Fize-Le-Marsal


Fize-Le-Marsal

Fize-le-Marsal

Fize-le-Marsal (en wallon Fize-li-Mårsale) est une section de la commune belge de Crisnée située en Région wallonne dans la province de Liège.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Sommaire

Le village

Situation

Depuis la fusion des communes en 1963, Fize-le-Marsal forme avec Thys, Crisnée, Odeur et Kemexhe, l'entité "CRISNEE" qui s'étend sur une superficie de 1.683 hectares pour une population d'environ 2.300 habitants. Pour sa part, au dernier recensement, Fize comptait 585 âmes et sa superficie, à partir de 1874, - date à laquelle le "hameau" de Thys lui a été adjoint - a été portée à 379 ha 10 ca.

Le village a trois frontières (approximatives) naturelles : l'autoroute E40 Liège-Bruxelles au sud, la Chaussée-verte à l'est et la grand-route Liège-Saint-Trond au nord. Ainsi, situé au nord-ouest de la province de Liège et à un jet de pierre de la frontière linguistique, Fize-le-Marsal se trouve à 8,888 km de Tongres, à 10 km de Waremme, à 11 km de Hollogne-aux-Pierres et à 16 km de Liège, à 5 minutes de la gare d'Ans et un quart d'heure de la gare des Guillemins. Fize appartient à l'arrondissement administratif de Waremme, à l'arrondissement judiciaire de Liège, au canton de justice de Paix de Hollogne-aux-Pierres. Il relève du diocèse de Liège et du doyenné de Waremme. Le village de Fize est mitoyen à huit villages: Odeur, Kemexhe, Momalle, Lens-sur-Geer, Oreye, Hodeige, Thys, et Crisnée où se trouvent regroupés les services communaux.

L'altitude de Fize, mesurée au seuil de l'église, est de 139 mètres, sensiblement la même au lieu-dit Busaifosse, au Lycée de l'Etat et au Château-d'Eau. Le point le plus élevé du village se trouve à la limite de Kemexhe, dans la campagne, à l'est du tilleul où l'altitude atteint 143 mètres. Les lieux-dits "Fond de Momalle" et "Fond d'Oreye" justifient leur nom avec leurs 120 mètres. Au total, le relief de Fize, on peut le qualifier d'ondulé et relativement plat. Jadis, l'agglomération se limitait au triangle "Marsale - Tilleul - Marronnier". Vu de haut, le dessin des rues actuelles montre les mêmes trois carrefours : la place de la Marsale, le rond-point du Piron et l'Y du tilleul à l'autre bout de la rue principale.

Depuis un demi-siècle, à partir de l'après-guerre et particulièrement durant cette dernière décennie, le patrimoine immobilier de Fize s'est sensiblement renforcé, par douzaines d'habitations, villas ou bungalows, en quatre pôles centrifuges de constructions neuves dans les rues menant aux villages circonvoisins, mais le "centre" du village s'est également fort étoffé. C'est en direction du nord que la physionomie de Fize s'est le plus nettement modifiée, non seulement par l'édification de nombreuses maisons et villas mais par l'important complexe scolaire de la Communauté française et la construction d'une piscine, une plaine de jeux avec piste d'athlétisme, des terrains de volley et handbal, d'un hall omnisports. Il y a moins d'un siècle cette "rue de Crisnée" était déserte, c'était la pleine campagne, sans éclairage le soir, battue par les vents d'ouest, cinglée en hiver par les bises, et les congères accumulées rendaient pénible toute sortie de Fize ! À propos de la circulation, il faut noter le comblement de l'étang de la Marsalle et son remplacement par un îlot directionnel, la suppression de tous les sentiers, l'asphaltage des rues et accotements et dans les champs l'ouverture des "chemins de remembrement". L'examen des cartes, et singulièrement de la plus ancienne, celle de Ferrari datant de 1775, permet de mesurer les changements intervenus, cependant que bien de vieilles habitations sont toujours là, les grosses fermes notamment qui constituaient le fonds et l'ossature du village de Fize-le-Marsal. (HER) (CHR)

Noms du village

FIES - FIS - FYES - FISE - FIZE.

"Ce sunt les terres de FIES. S'en gisent XVIII verges grandes demi verge petite en Bodribonier. Item XIIII verges grandes et demi verge petite a la Tumbe.

Item XI verges grandes III et quartes petites moins a paisial de Puchues (Pousset). Item XI verges grandes et VII verges petites et une tierce a la voie de Cumehe (Kemexhe). Item IX verges grandes VI verges petites moins deleis le terre ke Johans d'Odor (Odeur) vendit ceans de Sain Jehan. Summe II boniers et XVIII verges grandes. De chu doit om rabatte XIII verges grandes ke on nos at rescos dont nos avons rechut l'argent et conteit a nos maistres. Item uns boniers en une pièce al entree de FIEZ sor le Chaucie. Summe del terre de Fies III boniers et XVIII (verges grandes) et XIII petites. Summe de tre, fans III sols et VI deniers. S'es rent om a le glise de Mumale (Momalle) le for de bon diurs III sols et I denier et a la tort de Sain Dynis VI deniers a la Saint Andrien de che a ons rescos le tierce part de II boniers de terre ki movoient del glise de Momale ki rendoient III sols par an, si ke li amoine ne doit ke II sols par an et I denier por les XVIII verges ki desor sunt nomees."

Ces extraits, - langue et orthographe françaises ont fortement évolué depuis !- les plus anciens qu'on ait trouvé où figure le nom de Fize-le-Marsal, ont été tirés du "Bulletin de la Commission royale de Toponymie et Dialectologie" (XLIII, 1969, pp 116 et 117, fo 21 r°.) Mais il a également été rencontré ailleurs les mentions suivantes: - en 1005: FIES (Collégiale Sainte-Croix, I.p2) - en 1188: ecclesiae de FIES (AELg, Sainte-Croix, cart. A) - en 1331: FIS (Collégiale Saint-Jean 46,19) - en 1596: FYES (Collégiale Saint-Jean 6,136) (exemples cités par feu Jules HERBILLON dans "Toponymes hesbignons")

L'ancienne édition du "Dictionnaire des communes belges" signalait que certains, juste avant la guerre 1940-1945, écrivaient encore ... FISE-le-MARSAL : preuve que l'orthographe que nous utilisons aujourd'hui n'était pas encore définitivement ancrée! C'est en 1946 que le Conseil communal liégeois décida de changer l'accent aigu en accent grave pour l'orthographe du nom de leur ville. Liège devint donc Liège. Il n'a été trouvé aucune trace d'une telle décision pour Fize dans les registres communaux...

