Guerre d'Hiver


Guerre d'Hiver
Guerre d’Hiver
Winter war.jpg
Mitrailleurs finlandais pendant la guerre d’Hiver
Informations générales
Date 30 novembre 1939-13 mars 1940
Lieu Finlande
Issue Indécise
Belligérants
Flag of the Soviet Union (1923-1955).svg Union soviétique Drapeau de Finlande Finlande
Commandants
Kliment Vorochilov
Semion Timochenko
Carl Gustaf Emil Mannerheim
Hjalmar Siilasvuo
Forces en présence
800 000 d'hommes
3 000 chars
3 800 avions
250 000 hommes
30 chars
130 avions
Pertes
391 800 tués
264 900 blessés
3 100 prisonniers
22 830 tués
39 800 blessés
1 000 prisonniers
Seconde Guerre mondiale
Batailles
Front de l’Est

Campagne de Pologne · Guerre d’Hiver · Opération Barbarossa · Guerre de Continuation · Opération Silberfuchs · 1re bataille de Smolensk · Bataille de Kiev (1941) · Siège de Léningrad · Bataille de Moscou · Seconde bataille de Kharkov · Opération Fall Blau ·Poche de Demiansk · Poche de Kholm · Bataille de Stalingrad · Opération Uranus Opération Saturne ·Opération Mars  Bataille de Krasny Bor · Bataille de Koursk · Offensive Ostrogojsk-Rossoch · Bataille de Prokhorovka · 2e bataille de Smolensk · Bataille du Dniepr · Bataille de Tcherkassy · Opération Bagration · Insurrection de Varsovie · Guerre de Laponie · Bataille de Budapest · Siège de Breslau · Bataille de Königsberg · Offensive de Vienne · Bataille de Seelow · Bataille de Bautzen  · Bataille de Berlin (et prise du Reichstag) · Insurrection de Prague · Offensive de Prague


Front d’Europe de l’Ouest


Campagnes d'Afrique et du Moyen-Orient


Bataille de l’Atlantique


Campagnes de Méditerranée et d'Europe du Sud


Guerre en Asie et dans le Pacifique


Guerre sino-japonaise

La guerre d'Hiver (talvisota en finnois, vinterkriget en suédois, Зимная война en russe), connue également sous le nom de guerre soviéto-finlandaise ou guerre russo-finlandaise, éclata avec l'invasion de la Finlande par l'Union soviétique, le 30 novembre 1939, après l'échec des négociations engagées par les Soviétiques avec les Finlandais dans le but de créer des avant-postes pour protéger la ville de Léningrad, très proche de la frontière, d'une éventuelle attaque de l'Allemagne nazie (la Finlande étant perçue par les soviétiques comme susceptible de collaborer, au moins passivement, avec l'Allemagne nazie).

Cette attaque fut jugée illégale par la Société des Nations dont fut en conséquence exclue l'URSS, le 14 décembre. La résistance acharnée des Finlandais face aux forces de l'Armée rouge, qui luttaient pourtant à 4 contre 1, dura jusqu'au traité de Moscou du 12 mars 1940. Outre ses lourdes pertes humaines, la Finlande se voyait dépossédée aux termes de ce traité de 10 % de son territoire et de 20 % de son potentiel industriel.

Les résultats de la guerre furent mitigés. Bien que l’Armée rouge parvînt finalement à percer les lignes de défense finlandaises, ni l'URSS ni la Finlande n'en sortirent indemnes. Les pertes soviétiques au front furent importantes, et la renommée internationale du pays en souffrit. Pire encore, les qualités combatives de l'Armée rouge furent mises en doute, fait que certains tiennent comme ayant contribué à la décision de Hitler de lancer l'opération Barbarossa. Les Soviétiques réussirent cependant à s'emparer de l'isthme de Carélie, obtenant ainsi par la force ce qu'ils n'avaient pas réussi à obtenir par la négociation. Les Finlandais conservèrent quant à eux leur souveraineté et gagnèrent en reconnaissance à l'échelle internationale.

Le traité du 12 mars coupa court aux préparatifs franco-anglais visant à l'envoi d'une force de soutien à la Finlande via le nord de la péninsule Scandinave. L'invasion par l'Allemagne du Danemark et de la Norvège le 9 avril 1940 (opération Weserübung) détourna par la suite l'attention mondiale vers la bataille pour la possession de la Norvège.

La guerre d'Hiver est considérée par certains[Qui ?] comme un désastre militaire pour l'Union soviétique, ainsi que comme une preuve tangible de la faiblesse inhérente au système communiste. Néanmoins, Staline réalisa après ce fiasco qu'un contrôle politique poussé sur l’armée était irréalisable. Après la guerre d'Hiver, le Kremlin initia un mouvement visant à réinstaller aux commandes de l’Armée rouge des officiers aguerris et à moderniser ses forces, décision judicieuse qui permet aux Soviétiques de résister à l'assaut allemand. On peut toutefois remarquer à ce sujet que la Wehrmacht n'était pas, elle non plus, prête pour une offensive dans des conditions hivernales, comme en 1941.

Sommaire

Contexte

La ligne Mannerheim fut le théâtre de certains des combats les plus acharnés de la guerre.

