Francoise Giroud


Francoise Giroud

Françoise Giroud

Françoise Giroud, née Lea France Gourdji, le 21 septembre 1916 à Lausanne en Suisse[1], est une journaliste, écrivain et femme politique française, morte le 19 janvier 2003, à l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine. Elle a pris officiellement le nom de « Giroud » par un décret du 12 juillet 1964.

Vice-présidente du Parti radical-socialiste et de l'UDF, elle a été ministre de la Culture, et fut une personnalité majeure de la presse politique en France.

Sommaire

Biographie

Fille de Salih Gourdji, directeur de l'Agence télégraphique ottomane réfugié politique, qui meurt en 1919, et de Elda Farragi, juive sépharade, elle quitte l'école à seize ans. Avec un diplôme de dactylo, elle commence une carrière au cinéma à Paris, comme script-girl de Marc Allégret et Jean Renoir, assistante-metteur en scène à partir de 1937, puis scénariste.

Femme d'action, elle est agent de liaison dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle sera arrêtée par la Gestapo et incarcérée à Fresnes. Ses convictions, loin de s'amenuiser, s'en affirment d'autant plus, que ce soit contre la guerre d'Algérie, ce qui lui vaut le plasticage de son appartement, pour la cause des femmes ou pour le journalisme.

Au sortir de la Guerre, elle est engagée par Hélène Lazareff comme directrice de rédaction (1945-1953) pour la création de ELLE, magazine moderne et féministe. Elle écrit à l'époque aussi dans France Dimanche, l'Intransigeant et France-Soir. Elle fonde en 1953 avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, son amant, L'Express, qu'elle dirige jusqu'en 1974 en tant que directrice de la rédaction, puis de la publication, et comme présidente du groupe Express-Union, entre 1970 et 1974.

Elle publie en parallèle à sa carrière journalistique plusieurs essais, dont La Nouvelle Vague, portrait de la jeunesse en 1958, qui impose ce terme pour qualifier le style des nouveaux cinéastes issus des Cahiers du cinéma.

Malgré un appel à voter François Mitterrand en 1974, elle milite au sein du Parti radical pour la modernisation sociale promise par Valéry Giscard d'Estaing et devient secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé de la Condition féminine, entre juillet 1974 et août 1976, où elle lance « cent une mesures » en faveur des femmes (mise en place de droits propres pour les femmes, lutte contre les discriminations, ouverture des métiers dits masculins, etc). Comme secrétaire d'État à la Culture jusqu'en mars 1977, elle ne marque pas le ministère, entérinant les décisions prises avant elle comme la loi sur l'architecture du 31 janvier 1977 et la création des DRAC. Candidate aux élections municipales de 1977 à la demande de Giscard d'Estaing et Michel d'Ornano, dans le XVe arrondissement de Paris, elle est au cœur d'un scandale orchestré par les chiraquiens qui l'accusent d'usurper la médaille de la Résistance[2]. Seule Djenane, sœur de Françoise, a reçu cette distinction après avoir été internée au camp de Ravensbrück. Mais selon Christine Ockrent, une lettre reçue par leur mère prouverait que cette médaille aurait dû être attribuée aux deux soeurs[3]. Ce scandale entraîne son retrait des élections parisiennes et sa non-reconduite au sein du nouveau gouvernement Barre[2].

Elle quitte la politique en 1979 et, inspirée par sa fréquentation des ors du pouvoir, elle écrit La Comédie du pouvoir puis Le Bon plaisir (1983), adapté au cinéma. Associée à un groupe d'intellectuels français dont Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali, Philippe Mahrer, Marek Halter, Alfred Kastler (Prix Nobel de physique), Guy Sorman et Robert Sebbag ainsi qu'à des médecins, journalistes et écrivains, elle fonda en 1979 l'association Action Contre la Faim (ACF).

À sa sortie du gouvernement, l'Express vient d'être vendu à James Goldsmith, et Raymond Aron, éditorialiste du magazine, s'oppose à sa réintégration[4]. En 1983, Jean Daniel lui propose d'être éditorialiste au Nouvel observateur, où elle écrit durant vingt ans. Elle produit également plusieurs émissions de télévision et publie essais, biographies et romans à succès. Elle est alors appelée comme membre du jury du Prix Femina en 1992.

Elle a également été membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Françoise Giroud est la mère de la pédopsychiatre et psychanalyste Caroline Eliacheff.

Honneurs

Œuvres

Ouvrages

  • Le Tout-Paris, Gallimard
  • Nouveaux portraits, Gallimard
  • La Nouvelle Vague, portraits de la jeunesse, Gallimard
  • Si je mens, Stock" Translated as "I give you my word" (in US)1975?
  • Une Poignée d'eau, Robert Laffont
  • La Comédie du Pouvoir, Fayard, 1977
  • Ce que je crois, Grasset, 1978
  • Une Femme honorable, Fayard, 1982
  • Le Bon Plaisir, Mazarine, 1983
  • Dior, Éditions du Regard
  • Mon très cher amour, Grasset
  • Alma Mahler, ou l'art d'être aimée, Robert Laffont, 1988
  • Leçons particulières, Fayard, 1990
  • Jenny Marx ou la Femme du diable, 1992, Prix Gabrielle d'Estrées
  • Journal d'une Parisienne, 1994
  • Parlez-moi d'amour, avec Bernard-Henri Lévy, 1994
  • Cœur de tigre, 1994
  • Arthur ou le bonheur de vivre, 1997
  • Deux et deux font trois, 1998
  • Les Françaises, de la Gauloise à la pilule, 1999
  • C’est arrivé hier. Journal 1999, 2000
  • On ne peut pas être heureux tout le temps", Fayard, 2001
  • Les taches du léopard, 2003
  • Lou, histoire d'une femme libre, 2002

Textes de chanson

Sur des musiques de Louis Gasté :

  • Le Petit Chaperon Rouge, créée par Lisette Jambel (1944);
  • Un par un vont les Indiens, chantée par Lisette Jambel, Josette Daydé, les Sœurs Étienne (1944) ;
  • Quand Betty fait Boop (paroles écrites en collaboration avec Louis Gasté pour le film Le Roi des resquilleurs), créée par Josette Daydé (1945) ;
  • Ce n'était pas original, chantée par Jacqueline François (1945).

Sur une musique de Georges van Parys, 1944 :

  • Il avait le charme slave, chantée par Andrex.

Françoise Giroud a aussi composé des chansons pour Danielle Darrieux et Tino Rossi.

Carrière au cinéma

Précédé par Françoise Giroud Suivi par
Michel Guy
Secrétaire d'Etat à la Culture
1976-1978
Michel d'Ornano

Notes et références

  1. selon le Cercle vaudois de généalogie, dans sa lettre n° 49 de juin 2003, tandis que la plupart des biographies mentionnent Genève
  2. a  et b Jacqueline Remy, « Le roman d'une Parisienne », L'Express, 23 janvier 2003.
  3. Christine Ockrent, Françoise Giroud, une ambition française, Fayard, 2003
  4. Selon elle-même, dans son discours de réception de la cravate de commandeur de la Légion d’honneur. Lire en ligne

Sources

Voir aussi

Bibliographie

Lien externe

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