaye, Vicomte et général, né à Guérande le 3 septembre 1747, mort à Dax le 6 octobre 1793.
  • Louis de Sol de Grisolles (1761 - 1836), officier de la marine royale puis chef chouan.
  • Louis François Foucher de Careil, général de division durant les guerres napoléoniennes (né à Guérande le 18 février 1762 – mort à Garches le 22 août 1835). Il apparaît sur la 11e colonne des noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile.
  • Paul-François Dubois, (1793 - 1874) journaliste et homme politique français.
  • Gustave Clétiez (Guérande 1830 - 1896), organiste, peintre et céramiste. (céramiques à la riche décoration visibles au Musée de Batz-sur-Mer).
  • Claude-Marie Vasselon dit Marius Vasselon (1841-1924), est un artiste peintre qui séjourna en presqu'île guérandaise.
  • Maurice Denis, (1870 - 1943) séjourne en 1903 à Guérande, il se liera avec plusieurs peintres de la région, dont Eugène Chapleau, il reviendra plusieurs fois en presqu'île de Guérande (Piriac, et Le Croisic principalement).
  • Henri Quilgars, (Guérande 1877 - Piriac-sur-mer 1937) Ancien élève de l'école des Chartes et du Louvre, archéologue et historien. Il a écrit de nombreux ouvrages sur le patrimoine et l'histoire de la presqu'île Guérandaise entre 1900 et 1930.
  • Fernand Guériff, (1914 - 1994) historien et ethno-musicologue.
  • Gustave Tiffoche, (Saint Nazaire, 1930 - Guérande, 2011) céramiste, sculpteur et peintre.
  • Pierre Loquet, militant nationaliste breton, né en 1930 à Guérande.
  • Pierre-Yves Le Rhun, né en 1936, géographe et militant breton, défenseur des marais salants de la presqu'île de Guérande.
  • Claude Lorieux, journaliste et spécialiste du Moyen-Orient au journal Le Figaro, né le 17 décembre 1936 et décédé le 25 avril 2005 à Guérande. Il a parcouru tout le Proche et Moyen-Orient et écrit un livre : Chrétiens d'orient en terre d'islam.
  • Pascal Bertho, née en 1964 à Guérande, auteur de scénarios et dessinateur de bandes dessinées.
  • Denys Quistrebert, auteur de bandes-dessinées, né en 1971 à Guérande.

Culture et éducation

Guérande dans la littérature et au cinéma

Dans la littérature

  • Honoré de Balzac, (1799 - 1850) écrit le roman Béatrix en 1839 après un séjour à Guérande, et dont une partie de l'action s'y déroule.
  • Gustave Flaubert (1821 - 1880), Par les champs et par les grèves (voyage en Bretagne), évocation de la campagne guérandaise, écrit avec son ami Maxime du Camp lors de leur séjour à Guérande en 1847.
  • Émile Zola (1840 - 1902), lors d'un séjour à Piriac-sur-mer en 1876 écrit une nouvelle Les coquillages de M. Chabre où le protagoniste fait une excursion à Guérande.
  • Alphonse Daudet, une chronique publiée en 1889 décrit Les courses à Guérande dans le recueil publié sous le titre Souvenirs d'un homme de lettres[102] »
  • L'abbesse de Guérande par Charles Le Goffic (1921).
  • Julien Gracq, dans sa nouvelle La Presqu'île publiée en 1970, fait parcourir la presqu'île de Guérande à son personnage désœuvré, en la rebaptisant Coatliguen.
  • Bernard Clavel, auteur des textes de Fleur de sel, sur les marais salais de Guérande, photos de Paul Morin, Éditions Le Chêne, 1977 et réédition 1985.
  • Jean-François Parot, dans L'énigme des Blancs-Manteaux (2000), et dans les romans policiers suivants, son héros Nicolas Le Floc'h, marquis de Ranreuil et vicomte de Tréhiguier, commissaire au Chatelet sous Louis XV, est né à Guérande. La ville y est évoquée en souvenirs de jeunesse dans le premier tome de la série, ainsi que le château de Ranreuil (transformation de Ranrouët (?) à Herbignac) seigneurie imaginaire pouvant aussi être localisée en Presqu'île de Guérande, Tréhiguier est localisé sur l'estuaire de la Vilaine dans la commune de Pénestin.

