Georges Orwell


Georges Orwell

George Orwell

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George Orwell
Orwell photographié par la National Union of Journalists en 1933.
Orwell photographié par la National Union of Journalists en 1933.

Nom de naissance Eric Arthur Blair
Autres noms George Orwell, John Freeman
Activité(s) Écrivain et journaliste
Naissance 25 juin 1903
Motihari, Inde britannique
Décès 21 janvier 1950 (à 46 ans)
Londres, Royaume-Uni
Langue d'écriture Anglais
Œuvres principales
→ D'autres articles audio

George Orwell, de son vrai nom Eric Arthur Blair est un écrivain anglais né le 25 juin 1903 à Motihari, Inde britannique (aujourd'hui Inde) et mort le 21 janvier 1950 à Londres.

Son œuvre porte la marque de ses engagements, qui trouvent eux-mêmes pour une large part leur source dans l'expérience personnelle de l'auteur : contre l'impérialisme britannique, après son engagement de jeunesse comme représentant des forces de l'ordre colonial en Birmanie ; pour la justice sociale et le socialisme, après avoir observé et partagé les conditions d'existence des classes laborieuses à Londres et à Paris ; contre les totalitarismes nazi et soviétique, après sa participation à la guerre d'Espagne.

Témoin de son époque, Orwell est dans les années 1930 et 1940 chroniqueur, critique littéraire et romancier. De cette production variée, les deux œuvres au succès le plus durable sont deux textes publiés après la Seconde Guerre mondiale : La Ferme des animaux et surtout 1984, roman dans lequel il crée le concept de Big Brother, depuis passé dans le langage courant de la critique des techniques modernes de surveillance. L'adjectif « orwellien » est également fréquemment utilisé en référence à l'univers totalitaire imaginé par l'écrivain anglais.

Sommaire

Biographie

Une éducation anglaise

Chapelle du collège d'Eton

Eric Arthur Blair naît le 25 juin 1903 à Motihari (ancienne Présidence du Bengale et actuel Bihar), dans une famille appartenant à la moyenne bourgeoisie anglaise[1]. Il est le fils de Richard Walmesley Blair, un fonctionnaire de l'administration des Indes chargé de la Régie de l'opium (le commerce de l'opium, essentiellement en direction de la Chine, est à l'époque un monopole d'État) et d'Ida Mabel Blair. Il a deux sœurs, Marjorie (l'aînée) et Avril (la cadette). Il retourne en Angleterre en 1904[2] en compagnie de sa mère et de sa sœur. Éric ne revoit son père qu'en 1907, lors d'une permission de trois mois accordée à ce dernier, qui ne rejoint définitivement sa famille qu'en 1911, après sa mise en retraite.

À cette époque, le jeune Éric Blair est déjà pensionnaire de la preparatory school[3] de St Cyprien, qui lui inspire bien plus tard, dans les années 1946-1947, un récit, qu'il présente comme autobiographique, publié seulement après sa mort : Such, Such were the Joys. Il y décrit quel « épouvantable cauchemar[4] » furent pour lui ces années d'internat[5]. Éric Blair est néanmoins un élève brillant et travailleur (il passe auprès de ses camarades pour un « intellectuel[6] »), que ses maîtres motivent en lui rappelant que c'est à une bourse qu'il doit son admission à St Cyprien.

Signe de son excellence scolaire, Blair obtient une bourse au collège d'Eton, la plus réputée des public schools, où il étudie de 1917 à 1921. Orwell garde un assez bon souvenir de ces années, durant lesquelles il travaille peu, passant graduellement du statut d'élève brillant à celui d'élève médiocre, et faisant montre d'un tempérament volontiers rebelle (rébellion qui semble-t-il n'est aucunement liée à des revendications d'ordre politique ou idéologique). À cette époque, il a deux ambitions : devenir un écrivain célèbre (il écrit des nouvelles et des poèmes - médiocres[7] - dans une revue du college), et retourner en Orient, qu'il connaît surtout par l'intermédiaire des souvenirs de sa mère.

Au service de l'Empire

La (relative) prospérité de la famille Blair est étroitement liée à l'impérialisme britannique : outre son père, on peut citer l'arrière-grand-père paternel du futur George Orwell (propriétaire d'esclaves en Jamaïque) ou encore son grand-père maternel (marchand de teck en Birmanie). Aussi, même s'il s'agit d'une peu glorieuse conclusion à une scolarité effectuée dans d'aussi prestigieux établissements, est-ce donc tout naturellement que le jeune Eric Blair endosse l'uniforme et retourne aux Indes en 1922 pour devenir sergent dans la police impériale en Birmanie.

