Formation territoriale de l'espagne


Formation territoriale de l'espagne

Formation territoriale de l'Espagne

De nombreux peuples, au cours de l'histoire de la péninsule ibérique, bâtirent leurs institutions politiques propres. Certaines ont disparu, d'autres ont évolué, de telle sorte qu'il est difficile de savoir de manière certaine à quel moment exact eu lieu la création de ce que l'on appelle l'Espagne (et du Portugal). Cet article prétend exposer les théories les plus diffusées. Celles-ci peuvent s'avérer contradictoires entre elles, ce qui incite à effectuer une lecture critique.

Escudo de España.svg
Armes actuelles de l'Espagne
Hispania Hispania
Hispanie romaine (à gauche) et l'Espagne des Autonomies (à droite)

Sommaire

L'Antiquité

L'origine du nom de la péninsule où se trouvent actuellement l'Espagne et le Portugal, Ibérie, est grecque et faisait probablement référence au fleuve Iber, aujourd'hui l'Èbre.

Tout d'abord occupée par les Phéniciens puis par les Grecs qui n'occupent que les parties côtières de la péninsule, elle sera ensuite conquise par les Romains. Cette conquête leur prendra plus de deux siècles.

À leur arrivée, les Romains appellent l'Ibérie Hispanie, terme dérivé du phénicien dont la signification est probablement terre de lapins. C'est ce nouveau nom qui perdure après l'empire romain, et qui, en évoluant, se transforma d'abord en Spania ou Spanna puis finalement en Espagne (España).

Sous l'Empire romain, le diocèse d'Hispanie (qui dépendait alors de la préfecture des Gaules) était divisé administrativement en provinces, dont le nombre et les frontières furent variables et dépassèrent les limites géographiques de la péninsule ibérique.

Aucune de ces provinces ne coïncide avec les frontières actuelles de l'Espagne et du Portugal, si l'on ne tient pas compte de la frontière naturelle que constitue le fleuve Guadiana. Mais les Portugais assimilent facilement leur pays à la Lusitanie et considèrent que leurs racines viennent de cette ancienne province qui, selon Strabon, occupait les territoires de l'actuel Portugal et de la Galice, mais qui en réalité couvrait la plus grande partie de l'actuel Portugal au sud du Douro et une partie du Léon et de l'Estrémadure espagnols, la partie au nord du fleuve Douro était intégrée dans la Gallaecia.

Le Moyen Âge

L' Hispanie des Wisigoths

Le royaume des Wisigoths en l'an 500

L'invasion des Wisigoths établit une unité politique de toute la péninsule et d'une partie du sud de la France.

On peut trouver des références à l'Hispanie romaine mais ces références sont plutôt géographiques puisque le nom du royaume était Royaume des Goths et des Suèves.

Ce royaume est assimilé par certains au premier état espagnol. Des historiens indiquent que la conversion de Récarède Ier au christianisme correspond à la création du premier roi espagnol et que les Wisigoths unifièrent les Hispanie fédérale romaine et centralisée wisigothe.

L'islamisation de l'Hispanie

Durant la bataille de Guadalete, le dernier roi wisigoth Rodrigue est battu par les Musulmans. Cette défaite donne naissance à une résistance qui s'établit dans les montagnes des Asturies puis, plus tard, en Navarre dans les Pyrénées et dans la Marche hispanique.

Cette résistance amènera tous les royaumes chrétiens de la péninsule, qui commencent à se bâtir, à se considérer comme les héritiers du royaume des (Wisi-)Goths et légitiment ainsi la Reconquista.

Al-Andalus

Le Califat de Cordoue constitue alors un état unique sur les territoires qu'il occupe.

Au début, les royaumes chrétiens européens utilisent la dénomination Spania pour faire référence au territoire occupé par les Musulmans et pas pour se référer aux royaumes chrétiens de la péninsule, la capitale de cette région de Spania étant Cordoue. De leur côté, les Musulmans désignent toute l'Hispanie romaine comme Al-Andalus. Cependant, cette expression fait parfois référence uniquement à la zone qu'ils occupent. Les royaumes chrétiens sont appelés Isbaniya.

Plus tard, lors de l'avancée de la Reconquista, ces royaumes chrétiens commenceront à être connus comme royaumes espagnols.

On peut donc se rendre compte que les références à l'Espagne sont géographiques, que cela soit l'Hispanie romaine, celle des Wisigoths, la Spania des Musulmans ou l'Isbaniya des premiers royaumes chrétiens.

La Reconquista - Les royaumes chrétiens

Royaumes chrétiens et Al-Andalus (Royaumes des Taïfa) an 1030
Royaumes chrétiens et Al-Andalus (Almohades) an 1210

La victoire obtenue par les chrétiens à la bataille de Covadonga, en l'an 722, est désignée à l'époque comme salus Hispaniae (salut de l'Hispanie).

Cette évolution des perceptions des royaumes fractionnés vers une Hispanie unie se poursuit. Ainsi, en l'an 906, Alphonse III, roi des Asturies commence une de ses lettres avec le texte In Dei nomine Adefonsus pro Chisti natu atque patentia Hispaniae rex., se proclamant par là roi d'Hispanie [1].

La Marche hispanique se forme au début du IXe siècle pour défendre les territoires des Carolingiens de l'invasion des Musulmans. À cette époque, Raymond Bérenger Ier, comte de Barcelone était connu comme Hispaniae subjugator.

Les royaumes de León, de Castille, de Navarre et d'Aragon se proclamaient alors reinos hispanos (royaumes hispaniques) ce qui paradoxalement ne les empêchait de s'allier à des musulmans pour se faire la guerre.