Étymologie

LA MARSALLE Jadis, il y a sept siècles, le village de Fize-le-Marsal était divisé en deux seigneuries: celle de "Fiez-le-Mont", et l'autre appelée "la Marcelle", ou encore "elle Vaux". (Bormann, cart. Saini Denis, dans BCRH 1872, p. 78, a°1281) Il y avait donc les maisons du haut, et le groupe des maisons d'en-bas, aux alentours de la mare (le flot)celui de la Marcelle. Par suite de déformations successives dans la prononciation locale de ce mot, "Marcelle" -qui vient du diminutif germanique "MARKELLA" signifiant limite ou borne - est devenu MARSAL et, plus tard, le surnom de cet endroit sera adjoint au nom du village pour lui donner sa dénomination actuelle de "Fize-le-Marsal". En wallon: Fîze-li-Mârsale. Ce nom "Marsal" n'est pas une exclusivité de chez nous... Sous cette forme ou d'autres, on le rencontre, en Hesbaye ou ailleurs, mais partout il revêt la signification similaire de limite ou borne. Voici quelques exemples tirés des toponymies d'Odeur et Kemexhe, (par Jules Herbillon) : aux Awirs : âs mârsales, soit aux limites de Saint-Georges; La Marcelle : ruisseau limite entre Jehay-Bodegnée et Flône,/ Marchelle aussi à Merdorp; "à la marsalle" à Trognée,/ à la chavee del marsalle, entre Petit-Hallet et Thisnes,/ "en la Marcelle", à Rosières et à Jauchelette,/ "door de Marcellestraat" jadis à Montenaeken,/ on trouve une rue Haute-Marcelle à Namur./

L'orthographe du nom de Fize-le-Marsal a varié plusieurs fois dans le cours des siècles. On a écrit d'abord FIES comme on peut le voir dans la pièce de 1255 qui est le plus ancien document transcrit dans nos registres d'après le registre de Ste-Croix. Sur la grande pierre tombale qui se trouve actuellement devant la porte d'entrée de l'église et qui date de la 1 ère moitié du XIVe siècle, on lit FIIEZ. On a aussi écrit : Fise-le-Marsal, Fize-le-Marsalle, le Marsale, Fieze le Marsalle, Fieze le Marsale, Fieze le Marchai. Nous en passons. Nous ignorons aussi à quelle époque on a ajouté -LE-MARSAL (MARSALLE) au nom qui était d'abord FIES, ou FIIEZ, ou FISE, ou FIZE. Le vieux curé Hannosset traduisait en latin : FIIEZIA. La pièce de 1255 citée plus haut parle de "Villa de FIES". Il y avait à Fize au moins une villa romaine. Toutefois, ce nom de villa, peut être seulement celui d'une grande ferme. Sur le point de savoir à qui revient le meilleur droit au titre de ville, naguère la partie du village de Fize avoisinant l'église s'appelait encore "la ville".

L'orthographe actuelle est FIZE-LE-MARSAL. On n'en connaît pas l'étymologie. On a bien proposé la suivante : Fize aurait été l'endroit où l'on payait au fisc, du temps des Romains, certain droit sur le sel, et d'aucuns ajoutent que cette perception se tenait dans la salle d'œuvres du presbytère qui n'existait pas encore. De là, on aurait dit : Fiscus de Mare Salis. Cette hypothèse témoigne d'une imagination fertile. Albert Carnoy a un autre avis: "Le nom Fisenne est à rapprocher des deux villages Fize. De même on trouve Fies comme graphie médiévale de Fize. La diphtongue IE dans ce radical permet de fournir le germanique FIUHTJON "sapin", comme son prototype. Le sapin n'est pas indigène dans nos régions, mais il y est planté depuis des époques très reculées. D'ailleurs, la toponymie a conservé pas mal de noms empruntés au sapin: Turnhout,..." (Edit. Universalis, 1948) Dans la partie du village qui s'appelle la MARSALE, à l'endroit même où le curé d'Heure-le-Romain a bâti sa maison de retraite, il y avait un grand fossé planté d'arbres qui s'appelait la Marsale. N'est-ce pas là une piste pour le chercheur d'étymologie. Il y aurait bien une explication à ce complément de Fize, tel qu'il était jadis, au féminin. La voici telle que la propose un autre linguiste : "-la-Marsale" résulterait tout simplement de la contraction des deux "mare sale", rapport à la mare dont les eaux n'étaient guère propres.

Les rouâs ou ruisseaux

Il ne s'agit d'aucune rivière à Fize, ni même du plus infime ruisseau. Du moins aujourd'hui. Il existait sans aucun doute quelque chose dans le genre jadis, mais comment savoir la nature et l'importance des "riwechiau, riwe, riwetea, reu, riwa, roua" qu'on cite dans de vieux documents des XVe et XVIe siècles ? En 1414 : "6 verges asseis près de Riwechiaus de Fies..." En 1549: "Riwetea qui vientt du fon de Momale..." En 1550: "6 verges asseis près de Riwe de Fyes..." En 1568: "près du reu de Fyes (venant de Buzêfosse)..." En 1592: "6 verges emprès le Riwa de Fyes..."

On peut supposer que dans ces mentions, il s'agit du même ruisseau, qu'il vient du "Fond de Momalle", et qu'il traverse Fize. On peut difficilement le confondre avec le "Kemexhe" qui prenait sa source à Freloux, passait à Crisnée et se dirigeait vers Thys. Plus tard, sa source étant tarie, ce même "Kemexhe" s'alimentera des eaux de ruissellement fizoises du Tièr de Crisnée et de l'Aywisse et, accessoirement, des eaux résiduaires de la râperie.

Dans l'histoire "Des gens et des choses" de Crisnée apparaissent deux "cours d'eau" - le "riweteau des beghines", un peu à l'ouest du carrefour des "Trois-Croix"; - le "riweteau des bommes", entre la rue de Favray et le château Prosmans. L'un et l'autre devaient venir du N-O de Fize, sans doute des environs de l'actuel château-d'eau, et ils descendaient la pente naturelle vers le village de Crisnée. sans obstacle aucun car, à cette époque lointaine, le remblai de la chaussée Liège-Bruxelles n'existait pas. Ces deux "riweteaus" étaient affluents du "Kemexhe" dans le Sart à Crisnée. Mais où était leur source ?

Dans d'autres documents se rapportant à Fize, on cite, par exemple en 1742: "au grand roua", et encore "entre deux rouas". Preuve de leur existence. S'agissait d'authentiques ruisseaux ? Dans le temps, et aujourd'hui encore en beaucoup d'endroits, lorsqu'on parle d'un ru sans importance on qualifiait de "rouâ", indifféremment, un vrai ruisseau issu d'une source, et tous les vulgaires fossés ou horrais où s'accumulaient les eaux de ruissellement que la terre argilo-limoneuse des campagnes hesbignonnes n'absorbait pas. Sous l'Ancien régime, tous les villageois - non seulement les riverains! - étaient astreints, entre autres corvées collectives, au curage des rigoles, horês de drainage et rouas, sans quoi les chemins de campagne et les rues du village (en terre), labourés d'ornières, se seraient transformés en marécages infranchissables.

Aujourd'hui, les problème des eaux n'existe plus à Fize: le remblaiement du flot de la Marsale et la pose d'égouts l'ont résolu à la satisfaction générale. Dans les campagnes, la construction des chemins de remembrement a bouleversé l'écoulement des eaux de ruissellement. L'édification de bassins d'orage, le long de l'autoroute par exemple, évite l'inondation de larges superficies de terres arables. Tous ces travaux d'infrastructure contribuent non seulement à l'amélioration de la vie quotidienne mais modifient la physionomie du village. (Le journaliste a eu gain de cause.) (MEU : Chr. J.C. oct. 1919)

Les rues de Fize

La voirie a été de tous temps le grand souci des édiles communaux par ses implications de création, entretien, élargissements et emprises, surtout si s'y ajoutent les conséquences budgétaires et les contestations entre riverains. Ainsi il a fallu trancher en 1907 entre les observations du Ministère de l'Agriculture à Bruxelles et la Députation permanente de Liège pour décider si les chemins 1, 4 et 9 auraient un nouveau revêtement en grès dur ou en petit granit moins onéreux. De son côté, le Conseil communal dut prendre parti contre un riverain qui exigeait une largeur de rue de 7,88m pour un autre qui préférait une rue large de 8,10 mètres. Le village de Fize comptait vers 1925 14 rues et autant de sentiers faisant office de raccourcis piétonniers. En ce début du XXIe siècle, tous les chemins sont macadamisés et les sentiers ont disparu de la carte. Parallèle à la récente autoroute E40, un long chemin issu du remembrement des terres arables suit en longue ligne droite les ondulations du terrain. (CHR)

Le marronnier

Le village hesbignon de Fize-le-Marsal s'aligne presque en entier le long d'un antique chemin, la "Voie Royale" de St-Trond à Liège. L 'entrée de l'agglomération est marquée au Sud-Est par un tilleul, au Nord-Ouest par un marronnier. Ce sont deux vieux arbres qui, sans être archi-centenaires, datent de la fin du XVIIIe siècle.