La situation sur place est à ce moment, sinon toujours explosive, du moins souvent tendue[8] entre les Birmans et leurs colonisateurs  : le nationalisme birman prend alors son essor, marqué par plusieurs mouvements de grève, en général violemment réprimés[9]. La mission des Britanniques est, selon le mot d'un ancien gouverneur adjoint de Birmanie, de « faire régner la loi et l'ordre dans des régions barbares[10]. »

Orwell qualifie plus tard son temps de service comme ayant consisté en « cinq années d'ennui au son des clairons [11]. » Après avoir effectué ses neuf mois réglementaires à l'école d'entraînement de la police, il connaît six lieux d'affectation différents, en général peu reluisants (notamment Moulmein). Il laisse l'image d'un grand jeune homme taciturne et solitaire, occupant la majeure partie de son temps libre à la lecture. Parmi les anecdotes concernant cette période, il aurait un jour assisté à une exécution capitale, ce qui lui inspire l'essai Une pendaison, « son premier écrit qui témoigne d'un style distinctif et du talent d'Orwell[12]. »

On ne connaît pas non plus avec certitude le détail de l'évolution intérieure qui le fait passer de l'ennui au dégoût de sa fonction comme rouage de l'administration coloniale. Mais il est permis de penser que ces propos de Flory, l'antihéros de Une histoire birmane, ne doivent pas être très éloignés de ce que pense le fonctionnaire de police Eric Blair vers 1927 : « Le fonctionnaire maintient le Birman à terre pendant que l'homme d'affaires lui fait les poches[13] »
Quoi qu'il en soit, à la fin de l'année 1927, il jette l'éponge : arguant de raisons de santé (sur lesquelles nous ne savons rien), il rentre en Angleterre et donne sa démission. Il annonce alors à sa famille qu'il a décidé de se consacrer à l'écriture. Tout au long des vingt-deux ans qu'il lui reste à vivre, il reste un ennemi déclaré de l'impérialisme britannique.

Des débuts d'écrivain difficiles

Eric Blair semble n'avoir guère eu de dons particuliers pour l'écriture, si l'on en croit le témoignage de ceux qu'il fréquente à l'époque[14] : il travaille donc d'arrache-pied, écrit poèmes sur nouvelles et multiplie les ébauches de romans.

En parallèle, à l'automne 1927, il explore les bas-fonds londoniens, enquêtant sur les conditions de vie des plus démunis, les suit sur les routes et dans les sinistres asiles de nuit : il espère en tirer la matière d'un ouvrage sur les conditions de vie des pauvres. Il tente par là d'exorciser la culpabilité qui le ronge d'avoir « été l'exécutant d'un système d'exploitation et d'oppression[15] » en Birmanie.

Au printemps 1928, il décide d'aller s'installer à Paris (où vit l'une de ses tantes) pour écrire. Il y reste dix-huit mois, au cours desquels nous ne savons pas grand-chose de sa vie[16], si ce n'est qu'à l'automne 1929, à court d'argent et après avoir donné quelques leçons d'anglais, il fait la plonge durant quelques semaines dans un hôtel de luxe de la rue de Rivoli. Durant cette période, il publie épisodiquement des articles dans des journaux communistes (tel que Le Monde, hebdomadaire dirigé par Henri Barbusse[17]). De la quasi-totalité de ses écrits de cette période, il ne reste rien. Il retourne en Angleterre en décembre 1929, juste à temps pour passer les fêtes de Noël avec sa famille. Fauché, n'ayant rien publié de prometteur, sa santé mise à mal par une pneumonie contractée l'hiver précédent, l'équipée parisienne apparaît comme un fiasco intégral.

Il reprend son exploration des bas-fonds de la société anglaise au printemps suivant, partageant la vie des vagabonds et des clochards, tantôt quelques jours, tantôt une semaine ou deux[18]. Mais il est contraint de mettre un terme à ses expéditions quelques mois plus tard : il n'a plus les moyens financiers suffisants pour poursuivre ses vagabondages.

Il se décide à accepter un poste d'enseignant dans une école privée, dans une petite ville où il s'ennuie (Hayes, dans le Middlesex). Il en profite pour achever Dans la Dèche à Paris et à Londres (Down and out in Paris and London), qui paraît au début de l'année 1933[19]. C'est à cette occasion qu'il prend le pseudonyme de George Orwell[20]. Même si les critiques sont bonnes, les ventes sont médiocres. Qui plus est, l'éditeur d'Orwell (Victor Gollancz) craint le procès en diffamation pour Une histoire birmane (Burmese Days), dont la rédaction est achevée à l'automne 1934, et qui pour cette raison est tout d'abord publié aux États-Unis puis, avec quelques changements de noms, en Angleterre en 1935. À cette période, Orwell s'enthousiasme pour l'Ulysse de James Joyce et contracte une nouvelle pneumonie, qui l'oblige à abandonner sa charge d'enseignant (ou plutôt, qui l'en libère).

À la rencontre du prolétariat

À la fin de l'automne 1934, Orwell termine dans la douleur la rédaction de son deuxième roman, Une fille de pasteur, dont il se montre peu satisfait : « C'était une bonne idée, explique-t-il à un de ses correspondants, mais je crains de l'avoir complètement gâchée[21] ». Là encore, la précision des références à des lieux et des personnages réels fait craindre à Victor Gollancz que l'ouvrage ne soit poursuivi en diffamation. Il se décide toutefois à le publier, assorti de corrections mineures, au début de l'année 1935[22].