La Finlande faisait depuis longtemps partie du Royaume de Suède lorsqu'elle fut conquise par la Russie impériale en 1809. Elle devint alors un État tampon autonome protégeant la capitale russe Saint-Pétersbourg. Après la Révolution d'octobre qui amena les communistes au pouvoir de la Russie, le Grand-duché de Finlande se déclara indépendant le 6 décembre 1917. De forts liens se tissèrent entre la Finlande et l'Empire allemand lorsque celui-ci soutint le mouvement séparatiste clandestin finlandais pendant la Première Guerre mondiale. Durant la guerre civile finlandaise qui s'ensuivit, les chasseurs (Jägers) finlandais entraînés par les Allemands et les troupes régulières allemandes jouèrent un rôle crucial. Seule la défaite de l'Allemagne à la fin de la Première Guerre mondiale empêcha l'établissement d'une monarchie vassale de l'Allemagne en Finlande, avec Frédéric-Charles de Hesse-Cassel comme roi de Finlande. Après la guerre, les liens finno-allemands restèrent étroits, sans que le régime nazi inspirât une grande sympathie en Finlande.

Les relations entre l'Union soviétique et la Finlande furent en revanche très tendues. Les deux périodes de russification forcée au tournant du siècle, et les souvenirs du soulèvement socialiste raté lors de la guerre civile contribuant à une forte méfiance mutuelle. Staline craignait que l'Allemagne nazie ne l'attaque et, la frontière soviéto-finlandaise se situant à 32 kilomètres seulement de Leningrad, la Finlande pouvait constituer une parfaite base de départ pour une attaque allemande. En 1932, l'Union Soviétique signe un pacte de non-agression avec la Finlande. L'accord fut confirmé en 1934 pour dix ans. En prévision d'un possible conflit, le gouvernement finlandais achète, le 12 octobre 1937, des Fokker D.XXI pour moderniser son aviation.

En avril 1938 l'Union soviétique initia des négociations diplomatiques avec la Finlande pour tenter d'améliorer leur défense mutuelle contre l'Allemagne. Les Soviétiques revendiquaient principalement leur crainte d'une attaque allemande contre Leningrad utilisant la Finlande comme tête de pont. Plus d'un an passa sans que la situation évoluât, alors que l'Europe marchait inexorablement vers la guerre.

Le 23 août 1939, le Troisième Reich et l'Union soviétique signèrent un pacte de non-agression, le pacte germano-soviétique. Ce pacte comprenait une clause secrète visant à partager en « zones d'influence » les pays situés entre les deux puissances. En particulier, la Finlande se retrouvait dans la zone attribuée à l'Union soviétique tandis que la Pologne était partagée en deux. En septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne, provoquant une réaction soviétique symétrique : le pays est partagé selon la clause secrète du pacte.

Carte montrant les paroisses de Repola et Porajärvi

Le 9 octobre 1939, l'URSS relança les négociations qu'elle avait initiées avec la Finlande dès avril 1938. Le 14 octobre, le ministre des affaires étrangères soviétiques demanda à l’envoyé spécial finlandais Juho Kusti Paasikivi la location pour trente ans du port de Hanko, qui commandait l'entrée du golfe de Finlande et permettrait aux Soviétiques de contrôler celui-ci, rendant impossible son blocus par l'Allemagne nazie. Le recul de la frontière sur l'isthme de Carélie (laissant cependant la plus grande partie de la ligne Mannerheim) fut également demandé afin de mettre Leningrad hors de portée d'une artillerie lourde ennemie. Enfin, l'URSS demanda une rectification de frontière à l'extrême nord englobant la région de Petsamo, comprenant le port de Liinahamari, unique accès finlandais sur la mer de Barents et riche en nickel[1] afin de contrôler les abords du port de Mourmansk, seul port soviétique libre de glace toute l'année. Au total, c'est 2 750 km² que demanda l'URSS à la Finlande, proposant de lui céder en échange 5 527 km² autour de Repola et Porajärvi, une région lacunaire peu peuplée de la république socialiste soviétique autonome de Carélie[2],[3].

Les Finlandais sont prêts à accepter, sauf en ce qui concerne la location de Hanko, qui donnerait à leurs voisins le contrôle absolu du golfe de Finlande et de la région la plus importante de leur pays. Les Soviétiques refusent de négocier plus leurs exigences, conduisant les Finlandais à abandonner les pourparlers le 13 novembre 1939.

Face au refus finlandais, l'URSS mit en scène le bombardement de Mainila, le 26 novembre : l'artillerie soviétique bombarda les environs du village russe de Mainila, proche de la frontière, tuant quatre soldats de l'armée rouge, en accusant l'artillerie finlandaise et exigeant des excuses auprès de la Finlande. Cette dernière ne céda pas, et l'URSS résilia deux jours plus tard le pacte de non-agression de 1932 entre les deux pays, puis franchit la frontière le 30 novembre, entamant sans sérieux préparatifs militaires ce qui devint la Guerre d'hiver [4].

Au sujet de ce refus finlandais, le président finlandais Urho Kekkonen déclara à ce sujet, en septembre 1963, que « Maintenant, plus de 20 ans après, si nous nous mettons dans la position de l'Union soviétique, puis en considérant l'attaque allemande en 1941, alors les considérations qu'avaient, et que se devaient d'avoir les Soviétiques quant à leur sécurité à la fin des années 1930, deviennent compréhensibles ».

