Geronimo


Geronimo
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Geronimo ou Go Khla Yeh
Geronimo, 1887.
Geronimo, 1887.

Nom de naissance Appelé à sa naissance Go Khla Yeh (celui qui baille)
Surnom Géronimo, Guu ji va ("l' astucieux")
Naissance 16 juin 1829; on ne sait pas réellement à quelle date; on la situe vers 1824/1825
Rivière Gila, Mexique
Décès 17 février 1909 (à 79 ans)
Fort Sill, Oklahoma, États-Unis
Nationalité Amérindienne, apache

Geronimo[note 1], né le 16 juin 1829 et mort le 17 février 1909, appelé à sa naissance Go Khla Yeh (celui qui baille), était un guerrier apache qui a combattu le Mexique et les États-Unis.

Sommaire

Biographie

Né en Arizona dans la tribu des Apaches Bedonkohe à Nodoyohn Canyon, au Mexique (actuellement Clifton, Nouveau-Mexique) près de la Rivière Gila. Fils de Taa di tlish hn et de Gha den dini (Celle qui est traversée par la lumière), il n'a jamais été chef, mais en tant qu'homme-médecine (Chaman) et guerrier reconnu et respecté, il eut une grande influence sur les Apaches Chiricahuas. Après la mort de Tazha, le fils aîné de Cochise, Naiche, le second fils du vieux chef doit partager le contrôle de la tribu avec lui. Son beau-frère Juh était un leader de la tribu des Apaches Nednis. Il est appelé également Guu ji ya (l'astucieux).

Lutte contre le Mexique

Géronimo est admis au conseil de guerre des Apaches Chiricahuas en 1846. En 1858, après le meurtre de sa mère, de sa femme et de ses trois enfants par l’armée mexicaine près d’un village appelé Kas-ki-yeh par les Apaches, il commence des raids de représailles en territoire mexicain. On dit que Geronimo a fait un rêve la veille du jour où les hommes blancs sont arrivés, il aurait rêvé que des hommes de couleur blanche viennent sur leurs terres pour les exterminer. Il venge sa famille le 30 septembre, jour de la saint-Jérôme 1859. Les cris des Mexicains invoquant saint Jérôme (Géronimo ! Géronimo !) pour leur défense, l'inspirent et il prend alors son nom : Geronimo. Plus tard, lors d'une autre attaque surprise, les Mexicains tuent sa nouvelle épouse et son fils.

En octobre 1862, il participe avec les chefs Cochise et Mangas Coloradas à la bataille d'Apache Pass. En janvier 1863, Mangas Coloradas malgré l'opposition de Géronimo, se rend dans la petite ville d'Apache Tejo pour y signer un traité de paix. Il y est torturé et assassiné.

Lutte contre les États-Unis

En 1871, après près de dix ans de guerre contre les États-Unis, les Apaches Chiricahuas, alors dirigés par Cochise, négocient un accord de paix se rendent sur les conseils de Tom Jeffords. Ils obtiennent la création d’une réserve sur leurs terres. En 1876, la réserve Chiricahua cependant est fermée par les autorités américaines. La plupart des Indiens sont déportés vers la réserve de San Carlos, aride et désertique mais Géronimo, Naiche et Juh réussissent à s’enfuir. Géronimo est arrêté l’année suivante au Nouveau-Mexique par l’agent John P. Clum et transféré à San Carlos. Libéré, il s’enfuit de la réserve quelques mois plus tard. Il gagne le Mexique où il vit de pillages, avant de regagner San Carlos en 1879. En septembre 1881, peu après la mort de Nochedelklinne, un leader spirituel apache tué par les soldats, Naiche, Géronimo et Juh s’enfuient à nouveau de leur réserve. Ils lancent de violentes attaques contre les colons blancs avant de s’évanouir dans les montagnes mexicaines. En novembre 1882, ils y abattent les 22 soldats mexicains du capitaine Juan Mata Ortiz.

Les raids des Apaches débordent du côté États-Unis (en Arizona et Nouveau-Mexique) : en mars 1883, 26 colons américains sont tués. Le général George Crook est chargé de protéger la population blanche et entreprend de traquer les Apaches hostiles dans leurs repaires mexicains. Un camp découvert par les éclaireurs apaches de Crook est attaqué en mai 1883. Les leaders apaches acceptent alors le principe d’une reddition. En 1884 Geronimo s’établit de nouveau dans la réserve de San Carlos.

Geronimo (droite) et ses guerriers en 1886.

Geronimo, en compagnie de Naiche et plusieurs membres de la tribu s'échappent plusieurs fois, vivant de pillages, avant de se rendre. L'arrestation brutale du guerrier Ka-ya-ten-nae le pousse à s'enfuir une nouvelle fois le 17 mai 1885 avec 109 femmes et enfants, et 35 hommes.