Entre temps, Orwell s'est installé à Londres, où il trouve un emploi à la librairie « Booklover's Corner », dans le quartier d'Hampstead, « qui était, et demeure, un quartier d'intellectuels (réels ou prétendus)[23] ». Il rencontre Eileen O'Shaugnessy, qu'il épouse en juin 1936. Orwell a auparavant publié un autre roman, « le dernier de ses livres consciemment "littéraires" », selon Bernard Crick[24], Et vive l'Aspidistra ! Il se rend aussi dans le nord de l'Angleterre où, pour honorer une commande que lui a passée Victor Gollancz, il étudie les conditions de vie des mineurs des régions industrielles. Il tire de ce reportage un livre, Le Quai de Wigan, qui sera publié alors qu'Orwell est en Espagne. Très polémique dans sa seconde partie, dans laquelle l'auteur analyse les raisons de l'échec de la gauche à gagner les classes laborieuses à la cause socialiste[25], il paraît avec une mise au point hostile de Victor Gollancz qui, initiateur du projet, se désolidarise de son aboutissement.

Cette rencontre avec le prolétariat des régions minières marque surtout la « conversion[26] » d'Orwell à la cause socialiste. Celle-ci survient brutalement, comme une évidence, face au spectacle de l'injustice sociale et de la misère du prolétariat anglais[27].

Orwell en Espagne

Fin 1936, alors que fait rage la Guerre d'Espagne qui met aux prises les républicains avec la tentative de coup d'État militaire menée par le « Caudillo », Francisco Franco, Orwell et son épouse rejoignent, par l’intermédiaire de l’Independent Labour Party (ILP), qui leur a remis des lettres de recommandation[28], les milices du POUM[29], après un bref détour par Paris, où Orwell rend visite à Henry Miller, qui tente en vain de le dissuader de se rendre en Espagne.

Orwell, à son arrivée à Barcelone, est fasciné par l'atmosphère qu'il y trouve : lui qui l'année précédente se désolait de ne pouvoir rompre la barrière de classe qui sépare le bourgeois qu'il est de ces prolétaires qu'il était allé rencontrer[30], empêchant toute rencontre véritable entre les uns et les autres, découvre là une société dans laquelle cette barrière, à ce qu'il lui semble, est en train de s'effondrer. Les milices du POUM, notamment, dans lesquelles il est nommé instructeur (grâce à l'expérience acquise dans ce domaine lors de ses années birmanes), lui apparaissent comme étant « une sorte de microcosme de société sans classes[31] ».

Après avoir passé quelque temps sur le front d'Aragon, Orwell retourne à Barcelone, où il participe aux « troubles de mai » qui opposent les forces révolutionnaires au gouvernement catalan et au PSUC[32] et qui verront la victoire de ces derniers[33]. Il retourne au front où il est blessé à la gorge. Démobilisé, contraint de quitter clandestinement l'Espagne pour ne pas être arrêté (le POUM, dénoncé comme un « parti fasciste » par la propagande du PSUC, est déclaré illégal le 16 juin 1937), Orwell et son épouse gagnent la France, d'où ils rejoignent l'Angleterre.

Orwell, à son retour à Londres, est atterré par la manière dont les intellectuels de gauche (en particulier ceux qui appartiennent au Parti communiste ou en sont proches) rendent compte de ce qui se passe en Espagne, et notamment par les calomnies répandues sur le compte du POUM, systématiquement accusé d'être soit une organisation fasciste, soit une organisation manipulée par les fascistes : c'est dans l'optique de rétablir la vérité quant aux évènements dont il a été témoin qu'il entreprend alors de rédiger son Hommage à la Catalogne qu'il fait paraître, avec quelques difficultés, en avril 1938. À partir de ce moment, écrira-t-il en 1946, « tout ce [qu'il] a écrit de sérieux [...] a été écrit, directement ou indirectement, et jusque dans la moindre ligne, contre le totalitarisme et pour le socialisme démocratique [34] ». Dans cette perspective, il se décide à adhérer à l'ILP au mois de juin 1938, estimant que « le seul régime qui, à long terme, peut accorder la liberté de parole est un régime socialiste. »[35].

Le patriotisme révolutionnaire

Alors que la menace d'un nouveau conflit européen se fait de plus en plus précise, Orwell défend une position antiguerre et critique l'antifascisme des fronts populaires : cette guerre ne servirait, selon lui, qu'à renforcer les impérialismes européens, qui ont beau jeu de se présenter, face à la menace fasciste, comme des démocraties, alors qu'ils exploitent sans vergogne « six cents millions d'êtres humains privés de tous droits [36] »

Quelques mois plus tard, pourtant, il change radicalement sa position sur le sujet : alors que le Parti communiste (qui appelait auparavant à la lutte contre les dictatures fascistes) se découvre pacifiste à la suite du Pacte germano-soviétique, Orwell découvre que, dans le fond, il a toujours été un patriote[37]. De ce fait, il s'éloigne « sur la pointe des pieds »[38] de l'ILP, qui persiste dans le pacifisme, et s'oppose à l'engagement dans le conflit.

