Glanum


Glanum
Glanum
Vue de la partie nord du site de Glanum : forum, thermes et quartier résidentiel
Vue de la partie nord du site de Glanum : forum, thermes et quartier résidentiel
Localisation
Pays Drapeau de France France
Coordonnées 43° 46′ 26″ Nord
       4° 49′ 58″ Est
/ 43.773805, 4.832761

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Histoire
Époque grecque puis romaine

Glanum était une cité antique de l'empire romain située sur la commune de Saint-Rémy-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône. Elle a connu son apogée à l'époque du premier empereur romain Auguste. Son développement s'est appuyé sur la protection des reliefs des Alpilles, la présence d'une source (sacrée) et le voisinage de la Voie Domitienne.

La ville repose sur plusieurs strates d'occupation : période gauloise, puis période hellénistique, et enfin période romaine.

Sommaire

Localisation

Glanum sur la Carte Peutinger.

Glanum est une ville sanctuaire au carrefour de deux voies antiques reliant l'Italie à l'Espagne, l'une par les Alpes. Situé au nord de la ville de Saint-Rémy-de-Provence, en direction des Baux-de-Provence, la cité s'étend à l'entrée d'un défilé rocheux qui mène au mont Gaussier. À l’entrée du site, de l'autre côté de la route départementale, on aperçoit le mausolée de Glanum et l'Arc de triomphe de Glanum, voisin de quelques mètres, qu'on appelle traditionnellement les « Antiques de Saint-Rémy-de-Provence ». Leur situation au flanc des Alpilles et leur état de conservation leur ont assuré une célébrité bien antérieure à la redécouverte tardive de la ville de Glanum.

Histoire

Hypocauste.

La fondation de la ville de Glanum remonte au Premier Âge du Fer, avec un aménagement de pente au-dessus d'une source que l'on suppose avoir été très tôt un lieu de culte (associé au dieu Glan ou Glanis). De plus, les falaises et les collines proches formaient des remparts naturels, ce qui était à l'époque un atout défensif. La ville se développe considérablement au cours du IIe siècle av. J.‑C. après une longue stagnation de deux siècles. En effet, dès le IVe siècle av. J.‑C., le rapide développement de la ville d'Arles attire les forces vives de toute la région et des Alpilles. Mais la première moitié du IIe siècle av. J.‑C. marque l'arrêt de l'expansion arlésienne et, peu à peu, les élites locales se disséminent de part et d'autre, ce qui va participer au fort développement de Glanum[1]. Le sanctuaire est protégé par une enceinte mais la ville s'étend plus largement en direction des Antiques. Le peuple des Glaniques appartenait à la confédération des Salyens.

Dans les derniers temps de l'indépendance, de véritables constructions de type grec, directement inspirées de Marseille, sont édifiées : maisons à péristyle, temple, puits à dromos... L'imitation est telle que l'on trouve également un bouleutérion et un prytanée. L'ensemble, encore bien préservé de nos jours, a pu faire croire à une occupation de la ville par les Marseillais. Il semble au contraire que la confédération des Salyens ait connu là ses derniers feux, peut-être entre la prise d'Entremont en 125/124 et le triomphe de Caecilius sur les Salyens daté de 90 av. J.-C.

Stèles du site de Glanum (autels votifs dédiés à Hercule).

Après la défaite des Salyens face aux Romains, la ville, désormais appelée Glanum, doit trouver sa place dans un empire romain en construction[2]. La ville intègre peu à peu des éléments essentiels de l'urbanisme romain : un réseau important d'adduction en eau avec des canalisations en plomb ainsi qu'un vaste réseau d'assainissement par des égouts. On y érigea des temples en l'honneur de l'empereur et de la famille impériale, des thermes, une basilique, une curie, un forum. Les notables locaux purent accéder à la citoyenneté romaine grâce à la concession du droit latin dans les dernières décennies avant notre ère. Le mausolée des Iulii exprime l'importance de la romanisation d'une partie de l'élite locale à l'époque augustéenne. La source continua à jouer un rôle important dans les cultes de la cité. Des vétérans des légions venaient faire soigner leurs blessures. Agrippa lui-même vint y faire soigner sa jambe, et en remerciement fit construire un temple dédié à Valetudo, déesse romaine de la santé. Toutefois les dieux le plus souvent attestés à Glanum sont Hercule et Silvain, ce dernier étant sans doute une interpretatio du dieu celte Sucellos.

La ville connut une période de prospérité, jusqu'au jour où les Barbares la saccagèrent; elle fut alors abandonnée, ses pierres utilisées pour construire la ville voisine de Saint-Rémy-de-Provence et ses vestiges disparurent sous les alluvions s'écoulant des Alpilles voisines. Glanum fut redécouverte par les archéologues au XXe siècle. Les premières fouilles débutèrent en 1921 et les grandes campagnes se déroulèrent jusqu'au début des années 70. Depuis, les archéologues ne sont plus sur place en permanence mais reviennent de temps à autres pour de nouvelles recherches. Les dernières fouilles étaient préparatoires à la restitution du forum inauguré en 2008.