Le second de ces arbres, le marronnier, est menacé par un plan de voirie : raccorder la voie royale au sortir du village vers Oreye par des pans coupés à un chemin qui la traverse venant de Hodeige et se dirigeant sur la mare de Fize-le-Marsal et sur Kemexhe. Or, le pan coupé de ce dernier chemin, et dans la direction d'Oreye, serait, selon le Conseil communal, tout indiqué en suivant la pente charretière et le pignon de la ferme de M. Mercier, en renversant son hangar et... le vieux marronnier. Cela ne peut être.

Ce vieil arbre est un monument historique à respecter, et par son âge et par son site. C'est, en outre, une ancienne borne territoriale, avec, à ses pieds, le bloc de pierre colossal, d'un mètre de haut, carré par ses quatre faces dégrossies et profondément fiché en terre. C'était là que, jadis, venait aboutir la commune de Thys, comme l'indiqueraient encore deux autres bornes en pierre du même genre, que l'on sait, d'après un document conservé à la cure de ce village, avoir été placées au XVIe siècle, chacune sur un lit de cailloux blancs. (C'est en 1875 que la limite fut reportée à peu de distance plus au Nord.) On peut même se demander si cette pierre, placée à l'intersection de deux antiques chemins: la voie royale et, venant de Kemexhe, la Gèreuse-voie ou route du Geer, n'aurait pas eu un règne plus antique et servi, dès le moyen-âge, de reposoir aux "hotlîs" (botteurs et botteresses). Cette pierre et son compagnon, le vieux marronnier, doivent être conservés avec soin. C'est le vœu de la plus grande partie de la population qui aime à voir sa puissante ramure se parer, précisément à l'époque de la procession de ses innombrables pyramides de corolles blanches. C'est le vœu aussi du propriétaire du terrain sur lequel s'élève le marronnier, et qui a fait un recours à la Députation permanente contre le projet du service voyer et de l'Administration communale qui exproprient son bout de terrain. Et que l'on ne vienne pas dire que l'on peut parfaitement créer le plan coupé tout en respectant l'arbre. Nous tenons à relever l'allégation avant qu'elle ne se produise. D'un examen des lieux et d'une enquête faite sur place, il est non seulement possible, mais préférable, de reporter quelque peu vers la gauche la voie royale. Les deux propriétaires des vergers à gauche (Rigo et Genot) ne demandent pas mieux. Et cela aurait le mérite de ne pas inonder, en temps de pluie, par le raccordement dans le pré Ory, les fermes en contrebas, et, de plus, de placer le nouveau plan coupé du pré Rigo dans l'axe de la route de Lens-sur-Geer. En outre, la direction de la voie royale vers Oreye serait ramenée vers la verticale. Ce serait tout profit. Le vieux marronnier pourrait alors continuer en paix à fleurir et faire la joie des habitants de Fize-le-Marsal et des voyageurs qui se dirigent vers les localités voisines. (MEU : Jh. J.C.9)

Bien après l'arrivée des Romains, les Gaulois locaux conservèrent la religion de leurs ancêtres, honorant leurs dieux par des cultes à ciel ouvert, par exemple dans des cercles d'arbres voués. De là probablement cette coutume qu'avaient les éleveurs de planter des arbres, des saules le plus souvent, au nombre de six, autour des mares dans leurs prés. De là aussi, cette habitude indéracinable des premiers chrétiens de vouer certains arbres, des marroniers par exemple, en y appendant une potale, ou un crucifix. Le culte proprement dit se rendait sur une grosse pierre (d'où son nom local : le Pîron) qui était un dolmen ou un menhir. La grosse pierre fizoise du Piron est un reste de ceux-là, un des rares de la région, avec celui de Hognoul peut-être. Notre Piron, au numéro 32, on le récupéra - des siècles plustard - pour délimiter la seigneurie de Thys du Comté de Looz. (Antoine Smets, curé de Fize)

La "bôme"

Documents et indices donnent à penser qu'il y en avait une à Fize. Qu'est-ce qu'une "bôme"? "Des vieillards de Kemexhe se rappelaient (1937) avoir entendu parler des ruines d'une tour s'élevant dans un pré en face de la grande ferme, dite amon Deltour, près du pont. Une éminence est encore visible dans cette prairie, et l'on peut y reconnaître les vestiges d'une motte féodale avec d'autant plus de vraisemblance qu'il existe un souterrain à cet endroit. Preuve? Un effondrement s'y est produit un jour (vers 1850) tandis qu'on abattait un arbre dans la prairie. C'est sans doute la pièce centrale du souterrain - la bôme - qui se serait effondrée.

Les personnes qui, à l'époque, sont descendues dans les "bômes" alors intactes de Fooz et Fexhe-le-Haut-Clocher parlent des vastes dimensions de cette salle, soutenue au centre par un massif pilier de terre. Ils la comparent à une salle de danse à cause de sa banquette circulaire, ils disent qu'un chariot attelé de quatre chevaux y tournerait à l'aise." Comme celui d'Awans, le château de Fooz fut pillé en 1490. Selon la légende, il comptait une chambre souterraine où les assiégés pouvaient se retirer une fois les bâtiments de surface investis. Et la "cave était si grande qu'une charrette tirée par six chevaux pouvait y tourner d'un seul coup"!(HER)

Dans le "Bulletin du Vieux-Liège", I, n°15, de janvier 1934, pages 226-228, dans "Maisons fortes et souterrains de Hesbaye", Jules HERBILLON écrit : "ajoutez la bôme de Bierset au lieu-dit "vî tchèstê". F.ROUSSEAU, dans "La Meuse et le Pays mosan", page 22, note 2, croit que certaines "bômes" devraient être antérieures à l'époque féodale. Il mentionne entre autres, celle de Jeneffe (près du cimetière) et celle de Bovenistier, objet d'une étude de TIHON :"Un refuge souterrain du moyen âge" (Annales du Congrès archéologique de Bruges,1903, pp 2 18-222.)

