Golan


Golan

32°58′54″N 35°44′58″E / 32.98167, 35.74944

photo du plateau du Golan
Plateau du Golan.

Le plateau du Golan (arabe : الجولان, al-jūlān ; hébreu : גולן, golan), parfois appelé Gaulanitide, est une région du sud-ouest de la Syrie occupée par Israël suite à la guerre des Six Jours de 1967 et annexée par l’État hébreu le 14 décembre 1981. Cette annexion de la région a été condamnée par le Conseil de sécurité des Nations unies et n’a jamais été reconnue par la communauté internationale.

La capitale régionale est la ville de Katzrin (en).

Sommaire

Géographie

Du point de vue naturel, le Golan est dans la continuité des chaînes du mont Hermon et s’étend jusqu’aux rives orientales du lac de Tibériade. Il est situé dans la partie Nord du cours du Jourdain entre les versants du mont Hermon et le fleuve Yarmouk (Heromax selon les livres latins).

Il est réputé pour la richesse de son sol d’origine basaltique et pour ses pâturages. Les géographes grecs et arabes parlaient déjà de son importance stratégique, encore valable du fait de sa situation au carrefour de quatre pays (Syrie, Liban, Israël et Jordanie)[1].

Préhistoire

Les fouilles faites sur le sites moustérien de Biq'at Quneitra[2], ont montré[3] que le plateau a autrefois accueilli une riche faune préhistorique, incluant de grands mammifères tels que rhinocéros (1 % des ossements), des chevaux sauvages (31 % des ossements, avec Equus caballus mais aussi un autre équin, proche du zèbre (Equus hydruntinus/mauritanicus), de grands bovidés (aurochs probablement)qui constituent 41 % des ossements trouvés, des gazelles (11 %), une espèce de daim (Dama mesopotamica 8 %), des cerfs (Cervus elaphus, 7 %), quelques rares restes de caprins (1 %)... avec des restes de carnivores (lions, loups) ainsi que de tortues. Nombre de ces ossements portent des traces montrant qu'ils ont été tués ou mangés par l'Homme[3].


Ces grands mammifères ont rapidement disparu avec l'arrivée des populations humaines, en commençant par les plus grandes espèces jusqu'à ce qu'il ne reste plus que de petites gazelles à l'épipaléolithique (toute fin de la période préhistorique), comme souvent ailleurs au moyen-orient où les restes de foyers préhistoriques montrent que ce sont alors surtout de petites espèces (oiseaux et poissons) qui sont exploitées par les chasseurs-ceuilleurs de l'époque, après qu'ils ont probablement exterminé les grandes espèces dans et autour de leurs lieux de vie et de chasse[3].

Alors que le climat semble devenir plus sec, la domestication des animaux apparait[4].

Histoire

Antiquité

Avant même la conquête du pays de Canaan par Josué, ce territoire alors habité par les Amorrites est conquis par les Hébreux sous la direction de Moïse. Le Golan est ensuite donné à la tribu de Manassé. Perdu à l’époque des Juges, le roi David en refait la conquête et l’intègre au royaume d’Israël. Par la suite, la possession du plateau alterne au fil des guerres entre les Israélites et les Araméens de Damas. Le Golan et sa capitale Gamla jouent un rôle central dans la Guerre des Juifs, de Flavius Josèphe. Il donne son nom à un chef de la révolte contre les Romains, Judas le Galiléen dit aussi « le Golanite ».[réf. nécessaire]

Dans l'Empire ottoman

À la fin du XIXe siècle, l’Empire ottoman installe sur le plateau du Golan des familles de Circassiens, un terme désignant à l’époque des réfugiés musulmans de diverses ethnies du Caucase (Tcherkesses, Adygués, Abazas, voire Daguestanis et Kumyks, sauf les Tchétchènes, considérés comme un groupe distinct) conquis par l’Empire russe, dans le but d’en faire un poste avancé pour contrôler les Bédouins arabes, rétifs à toute autorité. Ces familles fondent la ville de Quneitra, comme d’autres fonderont celle d’Amman. À l’époque, la région est également peuplée de Druzes, avec quelques villages d’autres communautés, notamment des Alaouites.

Pendant la période mandataire

Le mouvement sioniste revendique rapidement le Golan comme partie du foyer national juif prévu en Palestine par la Déclaration Balfour.

À la fin des années 1930, certains Circassiens caressent pareillement l’idée d’établir au Golan un foyer national circassien ; d’autres choisissent le camp des nationalistes arabes syriens qui demandent la fin du mandat français en Syrie et des divisions territoriales introduites par celui-ci. Le rêve d’un État ou d’une entité autonome sur les hauteurs du plateau ne se concrétisera jamais, au profit d’une région au sein du territoire de la Syrie.

Au sein de la République de Syrie

Après avoir été repoussées par la Haganah, les troupes syriennes se sont cantonnées sur le Golan. Entre 1948 et 1967, le plateau sert de base aux bombardements réguliers et aux infiltrations de guérilla contre les villages israéliens situés en contrebas.

Lors de la Guerre des Six Jours en 1967, Israël conquiert l’ensemble du Golan en deux jours de combats. Lors de la guerre du Kippour de 1973, l’armée syrienne occupe environ 60 % du Golan avant de reculer devant l’armée israélienne qui parvient finalement à faire une poussée en direction de Damas sur une trentaine de kilomètres en territoire syrien.