Au cinéma

Quelques scènes de longs métrages ont été réalisées dans la commune, parfois avec la participation de ses habitants :

  • Octobre et novembre 2007 : durant un mois, tournage de la saga télévisuelle de l'été 2008 : La Main blanche , téléfilm en 4 épisodes produit par la société VAB pour la chaîne TF1. Réalisateur : Dennis Berry, auteur : Anthony Maugendre, avec Ingrid Chauvin révélée par la précédente série « Dolmen» et Bruno Madinier dans les rôles principaux. De nombreuses scènes sont réalisées dans la cité médiévale, les marais salants, et au manoir de Drézeux[103].
  • Son frère (septembre 2003), Lion d'argent à Berlin, de Patrice Chéreau, avec : Bruno Todeschini, Eric Caravaca, Nathalie Boutefeu, Catherine Ferran, Maurice Garrel, Antoinette Moya, Robinson Stévenin, Sylvain Jacques, Fred Ulysse, Pascal Greggory. Tourné en presqu'île guérandaise, notamment dans les Marais Salants entre Clis et Saillé.
  • Les Révoltés de Lomanach (1953), long métrage franco-italien, de Richard Pottier avec Amedeo Nazzari (Barnaud), Dany Robin (Monique), Michel Vitold (Rabuc), Carla Del Poggio (Henriette), Jacques Castelot (M. de Rocheville), Max Amyl, Luc Andrieux (un soldat qui veut dormir), Paul Azaïs (un garde), Christine Bally (une fille), Linda Cini, Robert Dalban (un soldat), Jean Danet (Varadec), Jean Debucourt (marquis de Lomanach), Guy Favières (un chouan), Michel François (Jean de La Tour), Geneviève Gérald (Maria), Gisèle Grandpré (la solliciteuse), Suzanne Grey, Marcelle Hainia (une douairière), Françoise Honorat (une fille), Tony Jacquot (l'abbé), Madeleine Lambert (la comtesse), Robert Le Béal (Martilier), Pierre Leproux, Albert Michel (un soldat qui se rase), Geneviève Morel (Yvonne), Jean Paqui (Kervalet), René Pascal. Si l'essentiel du film est tourné en studio, quelques scènes ont été tournées en extérieur en Brière, à Guérande et plus précisément dans le domaine de Colveu ainsi qu'à La Baule.
  • La Glu (1927) de Henri Fescourt avec Rouer, Rozet, Boyer, Lequesne, Dubosc, Marnay, Maillard, Jorge, Pager, Réal
  • « Guérande » est parfois un nom de personnage de film (liste non exhaustive) :

- Philippe Guérande (philipp Guerand en Anglais) journaliste incarné par Édouard Mathé dans Les Vampires, film muet en 10 épisodes de Louis Feuillade tourné en 1915.

- Christine de Guérande (Christine Sugère) incarnée par Marie Bell dans Un carnet de bal film réalisé par Julien Duvivier, sorti en 1937.

- Le Marquis et la Marquise de Guérande incarnés par Sami Frey et Laura Antonelli dans Les Mariés de l'an II avec Jean-Paul Belmondo, sorti en 1971.

- Un second rôle de barbouze dans Le Grand Blond avec une chaussure noire avec Pierre Richard, sorti en 1972.

- Monsieur Guérande incarné par Fernand Ledoux dans le film d'Henri Verneuil : Mille milliards de dollars, sorti en 1980.

Equipements culturels et de loisirs

  • Multiplexe "Ciné presqu'île" 6 salles. Ouvert en 2009.
  • Bowling "la grande muraille" situé à Kerbiniou.
  • Karting de la Presqu'île situé à villejames.

Musées, expositions, festivals et manifestations culturelles régulières

Musées et salles d'exposition

  • Le musée de la Porte Saint-Michel (ou Musée des Amis de Guérande): Situé dans la porte Saint-Michel, il regroupe les collections du Pays de Guérande.
  • Le musée de la Poupée (situé dans l'ancien hôpital Saint-Jean).
  • Terre de Sel: C'est la branche commerciale de la coopérative des paludiers du bassin salicole guérande. Situé à Pradel, ce site propose de faire découvrir aux visiteurs les Marais Salants. C'est aussi un espace muséographique, une boutique, un espace pour des réceptions, etc... [1]
  • La Maison des Paludiers: Situé en plein cœur de Saillé, cet économusée propose 2 options de visite: la muséographie et la visite de saline. [2]
  • Centre culturel Athanor (salle d'expositions temporaires et bibliothèque municipale)

Manifestations culturelles

  • La Fête Médiévale de Guérande: Cette fête annuelle a lieu pendant 2 jours en mai, autour du week-end de la Pentecôte. Chaque année, un thème différent est abordé. Des festivités et des animations ont lieu pendant toute la journée et aussi le soir (moment de convivialité dans les tavernes autour des remparts).


  • Festival annuel de Musique « La Voix des Orgues », dans la collégiale Saint Aubin (depuis 1956, concerts les vendredi soir en juillet et août)[104],[105]
  • Festival du livre en Bretagne. Publication d'un livre par le festival en 2008 : Dernières nouvelles de Guérande. Collectif avec Franck Darcel, Christiane Kerboul-Vilhon, Stéphane Pajot, Dominique Labarrière, .
  • Les Celtiques de Guérande (au mois d'août)
  • Festival Terres Blanches, nombreux concerts de musiques internationales et de scène française sur deux jours en juillet (Après une première édition en 2006, en 2007 participation de Yannick Noah, de Thomas Dutronc en 2009, de Hugues Auffray et Johnny Clegg en 2010, parmi les groupes et chanteurs qui se sont produits durant ce festival).
  • Fête des Métais (depuis 1980, annuelle, site variable selon les années, autour du Village de La Madelaine), concert et animations rurales et folkloriques : concours, lutte bretonne, records mondiaux (plus grande crêpe du monde et plus grande poêle, plus grand pot-au-feu, ...), etc.
  • Tous les ans se tient au mois d'août le stage de l'Académie Internationale de Musique de Guérande et des Pays de le Loire, événement majeur dans le monde de la musique classique, classé premier stage de France. Beaucoup de concerts au sein de la ville y sont organisés.