La "bôme" qui nous occupe, celle de Fize-le-Marsal, elle est mentionnée dans de HEMRICOURT, III, pp 8 et 26, identifiée comme celle "où le seigneur (de Fize) fut bloqué et périt". Indice sérieux donc de l'existence d'une "bôme" à Fize. Elle était très vraisemblablement tout près de la ferme Halleux, ancienne propriété de la noble famille de Hemricourt précisément. Cette coïncidence mise à part, quelles bonnes raisons le donnent à penser? D'abord l'aspect imposant des bâtiments, leur situation sur une élévation de terrain sur la même ligne de crête que l'église. Et son ancienneté : la ferme d'aujourd'hui ne serait-elle pas l'aboutissement de plusieurs constructions élevées successivement sur les mêmes fondations, dont, jadis, une ferme-château. Son ancienneté est certaine. Un archéologue de St-Georges aurait découvert là une tombe gallo-romaine (P.Saal). Lors de la percée du chemin de remembrement, les affouillements ont mis à jour plusieurs objets de facture ancienne, en terre cuite, et des vestiges de fondations en briques. (Jules Mélon) En son temps, Antoine Bonnechère jurait que feu son père savait l'existence en haut du lieu- dit Piévache "d'une galerie si grande que des chevaux y pouvaient circuler de front"! (témoignage de Walthère Dechamps) Or, Antoine n'avait certainement pas connaissance des écrits de Hemricourt, et devait tout ignorer des recherches de Jules Herbillon. Il ne reste pour retrouver la preuve de l'existence de cette "bôme" fizoise qu'à fouiller les environs après avoir cherché dans les caves de la ferme des indices d'amorce d'un souterrain, A moins que cette bôme, ou une autre, se trouve ailleurs. À la ferme des Carmes, par exemple où, dans la grange, au début du siècle passé, s'est produit un éboulement qui a englouti un chariot et une grosse machine agricole mais, plutôt que de fouiller plus avant, on remblaya à la hâte. (HEM)(HER)(ED)(CHR)

Fize dans l'Histoire

L'histoire du village est celle de la vie quotidienne de ses habitants au long des siècles; elle se fond dans l'histoire générale de l'humanité tout comme elle est liée avec les destinées, au cours du temps, de l'Occident et de notre région. "Depuis quand Crisnée existe-t-il?" Réponse impossibl, même approximative. Attribuer une date à un fait du passé signifierait que le village y préexistait et que ses surcéants, même n'aynt laissé aucune trace de leur existence, vivaient en ce lieu lequel, de surcroît, portait peut-être un autre nom. "2000 ans de vie en Hesbaye" du chercheur kemexhois Eugène DETHIER (1976) recèle ne mine précieuse, de renseignements au village et aux coutumes de ses habitants de l'époque romaine jusqu'à ce jour. Ce travail, basé sur "les documents authentiques et matériaux sérieux puisés dans les archives et bibliothèques", conduit l'auteur "à redresser quelques erreurs et fantaisies répétées dans l'Histoire officielle, à remettre un peu d'ordre dans certain fatras d'incongruités proposées par certains historiens désinvoltes". (ED)

L'évangélisation

Selon Jean d'Outremeuse, les localités de Waremme, Pousset, Bleret, Oleye, Fooz, Bierset, Kemexhe, Slins, Fexhe-le-Haut-Clocher, Glons, Othée, Roclenge, Bassenge, Boirs,... auraient été fondées en l'an 124 par saint Materne, premier évêque de Tongres... Le chroniqueur ne cite pas Crisnée mais il est vraisemblable que ce grand missionnaire soit aussi passé par ici qui n'était pas fort peuplé mais qui devait déjà exister et se trouvait sur son chemin.

Histoire légendaire

D'après Jean d'Outremeuse, Crisnée, comme Odeur et Kemexhe, aurait été fondé en l'an 77 par CORNULO, roi de Tongres ; ou en l'an 581, par LOTRINGE, autre roi de Tongres.

Les Romains

L'histoire préhistorique de Crisnée se termine en 57 avant JC avec l'arrivée du général romain César qui se heurte aux tribus belges, donc aux Eburons commandés par Ambiorix et Catuvolcus. Les Crisnéens d'Eburonie, paisibles agriculteurs, voient avec curiosité et admiration défiler chez eux - par leurs étroits chemins de terre - les cohortes romaines en direction de Tongres. Trois ou quatre ans plus tard, ils assisteront à la révolte contre Rome et l'année suivante subiront la vengeance de Jules César.

Débute l'occupation romaine: construction des fortifications de Tongres; l'installation du camp d'ATUATUCA, en pleine campagne, sur l'actuel lieu-dit "la grande Place" à Crisnée, à l'endroit aapproximatif où en 1935 le Doyen Fréson de Villers-l'Evêque découvrira les vestiges d'une villa gallo-romaine, à deux pas d'Odeur! Eugène DETHIER qui a étudié "De Bello Gallico", mémoires de guerre de César, réfute l'opinion d'auteurs situant Atuatuca à Tongres, Embourg, Gembloux ou Aix-la-Chapelle. ATUATUCA n'était ni un oppidum, ni un camp retranché, mais un castellum ou simple position fortifiée mais idéalement située au centre du quadrilatère formé par les tumulus de Lamine, Fize, Oreye (Otrange) et Herstappe, et à proximité du nœud routier de Kemexhe, carrefour d'où partaient cinq chemins vers les grandes destinations de l'époque, dont la rue appelée naguère la "Voye des Rominnes"... Odeur est tout près de tout ça. Dès lors, pendant des siècles d'occupation, tous les Crisnéens, inévitablement en contact avec les soldats romains vont profiter de cette proximité et de leur fréquentation pour apprendre une autre civilisation, d'autres habitudes et le latin, base de notre futur wallon, et plus tard du français.

Les Vandales

Conséquence du déclin des occupants, les Vandales - mot devenu synonyme de destructeur par plaisir - débordent en 406 les défenses romaines du Nord (affaiblies puisque plusieurs légions ont été rappelées à Rome menacée par les Wisigoths), déferlent sur nos campagnes (Tongres toujours et ses environs) et saccagent tout sur leur passage. Ils iront loin et s'établiront finalement en Espagne où ils fonderont la "Vandalousie", l'actuelle Andalousie.

Les Francs

Parallèlement aux Huns, les Francs vont conquérir le pays plus pacifiquement et pendant plus longtemps. Au sud de la ligne Tournai-Tongres, ils adoptent la langue et les usages des Gallo-Romains: c'est de cette époque que daterait l'actuelle frontière linguistique. Des contacts fréquents et amicaux avec eux, notre wallon s'enrichit de nombreux mots et expressions que nous utilisons encore : hiner, hèrer, stitchi, spritchl al copète, piète sès hozètes, plat'ké ... Nous leur devons aussi notre nom de "Wallons", mot dérivé de "Walen" par lequel ils désignaient les Gaulois. Des mariages ont dû sceller cette cohabitation après que l'union se fit contre le péril commun qui les menaçait.

Les Huns

D'après Jean d'Outremeuse (tome B), Thys comme les villages voisins aurait été détruit par les Huns d'Attila - dit le Fléau de Dieu - vers les années 450; ces bandes sauvages qui incendient, violent, massacrent et pillent. Et si l'on parle de pillage, c'est que notre agglomération d , même modeste, en valait alors déjà la peine ! Les Huns ne font heureusement que passer. Plus tar, sous le règne de Clovis, le pouvoir est dans notre région aux mains de Boident (Baudouin?), neveu de Clovis, premier comte de Tongres et marquis de Hesbaye, qui décide de rebâtir les localités détruites par les Huns " (E.D.)