Quand, pour des raisons dynastiques ou de conquête, un de ces rois chrétiens dominait la majorité de l'Espagne chrétienne, il se faisait alors appeler Imperator Totus Hispaniae, à l'instar de Sanche III de Navarre[2], Alfonso VI[3] ou Alphonse VII de Castille et Leon[4].

On peut considérer qu'un certain esprit d'unité existait entre les différents royaumes chrétiens, s'appuyant sur une idée unitaire de l'Hispanie héritée des Wisigoths et des Romains. Cependant, l'existence d'un état unique est encore prématurée, même dans le cas de Sanche le Grand puisqu'à sa mort, les royaumes acquis entre ses fils étaient partagés entre ses fils par volonté testamentaire.

Cette perception d'unicité du territoire se retrouve au XIIIe siècle, dans les écrits du roi Alphonse X de Castille : Este es el libro de las leyes que fizo el muy noble rey don Alfonso, (…), bisnieto de don Alfonso, Emperador de España (…), ce qui se traduit par : Ceci est le livre des lois faites par le très noble roi don Alfonso, (…), arrière-petit-fils de don Alfonso, Empereur d'Espagne.

Les Rois catholiques

Les couronnes de Castille et d'Aragon, et les royaumes de Navarre et de Grenade (1360)

L'historien de cet époque, Hernando del Pulgar, raconte comment, en 1479, le Conseil royal discute de la désignation des Rois catholiques comme rois d'Espagne, et décide finalement ne pas utiliser ce titre :

Como quiera que los votos de algunos de su consejo eran que se intitulasen reyes o señores de España, pues sucediendo en aquellos reinos del rey de Aragón, eran señores de toda la mayor parte de ella. Pero entendieron de lo no hacer.

Cependant, si les Rois catholiques ne veulent pas utiliser le titre de Rois d'Espagne, ils préfèrent utiliser tous leurs autres titres :

Don Fernando é dona Ysabel, por la graçia de dios Rey é Reyna de Castilla, de León, de Aragón, de Seçilia, de Granada, de Toledo, de Valençia, de Gallizia, de Mallorcas, de Sevilla, [de çerdeña], de Córdova, de Corçega, de Murçia, de Jahén, de los Algarbes, de Algezira, de Gibraltar é de las yslas de Canaria, conde é condesa de Barçelona, é señores de Vizcaya é de Molina, duques de Atenas é de Neopatria, condes de Rusellón é de Cerdania, é marqueses de Oristán ó de Goçiano[5] et acceptent en tant que tels les hommages vassaliques associés.
  • En 1485, Fray Ambrosio Montesino écrit les couplets de In Honore Sancti Johanis Evangelista, por mandado de la reyna de españa nuestra señora (c'est-à-dire suivant les ordres de la Reine d'Espagne, notre Dame).
  • En 1493, le gouvernement municipal de Barcelone parle du roi Fernando comme le rey de Spanya, nostre senyor[6].
  • Dans El recebimiento que se fizo al rey don Fernando en Valladolid le roi est aussi cité comme roi de l'Espagne.
Esto digo porque en todas las çibdadese e villas de nuestra spaña lean e vean el reçebimiento de la muy noble e muy leal villa hecho al muy alto e muy poderoso don Fernando Cathólico, rey despaña. rey de las dos Cecilias e de Iherusalen. Porque leyendo sepan lo que en ella se fizo e uiendo a su alteza nos ymiten con seruiyios muy más altos: pues no son para el más alto prinçipe de los que hauemos leydo ni visto. Martes a teynta días de enero día tan alegre e sereno que bien se mostró el rey del cielo servido en que síruiessemos al rey de la tierra: año de quinientos e nueve entre la una e las dos su alteza llegó a media legua de la villa donde la fiesta se començo.[7]

Durant la période des Rois catholiques, la politique extérieure, les finances royales et l'armée furent unifiées. Ils respectaient les lois et privilèges de ses différents royaumes mais réservaient pour la Couronne les thèmes politiques et agissent de concert dans les affaires de politique intérieure et extérieure. Aucun des deux rois n'était propriétaire des royaumes apportés par son conjoint. La reine Isabelle établit dans son testament que son héritière est sa fille Jeanne et que son mari, Fernando, serait le régent si Jeanne ne veux pas ou ne peut pas comprendre le gouvernement de ses royaumes, ce qui semble signaler qu'Isabelle connaissait déjà la folie de sa fille.

Ainsi, même si les Rois catholiques n'ont pas voulu adopter officiellement le titre de Rois d'Espagne, ce titre était effectif et on peut considérer l'ensemble de royaumes qu'ils gouvernaient comme la première ébauche de l'Espagne actuelle[8].

Dans les pouvoirs que Ferdinand II d'Aragon délègue à son épouse Isabelle Ire de Castille, il indique : Podáis en todo caso, cualesquier castillos y fortalezas, incluso aunque se tengan al uso y costumbre de España, pedirlos a sus alcaldes, castellanos, vicecastellanos y guardianes, y en vuestras manos haberlos, tenerlos y encomendarlos a ellos o a otros, a quien quisierais. (Vous devez pouvoir en tout cas, et dans n'importe lesquels des châteaux et forteresses, même si nous les possédons grâce aux us et coutumes de l'Espagne, …)[9].

Cette époque est une période-clé de l'histoire de l'Espagne qui devient commune pour tous les royaumes de la péninsule. En excluant les différences structurelles et d'organisation des différents royaumes tout le long de l'histoire, l'Espagne, comme ensemble, a alors des intérêts internationaux partagés par chacun de ses composantes et tant les succès que les échecs enrichiront alors, ou porteront préjudice, à l'ensemble de la Nation espagnole.

