Guépard


Guépard
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 Acinonyx jubatus
Acinonyx jubatus
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Felidae
Sous-famille Felinae
Genre Acinonyx
Nom binominal
Acinonyx jubatus
(Schreber, 1775)
Répartition géographique
Acijubrep.gif

     /    présence historique
     /    présence faible
     /    présence moyenne
     /    présence élevée

Statut CITES : Cites I.svg Annexe I ,
Révision du 01-07-1975
Statut de conservation UICN :

VU A2acd; C1 : Vulnérable
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'UICN.

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Le guépard (Acinonyx jubatus) est un félin vivant en Afrique et dans quelques rares régions du Moyen-Orient. Taillé pour la course, le guépard a une allure svelte et fine, avec de longues pattes fines aux griffes non entièrement rétractiles, et une face au museau court marquée par deux traces noires partant des yeux. Entièrement tachetés de noir sur un fond fauve à beige très clair, ses petits ont également une crinière.

Classé vulnérable par l'Union internationale pour la conservation de la nature, de nombreuses tentatives de protection sont en cours, incluant des procédés de clonage. Il est considéré comme l'animal terrestre le plus rapide au monde, avec une vitesse pouvant atteindre 110 km/h[1].

Sommaire

Description

Morphologie

Le corps, musculeux, ressemble à celui d'un lévrier : svelte, presque maigre, avec de longues pattes fines. Sa poitrine est profonde et sa taille étroite. Les os sont légers et la colonne vertébrale, extrêmement flexible, lui permet de projeter ses membres postérieurs très loin et, ainsi, de courir très vite.

Sa queue est relativement longue et lui sert de balancier pour s'équilibrer pendant sa course[réf. nécessaire]. Les griffes du guépard ne sont pas rétractiles, non crochues, contrairement à celles des autres félins. Cette particularité lui permet d'avoir une très bonne adhérence au sol pour courir très vite, mais l'empêche de grimper aux arbres pour y cacher ses proies par exemple.

Seuls les petits peuvent grimper aux arbres, et ils n'y sont pas très habiles[réf. nécessaire]. Un gros cœur, des poumons développés favorisent les échanges gazeux. Il a de larges fosses nasales, lui assurant une bonne oxygénation pendant sa course. Il a une petite tête et un museau court, des yeux placés haut et bien déterminés, soulignés par une ligne noire ressemblant à une larme qui court de la naissance de chaque œil jusqu'à la bouche.

Ces traînées améliorent sa vision en minimisant les reflets de la lumière du soleil[réf. nécessaire]. Les oreilles sont petites et rondes. Comparativement aux autres grands félins, son crâne est de plus petite dimension, la structure de sa mâchoire supérieure permet un bon passage de l'air, grâce aux canines peu développées. Le faible développement de ses crocs et de leurs racines favorise les voies respiratoires : c'est un atout indéniable pour la course.

Biométrie

Le guépard fait preuve d'un léger dimorphisme sexuel, le mâle étant légèrement plus gros que la femelle. Un guépard adulte mesure 67 à 94 cm de hauteur au garrot[2], et de 1,20 à 1,50 m de long[2] auxquels s'ajoutent 70 à 81 cm de queue[2]. L'animal adulte pèse de 35 à 65 kg avec une moyenne pour le mâle de 48 kg et de 38 kg pour la femelle[3].

Fourrure

La couleur de base des parties supérieures d'un adulte s'étend du fauve au beige pâle ou au blanc grisâtre, les parties inférieures de la robe étant plus pâles, souvent blanches. La fourrure est parsemée de taches noires, rondes ou ovales, mesurant de deux à quatre centimètres de diamètre. Seul le blanc de la gorge et de l'abdomen est exempt de taches. La fourrure est épaisse avec des poils légèrement plus longs sur la nuque qu'ailleurs. Le dernier tiers de la queue est couronné de quatre à six anneaux noirs et possède à son extrémité une épaisse touffe blanche. Les anneaux de la queue sont caractéristiques de chaque guépard et permettent une identification individuelle.

Le guépard royal

Guépard royal

Le guépard royal (Acinonyx jubatus f. rex) est parfois considéré comme une sous-espèce, mais il s'agit d'une simple forme qui résulterait d'une mutation récessive. En effet, il peut apparaître dans une portée de guépards normaux. Il se rencontre dans les zones les plus boisées d'un petit secteur de l’Afrique du Sud et au Zimbabwe.