Associations culturelles

  • Les Amis de Guérande. Association « Loi 1901 », fondée en 1928. Cette association a créé et administré pendant 77 ans le musée de la Porte Saint-Michel (logis du Gouverneur), aujourd'hui musée municipal, et édite (un ou deux numéro selon les années) les « Cahiers du Pays de Guérande » depuis 1968.La société organise conférences, visites à thèmes et excursions;ses prix annuels récompensent les restaurations de maisons ainsi que des œuvres, des talents ou des aptitudes au service du Pays guérandais. La société a également mis en place plusieurs commissions:Généalogie, Héraldique, Mémoire vivante, Paléographie, Bibliothèque, Patrimoine,
  • La Madeleine, Hier et Aujourd'hui. Association « Loi 1901 » fondée en 1978 qui est à l'origine de la résurrection des feux des Rameaux (butte de Sandun notamment) et de la création de la Fête des Métais (annuelle) en 1980. L'association a aussi permis la sauvegarde et a contribué à la restauration des nombreux fours à pain, de fontaines, de croix et d'un oratoire.
  • Cercle Celtique Bro Gwenrann. Association « Loi 1901 », fondée en 1949. Le cercle œuvre pour la danse bretonne en Loire-Atlantique. Autour de 4 sections, il est composé de 200 membres, dont 80 enfants. Ses activités vont de l’initiation à la mise en scène de chorégraphies. Le groupe participe régulièrement aux grands festivals de la région et se classe parmi les meilleurs ensembles de Bretagne. Chaque été, au mois d’août, l’association organise son propre festival « Les Celtiques de Guérande ».
  • La voix des orgues. Association "loi 1901", fondée en 1955. Elle a pour objectif la promotion de l'orgue de la Collégiale St Aubin et son entretien par l'organisation de concerts, de classes de maître ou toutes autres activités culturelles en rapport avec l'instrument.

Formation et éducation

  • Lycées
    • Lycée Galilée, inauguré en 1991, l'établissement comprend 520 à 530 élèves en enseignement général et technologique (construit pour limiter les déplacements des élèves de la presqu'île vers Saint-Nazaire ou La Baule).
    • Lycée Professionnel Expérimental « Olivier Guichard ». Ouvert en 1971, inauguré par Olivier Guichard, député maire de La Baule, ancien ministre de l'éducation nationale, alors ministre de l'équipement, le 23 novembre 1973. Sous la triple tutelle de l'éducation nationale, du ministère de l'agriculture, et de celui des transports, il comprend des sections de pisciculture (depuis 1975) et forme au BTS aquicole (depuis 2002), de conchyliculture (1976), de mécanique automobile et agricole (1972), d'horticulture, de floriculture, de travaux paysagers et une section d'hôtellerie (1973).
    • Lycée La Mennais (établissement privé), inauguré en 1991.
  • Collèges
    • Collège Jacques Brel. Créé en septembre 1970, il comptait alors 150 élèves, ce nombre est monté jusqu'à 800 dans les années 1980, avant l'ouverture du Collège du Pays Blanc. Actuellement l'établissement accueille 450 élèves. Ouverture en 1988 d'un nouveau bâtiment, avec les sections technologiques et les salles de musique.
    • Collège du Pays Blanc
    • Collège Saint Jean-Baptiste (établissement privé)
  • Écoles primaires et maternelles
    • Groupe scolaire du Bois Rochefort. Construit dans les années 1960 en remplacement de l'ancienne école publique intramuros devenu trop exigüe (dans l'ancien hôpital Saint-Jean), ce groupe scolaire comprend actuellement : une école maternelle de 4 classes, et une école primaire de 9 classes.
    • Groupe scolaire du Pradonnais. École maternelle de 4 classes, et école primaire de 9 classes (dont une classe CLIS).
    • Groupe scolaire Jean de la Fontaine, à La Madeleine, comprend une maternelle avec 4 classes et une école primaire avec 5 classes.
    • École publique de Saillé, récemment rouverte, comprend deux classes : une maternelle et une primaire.
    • École Diwan, scolarité en langue bretonne.
    • Groupe scolaire Saint Aubin (établissement privé), 18 classes[106].
    • Groupe scolaire Sainte Marie (établissement privé), 10 classes.
    • Groupe scolaire Saint Joseph à La Madeleine (établissement privé), 7 classes.
    • Groupe scolaire Notre Dame de Lourdes à Saillé (établissement privé), 3 classes.