La maison d'Autriche

L'arrivée des Habsbourg : Charles Ier et Philippe II

Royaumes espagnols et domaines européens sous Charles Ier

Le roi étranger

À son arrivée en Espagne, Charles Ier (plus connu sous le nom de Charles Quint) fut reçu avec une certaine hostilité, principalement parce qu'il parlait mal le castillan et que les postes importants de son gouvernement étaient occupés par des Flamands (qui étaient aussi ses sujets). Au début de son règne, il rencontre l'opposition ferme des Cortes (Parlement) de Castille qui lui refusent les subventions qu'il demande et lorsqu'il réussit à soudoyer des représentants à ces Cortes, ils se font attaquer par le peuple. La Castille, à ce moment là, est une des régions les plus riches et les plus dynamiques d'Europe : la soumission des Cortes est, pour Charles Quint, une condition sine qua non pour accéder à ses richesses. La défaite des Comuneros constituera le prétexte idéal pour réduire les Cortes de Castille à un rôle purement consultatif.

Quelques années après avoir accédé au trône d'Espagne, Charles Ier est élu - au détriment du roi de France François Ier - Empereur du Saint-Empire romain germanique. L'Espagne se trouve alors de fait entraînée dans une perspective impériale qui ne suscite guère l'enthousiasme, ce qui, à longue échéance, sera la cause principale de la grave crise castillane du XVIIe siècle. Les guerres des Comuneros et des Germanías peuvent être alors considérées comme les preuves de l'opposition à l'idée impériale, tant en Castille qu'en Aragon.

Après la guerre des Germanias, et pour éviter la contagion à tous les royaumes dépendants de la couronne d'Aragon, Charles Quint décide de respecter dorénavant leurs lois et, au contraire de ce qu'il fit en Castille (à l'exception des provinces vascongadas et Navarre), il maintient la séparation des pouvoirs de chaque royaume - tout en se réservant la nomination d'un tiers des députés de chaque Parlement (procédure appelée el brazo real, c'est-à-dire la main royale). Cet état de fait prend tout son sens quand on sait que l'accord des Cortes - comme en Castille - est nécessaire pour pouvoir disposer des ressources humaines et économiques de chaque royaume. La préoccupation principale des Espagnols était que le roi se préoccupe des besoins et intérêts des royaumes d'Espagne et non qu'un empereur dépense les richesses et entraîne les armées de ces royaumes dans des guerres lointaines.

Le roi espagnol

Après ces bras de fer, Charles Ier doit prouver son hispanité et à cette fin passe sept ans en Espagne après la révolte des Comuneros. La langue utilisée par la Cour et par le roi est le castillan et Charles se marie à la princesse Isabelle de Portugal. Ces actes satisfont à la fois ses vassaux espagnols et son peuple dont il finit par acquérir la loyauté.

Comme pour les rois catholiques, les vassaux de Charles Ier s'adressent à lui en utilisant le titre de roi d'Espagne, comme on peut le lire dans les Actas de las Cortes de Santiago y La Coruña de 1520 dans lesquels l'évêque de Badajoz écrit : y nuestro Rey de España es fecho par la gracia de Dios, Rey de Romanos y Emperador del mundo (Et notre roi d'Espagne est fait par la grâce de Dieu, Roi des Romains et empereur du monde[10]).

Il fait frapper à Barcelone des pièces de monnaie avec la légende suivante : CAROLUS QUINTUS IMPERATOR, Hispaniarum et utrusque Sicilie rex[11].

Il y a alors unanimité à désigner Charles Quint comme roi d'Espagne ou roi des Espagnes :

  • Lope de Vega le cite comme roi d'Espagne ;
  • à Los Reales alcázares de Séville, la Porte du Privilège porte les armes impériales avec l'aigle bicéphale en un ruban rouge avec l'inscription : CAROLUS V IMPERATOR HISPANIARI REX[12] ;
  • en l'an 1994, l'université de Grenade crée sa médaille d'or qui porte le texte suivant : CAROLUS ROMANUS IMPERATOR SEMPER AUGUSTUS HISPANIARUM REX FUNDATOR UNIVERSITATIS GRANATENSIS.

En 1520, il reconnaît comme « Grands d'Espagne » les 25 titulaires des titres de noblesse principaux et les plus anciens de l'Espagne d'alors.

Après Charles Ier, tous les rois d'Espagne de la maison d'Autriche utilisent comme titre abrégé roi des Espagnes ou roi des Espagnes et des Indes et emploient tous leurs titres (de roi de Castille à seigneur de Molina) pour les occasions solennelles.

À l'époque de Charles Ier, l'Espagne est un état indépendant, considéré comme tel par ses souverains et son peuple, qui inclut tous les royaumes de la péninsule (à l'exception du Portugal), et qui impose à ces royaumes leur politique extérieure tout en respectant leurs lois propres. L'Espagne n'est pas non plus considérée comme une partie du Saint-Empire romain germanique mais elle aide son roi dans les guerres impériales qu'il mène.

Philippe II

Dès sa naissance, Philippe II est titré « Prince d'Espagne »[13]. Ses titres officiels sont alors prince des Asturies, prince de Gérone et héritier des royaumes de Castille, Aragon, etc.

À la différence de son père Charles Quint, Philippe II est un roi né et élevé en Espagne : sa politique est plus tournée vers les intérêts de ses royaumes alors que Charles Quint utilisait l'Espagne, et plus principalement la Castille, comme une source de revenus pour son projet impérial et ses interminables guerres européennes.

