Florence Cassez


Florence Cassez

Florence Cassez

Florence Cassez
Nom de naissance Florence Marie-Louise Cassez Crepin
Naissance 1974
Béthune
Décès Date
Nationalité France France
Pays d'accueil France France

Florence Marie Louise Cassez Crepin[1] (née à Bethune[2] en 1974[3]) est une Française condamnée à soixante ans de prison par la justice mexicaine pour enlèvement, séquestration, de délinquance organisée et possession d'armes à feu. Elle est emprisonnée au Mexique à Tepepan.

Sommaire

Biographie

Florence Cassez est née à Bethune (Pas-de-Calais)[2]. Elle est la fille de Bernard Cassez et de Charlotte Crepin[4].

L'affaire

Résumé chronologique :

  • août 2003 : elle arrive pour des vacances au Mexique où son frère a monté une entreprise quelques années auparavant, puis elle travaille dans un grand hôtel de la capitale ;
  • octobre 2004 : Elle rencontre Israël Vallarta[5]. Il a reconnu dix enlèvements et un meurtre[6] et est présenté aujourd'hui comme le kidnappeur en chef de la bande du « Zodiaque » ;
  • 8 décembre 2005 : arrestation dans un ranch à une cinquantaine de kilomètres de Mexico en compagnie d’Israël Vallarta ;
  • 9 décembre 2005 : après une mise en scène de la police pour reconstituer l’arrestation sur deux chaînes de télévision TV Azteca et Televisa, elle peut dénoncer en direct le montage de son arrestation mettant ainsi dans l’embarras Genaro García Luna aujourd’hui secrétaire d’état à la sécurité. Le même jour la police lui évoque Eduardo Margolis réputé proche de la police ; proche des gangs ; proche du Mossad. Florence évoque « Il était en affaire avec mon frère Sébastien, ça s'est mal passé. » L’avocat d’Israël Vallarta va plus loin : « Il y a la marque Margolis derrière tout cela. Il cherche à la fois à se venger de Sébastien Cassez et d’Israël Vallarta qui venait de prendre ses distances avec lui. » Toute cette histoire est évoquée dans l’hebdomadaire mexicain de gauche à fort tirage Proceso[7] ;
  • 11 février 2006 : elle réussit à prendre la parole de sa prison par un appel téléphonique en direct dans l'émission Punto de Partida. Genaro García Luna, secrétaire d'État, reconnait en direct la mise en scène et s'en excuse « C'était une reconstitution pour les médias » ;
  • 18 mois d’audiences, de la première audience le 15 février 2006 à octobre 2007 ;
  • 25 avril 2008 : condamnée au total à 96 ans de prison pour 4 enlèvements (4 fois 20 ans), association de malfaiteurs (8 ans), possession d'armes (4 ans) et de possession de munitions (4 ans)[8]. Ces peines n'étant pas cumulables, seule la peine la plus forte est retenue : soit 20 ans[9] ;
  • 7 mai 2008 : les parents de Florence Cassez sont reçus à l’Élysée par Nicolas Sarkozy ;
  • 13 juin 2008 : Cristina Ríos Valladares, enlevée le 19 octobre 2005 avec son mari et leur fils, et séquestrée avec son fils, pendant 52 jours, jusqu'au 9 décembre 2005, publie un long témoignage dans le quotidien La Jornada[10] ;
  • 26 juin 2008 : la cour suprême mexicaine a rejeté le pourvoi de Florence Cassez pour des raisons techniques car l’affaire a déjà été examinée par un juge puis un tribunal ;
  • sur intervention de Nicolas Sarkozy, Me Frank Berton, avocat dans l'affaire d'Outreau, est désigné par la justice française pour suivre ce dossier[11] ;
  • 26 décembre 2008 : au parlement français, 168 députés dont 3 anciens Garde des Sceaux réclament la libération de Florence Cassez[12],[13] ;
  • 4 mars 2009 réduction de sa peine de 96 à 60 ans d'emprisonnement[14] ;
  • 4 mars 2009 : l'avocat Me Frank Berton accuse Genaro García Luna d'être à l'origine de la condamnation de Florence Cassez car il joue sa survie politique. Il accuse la sœur d'Israel Vallarta d'être coauteur des enlèvements et de ne pas être inquiétée par la police mexicaine : il s'étonne qu'alors que la police visite la maison où vit la sœur d'Israel Vallarta, des otages reconnaissent leur lieu de détention mais que la police ne pose aucune question à cette sœur (qui ressemble beaucoup à Florence Cassez) et qui reste en liberté[15] ;
  • 9 mars 2009 : Florence Cassez doit purger sa peine au Mexique, estiment les associations des familles de victimes d'enlèvements[16]. Le site Web sedcontra.fr publie, dans son numéro 47 daté de mars 2009, un tribune d'Emmanuel Barbier, titrée « Une manipulation exemplaire, cautionnée par le Président », dans laquelle il s'élève contre le silence qui, selon ses vues, serait fait en France sur des zones d'ombre dans les actes commis par Florence Cassez avant son arrestation et sur certains témoignages comme celui de Cristina Ríos Valladares[17] ;
  • 9 mars 2009 : les présidents français (Nicolas Sarkozy) et mexicain (Felipe Calderón), annoncent, lors d'une conférence de presse commune, qu'une commission binationale[18], composée d'experts désignés par les ministères des Affaires étrangères des deux pays, aura pour tâche d'examiner la portée de la Convention sur le transfèrement des personnes condamnées (dite « Convention de Strasbourg ») du 21 mars 1983 ;
  • 12 mars 2009 : le président mexicain, Felipe Calderón, assure, dans un entretien télévisé, qu'il a demandé à Nicolas Sarkozy que la France s'engage à ce que la peine infligée à Florence Cassez par la justice mexicaine soit effectivement purgée — « Yo dejé claro al presidente Sarkozy que Francia tiene que garantizarnos que esa mujer no burle la acción de la justicia mexicana por el hecho de trasladarse [a su país de origen] » — et souligne qu'il n'existe aucune garantie, pour le moment, qui justifierait que soit donnée l'autorisation de transfèrement en France de Florence Cassez — « [...] no existan esas garantías evidentemente no otorgaremos la autorización [de la repatriación] »[19] ;
  • 12 avril 2009 : L'avocat de Florence Cassez déclare qu'il est prêt à demander à la France de saisir la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye si le Mexique refusait le transfèrement de sa cliente, prévu par une convention internationale[20] ;
  • 13 mai 2009 après l'arrestation; début mai; de David Orozco un des membres présumés du gangs des kidnappeurs celui-ci a affirmé lors de l'enquête que Florence Cassez dirigeait la bande avec Israël Vallarta. Selon David Orozco Florence Cassez avait pour tâche de toucher les rançons et de préparer les enlèvements. Florence Cassez ayant été jugée, ce nouvel élément ne peut alourdir sa peine mais remettre en cause son rapatriement. Le risque accru de contagion de grippe A en milieu carcéral a été évoqué début mai auprès du président Nicolas Sarkozy pour hâter son rapatriement[21] ;
  • 23 juin 2009 Felipe Calderon annonce à la télévision Mexicaine que Florence Cassez purgera sa peine (ramenée en appel à 60 ans de prison) au Mexique. Il indique de plus que les conditions qui lui permettraient d'être transférée ne sont pas réunies.
  • 12 septembre 2009 Florence Cassez intervient sur France 5 en direct dans Revu & Corrigé de Paul Amar.
  • 24 septembre 2009 Ingrid Betancourt lors de la remise du Prix du courage au féminin décerné par Radio Canada et remis par la Gouverneure générale du Canada a lancé un appel pour la libération de Florence cassez qu' elle a appelé sa soeur Florence.[22]