Médias

Hebdomadaire paraissant le vendredi (le marché de Guérande est le samedi, et celui de Saint-Nazaire le vendredi !). C'est le titre de presse locale qui a le plus fort tirage de Loire-Atlantique (18000 à 20000 exemplaires, minimum 17000 vendus). Propriété du Groupe Hersant (GHM) dans le groupe de presse France-Antilles. Fruit de la réunion du Guérandais, fondé en 1890 et de Guérande Journal, s'est d'abord appelé La Presqu'île Guérandaise sous titré Organe d'Intérêt Régional et de Propagande Touristique des Plages et du Pays Guérandais. À la libération, il se renomme La Presqu'île Guérandaise Libérée (l'hebdomadaire le plus répandu en presqu'île et sur la côte d'amour). Pas de site internet.

Sport

Équipements sportifs

  • Le principal complexe sportif de la ville de Guérande est le Complexe Jean Ménager. Il réunit une salle multisports (le club de basket-ball y est implanté), un dojo, une salle dédiée au tennis de table ainsi qu'une salle à utilisation variable. En extérieur, le complexe est composé de trois terrains de football en herbe, un terrain de football stabilisé ainsi qu'un terrain de rugby aux dimensions réduites. Des installations sont ou ont été existantes pour pouvoir y exercer des épreuves de lancer (javelot, marteau, poids) mais seuls les scolaires les utilisent. Un skate parc a été implanté en 2007. Enfin, quatre courts de tennis extérieurs existent et sont libres d'accès. Les amateurs de tennis peuvent également se rendre à la Salle de Tennis de Bréhadour où sont présents deux courts couverts et deux courts extérieurs.
  • Pour répondre aux besoins croissants d'infrastructures sportives de la ville, la Salle des sports de Kerbiniou a été construite pendant les années 1990. Salle multisports, elle est le siège de l'USGPH, club de Handball. La Salle des sports intercommunale de La Madeleine, salle multisports située au nord-est de la commune permet de répondre à une demande importante des administrés sur un territoire éloigné des autres infrastructures sportives. Enfin, la Salle du Pays Blanc a été construite en même temps que le collège du même nom. Le club de gymnastique s'y est implanté.
  • Dans un but sportif et de loisir, le Centre aquatique Jean-Pierre Dhonneur a ouvert ses portes le 24 septembre 2007. Le centre est composé d'un bassin sportif de 25 mètres, d'un bassin ludique, d'une pataugeoire d'un bassin de balnéothérapie et d'un toboggan.

Sentiers de randonnées

Guérande est le point de départ de deux sentiers de grande randonnée

Associations sportives et clubs

  • Tennis Club Guérandais (TCG) ;
  • Union Sportive Guérande Presqu'île Handball (USGPH) (2009 : évolue en 4e division nationale, en division pré-nationale) ;
  • Saint-Aubin de Guérande Football Club (La Saint-Aubin est une union sportive bientôt centenaire !) ;
  • Association Sportive La Madeleine Football (ASMF) Site de l'ASMF;
  • Presqu'île Guérandaise Athlétic Club (PGAC) Le site du Presqu'ile guérandaise athlétique club ;
  • Judo Club Guérandais ;
  • Guérande Basket ;
  • Association Sportive La Madeleine Basket.
  • Gwenrann Football Gaélique.

Bibliographie

  • Henri Quilgars, Géographie historique du Pays de Guérande, du VIe au Xe siècle, Saint Brieuc, Imp. Prud'homme, 1911.
  • Henri Quilgars, À travers le Pays de Guérande, 1914
  • Henri Quilgars, À travers la Ville de Guérande, 4e édition, 1930
  • Fernand Guériff et G. Le Floc'h, Terroirs du Pays de Guérande, Imprimerie de La Presqu'ile Guérandaise, 1961, 229p.
  • Fernand Guériff, La Collégiale Saint Aubin de Guérande, édition Jean-Marie Pierre, 1985
  • Marcel Maulini, Vidimus sur l'archéologie préhistorique de la presqu'ile guérandaise, revue OGAM, tome XI, fascicule 4-5, no 64-65, septembre 1959.
  • Marcel Maulini, Vidimus sur l'archéologie préhistorique de la presqu'ile guérandaise revue OGAM, tome XVI, fascicule 1-3, no 91-93, janvier-juin 1964.
  • Coll. (SEPNB), Le Parc Naturel Régional de Brière, 1re partie, revue Penn ar Bed, n° spécial, no 69, juin 1972, 84p.
  • Coll. (SEPNB), Le Parc Naturel Régional de Brière, 2e partie, revue Penn ar Bed, n° spécial, no 71, décembre 1972, 76p.
  • Coll. (SEPNB), La Presqu'île guérandaise, 1re partie, revue Penn ar Bed, n° spécial, no 81, juin 1975, 80p.
  • Coll. (SEPNB), La Presqu'île guérandaise, 2e partie, revue Penn ar Bed, no 83, n° spécial, décembre 1975, 76p.
  • F. Lucas, Le littoral entre La Turballe et Donges, revue Penn ar bed, no 97, juin 1979, 14p.
  • Coll., sous la direction de MM. Barbaroux et Bellancourt, Initiation à la géologie et à la Préhistoire, Guide du parc naturel régional de Brière. Sans date (1976 ?), 64p.
  • Coll. sous la direction de la Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la France (SSNOF), Marais salants, connaissance des richesses naturelles de la Loire-Atlantique, 332p., 1980. ISSN 0224-1773.
  • P.-R. Giot, J.-L. Monnier et J. L'Helgouach, Préhistoire de la Bretagne, éd. Ouest France, collection Université, 2e édition revue et complétée, 1998.
  • A. Gallicé et al., Collection Carré Patrimoine, Guérande, éd. Création et recherche, 2000.
  • A.Gallicé/J.Lancien, Petite histoire de Guérande Geste éditions 2007 190 p.,
  • A.Gallicé et al., Le Guide du Pays guérandais, 36 balades-découvertes, Geste éditions 2008 400 p.
  • A.Gallicé et al. Guérande, cité médiévale, Geste éditions 2008, 214 p.
  • C. Devals et L. Pinault, Bretagne, le pays de Guérande, patrimoine archéologique, revue Archéologia, no 377, avril 2001.
  • J.-P. Nennig, Le Chemin de fer de Saint-Nazaire au Croisic et à Guérande, JPN éditions, 2006, 240p., (ISBN 2-9519898-4-9)