La Syrie a toujours exigé un retrait de l’armée israélienne sur ses positions du 4 juin 1967 alors qu’Israël a toujours fait valoir la ligne de frontière de 1923, définie par la France et le Royaume-Uni, puissances mandataires au Levant[réf. nécessaire]. Entre les deux lignes de séparation, l'écart est d’à peine vingt kilomètres carrés, mais il détermine l’accès au lac de Tibériade et à la haute vallée du Jourdain [5] . Depuis la conférence de Madrid de 1991, la question de la souveraineté sur le Golan est posée par Damas, comme une condition majeure pour entamer un éventuel processus de paix israélo-syrien.

En tant que région israélienne

Position géographique du Golan.

La région du Golan présente plusieurs atouts stratégiques pour Israël. Sur le plan militaire, le contrôle du plateau permet d’empêcher les attaques syriennes qui avaient lieu avant 1967 sur les localités qu’il surplombe dans le nord d’Israël. De plus, le Golan constitue aussi un avantage géographique sur les positions occupées par l’armée syrienne. Le bastion du Golan surplombe de manière décisive la route de Damas.

Depuis 1974, la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement est chargée de vérifier la démilitarisation de la zone.

Les colonies israéliennes

Après son élection, le premier ministre Ehud Barak impose un moratoire sur le développement des implantations israéliennes dans le Golan afin de faciliter les négociations de paix avec la Syrie, sous les auspices du président américain Bill Clinton.

Suite à l’échec des pourparlers, cette décision est levée le 13 avril 2000 et en février 2001, le gouvernement d’Ariel Sharon annonce la reprise du développement structurel de la région.

En juin 2007, le président syrien Bachar el-Assad déclare pouvoir accepter une présence juive sur le Golan. Cette déclaration est interprétée par les opposants à un éventuel désengagement du Golan comme une acceptation du fait que cette région a été dans son histoire deux fois plus longtemps israélienne que syrienne et que de ce fait, Israël ne devrait pas s’en retirer.

Le gouvernement Olmert se heurte, dans l’optique d’un éventuel échange du Golan contre la paix avec la Syrie, à la volonté du peuple israélien de ne pas rendre le plateau. En mai 2008, ceux-ci étaient environ 70 %[6].

Population

Le plateau du Golan compte environ 40 000 habitants, 21 000 Juifs établis après 1967 au sein de 33 implantations et 19 000 Druzes habitant quatre villages au pied du Mont Hermon.[réf. nécessaire]

Au cours de la guerre des six jours et dans les mois qui suivirent, la démographie du Golan fut bouleversée. 30 000 Arabes fuirent lors des combats[7]. Dès le mois de juin, l’armée israélienne commença à raser les villages syriens abandonnés et à l’automne, « le ministère de la Défense [décida] la destruction systématique des localités épargnées » par la guerre[8]. À la fin de l’année, les Israéliens avaient expulsé le reste de la population arabe syrienne, soit environ 90 000 personnes mais autorisaient les 6 000[9] à 7 000 Druzes de la région à rester[7]. Dans le courant du mois d’août, le gouvernement israélien donna son feu vert à l’implantation de 35 avant-postes[10] du Nahal (des implantations occupées par des fermiers-soldats et destinées à devenir définitives) ainsi qu’à la culture des terres par des Israéliens[8]. Un an après la guerre, le Golan comptait également six colonies israéliennes[8].

Économie

  • Aujourd’hui, c’est surtout la question de l’eau qui est au cœur de l’agenda politique israélien et régional. Une partie des affluents du Jourdain trouvent leur source sur le plateau et 35 % de l’alimentation aquifère du pays proviennent de cette région.
  • L’économie est basée sur l’agriculture. Le Golan est particulièrement réputé pour ses pommes, son eau de source et son vin primé internationalement. Un tiers de la production vinicole israélienne provient de cette région. Le meilleur cru est le domaine de Bashan, qui fait un vin totalement « biologique ». La production d’huile d’olive est également très réputée. C’est également une vieille région d’élevage puisque 40 % de la viande consommée en Israël en provient.
  • Malgré l’omniprésence militaire, le tourisme vert se développe. Les pentes enneigées du mont Hermon comptent même une station de sports d’hiver.

Notes et références

  1. Jean-Marc Prost Tournier, « Golan », Encyclopædia Universalis. Consulté le 27 mars 2010.
  2. site moustérien de plein air exploré sur le plateau du Golan, et non en abri-sous roche ou grotte
  3. a, b et c Rabinovich Rivka, Goren-Inbar Naama, Davis Simon J. M.. Quaternary Extinctions and Population Increase in Western Asia : The Animal Remains from Biq'at Quneitra. In: Paléorient. 1988, Vol. 14 N°1. pp. 95-105. doi : 10.3406/paleo.1988.4443 ; Consulté 2011-11-05
  4. Davis S.. Climatic Change and the Advent of Domestication : The Succession of Ruminant Artiodactyls in the Late Pleistocene-Holocene in the Israel Region, Paléorient, 1982, vol. 8, n° 2, pp. 5-15.
  5. http://www.monde-diplomatique.fr/2000/01/GRESH/13311
  6. Les Israéliens jugent leur premier ministre trop faible pour rendre le Golan à la Syrie, Le Figaro, 31 mai 2008.
  7. a et b Henry Laurens, Paix et guerre au Moyen-Orient, Armand-Collin, 2005, p. 241.
  8. a, b et c Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexe, CNRS, 2003, p. 363.
  9. (en)Howard Sachar, A History of Israel. From the Rise of Zionism to our Time, Knopf, 2007, p. 667.
  10. (en) Howard Sachar, A History of Israel. From the Rise of Zionism to our Time, Knopf, 2007, p. 677.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Golan de Wikipédia en français (auteurs)

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