Georges MARCHAIS


Georges MARCHAIS

Georges Marchais

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Georges Marchais
Georges Marchais.JPG
Parlementaire français
Naissance 7 juin 1920
Décès 16 novembre 1997
Mandat Député
Début du mandat 11 mars 1973
Fin du mandat 21 avril 1997
Circonscription Val-de-Marne
Groupe parlementaire COM
Ve République

Georges Marchais, né le 7 juin 1920 à La Hoguette (Calvados) et mort le 16 novembre 1997 à Paris, était un homme politique français, secrétaire général du Parti communiste français de 1972 à 1994.

Sommaire

Biographie

Né dans une famille très catholique et très pauvre[réf. souhaitée] du bocage normand, Georges Marchais devient mécanicien ajusteur dans l’industrie aéronautique Voisin d'Issy les Moulineaux juste avant l'invasion allemande de mai 1940.

Chez Messerschmitt : polémiques et incertitudes

Il part travailler en Allemagne en décembre 1942, chez Messerschmitt à Augsburg. En 1970, Charles Tillon accusera Georges Marchais de s'être porté volontaire, les principales réquisitions allemandes de main d'œuvre n'ayant débuté qu'après la loi du 16 février 1943. Toutefois, l'existence d'une première loi du 4 septembre 1942, à l'origine du départ forcé de plus de 250 000 ouvriers, était à l'époque ignorée ou négligée par les historiens et par l'opinion[1]. Son biographe Thomas Hoffnung estime qu'il n'existe aucune preuve de volontariat et que Marchais fut plutôt muté outre-Rhin, dans le cadre de la réquisition des travailleurs de l'industrie aéronautique par l'Allemagne nazie. Pour contrer cette loi, des grèves, organisées clandestinement, souvent par des communistes, éclatent dans certaines usines comme Ratier à Figeac (46) le 22 octobre 1942 (les seize ouvriers convoqués ne partiront pas mais l'usine continuera de fabriquer des hélices pour les avions Heinkel). De plus, deux décisions de justice, faisant suite à une plainte de Georges Marchais contre ses détracteurs, établissent que Georges Marchais est bien parti en Allemagne sous la contrainte.

Selon la thèse la plus couramment admise, à cette époque, Georges Marchais n'avait de toute façon aucune conscience politique manifeste. Il s'est tenu en effet complètement en-dehors des événements du Front Populaire, de la grève générale du 30 novembre 1938 et de la Résistance. Il figure donc parmi les premiers ouvriers transférés en Allemagne, à une époque antérieure au développement de la Résistance officialisée après la guerre et à la création des maquis, et n'a jamais revendiqué y avoir appartenu.

L'incertitude subsiste aussi sur la date de son retour en France. Il prétendra avoir profité d'une permission en juin 1943 pour se cacher et ne pas repartir (cas fréquent à l'époque), mais sera bien incapable de préciser les endroits où il s'abrita. Aucune trace administrative ni aucun témoignage ne démontrent sa présence en France avant avril-mai 1945. Toujours selon Thomas Hoffnung, Marchais se résigna à repartir en Allemagne après sa permission, et ne revint en France qu'à la chute du IIIe Reich, parmi des milliers de Français anonymes[2].

Carrière au sein du Parti communiste

En 1946, il est secrétaire du syndicat des métaux d’Issy-les-Moulineaux. Secrétaire du centre intersyndical CGT dans la même commune en 1951, secrétaire de l'Union des syndicats de travailleurs de la métallurgie de la Seine de 1953 à 1956.

Membre du Parti communiste français (PCF) depuis 1947, c'est un camarade de travail de chez Voisin, catholique pratiquant habitant Meudon, qui l'a fait adhérer.[réf. souhaitée] Georges Marchais commence dès cette époque une carrière qui le propulse assez vite et durablement vers les sommets du parti, sans jamais avoir eu l'occasion de participer ni de s'exposer lors des évènements fondateurs de la geste communiste antérieure à 1945[3].

En 1956, Marchais est membre suppléant du comité central du PCF et secrétaire de la Fédération de la Seine-Sud, puis en 1959 membre du comité central et du bureau politique. À partir de 1961, il est secrétaire à l'organisation puis secrétaire général adjoint en 1970.

En mai 1968, il attaque dans un premier temps Daniel Cohn-Bendit, qu'il qualifie d'« anarchiste allemand ». Il critique les « faux révolutionnaires » du Mouvement du 22-Mars, dont l'"agitation", selon ses termes, « va à l'encontre des intérêts de la masse des étudiants et favorise les provocations fascistes »[4]. Face à la répression policière, Georges Marchais et le PCF soutiennent le mouvement étudiant et ses revendications. Ils appellent à l'union des étudiants et des ouvriers, et à la création d'une "Université moderne et démocratique qui doit remplacer l'université de classe actuelle"[5].

Georges Marchais garde le silence en public lors du Printemps de Prague.

