Fête des Tabernacles


Fête des Tabernacles

Souccot

Cet article traite du festival juif où l'on construit des cabanes temporaires; celles-ci font l'objet d'une entrée détaillée; pour le traité talmudique traitant de ce festival, voir Soukka (Talmud); pour le lieu dit Soukkot, voir Soukkot (lieu).
Souccot
Jerusalemsukkas.jpg
Vues extérieures de soukkot à Jérusalem

Nom officiel Hébreu: סוכות ou סֻכּוֹת
Traduction française : "Fête des Cabanes" ou "des Tabernacles"
Autre nom Fête de la Moisson
Observé par le judaïsme
Type Fête religieuse
Signification L'un des Trois Festivals. Dieu a protégé les Enfants d'Israël dans des cabanes après l'Exode. Période de joie, avec la fin du jugement après Yom Kippour.
Commence le 15 Tishri
Finit le 22 Tishri (le 21 en Israël)
Date 2008 du 13 octobre au coucher de soleil jusqu'au 20 octobre/21
Date 2009 du 2 octobre au coucher de soleil jusqu'au 9 octobre/10
Date 2010 du 22 septembre au coucher de soleil jusqu'au 29 septembre/30
Observances Vivre dans une soukka, balancer les Quatre espèces, danser des hakafot à la synagogue.
Lié à Hoshanna Rabba, l'un des Jours redoutables selon la définition large, Shemini Atzeret (la jachère du huitième jour [de l'assemblée]) & Sim'hat Torah (La joie de/avec la Torah).

Hag haSoukkot (Hébreu חג הסוכות, "fête des Cabanes" ou des Tabernacles, souvent appelée « Fête des Tentes »), plus simplement Soukkot ou Souccot, est l’un des Trois festivals du judaïsme. Durant cette fête, la Torah prescrit aux Juifs de résider, prendre leurs repas, voir dormir dans une soukka, qu’ils auront construite eux-mêmes, et ce dès la fin de Yom Kippour. Toute la famille commencera dans un esprit de réjouissance la construction de la soukka, dans le jardin, sur le balcon ou dans tout autre lieu décent à ciel ouvert. La Soukka doit être construite selon des règles et des proportions précises, et le toit en est l'élément le plus important. À défaut, une caravane sera utilisée, à condition qu'elle soit non résidentielle. Il est de coutume de la décorer en y accrochant des fruits, par exemple, et en l'arrangeant de manière à la considérer comme un lieu d'habitation.

En Israël (et parmi les juifs réformés), Soukkot dure sept jours, le premier jour étant pleinement célébré, avec un office de prières spécial et des repas festifs. Ailleurs, Souccot dure 8 jours, et le festival dure deux jours. Les autres jours sont connus comme Hol HaMoëd (jours « mi-fériés »). Le septième jour de Soukkot est appelé Hoshanna Rabba et possède son observance propre.

Le jour suivant immédiatement Soukkot est une célébration à part, appelée Shemini Atzeret, "le Huitième (Jour) de l’Assemblée" En Israël, la célébration de Shemini Atzeret est "interchangeable" avec celle de Sim'hat Torah, en ce sens que les deux célébrations tombent le même jour. En dehors d’Israël, en revanche, Shemini Atzeret est célébrée le jour après Soukkot, et Sim'hat Torah est célébrée le jour suivant, ce qui porte la période de festivités à huit jours en Israël, neuf en Diaspora.

Sommaire

Soukkot dans la Bible

Cette section traite du festival dans la Bible; pour les lieux nommés Soukkot, voir Soukkot (lieu)

Dans la Bible hébraïque, Soukkot est appelé:

  • "La Fête des Tabernacles (ou des Cabanes)" (Lev. 23:34; Deut. 16:13, 16; 31:10; Zach. 14:16, 18, 19; Ezra 3:4; 2 Chron. 8:13)
  • "La Fête de la Moisson" (Ex. 23:16, 34:22)
  • "La Fête" ou "Le Festival" (1 Rois 8:2, 65; 12:32; 2 Chron. 5:3; 7:8; c'est également ainsi qu'elle est connue dans la littérature hébraïque plus tardive, et dans l'Évangile selon Jean (7:10, 11, 14, 37)
  • "La fête à l'Éternel" (Lev. 23:39; Juges 21:19)
  • "Le festival du septième mois" (Ezech. 45:25; Neh. 8:14)
  • "Une sainte convocation” ou “une occasion sacrée” (Nombres 29:12)