Déroulement

Direction des attaques de l'Armée rouge et disposition des principales formations.

L'Union soviétique se saisit de ce prétexte pour contourner le pacte de non-agression. Le 30 novembre, les Soviétiques attaquèrent avec 23 divisions, totalisant 450 000 hommes. Ils atteignirent rapidement la principale ligne de défense finlandaise, la ligne Mannerheim, en franchissant l'isthme de Carélie, pendant qu'une escadrille bombardait Helsinki.

Chasseurs à ski finlandais au nord de la Finlande, le 12 janvier 1940.

Un gouvernement fantoche fut installé dans la ville frontalière finlandaise de Terijoki (maintenant Zelenogorsk) le 1er décembre 1939, appelé « gouvernement de la République démocratique finlandaise », et dirigé par Otto Wille Kuusinen, le fondateur du Parti communiste de Finlande, tant pour les aspects diplomatiques (le « pays » fut immédiatement reconnu par l'Union soviétique) que les aspects militaires (espérant ainsi encourager les socialistes de l'armée finlandaise à déserter). Cette république ne fut pas un grand succès, mais dura jusqu'au 12 mars 1940, et fut alors intégrée à la République socialiste soviétique carélo-finnoise.

Au début du conflit, la Finlande avait une armée dont les effectifs mobilisables atteignaient seulement 180 000 hommes, mais ces troupes se transformèrent en un adversaire féroce, employant la technique d'encerclement dite « motti », accomplie par de petits groupes de skieurs très rapides en tenue de camouflage blanches et faisant usage de leur connaissance du terrain. Un certain type de bombe incendiaire, inspiré de celles utilisées lors de la guerre civile espagnole fut utilisé avec beaucoup de succès, et devint célèbre sous le nom de cocktail Molotov.

Les conditions de l'hiver 1939-1940 furent terribles : des températures inférieures à -40 °C furent courantes, et les Finlandais furent capables d'utiliser l'Hiver à leur avantage. Souvent, ils préféraient attaquer leurs ennemis dans des conditions de combat inhabituelles, notamment en visant les cuisines roulantes et choisissant les rassemblements de soldats russes serrés autour d'un feu de camp. La forêt, le froid et les longues nuits d'hiver servirent la cause des soldats finlandais, pour la plupart paysans ou bûcherons.

De plus, à la grande surprise tant des Soviétiques que des Finlandais, la majorité des communistes dans l'armée finlandaise ne déserta pas, se battant au contraire aux côtés de leurs compatriotes contre un ennemi commun dont ils désapprouvaient l'initiative. En effet, de nombreux communistes finlandais avaient émigré en URSS après la révolution manquée pour participer à la construction de l'« idéal socialiste », mais beaucoup périrent lors des Grandes Purges orchestrées par Staline. Cela conduisit à de grandes désillusions dans les rangs des socialistes finlandais qui en vinrent à haïr le régime stalinien.

Autre facteur, les grandes avancées accomplies par la société finlandaise après la guerre civile permirent que les lois de la république de Finlande évoluent afin de réduire le fossé qui séparait les différentes classes de la société finlandaise. Cette guérison partielle des blessures de la guerre civile de 1918, ainsi que le particularisme linguistique finlandais, sont toujours désignés comme l’« esprit de la guerre d'Hiver », bien qu'il faille également noter que de nombreux communistes finlandais ne furent pas autorisés à combattre dans l'armée de conscrits finlandaise du fait de leur appartenance politique.

L'arrogance et l'incompétence des Soviétiques ont aussi eu leur importance. Les attaquants ne s'attendaient pas à une telle résistance et avaient même lancé l'invasion au son des orchestres militaires en anticipation d'une rapide victoire. Des témoignages rapportèrent le tableau de soldats soviétiques avançant bras dessus, bras dessous, vers les lignes finlandaises, joignant leurs voix aux hymnes soviétiques des orchestres. À cause des purges staliniennes, le commandement soviétique avait perdu 80 % de son effectif en temps de paix. Les remplaçants étaient généralement moins compétents mais plus « loyaux » envers le régime et leurs supérieurs, surtout depuis que Staline avait fait chapeauter les hauts commandants par des commissaires politiques. Certaines tactiques employées, déjà obsolètes lors du premier conflit mondial, étaient appliquées par les officiers directement « à partir des livres », puisque toute initiative personnelle qui aurait abouti à un échec faisait courir le risque d'être exécuté. De nombreuses pertes soviétiques sont ainsi imputables aux commandants refusant de battre en retraite ou s'étant vu refuser l'autorisation de le faire.

