Georges Friedmann


Georges Friedmann
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Georges Philippe Friedmann (Paris, 1902Paris 1977) est un sociologue français.

Il fut le fondateur, après la Seconde Guerre mondiale d'une sociologie du travail humaniste. Après des études en chimie industrielle, il entra à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm en 1923. Il fut pendant la guerre un intellectuel marxiste, proche du Parti communiste français. Il consacra la plus grande partie de ses travaux à l'étude des relations de l'homme avec la machine dans les sociétés industrielles de la première moitié du XXe siècle.

Sommaire

Années d'apprentissage

À l'École Normale Supérieure, Georges Friedmann se passionne pour la philosophie et édite la revue Philosophies (plus tard L'Esprit), dont l'orientation principale est de rompre avec la philosophie d'Henri Bergson. Après la Première Guerre mondiale, il s'engage en faveur de la réconciliation européenne, en particulier franco-allemande. Il commence à écrire pour les revues Clarté, Europe, et pour le quotidien L'Humanité. Il commence à s'intéresser aux aspects psycho-sociologiques du monde du travail industrialisé. Il accomplit lui-même un apprentissage de mécanicien et milite infatigablement dans les comités antifascistes et pacifistes[1].

Un grand sociologue, initiateur et médiateur

Ses travaux et ses ouvrages comme Le travail en miettes (1956) l’ont souvent réduit à être présenté comme un sociologue du travail. Il est vrai que, dès 1931, il abordait les problèmes posés par le travail et les techniques. En 1946, sa thèse, Problèmes du machinisme industriel, introduit, en France, la nouvelle sociologie du travail. À cette époque, il est déjà reconnu par ses pairs américains et lui–même fait connaître en France les grands travaux des sociologues d’outre–Atlantique. Mais le parcours de Georges Friedmann et ses travaux dépassent cette unique identité de sociologue du travail. Aux débuts des années 1960, il explore un autre champ de la culture technique : les communications et la culture de masse. À la tête du Centre d’études sociologiques (CNRS), il se révèle un grand organisateur et initiateur de recherches.

Un intellectuel dans le siècle

De nombreux voyages lui font découvrir presque toute l'Europe, notamment à Berlin et Moscou. Il sympathise avec la jeune Union soviétique. Avec la montée du fascisme dans les années 1930, Georges Friedmann, comme certains intellectuels de cette époque, s’interroge sur l’expérience soviétique. Il apprend le russe à l'Institut des langues orientales. Entre 1932 et 1936, il effectue trois séjours en URSS. Ils lui inspirent deux ouvrages, dans lesquels il exprime son soutien critique à l’égard du régime de Moscou, notamment La Crise du progrès, esquisse d'histoire des idées, 1895-1935 (Paris, Gallimard, 1936), ouvrage dans lequel il tente de montrer que le marxisme donne un sens plus humain et un nouveau départ au progrès technique[2]. Dans De la Sainte Russie à l'U.R.S.S. (Paris, Gallimard, 1938), il adopte cependant un point de vue beaucoup plus critique, fustigeant notamment le culte de la personnalité stalinien et les Procès de Moscou, qu'il avait suivis en direct en 1936, les interprétant cependant comme reliques de l'époque tsariste. Suite à la publication de cet ouvrage, il fut exclu de toutes les organisations pacifistes et communistes placées sous l'influence du Parti communiste français[2].

La déclaration de guerre et la signature du Pacte germano-soviétique, l’amène à s’engager dans la résistance, aux côtés de Jean Cassou et Pierre Bertaux, dans un petit groupe de la région de Toulouse. Il se révèle alors un homme d’action. Il traduit son expérience dans son Journal de guerre, publié par Gallimard en 1987, dix ans après sa mort.

L’après Seconde guerre mondiale le compte parmi les compagnons de route et sympathisants de l’URSS. Il contribue, avec d’autres compagnons, comme Vercors, Jean Cassou, André Chamson, à la rédaction de l’ouvrage L’Heure du choix, écrit en 1946 et publié en 1947. Celui-ci peut être brièvement résumé par la phrase « L’URSS est un exemple mais pas un modèle. » En 1950, de violentes attaques du Parti communiste contre son ami Jean Cassou l'amènent à rompre avec le communisme, sans cependant renoncer à l'espoir d'un socialisme démocratique et à visage humain[3].

Un philosophe

Georges Friedmann, philosophe de formation, a toujours, tout au long de son parcours, veillé à maintenir les liens entre la sociologie et la grande philosophie métaphysique occidentale. Grand lecteur de Leibniz et de Spinoza, il livre ses réflexions d’ordre moral et philosophique sur l’avenir de la civilisation technicienne dans La puissance et la sagesse, publié en 1970.

Bibliographie

Œuvres de G. Friedmann

  • La crise du progrès, Gallimard, 1936.
  • Problèmes humains du machinisme industriel, Gallimard, 1946.
  • Leibniz et Spinoza, Gallimard, 1946.
  • Où va le travail humain ?, Gallimard, 1950
  • Le Travail en miettes, Gallimard, 1956
  • Fin du peuple juif ?, Paris, Gallimard, 1965, Collection "Idées" (ISBN 2070350746), (ISBN 978-2070350742)
  • La puissance et la sagesse, Gallimard, 1970
  • Les merveilleux instruments. Essais sur la communication de masse, Denoël-Gonthier, 1988.

Sur G. Friedmann

  • Pierre Grémion et Françoise Piotet, Georges Friedmann. Un sociologue dans le siècle. 1902-1977. Paris 2004. ISBN 2-271-06234-9
  • Une nouvelle civilisation ? Hommage à Georges Friedmann, Paris, 1973.
  1. (de) Margarete Zimmermann, Gilda Rodeck (édit.), »Ach, wie gût [sic] schmeckt mir Berlin«. Französische Passanten im Berlin der zwanziger und frühen dreißiger Jahre. Berlin, Verlag das Arsenal, 2010, (ISBN 978-3-931109-58-5), p. 111.
  2. a et b Margarete Zimmermann, Gilda Rodeck (édit), »Ach, wie gût [sic] schmeckt mir Berlin«, p. 111.
  3. Margarete Zimmermann, Gilda Rodeck (édit), »Ach, wie gût [sic] schmeckt mir Berlin«, p. 112.

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