Voir aussi

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Articles connexes

Lien externe

Notes et références

  1. Atlas historique des Pays et Terroirs de Bretagne, Ph. Jouët et K. Delorme, éditions Skol Vreiz, cartes synthétiques des pp.123-125.
  2. Appelé « sillon de Guérande » par André Vigarié, Yves-Henri Nouailhat et al., Loire-Atlantique, éditions Bonneton, Paris, 1998, page 248, mais aussi, contradictoirement, dans le même ouvrage, dans la partie rédigée par le même auteur, il est indiqué que seul le Sillon de Bretagne, ligne de reliefs allant de Nantes à Quimper est ainsi dénommé (p. 248), « Sillon de Guérande » est pour l'auteur une analogie.
  3. La région n'est pas considérées comme sismique, de très rares séismes s'y produisent - une fois tous les 10 ans en moyenne et toujours de très faibles amplitudes (3 à 4 au maximum) - le long de failles aujourd'hui sous-marines allant de la Baie de Bourgneuf à Belle-Ile en Mer, parallèles au système décrit ici.
  4. Atlas climatique de la France, Météorologie nationale, 1978.
  5. Bulletin de la Société des sciences naturelles de l'Ouest de la France, SSNOF, Nantes, Hors série 1er trimestre 1980 : marais salants.
  6. Bien que distant d'une trentaine de kilomètres, les pluviosités et ensoleillements à Saint-Nazaire sur l'estuaire de la Loire présentent des différences faibles mais signifiantes par comparaison entre les mesures effectuées en continu au Croisic durant l'entre deux guerres et durant les années 1950-1960, et par les mesures effectuées par les bénévols.
  7. C'est-à-dire : possiblement introduit (à une époque indéterminée mais très ancienne) et se reproduit naturellement sans intervention humaine
  8. Guérande sur le site de linternaute
  9. Une association « Les Clos du Coteau » a remis en culture le « Clos Rignac » en avril 2008 avec des plants d'aunis (vin rouge) et de chenin (vin blanc).
  10. il reste officiellement, au 1er janvier 2007, trois hectares de vignes sur la commune pour deux propriétaires déclarés.
  11. L. Pirault. Inventaire des monuments mégalithiques et préhistoriques de la presqu'île guérandaise, carte archéologique, 2 vol., Nantes, SRA Pays de la Loire, 1994.
  12. in Bulletin de la Société préhistorique française, tome 8, n°1, pp. 74 à 80, année 1911. (cf BNF base Gallica)
  13. Voir par exemple l'article Les mégalithes de la presqu'île guérandaise de Lionel Pirault, revue Ar Men, n°152 (mai-juin 2006), ou les livres et articles de Henri Quilgars.
  14. Cette citation dans un document du haut Moyen Âge en fait un des très rares mégalithes les plus anciennement connu du territoire français.
  15. voir : Introduction à l'étude du tertre de Brétineau à Guérande, Revue archéologique de l'Ouest, n°15, 1998, par S. Cassen, L. Visset, D. Le Gouestre et H. Poulain
  16. Faute d'une recherche archéologique, ce site est pour le moins énigmatique : pour certains auteurs il s'agit d'un chaos granitique, avec des gravures ou pétroglyphes de l'âge du fer, comme la « Pierre de Méniscoul », voisine, sur la commune de Piriac. Avant l'invasion de la végétation, le site est décrit comme un dolmen ruiné. En toute objectivité, il est difficile de conclure dans l'état actuel du site et en l'absence de recherches archéologiques modernes.
  17. Datation incertaine : entre le Chalcolithique et la Têne, il est à rapprocher de la Pierre de Meniscoul autrefois proche, actuellement déplacée dans le centre ville de Piriac.
  18. C. Devals et L. Pinault. "Bretagne, Le Pays de Guérande, patrimoine archéologique", revue Archéologia, n°377, avril 2001.
  19. Cela reste incertain, faute de découvertes et de fouilles dans la cité intramuros.
  20. « Brivates Portus, ou l'improbable port antique et la bataille des érudits », Cahier des Amis de Guérande, n°44, année 2004.
  21. Auguste dut, vers 27-13 av. J.-C., confirmer le territoire dans le cadre administratif de la civitas Namnetum, la cité des Namnètes, province de Lyonnaise. D’une surface supérieure à 400 000 ha, la cité des Namnètes occupait le territoire compris entre la Vilaine et le Semnon qui la séparaient des Vénètes, à l’ouest, autour des vallées de l’Erdre et de l’Isac qui la séparaient du territoire des Redons, au nord, en incluant la zone aurifère de Craon-Pouancé, au nord-est, avec une frontière passant par Bécon et Ingrandes, à l’ouest du pays des Andécaves, et par la Loire, au sud, frontière entre l’Aquitaine, dont les Pictons, et la Lyonnaise, dont les Namnètes. Les Vénètes et les Namnètes se partageaient sans doute les zones situées à l’ouest de la Grande Brière, entre Loire et Vilaine : le pays guérandais, les régions du Croisic, de Batz, et du Pouliguen, zones où se concentrent une quinzaine de stèles gauloises analogues à celles qui marquent le pays vénète (Morbihan) alors qu’elles sont absentes du reste de l’actuelle Loire-Atlantique. (de Jacques Santot, conservateur du Musée Dobrée à Nantes)