Philippe II se devait de tenir compte des particularités des royaumes et provinces espagnols, ce qui poussa son père à lui écrire, de Palamós le 4 mai 1543, les Instructions de Charles V à Philippe II dans lesquelles on pouvait, entre autres choses, lire ce conseil : He ordenado aquí el Consejo de Aragón, y también se os harán instrucciones sobre la gobernación de los reinos de la Corona y sobre la manera del firmar, a lo cual me remito, y usaréis conforme a lo contenido en ellas y a lo susodicho. Salvo os aviso que es necesario que en ello seáis muy sobre aviso, porque más presto podríades errar en esta gobernación que en la de Castilla, así por ser los fueros y constituciones tales, como porque sus pasiones no son menores que las de otros, y ósenlas más mostrar y tienen más disculpas, y hay menos maneras de poderlas averiguar y castigar.[14] (J'ai ordonné ici au Conseil d'Aragon, et il y aura aussi des instructions sur la gouvernance des royaumes de la Corogne(…)).

Il utilise, à l'instar de Charles Quint, le titre abrégé de roi des Espagnes ou de roi des Espagnes et des Indes comme on peut le voir sur les pièces de monnaie du royaume. Pour les occasions solennelles, il emploie tous ses titres (de roi de Castille à seigneur de Molina)[15].

L'annexion du Portugal

En 1580, Philippe II hérite de la couronne du Portugal où il sera connu comme Philippe Ier. Les Habsbourg domineront alors la totalité de la péninsule ibérique pendant les 60 années suivantes.

Philippe III, Philippe IV et Charles II: des essais de centralisation, et des révoltes indépendantistes

Dans l'Espagne des Habsbourg, chaque royaume ou province possédaient leurs lois propres et différentes constitutions (Fueros, Usages, etc.) et, entre ces entités territoriales, il existait des frontières douanières.

Baltasar Gracián a écrit :

en la Monarquía de España, donde las provincias son muchas, las naciones diferentes, las lenguas varias, las inclinaciones opuestas, los climas encontrados, así como es menester gran capacidad para conservar, así mucha para unir[16].
dans la Monarchie d'Espagne, où les provinces sont multitude, les nations différentes, les langues variées, les inclinations opposées, et les climats contrastés, autant il est nécessaire une grande capacité pour la conserver, tant plus pour l'unir.

François de Gilabert nous donne une autre citation :

La monarquía de España, por ser tan extendida, se forma de diversos temperamentos de tierras, cuyas calidades dan diversas inclinaciones a sus habitadores
La monarchie espagnole, pour être si étendue, est formée de différents tempéraments de terres, lesquelles qualités donnent diverses inclinaisons à leurs habitants.

Le pouvoir royal est plus absolu sur la Castille que sur le reste des royaumes : en effet, le roi doit respecter les lois particulières (fueros) des Couronnes d'Aragon, de Navarre, des provinces vascongadas, du Portugal, de Flandres, etc. C'est pour cette raison que la monarchie cherche à établir des mesures d'homogénéisation en essayant d'appliquer les lois castillanes à l'ensemble de l'Espagne. Seulement, personne n'est en faveur de cette homogénéisation, y compris la Castille : seule l'équité fiscale est désirée. Le Conseil des Finances l'indique d'ailleurs en 1622 :

El mayor beneficio de las fronteras son las provincias mismas, y por ello, es razonable el mantenerlas, si bien Castilla no debe llevar en solitario la carga fiscal […] los castellanos están oprimidos y ahogados en tributos
Le plus grand bénéfice qu'apportent les frontières sont les provinces elles-mêmes, et c'est pour cela qu'il est raisonnable de les maintenir, bien que la Castille ne doit pas supporter seule les charges fiscales (…) les Castillans sont sous oppression et noyés par les impôts.

Dans les dépenses de l'empire espagnol, la seule Castille soutenait de manière le poids énorme des dépenses militaires. La Couronne de Castille considère par conséquent qu'il y a dysfonctionnement fiscal et cherche le partage de ces charges, comme on peut le lire dans les actes de la réunion des Cortes de Castille en 1622 :

La mejor solución sería un acuerdo mediante el cual los reinos y provincias de Aragón, Portugal, Navarra, Vizcaya y Guipúzcoa hagan una contribución equivalente de tropas, pues aunque todas se benefician de la defensa y conservación de la monarquía es un hecho que han escapado a sus costes. No hay justificiación para la exención. Por justicia natural, todos los que se benefician de algo común deben realizar sus apropiadas contribuciones. Es más, no poseen fueros o leyes que les conceda esa exención, y si el caso fuera, no sería justo invocarlas
La meilleure solution pourrait être un accord par lequel les royaumes et provinces d'Aragon, Portugal, Navarre, Biscaye et Guipúzcoa fassent une contribution équivalente de soldats, puisque, bien que toutes profitent de la défense et conservation de la monarchie, il est un fait établi qu'elles ne participent pas à ses dépenses. Il n'y a pas de justification à cette exemption. Il est de justice naturelle que tous ceux qui profitent d'un bien commun doivent réaliser les contributions appropriées. En plus, ils ne possèdent pas de lois ni fueros qui leur donne droit à cette exemption, et même s'ils les avaient, il ne serait pas juste les invoquer.

En outre, les inégalités et différences ne portaient pas uniquement sur les finances mais aussi sur les droits et devoirs des citoyens par rapport à leurs institutions. Ainsi, la nomination de prêtres castillans en Catalogne au XVIe siècle fait naître des arguments de cette teneur : menjar el pa de nostres fills, beure la sang de nostres pares los cans de Castella.

Cet état de fait amène le comte-duc d'Olivares, Gaspar de Guzmán à proposer une série de projets devant conduire à cette homogénéisation et à cette centralisation de tous les royaumes hispaniques, en émulant l'absolutisme monarchique prédominant à l'époque. L'outil principal pour arriver à ces finalités sera l'Unión de Armas (union des armes).

