Gaspard Gourgaud


Gaspard Gourgaud
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Gaspard Gourgaud
Général gourgaud.jpg

Naissance 14 novembre 1783
Versailles
Décès 25 juillet 1852 (à 68 ans)
Paris
Origine Drapeau de France France
Allégeance Premier Empire
Arme artillerie
Grade Général de brigade
(Empire) le 21 juin 1815
Maréchal de camp
(Cent-Jours et Restauration)[1]
Conflits Guerres napoléoniennes
Commandement Artillerie de Paris et de Vincennes (1832), Artillerie de l'armée du Nord (1839)
Distinctions Fait Baron d'Empire en 1812 (Médailles : cf ci-dessous, en bas de page)
Autres fonctions Premier officier d'ordonnance de Napoléon Ier de 1813 à 1815 (fonction créée pour lui par l'empereur et que personne d'autre n'occupera jamais). Premier aide de camp de Napoléon Ier à Sainte-Hélène (1815-1818). Maréchal de camp (1835). Aide de camp du roi Louis-Philippe (1832-1848). Commandant l'artillerie des places de Paris et Vincennes (1830-1839). Président du comité d'artillerie (1845). Pair de France (25 décembre 1841). Mis en disponibilité après la chute de la monarchie de Juillet (17 avril 1848). Représentant des Deux-Sèvres à la Législative (1849-1851).

Gaspard Gourgaud (né à Versailles[2] le 14 novembre 1783, décédé le 25 juillet 1852 à Paris, enterré au Cimetière du Père-Lachaise[3]), marié en 1822 avec Françoise-Marthe Roederer (1783-1823), fille de Pierre-Louis Roederer, polytechnicien, officier d'artillerie, devint le premier aide de camp, puis l'un des principaux mémorialistes[4] de l'Empereur Napoléon, auquel il sauva deux fois la vie.

Sommaire

Biographie

Officier d'artillerie

Fils d'un musicien de la chapelle de Louis XVI (Etienne Gourgaud 1734 - 1805) et d'une berceuse du duc de Berry (Hélène Girard 1747 - 1846) et petit-fils du célèbre acteur Dugazon (pseudonyme de Pierre-Antoine Gourgaud); élève de l'École polytechnique en 1799, puis élève sous-lieutenant à l'école d'artillerie de Châlons. Il entra en 1802, comme lieutenant en second au 7e régiment d'artillerie à pied, et passa en 1803 lieutenant au 6e régiment d'artillerie à cheval, et devint, en août 1804, aide-de-camp du général Foucher.

Dans la campagne de 1805, il se trouva à Ulm, à la prise de Vienne et au passage du Danube. Dans cette dernière affaire, il se signala par un remarquable trait d'audace : profitant du trouble que le passage du pont du Thabor avait jeté dans l'armée autrichienne, il s'élança vers le parc d'artillerie ennemie et s'en empara. Il combattit ensuite à Austerlitz, où il fut blessé; à Iéna, à Prenzlau, à Pułtusk, où il reçut la croix d'honneur ; à Ostrołęka où il fut promu capitaine, et à la bataille de Friedland.

II passa ensuite en Espagne, se distingua au siège de Saragosse, rejoignit la Grande Armée et prit part aux journées d'Abensberg, d'Eckmühl, de Ratisbonne, d'Essling et de Wagram.

Aide de camp de l'Empereur

C'est en 1811 que le capitaine Gourgaud fut attaché à la personne de l'Empereur comme officier d'ordonnance : il dut cette faveur à l'intelligence avec laquelle il venait d'accomplir la reconnaissance de la place de Dantzig. À dater de cette époque, il ne quitta plus l'Empereur. Dans la campagne de Russie, son zèle et son activité, pour assurer le service de son arme, furent des plus remarquables : blessé à Smolensk, il combattit à Valentina et à la bataille de la Moskowa. À Moscou il eut le bonheur de préserver les jours de Napoléon Ier : à la suite d'une exploration minutieuse du palais du Kremlin, il découvrit une masse énorme de poudre (400 milliers), que l'incendie était sur le point d'atteindre, et réussit à empêcher l'explosion du palais où l'empereur allait passer la nuit du 14 septembre 1812. En récompense de ce signalé service, il fut créé baron de l'Empire alors qu'il n'était encore que capitaine. Ce fait est rarissime pour un officier de ce grade. Le décret lui conférant le titre de baron date de deux semaines plus tard, à Moscou. Les lettres patentes lui seront délivrées le 3 février après le retour en France.