  22. Ce sont en effet les marins grecs qui ont fourni le fond des descriptions de Ptolémée, toutefois, le commerce grec à cette époque est indirect : les marchandises passent par Bordeaux venant par voies terrestres et fluviales de la Méditerranée par Toulouse et le seuil du Lauragais.
  23. Les fouilles anciennes ayant été très ponctuelles, nous manquons d'informations en fait. De plus, le sol étant granitique, tout élément de calcaire ou de marbre a été récupéré dès l'antiquité pour en faire de la chaux !
  24. Collection du musée Dobrée, Nantes.
  25. Fouilles archéologiques de sauvetage INRAP, 2005-2006, place Saint Aubin et place de la Psalette.
  26. Ce point de passage était situé à la limite de l'influence des marée dans l'estuaire de la Vilaine, traversable par basse mer à gué, hors des périodes de crues de la Vilaine. Actuellement la construction du barrage d'Arzal a modifié profondément la topographie du fleuve en ce point.
  27. Place forte du « Tractus Armoricani » cité dans la Notitia dignitatum, mais non localisée, faute d'éléments archéologiques permettant de la relier à un site connu ou d'indications dans d'autres écrits, la localisation "Grannona" - Clis proposée à la fin du XIXe est hasardeuse et seulement basée sur la consonance d'un toponyme, dont l'ancienneté n'est pas établie de plus. Grannona serait plutot localisé entre le Boulonnais et le Cotentin ...
  28. Localisation de cette bataille mal connue, « au sud des Marches de Bretagne », près de Guérande d'après les « Chroniques » de Saint Grégoire de Tours.
  29. Henri Quilgars, Géographie historique du Pays de Guérande, du VIe au Xe siècle, Saint-Brieuc, Imp. Prud'homme, 1911.
  30. Manuscrits des abbayes de Redon, Noirmoutier et Tours : Chroniques et Cartulaires.
  31. Résidence Princière de Waroc'h et de ses suivants en pays guérandais située entre Guérande et Piriac, près du village de Lérat
  32. Lettre n°25.
  33. Miracle du Baudrier d'or, cité par Grégoire de Tours
  34. Atlas historique des Pays et Terroirs de Bretagne, cf Biblio, et cartes IGN au 1/25000e.
  35. Né vers 468-469(?), en « Pays Vénètes ou Bro Ereg », soit le Pays de Vannes, selon les appellations de l'époque, et dont Guérande fait alors partie, et mort à Angers en 550.
  36. Une première distribution des reliques de saint Aubin a eu lieu entre 560 et 570, et peut-être même avant : lors de la première translation du sarcophage du saint, dans la cathédrale d'Angers, en 556.
  37. Lieu nommé dans deux sources : "Tincillacensis locus" dans les « Epistola » de l'évêque Fortunat et "Monasterium Tincillacense" dans la « Vie de Saint Aubin »
  38. Donc Pays de Guérande au sens large. La localisation précise actuelle est discutée, mais cette localité apparaît encore dans le cartulaire de l'abbaye de Redon au Xe siècle. Certains auteurs la placent sur la rive sud de la Vilaine entre La Roche-Bernard et Redon dans la commune de « Théhillac », d'autres auteurs la placent en Anjou
  39. fouilles de Léon Maitre, 1899
  40. Les guérandais, en fait des miliciens de l'ensemble des paroisses de la (future) sénéchaussée : du Croisic au Sud à Herbignac au Nord, et d'Escoublac à l'Est, apparaissent dans un nombre important de comptes-rendus de batailles, tant lors de la défense du duché, que par la suite dans des campagnes aux frontières du royaume. La première mention explicite de cette milice se situe lors des raids normands.
  41. Cartulaire de l'Abbaye de Redon p. 370, sur un acte de donation : « anno 854 : Factum est [...] in ecclesiam Wenrann ante sanctum altare in quo habentur reliquae Sanctus Albini »
  42. Donations à l'abbaye de Redon par le Roi Erispoë - Cartulaire de l'Abbaye de Redon - BN
  43. Cette origine royale du Chapitre est confirmée par Louis XIV, même si aucun document contemporain de la fondation ne permet aujourd'hui de le confirmer.
  44. Principales incursions : juin 843, 853, 878-879, 919, 959-960, 1013