Gaspar de Guzmán, dans ses Papiers remis à Philippe IV sur les matières de gouvernement de l'Espagne et ses attachés, en l'an 1625[17], après quelques réflexions préliminaires sur l'importance du fait que tous ses vassaux aient les mêmes droits que les castillans, afin que ces derniers cessent d'être considérés avec jalousie et rancune dans les autres royaumes d'Espagne, d'Italie et de Flandre, fait au roi cette réflexion :

Tenga V. M. por el negocio más importante de su Monarquía, el hacerse Rey de España; quiero decir, Señor, que no se contente V. M. con ser Rey de Portugal, de Aragón, de Valencia, Conde de Barcelona sino que trabaje y piense con consejo mudado y secreto, por reducir 'estos reinos de que se compone España, al estilo y leyes de Castilla sin ninguna diferencia, que si V. M. lo alcanza será el Príncipe más poderoso del mundo.[18],[19]
V. M. doit avoir pour affaire la plus importante de votre règne de vous convertir en roi d'Espagne : je veux dire, sire, que vous ne devez pas vous limiter à être le Roi du Portugal, de l'Aragon, de Valence, comte de Barcelone, mais que vous devez travailler et penser dans le plus grand secret et le plus grand silence pour réunir tous ces royaumes qui forment l'Espagne sous les habitudes et lois de Castille, sans aucune différence entre eux, et si V. M. réussit à le faire, vous serez le Prince le plus puissant du monde.

Cependant, dans les autres royaumes d'Espagne, les intentions d'Olivares sont perçues comme une prétention de la Castille à dominer la totalité de la péninsule.

Perte du Rousillon après le traité des Pyrénées

Les tentatives absolutistes d'homogénéisation des rois Habsbourg eurent comme réponse les deux grandes révoltes de l'an 1640, la Guerre de Restauration du Portugal qui aboutit à son indépendance d'une part et la révolte de la Catalogne ou guerre des faucheurs d'autre part où, pendant la guerre de Trente Ans après un court essai de République Catalane, les catalans se soumettent volontairement à la Couronne de France en nommant comte de Barcelone Louis XIII. Il y eut aussi en 1641 une tentative indépendantiste en Andalousie dirigée par le duc de Medina Sidonia.

En l'an 1674, quand les autorités de Cadix essaient, pour commercer avec les Indes, de faire que les ressortissants catalans aient un consulat à Cadix à l'instar des Français, les Génois et autres étranges, le représentant des marins catalans écrit à la Reine en lui disant :

Tener cónsul en una parte y tierra es por las naciones, que son propiamente naciones, pero no por aquellas que son inmediatas vasallas de una Corona, como lo son las cathalanas de la Real Corona de S. M. (q.D.g.), los quales como a propios vasallos son y se nombran españoles, siendo como es indubitable que Cathaluña es España» (…) «No ha sido ni es de quitar a los cathalanes al ser tenidos por españoles, como lo son, y no por naciones.[20]
Avoir un consul dans une partie et une terre c'est pour les nations qui sont proprement dites des nations, mais pas pour celles qui sont directement des vassaux d'une couronne, comme le sont les catalans de la Royale Couronne de S.M. (q.D.g.), lesquels, comme des propres vassaux sont et se nomment espagnols, en étant indubitable que la Catalogne est l'Espagne» (…) «On n'a pas pu et on ne peut pas ôter aux catalans le fait d'être considères espagnols, puisqu'ils le sont, et non des nations.

On pourrait conclure que le sentiment national espagnol aux temps des Habsbourg était profondément lié a la monarchie. L'organisation était complexe, puisque chaque territoire continuait avec ses propres lois et son organisation médiévales, ce qui provoquera à différentes occasions des confrontations avec une monarchie chaque jour plus influencée par les courants absolutistes de l'Europe.

L'arrivée des Bourbons : Philippe V et la Guerre de Succession

Article détaillé : Guerre de Succession d'Espagne.

En raison des dispositions testamentaires de Charles II d'Espagne, en l'an 1700, le prince Philippe d'Anjou, petit fils de Louis XIV, devient roi d'Espagne sous le nom de Philippe V à 17 ans. Tous les royaumes d'Espagne l'acceptent et lui jurent fidélité comme roi. Cette succession amène en 1702 l'Angleterre, les Pays-Bas, la Prusse, l'Autriche, le Piémont et le Portugal à former la Grande Alliance, craignant la nouvelle puissance de la France alliée à l'Espagne.

Cependant, jusqu'en 1704, la guerre n'arrive pas sur le territoire espagnol. Après un échec à Cadix, les troupes anglo-hollandaises de l'archiduc Charles, prétendant à la couronne d'Espagne, débarquent à Lisbonne et attaquent l'Estremadure, sans succès. Elles subissent un nouvel échec lors de la tentative de prise de Barcelone et remportent leur premier succès lors de la prise de Gibraltar.

En 1705, des représentants catalans signent avec les Anglais le pacte de Gênes[21] en trahissant leur serment de fidélité au roi Philippe V. L'Espagne se divise alors entre les partisans de Philippe V et ceux de Charles V, le prétendant. Grosso modo les anciens territoires de la couronne de Castille appuient le roi légitime français, tant que ceux de la couronne d'Aragon lui préfèrent le prétendant autrichien. La plus grande hostilité à Philippe V est située dans la couronne d'Aragon où même la propagande pro-bourbonienne qui fait allusion à l'origine carolingienne des Marche hispaniques ne convainc pas de la légitimité d'un roi d'origine française pour la Catalogne.