L'armée soviétique était également mal préparée pour une guerre dans des conditions de froid intense, ainsi que dans les zones forestières. Les véhicules utilisés étaient vétustes et incapables de résister au froid. Leurs moteurs gelaient rapidement, et il fallait les faire tourner 24 heures sur 24 pour pouvoir espérer utiliser les véhicules au moment opportun. Cela n'allait pas sans des pannes d'essences ou des casses moteurs. L'une des plus grande défaite dans l'histoire de l'Armée rouge eut lieu lors des combats de la route de Raate durant la bataille de Suomussalmi. La 44e division d'infanterie soviétique (soit environ 25 000 hommes) fut presque intégralement détruite après s'être engagée sur un chemin forestier où elle tomba droit dans une embuscade tendue par l'unité finlandaise « Osasto Kontula » (300 hommes). Cette petite unité bloquait l'avancée de la division soviétique, lorsque le colonel finlandais Siilasvuo et sa 9e division (soit 6 000 hommes) coupa la retraite aux Soviétiques, divisant leurs forces en petits groupes qui furent anéantis un à un. Les pertes soviétiques s'élevèrent à 23 000 hommes, contre 800 chez les Finlandais. De plus, ceux-ci capturèrent 43 chars, 71 canons d'infanterie ou antiaériens, 29 canons antichars, des véhicules de patrouille blindés, des tracteurs, 260 camions, 1 170 chevaux, des armes d'infanterie, des munitions, du matériel médical et de transmission.

L’un des premiers type de bombe à sous-munitions, la RRAB-3 utilisé par l'armée de l'air soviétique contre la Finlande entre 1939 et 1940.

Les Soviétiques ne parvinrent pas à tirer parti de leur supériorité numérique au début de la guerre. La Finlande massa en effet 130 000 hommes et 500 canons dans l'isthme de Carélie, principal théâtre d'opération du conflit ; dans le même temps, les Soviétiques attaquaient avec seulement 200 000 hommes, 900 canons et 1 000 chars, qui furent gaspillés et subirent des pertes colossales.

Char Vickers 6-Ton, acheté par la Finlande. Présenté au musée de la forteresse Suomenlinna à Helsinki.

La pénurie de matériel du côté finlandais vaut la peine d'être considérée. Au début du conflit, seuls les soldats ayant reçu un entraînement de base avaient des armes et des uniformes. Les autres devaient se débrouiller avec leurs propres vêtements auxquels était ajouté un semblant d'insigne. Ces « uniformes » dépareillés furent surnommés « uniformes Cajander » d'après le nom du premier ministre Aimo Cajander. Les Finlandais réduisirent ces problèmes de pénurie en faisant un emploi intense de l'équipement, des armes et des munitions prises à l'ennemi. Par chance, l'Armée n'avait pas changé le calibre standard de ses armes depuis l'indépendance, et les munitions soviétiques pouvaient être immédiatement réutilisées. En envoyant des soldats mal entraînés et mal dirigés, les Soviétiques fournirent l'occasion aux Finlandais de se constituer un important arsenal de prises au début du conflit, ce qui facilita les prises ultérieures.

Deux autres points méritent d'être mentionnés. La majorité des troupes de l'Armée rouge venait, lors de la guerre d'Hiver, du sud de l'Union soviétique, Staline craignant que des troupes levées dans les régions limitrophes de la Finlande ne refusassent de se battre contre les Finlandais. Ces soldats venus de lointaines contrées n'avaient aucune expérience de l'hiver arctique et étaient incapables de survivre en forêt, sans même parler d'aptitudes au combat dans cet environnement. A contrario, les Finlandais portaient simplement leur propre tenue d'hiver et avaient passé leur vie dans cet environnement, une grande majorité de la Finlande étant rurale. De plus, l'hiver fut cette année-là l'un des pires que la Finlande ait jamais connus.

La guerre aérienne pendant la guerre d'Hiver vit la Finlande inventer le vol en formation « finger four » (quatre avions, deux en haut, deux en bas, les deux paires se séparant en situation de combat, une paire se portant assistance mutuelle sans s'occuper des deux autres appareils). Cette méthode était non seulement bien supérieure à la tactique soviétique de la patrouille de trois appareils volant en delta, mais fut adoptée par la plupart des belligérants du deuxième conflit mondial et sert encore aujourd'hui. Cette technique de chasse et la volonté d'en découdre des pilotes finlandais, quelles que fussent leurs chances de réussite, contribuèrent à empêcher les bombardiers soviétiques d'infliger les dommages espérés aux positions finlandaises, aux villes et aux populations.

Interventions étrangères

La cause finlandaise fut embrassée majoritairement dans l'opinion publique mondiale. La Seconde Guerre n'avait pas encore sa dimension « mondiale » : depuis l'invasion de la Pologne par l'Allemagne et l'URSS, seule la Finlande tenait encore tête au pacte Hitler-Staline signé à l'été 1939, les États-Unis étant neutres, la Grande-Bretagne et la France inactives (période dite de la « drôle de guerre ») ; à cette période, la guerre d'Hiver était le seul véritable champ de bataille, et attirait de fait le regard mondial. L'agression soviétique était majoritairement jugée comme injustifiée, comme l'avait été, un mois plus tôt, la destruction de la Pologne, et la Finlande était clairement perçue comme un pays allié. Différentes organisations internationales envoyèrent de l'aide, comme du matériel médical. Les Finlandais émigrés au Canada ou aux États-Unis retournèrent dans leur pays d'origine, et de nombreux volontaires (dont le futur acteur Christopher Lee) rejoignirent les forces finlandaises : 1010 Danois, 895 Norvégiens, 372 Ingriens, 346 Finlandais expatriés, 210 volontaires d'autres nationalités rallièrent la Finlande avant la fin des hostilités. Les correspondants de guerre à Helsinki relatèrent, en les exagérant fortement, les victoires des soldats finlandais et célébrèrent leur ingéniosité supposée.

