Guillaume Tell (Rossini)


Guillaume Tell (Rossini)

Guillaume Tell (opéra)

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Adamo Didur dans Guillaume Tell
Ouverture de Guillaume Tell

Guillaume Tell est un opéra en quatre actes de Gioacchino Rossini, sur un livret de Victor-Joseph-Étienne de Jouy et Hippolyte-Louis-Florent Bis, d'après la pièce de Friedrich von Schiller. Il fut créé le 3 août 1829 à l'Opéra de Paris.

Cet opéra, malgré une musique de grande qualité, dure cinq heures en version originale et est donc aujourd'hui rarement représenté, même en Italie. Comme toujours chez Rossini, la partition abonde en airs de bravoure et un baryton ou un ténor y peut briller de tout son éclat.

Seule l'ouverture, pièce de choix dans un concert, est fréquemment exécutée de nos jours. Avec celle du Barbier de Séville et celle de Semiramide, c'est en effet une des meilleures ouvertures du compositeur grâce à ces moments de calme et de douceur contrastant avec des instants violents ou de fougue impétueuse. L'Allegro vivace final de l'ouverture est extrêmement célèbre (utilisé par exemple dans Orange mécanique ou dans des publicités).

Sommaire

Argument

L'opéra se déroule au XVIIIe siècle et raconte la fameuse histoire de Guillaume Tell qui rassemble les Suisses contre les Autrichiens. Une intrigue secondaire évoque l'amour du patriote Arnold pour l'Autrichienne Mathilde.

Personnages

  • Guillaume Tell (Baryton)
  • Hedwige, son épouse (Soprano)
  • Jemmy, leur fils (Soprano)
  • Gessler, gouverneur (Basse)
  • Mathilde, sœur de Gessler (Soprano)
  • Arnold, prétendant de Mathilde (Ténor)
  • Melchthal, père d'Arnold (Basse)
  • Rodolphe, capitaine dans la garde de Gessler (Ténor)
  • Walter Furst (Basse)
  • Leuthold, un berger (Basse)
  • Ruedi, un pêcheur (Ténor)

Analyse de l'ouverture

L'ouverture est en 4 parties. Une forme sonate y apparaît dans le début, démontrant un grand classicisme mozartien. Toutefois, Rossini y instaure son propre style, perceptible dès les premiers arpèges mêlés aux trémolos des cordes.

La première partie, en mi mineur, Andante dure trois minutes et est en effet jouée uniquement par un quintette de violoncelles (excepté deux petits roulements de timbales (prémices de l'orage?) et quelques pizzicati de cordes). Elle exprime le calme alpin des montagnes suisses. Ce très beau morceau en arpèges et plein de lyrisme est un exemple parfait de maîtrise du contrepoint. Le choix des violoncelles n'est pas surprenant car dans sa jeunesse, Rossini en jouait; cela pourrait donc être un hommage.

La deuxième partie Allegro, toujours en mi mineur, dure environ deux minutes et demie et est joué par tout l'orchestre, il décrit l'orage qui s'abat sur le navire de Tell au troisième acte. Il commence piano par un grondement pressé de violons soutenu par un cor qui reçoit pour réponse trois notes piquées aux bois, trémolo aigu des violons, de nouveau les trois notes piquées. Cet épisode se répète deux fois. A la quatrième fois, l'orchestre se lance dans un oppressant crescendo qui éclate avec force: l'orage, déchaîné, s'abat sur le navire. Suit une descente chromatique des violons libérant Les cuivres qui se déchaînent, les trombones (avec les bassons) jouant notamment une courte mais terrible fanfare. Au milieu, l'orage redouble de violence avec des trémolos suraigus, des cuivres en fureur et des bois vifs. Mais comme dans la Symphonie Pastorale de Beethoven, le déchaînement des éléments finit par s'atténuer dans un diminuendo tout aussi inquiétant et l'orchestre s'immobilise peu à peu, les grondements de l'orage s'évanouissent alors. Un passage tel que l'orage est courant chez Rossini qui dans beaucoup de ses opéras introduit des musiques d'orage (Le Barbier de Séville, la Cenerentola...)

La troisième partie Andantino (environ deux minutes trente) dans la relative de sol majeur exprime la douceur campagnarde. Après un épisode tel que l'orage, il fallait bien un morceau plus serein pour équilibrer. C'est le cor anglais, instrument "pastoral" par excellence qui domine ici. Il interprète et répète un doux ranz des vaches qu'enlace les arabesques de la flûte. Vers la fin, le tempo se ralentit et le ranz semble tourner sur lui-même. La parenté avec la Pastorale est encore plus évidente car dans la symphonie de Beethoven, un chant paysan sous forme de ranz succède à l'orage du quatrième mouvement comme ici.

La quatrième partie Allegro vivace (trois à quatre minutes) en mi majeur, est très célèbre et symbolise la révolte des Suisses contre leur envahisseur autrichien, cette partie peut être jouée de telle manière que l'auditeur en ait le souffle coupé. Un appel de trompettes interrompt brusquement la rèverie du cor anglais. Aussitôt un grand passage pp, presque en crescendo tout à fait style Rossini, construit sur une figure dactylique s'annonce, il commence dans le grave et est fortement interrompu deux fois par un brusque fortissimo. Il s'apparente à merveille à une charge de cavalerie. Enfin, pleine de puissance, éclate la fanfare triomphale ponctuée par la batterie, innarétable même quand des fragments en sont repris piano. le galop (des chevaux?) des dactyles recommence et tutta forza un nouvel épisode étincelant de brio joué deux fois porte l'orchestre dans un sommet victorieux où les violons jouent avec frénésie. Puis tout se calme soudainement, mais l'ardeur ne s'éteint pas car les violons, accompagnés discrètement par les vents, se lancent dans un perpetuum mobile absolument vertigineux construit à partir des motifs précédents. Le tutta forza revient alors, toujours aussi fougueux. La fanfare triomphale reprend de plus belle et de nouveau la transition piano apparaît. Pour la troisième fois, les galops s'élèvent, et se jettent dans l'étourdissante coda.

Stringendo, le tempo s'accélère encore plus, la victoire des Suisses est consommée et l'orchestre s'emballe dans une véritable explosion de joie dionysiaque. Un rappel de la fanfare mène à un déluge d'accords cadentiels, et à une péroraison éclatante qui se termine par une bribe de la fanfare et deux puissants accords syncopés, victorieux, du tutti.

Anecdotes


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