Felipe V no es extraño sino patricio, natural y buen catalán cuando la real sangre que alimenta sus venas ha salido de los cristales transparentes de este prerenne y claro frente de nobleza del Principado de Cataluña […] El rey de Francia, Pepino, hijo de Carlos Martel y padre de Carlomagno envió a Cataluña para gobernar a su sobrino Wilfredo.
Philippe V n'est pas un étranger mais un patricien, naturel et bon catalan puisque le sang royal qui nourrit ses veines est sorti des transparents cristaux de ce permanent et clair front de noblesse de la Principauté de Catalogne (…). Le roi de France Pépin, fils de Charles Martel et père de Charlemagne, envoya en Catalogne, pour la gouverner, son neveu Wilfred.

Et au royaume de Valence, l'animosité n'était pas due seulement à l'origine française du roi mais aussi à l'appui prêté aux intérêts de la noblesse castillane. Ainsi en témoigne le cri des 47 soldats de la Relación de Miqueletes de Villarreal qui partaient pour lutter avec les Autrichiens :

Ni França ni Espanya, sinó visca la terra y muyra malgovern.[22]
Ni la France, ni l'Espagne, mais vive la terre et mort au mauvais gouvernement.

Cependant, le sens réel de ce conflit dynastique était probablement la prééminence des intérêts pour le commerce avec l'Amérique entre les monarchies française et espagnole d'une part et les monarchies anglaise et hollandaise d'autre part. Voici deux extraits de La folie hollandaise qui l'attestent :

Todo se lo llevarían los ingleses y los holandeses y no serviría de nada aquel vasto mundo a los españoles a quienes ha costado tantos trabajos, tanta sangre y tantas vidas.
Les Anglais et les Hollandais emporteraient tout et tout ce vaste monde ne servira à rien aux Espagnols auxquels il a coûté tant de travaux, tant de sang et tant de vies.
Todos saben que los holandeses no desean sino enflaquecer la Monarquía de España, pues de ciento y cuarenta años a esta parte, su aplicación principal ha sido trabajar en su abatimientos.
Tout le monde sait que les Hollandais ne veulent qu'affamer la Monarchie espagnole puisque depuis 140 ans, sa principale application a été de travailler à son rabaissement.
Cessions territoriales par les traités d'Utrecht (1713)

Les traités d'Utrecht (1713) donneront alors raison aux deux partis. Les domaines européens de l'Espagne seront grandement réduits et partagés ente les différents pays : Minorque et Gibraltar pour l'Angleterre, la Sicile pour la France, Milan, Naples et la Sardaigne pour l'Autriche, la barrière flamande pour les Pays-Bas, etc. De plus, l'Espagne perd le monopole commercial avec l'Amérique. La conception territoriale devient très semblable à l'actuelle avec tous les territoires dépendants du même souverain, à l'exception de Minorque et des colonies américaines.

Bien que tant Philippe V que l'archiduc Charles aient des partisans dans les deux Couronnes, la majeure partie des castillans se décident pour le roi français et la couronne d'Aragon pour le prétendant autrichien. L'objectif du pari de l'Aragon (principalement en Catalogne) était un gain d'influence sur l'ensemble de l'Espagne par le biais de la couronne royale. En 1705, le parti apparemment gagnant était l'archiduc Charles et l'alliance qui le supportait. Il faut cependant ajouter l'expérience négative du joug français pendant les années 1641 à 1652, quand la Généralité s'était soumise volontairement à la France en nommant Louis XIII comte de Barcelone. Du point de vue castillan, en plus de considérer Philippe V comme l'option légitime, l'expérience des Habsbourg dans les aspects économiques et fiscaux n'était pas très bonne.

Après la défaite du prétendant autrichien à la succession, le roi Philippe V publie les Décrets de Nueva Planta. Ils sont publiés à mesure que ses troupes occupent les différents territoires qui ont appuyé le prétendant et sont différents pour chacun des territoires. Ils sont publiés pour l'Aragon et Valence en 1707[23], modifiés pour l'Aragon en 1711[24], publiés pour les Baléares en 1715[25] et publiés pour la Catalogne en 1716[26]. En général, dans ces décrets, pour punir la révolte, le roi abolit une partie des lois et droits particuliers de ce territoire sur lequel il considère avoir maintenant droit de conquête. Certains historiens pensent que de cette façon, le nouveau roi Bourbon pose les bases fondamentales d'un procédé d'unification politique, administrative et juridique de l'Espagne en appliquant aux Parlements (Cortes) les lois et coutumes de la Couronne de Castille à celle d'Aragon. Mais on ne peut oublier que ces décrets avaient des nuances et des effets différents dépendant du territoire (par exemple la Catalogne maintien son droit civil et une partie de ses lois et institutions tandis que Valence est obligée d'appliquer dans tous les cas les lois castillanes). Dans le cas de territoires comme le Val d'Aran, la Navarre ou les provinces vascongadas qui avaient maintenu leur loyauté au roi Philippe, leurs fueros sont maintenus.

Époque contemporaine

L'Espagne divisée selon le fond des géographes (Tomás López, 1757)

En 1802, après la Paix d'Amiens, l'île de Minorque est incorporée à l'Espagne et, pour la première fois, tout le territoire espagnol actuel est gouverné par le même parlement. Cependant, jusqu'à la reine Isabelle II, les rois d'Espagne continuent à utiliser tous leurs titres et la forme abrégée de Roi (ou Reine) des Espagnes et des Indes.

La constitution de 1808

La Constitution de Bayonne de 1808 est la première constitution promulguée en Espagne. Cependant, beaucoup d'historiens ne la considèrent pas comme une constitution mais comme une Charte octroyée puisqu'elle fut pratiquement imposée par Napoléon Ier.

C'est la première fois dans l'histoire d'Espagne qu'on établit que le roi utilisera seulement son titre abrégé.