La Suède, qui s'était déclarée non belligérante dans ce conflit (plutôt que neutre comme dans la guerre opposant l'Allemagne nazie et les puissances occidentales), fournit du matériel militaire, des fonds et des prêts monétaires, de l'aide humanitaire et 8 700 volontaires suédois à la Finlande. Son action la plus significative fut sans doute l'envoi du Corps des Volontaires de l'armée de l'air suédoise, actif à partir du 7 janvier, avec 12 chasseurs, 5 bombardiers et 8 avions de reconnaissance ou de transport, soit environ un tiers des forces aériennes suédoises de l'époque. Les pilotes et rampants volontaires provenaient des rangs mêmes de l'Armée de l'air. L'as Carl Gustav von Rosen, (beau-frère d'Hermann Göring), se porta volontaire de manière indépendante. La Finlande put également compter sur environ 900 ouvriers et ingénieurs volontaires dans ses usines.

Le Corps des Volontaires suédois, avec 8 420 hommes en Finlande – seule formation importante de volontaires ayant achevé leur entraînement avant la fin du conflit – commença à relever cinq bataillons finlandais à Märkäjärvi à la mi-février. Côte à côte avec les trois bataillons finlandais restants, le corps expéditionnaire lutta contre deux divisions soviétiques, et se préparait à attaquer à la mi-mars, lorsque le traité de paix en interrompit les préparatifs. 33 hommes furent tués au combat, parmi lesquels le commandant du premier bataillon, le lieutenant-colonel Magnus Dyrssen.

Les volontaires suédois restent encore aujourd'hui un sujet de controverse entre la Suède et la Finlande. Les pourparlers internes qui eurent lieu dans les années immédiatement avant la guerre laissaient espérer un soutien bien plus important à la Finlande de la part de la Suède, notamment en termes de troupes régulières. Cela aurait peut-être permis à la Finlande de repousser l'assaut soviétique et même de ne pas être attaquée du tout.

Néanmoins, l'aide apportée par les volontaires, notamment scandinaves, fut appréciée par les Finlandais. Cela peut notamment s'illustrer par la présence pendant la campagne de Norvège d'une unité médicale de volontaires finlandais aidant les défenseurs contre l'invasion allemande en avril 1940. Mais ceux-là retournèrent bientôt en Finlande, du fait de la rapide victoire des Allemands.

Les plans franco-britanniques pour la Scandinavie

Au bout d'un mois, le commandement soviétique commence déjà à envisager un traité de paix, et le gouvernement finlandais reçoit (via le gouvernement suédois) le 29 janvier les premiers émissaires pour arranger le traité. Jusqu'alors, la Finlande était déjà engagée dans la lutte pour son existence et son indépendance en tant qu'État souverain. Lorsque les rumeurs de pourparlers entre les deux belligérants arrivèrent aux gouvernements de Paris et de Londres, les initiatives concernant un éventuel soutien militaire changèrent radicalement de forme. À présent, la Finlande ne se battait donc « que » pour conserver un maximum de territoires autour de Leningrad. Cependant, pour ne pas atteindre le moral des troupes et la confiance de l'opinion publique, aucune de ces informations ne fut publiée, que ce soit en Finlande ou ailleurs. Il fallait que le conflit demeurât un combat à mort de la Finlande dans l'opinion publique.

Les Franco-Britanniques offrirent leur aide en contrepartie d'un droit de passage au travers de la Norvège et de la Suède, alors neutres, plutôt que de passer par le port finlandais de Petsamo. La raison pour cela réside dans leur vœu d'occuper la région métallifère des districts de Kiruna et de Malmberget.
(Frontières de 1920-1940.)

En février 1940, les Alliés offrirent leur aide : le plan approuvé le 5 février par le Haut Commandement Allié prévoyait l'envoi de 100 000 Anglais et de 35 000 Français qui devaient débarquer dans le port norvégien de Narvik, et aller soutenir la Finlande via la Suède tout en sécurisant des corridors d'approvisionnement tout au long de leur parcours. Il fut convenu que le plan serait lancé le 20 mars, à condition que les Finlandais appelassent à l'aide. Le 2 mars, les forces alliées demandèrent officiellement des droits de passage aux gouvernements norvégiens et suédois. La France et l'Angleterre espéraient par cette manœuvre faire basculer dans leur camp les deux pays nordiques encore neutres, et les engager à renforcer leurs positions contre l'Allemagne — Bien qu'Hitler ait, en décembre, déclaré au gouvernement suédois que la présence sur son sol de troupes alliées entraînerait immédiatement son invasion par l'Allemagne, ce qui signifiait en pratique que l'Allemagne nazie s'installerait dans la partie peuplée au Sud de la Suède, tandis que les Alliés iraient combattre dans le grand Nord.

Cependant, seule une petite partie de ces troupes était destinée à la Finlande. On avait par exemple négligé les possibilités qu'offrait le port de Petsamo, libre de toute glace et permettant d'entrer directement en territoire finlandais. On soupçonnait alors que l'objectif réel de cette opération fût de capturer et d'occuper le port de Narvik ainsi que la région montagneuse renfermant les champs métallifères du nord de la Suède, d'où provenait la majorité du minerai de fer utilisé par le Troisième Reich pour son effort de guerre. Si les troupes franco-britanniques tentaient cette opération, la zone pouvait devenir un champ de bataille pour les armées alliées et celles du Troisième Reich. En conséquence, la Norvège et la Suède refusèrent le droit de passage. On apprit seulement après la guerre qu'effectivement, les troupes alliées avaient pour instruction d'éviter tout combat avec les troupes soviétiques.