Soukkot est une fête agricole à l'origine, cet aspect étant assez évident du fait de son nom de "Fête de la Moisson", des cérémonies qui l'accompagnent, et de la saison de sa célébration: "[…] et la fête de la récolte, à la fin de l’année, quand tu recueilleras des champs le fruit de ton travail." (Ex. 23:16); "[…] quand tu recueilleras le produit de ton aire et de ton pressoir. " (Deut. 16:13). C'était une fête d'actions de grâce pour la moisson des fruits (comparer Juges 9:27). Et, en ce qui pourrait expliquer le nom du festival, on peut inférer d'Isaïe 1:8 que les vignerons entretenaient des cabanes dans leurs vignobles. Ces sources suggèrent que la fête de Soukkot était une action de grâce générale pour les bienfaits de la nature (prodigués, selon la Torah, par Dieu) au cours de l'année écoulée.

Soukkot devint l'une des plus importantes célébrations dans le judaïsme, comme l'indique sa désignation de "Fête à l'Éternel" (Lev. 23:39; Juges 21:19), et simplement "la Fête" (1 Rois 8:2, 65; 12:32; 2 Chron. 5:3; 7:8). Peut-être du fait de la présence d'un large public au cours de ce festival, Soukkot devint l'époque appropriée pour les plus importantes cérémonies de l'état. Moïse instruisit les enfants d'Israël de se rassembler pour la lecture de la Loi au cours de Soukkot une fois tous les sept ans (le Haqhel, Deut. 31:10-11). Le Roi Salomon inaugura le Temple de Jérusalem à Soukkot (1 Rois 8; 2 Chron. 7), et Soukkot fut la première célébration sacrée observée après la reconstruction du Second Temple de Jérusalem (Ezra 3:2-4). Plus tard, la fête de Hanoukka, qui reconsacra le Temple, suivit le rituel observé dans le Temple à Soukkot.

Au temps de Néhémie, après la captivité de Babylone, les Israélites célébrèrent Soukkot en fabriquant des cabanes et en y résidant, une pratique que, selon Néhémie, "les Israélites n'avaient plus fait ainsi depuis l'époque de Josué" (Neh. 8:13-17). Dans une pratique semblant apparentée à celle des Quatre espèces, Néhémie rapporte aussi que les Israélites trouvèrent dans la Loi le commandement d'"chercher à la montagne des rameaux d’olivier, des rameaux d’olivier sauvage, des rameaux de myrte, des rameaux de palmier, et des rameaux d’arbres touffus, pour faire des tentes, comme il est écrit." (Neh. 8:14-15). Dans le Lévitique, Dieu dit à Moïse d'instruire le peuple: "Vous prendrez, le premier jour, du fruit de l'arbre de hadar (ou "du bel arbre"), des branches de palmiers, des rameaux d’arbres touffus et des saules de rivière" (Lev. 23:40), et "Vous demeurerez pendant sept jours sous des tentes ; tous les indigènes en Israël demeureront sous des tentes, afin que vos descendants sachent que J’ai fait habiter sous des tentes les enfants d’Israël, après les avoir fait sortir du pays d’Égypte. Je suis l’Éternel, votre Dieu." (Lev. 23:42-43). Le Livre des Nombres indique cependant que dans le désert, les Israélites résidaient dans des tentes (Nom. 11:10; 16:27). Certains biblistes critiques considèrent le passage du Lévitique (23:39-43) relatif aux cabanes et aux quatre espèces est un ajout tardif du rédacteur de la Torah. (P.e., Richard Elliott Friedman, The Bible with Sources Revealed, 228-29. New York: HarperSanFrancisco, 2003.)

Jéroboam fils de Nebat, souverain du royaume d'Israël que les Livres des Rois décrivent comme faisant ce qui déplaît à YHWH, célébrait un festival au quinzième jour du huitième mois, soit un mois plus tard que Soukkot, "en imitation du festival de Juda" (1 Rois 12:32-33). Cependant, "un homme de Dieu arriva de Juda à Béthel, par la parole de l’Éternel, pendant que Jéroboam se tenait à l’autel pour brûler des parfums. Il cria contre l’autel, par la parole de l’Éternel" (1 Rois 13:1-2).