Son aspect est différent de celui des autres guépards : ses taches sont nettement plus grandes et forment des lignes par endroits, avec une bande noire sur le dos se prolongeant de la tête à la queue. Ce pelage, marbré plutôt que moucheté, semble lui assurer un excellent camouflage dans le miombo[réf. nécessaire] – plateau recouvert par une forêt caducifoliée entrecoupée de vastes dépressions herbeuses humides et caractérisé par la prédominance d'arbres des genres Brachystegia, Julbernardia et Isoberlinia – du Botswana et du Zimbabwe.

Performances physiques

Guépard du Ree Park – Ebeltoft Safari en train de courir pour attraper une proie.

Le guépard parcourt quelques sept ou huit mètres en une seule foulée et accomplit quatre foulées à la seconde. Cela en fait un des mammifères quadrupède les plus rapides. Un sprint l'amène à 70 km/h en deux secondes[4] puis 90 km/h une seconde plus tard[5] ; par ailleurs, un guépard en captivité a atteint la vitesse record de 112 km/h[5]. On estime cependant qu'il ne peut maintenir sa vitesse que sur 300 à 400 mètres[4]. Sur une distance plus longue, il serait largement dépassé par une antilope. En 2009, un guépard femelle du zoo de Cincinnati a parcouru le 100 mètres en 6 secondes et 13 centièmes[6] soit une vitesse de pointe d'environ 70 km/h.

Durant la course, les pattes du félin ne touchent pratiquement plus le sol, comme s'il planait. Lorsque le guépard arrive suffisamment près de sa proie, il lui arrive souvent de lui faire un simple croc-en-jambe et, ainsi, de la déséquilibrer afin qu'elle fasse une chute fatale du fait de la vitesse.

Les pattes des guépards sont moins arrondies et plus solides que celles de la plupart des félins ; cela les aide à prendre des virages serrés[réf. nécessaire]. Les griffes, non rétractiles, fournissent traction et adhérence lors d'une course et contribuent ainsi à maintenir les accélérations. Enfin, sa petite tête est plus aérodynamique[réf. nécessaire].

Consanguinité

Selon Marco Polo, il y a 700 ans, Kublai Khan possédait dans sa résidence d'été en Himalaya 1 000 guépards dressés pour la chasse[7]. Le grand Akbar en aurait à lui seul durant son règne fait domestiquer 9 000[8].
L'utilisation de ce félin, le plus rapide du monde, comme auxiliaire des chasses royales daterait au moins des Sumériens (il y a environ 5000 ans) et des pharaons égyptiens, mais des rois de France, des princes indiens et des empereurs autrichiens en ont également possédé. La chasse qu'on a fait aux guépards est peut-être une des raisons de leur actuelle variabilité génétique anormalement basse[7] et d'une incidence élevée de semence anormale. Selon certains chercheurs, ils auraient été victimes de la dernière ère glaciaire, celle-ci ayant éliminé la majorité des individus il y a environ 10 000 ans. On pense dans ces deux cas qu'ils ont subi une période prolongée de consanguinité. D'après certains biologistes, les guépards ont même atteint un degré de consanguinité trop élevé pour prospérer. Alors que des milliers d'animaux ont été capturés et élevés en captivité, il n'y a eu jusqu'en 1956 aucun cas connu de reproduction de guépard en captivité[7]. Depuis 1970, malgré les techniques de reproduction assistée, seuls 10 à 15 % des couples captifs mettent bas, et le taux de mortalité est élevé (29,1 %)[7].
Les guépards ont maintenant disparu à l'état sauvage de l'Europe, il n'en reste que quelques dizaines d'individus en Afrique du Nord (guépard du Sahara) et en Asie (Iran). On ne les trouve à l'état sauvage en Afrique australe et orientale que dans des territoires de plus en plus écologiquement fragmentés[7].

D'autres contestent cette théorie et affirment que les véritables responsables du déclin des guépards sont les exploitants agricoles qui les chassent et empiètent sur leur habitat[réf. nécessaire].

Sous-espèces

On distingue 5 sous-espèces de guépards[9].