Bon dessinateur[5] (il fut élève dans l'atelier de Regnault[6]), il dessine lui-même son blason[7],[8] (comprenant le "franc-quartier sénestre de gueules, à une épée haute d'argent" commun à tous les blasons des barons militaires du 1er Empire, cf. Héraldique napoléonienne) :

Armoiries

Figure Blasonnement
Orn ext baron de l'Empire ComLH.svg
Blason à dessiner.svg
Armorial des barons de l'Empire (décret du 3 octobre 1812, lettres patentes du 3 février 1813, Paris)[9].

Coupé, le premier parti à dextre d'azur à la fortune sur sa « roüe » d'or, adextrée en chef d'une étoile du même, à sénestre des barons tirés de l'armée ; au deuxième d'argent au Saint-Michel à cheval terrassant un dragon, le tout de gueules soutenu de deux torches de sable, en sautoir, allumées de gueules.[9],[10],[11],[12]

1814

Lors de la retraite de Russie, son dévouement ne faiblit pas un instant : deux fois il passa la Bérézina à la nage, avant la construction des ponts, pour aller reconnaître la position de l'ennemi. Rentré en France, il vint rendre compte de la situation des débris des troupes françaises à l'Empereur, qui le nomma immédiatement chef d'escadron et premier officier d'ordonnance.

Le général Gourgaud sauve la vie de l'Empereur à la bataille de Brienne, le 29 janvier 1814

Plusieurs missions importantes lui furent confiées dans la campagne d'Allemagne (1813) et accomplies à la haute satisfaction de l'Empereur. Sa conduite à la bataille de Dresde lui valut la croix d'officier de la Légion d'honneur; il se signala encore à la bataille de Leipzig, à la bataille de Hanau, et exécuta avec une grande vigueur les ordres donnés par l'Empereur pour assurer la retraite de l'armée.

Pendant la campagne de France (1814), à la Bataille de Brienne, le 29 janvier 1814, il sauva la vie de l'Empereur en tuant d'un coup de pistolet un Cosaque qui était sur le point de le transpercer de sa lance, et la tradition familiale raconte que lui-même aurait eu la vie sauve grâce à sa croix de la Légion d'honneur qui aurait bloqué la lance qu'il avait fait dévier sur lui. En récompense, il reçoit l'épée de Lodi. Il se trouva à Champaubert, fut blessé à Montmirail, se trouva encore à Nangis, à Montereau, et culbuta les Russes de la position d'Étoutevelles. Ce fait d'armes le fit nommer commandant de la Légion d'honneur. Il s'empara du faubourg de Reims, à la tête d'une batterie et de deux bataillons d'infanterie, et entra le premier dans la ville.

Compagnon d'exil

Il ne se sépara de l'Empereur qu'au moment où ce dernier quitta Fontainebleau, le 20 avril 1814[13]. Dès lors il fit sa soumission au gouvernement et fut, comme tous les officiers du royaume, désigné pour faire partie des Gardes du corps. Mais l'Empereur lui avait laissé en partant l'épée qu'il portait aux Pyramides : ce fut assez pour le faire éconduire.

Brouillon autographe de la lettre de reddition (13 juillet 1815) transmise par Gourgaud.
(cf. transcription ci-dessous)

Lors du retour de l'île d'Elbe, Gourgaud s'empressa de se rendre auprès de l'Empereur ; il le suivit-dans sa dernière campagne ; donna à Fleurus de nouvelles preuves de bravoure qui le firent nommer général et aide-de-camp. Au dernier moment de la bataille de Waterloo, il faisait partie du groupe de généraux qui entouraient Napoléon. « Gourgaud, s'écria l'Empereur en montrant quelques pièces abandonnées, faites tirer. » Ce furent les derniers coups de canon de la bataille.

Revenu à Paris avec l'Empereur, en juillet 1815 il l'accompagna à Rochefort et fut choisi pour porter au Prince-Régent d'Angleterre sa célèbre lettre par laquelle il demandait l'hospitalité de son pays (« Altesse Royale, en butte aux factions qui divisent mon pays et à l'inimitié des plus grandes puissances de l'Europe, j'ai terminé ma carrière politique, et je viens, comme Thémistocle, m'asseoir au foyer du peuple britannique. Je me mets sous la protection de ses lois, que je réclame de Votre Altesse Royale comme du plus puissant, du plus constant et du plus généreux de mes ennemis. Rochefort, 13 juillet 1815. »). N'ayant pu débarquer, il rejoignit l'Empereur, qui le désigna pour le suivre à Sainte-Hélène et qui, dans une de ses causeries intimes, parla de lui en ces termes : « Gourgaud était mon premier officier d'ordonnance, il est mon ouvrage : c'est mon enfant » [14] (cf. Encyclopédie des gens du monde). Il partagea cet exil pendant trois années ; mais des difficultés survenues entre lui et Charles-Tristan de Montholon, amenèrent son retour en Europe.