D'après Zacharie (Zach. 14:16-19), Soukkot deviendra aux temps messianiques un festival universel, et toutes les nations alentour pélerineront annuellement à Jérusalem afin d'y célébrer le festival (une interprétation moderne de ces versets a conduit à l'instauration récente d'un festival célébré à Jérusalem par des non-Juifs, appelé "La Fëte des Tabernacles".) Soukkot est associé dans ce livre avec le don divin de la pluie, une idée développée dans la littérature juive ultérieure.

L'observance de Soukkot est détaillée dans la Mishna et les Talmuds (Traité Soukka, qui fait partie du Seder Moed -- Ordre des Festivals).

Lois et coutumes de Soukkot

Résider dans la soukka

Article détaillé : Soukka.

Symbole central de Soukkot, la soukka (ou soucca) est un lieu de résidence temporaire, construit pour la fête, dont le toit doit être construit dans un matériau organique, le s'khakh, issu du sol, mais déconnecté de lui. La Torah prescrit d'y résider, c'est-à-dire y manger, boire, s'asseoir, et même dormir pendant les sept ou huit jours de la fête, en souvenir des habitations temporaires dans lesquelles résidèrent les enfants d'Israël au cours de la traversée du désert après être sortis d'Égypte.
La soukka est considérée comme un lieu saint, ce qui se ressent dans de nombreuses halakhot (lois).

La soukka doit être construite pour les besoins de la fête, et doit être démontée ensuite. On commence généralement la construction au sortir de Yom Kippour, afin que l'expiation des fautes soit immédiatement suivie de la réalisation d'une mitzvah.
Une soukka ancienne, ou dont le skhakh existait avant la fête (comme une soukka sous un arbre, ou une soukka dans une maison) n'est pas conforme aux prescripions religieuses.
Il existe donc des règles précises quant au processus de construction, à la grandeur de la maison, etc. Certains décisionnaires expliquent que le but principal de la mitzvah est que le toit, fait de s'khakh issu de végétaux, sépare l'homme des cieux et l'en protège.

Il est de coutume de décorer la soukka avec des fruits, mais aussi serpentins, des photos, appelés dans le langage des Sages nivouï soukka (נויי סוכה).

Beaucoup de Juifs ont coutume d'inviter sept "invités" (oushpizzin) spirituels dans leur soukka, un par soir. Il s'agit d'Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, Aaron et David). Les Juifs ashkénazes observent aussi la coutume d'ajouter sept invitées (les oushpizziyot)[1]
Selon la tradition, chaque nuit, un invité différent pénètre le premier dans la soukka, et les six autres le suivent. La coutume d'inviter des hôtes dans sa soukka inclut aussi la famille, les amis, les voisins, les isolés… pour un en-cas voire un repas. Tout un chacun, y compris les Gentils, sont bienvenus dans la soukka.

Symbolisme

La soukka est une réminiscence des tentes dans lesquelles les anciens Israélites résidèrent au cours de leurs pérégrinations dans le désert après l'Exode d’Égypte, et reflète la bienveillance de Dieu, Qui pourvut pendant tout ce temps à leurs besoins.

Tout au long de leurs pérégrinations, les Israélites furent protégés en permanence par Dieu sous la forme de colonnes de feu la nuit et de nuées le jour. Ils pouvaient et devaient s'en remettre entièrement à lui de façon sincère et confiante, ce qui était en fait la condition pour que Dieu leur fournisse cette protection tandis qu'ils étaient vulnérables.
La fête de Soukkot est donc, outre une occasion joyeuse, ainsi que l'indique la liturgie (Yom Sim'hateinou -- jour de notre joie ou Z'man Sim'hateinou -- saison de notre réjouissance), une occasion de se remémorer la proclamation de l'abandon de soi à Dieu, et la reconnaissance que la vie terrestre n'est qu'un épisode de l'âme, que les biens matériels ne sont accordés que par le Créateur.

Doit-on tout faire dans la soukka ?

En Israël et dans les climats tempérés, les Juifs pratiquants peuvent aisément réaliser toutes leurs activités dans la soukka comme manger, étudier, voire dormir. Beaucoup de Juifs s'abstiendront de consommer quoi que ce soit en dehors de la soukka, à l'exception d'eau et de fruits. En Israël, il est de pratique courante de trouver dans les hôtels, restaurants, snacks, et même les attractions touristiques (comme le jardin zoologique) des soukkot aimablement fournies aux clients.
Sur la directive de leur rebbe, les Hassidim Loubavitch diffèrent des autres Juifs orthodoxes, en ce qu'ils ne dorment pas dans la soukka, afin de ne pas souiller sa sainteté intrinsèque.