Depuis le Mexique, ses hommes lancent plusieurs raids meurtriers en Arizona et au Nouveau Mexique. Il est de nouveau retrouvé au Mexique par des éclaireurs apaches en mars 1886. Pendant une conférence avec le général Crook, il accepte de regagner la réserve avec les soldats américains. Il se ravise plus tard et s’échappe dans les montagnes avec Naiche, une quinzaine de guerriers et quelques femmes et enfants.

Crook ayant démissionné, c’est le général Nelson Miles qui est chargé de le poursuivre avec 5000 hommes et des milliers de volontaires. 3 000 soldats mexicains sont aussi mobilisés contre les Apaches au sud de la frontière. En marge de la poursuite de Geronimo, le général Miles fait déporter en Floride les Chiricahuas vivant en paix dans la réserve de San Carlos. Pendant plus de 5 mois, Geronimo et ses partisans réussissent à passer entre les mailles du filet, utilisant la surprise, la mobilité et les connaissances des Apaches des modes de survie dans des conditions extrêmes. La capacité à disparaître de Geronimo était attribuée selon son peuple à des pouvoirs de prémonitions qui l'avertissait de la présence de l'ennemi, pouvoirs liés à son statut de chaman[1]. Épuisé, fatigué de se battre, il finit par se rendre le 4 septembre 1886 avec 16 guerriers, 12 femmes et 6 enfants. « C’est la quatrième fois que je me rends » dit-il.

Les campagnes de guérilla de Geronimo restent un parfait exemple du genre. Ses excellentes connaissances géographiques et ses facultés à exploiter des ressources humaines limitées et des terrains difficiles ont fait de lui un stratège et un tacticien de premier ordre.

Geronimo photographié par Edward Sheriff Curtis en 1905.

Sa reddition fit l'objet d'une polémique au sein de l'armée américaine, car le Général Howard, chef de l'armée américaine de la zone Pacifique avait rendu compte à son chef d'état major à l'attention du Congrès et du Président des États-Unis d'une reddition d'un dangereux hors-la-loi obtenue sans condition alors que des témoins (notamment le General Stanley) ont rapporté que Geronimo s'est constitué prisonnier de guerre moyennant la prise en charge humanitaire, sociale et éducative des communautés apaches par l'État fédéral[2].

Sur ordre spécial du président Grover Cleveland, il est placé sous surveillance militaire étroite à Fort Pickens en Floride avec 14 de ses braves. Le climat humide de la Floride s’avère malsain pour les Apaches habitués à celui du désert et plusieurs d'entre eux décèdent. Les survivants sont ramenés à Fort Sill, en Oklahoma, en 1887. Geronimo se convertit alors au christianisme et devient fermier. Il regrette cependant jusqu'à la fin de ses jours de s'être rendu. Il vend des souvenirs à la Louisiana Purchase Exposition en 1904, participe à la parade d'inauguration de Theodore Roosevelt en 1905

Mort et héritage posthume

Il dicte l’histoire de sa vie en 1906 avant de mourir d'une pneumonie à Fort Sill, en Oklahoma, le 17 février 1909. Son dernier vœu est d'être enterré sur les terres de la rivière Gila.

Sa tombe au cimetière du camp militaire Fort Sill aurait été profanée vers 1918 par le groupe occulte de l'université Yale, Skull and Bones, qui conserverait encore actuellement le crâne, deux os, une bride et des étriers de Geronimo dans des locaux de l'ordre à New Haven. On compterait au nombre des profanateurs Prescott Bush, grand-père de l'ex-président Georges W. Bush[3]. Cet épisode est considéré comme une légende par plusieurs chercheurs tandis que l'historien David H. Miller estime que si les membres de la société ont bien profané une tombe, il y a peu de chance que ce soit celle de Geronimo qui ne comportait pas d'indication à l'époque[4]

En 2009, année du centenaire de sa disparition, l'arrière-petit-fils de Geronimo entreprend une action contre le gouvernement américain pour rassembler les restes de son aïeul et ramener sa dépouille auprès de son lieu de naissance au Nouveau-Mexique[3] et faire ainsi respecter ses dernières volontés[1].

En 2010, le nom de "Geronimo" a été pris pour nom de code par les Etats Unis d'Amérique pour désigner l'élimination de la scène internationale d'Oussama Ben Laden, son annonce a été faite juste après l'opération militaire héliportée qui a aboutie à l'annonce de sa mort à Abbottabad (Pakistan) le 2 mai 2011. Le message "Geronimo-EKIA", contraction de "Geronimo, Enemy Killed in Action" ("Geronimo, ennemi tué au combat") a servi au commando des forces spéciales américaines de la Marine pour aviser la Maison Blanche du succès de l'opération. Ce nom d'emprunt a suscité la colère des communautés indiennes américaines[5].