Le plan franco-britannique prévoyait initialement de capturer la Scandinavie au nord d'une ligne StockholmGöteborg ou StockholmOslo, suivant le concept britannique de la ligne des Lacs, selon la ligne formée par les lacs de Mälaren, Hjälmaren et Vänern, qui aurait constitué une bonne ligne de défense naturelle longue de 1700-1900 kilomètres au sud de Narvik. Cette ligne des Lacs ainsi définie passe par les deux plus grandes villes suédoises, ce qui aurait eu pour conséquence la présence dans la zone des combats éventuels de la plus grande partie de la population suédoise, ou leur occupation pure et simple par les troupes de l'Axe. Plus tard, les ambitions de l'opération furent restreintes à la moitié nord de la Suède et la zone côtière adjacente appartenant à la Norvège.

Le gouvernement suédois, dirigé par le premier ministre Per Albin Hansson, refusa donc de permettre le transit de troupes armées au travers du territoire suédois. Bien que la Suède ne se fût pas déclarée neutre dans la guerre d'Hiver, elle était neutre dans le conflit opposant la France et l'Angleterre à l'Allemagne. À l'époque, permettre le passage de troupes alliées sur son territoire aurait été considéré comme une entorse trop grande aux lois sur la neutralité.

Le cabinet suédois décida également de rejeter les demandes répétées de la Finlande de lui fournir des troupes régulières, et finit même par faire comprendre que son soutien en armes et en munitions ne serait pas éternel. En termes diplomatiques, la Finlande se trouvait donc coincée entre les désirs des Alliés de voir le conflit se prolonger et les craintes de ses voisins scandinaves de voir la guerre s'étendre à leurs pays (ou l'afflux de réfugiés consécutifs à une défaite finlandaise). Ainsi, la Wilhelmstrasse proposa ses conseils intéressés pour un traité de paix et des concessions — les Allemands suggérant que des concessions « peuvent toujours être réparées plus tard. »

Tandis que Berlin et Stockholm faisaient pression sur Helsinki pour qu'elle accepte les termes du traité de paix, Paris et Londres avaient des objectifs inverses. Successivement, plusieurs plans furent proposés aux Finlandais. Tout d'abord, la France et la Grande-Bretagne promirent l'envoi de 20 000 hommes avant la fin de février, à la condition implicite que sur leur route vers la Finlande ils puissent avoir des facilités pour occuper le nord de la péninsule Scandinave.

Fin février, le commandant en chef des forces finlandaises, le maréchal Carl Gustaf Emil Mannerheim, était pessimiste au regard de la situation militaire. C'est pourquoi, le 29 février, le gouvernement décida d'entamer des négociations de paix. Le même jour, les Soviétiques débutaient leur attaque contre Viipuri (Vyborg en suédois).

Lorsque les puissances alliées réalisèrent que la Finlande pensait sérieusement à un traité de paix, elles lui firent une nouvelle proposition d'aide : 50 000 hommes seraient envoyés si la Finlande lançait un appel à l'aide avant le 12 mars. Comme évoqué plus haut, seuls 6 000 d'entre eux lui étaient réellement destinés. Le reste devait aller à la sécurisation des champs miniers de Suède.

Malgré la faiblesse du contingent qui devait atteindre la Finlande, l'espionnage fit parvenir la nouvelle à Moscou, ce qui contribua fortement à sa décision de signer le traité de paix. On prétend ainsi que sans la menace d'une intervention des Alliés, rien n'aurait empêché que les Soviétiques conquissent intégralement la Finlande, au moyen de leur réserve de troupes apparemment infinie.

L’armistice

À la fin de l'hiver, il devint clair que les forces russes étaient épuisées, et les entremetteurs allemands suggérèrent à la Finlande que le temps était venu de négocier avec l'URSS. Les pertes soviétiques étaient lourdes et la situation militaire compromettait le régime soviétique. Avec le dégel du printemps qui approchait, les forces de l'Armée rouge risquaient de se trouver embourbées dans les forêts finlandaises, et une première version du traité de paix fut soumis à la Finlande le 12 février. Non seulement les Allemands, mais aussi les Suédois furent soulagés d'entrevoir enfin une fin à la guerre d'Hiver, craignant tous un effondrement de leur voisin finlandais. Devant les hésitations du gouvernement finlandais face aux conditions très dures des Soviétiques, le roi Gustave V de Suède, lors d'une allocution publique, précisa qu'il ne donnerait pas de suite aux demandes finlandaises d'envoi de troupes régulières.

Fin février, les Finlandais avaient épuisé leurs réserves de munitions. De ce fait, les Soviétiques étaient finalement parvenus à percer la ligne Mannerheim, infranchissable jusqu'alors. Finalement, le 29 février, le gouvernement finlandais accepta de s'asseoir à la table des négociations. Au 5 mars, les troupes soviétiques avaient avancé de 10 à 15 kilomètres au-delà de la ligne de défense, abordant la banlieue de Viipuri. Le gouvernement proposa un armistice ce même jour, mais les Soviétiques, souhaitant maintenir la pression, le rejetèrent le jour suivant. En fait, les combats continuèrent jusqu’à la signature du traité de paix.