Contrariant le désir qu'il avait de s'engager dans l'armée, sa faible santé le fait réformer. Malgré celle-ci, il s'engage en 1940 dans la Home Guard (milice de volontaires organisée par l'État et créée dans le but de résister à l'invasion nazie dans le cas où les Allemands parviendraient à débarquer en Grande-Bretagne). Par ailleurs, en 1941, il est engagé comme producteur à la BBC, diffusant émissions culturelles et commentaires de guerre à destination des Indes[39].

Parallèlement à ces activités, Orwell envoie régulièrement des articles (« Les Lettres de Londres ») à la revue américaine d'inspiration trotskiste The Partisan Review.[40] En effet, le patriotisme dont il fait preuve depuis le début de la guerre ne lui a pas pour autant fait abandonner ses aspirations révolutionnaires. Bien au contraire, il estime que la victoire de la Grande-Bretagne sur les dictatures fascistes passera nécessairement par la révolution sociale en Angleterre, révolution dont il voit les signes avant-coureurs dans le mécontentement croissant des classes populaires face aux privations dues à l'état de guerre (qui ne frappent pas les couches supérieures de la société) et aux revers militaires de l'armée anglaise, revers causés selon lui par l'incurie des dirigeants militaires et politiques. De ce point de vue, la Home Guard lui apparaît comme étant ce peuple en armes qui renversera, au besoin par la force, le pouvoir en place avant de défaire les armées hitlériennes (il développe ces points de vue dans son essai intitulé Le Lion et la Licorne, qui parait en 1941 dans la collection Searchlight, dont il est le cofondateur).

En novembre 1943, Orwell démissionne de son poste à la B.B.C.[41] Il devient alors directeur des pages littéraires de l'hebdomadaire de la gauche travailliste The Tribune et entame la rédaction de La Ferme des animaux.

Les dernières années

Orwell achève l'écriture de La Ferme des animaux en février 1944. L'ouvrage ne paraît pourtant qu'un an plus tard, en août 1945. Entre-temps, le livre est refusé par quatre éditeurs[42] : la mise en cause radicale de l’URSS semble prématurée, à un moment où les hostilités contre l'Allemagne hitlérienne ne sont pas encore achevées.

En 1945 toujours, Orwell, qui a démissionné de son poste au Tribune, devient envoyé spécial de The Observer en France et en Allemagne, où il est chargé de commenter la vie politique. Il est à Cologne, en mars, lorsqu'il apprend que sa femme, atteinte d'un cancer, vient de mourir. Il rentre à Londres et entame la rédaction de ce qui va devenir son œuvre la plus célèbre : 1984.

En parallèle, à partir d'août 1945, il devient vice-président du « Freedom Defense Committee » (présidé par le poète anarchiste Herbert Read), qui s'est fixé pour tâche de « défendre les libertés fondamentales des individus et des organisations, et [de] venir en aide à ceux qui sont persécutés pour avoir exercé leurs droits à la liberté de s'exprimer, d'écrire et d'agir »[43]. Orwell soutient le comité jusqu'à sa dissolution en 1949.

En cette même année 1949, il publie 1984, qu'il a achevé à la fin de l'année précédente. Il épouse en secondes noces Sonia Brownell le 13 octobre, alors que, gravement malade de la tuberculose, il a été admis le mois précédent à l'University College Hospital de Londres, où il prend des notes en vue d'un futur roman.

Il meurt le 21 janvier 1950.

Tombe d'Eric Arthur Blair

Orwell est enterré dans le petit cimetière de l'église de Sutton Courtenay, près d'Abingdon dans l'Oxfordshire, bien que n'ayant aucun lien avec ce village. Il a pourtant laissé comme instructions : « Après ma mort, je ne veux pas être brûlé. Je veux simplement être enterré dans le cimetière le plus proche du lieu de mon décès. » Mais son décès ayant eu lieu au centre de Londres et aucun des cimetières londoniens n'ayant assez de place pour l'enterrer, sa veuve, Sonia Brownell, craignant que son corps ne soit incinéré, a demandé à tous ses amis de contacter le curé de leur village d'origine pour voir si leur église disposerait dans son cimetière d'une place pour l'y enterrer. C'est ainsi qu'il a été, par pur hasard, inhumé à Sutton Courtenay.

Sur sa tombe ces simples mots :

Eric Arthur Blair
né le 25 juin 1903,
mort le 21 janvier 1950

Sans aucune mention ni à ses œuvres, ni à son nom de plume « George Orwell ». Après sa mort, sa veuve a fait publier une collection de ses articles, essais, correspondances ainsi que quelques nouvelles sous le titre de Collected Essays, Journalism, and Letters (1968).

The Complete Works of George Orwell (vingt volumes), première édition des œuvres complètes d'Orwell, a été achevée de publication en Angleterre en 1998.

En 2008, le Times l'a classé second dans sa liste des « 50 plus grands écrivains britanniques depuis 1945 »[44].

Anecdotes

Orwell délateur ?