La « convention de Strasbourg » sur le transfèrement des personnes condamnées

Le 9 mars 2009, en clôture de la visite officielle du président français Nicolas Sarkozy au Mexique, les présidents français et mexicain (Felipe Calderón), donnent une conférence de presse commune, comme il est habituel en pareil cas, pour évoquer les questions bilatérales. Ils annoncent notamment la création d'une « commission binationale » (selon les termes employés par les médias mexicains) ou « groupe de travail juridique franco-mexicain » (selon les termes employés par les médias français), groupe qui, selon les termes employés par Nicolas Sarkozy, « se donnera trois semaines pour trouver une solution qui permette de préserver les intérêts de la justice mexicaine, de la justice française, les intérêts des victimes et le droit de chacun, même s'il a été condamné, à se voir respecter dans l'application des droits qui sont les siens »[23] et aura pour tâche d'examiner la portée de la Convention sur le transfèrement des personnes condamnées [24] ouverte à la signature à Strasbourg le 21 mars 1983.

Cette convention ne prévoit pas de possibilité de refuser le transferement au prétexte de manque de garanties de la part du pays d'exécution (en l'occurence la France). Tout au contraire, l'article 12 de cette convention prévoit que "chaque Partie peut accorder la grâce, l'amnistie ou la commutation de la peine conformément à sa Constitution ou à ses autres règles juridiques.". L'article 13 prévoit que la révision du jugement ne peut être faite que par le pays de condamnation (en l'occurence le Mexique)

Du côté français, cette convention a été signée le 27 avril 1983, ratifiée le 11 février 1985 et est entrée en vigueur le 1er juillet 1985, tandis que le Mexique, État non membre du Conseil de l'Europe, a adhéré à la convention le 13 juillet 2007 et que celle-ci y est entrée en vigueur le 1er novembre 2007[25].