Anecdotes

  • Keno Don Rosa fait apparaître Geronimo dans sa série à succès La Jeunesse de Picsou dans l'épisode 6.bis Le protecteur de Pizen Bluff. Il choisit de le présenter comme un homme sage et particulièrement ouvert. Dans cette histoire, Picsou rencontre Geronimo au sein d'un cirque américain dont le numéro le plus réputé est une reconstitution de combats entre légendes vivantes de l'Ouest Sauvage, justiciers ou criminels.

Liens internes

Liens externes

Bibliographie

  • Mémoires de Géronimo, François Maspéro, 1972
  • Forrest Carter, Pleure, Géronimo, Folio, 423 pages, poche ISBN : 2 07 040142 1.
  • Patrick Mosconi, Le chant de la mort, (Pour une douleur apache), Gallimard, Folio, 1996
  • David Roberts, Nous étions libres comme le vent, Albin Michel, 1999, Terre indienne, 395 pages, ISBN : 2226108777.
  • S. M. Barrett, Memoires de Geronimo, Éditions La Découverte/Poche, 2003, 182 pages, ISBN : 9782707141972
  • L. Sauerwein, Géronimo, le dernier chef apache, Hachette Jeunesse, 2004, Le Livre de Poche Jeunesse, 222 pages, ISBN : 2011167728.
  • Samuel E.Kenoi et Morris Opler, La Chute de Géronimo, Anacharsis, mai 2007, [1]
  • Olivier Delavault, Geronimo, Gallimard, Collection Folio Biographies, 2007, ISBN 2-07-030752-2
  • Corine Sombrun et Harlyn Geronimo, Sur les pas de Geronimo, Albin Michel 2008, Terre indienne
  • Patrick Mosconi, L'agonie de Geronimo et autres clichés, Jean-Paul Rocher éditeur, 2000

Filmographie

  • Undead or Alive (2007) - Réalisation: Glasgow Philipps - Lew Alexander (Geronimo)
  • Geronimo (1993)- Réalisation : Walter Hill - Wes Studi (Geronimo)
  • Hot Shots! 2 (1993) - Réalisation: Jim Abraham - Stuart Proud Egal Grant (Geronimo)
  • Mister Horn ( TV-1979)- Réalisation Jack Starett.
  • Geronimo (1962)- Réalisation: Arnold Levin - Chuck Connors (Geronimo)
  • L’Homme de San Carlos (1956) - Réalisation: Jess Hill - Jay Silverheels (Geronimo)
  • Bronco Apache (1954) - Réalisation: Robert Aldrich - Monte Blues (Geronimo)
  • Son of Geronimo, Apache Advenger (1952) - Réalisation: Spencer Gordon Bennet - Chef Yowlachie (Geronimo)
  • Au mépris des lois (1952) - Réalisation: George Sherman - Jay Silverheels (Geronimo)
  • Les Derniers Jours de la nation Apache (1952) – Réalisation: Ray Nazarro - Miguel Inclan (Geronimo)
  • Le Dernier Bastion (1951) - Réalisation: Lewis Foster - Iron Eyes Cody (Geronimo)
  • I Kill Geronimo (1950)- Réalisation: John Hoffman - Chief Sundercloud (Geronimo)
  • Train for Alcatraz (1948) - Réalisation: Philip Ford - Iron Eyes Cody (Geronimo)
  • La Vallée du Soleil (1942) - Réalisation George Marshall - Tom Tyler (Geronimo)
  • Geronimo le Peau rouge (1939) - Réalisation: Paul Sloane - Chief Sundercloud (Geronimo)
  • Le Massacre de Fort Apache (1939) - Réalisation: Paul Stone - Miguel Inclan (Geronimo)
  • La Chevauchée fanstatique (1938) - Réalisation: John Ford – Chef White Horse (Geronimo)
  • Hawk of the Winderness (1938) - Réalisation: William Witney – Tony Urchel (Geronimo)
  • Geronimo last raid (1912) - Réalisation: Gilbert P. Hamilton - Rôle de Geronimo non crédité au générique

Note

  1. Jérome en espagnol

Références

  1. a et b Corine Sombrun et Harlyn Géronimo, Sur les pas de Géronimo., Albin Michel, coll. « Terre Indienne », 2008, 281 p. 
  2. Mémoires de Geronimo - Appendice sur sa reddition p. 157 cf. notamment audition du General Stanley Ed. la Découverte/poche isbn 978-2-7071-4197-2
  3. a et b Julie Connan, Le combat d'un descendant de Geronimo contre Yale, in Le Figaro, 20 février 2009, article en ligne
  4. (en) Kathrin Day Lassila et Mark Alden Branch, Whose skull and bones ? , in Yale Alumni, mai/juin 2006, article en ligne
  5. Lemonde.fr, « Ben Laden: le nom de code "geronimo" offense les indiens d'amérique », 2011

Wikimedia Foundation. 2010.

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