Dans les climats froids, l'observance absolue des prescriptions, comme dormir dans la soukka est pratiquement impossible. Bien que la Torah prescrive d'habiter dans des cabanes construites de feuillages et de bois, en signe de confiance en Dieu et d'indifférence au confort matériel, la Halakha préconise de prendre les repas dans la Soukka, mais de n'y passer plus de temps que si le climat le permet, afin de ne porter atteinte ni à la santé des autres ou de soi, ni à l'esprit de joie et de fête qui doit présider pendant cette semaine. Les Juifs retournent donc chez eux pour dormir.
Bien qu'il ne soit pas obligatoire de manger dans une soukka lorsqu'il pleut, les Hassidim Loubavitch y prendront leurs repas par n'importe quel temps.

Les Quatre Espèces

Article détaillé : Quatre espèces.
Le Tosher Rebbe de Montréal, Canada balançant les Quatre espèces lors du Hallel

En chacun des sept jours de Soukkot, la Torah prescrit de prendre Quatre espèces de plantes et de les secouer selon un motif bien défini. Ces espèces sont :

Le loulav, le hadass et la 'aravah sont liés par un lacis, collectivement appelées loulav (pour les besoins de la mitzvah de "porter le loulav"), et tenues de la main droite. Le etrog est tenu de la main gauche. On préfère se fournir ces espèces dans des communautés religieuses plutôt qu'au marché afin de s'assurer de leur casheroute.
Dans certaines communautés réformées, on remplace une ou plusieurs espèces par des roseaux lorsqu'elles ne sont pas disponibles.

La cérémonie du balancement est réalisée comme suit : on prend le loulav (au sens collectif du terme) de la main droite, le etrog de la main gauche, et on les maintient séparées, le temps de dire la bénédiction sur le loulav : "Béni sois-Tu, Éternel, notre Dieu, Maître du monde, Qui nous a sanctifiés par Ses commandements, et nous a commandé de porter le loulav".
On joint ensuite ses mains, de façon à ce que le etrog touche le loulav (au sens collectif du terme), on pointe les Quatre espèces, et on les agite doucement trois fois dans les quatre directions, horizontalement et verticalement, en direction de chaque coin de la soukka afin d'en circonscrire symboliquement le périmètre.

Cette cérémonie est, du point de vue symbolique, une prière pour des précipitations annuelles adéquates pour toute la végétation terrestre au cours de l'année suivante.

Dans les cercles orthodoxes, la mitzvah de balancer le loulav et l' etrog est obligatoire en chaque jour de Soukkot (Shabbat excepté) pour tout homme âgé de plus de 13 ans. Les femmes ne doivent pas le faire, mais le peuvent si elles en expriment le souhait. Chez les adhérents du judaïsme traditionnaliste et du judaïsme réformé, tout personne juive ayant atteint sa majorité religieuse peut réaliser la cérémonie.

La cérémonie peut se faire dans la soukka, mais elle se réalise plus souvent à la synagogue au cours des offices de prière quotidiens. Lors des six premiers jours de Soukkot, tous les fidèles se lèvent de leur siège et réalisent un circuit complet autour du sanctuaire dans une procession avec leurs loulavs. Le lulav et l' etrog sont secoués au cours de la prière du Hallel.
Au septième jour de la fête, appelé Hoshanna Rabba, les fidèles font sept circuits autour du sanctuaire.

La fonction des fruits

Etroguim vendus dans un marché de Tel Aviv

La mitzvah des Quatre espèces dérive de Lev. 23:40 (cf. supra). L'usage de ces fruits n'étant pas explicitement mentionné, il fut l'objet d'interprétations divergentes. Les courants scripturalistes (les Sadducéens et les Karaïtes) estimaient que ces végétaux devaient servir à construire la soukka, comme cela leur semblait ressortir de Néhémie. 8:14-18, tandis que les adeptes de la Torah orale (Pharisiens et rabbanites) maintenaient qu'ils devaient être portés lors de la procession au Temple puis à la synagogue.

Hol HaMo'ed

Article détaillé : Hol hamoëd.