Les Normands

Les incursions des Normands en Belgique s'étalent de 856 à 901. Dès 881, ils s'attaquent lrd contrées hesbignonnes et leurs riches campagnes. Venant de Norvège, Suède, Danemark, ils remontent la Meuse en été dans leurs drakkars et sévissent dans les villes et villages, parfois loin de leur site d'amarrage. C'est surtout vers 884 que Maestricht, Tongres, Visé, Herstal et environs sont ravagés, pillés. Le Prince-Evêque Francon, allié à Arnould de Carinthie, battit les Vikings à Louvain en 891. Une fois de plus, Crisnée n'aurait pas échappé à une autre destruction. C'est peut-être de ce temps-là que notre village se développa sur son site actuel.

La "Paix de Fexhe"

Pour le village d'Odeur et ses voisins, c'est l'époque des avoués, des seigneurs. Par la "Paix de Fexhe", en 1316, les Métiers sont arrivés à partager le pouvoir avec le Clergé et la Noblesse. Dorénavant, les villages ont pu nommer un maïeur. Officiellement, le châtelain devrait aider les plus déshérités par une sorte de Bureau des Pauvres, quand il y pense. Les gens du village (ils sont moins de 200) vivent dans les maisons en torchis de deux pièces avec toit de chaume, les vitres n'existent pas. On s'éclaire, le moins souvent possible, à la chandelle, un coffre en guise d'armoire, un tréteau pour table, des escabeaux sont sièges, une botte de paille fait matelas. Pas de poêle, parfois une cheminée à feu ouvert. On s'habille de bure, on se chausse de sandales en écorce et les mieux lotis de sabots. On se soigne de tisanes et remèdes improvisés. Le salaire des serfs, travailleurs de la terre, est maigre, qui utilisent la charrue avec soc en fer, la herse en bois et le rouleau de même. Le dimanche est le seul jour de repos et la pratique religieuse obligatoire. L'instruction n'existe pas; à part les gens d'Eglise, les villageois sont illettrés pour la plupart. Mais le seigneur d'Odeur a sa brasserie.., et des clients sans doute qui, lorsqu'ils ont abusé de la cervoise, en viennent aux mains, ou plutôt à coups de "warko" ou "mèspl", rixes qui entraînent quelquefois mort d'homme...! Après la Paix de Fexhe, c'en est terminé de la Justice expéditive et des jugements de Dieu chez le seigneur. (ED)

Awans et Waroux

On sait le prétexte de cette guerre atroce qui dura quarante ans et causa 30.000 victimes. la jeune Adèle, riche orpheline d'Awans promise à un ami du seigneur de ce lieu, est enlevée par Hanechon, cousin du seigneur de Waroux. Bien que l'avoué d'Awans s'oppose au mariage, le sire de Waroux fait célébrer les noces. Dès le lendemain, le seigneur d'Awans, offensé, envoie Jean Brons de Fooz pour demander réparation de cette injure. Refus de Warouxet les Awans se mettent aussitôt à ravager les terres de Waroux, à brûler ses moulins et ses brasseries. Chaque parti recrute des alliés, les seigneurs voisins prenant fait et cause pour l'un ou l'autre parti selon leurs sympathies ou leurs intérêts, si bien que les escarmouches dégénèrent en vraies batailles. Jusqu'en 1335. Comme les autres villageois des environs, les Odeurois ont été embrigadés et subir les contrecoups.(HER) (ED)

Les Bourguignons

En 1409, Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne, appelé au secours du PrinceEvêque chassé par les Métiers de Liège, écrase ces derniers à Othée, et la Principauté devient une sorte de Protectorat bourguignon. Les Liégeois remettent ça en 1467 contre le duc Charles-le-Téméraire et sont encore battus, cette fois à Brusthem. Le Duc revient à Liège l'année suivante avec son prisonnier le roi de France qui avait comploté en secret avec les Liégeois. C'est alors qu'a lieu l'épisode dit des "600 Franchimontois" (qui étaient moins de 600 et plutôt Hesbignons!) avec l'issue qu'on connaît. Louis Xl dut assister au sac de la ville.

Après Liège, c'est la Hesbaye et les Hesbignons qui en pâtirent, qui furent pillés et ravagés sans pitié. Le Duc qui campait à Lowaige alla ensuite camper à Momalle dans le but de protéger le Prince-Evêque qui s'était réfugié au château de Fooz. Au passage, les troupes du Téméraire rasèrent le château de Crisnée et quelques autres. (ED)

Cas de sorcellerie

Au XVIe siècle, des affaires de sorcellerie troublent tout l'Occident, et Odeur comme les villages voisins. En 1581, Marie Bertrand, ayant avoué que depuis vingt ans elle a dansé XIII fois en cortil de la chalcie stessantte entre Odeur et Chrissengnée, sera exécutée aux confins de Crisnée et de Kemexhe, au lieu dit « Batch' dès Macrales ». Elle avait reconnu sous la torture avoir dansé avec Barbe Larsée, fille de la sage-femme d'Odeur, exécutée pour vaudoise quatre ou cinq ans auparavant; de même, elle dénonçait feu Clémence Tempier de Crisnée, Maroie, fille de ladite Clémence et la jeune Cécile. Témoin privilégié, le vesty de Crisnée, Jean Denis - curé de 1561 à 1579) - prétendait être devenu impotent des jambes par attouchement de la sorcière Clémence. De son côté, le vice-curé Gilles Piron - 581 à 1586) - devenu invalide des bras et des jambes par l'haleine de la sorcière, témoigné avoir été guéri à l'intervention d'icelle ! (C.J) En 1611, deux autres sorcières sont condamnées à mort. Le 5 juillet, c'est Martine, veuve de Gielet Pasque qui dénonce Gelette d'Odeur, la veuve de Godfrin de Herstappe, Govienne, la fille de feu François Havea, Isabea dite Sabikenne, la femme de Bertrand le berger, Marguerite de Fize aussi. Le 16 aoust, Agnès Gouverne (ou Govienne) est à son tour condamnée après avoir dénoncé Alide, la sœur de Martine, veuve de feu Libert Pasque, et exécutée pour sorcellerie (d'après Jules Herbillon, Toponymie de Kemexhe). La Libre Belgique du 20 février 1949, en page 4, rapporta les apparitions d'un fantôme à l'Abreuvoir aux Sorcières à Crisnée. Une ronde de gendarmes mit rapidement un terme aux déambulations nocturnes de ce plaisantin anachronique. Ce fameux Batch dès Macrales en forme d'auge a disparu lors de l'aménagement de la Chaussée-verte. Simple enfouissement par un ignorant pilote de bulldozer, ou détournement subreptice de ce monument non classé ? Depuis lors, il ne se manifeste plus là ni faits inexplicables, ni apparitions troublantes. On a beaucoup construit dans le quartier. (HER) (CHR.LM)

La Révolution

"1789 a suscité en Belgique, principalement en Brabant et dans la Principauté de Liège, un mouvement de révolte contre l'ordre établi par les puissants et un désir de changement." Les heurs et malheurs résultant de la Révolution et les manifestations révolutionnaires des Liégeois, citadins et campagnards. Alors que Napoleone Buonaparte venait de piller et razzier l'Egypte, le Directoire, mis en appétit, envoya, par la plume de Carnot, ses instructions à Jourdan, le vainqueur de Fleurus : "En Belgique prenez tout, il faut vider le pays !" (ED)