Le 11 juillet 1996, un article, publié dans le quotidien anglais The Guardian, explique que George Orwell, en 1949, a collaboré avec l'Information Research Department (une section du ministère des Affaires étrangères britannique liée aux services de renseignements)[45] par l'intermédiaire d'une fonctionnaire de celui-ci : Celia Kirwan. Orwell aurait livré à cet agent une liste de noms de journalistes et d'intellectuels « cryptocommunistes », « compagnons de routes » ou « sympathisants » de l'Union soviétique. La réalité de cette collaboration est prouvée par un document déclassifié la veille par le Public Record Office [46].

L'information est relayée en France principalement par les quotidiens Le Monde (12 et 13 juillet 1996) et Libération (15 juillet 1996). Le public français apprend à cette occasion que l'auteur de 1984 « dénonçait au Foreign Office les "cryptocommunistes" » (Le Monde, 13 juillet 1996). Dans son numéro d'octobre 1996, le magazine L'Histoire va plus loin encore, expliquant qu'Orwell aurait « spontanément participé à la chasse aux sorcières » organisée contre les intellectuels communistes par le Foreign Office.

En revanche, ces articles omettent de mentionner qu'Orwell est un ami personnel de Celia Kirwan (belle-sœur de l'écrivain Arthur Kœstler, elle a en 1945 repoussé la demande en mariage d'Orwell, veuf depuis quelques mois). Celle-ci, à l'occasion d'une visite à l'auteur de L'Hommage à la Catalogne peu avant sa mort, en 1949, alors qu'il est dans un sanatorium, lui confie travailler alors pour un service gouvernemental chargé de recruter des écrivains et des intellectuels susceptibles de produire de la propagande antisoviétique. Orwell, après lui avoir donné les noms de quelques personnes de sa connaissance lui paraissant aptes à être recrutées, propose à Celia Kirwan de lui communiquer, à titre privé, les noms d'autres personnes qu'il est inutile d'approcher, en raison de leurs convictions politiques[47] (lesquelles sont souvent de notoriété publique).

La fameuse liste, déclassifiée en 2003 (mais, curieusement, déjà mentionnée dans la biographie de Bernard Crick parue en 1980[48]) ne dit pas autre chose, et tout laisse à penser que la « collaboration » d'Orwell s'est réduite à cela. John Newsinger, dans sa « biographie politique » d'Orwell, a par ailleurs rappelé que George Orwell a à plusieurs reprises manifesté, à la fin des années 1940, son hostilité à toute tentative d'instaurer un « maccarthysme anglais[49]».

Le détail de cette affaire se retrouve dans le pamphlet Orwell devant ses calomniateurs, publié en 1997 par L'Encyclopédie des nuisances aux éditions Ivrea. De manière plus succincte, Simon Leys aborde la question dans la réédition de son essai Orwell ou l'horreur de la politique (2006).

George Orwell à Eton

Aldous Huxley, le futur auteur du Meilleur des mondes, enseigna brièvement le français à Eton (en remplacement d'un professeur titulaire parti à la guerre), où parmi ses élèves figurait le futur auteur de 1984. Apparemment, Orwell appréciait Huxley, qui leur apprenait « des mots rares et étranges, de manière assez concertée », se souvient Steven Runciman (ami et condisciple d'Orwell à cette époque), qui ajoute qu'il était « un professeur d'une totale incompétence. Il n'arrivait pas à faire respecter la discipline et était tellement myope qu'il ne voyait pas ce qui se passait, si bien qu'il était constamment chahuté », ce qui énervait passablement Orwell « qui trouvait que c'était cruel ».

Runciman conclut pourtant que les cours dispensés par Aldous Huxley ne furent pas inutiles aux jeunes gens : « Le goût des mots, de leur usage précis et signifiant nous resta. En cela, nous avons une grande dette envers lui[50]».

