François d'Alençon


François d'Alençon

François de France (1555-1584)

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François d'Alençon par Nicholas Hilliard

François de France (1555-1584), duc d'Alençon et d'Anjou, est le dernier fils de Henri II et de Catherine de Médicis.

A la tête du parti des Malcontents, François joua un rôle politique particulièrement important dans la France des années 1570. Il provoqua des troubles à la cour de son frère Henri III et participa aux sixième et septième guerres de religion.

Dans le cadre de la guerre d'indépendance contre l'Espagne, il fut appelé à devenir le nouveau souverain des Pays-Bas. Prétendant de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre de 1572 à sa mort, il ne se maria jamais.

Sa mort le 10 juin 1584 à Château-Thierry de la tuberculose permet à Henri de Navarre (futur Henri IV) de devenir roi de France à la mort d'Henri III.

Sommaire

Le malcontent

Presque nain à la naissance, François fut pourtant baptisé Hercule. On le débarrassa ensuite de ce prénom après la mort de son frère ainé le roi François II en 1560. Il est le dernier né de la famille royale et souffre des grands égards qu'on porte à son frère ainé, le duc d'Anjou (le futur Henri III).

François est un prince revêche, taciturne et ambitieux. François jalouse à l'extrême ce frère, à l'ombre duquel il a grandi. Étant jeune, François a été gravement touché par la petite vérole et son visage en a été durement marqué. Il est, selon Henri de La Tour, « l’un des plus laids hommes qui se voyaient ». Tout l'oppose à son frère : la physionomie, l'allure et le caractère. François ne reçoit pas de sa mère Catherine de Médicis autant de responsabilité que le duc d'Anjou. Mais dès 1569, il est chargé du gouvernement de la ville de Paris en l'absence du roi. La reine-mère Catherine ne lui fait guère confiance et François en conçoit du dépit.

François de France (1572)

En 1571, l'échec des négociations pour marier Anjou avec la reine d'Angleterre Élisabeth, pousse Catherine de Médicis à proposer son fils François, bien que celui-ci âgé de 14 ans, soit de 22 ans le cadet de la souveraine britannique. C'est à cette époque que commence la carrière politique de François.

Après le Massacre de la Saint-Barthélemy en 1572, François devient le centre des mécontentements qui s'élèvent contre le renforcement de l'autorité royale. Il prend peu à peu conscience du rôle qu'il peut jouer dans la politique du royaume. Lors du siège de la Rochelle, François, 18 ans, marque son opposition au duc d'Anjou, 22 ans, qui conduit le siège et se lie d'amitié avec son beau-frère, le roi Henri III de Navarre (le futur Henri IV de France) époux de sa soeur Marguerite), 21 ans.

Après le départ du duc d'Anjou pour la Pologne où il est devenu roi, François espère succéder comme roi de France à Charles IX, 23 ans, dont la santé se détériore de jour en jour et qui n' a qu'une fille de son mariage avec Elisabeth d'Autriche (1554-1592). Avec Henri de Navarre, il met en place le complot dit des Malcontents, pour s'imposer comme successeur à la place de son frère Henri. Catherine de Médicis parvient à déjouer la conspiration et François est arrêté. Henri, devenu roi lui pardonne mais il demeurera retenu et surveillé à la cour.

Le frère rebelle

En 1575, François continue d'être à la cour le chef du parti d'opposition. Il subit les brimades et les moqueries dont il fait l'objet de la part des mignons de son frère. Catherine de Médicis tente de calmer le jeu mais en vain car un soir de bal, François se fait directement insulter et prend la résolution de s'enfuir. Il s'échappe à travers un trou creusé dans les remparts de Paris. Sa fuite crée la stupeur. Les mécontents de la politique royale et les protestants s'unissent derrière lui. En septembre, il est rejoint par le roi de Navarre qui est parvenu lui aussi à s'enfuir. La guerre qui s'ouvre est prometteuse pour François. Henri III doit baisser les armes. Le 6 mai 1576, est proclamé l'Édit de Beaulieu, surnommé "La paix de Monsieur". Cet édit permet la liberté de culte pour les réformés dans tout le royaume de France. Dans chaque parlement provincial sont créées des chambres mi-parties. Enfin les victimes du Massacre de la Saint-Barthélemy sont réhabilitées. François reçoit l'Anjou en apanage et une indemnité extraordinaire. Il se réconcilie avec le roi et reprend triomphalement sa place à la Cour sous le titre de "Monsieur".

Le prince des Pays-Bas

La joyeuse entrée de François à Anvers

Après avoir rompu avec Philippe II d'Espagne, les Pays-Bas se cherchent un nouveau prince. Leur regard se porte sur François d'Anjou. En 1579, il est invité par Guillaume d'Orange à devenir le souverain des provinces des Pays-Bas. Le 29 septembre 1580, les provinces (à l'exception de la Zélande et de la Hollande) signent le traité de Plessis-les-Tours avec François qui prend le titre de protecteur de la liberté des Pays-Bas.

En 1581, des négociations continuent pour le mariage de François avec Élisabeth Ire d'Angleterre. Il a vingt-six ans et elle en a quarante-sept. Elisabeth le surnomme sa grenouille. Leur rencontre est de bon augure mais nul se sait ce qu'en pense réellement la reine. Le peuple anglais est particulièrement contre ce mariage, du fait que François est un prince français et aussi de religion catholique.

Puis, François retourne aux Pays-Bas où il est officiellement intronisé. Il reçoit le titre de duc de Brabant en 1582, mais il commet l'erreur de décider sur un coup de tête de prendre Anvers par la force. Le 18 janvier 1583, ses troupes sont repoussées. C'est la furie d'Anvers.

L'échec du duc d'Anjou ne l'empêche pas de reprendre les négociations avec les provinces des Pays-Bas mais il meurt de la tuberculose en juin 1584.

Bibliographie

  • Francis de Crue, Le Parti des Politiques au lendemain de la Saint-Barthélemy. La Molle et Coconat, Paris : Librairie Plon, 1892. 368 p.
  • Mack P. Holt, The Duke of Anjou and the Politique Struggle during the Wars of Religion, Cambridge University Press, collection "Cambridge Studies in Early Modern History", 1986. 246 p.
  • Jacqueline Boucher, « Autour de François, duc d'Alençon et d'Anjou, un parti d'opposition à Charles IX et Henri III », in Henri III et son temps : actes du Colloque international du Centre de la Renaissance de Tours, octobre 1989, Paris : Librairie philosophique J. Vrin, 1992 (p.121-131)
  • Frédéric Duquenne, L'entreprise du duc d'Anjou aux Pays-Bas de 1580 à 1584. Les responsabilités d'un échec à partager, Lille : Presses universitaires du Septentrion, collection "Histoire et civilisation", 1998. 296 p.
  • Jean-François Maillard, « Monsieur, frère du roi, mécène », in Henri III mécène des arts, des sciences et des lettres, Paris : Presses de l'Université Paris-Sorbonne (PUPS), 2006 (p.263-272)

Filmographie

  • La Dame de Monsoreau, feuilleton télévisé réalisé par Yannick Andréi d'après l'oeuvre d'Alexandre Dumas père, 1971.
  • La Dame de Monsoreau, feuilleton télévisé réalisé par Michel Hassan d'après l'oeuvre d'Alexandre Dumas père, FR2, 2007.

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