Il sera, au nom du parti communiste, cosignataire du Programme commun de gouvernement avec le PS et les Radicaux de gauche en juin 1972.

Secrétaire général d'un PCF à l'amorce du déclin

En décembre 1972, il devient secrétaire général du PCF, succédant à Waldeck Rochet, qui démissionne pour raisons de santé. Élu député de la 1re circonscription du Val-de-Marne en mars 1973 puis de la 11ème (Arcueil-Cachan-Villejuif) à partir du redécoupage électoral de 1986, il sera régulièrement réélu à chaque scrutin jusqu'en 1997.

Son arrivée à la tête du PCF coïncide avec l'apogée de la puissance de l'Union soviétique et le début de son déclin : en 1974, les Portugais quittent l'Afrique pour laisser la place à des régimes pro-soviétiques, en 1975, les Américains sont chassés du Viêt Nam où les Soviétiques s'installent à leur place ; le cardinal Agostino Casaroli et le pape Paul VI considèrent alors comme irrésistible la mainmise de l'Union Soviétique sur l'Europe et cherchent à s'en rapprocher[6]. 1979 est l'année de la chute du shah d'Iran et de l'arrivée au pouvoir des Sandinistes au Nicaragua, mais c'est aussi le début de l'invasion et des déboires soviétiques en Afghanistan.

Georges Marchais, qui a su capter la confiance des partis « frères », est alors le mieux à même pour drainer des informations sur les menées des Soviétiques et des formations politiques et syndicales qu'ils financent dans les pays méditerranéens et en Turquie, ainsi que l'identité des émissaires afghans du Khalk et du Parcham (collaborateurs des Russes) en France.

En 1974, lors du congrès du parti[7], bien dans son rôle, il évoque le « bilan globalement positif en URSS », ce qui provoque une vive polémique en France. Deux ans plus tard, le parti abandonnera toute référence au modèle soviétique, à la dictature du prolétariat, pour adopter des thèses proches de celles du parti communiste italien, dans la ligne de l'« euro communisme »[8].

Tête de la liste du PCF aux élections européennes de 1979, il est élu député européen et le restera jusqu'en 1989. Publiquement, il soutient l'intervention militaire soviétique en Afghanistan des 26 et 27 décembre 1979[9].

Candidat communiste[10] à l’élection présidentielle 1981, il obtient 15,35 % des voix[11]. Ce résultat confirme le déclin de son parti au profit du parti socialiste.

Le PCF au gouvernement, le déclin

Avec l'élection de François Mitterrand, le PCF entre au gouvernement. Mitterrand lui confie quatre ministères pour le rendre solidaire de son action gouvernementale. Malgré l'anticommunisme caractérisé du président américain Reagan, celui-ci conserve avec la France les mêmes relations que sous le prédécesseur de François Mitterrand, sachant qu'il n'a rien à craindre de Georges Marchais.

Sa participation au gouvernement, qui lui ôte son rôle de parti contestataire, fait perdre encore des voix de mécontents au PCF, phénomène qui s'aggravera encore avec la dissolution de l'URSS en 1991.

Invité d'Apostrophes en mai 1990, Georges Marchais estime que le PCF « a été stalinien » et ne l'est plus « depuis 15 ans » (soit depuis 1975)[12].

Courte retraite

En 1994, à l'occasion du XXVIIIe congrès du PCF, il cède son siège de secrétaire général à Robert Hue mais reste membre titulaire du bureau politique (renommé bureau national). La même année, il devient président du comité du PCF pour la défense des libertés et droits de l'homme en France et dans le monde. En juin 1995, il assiste au premier rang aux obsèques de son ami Robert-André Vivien présidées par Jacques Chirac. Fragile du coeur, Georges Marchais décède le 16 novembre 1997 à l’hôpital Lariboisière, à la suite d’un malaise cardiaque.

Il est enterré au son de Bitches Brew de Miles Davis[13] au cimetière de Champigny-sur-Marne[14], ville où il vécut auprès de sa femme Liliane et de ses enfants.

Personnalité publique

D'une haute stature, avec une physionomie marquante et une élocution très reconnaissable, Georges Marchais a fait la joie des caricaturistes et des chansonniers de tout poil, en particulier de Thierry Le Luron mais aussi et surtout de Pierre Douglas. Il se distinguait également, lors de ses apparitions télévisées, par des entorses à la grammaire et à la syntaxe (« Les uns et les autres qui est ici... », « Je vous donne quelle est mon opinion. »).

Lors des entretiens télévisés, il avait coutume de désarçonner les journalistes par ses réparties inattendues, le fait de ne répondre qu'aux questions qui lui convenaient, de détourner la conversation, etc. Dans le documentaire Georges le cathodique, réalisé par Yvan Jeuland, les journalistes Jean-Pierre Elkabbach et Alain Duhamel, ainsi que certains anciens collaborateurs de Marchais, reviennent sur ses rapports avec la télévision. Ils insistent sur son « sens du spectacle » et sa diction particulière, estimant que Marchais faisait ainsi pour se démarquer des autres ; les chiffres d'audiences qui en découlaient étaient, selon eux, un excellent révélateur de son impact.

