Français Cadien


Français Cadien

Français cadien

Jaune : paroisses où le cadien ou le français est parlé par 4–10 % de la population ; orange : par 10–15 % ; rouge : par 15–20 % ; brun : par 20–30 %.

Le français cadien (terme dérivé du mot acadien par aphérèse et palatalisation) ou français cajun, parfois aussi appelé « français régional louisianais[1] » est l’une des trois variétés de dialectes du français parlé essentiellement dans l’État américain de la Louisiane, particulièrement dans les paroisses du sud. Les autres dialectes du français louisianais étant le français napoléonien et le français colonial, ou français de plantation, parlés essentiellement dans les paroisses Orléans, St-Bernard, St-Tamany, St-Charles, St-Jean-Baptiste, Jefferson, Bâton-Rouge-Ouest, Pointe-Coupée, Avoyelles, Ste-Marie, Iberia, Assumption et St-Landry. Le français cadien est différent du créole louisianais.

On présume généralement que le français cadien dérive presque uniquement du français acadien tel qu’il était parlé dans la colonie française d’Acadie (située dans ce qui est maintenant les Provinces Maritimes du Canada et le Maine).

Le français cadien diffère du français métropolitain par la prononciation, le vocabulaire et l’intonation (linguistique).

Sommaire

L'origine

L'origine du français cadien trouve sa source dans plusieurs langues :

  • Le français parlé par les Acadiens exilés en Louisiane pour fuir la tutelle des Anglais sur l'Acadie (Cf. Le Grand Dérangement), langue proche du poitevin, du saintongeais et du normand[2], dont l'influence se retrouve notamment dans la conjugaison de la première personne du singulier : J'avons, Je sommes, J'allons[3]. Il s'agit de la souche-mère de la langue cadienne.
  • Le français classique parlé par les colons qui ont émigré en Louisiane afin de s'enrichir dans les plantations, qui donne à la langue cadienne des tournures propres au français parlé au XVIIe ou au XVIIIe siècle. Cette influence du français classique se retrouve dans la forme progressive "J'après + Verbe" comme dans J'après danser pour Je suis en train de danser. Au XVIIe siècle, dans les cours européennes, on aurait dit Je suis aprêt à danser.

Influences lexicales

  • De nombreuses tournures de phrases et du vocabulaire sont empruntés à d'autres langues européennes que le français comme l'anglais ou l'espagnol (La Louisiane fut un territoire espagnol de 1762 à 1803) comme dans : « Nous-autres parents aiment pas le gars que tu sors avec » (la forme générale de la phrase fait penser à la forme The boy you're going out with typiquement anglaise). L'influence de l'anglais américain est de plus en plus grande au XXe siècle avec l'américanisation de la Louisiane inhérente au boom des transports et à l'industrialisation. Au cours des années, les locuteurs du cadien ont souvent incorporé du vocabulaire anglais (comme truck à la place de camion) puisque ces inventions ont été présentées à la population cadienne à travers la langue anglaise.

Aujourd'hui

En 2007, la plupart des Cadiens d'ancienne génération sont bilingues, après avoir grandi avec le français à la maison et l'anglais pour les études. Les locuteurs du français cadien ont diminué considérablement. Toutefois, des efforts sont faits pour réintroduire la langue parmi les plus jeunes générations. Le Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL) a été créé à la fin des années 1960, et continue à enseigner une version de français entre le dialecte ancien cadien et le français de France ou métropolitain. Aujourd'hui, les régions cadiennes de la Louisiane forment souvent des associations avec les Acadiens du Canada, qui envoient des professeurs de français pour réapprendre la langue dans les écoles. Toutefois, les Français et les Belges constituent une partie plus importante du contingent d'enseignants francophones, tandis que plusieurs pays africains et antillais sont également représentés.

Il existe plusieurs français parlés en Louisiane et il ne faudrait pas réduire l'ensemble de la population francophone aux seuls Cadiens (créole louisianais des descendants d'esclaves noirs, créoles haïtiens, les créoles guadeloupéens et martiniquais parlés par les immigrés noirs du XXe siècle, français classique des riches propriétaires terriens, français parlés par des tribus indiennes, telle que celle des Houmas, converties au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle)

Le code ISO 639-3 pour le français cadien est « frc ».

Expressions

  • Laissez les bons temps rouler.
  • Lâche pas la patate.

Notes et références

  1. (en)Languages and Labels
  2. Surtout du poitevin et du saintongeais : exemple les mots « nouzille » (=noisette), « nouger » ou « nougier » (=noyer)… qui sont poitevin, et saintongeais
  3. Autrefois, le même pronom était employé pour les premières personnes du singulier et du pluriel ; la confusion des pronoms sujets à la première personne du singulier et du pluriel était jadis une tendance générale dans le parler populaire français. Exemple : langue de Martine dans Les Femmes savantes ou chez Guy de Maupassant dans le langage des paysans normands.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • Portail de la francophonie Portail de la francophonie
  • Portail de l’Acadie Portail de l’Acadie
  • Portail des États-Unis Portail des États-Unis
  • Portail des langues Portail des langues
Ce document provient de « Fran%C3%A7ais cadien ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Français Cadien de Wikipédia en français (auteurs)