  • Acinonyx jubatus jubatus (Schreber, 1775) : Essentiel du sud de l'Afrique.
  • Acinonyx jubatus raineyi (Heller, 1913) : Kenya, Ouganda, Somalie.
  • Acinonyx jubatus soemmerringi (Fitzinger, 1855) : Éthiopie, Tchad, Soudan, Cameroun, sud du Niger.
  • Acinonyx jubatus hecki Hilzheimer, 1913 : Afrique occidentale, Sahara. Voir plus bas : guépard du Sahara.
  • Acinonyx jubatus venaticus (Griffith, 1821) : désormais limité à l'Iran. Voir plus bas : guépard d'Asie.

La forme Acinonyx jubatus f. rex, le guépard royal semble par certains anciens auteurs considérée à tort comme une sous-espèce supplémentaire. Si certains secteurs géographiques présentent plus d'individus de ladite forme, comme au Zimbabwe, celle-ci peut aussi apparaître "spontanément" dans une portée par le jeu de la génétique.

Le guépard du Sahara

Acinonyx jubatus subsp. hecki (Hilzeimer, 1913) Exceptionnellement pâle, on le trouve exclusivement dans le désert du Sahara. Il a des taches mais plus espacées que celles des guépards des savanes. C'est une sous espèce, appelée communément guépard du Sahara. Elle a été photographiée pour la première fois le 23 février 2009, en Algérie[10].

Le guépard d'Asie

Acinonyx jubatus subsp. venaticus (Griffith, 1821) Le Guépard asiatique (Acinonyx jubatus venaticus) est maintenant également connu sous le nom le Guépard iranien, les derrniers spécimens du monde sont connus pour vivre principalement en Iran. Bien que récemment présumée éteinte en Inde, il est aussi connu sous le nom Guépard Indien.

Le guépard Asiatique est rare et gravement menacée d'extinction, cette sous-espèce du Guépard n'est trouvée aujourd'hui qu'en Iran, avec quelques observations occasionnelles au Balouchistan dans le Pakistan. Il vit dans un vaste désert central en fragmentations de morceaux d'habitats favorables restants. Il ne resterais plus que 70 à 100 guépards asiatique dans le monde. Le guépard asiatique, le Lynx d'Eurasie et la Panthère de Perse sont les seules espèces restantes de gros félins en Iran aujourd'hui.

La population de cette sous-espèce a divergé des variétés africaines il y a 30.000 ans.

Le guépard d'Asie ou guépard d'Iran a la fourrure bien plus claire que son cousin d'Afrique. Il présente d'ailleurs une courte crinière au niveau de la nuque. Seule une cinquantaine de guépards d'Asie survivraient dans les déserts d'Iran[réf. nécessaire] dont une moitié d'immatures. La survie de cette sous-espèce placée sur la liste rouge de l'Union Internationale pour la conservation de la nature (UICN) est menacée.

Comportement

Espérance de vie

Dans la nature, un guépard vit en moyenne durant treize ans. En captivité, il peut vivre pendant vingt-et-un ans voire davantage.

Cri

Le cri du guépard peut parfois s'apparenter à un cri d'oiseau mais aussi au miaulement d'un chat. Lorsque le guépard manifeste sa colère, il feule.

Reproduction et vie sociale

Petit guépard.

Les femelles mettent bas de trois à cinq petits et même parfois jusqu'à huit ! Mais cela est très rare et souvent seulement trois ou quatre petits peuvent survivre. La période de gestation dure de 90 à 95 jours[2]. Les petits pèsent de 150 à 300 grammes à la naissance et sont aveugles. Ils quittent leur mère entre 13 et 20 mois[2] après la naissance mais les membres d'une fratrie peuvent parfois demeurer plusieurs mois ensemble[réf. nécessaire].

Contrairement à la plupart des félidés, les femelles adultes n'ont pas vraiment de territoires et semblent s'éviter[réf. nécessaire]. Les mâles forment parfois de petits groupes, surtout lorsqu'ils sont issus de la même portée.

