Georges Charpak


Georges Charpak
Georges Charpak
Image illustrative de l'article Georges Charpak
Georges Charpak en 2005
Naissance 8 mars 1924
Doubrovytsia (anciennement Pologne, maintenant Ukraine.)
Décès 29 septembre 2010 (à 86 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de France Français
Champs Physique nucléaire et physique des particules
Institution CNRS, ESPCI ParisTech, CERN
Diplômé de Mines ParisTech
Renommé pour Travaux sur les détecteurs des particules à hautes énergies
Distinctions Prix Nobel de physique
Médaille d'argent du CNRS

Georges Charpak, né le 8 mars 1924, déclaré le 1er août 1924, dans le village de Dąbrowica en Pologne, aujourd'hui Doubrovytsia en Ukraine et mort le 29 septembre 2010[1] à Paris, est un physicien français lauréat du prix Nobel de physique de 1992[2].

Sommaire

Biographie

Sa famille, juive, émigre en France alors qu'il a 7 ans et emménage à Paris, avenue d'Orléans, avant de déménager en 1936 pour le square Albin-Cachot[3]. En 1941, ils refusent de porter l'étoile jaune. Dès l'âge de 15 ans, Georges Charpak devient un militant antifasciste et rejoint les jeunesses communistes au sein du mouvement les « Faucons rouges » dont le local est rue du Château.

Durant la Seconde Guerre mondiale, dès 1941, il entre dans la Résistance. Il possédait une fausse carte d'identité, sous le nom de Jacques Charpentier, qui le domiciliait à Troyes. En 1943, il est arrêté et interné au centre de détention d'Eysses avant d'être déporté au camp de concentration de Dachau en Allemagne ; il y reste pendant un an, sa pratique de plusieurs langues contribuant selon lui à sa survie[réf. nécessaire].

Il devient citoyen français en 1946, grâce à son statut de « mineur polonais ». Cette naturalisation lui avait précédemment été refusée, malgré sa croix de guerre[4].

Après ses études dans les classes préparatoires au Lycée Saint-Louis à Paris puis au Lycée Joffre de Montpellier, il est admis à l'École nationale supérieure des mines de Paris dont il est diplômé en 1947. Préférant la recherche scientifique à la carrière d'ingénieur qui s'offre à lui, il devient élève de Frédéric Joliot-Curie au Collège de France.

En 1948, il est admis au CNRS comme chercheur dans le laboratoire de physique nucléaire du Collège de France, dirigé par Frédéric Joliot-Curie et il obtient son doctorat ès sciences en 1955. Alors que Frédéric Joliot-Curie veut lui faire faire de la physique nucléaire, il choisit le sujet de sa propre thèse[5], qu'il soutient en 1954, sur des détecteurs[6].

Promu maître de recherche au CNRS en 1959, il rejoint le CERN (Centre Européen pour la Recherche Nucléaire) à Genève où il est recruté par Leon Lederman. Il en devient chercheur permanent en 1963. C'est dans ce dernier laboratoire qu'il met au point la chambre proportionnelle multifils qui remplace rapidement les chambres à bulles en permettant un traitement informatique des données. Il prend soin de déposer des brevets. Il prend sa retraite du CERN en 1991.

Il est professeur associé du laboratoire d'électricité générale de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de Paris depuis 1980[7] et titulaire de la chaire Joliot-Curie pour un an en 1984. Il y développe les applications médicales de ses détecteurs de particules (radiologie douce développant des doses irradiantes moindres) et participe à la fondation de nombreuses start-up d'imagerie biomédicale dont Molecular Engines Laboratories[8], Biospace Instruments avec son fils Yves médecin consultant[9] et SuperSonic Imagine avec Mathias Fink[10].

Il est élu Membre de l'Académie des sciences le 20 mai 1985.

Il reçoit le prix Nobel de physique en 1992 « pour son invention et le développement de détecteurs de particules, en particulier la chambre proportionnelle multifils »[2],[11], avec comme double affiliation l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de Paris et le CERN. Tout comme Pierre-Gilles de Gennes un an plus tôt, le prix Nobel de Georges Charpak est « entier ». C'est la dernière fois, à ce jour, que le prix Nobel de physique a été attribué à un lauréat seul.

