Grandfontaine (bas-rhin)


Grandfontaine (bas-rhin)

Grandfontaine (Bas-Rhin)

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Grandfontaine
Carte de localisation de Grandfontaine
Pays France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Molsheim
Canton Schirmeck
Code Insee 67165
Code postal 67130
Maire
Mandat en cours
Philippe Remy
2008-2014
Intercommunalité C.C. de la Haute-Bruche
Latitude
Longitude
48° 29′ 36″ Nord
       7° 09′ 42″ Est
/ 48.49333333, 7.16166667
Altitude 390 m (mini) – 1 008 m (maxi)
Superficie 39,52 km²
Population sans
doubles comptes
369 hab.
(1999)
Densité 9 hab./km²

Grandfontaine est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin et la région Alsace. Dans les textes de langue germanique de la Renaissance, elle est parfois dénommée Michelsbrunn.

Sommaire

Géographie

Grandfontaine est située à l'ouest du Bas-Rhin à la limite avec la Moselle. A 40 km de Molsheim et 5 km de Schirmeck, le village s'étire le long de différents ruisseaux (Framont, ruisseau des Minières, goutte Ferry, Grand Goutty) qui viennent alimenter la Bruche. Dans ce village de moyenne montagne, les habitations s'étagent de 400 à 700 mètres d'altitude et se concentrent dans le fond des vallons, le reste du territoire est occupée quasi exclusivement par la forêt. Quelques sommets environnants : le Donon (1008 m), la Tête des Blanches Roches (916 m), la Corbeille (899 m), la Maxe (863 m), le Rond Perthuis (849 m), la Tête Mathis (838 m), le Haut de la Charaille (758 m).

Depuis les ajustements territoriaux commentés au paragraphe "Histoire", deux rivières lorraines – la Plaine et la Sarre blanche – prennent leur source à Grandfontaine, près du col Entre les Deux Donons.

La commune est accessible par la route départementale 392 qui, depuis Schirmeck, mène au col du Donon et, par delà, à la Lorraine. La route nationale 420 et la ligne de chemin de fer TER Strasbourg-Molsheim-Saales-Saint-Dié-Épinal assurent le désenclavement de la commune vers les grands centres de la plaine par la vallée de la Bruche.


Étymologie

Pendant de longs siècles Grandfontaine et Framont désignaient le même lieu. Il faut cependant distinguer de Grandfontaine l’origine d’une source : une « fontaine » abondante. Par contre, Framont vient du nom de la montagne dominant le village : Ferratus mons, la montagne ferrifère, en 1261. Aujourd’hui ce nom s’est déplacé, il ne désigne plus que le site au fond de la vallée où s’était développé les infrastructures métallurgiques principales : les forges de Framont.


Écarts et lieux-dits

Haut-Fourneau, les Minières, Framont, Haut-Donon, Bas-Donon

Communes limitrophes

Wisches au nord-est, Schirmeck au sud-est, Moussey au sud-ouest, Vexaincourt, Luvigny, Raon-sur-Plaine et Raon-lès-Leau à l'ouest, Turquestein-Blancrupt au nord-ouest

Histoire

Pour l'histoire politique de Grandfontaine, se reporter à Salm-en-Vosges.

L'histoire de Grandfontaine est essentiellement liée aux exploitations métallurgiques qui s'y développèrent à partir de l'Antiquité (hypothèse probable), au Moyen Âge et surtout du XVIe {{{3}}} {{{4}}}{{{5}}} siècle au XIXe siècle. Les premières mentions des exploitations minières à Grandfontaine apparaissent à l'occasion des troubles qui accompagnent au XIIIe siècle les désirs annexionnistes des comtes de Salm exercés depuis leur château de Salm d'une part et de l’autre la volonté de l'évêque de Metz Jacques de Lorraine de mettre au pas la noblesse du pays, confrontation qui voit la dislocation – provisoire – des forges de Ferratus Mons. Rétablies aussitôt, les travaux miniers et sidérurgiques trouvent un très haut niveau de développement au milieu du XVIe siècle avec la construction de hauts fourneaux « modernes », dans la mesure où ils pouvaient durer plusieurs années, ainsi que couler la fonte en gueuses tout au long de l'année, si le temps le permettait. La conception de ces nouvelles structures plus solides et plus rentables a été introduite à Grandfontaine par le châtelain Thierry Buron de Varennes-en-Argonne, lieu d'expansion de la sidérurgie ardennaise. Il s'agit donc d'un transfert de technologie plaçant les forges du comte de Salm à la tête de la sidérurgie Lorraine. Ce climat de prospérité exceptionnel ainsi que le monopole exclusif des Salm pour la production du fer furent perdus lors des destructions apportées par la guerre de Trente Ans (1618-1648) et des troubles qui durèrent tout au long du XVIIe siècle.