Les femelles sont polyœstrales, avec un cycle menstruel moyen de 12 jours. La période de fertilité s'étale sur une à trois journées. La reproduction a lieu pendant toute l'année. Un pic des naissances a toutefois été constaté de mars à juin. La gestation dure de 90 à 95 jours. Le nombre de nouveau-nés varie de 1 à 8, mais est habituellement de 3 à 5. À la naissance, les petits pèsent 489 grammes[2] et mesurent en moyenne 30 cm de long[réf. nécessaire].

Les jeunes guépards possèdent un manteau de poils ressemblant à une crinière le long de leur dos. On suppose que ce manteau permet un meilleur camouflage des petits dans l'herbe et les protège du froid[réf. nécessaire]. Le manteau commence à disparaître à 3 mois, mais peut encore être vu à l'âge de 2 ans. Pendant leurs toutes premières semaines de vie, les petits sont déplacés presque tous les jours par leur mère pour éviter les prédateurs.

Le taux de mortalité infantile s'élève à 90 %, la majorité étant tuée par des lions[réf. nécessaire]. Les petits commencent à suivre leur mère à l'âge de 6 semaines. Ils sont sevrés à 3 ou 6 mois. Ils restent en général avec leur mère pendant 13 à 20 mois, période pendant laquelle elle leur apprend à chasser. La maturité sexuelle est atteinte à l'âge de 20 à 24 mois.

Alimentation

Un guépard se nourrissant d'un impala.

Son régime alimentaire est carnivore, essentiellement constitué de mammifères de moins de 40 kg, tels des gazelles, impalas, springboks, petits koudous, cobes : pukus, lechwes et cobes de Buffons, veaux de gnou, jeunes de grandes antilopes (grands koudous, gemsboks, topis…), jeunes de phacochère, lièvres, lapins, antilopes naines : steenboks, ourébis, dik-diks et parfois des pintades.

En Afrique de l'Est, les petites gazelles de Thomson et leurs faons constituent 80 % de son alimentation. Ce taux est élevé en comparaison des autres espèces de gazelles qui vivent dans la même région. En effet, la gazelle de Thomson est plus abondante dans cette région, elle est plus petite et court un peu moins vite que les gazelles de Grant et les Impalas.

La technique de chasse du guépard se distingue de la chasse à l’affût adoptée par la plupart des grands félins : pour attraper sa proie, il s'approche du troupeau après avoir scruté le terrain depuis une branche d’arbre, le sommet d’une termitière ou même depuis les toits des voitures. Une fois qu’il a repéré un animal qui s’est éloigné de son groupe, le guépard s’en approche patiemment à moins de 50 mètres. Il accélère alors subitement, durant quelques dizaines de secondes jusqu'à atteindre son exceptionnelle vitesse, qui lui permet d’attraper des animaux rapides.

Le guépard chasse surtout pendant le jour (début de matinée et fin d’après-midi), lorsque les autres prédateurs dorment, probablement parce qu’il se laisse facilement intimider par tous ceux qui veulent lui voler sa proie ; même les vautours peuvent forcer un guépard à abandonner une carcasse. C’est pourquoi le guépard tire sa proie à l’abri pour pouvoir la dévorer en paix. Lorsqu’il est repu, il abandonne les restes aux charognards. Les guépards des montagnes du Sahara constituent une exception puisque ce sont des chasseurs nocturnes.

Lorsque le guépard arrive suffisamment près de sa proie (s'il la rattrape ce qui se produit dans environ la moitié des cas) il se sert de sa patte, pourvue de grosses griffes solides et aiguisées. Il lui fait ainsi un croc-en-jambe et la déséquilibre afin qu'elle tombe.

Le guépard s'empresse de la plaquer au sol et enserre la gorge de la victime. Le manque de puissance de sa machoire le contraint à étouffer sa victime, contrairement à d'autres félins, comme le lion ou le léopard qui les égorgent. Une fois sa victime achevée, le guépard doit toutefois attendre pour manger. Il est épuisé par l'effort qu'il a fourni . Pendant la course, son corps s'est dangereusement échauffé. Si la course est trop longue, le guépard peut même mourir de "surchauffe" (hyperthermie). Par ailleurs, il est essoufflé. Il se repose donc pendant de longues minutes, toujours aux aguets, avant de pouvoir enfin déguster un repas durement acquis.

Malgré sa rapidité, le guépard possède un faible taux de réussite à la chasse. Il ne réussit sa chasse qu'une fois sur 7, d'après certains, voire même qu'une fois sur 10 d'après d'autres.