Le second jour jusqu'au septième jour de Soukkot (le troisième jusqu'au septième hors de la terre d'Israël) sont appelés Hol HaMo'ed (חול המועד - litt. "jours profanes du festival"). Ces jours ont selon la Halakha un statut "mi-férié", intermédiaire entre le jour de semaine mais inférieur aux jours du festival proprement dit. En pratique, toutes les activités nécessaires à l'accomplissement de la fête —acheter de la nourriture, la préparer, nettoyer la maison en l'honneur de la fête, voyager pour visiter la soukka d'autres gens, etc.— sont autorisés par la Loi juive, mais les activités qui interfèreraient avec la relaxation et la réjouissance —comme le nettoyage, la réparation d'habits, des activités intensives— ne sont pas permises. Les Juifs pratiquants considèrent Hol HaMo'ed comme un période de vacances, se permettant des meilleurs repas qu'à l'ordinaire dans leurs soukkot, divertissant leurs invités, visitant leurs familles dans leurs soukkot, et accueillant leurs proches isolés.

Lecture de l'Ecclésiaste

Lors du Shabbat qui tombe au cours de la semaine de Soukkot, le Livre de l'Ecclésiaste (Qohelet) est lu lors de l'office synagogal du matin.
Lorsque Soukkot tombe à Shabbat même, on lit le Livre le jour même en terre d'Israël, le Shabbat suivant, c'est-à-dire à Shemini Atzeret (cf.infra) en Diaspora.

Les thème de ce livre, sur l'ephémérité de la vie et des œuvres ("Vanité des vanités, tout est vanité…") fait parfaitement écho au thème de la soukka, tandis que son emphase sur la mort fait miroir à la période pendant laquelle tombe Soukkot (l'automne et l'"automne" de la vie). L'avant-dernier verset renforce le message que l'adhérence à Dieu et Sa Torah sont la seule poursuite à ne pas être vanité, donc avoir un sens.

Hosha'anot

À la synagogue, chaque jour de Soukkot, les fidèles réalisent une procession autour de la synagogue avec leurs loulavim et etroguim et récitent le Psaume 118:25 (Ana HaShem, Hoshi'a na…, "S'il Te plaît, Seigneur, sauve-nous…") suivi de prières spéciales, l'ensemble étant appelé hosha'anot.

Cette cérémonie commémore la cérémonie des 'Aravot (branches de saule) aux temps du Temple de Jérusalem, au cours de laquelle des branches de saule étaient empilées derrière l'autel, leurs bouts pointés vers celui-ci, tandis que les fidèles procédaient autour de l'autel, récitant le même verset.

Soukkot aux temps bibliques : Sim'hat Bet HaShoëva

Article détaillé : Sim'hat Bet HaShoëva.

Aux temps du Temple de Jérusalem, on célébrait chaque matin au cours de la semaine de Soukkot une cérémonie unique en son genre, le Nissoukh HaMayim (נסוך המים — litt. "versement de l'eau") ou Cérémonie de la Libation d'Eau. Cet acte invoquant la grâce divine quant aux précipitations annuelles, comme celle des Quatre espèces, était prétexte à des réjouissances quasi-légendaires, puisque selon la Mishna du traité Soukka, "Celui qui n'a pas vu la réjouissance au lieu de la libation d'eau n'a jamais vu de réjouissances de sa vie."

De nos jours, cet évènement est remémoré via un rassemblement où l'on chante, danse et boit dans une synagogue, une yeshiva, ou un autre lieu central de la vie juive. Les rafraîchissements sont servis dans une soukka adjacente. Des orchestres sont souvent invités. Les festivités commencent à une heure tardive et peuvent durer jusqu'à des heures avancées du petit matin.

Hoshanna Rabba

Article détaillé : Hoshanna Rabba.

Le septième jour de Soukkot est plus connu sous le nom de Hoshanna Rabba (הושענא רבא, Grand "Sauve-nous"). Ce jour est marqué par un office particulier à la synagogue, le Hoshanna Rabba (Grande Hosha'ana) à proprement parler, au cours duquel sept circuits sont réalisés par les fidèles avec leurs loulav et etrog, tandis que le congrégation récite le Psaume 118:25 (Ana Hashem Hosha'ana Ana Hashem Hatsli'hana -- Ô Éternel, sauve [nous]! Ô Éternel, fais [nous] réussir!) et d'autres prières. Il est de coutume dans certaines communautés de retirer tous les Sifrei Torah de l'arche pour conduire cette procession.
De plus, un faisceaux de cinq branches de aravah est battu contre le sol, accompagné par une série de versets liturgiques se terminant par "Kol mevasser, mevasser ve-omer" (Une voix apporte des nouvelles, apporte des nouvelles et dit)—exprimant l'espoir de la venue proche du Mashia'h. Les raisons de cette dernière coutume se trouvent dans la Kabbale.