La situation de l'armée finlandaise dans l'isthme de Carélie lors de la cessation des hostilités posa longtemps question, même après guerre. Des ordres avaient en effet déjà été donnés afin de préparer la retraite vers la deuxième ligne de défense, dans le secteur de Taipale. En mars 1940, à l'ouverture des vannes de canal de Saimaa, l'augmentation du niveau d'eau permit à l'armée finlandaise d'isoler les troupes soviétiques. Les estimations portant sur combien de temps de telles opérations de retraite graduelle auraient pu retarder l'avance des Soviétiques varient entre quelques jours et deux mois, avec une valeur moyenne de quelques semaines, en tout cas trop peu de temps pour permettre une intervention étrangère à même de retourner la situation.

On suppose également que, comme Staline avait pratiquement annihilé toutes les structures de renseignement au cours de ses purges, cela avait compromis les contacts possibles avec ses espions en Finlande et ailleurs, et que ses agents, apeurés, avaient tendance à rédiger le type de rapports qu'ils supposaient vouloir être lus à Moscou. Ainsi, il se peut que Staline n'ait pas été au courant de la situation réelle au front et dans les pays alliés durant le conflit.

Soldats de l'Armée rouge gelés

Les renseignements soviétiques parvinrent cependant à informer leur commandement des plans d'intervention dans le conflit que préparaient les Alliés, mais pas de leurs détails ni du manque de préparation de ceux-ci. De ce fait, les Soviétiques se sentirent contraints de rechercher un moyen prématuré de sortir de la guerre avant que les Alliés intervinssent et déclarassent la guerre à l'Union soviétique.

En quatre mois de combats, l'Armée rouge connut des pertes énormes. Les pertes varient énormément d'une estimation à une autre — depuis 48 000 tués, morts des suites de leurs blessures et disparus, comme indiqué par les officiels soviétiques immédiatement après la guerre. Selon des recherches récentes, l'estimation courante la plus fiable chiffre les pertes soviétiques à 391 800 hommes. Les pertes finlandaises se limitent quant à elles à environ 22 830 hommes.

Le traité de Moscou

La guerre d'Hiver : concessions territoriales finlandaises
Article détaillé : Traité de Moscou (1940).

Selon le traité de paix établi à Moscou le 12 mars 1940, la Finlande devait céder à l'URSS la partie finnoise de la Carélie, dont la ville de Viipuri, deuxième du pays. Les exigences du traité représentaient environ 10 % des zones industrialisées de Finlande, dont certains territoires toujours tenus par l'armée finlandaise. Quelque 422 000 Caréliens, soit 12 % de la population finlandaise avant guerre, se trouvèrent donc du jour au lendemain sans logement. Selon les termes du traité, les civils et les militaires qui stationnaient dans les zones cédées devaient partir au plus vite, ils fuirent en colonnes pour rejoindre le territoire finlandais amputé. Seul un faible nombre de villageois restèrent sur leurs terres désormais sous la houlette des Soviétiques.

La Finlande devait également donner une partie de la région de Salla, la péninsule de Kalastajansaarento sur la mer de Barents et quatre îles du golfe de Finlande. La péninsule d'Hanko était quant à elle louée à l'Union soviétique pour 30 ans, afin d'y établir une base navale. Enfin, bien qu'ils l'aient capturée au cours de la guerre, les Soviétiques durent restituer la région de Petsamo à la Finlande.

Au final, les termes du traité furent très désavantageux pour la Finlande. L'URSS put obtenir la totalité de ses revendications d'avant guerre, avec en plus la ville de Vyborg (Viipuri). Lors de ce conflit, on put donc remarquer que la sympathie de la SDN, des Alliés et de la Suède ne servirent pas à grand-chose. Et un an plus tard, les combats reprirent lors de la guerre de Continuation.

La question carélienne après-guerre

Après la guerre, les autorités locales caréliennes, les paroisses et les organisations provinciales fondèrent l'association Karjalan Liitto pour défendre les droits et les intérêts des Caréliens évacués et pour trouver un moyen de les faire rentrer en Carélie. Pendant la guerre froide, le président Urho Kekkonen tenta à plusieurs reprises de négocier avec les autorités soviétiques le retour de la Carélie dans le giron finlandais, mais sans succès. Puis, personne n'en fit plus la demande officielle.

Après la chute de l'Union soviétique, la controverse revint sur le devant de la scène. Certains groupes minoritaires finnois demandaient depuis longtemps la rétrocession pacifique des territoires perdus à la Finlande. Le groupe le plus actif dans ce domaine est sans doute ProKarelia. Lors des dernières élections, ses revendications rassemblèrent entre 26 % et 36 % des suffrages en Finlande. Et bien que le retour pacifique des territoires cédés par la Finlande fasse partie de ses idées, Karjalan Liitto est pour l'instant restée en retrait sur cette question.