C’est l’animal le plus rapide de la planète. Il fait des pointes de 110 Km / H, mais quand sa proie est attrapée il est obligé d’attendre pour retrouver son souffle et que son rythme cardiaque ralentisse. Et c’est souvent à ce moment là qu’il se fait voler sa proie.

À la fois patient et véloce, il a mérité son nom arabe "targui". Après sa course, épuisé, le guépard est à la merci des prédateurs plus puissants que lui, tels que le lion ou la hyène qui n'hésitent pas à voler la nourriture des autres. Mais le guépard est meilleur pour la course que pour les combats. Il est bien trop léger et trop fragile pour se battre ainsi. Risquer une blessure l'empêcherait de chasser et le condamnerait à mourir de faim… Aussi, lorsqu'un carnivore plus fort que lui veut lui voler sa proie, le guépard n'a guère d'autre choix que de fuir !

Écologie et conservation

Habitat

Un guépard dans le Parc national du Serengeti, en Tanzanie.

Il existe plusieurs populations isolées de guépard, en Afrique et en Asie du Sud-Ouest. Environ cinquante individus vivent en Iran, dans le Khorassan, où ils sont l'objet d'une campagne de préservation[11]. La présence de guépard asiatique a été plusieurs fois signalée au Pakistan dans le Baloutchistan, sans que cela n'ait pu être confirmé[12].

Conservation

Statuts

Les guépards sont inscrits sur la liste UICN : espèce vulnérable (sous-espèce africaine menacée, sous-espèce asiatique en situation critique) ainsi que sur l'US ESA : espèce menacée - Appendice I de la CITES (Convention on International Trade in Endangered Species). Statut mondial : Catégorie 3 (A), statut régional : Catégorie 1 (A).

Population

Les estimations de sa population varient de 10 000 à 15 000 en Afrique. En Asie, il n'en resterait environ que soixante à l'état sauvage. L'effectif restant est rarement observable et, de fait, rarement observé[réf. nécessaire].

Au cours du XXe siècle, l'aire de distribution des guépards a connu une spectaculaire régression. En Asie, on ne les trouve plus qu'en Iran ; ils ont disparu de l'Inde en 1947, au cours de la seconde moitié du XXe siècle de Syrie, d'Irak (1950), d'Israël (1956), de Jordanie (années 1960), de l'Arabie, du Pakistan, du Turkménistan et de l'Ouzbékistan dans les années 1970. Ils sont probablement éteints aussi en Afghanistan. Ils ont déserté l'Afrique du Nord, sont devenus très rares dans l'ouest de l'Afrique mais subsistent au Sahara (confirmé en 2009). Les principales populations habitent désormais la Namibie, le Botswana, le Kenya et la Tanzanie.

Une part notable du déclin de l'espèce en Asie, est liée aux activités de chasse alliées à des guépards apprivoisés. En effet, seuls des individus pris dans la nature permettaient le maintien de cette tradition.

Perspective de réintroduction du guépard

Des propositions diverses ont été avancées pour réintroduire le guépard dans des réserves sub-sahariennes, par exemple en Israël, Inde, Turkménistan et Ouzbékistan.

La conservation des populations reste toutefois la priorité. De plus, la réintroduction ne doit pas être sérieusement considérée avant que des comparaisons génétiques et des évaluations d'impact environnementales n'aient été effectuées. Enfin, l’accord du conseil de l'UICN/SSC (l’organisme mondial spécialiste de la réintroduction) doit être obtenu.

Perspective de résurrection du guépard indien

Il est aujourd’hui question de ressusciter le fameux « cheetah » (guépard indien). Des généticiens indiens veulent s’appuyer sur des méthodes de pointe de clonage au Lacones (Laboratoire pour la conservation des espèces menacées) : « Si tout se passe bien, nous pourrons cloner le guépard indien d'ici cinq ans », affirme Laji Singh, directeur du Centre de biologie cellulaire et moléculaire d'Hyderabad et principal instigateur du projet. Une banque de gènes, de sperme et d’ovules a d’ores et déjà été collectée[13].