Le territoire belge sera divisé en 9 départements coïncidant à peu près avec les limites de nos 9 "anciennes" provinces et que Odeur fera désormais partie du Département de l'Ourthe, divisé en 36 cantons notre canton de Hollogne-aux-Pierres comptant 17 communes. "Le fonctionnement de la justice est réorganisé. Une police représentée dans nos campagnes par la gendarmerie à cheval "lès Poyous bonèts" est chargée de faire respecter l'ordre et la sécurité de tous les habitants. Dans l'Administration, le nouveau calendrier républicain est de rigueur pour les actes officiels. Les gens détestant ces complications ne prétendront jamais vivre leur mois en quatre décades et appeler leurs jours primidi, octidi ou décadi... préférant conserver leur honnête année de douze mois et leur semaine de sept jours avec le repos du dimanche." (ED)

Poids et mesures. .Officiellement, on va devoir utiliser le nouveau système métrique et cette mesure-là est excellente, mieux, indispensable. En principe, c'en est fini de mesurer le tissu en aune, l'aune variant selon la longueur de l'avant-bras de l'acheteur; d'estimer les longueurs en pieds (de Saint-Lambert, ou en pas, de peser en livres qui s'allongent ou rétrécissent suivant le lieu où l'on mesure et pèse. En capacités pour les liquides, la cruche vaut 141/4 pots, la tonne 90 pots et l'aime 120 pots. Pour mesurer les céréales, on connaît le muid, le setier (voir la page "Memento du censier"). Le centiare, l'are et l'hectare devraient remplacer la verge. Mais partout, presque partout, la réforme sera sabotée par des réactionnaires, ou se heurtera à une résistance plutôt passive, mais, cent cinquante ans après, jusqu'avant la dernière guerre, les anciennes mesures étaient encore vivaces avec setiers, verges, bonniers. (ED)

L'habillement. Tous les hommes portent le sarrau bleu, plat et sans plis, qui descend jusqu'aux genoux une veste de laine grise, des bas de laine, une culotte de toile ou de coton, mais le pantalon n'est plus exceptionnel. Le chapeau rond est à la mode. On porte un mouchoir blanc ou de couleur comme cravate. Les souliers forts et les sabots sont la chaussure habituelle pour les travaux dans les écuries et autres travaux agricole; mais pour les dimanches, on porte des souliers, plus ou moins fins, selon l'état de fortune... "Les femmes sont assez grandes et fortes, mais elles ne se font pas remarquer par de beaux traits et des formes régulières. Elles ont comme les hommes un visage peu rempli, avec des os saillants, les yeux enfoncés et presque pas de gorge: l'usage de porter des fardeaux sur la tête ou sur le dos les fortifie".

L'agriculture. Les cultures sont l'épeautre, le froment, l'avoine, l'orge, le seigle. L'avoine, le trèfle et la luzerne sont la nourriture principale des chevaux.Sont aussi cultivés . la pomme de terre, le chanvre, le colza et les fèverolles. L'assolement triennal ou quadriennal a remplacé le système de mise en jachère. Vesces, fumier et marne sont les engrais. Peu de changements dans les instruments agricoles. En remplacement progressif de l'antique araire apparaît la charrue à tourne-oreille et avant-train sur roues qui permet de labourer dans les deux sens. Les semailles se font à la main au moyen d'un linceul en toile suspendu autour du cou et qu'on torsade autour du bras gauche ; tout l'art, difficile, du semeur consiste à remplir la main droite et à laisser filer les grains suivant un éparpillement convenable tout en avançant d'un pas régulier. On échenille, échardonne, arrache le rené.

Le costume des femmes consiste ordinairement en une capote et une jupe d'étoffe de laine désignée ici sous le nom de moutonne. Elles ont une cornette de toile de coton et leurs cheveux, retroussés par derrière, forment un chignon très saillant. En tout temps, leur tête est enveloppée par un mouchoir de couleur plié diagonalement et noué sous le menton. Elles portent des bas de laine et, outre les sabots qui sont leur chaussure ordinaire et pour tous les travaux de la campagne, elles ont presque toutes, pour les jours de fêtes et les voyages, des souliers avec de grandes boucles d'argent qui leur couvre tout l'avant pied " (J.Naveau, d'ap. Thomassin)

La moisson commence à se faire à la faucille et au crochet de préférence à la grande faux. Les gerbes sont liées avec la paille tressée du seigle et dressées en dizeaux. Les gerbes sont rentrées par chariots ou charrettes aux roues cerclées de fer. Le battage s'effectue au fléau par groupe de deux hommes frappant en cadence et on sépare les grains des balles au moyen du van, panier en osier muni d'anses latérales, et du vent, métier très fatigant et peu salubre à cause de la poussière et des courants d'air. Un peu partout, on voit apparaître les moulins à vent, à Othée, Fexhe, celui de Momalle (en 1850). À la maison, depuis la fin du XVIW siècle, la ménagère dispose maintenant de savon et bientôt elle aura sa "planche à lessiver" à rayures utilisée jusqu'en 1930. (ED)

Les Hollandais

L'Empire s'était écroulé en 1814. Puis il y eut Waterloo en 1815, un autre Régime arrivait. "Les libérateurs, Prussiens et Russes, sont reçus dans l'indifférence populaire. "Aucun enthousiasme ne saluait la marche en avant des Alliés" est bien obligé décrire notre historien Henri Pirenne qui ajoute sans pudeur quelques lignes plus loin : "La populace s'amuse de la bonhomie et de l'étrangeté des Cosaques"... dont cependant les exactions et violences ne faisaient qu'aviver dans le peuple le regret d'un passé proche. Voilà qu'on retournait à l'Ancien Régime, sous un Roi qu'on ne connaissait pas et qui parlait "le flamand"; et les hobereaux de campagne, les curés et les "gros" recommençaient de plus belle à imposer leur loi aux petites gens. L'agriculture piétine à nouveau dans des méthodes primitives, la culture de la betterave sucrière semble profiter uniquement aux porcs et aux bestiaux : aucune sucrerie dans la région sans doute à cause de la faible teneur en sucre des betteraves et les réticences des cultivateurs à se risquer dans l'aventure. Une innovation: la conscription par tirage au sort, déjà pratiquée sous Louis XIV. Uun gros progrès: la mise en chantier de l'Université de Liège (1817) grâce à quoi certains villages auront bientôt leur vrai médecin et leur vrai pharmacien. (E.D)

L'Indépendance de 1830

En septembre 1830, des Odeurois se sont précipités jusqu'à la grand-route au passage de Charlier-Jambe-de-Bois avec son canon en route avec sa troupe vers l'insurrection de Bruxelles? Le 4 octobre, une fois les Hollandais chassés, l'indépendance est proclamée sans apporter guère d'améliorations dans la vie quotidienne des Odeurois. "..comme disait mon arrière-grand-mère maternelle (1826-1926) quand elle parlait de son enfance lointaine, "Ça n'alève ni mi dispôye li dépendance!" Cela n'était pas un jeu de mots; le terme était trop nouveau et trop savant pour eux. Une crise agricole terrible sévit dans le pays. La famine épargne la Hesbaye. Les premières lignes de chemins de fer sont créées, dont la Ans-Bruxelles en 1838 qu n'intéresse guère notre village avec ses arrêts à Momalle et Fexhe (nulle allusion dans les registres communaux). On invente le timbre-poste en 1849, mais Odeur n'en usera guère. Et 1860 voit la suppression officielle des "barrières" ou octrois: sorte de contributions indirectes sur les denrées alimentaires, boissons et vivres, fourrages, matériaux de construction, combustibles et produits divers, que des préposés de l'État perçoivent à l'entrée de chaque commune, entrave singulière au commerce dont la suppression engendrera la reprise économique sous le règne de Léopold II (1865-1909) ". À Odeur, il n'existe aucune barrière d'octroi. (E.D)


La paroisse de Fize

Seigneurie, avouerie, dîme

LA SEIGNEURIE Le 28 novembre 1334, le Chapitre de Sainte-Croix vendit à l'Evêque Adolphe de La Marck tous ses droits seigneuriaux, sauf le droit de collation de l'église, la dîme de la paroisse et deux fermes qu'elle possédait dans l'endroit. Elle stipula en outre qu'elle pourrait y établir une cour de basse justice, ou cour des tenants, pour la gestion de ses propriétés. Depuis cette époque, la Seigneurie de Fize releva directement de la mense épiscopale. Le prince nommait les membres de la cour de justice, à côté de laquelle fonctionnait la cour foncière de Ste-Croix. En 1782, il céda la seigneurie de Fize-le-Marsal en engagère à Libert de Flémalle.