Aboudarham parle de la coutume de lire la Torah la nuit de Hoshanna Rabba, de laquelle dérive la coutume moderne de se retrouver en groupes d'étude cette nuit, et de lire le Deutéronome, les Psaumes, ainsi que des passages du Zohar; on récite également des prières issues de la Kabbale, et on prend des rafraîchissements. Dans les cercles orthodoxes, les hommes passent une veillée d'étude en cette nuit.

Les Sépharades réciteront des "Seli'hot" (prière de pardon) avant l'office du matin (il s'agit des mêmes prières que celles récitées avant Rosh Hashanna). À Amsterdam, et en quelques communautés d'Angleterre, d'Amérique et d'ailleurs, on sonne le shofar. Cette pratique reflète l'idée que Hoshanna Rabba marque la fin de la saison des jours redoutables, au cours de laquelle le monde est jugé pour l'année à venir.

Shemini Atzeret et Sim'hat Torah

Articles détaillés : Shemini Atzeret et Sim'hat Torah.

La fête de Shemini Atzeret (שמיני עצרת - litt. "le Huitième [jour] de l'Assemblée") est un festival séparé faisant immédiatement suite à Soukkot, au huitième jour (huitième et neuvième en dehors de la terre d'Israël). La famille retourne à son foyer, ne mange ni ne dort plus dans la soukka, des offices synagogaux spéciaux sont tenus, et des repas festifs sont servis.

En Israël, Shemini Atzeret dure un jour, coïncidant avec les festivités de Sim'hat Torah (שמחת תורה). Hors d'Israël, Shemini Atzeret dure deux jours, les festivités de Sim'hat Torah tombant le second jour. Sim'hat Torah (litt. "la joie/réjouissance de la Torah") est un jour tout particulièrement joyeux, au cours duquel on lit à la synagogue le matin le tout dernier chapitre (selon la capitation juive) de la Torah, la parashat VeZot HaBrakha, et immédiatement après, le tout premier chapitre de la Torah, le premier chapitre de Bereshit, afin de marquer l'idée que l'étude de la Torah est sans fin. Tous les hommes (ayant atteint la majorité religieuse), et dans les congrégations libérales toutes les femmes, sont appelés à lire la Torah. Une pratique exceptionnelle dans le judaïsme consiste à faire monter les enfants n'ayant pas atteint leur majorité religieuse à la Torah pour une aliyah" appelée Kol HaNa'arim (tous les enfants)—tous les enfants se rassemblent autour de la table de lecture, tandis que les hommes tiennent un grand tallit au-dessus de leurs têtes afin de les inclure tous dans la aliyah.

Durant le service vespéral comme matinal, les Juifs orthodoxes retirent tous les rouleaux de la Torah de l'arche, et tous les fidèles défilent autour de la table de lecture en chantant et en dansant. Bien que sept circuits ("hakafot"), au cours desquels on chante des hosha'anot soient officiellement prévus, les danses peuvent durer des heures. En Israël, des groupes de religieux peuvent circuler de synagogue en synagogue afin de contribuer à l'ambiance, qui peut atteindre de tels paroxysmes que, la synagogue ne pouvant les contenir, les danses avec la Torah se poursuivent dans la rue.

Dans l'ancienne Union soviétique, Sim'hat Torah était un jour au cours duquel les Juifs se rassemblaient également dans les rues en dehors des synagogues pour danser et proclamer ouvertement leur appartenance au judaïsme. Les Refuznikim étaient souvent inspirés par la célébration de Sim'hat Torah pour poursuivre d'autres pratiques religieuses en secret, en dépit de l'oppression communiste.

Références

  • Kitov, Eliyahu (1978). The Book of Our Heritage. Jerusalem: Feldheim Publishers. ISBN 0-87306-152-7.
  • Ernest Gugenheim, Le judaïsme dans la vie quotidienne Coll. Présences du judaïsme, Ed. Albin Michel, ISBN 2-226-05868-0.

Liens internes

Liens externes

En anglais

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Célébrations dans le judaïsme
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Chaque mois : la néoménie
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Tevet : Jeûne du 10 Tevet
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Iyar : Pessa'h sheni | Lag BaOmer
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