Art. 4. En todos los edictos, leyes y reglamentos, los títulos del Rey de las Españas serán: D. N…, por la gracia de Dios y por la Constitución del Estado, Rey de las Españas y de las Indias.
Art. 4. Dans tous les édits, lois et règlements, les titres du Roi des Espagnes seront: D. N…., par la grâce de Dieu et par la Constitution de l'Etat, roi des Espagnes et des Indes.

Bien que cette constitution plaide pour la suppression des douanes intérieures, elle laisse cependant ce point en suspens en indiquant :

Art. 144. Los fueros particulares de las provincias de Navarra, Vizcaya, Guipúzcoa y Alava se examinarán en las primeras Cortes, para determinar lo que se juzgue más conveniente al interés de las mismas provincias y al de la nación.
Art. 144. Les lois particulières des provinces de Navarre, Biscaye, Guipuzcoa et Alava seront étudiées lors des premières Cortes pour décider ce qu'on juge le plus convenable pour l'intérêt de ces provinces et de la nation.

La Constitution de 1812

La Constitution espagnole de 1812, adoptée à Cadix alors seul territoire de l'Espagne non occupé par les troupes napoléoniennes, définit une organisation territoriale de l'Espagne en régions et provinces avec un certain degré de décentralisation administrative. Le gouvernement de l'État est organisé par les Diputaciones (préfectures) et les mairies et on prévoit le statut de Chef supérieur, désigné par le roi, auquel seraient confié le gouvernement politique des provinces et la présidence des mairies. C'est une exception du principe électif, une interférence du pouvoir central dans les institutions locales et un précédent de la figure de Gouverneur Civil (Préfet). Aux Cortes de Cadix sont représentées les provinces espagnoles, des territoires américains et des îles Philippines. Dans la constitution adoptée, les seigneuries juridictionnelles sont abolies et la division entre territoires de domaine royal et de domaine seigneurial disparaît.

L'application de ces deux constitutions fut de très courte durée.

Ferdinand VII et Isabelle II

Articles détaillés : Espagne des Lumières et Règne d'Isabelle II.

À son retour en Espagne, le roi Ferdinand VII utilisera tous ses titres en conservant comme formule abrégée Roi des Espagnes et des Indes. Sa fille, Isabelle II, sous la régence de sa mère, utilisera aussi tous ses titres jusqu'à la promulgation de la Constitution de 1837 dans le préambule de laquelle on peut lire :

Doña Isabel II, por la gracia de Dios y la Constitución de la Monarquía española, Reina de las Españas; y en su Real nombre, y durante su menor edad, la Reina viuda su madre Doña María Cristina de Borbón, Gobernadora del Reino.
Doña Isabelle II, par la grâce de Dieu et de la Constitution de la Monarchie espagnole, reine des Espagnes et en son Royal nom et pendant sa minorité d'âge, la Reine veuve sa mère Doña Maríe Christine de Bourbon, Gouverneur du Royaume…

La division provinciale de Javier de Burgos

Division provinciale de l'Espagne (V. Beckers, 1850)

En 1833, l'organisation en royaumes et principautés en vigueur jusque-là est remplacée par une organisation uniquement provinciale : dans l'article II du décret royal du 30 novembre 1833, on peut lire[27] :

  • La Andalucía, que comprende los reinos de Córdoba, Granada, Jaén y Sevilla, se divide en las provincias siguientes: Córdoba, Jaén, Granada, Almería, Málaga, Sevilla, Cádiz y Huelva.
  • El de Aragón se divide en tres provincias, a saber : Zaragoza, Huesca y Teruel.
  • El principado de Asturias forma la provincia de Oviedo.
  • Castilla la Nueva continúa dividida en la cinco provincias de Madrid, Toledo, Ciudad Real, Cuenca y Guadalajara.
  • Castilla la Vieja se divide en ocho provincias, a saber : Burgos, Valladolid, Palencia, Ávila, Segovia, Soria, Logroño y Santander.
  • Cataluña se divide en cuatro provincias, a saber : Barcelona, Tarragona, Lérida y Gerona.
  • Extremadura se divide en las de Badajoz y Cáceres.
  • El Reino de León en las de León, Salamanca y Zamora.
  • El de Murcia en las de Murcia y Albacete.
  • El de Valencia en las de Valencia, Alicante y Castellón de la Plana.
  • Pamplona, Vitoria, Bilbao y San Sebastián son las capitales de las provincias de Navarra, Álava, Vizcaya y Guipúzcoa.
  • Palma la de las Islas Baleares.
  • Santa Cruz de Tenerife la de las Islas Canarias.
  • L'Andalousie, formée par les royaumes de Cordoue, Grenade, Jaen et Séville est divisée en les huit provinces qui suivent : Cordoue, Jaén, Grenade, Almeria, Malaga, Séville, Cadix et Huelva.
  • Celui d'Aragon est divisé en trois provinces : Saragosse, Huesca et Teruel.
  • La principauté des Asturies forme la province d'Oviedo.
  • Castille-la-Neuve continue à être divisée en ses cinq provinces : Madrid, Tolède, Ciudad Real, Cuenca et Guadalajara.
  • Castilla-la-Vieille est divisée en huit provinces : Burgos, Valladolid, Palencia, Avila, Segovia, Soria, Logroño et Santander.
  • La Catalogne est divisée en quatre provinces : Barcelone, Tarragone, Lérida et Gérone.
  • L'Estremadure est divisée entre les provinces de Badajoz et de Cáceres.
  • Le royaume de León entre celles de León, Salamanque et Zamora.
  • Celui de Murcie entre celles de Murcie et Albacete.
  • Celui de Valence entre les provinces de Valence, Alicante et Castellón de la Plana.
  • Pampelune, Vitoria, Bilbao et Saint-Sébastien sont les capitales des provinces de Navarre, Alava, Vizcaya et Guipuzcoa.
  • Palma la capitale des îles Baléares.
  • Santa Cruz de Tenerife celle des îles Canaries.