La personnalité publique de Georges Marchais était fortement attachée à une série de « petites phrases », réelles ou inventées, fréquemment reprises par les humoristes le pastichant.

  • La célèbre phrase « Taisez-vous Elkabbach » n'a en réalité jamais été prononcée par Georges Marchais, mais par l'imitateur Pierre Douglas[15].
  • La phrase « J'ai dit à ma femme : Liliane, fais les valises, on rentre à Paris » est en revanche authentique ; il l'a prononcée lors d'une émission de télévision, relatant sa stupéfaction suite à une déclaration télévisée de François Mitterrand, alors que le couple Marchais était en vacances en Corse[15],[16].
  • À Alain Duhamel : « Vous permettez ! Quand vous avez posé une question, si ma réponse vous gêne tant pis pour vous ! »[15],[16]
  • Alain Duhamel : « Ce n’était pas ma question » ; Georges Marchais : « C'était p'têt pas vot'question, oui mais c’est ma réponse ! »[15],[16]
  • « Mais c'est un scandale monsieur Barre »[15]

Ouvrages

  • Les Communistes et les Paysans, (1972)
  • Le défi démocratique, (1973), éditions Grasset
  • La politique du PCF, (1974)
  • Communistes et/ou chrétiens, (1977)
  • Parlons franchement, (1977)
  • Réponses, (1977)
  • L'espoir au présent, (1980)
  • Démocratie, (1990)

Notes

  1. La Main-d'œuvre française exploitée par le IIIe Reich, actes du colloque international tenu à Caen en novembre 2001, CHRQ, Caen, 2003
  2. Dans les années 1970, plusieurs membres du PCF, exclus ou tombés en disgrâce, prétendent que Georges Marchais s'est porté volontaire pour aller travailler en Allemagne, dans les usines Messerschmitt. En mars 1980, un article de Jean-François Revel dans l'Express reprend cette hypothèse. Jamais Georges Marchais n'attaquera en diffamation cet hebdomadaire, JF Revel, l'auteur de l'article en question ou Charles Tillon, qui avait lancé les premières accusations. D'autre part, la notice biographique du Who's Who de Marchais cessera de mentionner la qualité de déporté du travail.
  3. C'est à ce titre qu'en 1970, plusieurs personnalités communistes ou ex-communistes tels Jean-Pierre Vernant, Charles Tillon, ou Maurice Kriegel-Valrimont protesteront solennellement contre l'accession à la direction du parti "d'un homme qui n'a participé à aucun de ses combats vitaux", tandis qu'en 1991, un certain nombre d'anciens résistants membres du PCF, dont Henri Rol-Tanguy, demanderont en vain à Georges Marchais de s'abstenir de paraître au 50e anniversaire de l'exécution des otages de Châteaubriant.
  4. L'Humanité, 3 mai 1968
  5. L'Humanité, 13 mai 1968
  6. (dans cet esprit, ils laissent ajouter dans les catéchismes une mention sur Lénine avec une commémoration de la date de sa mort)
  7. XXIe congrès, Vitry, 24-27 décembre 1974.
  8. XXIIe congrès, L'Île Saint-Denis, 4-8 février 1976. Cette nouvelle ligne, annoncée dans les mois précédents, sera adoptée en présence d'une délégation du parti communiste d'Union soviétique.
  9. cf. Patrick Jarreau, « 1981 : “La force tranquille” » dans Le Monde du 24 août 2006
  10. Se présentant comme le « Seul candidat anti-Giscard »
  11. Source : déclaration du Conseil constitutionnel relative au premier tour du scrutin, 29 avril 1981 (30 avril et rectificatif le 8 mai 1981) : Jean-Pierre Maury, « France – Élection du président de la République – 1981 », sur le site de l'université de Perpignan, mjp.univ-perp.fr, consulté le 16 mai 2009
  12. Extrait dans Yves Jeuland, Georges le cathodique, documentaire de 2007.
  13. Georges Marchais était un passionné de jazz.
  14. Champigny fut un des bastions du parti communiste, dirigé pendant 25 ans jusqu'en 1975 par Louis Talamoni, sénateur-maire, puis par Jean-Louis Bargero). La tombe de Georges Marchais voisine avec celle de son ami Louis Talamoni.
  15. a , b , c , d  et e Yves Jeuland, Georges le cathodique, documentaire de 2007.
  16. a , b  et c Citations de Georges Marchais

Bibliographie

  • Thomas Hofnung, Georges Marchais, l’inconnu du Parti communiste français, L'Archipel, Paris, 2001 (ISBN 2841873196)
  • Thierry Jonquet (sous le pseudonyme de Ramon Mercader), Du passé faisons table rase, 1982 ; roman de politique-fiction.

Documentaire

  • Mosco, Mémoires d'Ex, 3e partie : Du passé, faisons table rase, 1991, 185 mn.

Lien externe

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