L' AVOUERIE L'avouerie de Fize-le-Marsal appartint d'abord à Guillaume de Hemricourt qui, en 1271, la céda à la Cathédrale de Liège. Depuis cette donation elle commença à relever en fief de la cour féodale de la haute avouerie de Hesbaye. Le Chapitre de Ste-Croix réunit plus tard seigneurie et avouerie, mais dans l'acte de 1334, il est mentionné qu'il tenait l'avouerie en fief de Gérard de La Marck, alors avoué de Hesbaye. Après la cession de Fize à l'évêque, l'avouerie fut à nouveau séparée du dominium. En 1362, Jean, fils de Massot d'Odeur, tenait en fief de l'avoué de Hesbaye l'avouerie de "Fize deleis Kemeghe". En 1370, il la vendit à Antoine de Fiez, chanoine de Liège, puis elle passa en 1376 à Jean, fils de Gilles de Hodeige.En 1449, elle échut à Thibaut Proid'homme, par succession de son cousin Donnea de Hodeige. En 1524, elle appartenait à Raes d'Ans. Elle resta plus d'un siècle dans sa descendance jusqu'en 1685, époque de la mort d'un autre Raes d'Ans qui légua ses biens à Jean Ernest et Erasme, barons de Surlet. En 1714, Jacques de Surlet mourut, laissant seulement une fille qui avait épousé le comte de Liedekerke. L'avouerie passa ensuite dans leur descendance et y resta jusqu'à la Révolution. Une loi du 21 avril 1874 a réuni une partie de la commune de Thys à Fize-le-Marsal.

LA DIME Le dîmage de Sainte-Croix, avec Fize pour centre, se développait, en 1213, sur 213 bonniers et était affermé pour 110 muids 5 setiers d'épeautre. Le dîmage de Fize s'étendait au moins sur les villages de Crisnée et Otrange, églises filiales, et il avait un de ses quartiers sur le village de Kemexhe dont quelques maisons continuèrent jusqu'au XVIIe siècle à faire partie de Fize (par ex. la maison Strengnar, située sur la Chausie). Le curé de Fize avait la dîme de 11 bonniers de terre. Les revenus de la cure étaient de quarante muids consistant en un bonnier et demi de terre, dix-neuf muids d'épeautre dus par le Chapitre de Ste Croix, plus les produits d'anniversaires et fondations.


Paroisses primitives

PAROISSES PRIMITIVES ET FILIALES AU XIIe SIECLE ET SUIVANTS

'Kemexhe Villers L'Evêaue ' Othée Ans Thys Hognoul Odeur

Xhendremael Lens-sur-Geer Liers Fize-le-Marsal Juprelle Oreye Rocour Crisnée Villers St-Siméon Bergilers Vottem Otrange Lantin Milmort

Choses curieuses, la paroisse d'Otrange dépendait de Fize-le-Marsal, tandis que Thys dépendait de Kemexhe lequel fut à certaine époque une annexe de Fize. En ce temps là, autre curiosité, les paroisses d'Oreye, Bergilers et Grandville dépendaient de leur église-mère de Lens-sur-Geer

LES BANCROIX Une organisation religieuse primitive existait en Tongrie, dès le VIIe siècle, sous l'épiscopat de saint Lambert. Réunissant des dizaines de paroisses par un lien hiérarchique,elle complétait et affermissait l'œuvre accomplie dans nos régions par les tout premiers évangélisateurs de la Hesbaye. Ce groupement de paroisses par concile datait d'une époque très reculée, tellement lointaine, que NOTGER, le Prince-évêque, qualifiait déjà, en 980, cette coutume d'antique. Tongres a fait partie du patrimoine primitif de l'église épiscopale de Liège. Il figure au nombre de ses possessions dès l'époque carolingienne. Le patronage que l'évêque de Liège exerçait sur les églises s'est, peu à peu, transformé en véritable droit de propriété. Par la suite, l'évêque céda des églises aux églises primaires et secondaires liégeoises (Ste-Croix, St-Denis, St-Paul,...), institutions dont il assurait la dotation. On constate que l'évêque a été en possession du patronat de seize paroisses primitives du concile de Tongres, dont huit de celles-ci figurent ci-dessus.

Les paroisses de l'ancien Concile de Tongres étaient tenues de participer aux processions qui se rendaient chaque année, aux jours de la Pentecôte, à l'église conventuelle de la contrée, en vertu d'anciennes ordonnances épiscopales. Cette antique procession, dite des "bancroix" (croix banales), était fixée pour Fize-le-Marsal au mardi de la Pentecôte. Aussi ce jour-là, en grande solennité et croix en tête du cortège -le même jour que Crisnée et Otrange-, le curé et ses fidèles allaient à Tongres porter la redevance paroissiale. Les curés qui "oubliaient" cette démarche étaient rappelés à l'ordre et condamnés, car le prévôt de Tongres, qui était aussi, et cumulativement, chanoine-costre du chapitre avait droit aux deux tiers des offrandes du bancroix. (HER)

Les curés de Fize

Au Xe siècle, NOTGER fait donation au Chapitre de Ste-Croix à Liège "d'une église située dans la ville de Fies avec cinq métaieries lui attenantes". En 1005, saint Henri, empereur de Germanie, ratifie cette donation sur le plan temporel. On ignore le nom des premiers curés.

Aegidius (Gilles 1205 - après avril 1255, date d'un acte notarial signé à Crisnée

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Henri de TERMOIGNE 1453-14..

Jehan Lizebeth 14.. -1.. . JACOLEY Renier 1503-1542 (de Fyze le Marchalle). Son registre va de 1503 à 1538).

ROYER Jean 1542-15.. (vesty delle englyze parochialle de Fyze le Marchalle) . vacance de recteurs 15..-15..

NATALIS Jean 15..-1606 (nom au registre des revenus du Bénéfice de N-D & Ste-Croix

HANNOSSET Jean Richard 1606-1636 (il posa la 1ère pierre de l'église le 10 septembre 1606).

HANNOSSET Guillaume 1636-1668 (né à Thys 1612-Fize 1.3.1668. Bachelier en théologie.

) HENROT Renier 1655-1668 (il tenait la première école paroissiale du village).