  45. Il est toutefois peu probable que les conséquences aient été au-delà, mais les sources écrites et les recherches archéologiques laissent cette question en suspens, aucun site archéologique dans la presqu'île ne montre une implantation normande significative et durable.
  46. Des salines sont notamment données en 970 par l'évêque Orscand de Vannes à l'abbaye d'Angers après sa visite du tombeau de Saint-Aubin d'Angers - Voir ce nom.
  47. La châtellenie de La Roche est attesté ainsi que le castrum en 1010; avec la mention d'un Rivallon "Fils de Bernard", seigneur de La Roche, vicking arrivé lors des occupations de l'estuaire de la Vilaine autour de 920-940.
  48. La châtellenie de Donges est attestée en 1040-1050, celle du Pont en 1070.
  49. Cet acte mentionne les juifs Creisson et Bonostru de Guérande dans une créance du prieur Geoffroy de Donges.
  50. Le roi de France intervient dans une période de crise de succession, l'héritière du duché est à ce moment sous contrôle royal.
  51. D'après Alain Gallicé et Josick Lancien, in Guérande, Geste édition, 2007
  52. Le port de Guérande, puis du Croisic, est un port d'échange avec la Hanse
  53. Froissart, Chroniques, livre I, chapitre CLI
  54. Dans les quatre versions complètes des Chroniques de Froissart, le siège de Guérande (qu'il appelle « Garlande ») est présenté de trois façon différentes quoique concordantes.
  55. La localisation de ce port d'échouage n'est pas indiquée. Les sites possibles sont : entre Lanclis et Clis dans le traict ou bien : au niveau du Pouliguen et de la Bôle (La Baule) ; en revanche, le secteur de la Turballe n'offre pas de grèves abritées.
  56. Cette destruction semble attestée par des fouilles archéologiques de l'Inrap en 2005-2006 sous la Place d'Armes, qui montrent une réorganisation foncière et la création de cette place après une couche de destruction et d'incendies datée du milieu du XIVe siècle
  57. D'après Alain Gallicé, in Cahier du Pays de Guérande n°41, année 2001, in : Le Pays de Guérande au Moyen Âge pp. 5-9
  58. le Roi d'Angleterre Edouard III, allié de Jean de Montfort, ordonne fin 1343 d'assurer la défense de Guérande.
  59. un acte de Charles de Blois daté du 8 août indique « en nos tentes devant Guérande »
  60. Des éléments du rempart antérieur restent visibles entre la tour Sainte-Anne et la porte Vannetaise ainsi qu'au niveau de la porte de Saillé.
  61. L'indivision administrative actuelle est postérieure à la Révolution, mais elle a été possible car il n'y avait pas eu de morcèlement ni de parcellaire de la zone humide, dont le statut était proche de celui des alpages.
  62. Durant l'hiver 1488-1489 en particulier, la cour s'installe à Guérande en raison d'une épidémie qui sévit à Nantes.
  63. Selon certains auteurs, dont A. Gallicé (cf. bibliographie), ce château devait être situé intramuros près de la porte de Saillé, pour d'autres, il serait localisé entre l'ancien cimetière et la rue Vannetaise et la chapelle Sainte-Anne, qui a été démolie au XIXe, aurait été un de ses éléments, pour d'autres encore, il serait à placer hors les murs dans le faubourg Bizienne.
  64. Les derniers éléments des bâtiments ont été rasés entre les deux guerres mondiales ; le mur de clôture a disparu récemment, lors de la construction d'un lotissement. Un calvaire rappelle l'emplacement du monastère.
  65. Pour complément d'info : voir "La Royauté de Guérande" ou la contre-révolution dans le district de Guérande, J. Lancien (Ass Bretonne 2004) non lu par l'auteur du texte / mais signalé par un autre co-auteur.
  66. J.-P. Nennig, Le Chemin de fer de Saint-Nazaire au Croisic et à Guérande, JPN éditions, 2006, 240p., ISBN : 2-9519898-4-9
  67. Dès sa mise en exploitation, la ligne métrique de la CM était déficitaire d'environ 30%.
  68. et à Pornic, par le pont de Saint-Nazaire
  69. La langue gallaise avec de nombreux bretonnismes supplante progressivement comme langue vernaculaire le breton dans le nord de la commune (pays métais) à partir du XVIIIe jusqu'à la guerre 14-18.
  70. Dictionnaire Le Robert (T.1) indique que Garenne dérive du mot latin du médiéval warenna issu peut-être du francique Warôn : garder, surveiller, avoir soin de.
  71. Ce que l'on peut traduire par : Une église que l'on appelle/dénomme Guérande.
  72. La forme initiale bretonne de ce nom n'est pas connue aujourd'hui.
  73. Atlas historique des Pays et Terroirs de Bretagne, par P. Jouët et K. Delorme, édition Skol Vreizh, p.54