À partir de 1996, avec le soutien de l'Académie des sciences et de ses collègues Pierre Léna et Yves Quéré, il prend la tête d'un important mouvement de rénovation de l'enseignement des sciences à l'école primaire, La main à la pâte, qui touche aujourd'hui près d'une école sur trois en France et essaime dans le monde entier. Des collaborations internationales ont été signées pour étendre cette initiative à de nombreux pays dans le monde.

Militant de l'énergie nucléaire civile, il a proposé en 2001 une nouvelle unité de mesure de la radioactivité, le DARI (Dose Annuelle due aux Radiations Internes), correspondant à environ 0,25 milli-Sievert[12].

En août 2009, il s'élève contre le coût de la construction du réacteur nucléaire expérimental français Iter, dont le budget prévisionnel venait de passer de 5 à 15 milliards d’euros, menaçant les financements de la recherche scientifique européenne ainsi que « de nombreuses recherches autrement plus importantes, y compris pour l’avenir énergétique de notre planète », mais considère que « Notre problème d’énergie est urgent. C’est immédiatement qu’il faut économiser l’énergie, et remplacer les combustibles fossiles, responsables du réchauffement climatique, par de l’énergie propre[13] ».

Prix, distinctions et bâtiments en son honneur

L'Académie des Sciences recense les distinctions et prix suivants décernés à Georges Charpak :

Georges Charpak est à ce jour le seul Prix Nobel français de l'après-guerre dans les domaines de la physique nucléaire et de la physique des particules élémentaires.

Le fond d'innovation de l'ESPCI ParisTech inauguré en mai 2011[14] porte son nom[15].

L'École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne a ouvert en 2008 une filière d'ingénierie en micro-électronique, informatique et nouvelles technologies à Gardanne (ville près d'Aix-en-Provence)[16]. L'inauguration a eu lieu en sa présence.

Il existe en France plusieurs collèges Georges-Charpak : notamment à Goussainville, avec la particularité d'être au tout numérique[17], et à Brindas. Une école primaire rue de Québec à Troyes porte également son nom.

Publications

Littérature

Georges Charpak apparaît aux côtés de Henri Broch sous les traits du personnage Henri-Georges Brochard dans le tome 2 de la série de romans pour la jeunesse d'Alexandre Moix, Les Cryptides - A la poursuite de l'Olgoï-Khorkhoï (éditions Plon). Il y incarne un scientifique de réputation internationale, qui se fait mystérieusement assassiner par un cryptozoologue qui terrorise Paris.

Notes et références

  1. (fr) « La mort du physicien Georges Charpak », Le Figaro, 30 septembre 2010.
  2. a et b (en) « for his invention and development of particle detectors, in particular the multiwire proportional chamber » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Physics 1992 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 25 juin 2010
  3. La Vie à fil tendu, Georges Charpak, éditions Odile Jacob, 1993, (ISBN 9782738102140), p.41-42.
  4. « L'enfance d'un Nobel », Le Nouvel Observateur, 29 mai 2008.
  5. Étude de la période de décroissance du niveau de 57 keV lié à la désintégration du MTh2
  6. Georges Charpak : portrait d’un physicien engagé, émission La marche des sciences sur France Culture le 7 octobre 2010.
  7. Charpak à l'ESPCI, hommage de Jacques Lewiner à l'Académie des sciences le 1 mai 2011
  8. Molecular Engines Laboratories, startup fondée en 2000 par Georges Charpak
  9. Biospace Instruments, startup fondée en 1989 par Georges Charpak
  10. SuperSonic Imagine, startup fondée en 2005 par Georges Charpak
  11. 2007 Concours Lépine Le livre des inventions Editions Flammarion septembre 2006
  12. (fr) Le DARI : Unité de mesure adaptée à l'évaluation de l'effet des Faibles doses d'irradiation
  13. Personnel de rédaction, « Le prix Nobel de physique Georges Charpak demande l'arrêt d'Iter », dans [[La Tribune|La Tribune]], 10 août 2010 [texte intégral (page consultée le 12 octobre 2010)] 
  14. L'école aux cinq Nobel crée un fonds d'innovation (Reuters)
  15. Fond d'innovation "Georges Charpak"
  16. (fr) Le mot du Directeur du CMP, École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne. Consulté le 5 août 2009
  17. http://www.ville-goussainville.fr/content/heading422/content115766.html

Annexes

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