La ley paccionada

Carte politique de l'Espagne ou on présente la division territoriale avec la classification politique de toutes les provinces de la Monarchie, selon le régime spécial commun dans ces territoires (Jorge Torres Villegas, 1852)

À la fin de la première guerre carliste, dans le traité de Vergara, le Général Espartero promet que les fueros de Navarre seront maintenus ou modifiés et non supprimés.

Le résultat final de cet engagement sera la Ley Paccionada[28] par laquelle la Navarre cesse d'être un royaume en devenant une province mais qui, comme province, conserve certains de ses privilèges.

Comme on peut le voir sur la carte, extraite de Cartografía hispano-científica o sea los mapas españoles : en que se representa a España bajo todas sus diferentes fases de D. Francisco Jorge Torres Villegas, imprimée á Madrid en 1852 et 1857, l'Espagne, en dépendant du régime spécial de ses provinces, pouvait être considérée comme l'union d'une Espagne uniforme ou purement constitutionnelle qui correspond aux anciens territoires de la Couronne de Castille, d'une Espagne Incorporée ou assimilée qui se correspond aux anciens territoires de la Couronne d'Aragon et d'une Espagne forale, formée par la Navarre et les provinces vascongadas (Biscaye, Guipuzcoa et Alava).

La Révolution de 1868

Après la révolution de septembre 1868 qui fut la cause de la déposition de la reine Isabelle II, on commence à utiliser officiellement le mot Espagne au singulier. Les pièces de monnaie de l'époque portent comme légende España[29].

Amédée de Savoie

C'est le premier roi qui emploie la dénomination officielle de Rey de España, c'est-à-dire roi d'Espagne. Avant lui, les rois employaient le titre de roi des Espagnes. Après lui, tous les rois conserveront son titre.

Histoire actuelle

En 1975, le Sahara espagnol est décolonisé et l'Espagne occupe alors son extension territoriale actuelle.

La Constitution espagnole de 1978 créa les Communautés Autonomes. L'État se décentralise progressivement en donnant des compétences à ces Communautés Autonomes.

Voir aussi

Bibliographie

  • Felipe V y los españoles. Ricardo García Cárcel.
  • Spain under the Habsburgs. Volume one: From Nation State to World Empire. John Lynch.
  • Spain under the Habsburgs. Volume two: Spain and America. John Lynch.
  • Las raíces medievales de Castilla y León. Julio Valdeón Baruque.

Notes et références

  1. Référence de la lettre du roi Alphonse a l'abbé de saint Martin de Tours [1]
  2. Doutes sur la pièce de monnaie du roi Sanche avec l'inscription Imperator. .[2]
  3. FUERO DEL HOSPITAL DEL EMPERADOR DE BURGOS [3]
  4. [4]
  5. Fita Colomé, Fidel. "Carta-puebla de Monterreal en la provincia de Pontevedra. Diploma inédito de los Reyes Católicos". Boletín de la Real Academia de la Historia, tomo 19 (1891), pp. 457-475. Publicación electrónica en 2005 de la Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes, Universidad de Alicante. Dirección web: [5]
  6. Los Reyes Católicos, reyes de España [6]
  7. Fiestas y espectáculos en las "Relaciones Góticas del siglo XVI" Page 22. [7]
  8. The World Factbook de la CIA [8].
  9. Le droit des royaumes. Page 75 du PDF [9]
  10. Actas de las Cortes de Santiago y La Coruña de 1520 [10]
  11. Voir les détails de l'écu d'or de Charles Ier [11]
  12. REPERTORIO ICONOGRÁFICO Y SENTIDO ICONOLOGICO DE LAS PINTURAS [12]
  13. Lettre de Charles Ier informant le conseil de Lorca de sa décision de renoncer au trône en faveur de son fils
  14. Instrucciones de Carlos V a Felipe II (Palamós, 4 de mayo de 1543) [13]
  15. 2 REALES DE FELIPE II [14]
  16. Intervención de José Antonio Labordeta en el Debate de investidura de Aznar.[15]
  17. Pages 18, 19 et 20 de [16]
  18. Martín Sanz, Francisco. "La Política Internacional de Felipe IV", Segovia 1998, Depósito Legal SG-42/1.998. Version web: http://latindex.com/cultura/FelipeIV/index.htm
  19. Página 18, avant dernier paragraphe de [17]
  20. El fet Català. Pierre Vilar.1983 [18]
  21. Pacto de Génova Pacto de Génova
  22. Gil, Vicent. "Rectors, maultes i militars", Mayo de 2000, Villarreal. Revista de Vila-real "CADAFAL". Dirección web: http://vila-real.com/cadafal/maig00/rectors.htm .
  23. Derogación de los fueros de Aragón y Valencia y su reducción a las leyes y gobierno de Castilla. Pages 20 et 21 de [19]
  24. Establecimiento de un nuevo gobierno en Aragón y planta interina de su Real audiencia de Zaragoza . Page 22 de [20]
  25. Establecimirnto y planta de la Real audiencia de Mallorca. Page 23 de [21]
  26. Establecimiento y nueva planta de la Real audiencia de Cataluña. Pages 23 et 24 de [22]
  27. Real Decreto de 30 de noviembre de 1833 (ES) Real Decreto de 30 de noviembre de 1833 (ES)
  28. Ley Paccionada de 16 de agosto de 1841 [23]
  29. MEDALLA-MONEDA DE 25 MILESIMAS DE ESCUDO GOBIERNO PROVISIONAL (1868 – 1870) en [24]

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