  74. voir Dossier de la revue Pour la Science, n°61, octobre 2008, p.32.
  75. Source : Cartulaire de Redon. L'usage du W montre probablement que le scripteur était de culture bretonne, contrairement à ses suivants qui utilisent le UU.
  76. Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Aubin d'Angers - BN
  77. i.e. nomme un représentant permanent aux États de Bretagne.
  78. Son premier député connu est Jean du Cellier, Procureur, en 1455 ; mais en 1451, le rôle des États signale la ville de Guérande comme défaillante (= député absent)
  79. Liste des maires de l'ancien régime : d'après Henri Quilgars, in « Petite histoire du Pays de Guérande, des origines à 1789 », 1922
  80. Décès de Jean-Pierre Dhonneur le 12 septembre 2006 au Maroc
  81. Par convention, les chiffres de la population légale publiés par l’Insee depuis 2006 sont présentés.
  82. Loi no 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V des « opérations de recensement »
  83. Calendrier de recensement sur insee.fr. Consulté le 19 juillet 2011
  84. Guérande 1836 sur Archinoë portail d'indexation collaborative. Consulté le 19 juillet 2011
  85. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur Base Cassini de l'École des hautes études en sciences sociales. Consulté le 19 juillet 2011
  86. a et b Évolution et structure de la population sur Résultats du recensement de la population - 2008. Consulté le 19 juillet 2011
  87. Recensement de la population au 1er janvier 2006 sur insee.fr. Consulté le 19 juillet 2011
  88. Recensement de la population au 1er janvier 2007 sur insee.fr. Consulté le 19 juillet 2011
  89. Résultats du recensement de la population de la Loire-Atlantique en 2008 sur insee.fr. Consulté le 19 juillet 2011
  90. (fr) Ofis ar Brezhoneg: Enseignement bilingue
  91. La « rue vannetaise » était appelée jusqu'au début du XIXe siècle : « rue de l'Évéché »
  92. architecture militaire de l'époque de Philippe Auguste, non équipée de canonnières à l'origine, mais d'archères
  93. Voir Bibliographie : Galiicé et al., 2000.
  94. Fouilles récentes de l'Inrap en 2005-2006, avec la mise en évidence de constructions de cette époque sous la place Saint Aubin
  95. Notez que les archives de la Ville et des Régaires sont très incomplètes : deux vagues de destructions importantes les ont affectées : lors de la Guerre de succession, dont en 1342 lors du sac par les troupes françaises, puis en 1790-1791 lors des affrontements post-révolutionnaires avec une destruction volontaire des archives lors d'une occupation de la ville par les insurgés. Les documents sont donc partiels et souvent indirects.
  96. Fouilles Léon Maître, 1899
  97. Fouilles préventives INRAP mars à juin 2006, avant destruction pour aménagement urbain des abords de la Collégiale.
  98. Le style des chapitaux et la structure des colonnes est rattaché aux traditions angevines par certains auteurs.
  99. Date inscrite sur les sablières magnifiquement sculptées visibles dans les combles.
  100. la partie droite de la façade est la partie qui a le moins souffert de l'effondrement, mais lors de la reconstruction, un escalier est construit dans le massif maçonné jusqu'à l'horloge actuelle
  101. Cartulaire de l'abbaye de Redon - 31 mai 859 - Donation par le Comte Pascueten des terres de Bronaril
  102. Début du texte de la chronique : « Et d'abord, arrêtons-nous un peu dans cette charmante et rare petite ville de Guérande, si pittoresque avec ses anciens remparts flanqués de grosses tours et ses fossés remplis d'eau verte. Entre les vieilles pierres, les véroniques sauvages fleurissent en gros bouquets, des lierres s'accrochent, des glycines serpentent, et des jardins en terrasse suspendent au bord des créneaux des massifs de roses et de clématites croulantes. Dès que vous vous engouffrez sous la poterne basse et ronde où les grelots des chevaux de poste sonnent joyeusement, vous entrez dans un nouveau pays, dans une époque vieille de cinq cents ans. » A. Daudet fait ensuite une description colorée de l'ambiance des courses de chevaux.
  103. hebdomadaire L'écho de la Presqu'île, semaine du 26 octobre 2007, p. 44
  104. Le premier concert a eu lieu le 13 juillet 1956, interprété par Louis Yhuel et Félix Moreau qui interprétèrent des œuvres de F. Couperin, J.-S. Bach, C. Franck et L. Vierne
  105. Site de l'association La Voix des Orgues
  106. http://ecole-saint-aubin-guerande.jimdo.com/

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