Un site coupé en deux par une route

Trois types de problèmes se posaient pour la mise en valeur du « site de Glanum » : la présentation et la lisibilité des vestiges, l'accueil du public et la recherche de reconstitution du site dans sa globalité. Pour rendre le monument plus parlant, il fallait reconstituer un élément de temple en grandeur nature pour permettre aux visiteurs de se rendre compte de l'échelle des constructions initiales. Par ailleurs, un nouveau bâtiment d'accueil et l'aménagement d'un belvédère, ouvrant sur le site et introduisant pédagogiquement la visite, s'imposaient.

Les conditions de mise en valeur du site[3], de réalisation d’un anastylose et d’un bâtiment d’accueil bien intégré au site[4] répondent aux attentes du public. Mais le plus difficile reste à résoudre, car le site est coupé en deux par une route départementale. L'arc de triomphe, qui solennisait l'entrée nord de la ville en évoquant la conquête de la Gaule par Rome, se trouve désormais de l'autre côté de la route. La franchissement du site par la route départementale rompt la continuité urbaine entre les Antiques et Glanum.

Des esquisses ont proposé des bases de discussion pour l'élaboration d'un contournement routier et un programme de mise en valeur a été explicité pour engager un vrai débat. Malheureusement, ce projet est toujours au point mort, et ce site mondialement connu a un environnement déplorable. Nous nous trouvons là en présence d'erreurs d'urbanisme, il reste aujourd’hui à trouver un juste compromis entre le souhaitable et le possible en raison des difficultés que pose l'urbanisation qui s'est développée[5],[6].

Notes et références

  1. Patrice Arcelin, « Le peuplement de Alpilles durant l'âge du Fer », dans Guy Barruol (dir.) et Nerte Dautier (dir.), Les Alpilles : Encyclopédie d'une montagne provençale, éd. Les Alpes de Lumière, Forcalquier, 2009, 347 p. 143.
  2. R. Haeussler, « Beyond 'polis Religion' and sacerdotes publici in Southern Gaul » dans J.H. Richardson, F. Santangelo, Priests and State in the Roman World, Stuttgart, 2011, p. 402
  3. Les réflexions des « Entretiens du Patrimoine » qui se sont déroulés à Caen en novembre 1990 sur le thème Faut-il restaurer les ruines ? Ruine historique ruine symbolique, Conservation lisibilité, Restitution Invention, Reconstruction réutilisation : p. 140 : Le site archéologique de Glanum : problèmatique de la mise en valeur, par Jean-Paul Jacob directeur des antiquités région Provence-Alpes-Côte d’azur ; p. 143 : Glanum : faut-il restaurert les ruines du petit temple ? par Jean-Pierre Dufoix, inspecteur général des monuments historiques, ont permis de clarifier les problèmes et de définir des principes et doctrines de conservation
  4. La maîtrise d'œuvre a été assurée par Jacques Valentin, qui avait également conçu l'archéodrome de Beaune à partir des recherches effectuées sous le contrôle de Jean-Bernard Devauges(†), alors Directeur des Antiquités de Bourgogne.
  5. *René Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, réglementation. Doctrines - Techniques - Pratiques), Paris, éditions Les Encyclopédies du patrimoine, septembre 1997, 1512 p. (ISBN 2-911200-00-4).
    Chapitre VI-2 La conservation intégrée, Le site de Glanum à Saint-Rémy-de-Provence, pp 168-169 et notice Anastylose, p. 386
     
  6. Plan patrimoine antique de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Saint-Rémy-de-Provence : Les Antiques

Bibliographie

  • H.Rolland, directeur des fouilles, Glanum, Notice archéologique, Saint-Rémy de Provence, Musée Saint-Rémy de Provence, 1952 
  • Présentation Marie Mauron, Séquences Jean Valbonne, La Provence, Genève, Editions Minerva S.A., 1981
    Saint-Rémy-de-Provence pp. 34 à 37
     
  • Conservation régionale des monuments historiques (CRMH) et Directions régionales des antiquités historiques (DRAH), Suivez le guide - Monuments Historiques Provence Alpes Côte d’Azur, Marseille, Direction régionale des affaires culturelles et Conseil régional de Provence – Alpes - Côte d’Azur (Office Régional de la Culture), 1er trimestre 1986, 198 p.
    Guide présentant l'histoire des monuments historiques ouverts au public en Provence – Alpes – Côte - d'Azur (traduit en allemand et anglais). Saint-Rémy-de-Provence: pp. 113-114
     

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