Notes

  1. « [Orwell] définit cette classe comme une haute bourgeoisie désargentée, pas vraiment fauchée, ni dans le besoin, mais incapable avec ses propres ressources de jouer le rôle qui lui incombe en vertu de son éducation et du statut dont elle continue à bénéficier ». Bernard Crick, George Orwell, une vie, p. 63 (la biographie de Crick est l'ouvrage de référence sur Orwell).
  2. Et non, comme il est parfois écrit, en 1907. Bernard Crick, George Orwell, une vie, p. 50.
  3. « L'entrée dans n'importe quelle carrière, que ce soit l'Église, l'Armée, la fonction publique, ou une profession libérale est soumise à l'obligation d'avoir reçu une "bonne éducation" jusqu'à dix-huit ans, puisqu'à l'époque il n'est pas indispensable d'avoir fréquenté l'université. C'est "l'école" qui compte, et cela désigne le passage dans une institution secondaire privée [public school] entre treize, quatorze et dix-huit ans. Aux "preparatory schools" incombe la tâche de faire entrer les jeunes garçons dans le "bon collège". » Bernard Crick, George Orwell, une vie, p. 63. St Cyprien est l'une des meilleures prep schools de l'époque, et l'une des plus chères : les droits d'inscription s'élevent à 180 livres par an (presque le double du salaire moyen annuel d'un employé). Orwell bénéficie d'une bourse, et sa famille n'a à sa charge qu'une partie de ces frais.
  4. Lettre de George Orwell à Cyril Connolly, citée par Simon Leys, Orwell ou l'Horreur de la politique, p.35.
  5. Bernard Crick exprime quelques doutes quant au fait que ces années d'internat aient été franchement traumatisantes pour Orwell. Cf. George Orwell, une vie, chap. II et III. Such, Such were the Joys ne peut paraître en Grande-Bretagne qu'en 1968 pour échapper aux attaques en justice pour diffamation, mais publié, en 1952, dans la Partisan Review, aux États-Unis. Selon certains commentateurs, ce livre est une préfiguration de 1984.
  6. Bernard Crick, op. cit., p. 82.
  7. « Ces histoires ne sont pas pires, mais en aucun cas meilleures, que ce que l'on pourrait attendre de n'importe quel garçon instruit de presque seize ans : intelligentes, assez bien écrites, mais dépourvues de caractère et de style personnel ». Bernard Crick, op. cit., p. 124.
  8. Elle est même un peu plus que cela trois ans avant qu'Eric Blair ne mette les pieds sur le continent indien : en Birmanie, en avril 1919, des troupes d'élite népalaises, sous les ordres du général Dyers, « avaient tiré pendant dix minutes sur une foule pacifique, tuant près de quatre cents personnes, dont des femmes et des enfants, et en blessant mille deux cents autres. » Newsinger, La Politique selon Orwell, p. 47-48.
  9. En 1924, « il y eut une grève de l'impôt, particulièrement suivie dans les régions qui longent l'Irrawaddy. La police fut sollicitée pour maintenir l'ordre et briser la grève [...] Elle procéda à des arrestations, confisqua des biens, et, en diverses occasions, incendia totalement des villages. » Newsinger, op. cit., p. 48. Bernard Crick explique néanmoins que des réformes visant à assouplir le joug colonial ont été octroyées aux Birmans en 1923, suite notamment à une grève des étudiants. Crick, op. cit., p. 160.
  10. Sir Herbert White en 1913, cité par Crick, op. cit., p. 159.
  11. Crick, op. cit., p. 159.
  12. Bernard Crick, op. cit., p. 165. Le texte, publié en 1931 dans la revue Adelphi, sous le nom d'Eric A. Blair, exprime toute l'horreur et le dégoût pour la peine de mort que lui a inspiré ce spectacle. Crick a cependant quelques doutes quant à la réalité de la présence du sergent Blair à une exécution capitale durant son séjour en Birmanie.
  13. Une histoire birmane, p. 52. Pour John Newsinger, qui cite ce passage, « il ressort clairement du livre [publié en 1934] que l'auteur approuve entièrement ce réquisitoire », op. cit., p. 19-20.
  14. « Il écrivait si mal. Il dut s'apprendre lui-même à écrire. Il ressemblait à un singe à qui l'on aurait donné un porte-plume. Un singe avec un porte-plume. Il devint un maître en Anglais, mais ce fut à la force du poignet. À cette époque, il utilisait un certain nombre de mots grossiers, et nous devions corriger son orthographe. » Témoignage de Ruth Pitter, une amie de la famille Blair, à Bernard Crick, op. cit., p. 196.
  15. John Newsinger, La Politique selon Orwell, p. 41. Bernard Crick rapporte qu'Orwell commença à travailler à son ouvrage sur les vagabonds d'Angleterre dès février 1929, op. cit., p. 210.
  16. « En réalité, la période couverte par Dans la dèche à Paris et à Londres ne représente guère plus de dix semaines sur les dix-huit mois passés à Paris ». Crick, op. cit., p. 204.
  17. Rien à voir avec le quotidien d'Hubert Beuve-Méry, qui sera fondé en 1944.
  18. « Il avait différents "points de chute", à Londres, où il échangeait ses vêtements convenables contre des guenilles ». Bernard Crick, op. cit., p. 222.
  19. Il sera traduit en français sous le titre La Vache enragée et publié aux éditions Gallimard en mai 1935, avec une préface de Panaït Istrati. Cf. Orwell, Correspondance avec son traducteur René-Noël Raimbault, p. 49.
  20. Plusieurs raisons sont invoquées par Bernard Crick pour expliquer cette décision de prendre un pseudonyme : protéger sa famille au cas où ses écrits seraient jugés scandaleux (l'éditeur de Dans la dèche à Paris et à Londres craint pour ce livre, notamment pour sa description des asiles de nuit, le procès en diffamation ; et puis Orwell prépare déjà son Histoire birmane) ; pour qu'au cas où ce livre serait un échec, il puisse continuer à publier sous le nom de Blair ; enfin parce qu'il n'aurait pas aimé son nom ni surtout son prénom. Eric blair propose à son éditeur de choisir entre plusieurs pseudonymes : P. S. Burton, Kenneth Miles, George Orwell, H. Lewis Allways, précisant qu'il a une préférence pour George Orwell. L'éditeur est du même avis que lui. L'Orwell est une petite rivière que connaissait Eric Blair. Cf. Crick, op. cit., p. 244 et 253.
  21. Lettre du 03/10/1934, citée par Bernard Crick, op. cit., p. 267.
  22. Plus tard, Orwell reniera totalement ce livre et laissera des instructions pour qu'il ne soit ni traduit, ni réédité. Crick, op. cit., p. 279-280, pour tout ce passage.
  23. Bernard Crick, op. cit., p. 271.
  24. Bernard Crick, op. cit., p. 301.
  25. La mise en cause des « fanatiques et excentriques » qui composent selon lui le gros des mouvements socialistes, et où il explique que le socialisme anglais a « attiré tout ce que l'Angleterre compte de buveurs de jus de fruit, de nudistes, de porteurs de sandales, d'obsédés sexuels, de quakers, de charlatans adeptes de la vie saine, de pacifistes et de féministes » sera notamment source de nombreuses polémiques. John Newsinger, La Politique selon Orwell, p. 75. Les propos d'Orwell, cités dans l'étude de Newsinger, sont issus du Quai de Wigan, p. 196.
