Fondation Rockefeller


Fondation Rockefeller

La Fondation Rockefeller est une fondation caritative privée, dotée du statut fiscal 501c3, fondée par John Davison Rockefeller et Frederick T. Gates pour « promouvoir le bien-être de l'humanité dans le monde ». Sa charte a été approuvée le 14 mai 1913 par le gouverneur de New-York William Sulzer. La fondation, dont l'actuelle présidente est Judith Rodin (ancienne présidente de l'université de la Pennsylvanie), est basée à New York.

Sommaire

Histoire

Gardant le souvenir du conseil que lui avait donné sa mère, le magnat du pétrole John D. Rockefeller créa en 1913 la Fondation Rockefeller, destinée à promouvoir le progrès scientifique dans tous les pays du monde. Celle-ci permit à l'époque de développer les écoles noires dans le sud des États-Unis[1]. La division « Humanités » fondée en 1928 encourage la préservation des archives[1]. Du vivant de Rockefeller, la Fondation soutint officiellement les Républicains et fut vivement anticommuniste[1].

Après le massacre de Ludlow (avril 1914), la Fondation crée le Département des relations industrielles, visant à mieux comprendre les mouvements sociaux. Le département est présidé par William Lyon Mackenzie King, qui sera à plusieurs reprises Premier ministre du Canada.

Dans les années 1930, la Fondation, qui avait commencé à financer de plus en plus d'infrastructures liées aux sciences sociales, en créant entre autres le Social Science Research Council, rachète le Centre de documentation sociale (CDS), créé en France par le mécène Albert Kahn, et situé rue d'Ulm, dans les locaux de l'Ecole normale supérieure (ENS) [2]. Mais le CDS cesse ses activités en 1941, et ses fonds sont dispersés (la plupart étant conservés à la BDIC de Nanterre).

En 1940 est créé le Rockefeller Brothers Fund, indépendant de la Fondation Rockefeller : il distribue des aides financières aux institutions culturelles de New York telles que le MoMA, le Metropolitan Museum of Art ou le Lincoln Center[3].

En 1952, c'est John Davison Rockefeller III (1906-1978) qui préside la fondation : il décide de l'orienter vers la culture en aidant les presses universitaires, les universités noires, le théâtre expérimental et la musique symphonique[1]. Il investit notamment dans le Lincoln Center de New York.

La Fondation aujourd'hui

À sa création en 1913, la fondation a été dotée d'environ 250 millions de dollars. En 2001, la valeur sur le marché de ses dotations était de 3,1 milliards de dollars, en 2007 de 4,7 milliards de dollars. Au cours de son histoire, la fondation s'est investie dans le monde entier, en particulier dans les domaines de la santé publique, de l'éducation médicale, de l'innovation scientifique, des sciences sociales et des arts.

La division internationale pour la santé de la fondation s'est investie dans la lutte contre diverses maladies dans plus de 52 pays et 29 îles sur tous les continents. Elle a porté devant l'opinion publique internationale la nécessité d'agir dans les domaines de la santé publique et de l'hygiène. Les travaux de recherche qu'elle a financés sur la malaria, la fièvre jaune et l'ankylostome ont permis de développer les techniques de base pour lutter contre ces maladies et d'établir les schémas directeurs des services de santé publique moderne. La fondation a également créé et doté la première école d'hygiène et de santé publique à l'Université Johns Hopkins de Baltimore, et a dépensé plus de 25 millions de dollars pour développer des écoles de santé publique aux É.-U. et dans 21 autres pays.

Dans le domaine de l'agriculture, son programme de développement agricole mexicain à partir de 1943 donnera naissance au Centre international d'amélioration du maïs et du blé qui a contribué à ce qui sera appelé la Révolution verte. Elle a également fortement contribué au financement de l'Institut international de recherche sur le riz au Philippines.

Dans le domaine des sciences et de l'innovation, des milliers de scientifiques et d'étudiants du monde entier ont bénéficié de bourses de la fondation. Elle a contribué à la création de nombreux instituts et laboratoires de recherche.

Critiques

En 2003, la Fondation Rockefeller finance en partie le film militant La Quatrième Guerre mondiale[4] faisant la promotion des violences urbaines auprès des jeunes[non neutre]. Certains[Qui ?] y voient un moyen indirect pour promouvoir des politiques sécuritaires et répressives.

Notes et références

  1. a, b, c et d Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2070779319), p.297
  2. Claude Viry, La documentation un outil pour la paix. Albert Kahn, banquier philanthrope, revue Inter CDI n°97
  3. Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2070779319), p.300
  4. Cf le générique de fin du film

Liens externes


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