Cependant, les chercheurs rencontrent de nombreux obstacles : ils doivent s’approprier du tissu de guépard iranien qui figure parmi les espèces les plus menacées de la planète. Conformément à la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES), il est illégal d'échanger du matériel génétique d'espèces menacées à l'état naturel. « Mais si les animaux sont élevés en captivité, nous avons légalement une bonne chance de les obtenir », affirme M. Sinha. Le guépard africain semble moins proche mais pourrait convenir en second recours : les analyses de protéines sanguines n'ont mis en évidence que des différences minimes entre les diverses populations de guépards. Les taux d'avortement des embryons clonés étant très élevés, les biologistes devront disposer d'un nombre suffisant d'ovules[13].

Au-delà du clonage, les détracteurs du projet s'interrogent sur l'avenir du guépard : « Supposons que l'on parvienne à cloner le guépard. Très bien, mais où sont passées les savanes dans lesquelles ils rôdaient autrefois ? Où trouvera-t-il suffisamment de proies pour survivre ? » demande Divyabhanu Sinh, auteur de The End of the Trail. Les détracteurs soulignent également la difficulté à réintroduire des animaux captifs en milieu naturel. D’autres protestent contre le coût de l’opération : l’argent devrait d’abord servir à protéger les animaux menacés. Ainsi, l’idée excitante de revoir le guépard indien entre dans le cadre d’une grande réflexion sur la réintroduction des espèces disparues[13].

En 2009, un comité d'experts doit se réunir afin de trouver une solution de réintroduction du guépard en Inde. Les négociations avec l'Iran pour obtenir des spécimens ayant abouti à un échec, l'Inde se tourne vers l'Afrique pour réintroduire l'espèce. Trois peaux de guépards indiens sont analysées par l'université de San Diego : des premières analyses ont montré, selon Divyabhanusinh Chavda, que les guépards indiens étaient très similaires aux guépards africains. Considéré comme un « patrimoine de l'Inde » en raison de son utilisation pour la chasse par les maharadjahs, le guépard a disparu de l'Inde depuis 1968. De nombreux écologistes sont sceptiques sur une telle réintroduction et déclarent qu'il serait plus appréciable de sauver le tigre avant d'essayer de réintroduire une nouvelle espèce[14].

L'espèce et l'homme

Étymologie

  • chat-pard – de l'ancien français suivant un emprunt au nom italien gattopardo.
  • gattopardo – de l'italien ancien , formé de gatto : « chat », et pardo : « léopard ». Ce nom doit sa célébrité à un roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa il gattopardo, porté à l'écran ensuite par Luchino Visconti. La forme de l'italien moderne est ghepardo.

De sa particularité, exceptionnelle chez les félidés, d'avoir des griffes non rétractiles, vient le nom latin de son genre : Acinonyx, formé lui-même sur le grec akinêsia qui signifie « sans mouvement » et onux qui peut signifier « griffe » ou « ongle ». Le nom latin de l'espèce dont il est le seul représentant est Acinonyx jubatus (du latin jubatus, qui signifie « qui a une crinière »)[15].

Il a également dérivé vers d'autres langues Européennes :

  • guepardo – sa forme espagnole,
  • guepard – sa forme allemande,
  • gepardi – sa forme finnoise,
  • gepardo – sa forme en espéranto.

Il existe néanmoins d'autres origines pour ce nom en Europe, comme par exemple :

  • lobotigre – sa forme portugaise, qui signifie loup-tigre.
  • cheetah – sa forme anglaise, un emprunt au hindî chita, qui peut signifier « panthère » ou « tacheté ».

Domestication

Un guépard domestiqué offert comme tribut au roi de Thèbes en -1700.

Dès le IVe millénaire avant Jésus-Christ, les chasseurs de l'Euphrate ont domestiqué le guépard afin d'en faire un auxiliaire de chasse, tout comme les Égyptiens le firent deux mille ans plus tard. En Europe, au Xe siècle, Guillaume le Conquérant appréciait les chasses à courre originales où le guépard tenait le rôle du lévrier. L'amateur le plus cité reste cependant le Grand Moghol Akbar qui, au XVIe siècle aurait possédé près de mille guépards et traité son favori avec les égards dus à un prince. À la manière des fauconniers, les dresseurs « aveuglaient » le guépard à l'aide d'un capuchon, ne le libérant qu'à l'approche du gibier. Recouvrant la vue, celui-ci se ruait instantanément sur cette cible soudaine. Seuls des animaux sauvages capturés adultes pouvaient être dressés. Des populations entières furent ainsi décimées pour le renouvellement des meutes, ce qui fut l'une des causes principales de la raréfaction des guépards, attestée dès la fin du XIXe siècle de la péninsule arabique jusqu'aux Indes, d'où les guépards ont aujourd'hui disparu. Les rares survivants sur le continent asiatique hantent une petite zone de l'Iran occidental, vraisemblablement le seul pays où l'espèce n'a pas été exterminée.

