François Di Dio

François Di Dio
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François Di Dio, né à Enna en Sicile en 1921 et mort le 22 juin 2005 près de Castillon-Massas dans le Gers, est un éditeur et écrivain français. Il a fondé et dirigé la collection puis les éditions Le Soleil Noir (1947-1982). Il a été l'époux de l'indianiste et traductrice Nicole Ménant qui fut aussi son bras droit dans l'édition.

Sommaire

Biographie

Enfance et adolescence

D'origine sicilienne, François Di Dio grandit à Alger où sa famille s'est installée après avoir fui le fascisme vers 1928. Au lycée, il découvre la typographie alors qu'il s'occupe d'une petite revue imprimée par un certain Monsieur Marcel. Après le baccalauréat, tout en s'inscrivant en Droit, il découvre l'œuvre d'Arthur Rimbaud et croise les écrivains Philippe Soupault, Albert Camus, Claude Roy, Emmanuel Roblès chez l'éditeur Edmond Charlot. Il rencontre également les peintres Maria Manton, qui réalise son portrait, et Louis Nallard.

En juillet 1943, Di Dio rejoint les Français libres de la division Leclerc : la Campagne de France, durant laquelle il fut grièvement blessé, le mène jusqu'en Alsace et au-delà du Rhin. Il redevient civil en octobre 1945.

Le premier Soleil Noir

Après avoir trouvé en 1946 du travail au TEC (Travail et Culture) comme secrétaire, il écrit à Paul Éluard qui lui ouvre sa bibliothèque, le présente à des compagnons fous de livres comme lui. Il crée alors les Presses du Livre français, 29 rue de l'Échaudé dans le VIe à Paris où il publie entre autres Jean Paulhan et Franz Kafka, tous deux illustrés par des gravures de Wols.

L'exposition internationale du Surréalisme de 1947 organisée à la galerie Maeght à Paris le marque profondément. Il rencontre André Breton en 1949. De la lecture d'Arcane 17, notamment la phrase du mystique Éliphas Lévi : « Osiris est un dieu noir, la parole énigmatique que l'on jette à l'oreille de l'initié. », il lui vient l'idée d'une collection de littérature et d'art qu'il appelle "Le Soleil Noir".

Di Dio y publie des poèmes français de Ghérasim Luca avec des illustrations du peintre roumain Jacques Hérold, des poèmes de Jean-Pierre Duprey, un texte de Camille Bryen illustré par Jean Arp. Avec Charles Autrand, il lance également entre 1950 et 1953 la revue Positions (3 numéros dont le "Premier bilan de l'art actuel"). Son édition de Justine du Marquis de Sade, préfacée par Georges Bataille incluant une gravure de Hans Bellmer ne fut pas inquiétée bien que Di Dio eût effectué par principe le Dépôt légal.

En 1954, il met en sommeil sa collection qui sera diffusée par Éric Losfeld. Il part pour un long périple en Inde d'où il ramène les matériaux d'un ouvrage publié conjointement avec Nicole Ménant, la Gita Govinda (préf. de Marguerite Yourcenar, éd. Emile Paul); puis va en Afrique subsaharienne où il réalise plusieurs films au Mali dont Les Funérailles dogons, de Marcel Griaule. Le disque issu de ce travail obtient le prix de l'Académie Charles-Cros l'année suivante.

Le retour du Soleil Noir

En 1929, Breton décrit l'un de ses rêves : un livre de toile grossière dont le dos était un nain de jardin. En 1936, Georges Hugnet ouvrira une librairie à l'enseigne du Livre objet, créant des livres d'artistes à un seul exemplaire (la fameuse reliure lacets de Die Puppe, pour Bellmer).

Di Dio décide de bouleverser les règles de la haute bibliophilie et réinvente puis réalise le concept de "livre-objet" multiple, édition d'un même texte poétique en trois séries limités, grâce au travail conjoint d'un ou plusieurs artistes reconnus, des typographes, des relieurs. La première série (A) est le livre-objet à proprement parlé, édité à peu d'exemplaires (moins de 100), suivant l'exemple de certains graveurs ou éditeurs de bronze artistique. La série B dite "Club", de "bibliophilie populaire" selon Di Dio, tirait en moyenne à 300 exemplaires tandis que la série C, 1500 ex., comprenait un ouvrage relié au format poche, illustré et typographié.

Les premiers artistes et poètes qui acceptent de jouer le jeu ensemble sont :

- Max Ernst, Jacques Hérold et André Breton en préfacier pour des poèmes posthumes de Jean-Pierre Duprey, Derrière son double, oct. 1964

- Marcel Duchamp, Alberto Giacometti et Robert Lebel pour La Double vue, déc. 1964

Des ouvrages, plus d'une centaine, aujourd'hui introuvables que l'on peut admirer à la réserve des Livres rares et précieux - Bibliothèque nationale de France ou au Frac Limousin qui possède l'intégralité des livres édités par François Di Dio.

Le Soleil Noir cesse ses activités officielles en avril 1983.