  26. Le terme est utilisé par Simon Leys, Orwell ou l'horreur de la politique, p. 24.
  27. Cf. Simon Leys, op. cit., p. 24-30. Leys voit dans la description d'une vision depuis le train qui emmène Orwell vers les régions minières (et reproduit dans Le Quai de Wigan, ed. Champ Libre, p. 21-22) le compte-rendu de l'« illumination » qui convertit alors Orwell à la cause socialiste.
  28. Qu'Orwell était d'abord allé demander au secrétaire général du Parti communiste anglais, qui les lui refusa, le jugeant « politiquement peu sûr ». Cf. Crick, op. cit., p. 342.
  29. « Le POUM (Partido Obrero de Unificacion Marxista) était l'un de ces partis communistes dissidents que l'on a vu apparaître en beaucoup de pays au cours de ces dernières années, par suite de l'opposition au stalinisme, c'est-à-dire au changement, réel ou apparent, de la politique communiste » George Orwell, Hommage à la Catalogne, p. 249.
  30. Cette barrière, « il est tellement simple de faire comme si elle n'existait pas, mais il est impossible de la franchir », écrit-il dans Le Quai de Wigan, p. 176.
  31. Hommage à la Catalogne, p. 111. Sur les sentiments qu'inspire à Orwell la révolution espagnole à son arrivée en Catalogne, voir également Newsinger, La Politique selon Orwell, p. 83-89.
  32. « Le PSUC (Partit Socialista Unificat de Catalunya) était le parti socialiste de Catalogne ; il avait été formé au début de la guerre par la fusion de différents partis marxistes, dont le parti communiste catalan ; mais il était à présent [en 1937] totalement dirigé par les communistes et affilié à la Troisième Internationale ».Hommage à la Catalogne, p. 248.
  33. Le gouvernement républicain et les communistes du PSUC (sur ordre de Moscou) voulaient stopper le processus révolutionnaire enclenché à Barcelone : le 3 mai, la police investit le central téléphonique contrôlé par la CNT (anarcho-syndicaliste). Une grève générale spontanée s'ensuit. La direction du POUM presse celle de la CNT de prendre la tête du mouvement afin de remettre en route le processus révolutionnaire, ce qu'elle refuse, préférant malgré tout rester fidèle au gouvernement catalan. Isolé, le POUM estime ne pas avoir les capacités nécessaires pour organiser l'insurrection qui prend fin le 6 mai, après des combats qui ont fait plus de neuf cents morts et quatre mille blessés. Cf. Orwell, Hommage à la Catalogne, Appendice II, « Ce que furent les troubles de mai à Barcelone », p. 263-294 ; Newsinger, La Politique selon Orwell, p. 89-94.
  34. Cité par John Newsinger, La Politique selon Orwell, p. 101.
  35. « Why I joined the Independent Labour Party » (« Pourquoi j'ai adhéré à l'I.L.P »), New Leader, 24 juin 1938. Traduction française : Dans le ventre de la baleine, et autres essais, Ivrea, 2005, p. 50. Il juge cette affiliation à un parti constitué inévitable, considérant qu'il ne lui est plus possible de faire l'économie de ce type d'engagement à l'heure des « matraques en caoutchouc » et des « camps de concentration ».
  36. « Not Counting Niggers », article publié en 1939 et dirigé contre l'ouvrage de Clarence Streit, Union Now, qui appelle à une alliance des puissances occidentales contre le nazisme. Orwell y écrit notamment : « M. Streit a froidement rangé les immenses empires français et britanniques - qui ne sont fondamentalement rien d'autre que des machines à exploiter de la main-d'œuvre à bon marché - sous la rubrique "démocraties "». Cf. John Newsinger, op. cit., p. 28.
  37. Il s'en explique dans un article publié en 1940, « My Country Right or Left ». Cf. Newsinger, op. cit., p. 112.
  38. Crick, op.cit., p. 414
  39. Recueillies plus tard dans ses Chroniques du temps de la guerre (1941-1943) (cf. bibliographie).
  40. « Elle se caractérisa par sa forte hostilité à l'égard du stalinisme et elle devint le lieu d'expression d'une sorte de trotskisme littéraire : elle afficha une vive sympathie pour les idées de Trotski mais évita tout lien organisationnel ». J. Newsinger, La politique selon Orwell, p. 161.
  41. « Plusieurs hypothèses ont été avancées [pour justifier ce départ]. D'abord, il a pris conscience de la futilité de son travail : il produit des émissions pour des publics confidentiels sans avoir aucun retour. Ensuite, il y a l'épuisement total : ce travail l'a complètement usé ». Newsinger, op. cit., p. 178. Enfin, il a eu plusieurs fois affaire avec la censure, qui avait notamment refusé le script d'une émission mettant en cause Franco : « la tentative de donner à la guerre "une coloration antifasciste" était allée un peu trop loin ». Newsinger, op. cit., p. 34.
  42. Ainsi que le mentionne Orwell lui-même dans la préface de 1945, non publiée, de La Ferme de animaux, in Essais, articles, et lettres, tome III, p. 509.
  43. Déclaration reproduite dans le livre de John Newsinger, op. cit., p. 299.
  44. The 50 greatest British writers since 1945, 5 janvier 2008, The Times. Consulté le 3 janvier 2009
  45. Il faut toutefois savoir que, « lorsque l'IRD a été créé par le gouvernement travailliste, son but affiché est de mener des activités de propagande en faveur d'une troisième voie entre le communisme soviétique et le capitalisme américain. Il n'est absolument pas évident à l'époque qu'il s'agissait d'une arme des services secrets britanniques ». John Newsinger, La Politique selon Orwell, p. 254.
  46. (en) George Orwell and the British Foreign Office, voir la lettre d'Orwell à Celia Kirwan
  47. « Même si quelques-uns d'entre eux, recensés comme ayant simplement des opinions "proches", semblent sélectionnés pour des raisons tirées par les cheveux et peu pertinentes. » Crick, op. cit., p. 629. Selon Simon Leys, la liste établie pour Celia Kirwan n'est pas établie uniquement en fonction de critères politiques, mais signale également des individus dont il est inapproprié de solliciter la collaboration en raison de leur « malhonnêteté » ou de leur « stupidité » (Orwell ou l'Horreur de la politique, p. 116)
  48. Crick, op. cit., p. 629, note 49. La copie consultée par Crick provient des Archives Orwell.
  49. Ainsi, « en mars 1948, Orwell écrit à George Woodcock pour que le Freedom Defense Committee prenne position contre la tentative du gouvernement travailliste de purger la fonction publique de ses éléments communistes. » John Newsinger, La politique selon Orwell, p. 255.
  50. Cf. Bernard Crick, op. cit., p. 128-129, d'où sont extraites les citations des propos de Sir Steven Runciman