S'agissant du protocole additionnel à la Convention sur le transfèrement des personnes condamnées, du 18 décembre 1997, celui-ci a été signé par la France le 10 février 1998, ratifié le 10 janvier 2006 et est entré en vigueur le 1er mai 2006, tandis que le Mexique n'a ni signé ni ratifié ce protocole jusqu'à présent et n'est donc pas engagé par cet accord international[26].

Notes et références

  1. « Reducen pena a francesa condenada por secuestro » de Francisco Gómez El Universal le 3 mars 2009.
  2. a  et b « Au Mexique, vingt ans de prison pour Florence Cassez » de Olivier Tartart et Christian Larivière dans La Voix du Nord le 27 avril 2008.
  3. 31 ans lors de son arrestation en Décembre 2005 : Dossier: Affaire Florence Cassez, nordeclair.fr.
  4. « Reducen sentencia de 96 a 60 años a francesa acusada de secuestro », Notimex , dans La Jornada le 3 mars 2009.
  5. Source : Marie Huret, « Florence Cassez, toujours prisonnière au Mexique », L'Express n° 2995, 26 novembre 2008, p. 128.
  6. Source : É. D., « Condamnée sur de si faibles charges.. », La Voix du Nord, 1er juin 2008.
  7. Voix du Nord 3 juin 2008.
  8. « Mexique - Florence Cassez fait appel de ses 96 ans de prison », LCI.fr, 29 avril 2008.
  9. « Florence Cassez, condamnée à 20 ans de prison au Mexique, clame son innocence », Liberation.fr, 28 avril 2008 : « Florence prend une peine par chef d'accusation. Le montant total des années de prison est de 96 ans. Mais ces peines ne sont pas cumulables, on prend donc la peine la plus forte et celle-ci est de 20 ans. »
  10. Source : (es) Cristina Ríos Valladares, « Florence Cassez es secuestradora, no víctima », La Jornada, 13 juin 2008. Une traduction française de cette lettre de Cristina Ríos Valladares est donnée dans l'article « Florence Cassez... Aussi innocente que le voudraient les médias français ? », par « Marshmallow », 12 mars 2009, sur le site LePost.fr.
  11. Patrice Gouy, « Florence Cassez crie son innocence dans une prison mexicaine », La Croix, 17 novembre 2008.
  12. Page « Soutien à Florence Cassez », non datée, sur le site d'André Flajolet, député UMP du Pas-de-Calais.
  13. H.S., billet « L'affaire Florence Cassez, c'est un genre d'Outreau », sur le blog LibéLille, 12 décembre 2008.
  14. Dépêche « Mexique: la peine de Florence Cassez réduite de 96 à 70 ans de réclusion », Agence France-Presse, 3 mars 2009.
  15. interview sur BFM TV émission de Karl Zero le 4 mars 2009.
  16. Dépêche « Florence Cassez doit purger sa peine au Mexique, estiment les associations », Agence France-Presse.
  17. Source : Emmanuel Barbier, « Une manipulation exemplaire, cautionnée par le Président », SedContra.fr n° 47, mars 2009.
  18. Sources : articles (es) « Acuerdan Francia y México comisión binacional para asunto Cassez » (9 mars 2009), sur le site LaJornada.unam.mx, lié au quotidien La Jornada ; (fr) dépêche « Mexique/France: création d'une commission pour discuter de l'extradition d'une citoyenne française  » (10 mars 2009), sur le site français de l'agence Xinhua.
  19. Source : articles (es) « Florence Cassez no se irá sin la garantía de que purgará su condena: Calderón » (12 mars 2009), sur le site Milenio.com, lié au quotidien Milenio ; (es) « Cassez debe cumplir condena en caso de extradición: Calderón » (12 mars 2009), sur le site El Universal.com.mx, lié au quotidien El Universal.
  20. Article du Monde.fr daté du 12 avril 2009.
  21. Dépêche AFP mercredi 13 2009 07h49.
  22. Voix du Nord du 26 septembre 2009
  23. Source : extraits d'une dépêche de l'Agence France-Presse, rapportés le 9 mars 2009 dans le billet « Ho Florence, ils ont trouvé... », sur le blog de Laurent Epailly, avocat au Barreau de Montpellier.
  24. texte intégral de la convention sur le site officiel http://conventions.coe.int/Treaty/Commun/QueVoulezVous.asp?NT=112&CM=8&DF=29/08/2009&CL=FRE
  25. Voir, sur le site Web du Conseil de l'Europe dédié aux conventions internationales :
  26. Voir, sur le site Web du Conseil de l'Europe dédié aux conventions internationales :

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