Restitution de l'état des forges en 1666 et en 1796

>
1666 1796
1 haut fourneau 2 hauts fourneaux
1 atelier de fonderie 1 atelier de fonderie
1 forge (1 gros marteau) 1 fenderie avec 1 four à réverbère
1 platinerie (1 marteau, 1 feux) 1 forge basse - renardière
1 renardière (hors service) 1 forge haute (1 marteau, 1 feux d'affinage)
2 feux de maréchalerie 1 renardière (1 marteau, 2 feux)
1 bocard 1 martinet (1 marteau, 1 feux)
3 halles à charbon 1 platinerie (2 à 3 marteaux, 1 chaufferie)
plusieurs logements pour les fondeurs et les marteleurs 1 maréchalerie
1 charronnerie
1 scierie


La reprise économique n'intervient qu'après la mort de Louis XIV (1715). Sous Pierre Launay, le nouveau directeur des forges, la réputation des Forges de Framont ne tarde pas à reconquérir le marché, si bien que c’est à elle seule que s’adresse dès 1720 le duc Léopold de Lorraine à l’occasion de la construction de son château de Lunéville. Une longue prospérité s'installe pendant tout le XVIIIe siècle, que contribue à accroître dès 1778 les frères Bernard et Marc-Antoine Chouard originaires de Vitteaux en Côte-d'Or. C'est un contexte d'affaires extrêmement favorables que s'illustra en cette fin de XVIIIe siècle le deuxième grand personnage dont le nom est indissociable de forges de Framont : Louis Champy (né à Vitteaux en 1763 et décédé à Strasbourg en 1831), neveux des frères Chouard.

Louis Champy poursuit l'œuvre de ses prédécesseurs et devient lui-même propriétaire des Forges de Framont (1796) puis de celles de Rothau au Ban de la Roche (1799) à la faveur de la Révolution française et de l'annexion en 1793 de la principauté de Salm-Salm à la France. Cette opération économiquement particulièrement favorable fit accéder Louis Champy à la bourgeoisie du fer, en rejoignant en Alsace les dynasties d'industriels les plus fortunés dont les de Dietrich et les Anthès.

Pourtant cette prospérité s'effondra progressivement en raison de l'appauvrissement des filons, de la qualité aléatoire du fer, de la hausse du prix et des difficultés croissantes de se fournir en charbon de bois, ainsi que des problèmes d'accès. La déroute financière des deux forges de Framont et de Rothau ne pouvant être enrayé contribua, malgré plusieurs tentatives de réorganisation, à la dissolution définitive des forges le 7 avril 1863 [1].


La commune de Grandfontaine a profité indirectement d'une négociation lors de la cession de l'Alsace-Lorraine en 1871. La France, soucieuse de conserver une ligne ferroviaire privée à Avricourt dans le département de la Meurthe, a préférer abandonner une grande partie du domaine boisé des communes lorraines de Raon-sur-Plaine et de Raon-lès-Leau. Ces forêts, restées en 1919 sur le territoire alsacien malgré les protestations raonnaises, contribuent depuis à la richesse de la commune.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
mars 2008 → en cours Philippe Remy[2]
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[3])
1962 1968 1975 1982 1990 1999
351 386 408 361 351 369
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux et monuments

  • les Minières : mine de fer exploitée jusqu'au XIXe siècle mise en valeur par la commune qui propose la visite d'une galerie et un petit musée retrace l'activité de la mine au cours des âges et expose la richesse minéralogique de la région.

Personnalités liées à la commune

  • Nicolas Freeling [1], auteur anglais ayant vécu à Grandfontaine, mort le 20 juillet 2003

Voir aussi

Bibliographie

  • « Grandfontaine », in La Haute vallée de la Bruche, Patrimoine d’Alsace, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Éditions Lieux Dits, Lyon, 2005, p. 34-37 (ISBN 2-914528-13-9)

Liens externes

Notes et références

  1. D. Leypold, La Métallurgie du fer dans le massif vosgien, La vallée de la Bruche de l'Antiquité au XIXe siècle, Société savante d'Alsace, 55 (1996), 529 p.
  2. [pdf] Liste des maires au 1er avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  3. Grandfontaine sur le site de l'Insee
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