Œuvres

(Ne sont en principe mentionnés les éditeurs français que dans la mesure où les textes n'ont pas été publiés par plusieurs éditeurs.)

Bibliographie

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Éditions Ivrea / Encyclopédie des Nuisances, George Orwell devant ses calomniateurs, éditions Ivrea / éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 1997, 28 p. (ISBN 2-85184-260-9)
  • François Brune, Sous le soleil de Big Brother, précis sur "1984" à l'usage des années 2000, L'Harmattan, 2000.
  • Jean-Jacques Courtine et Catherine Rihoit (dir), « George Orwell », Revue L'Arc, n° 94, éditions Le Jas, 1984.
  • Bernard Crick, George Orwell, une vie, éd. Climats, 2003.
  • Louis Gill, George Orwell : de la guerre civile espagnole à 1984, Lux éditeur, 2005.
  • Jean-Daniel Jurgensen, Orwell ou la route de 1984, Laffont, 1983.
  • Simon Leys, Orwell, ou l'Horreur de la politique, Hermann, 1984 (rééd. Plon, 2006).
  • Jean-Claude Michéa, Orwell, anarchiste tory, éd. Climats, 2000, 142 p. (ISBN 2-84158-161-6)
  • Jean-Claude Michéa, Orwell éducateur, éd. Climats, 2003, 168 p. (ISBN 2-84158-233-7)
  • John Newsinger, La Politique selon Orwell, Agone, 2006. (ISBN 2-7489-0036-7)
  • Raymond Williams, Orwell, collection: les maitres modernes, Seghers, 1972.

Adaptations

Plusieurs des romans et nouvelles de George Orwell ont été adaptés pour le cinéma et la télévision après sa mort :

  • Studio One (série télévisée 1948-1958) épisode : 1984, diffusé le 21 septembre 1953.
  • La Ferme des animaux (Animal Farm), film d'animation de Joy Batchelor et John Halas, 1954.
  • 1984, téléfilm de Rudolph Cartier, 1954.
  • 1984, film de Michael Anderson, 1956.
  • 1984, téléfilm de Christopher Morahan, 1965.
  • Un peu d'air frais (Coming Up for Air), téléfilm de Christopher Morahan, 1965.
  • 1984, film de Michael Radford, 1984.
  • Et vive l'Aspidistra ! (Keep the Aspidistra Flying), film de Robert Bierman, 1997.
  • La Ferme des animaux (Animal Farm), téléfilm de John Stephenson, 1999.

Liens externes

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