Grand tremblement de terre de Kanto


Grand tremblement de terre de Kanto

Tremblement de terre de Kantō de 1923

Tremblement de terre de Kantō
Date 1er septembre 1923 à 11h58
Magnitude 7,9[1] à 8,4[réf. nécessaire]
Régions plaine du Kantō, Japon
Victimes 105 385 morts, 37 000 disparus (sources fiables)[réf. incomplète]

Le grand tremblement de terre de Kantō (関東大震災, Kantō daishinsai?) a dévasté la plaine de Kantō, qui se situe à Honshū, l'île principale du Japon, le 1er septembre 1923 à 11:58. Ce séisme a été estimé en 1977[2] à une magnitude de moment de 7,9. Il provoqua de graves dommages aux villes de Yokohama, de Kanagawa, de Shizuoka, et de Tōkyō.

Sommaire

Le séisme

Vue panoramique de Nihonbashi et Kanda le 15 septembre

La faille

La tectonique de cette région est complexe avec quatre plaques tectoniques distinctes (la plaque pacifique, la plaque philippine, la plaque eurasienne et la plaque nord-américaine) et deux points triples à moins de 200 km de distance l'un de l'autre. Le séisme a eu lieu sur la subduction qui relie ces deux points triples. La fosse engendrée par cette subduction de la plaque philippines sous la plaque Nord Américaine est appelée la fosse de Sagami.

La géométrie exacte du plan de faille n'est pas définie avec certitude. Différentes études ont proposées des modèles plus ou moins complexes, comprenant un, deux, voire trois segments de faille pour expliquer les mouvements statiques du sol observés durant le séisme (observations géodésiques). La faille plonge vers le nord - nord est avec un pendage autour de 27° par rapport à l'horizontale. La segmentation de la faille à son extrémité ouest provient d'une éventuelle courbure du plan de faille. Le mouvement sur le plan de faille est inverse avec une composante décrochante dextre.

Le tsunami

La géodésie

Les dommages

Le rapport officiel publié le 30 aout 1926 fait état de 141 720 morts. Il est pourtant important de rappeler que dans l'article[3] de T. A. Jaggar publié en 1924, l'auteur fait mention de 400 000 morts. Plusieurs sources parlent de la mort d'une foule de 32 000 personnes dans le district de Honjo. Le feu à Tōkyō n'a pas été contrôlé et de nombreuses victimes ont été tuées dues à la panique générale.

Le rapport officiel parle de 580 397 bâtiments détruits.

D'après les sources les plus fiables, au moins 105 385 personnes ont perdu la vie et plus de 37 000 furent portés disparues et supposées mortes. La plupart des morts sont dues aux 88 feux qui se sont allumés séparément et se sont rapidement propagés du fait des vents forts venant d'un typhon près de la péninsule de Noto. Comme le tremblement de terre avait détruit les accès à l'eau, il fallut deux jours pour éteindre tous les feux.

Plus de 570 000 maisons furent détruites, laissant environ 1,9 millions de sans-abris. Les dommages ont été estimés à plus d'un milliard dollars américains aux valeurs contemporaines, T. A. Jaggar estime les dommages à 4,5 milliards de dollars de l'époque.

Après le tremblement de terre, Goto Shinpei a organisé un plan de reconstruction de Tōkyō

En 1960, le premier septembre fut désigné jour de la prévention des désastres pour commémorer le tremblement de terre et rappeler aux personnes l'importance de se préparer, septembre et octobre étant situés au milieu de la saison des typhons.

Violences liées au séisme

Le chaos et la panique créés par le tremblement de terre amenèrent au développement de nombreuses fausses rumeurs. Des articles de journaux japonais diffusèrent des informations extravagantes ou exagérées, rapportant par exemple l'annihilation de Tokyo, l'enfoncement dans la mer de la totalité de la région du Kantō, la destruction de l'archipel d'Izu à cause d'éruptions volcaniques, ou l'apparition d'un immense tsunami jusqu'au Mont Akagi (situé au centre du pays).

Une rumeur se développa accusant les Coréens résidant au Japon de tirer parti de la catastrophe pour piller et rançonner, d'empoisonner les puits et d'allumer des incendies. Les nombreux feux présents un peu partout renforcèrent les rumeurs, et des milices populaires commencèrent alors à tuer les résidents coréens, en particulier dans les villes de Tokyo et Yokohama. Certains Coréens prononçant le son "G" ou "J" avec un accent, il a été rapporté l'existence de barrages dans les villes, où les mots 15円 50銭 (jū-go-en, go-jus-sen) et がぎぐげご (gagigugego) étaient utilisés comme shibboleths. Ceux qui ne prononçaient pas correctement ces mots étaient battus voire tués, et de nombreux Chinois, Okinawais, ou Japonais d'autres régions ont été identifiés à tort comme coréens.

Le ministère de l'intérieur avait déjà déclaré la loi martiale pour maintenir l'ordre et la sécurité, et l'armée impériale conduisit une action simultanée avec les forces de police pour protéger les Coréens. Plus de 2 000 Coréens ont été protégés de la foule, mais des études récentes ont montré que dans certains cas l'armée et la police avaient peut-être au contraire participé aux exactions avec la foule. Dans certains quartiers, même les postes de police, où étaient réfugiés les Coréens, furent attaqués, mais on rapporte aussi des cas de protection par les habitants eux-mêmes.

L'armée distribua des tracts niant les rumeurs et ordonnant aux civils d'arrêter les attaques contre les Coréens, mais celles-ci persistèrent souvent jusqu'à l'intervention de l'armée.

Le nombre total de morts liés à ces violences est incertain. Le chiffre officiel du ministère de l'intérieur japonais est de 231 Coréens, 3 Chinois et 56 Japonais tués (en incluant les okinawais). Les estimations réelles s'élèvent plutôt entre 2 500 et 6 000 victimes coréennes ou originaires d'Okinawa, suivant les sources.

362 civils japonais furent arrêtés et condamnés, mais la plupart eurent des peines légères, ou sortirent ensuite de prison lors des grâces liées au mariage du Prince Hirohito.

Suite à ces violences, le Japon a particulièrement mis en avant l'importance d'avoir accès à des informations fiables lors des catastrophes naturelles. Les instructions à suivre lors d'un tremblement de terre recommandent notamment de se procurer des informations fiables grâce à la radio, et de ne pas écouter les rumeurs.

Voir aussi

Lien interne

Liens externes

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Notes

  1. M. Nyst,1,2 T. Nishimura,3 F. F. Pollitz, W. Thatcher1, « The 1923 Kanto Earthquake Re-evaluated Using a Newly Augmented Geodetic Data Set » dans Journal of Geophysical Research, 2005 [lire en ligne]
  2. Kanamori H. (1977). The energy release in great earthquakes, J. Geophys. Res., 82, 2981-2987.
  3. Jaggar T. A. (1924). The Yokohama-Tokyo earthquake of Spetember 1, 1923. Bull Seism. Soc. Am., 124-146
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