Principales batailles

Conséquences

Pour les deux camps, le résultat de la guerre a été mitigé. Bien que les forces soviétiques ne soient pas parvenues à traverser la défense finlandaise, ni l'Union soviétique ni la Finlande ne sont sortis du conflit indemnes. Les pertes soviétiques sur le front étaient énormes, et le prestige international du pays en a souffert. Plus mauvais encore, les capacités de combat de l'Armée rouge ont été remises en question, cela a contribué fortement à la prise de décision par Hitler de déclencher l'opération Barbarossa. En conclusion, les forces soviétiques n'ont pas atteint leur premier objectif qui était la conquête de la Finlande, mais ont gagné une cession de territoire le long du lac Ladoga. Les Finlandais ont, quant à eux, maintenu leur souveraineté et ont gagné un intérêt international considérable, malgré les fortes pertes de territoires.

Les préparatifs franco-britanniques voués à venir en aide à la Finlande par le Nord de la Scandinavie (campagne de Norvège), en occupant par la même occasion la région et ses mines de fer, précipita l'invasion du Danemark et de la Norvège (opération Weserübung) par l'Allemagne nazie moins d'un mois après la guerre.

La guerre d’Hiver est considérée par certains comme un désastre militaire pour l'Union soviétique et a été interprétée comme un indice de faiblesse inhérent au système soviétique. Il faut tenir compte qu'aucune des grandes armées occidentales, pas même la puissante Wehrmacht comme on allait pouvoir le constater en 1941, n'était préparée au combat hivernal offensif. Après la guerre d’Hiver, le Kremlin lança un processus de recrutement d'officiers qualifiés et de modernisation de ses forces; une décision importante qui permit aux Soviétiques de résister à la menace allemande.

Le désir de récupérer ses territoires couplé à la défaite alliée en France conduisit la Finlande à se rapprocher de l'Allemagne et à jouer un rôle lors de l'opération Barbarossa.

La guerre d’Hiver dans la culture

Littérature

Immédiatement après cette guerre, bon nombre de jeunes anciens combattants décrivirent leur expérience. Trois de ces récits ont été traduits en français :

  • Sous la voûte de feu (Tuliholvin alla), Eino Hosia, trad. Aurélien Sauvageot, S.P.L.E. 1944.

L'auteur, E. Hosia, est mort lors de la guerre de Continuation, en 1941.

  • La guerre dans le désert blanc (Korpisotaa), Pentti Haanpää, trad. Aurélien Sauvageot, Gallimard, 1942.

L'odyssée du soldat Puumi (chap. XVI-XVII) donne un bel exemple du fameux sisu.

  • La patrie rachetée (Lunastettu Maa), Viljo Saraja, trad. H.Svartström et S.J.Kaja, éd. Les Écrits, 1943.

Autres lectures

  • De Jong, Peter. Le Fokker D.21 (Collection Profils Avions 9).Outreau, France: Éditions Lela Presse, 2005. ISBN 2-914017-26-X.
  • Stenmain, Kari, La guerre d'hiver 1939-1940: Staline attaque la Finlande, revue Batailles Aériennes no.32, 2005.
  • Stenmain, Kari, Les Messerschmitt Bf 109 finlandais, revue Avions HS.8, 1999.
  • Stenman, Kari, Urho Lehtovaara: le plus grand as sur MS 406 était... Finlandais!, revue Avions no.176, Juillet-août 2010.
  • Thers, Alexandre & Serbanescu, Horia Vladimir, L'Armée finlandaise, 1939-1944 (1e partie), Magazine Armes Militaria no.128, mars 1996.
  • Thers, Alexandre & Serbanescu, Horia Vladimir, L'Armée finlandaise, 1939-1944 (2e partie), Magazine Armes Militaria no.132, juillet 1996.
  • Upton, Anthony F., La guerre de Finlande, Historia magazine n°5, novembre 1967.
  • "Les as finlandais de la Seconde Guerre mondiale", série Les Combats du Ciel no.32, delPrado-Osprey Aviation, 2000, ISBN 2-84349-063-4.

Cinéma

En 1989 est sorti le film finlandais Talvisota, de Pekka Parikka. Le film raconte l'histoire d'un peloton de réservistes finlandais originaire de Kauhava. La section dépend du régiment d'infanterie « Jr23 », qui est formé quasi exclusivement d'hommes originaires de la région de Pohjanmaa.

Musique

Le groupe de black metal finlandais Impaled Nazarene enregistra le titre « Total War - Winter War » en référence aux combats de ce conflit.

Le groupe de power metal suédois Sabaton a enregistré le titre « Talvisota » en 2008 sur leur album "The art of war"

Notes et références

  1. Le gisement de nickel, l'un des plus important du monde à l'époque, a été découvert en 1924 et était exploité à partir de 1935 par l'entreprise canadienne Inco. Après 1940, un consortium germano-soviétique comprenant entre autres IG Farben et Krupp se partagèrent l'exploitation jusqu'à l'opération Barbarossa. Réf. : Histoire de l'IG-Farben (1905-1952), Jean-Philippe Massoubre, 2008
  2. Repola est une sous-région du district Muyezersky de la république de Carélie d'une superficie de 11 000 km² comptant 1 465 hab. en 1926. Réf : http://www.repola-seura.org/kyla/index.php#HistoriaHomanen
  3. Paul-Marie de La Gorce, 39-45, une guerre inconnue, chap. IV.
  4. (fr) Une chronologie Anovi de l'histoire de la Seconde guerre mondiale (1933 - 1945) : L'année 1939

Voir aussi

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