Gloses


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Glose

Une glose est un commentaire linguistique ajouté dans le corps d'un texte ou d'un livre, ou dans sa marge expliquant un mot étranger ou dialectal, un terme rare.

Linguistique

Le terme vient du grec ancien γλῶσσα / glỗssa, littéralement « langue », qui désigne en fait le terme difficile à expliquer. L'explication elle-même est nommée γλώσσημα / glốssêma. Actuellement, glose renvoie à l'explication et non au mot à gloser. Enfin, un glossaire est proprement une collection de gloses, c'est-à-dire (au sens premier) une liste de définitions explicitant des termes obscurs ou anciens. Actuellement, le terme est souvent utilisé pour lexique.

Dans les textes anciens, du fait des altérations dues aux copies successives, il arrive parfois que certaines gloses deviennent indiscernables du texte original. L'analyse historique de ces textes essaie, entre autres, de détecter les gloses en s'appuyant sur la phylogénie des mots utilisés et de la grammaire, ces deux éléments, pour une langue donnée, ayant légèrement varié au cours du temps.

Les gloses sont également utilisées en philologie lorsque la langue de l'auteur de gloses est mal connue. Leur étude permet alors de mieux connaitre cette langue.

La glose désigne également une méthode d'analyse juridique employée au Moyen-Âge pour l'étude des textes de droit romain et de droit canonique, qui a donnée son nom au courant des glossateurs, puis à celui des postglossateurs.

Ne pas confondre une glose avec la gnose.

Forme poétique

Une glose est aussi un poème qui parodie un autre poème très connu à raison d'un vers parodié par strophe. Elle fut introduite en France avec Anne d’Autriche et les Espagnols. Elle ne s’est jamais bien acclimatée chez nous. Il n’y en a guère qu’une qui soit bien connue, celle de Sarrazin sur le Sonnet de Job de Benserade. Il est en strophe de 4 vers et en contient autant qu’il y a de vers dans le poème glosé. En effet, chacun de ces vers constitue, à son rang, le 4ème vers de chacune des strophes de la glose :

Glose à M. Esprit sur le Sonnet de M. Benserade.

Monsieur Esprit, de l'Oratoire,
Vous agissez en homme saint,
De couronner avecque gloire
Job de mille tourmens atteint.


L'ombre de Voiture en fait bruit,
En s'étant enfin résoluë
De vous aller voir cette nuit,
Vous rendra sa douleur connuë.


C'est une assez fâcheuse vûë,
La nuit qu'une Ombre qui se plaint.
Vôtre esprit craint cette venuë,
Et raisonnablement il craint.


Pour l'appaiser, d'un ton fort doux
Dites, j'ay fait une bévûë,
Et je vous conjure à genoux
Que vous n'en soyez point émûë.


Mettez, mettez votre bonnet,
Répondra l'Ombre, & sans berluë
Examinez ce beau Sonnet,
Vous verrez sa misère nuë.


Diriez-vous, voyant Job malade,
Et Benserade en son beau teint,
Ces Vers sont faits pour Benserade,
Il s'est lui-même icy dépeint.


Quoy, vous tremblez, Monsieur Esprit ?
Avez-vous peur que je vous tuë ?
De Voiture, qui vous chérit,
Accoûtumez-vous à la vûë.


Qu'ay-je dit qui vous peut surprendre,
Et faire pâlir vôtre teint ?
Et que deviez-vous attendre
D'un homme qui souffre & se plaint ?


Un Auteur qui dans son Ecrit,
Comme moy reçoit une offense,
Souffre plus que Job ne souffrit,
Bien qu'il eût d'extrêmes souffrances.


Avec mes Vers une autrefois
Ne mettez plus dans vos Balances
Des Vers, où sur des Palefrois
On voit aller des patiences.


L'Herty, le Roy des gens qu'on lie,
En son temps auroit dit cela.
Ne poussez pas vôtre folie
Plus loin que la sienne n'alla.


Alors l'Ombre vous quittera
Pour aller voir tous vos semblables,
Et puis chaque Job vous dira
S'il souffrit des maux incroyables.


Mais à propos, hier au Parnasse
Des Sonnets Phoebus se mêla,
Et l'on dit que de bonne grace
Il s'en plaignit, il en parla.


J'aime les Vers des Uranins,
Dit-il, mais je me donne aux Diables,
Si pour les Vers des Jobelins
J'en connois de plus misérables.


(Jean-François Sarasin : « Job »)

Voir querelle des jobelins et des uranistes.


Voir aussi

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Voir « glose » sur le Wiktionnaire.

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