De 1983 à 1991, Di Dio anime le Criapl'e (Centre de recherches internationales des arts plastiques et de l'écrit) avec quelques amis (Philippe Audoin, Jacques Frélaut, Monique & Bernard Duval, Henry Bussière, Anne Frélaut-Ortner, Michel Guillet) où il publie un Ghérasim Luca / Micheline Catti, un Kafka /Dado. L'œuvre complète (à l'époque) du poète Jean-Pierre Duprey sortira aux éditions Christian Bourgois en un ultime livre-objet, édité avec l'éditeur Georges Fall (le "livre-clous").

En septembre 1991, la Biennale du Livre d'artiste d'Uzerche et l'association Pays-Paysage, lui consacre une exposition-colloque puis c'est au tour de la galerie Lecointre-Ozanne d'organiser une mini-rétrospective à Paris.

En 1993, le Carré d'Art de Nîmes lui rend hommage en une exposition inaugurale de l'ensemble des ouvrages publiés par le Soleil Noir (cf. le catalogue raisonné publié à cette occasion).

En 1997, il publiera sous le pseudonyme de François-Sébastien Aréna (du nom de sa mère), Eternité provisoire, chez Georges Fall, un livre de souvenirs des années noires (1942-45) avec une couverture de Jacques Monory.

Chez l'éditeur José Corti, il aide à l'édition de toute l'œuvre de Ghérasim Luca dont La voici la voix silanxieuse (1997) pour laquelle il règle la "mise en page" typographique.

Le poète André Velter dira de lui à sa mort : "Di Dio plaça au plus haut point le sens de l'honneur et celui de la révolte, alliant fougue et fidélité, noblesse et provocation"[1].

Liste des ouvrages publiés sous la direction de Di Dio

François Di Dio a publié sous sa direction plus de 300 ouvrages dont 156 sous la référence "Soleil Noir" et 144 en tant qu'éditeur-conseil (Draeger, Tchou, Pauvert, Fall, Bourgois, etc.).

Aux Presses du Livre français (1948-1953)

  • Jean Paulhan : Le Berger d'Écosse suivi de Les Passagers, La Pierre Philosophale, ill. de 5 pointes sèches de Wols, 1948
  • Franz Kafka: L'invité des morts suivi de Dans notre synagogue, L'épée, Les lampes neuves, tr. de Marthe Robert, ill. de 4 pointes sèches de Wols, 1948
  • Michel Massian : La Femme de ma vie, dessins de Pierre Dabouis, 1948 (avec Marcel Knops)
  • Marcel Arland : Le Mal, ill. d'André Masson, 1949 (non publié)
  • Jules Supervielle : La Création des animaux, dessins de Jacques Noël[2], 1951

Presses du Livre français, collection "Le Soleil Noir" (1950-53)

  • D.A.F. de Sade : Justine ou les malheurs de la vertu, préf. de Georges Bataille, ill. de Hans Bellmer, coll. "Imagination", 1950 (édition d'André Belamich, reprise par Jean-Jacques Pauvert en 1953 pour les œuvres complètes)
  • Jean-Pierre Duprey : Derrière son double, avec lettre-préface d'André Breton, col. "Poésie", 1950
  • Arthur Rimbaud : La Lettre du voyant - Un cœur sous une soutane - L'Album zutique, suiv. de L'autre saison par Armel Guerne, 1950
  • Camille Bryen : Temps troué, dessins et bois gravés de Jean Arp, coll. "Originale", 1951 (réédité en 1981)
  • René Rasmussen : Art Nègre, essai illustré, col. "Art", 1951
  • Robert Crégut : La tête froide, photo. d'Édouard Boubat, col. "Poésie", 1951
  • La Révolte en question, revue "Positions" n°1, avec un microbe de Max Ernst, 1952
  • Robert Lebel: Lénonard de Vinci ou la fin de l'humilité, essai illustré, col. "Art", 1952
  • F.-S. Aréna [pseud. de Di Dio]: Don Juan de Sicile, tragicomédie préf. par C. Autrand, col. "Théâtre", 1952
  • Charles Autrand : Hiéron ou l'indifférence, eau forte de Bryen, col. "Essai", 1952
  • Le temps des assassins, revue "Positions" n°2, avec un pochoir de J. Hérold, 1952
  • José Álvarez Baragaño[3] : Cambiar la vida, col. "Etranger", 1952
  • Ghérasim Luca : Héros-Limite, ilus. de 3 dessins de Jacques Hérold, col. "Poésie", 1953
  • Charles Autrand : Sept lettres à un jeune poète, col. "Essai", 1953
  • Robert Estivals : La Défense, contribution à la Théorie de la composition littéraire, 1953
  • Premier bilan de l'art actuel, 300 photos, revue "Positions" n°3 & 4, 1953
  • Claude Tarnaud[4] : La Forme réfléchie, illustrations de Béatrice de La Sablière, prière d’insérer de G. Luca, Le Soleil Noir, 1954

Editions Le Soleil Noir (1963-1983)

Notes

Liens internes

Liens utiles


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