Le mémorialiste

Rayé des rôles de l'Armée, et banni après la seconde Restauration, la France lui était fermée, il se rendit en Angleterre, alla exposer aux souverains réunis à Aix-la-Chapelle toutes les odieuses rigueurs déployées contre le captif de Sainte-Hélène, et ne rentra en France qu'en 1821.

Laissé en non-activité, il s'occupa de la publication de divers ouvrages; il fit paraître en 1823 avec M. de Montholon, les Mémoires de Napoléon à Sainte-Hélène, en 18 volumes; en 1825, un Examen critique de l'histoire de la Grande Armée, du comte de Ségur; et en 1827, une Réfutation des calomnies de la vie de Napoléon, par Walter Scott. Déjà, en 1820, il avait publié une Relation de la campagne de 1815.

Après la Révolution de 1830, Gourgaud, remis en activité, devint successivement commandant de l'Artillerie de Paris et de Vincennes, aide-de-camp du Roi en 1832; maréchal de camp en 1835; commandant en chef de l'Artillerie de l'armée du Nord en 1839 ; président du Comité d'Artillerie et inspecteur général de cette arme. Le gouvernement le chargea en 1841 de l'armement des forts et fortifications de Paris. Cette même année, il fut élevé à la pairie.

En 1840, Gourgaud avait été désigné par Louis-Philippe pour aller assister à Sainte-Hélène, à l'exhumation des restes de l'Empereur et les rapatrier en France (« Retour des Cendres »), mission qu'il accomplit avec un zèle religieux.

Gourgaud recueillit les confidences de Napoléon à Saint-Hélène, en particulier le souhait d'éloigner les sites militaires des frontières, précaution qui ne fut prise qu'après la défaite de 1871, avec la création d'usines d'armement dans le centre de la France.

Son arrière-arrière-petit-fils, Napoléon Gourgaud, époux de la riche héritière américaine Eva Gebhard, créa vers 1925 un Musée napoléonien dans l'ancienne maison du commandant de la place de l'île d'Aix (Charente-Maritime).

Le Journal de Gourgaud, qui est son œuvre la plus importante, été publié pour la première fois en 1899 par Emmanuel de Grouchy et Antoine Guillois. C'est une source précieuse pour l'étude de la bataille de Waterloo et de la captivité de Sainte-Hélène. En 1933, Octave Aubry a entrepris une nouvelle édition du Journal de Gourgaud, qui a paru en 1947. Journal à propos duquel Aubry écrit « l'on ne connaît pas Napoléon si l'on n'a pas lu le Journal de Gourgaud ». Mais l'on pourrait ajouter que "l'on ne connait pas Gourgaud si on ne lit que le Journal de Gourgaud"... En effet, le mémorialiste s'y fait oublieux quant à ses discussions indiscrètes à Sainte-Hélène et à Londres. Ce n'est que vers la fin de l'été 1818 qu'il réintégra les rangs napoléoniens et qu'il finit par se faire expulser d'Angleterre pour avoir publié dans les journaux anglais sa lettre ouverte à l'ex-impératrice Marie-Louise. Mais le mal était fait: les puissances alliées, réunies en congrès à Aix-la-Chapelle à l'automne 1818, décidèrent de demander à l'Angleterre un renforcement de la surveillance de Napoléon, suite aux rapports reçus de leurs commissaires dans l'île sur les "révélations" de Gourgaud. L'une d'elle, notamment, déclarait que le captif pouvait s'échapper de l'île quand bon lui semblerait, et que Longwood était l'endroit le mieux approprié à sa surveillance !

Publications

  • Journal inédit de Ste-Hélène, 2 vols., Paris, 1899. Dernière édition par Octave Aubry, « Journal de Sainte-Hélène, 1815-1818 », Paris, Flammarion, 1944-1947
  • Campagne de dix-huit cent quinze ou Relation des opérations militaires qui ont eu lieu en France et en Belgique, pendant les Cent Jours, Paris, P. Mongie Aîné, 1818
  • Mémoires pour servir a l'histoire de France sous Napoleon, Paris, 1822-1823. En collaboration avec Charles-Tristan de Montholon
  • Napoléon et la Grande Armée en Russie, ou Examen critique de l'ouvrage de M. le comte Ph. de Ségur, Paris, 1825
  • Refutation de la vie de Napoleon par Sir Walter Scott, Paris, 1827
  • Bourrienne et ses erreurs, 2 vols., Paris, 1830. En collaboration avec Belliard
  • L'autre Sainte-Hélène, Albert Benhamou, 2010, notamment pour les "révélations" de Gourgaud, et les omissions des versions publiées de son Journal


Distinctions

Tombe au cimetière du Père Lachaise (division 23)

Notes et références

Sources

  • « Gaspard Gourgaud », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]
  • Jacques Macé, Le général Gourgaud, Nouveau monde éditions, Paris, 2006

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


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