Importance économique

La peau du guépard était autrefois perçue comme symbole de richesse. Aujourd'hui, le guépard a une importance économique croissante dans l'écotourisme. On le trouve également dans les zoos. Des bénéfices sont également tirés de la commercialisation des petits des guépards comme animaux de compagnie[réf. nécessaire]. Les jeunes guépards sont achetés illégalement car les lois interdisent la propriété individuelle d'animaux sauvages et/ou menacés d'extinction.

Les guépards étaient auparavant chassés car de nombreux agriculteurs estimaient qu'ils constituaient une menace pour le bétail. L'espèce étant menacée, de nombreuses campagnes ont été lancées pour tenter de concilier l'approche des fermiers et le souhait de protection des guépards.

Les gouvernements des pays où le guépard vit en liberté essayent de modifier l’opinion publique quant au guépard : il n’est pas nuisible si on apprend à vivre avec lui, sa conservation est nécessaire pour l’équilibre écologique.

En outre, le gouvernement namibien est épaulé par la Cheetah Conservation Fund (CCF)[16], qui travaille à prévenir les populations et à aider les fermiers à mieux vivre avec le guépard et ainsi à minimiser leur perte de bétail.

Notes et références

  1. L'animal le plus rapide du monde ! (PDF)
  2. a, b, c, d, e et f Référence Animal Diversity Web : Acinonyx jubatus (en)
  3. Peter Jackson et Adrienne Farrell Jackson (trad. Danièle Devitre), Les félins : toutes les espèces du monde, Delachaux et Niestlé, coll. « La bibliothèque du naturaliste », octobre 1996, 272 p. (ISBN 2-603-01019-0)  , « Guépard », p. 44
  4. a et b Christine et Michel Denis-Huot, Les princes de la savane : Léopards et guépard, Paris, Éditions White Star, 2006, 220 p. (ISBN 978-88-6112-013-6) , p. 36
  5. a et b Adrienne Farrell Jackson et Peter Jackson, op. cit., p. 39
  6. (fr) « Un guépard court 100 mètres en 6'13 », dans Zigonet, 16 septembre 2009 [texte intégral (page consultée le 22 septembre 2009)] 
  7. a, b, c, d et e Unasylva, revue de la FAO (brèves du n° intitulé La génétique et les forêts de l'avenir, 1986)
  8. [ http://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/gu%C3%A9pard/178173 Encyclopédie Larousse] (Article « Guépard »
  9. Référence UICN : espèce Acinonyx jubatus (Schreber, 1775) (en)
  10. [1]
  11. Asiatic Cheetah, Wild About Cats. Consulté le 2007-12-07
  12. Asiatic Cheetah, WWF-Pakistan. Consulté le 2007-12-07
  13. a, b et c Rakesh Kalshian (2001), Courrier international, 544, 5 avril.
  14. Julien Bouissou, « L'Inde veut réintroduire le guépard sur son territoire », dans Le Monde, 17 août 2007 [texte intégral (page consultée le 17 août 2009)] 
  15. L'histoire des noms des mammifères - Robert Laffont (cf page 137)
  16. Saint-Marc V. 2002. Assurer la survie du guépard (Acinonyx jubatus) en Namibie: l'action du Cheetah Conservation Fund. In: Chapron G, Moutou F, editors. L'Etude et la Conservation des Carnivores; Paris: Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères SFEPM; 61 p.

Références

Jackson P. & Farrel Jackson A. 1996 - Les Félins. Toutes les espèces du monde. - Del. & Niestl., Lausanne, Paris : 272 pp.

Voir aussi

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Articles connexes

Références taxinomiques

Liens externes


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