COLLON Nicolas 1669-1689 (originaire de Fize et décédé à Fize en 1689)

DUCULOT (ou DUCLOZ, ou du CULOT) Henri 1689-1712 (décédé à Fize 16.12.1712)

RENSON Gilles 1697-1742 (Fize 7.7.1667 - Fize 5.5.1742

DEVEUX Jérôme 1712-1754 (+ à Fize-le-Marsal le 17.10.1754)

RENSON Louis Servais 1745-1751 (Fize 6.3.1721-Momalle 10.3.1755)

abbé MICHOTTE 1754-1755 (Chapelain-marguillier-enseignant)

FABRY Guillaume 1755-1787 (il a retranscrit plusieurs anciens registres,† Fexhe 1791)

HENNET Gilles 1787-1803 (a écrit la congratulation à GILLES Renson † Fize,18 avril)

RENSON Gilles (vicaire) 1787-1791

RENSON Gilles 1791-1858 (Fize 2.2.1764 †27.5.1858): 67 ans dans la paroisse de Fize

PONCELET Désiré 1852-1858 (restaurateur de l'église et grand chasseur. Ira à Pousset)

abbé DEHASQUE 1858-1862 (il sera nommé curé à Braives)

MARTIN Louis Henri 1862-1875 (érection du Chemin de Croix. Freeren 1818-Fize 23.12.1875

BEAURANG Jean Louis 1876-1889 (Petite taille et corpulent Verviers 1817-Fize 29.6.1891)

LEONARD Gérard 1890-1895 (une voix remarquable Verviers 1825 - Fize 16.10.1895)

THONON Joseph 1895-1922 (historiographe des archives de Fize Celles 1848-Fize 1922)

CHARPENTIER Benjamin 1922-1933 (restauration de l'église Ciney 4.2.1870 - Fize 4.1.1933

RESTEIGNE Emile 1933-1936 (il partira pour Ocquier Ouffet 1878 - Ocquier 1968)

REYSKENS Franz-William 1936-1943 (construction des 2 sacristies Genk 1888-Waterschei 1964

ROBERTI Pierre 1943-1953 (action sociale Waremme 25.2.1905 - Waremme 16.1.1953)

CASTIAU Pierre 1953-1959 (érection chapelle N-D Pauvres Montigny 1910-Jambes 1988)

SMETS Antoine,historien 1959-1981 (dernier cur& de Fize Milmort 27.7.1922 - Liège 2.10.1981

OTTE Joseph 1981-1988 (1er curé à cinq paroisses Alleur 25.7.1924-Fize 24.7.1988)

GILISSEN François 1988-2002 (Hollogne-aux-Pierres 12.01.1947 - suicidé à Fize le 24/9)

LAMBOTTE Jacques 2002-2007 (Visé 29 juillet 1948 -

SCHNEIDER Heinz 2007- (curé des dix paroisses des entités d'Oreye ete de Crisnée.)

(CHI) (CLE) (HER) (CHR)


Population

Fize en 1740

Les maisons, une cinquantaine et ce nombre restera longtemps stable, sont regroupées autour de quatre pôles : la Marsalle, le Piedvache, l'église et le tilleul, à ces endroits où, comme par hasard, se trouvent les plus grosses fermes. À cette époque, la terre réclame une main-d'œuvre abondante et la plupart des hommes sont occupés en qualité de domestiques ou de journaliers. On sème de l'épeautre, du treffe, et de l'avoine. La culture se fait par l'araire, ancêtre de la charrue. Les chevaux sont ferrés par Jaspar Gatte, le maréchal-ferrant. Le document ne cite pas les bestes à cornes, mais les vaches existent, même si elles sont de plus petite taille et de maigres laitières. Les troupeaux de cochons et de moutons pâturent le long des talus et dans les champs, surveillés par des bergers et porchers professionnels si les troupeaux sont importants, sinon par des enfants après les heures de classe s'ils y vont car l'obligation scolaire n'existe pas. L'école du village, contiguë au presbytère, est tenue par un vicaire, dénommé chapelain. L'église est à peu près la même qu'aujourd'hui, sauf qu'elle n'est pas chauffée, ni pvée et qu'on s'y éclaire de chandelles. Il n'existe pas de chorale, ni d'orgue et il n'y a qu'un chantre pour répondre - en latin - à l'officiant. Qui sonne les cloches, on ne le sait plus. Il est sûr que le cimetière s'étend tout autour de l'église et qu'il y pousse quelques marronniers. Encore que le registre des curés Deveux, puis Fabry, ne mentionnent pas la profession des paroissiens, on sait toutefois par d'autres sources, que le mayeur est Lambert Stassart, le garde champêtre Jean-Pierre Malmedi, deux hommes qui sont chargés d'exécuter les lois et de veiller à son application : on en a connaissance par les "plaids généraux" et les procès verbaux. La plupart sont à charge de ceux qui ne respectent pas les terres de culture envairées, ou des braconniers tel ce Pagnard qui possédait un fusil et chassait le lièvre. Les villageois peuvent détenir un chien, mais si l'animal vagabonde, on doit le munir autour du cou d'un tribart - qu'on nomme alors bilon ou lamais - appareil en bois en forme de triangle, qui l'empêche de courir à la poursuite du gibier. Quelques artisans : fileuse de laine, tisserand, sabotier, maçon, menuisier et charron. La plupart des maisons, petites et construites en torchis (paroû), sont couvertes de chaume par Remi Deltour. Les incendies sont si fréquents qu'aucun document n'en fait mention. Chauffage central à partir du poêle qui brûle du bois dans l'unique pièce de la maison. Les rues sont en terre, creusées d'ornières par les charrettes et chariots. Poussiéreuses en été, terriblement boueuses par temps de pluie. En son temps le curé Renson, de sa maison à la Marsalle se rend à l'église à cheval. Beaucoup de fidèles préfèrent emprunter les sentiers, nombreux à l'époque, qui non seulement constituent des raccourcis. mais sont plus propreset non pas par peur de salir ses souliers car rares sont les Fizois chaussés, les sabots étant chaussures de prix plus abordable tandis que les enfants, à la bonne saison, vont le plus souvent pieds nus. La nourriture est frugale. On mange les produits de l'étable, du champ ou du potager. Encore n'est-ce guère varié, à part les choux, carottes, navets et rutabagascar on ne connaît pas les fèves, haricots, tomates, ni céleris. Beaucoup n'ont jamais goûté de pain blanc. Le sel est cher et les épices d'un prix souvent inabordable. On mange surtout du lard, quand il y en a. Mieux vaut ne pas être malade. Faute de médecin, on s'adresse au rebouteux. Faute de pharmacie, les seuls remèdes sont ceux dits de bonne femme qu'on trouve sur place ou qu'on expérimente à grand risque. Mis à part quelques rares privilégiés qui ont cheval et charrette, on ne se déplace que rarement en dehors des limites du village. on risque des rencontres... Guillaume Henrot n'a-t-il pas été assassiné en 1661. Alors, le jour, on va à pied muni d'un solide bâton et une fois la nuit tombée, on se barricade chez soi. Pour se rendre dans les villages circonvoisins, les campagnes sont très longues à traverser et les chemins déserts. Pourquoi quitter Fize dès lors qu'on trouve dans sa rue un artisan, une épicerie, un cabaret. (ED) (CHR)

Séquelles de Révolution

Extrait du Registre des pauvres. "L'an 17 nonante-un du mois de septembre le huitième jour pardevant moi notaire soussigné en présence des témoins sous-només personnellement comparant Guillaume Melon, Jaspar Rongy, la vve Jean Capelle, Guillaume Bovy,Wathieu Florkin, Henri Lacroix, Nicolas Torrette, Henri Rasier, Jean Rasier, Françoise Scalcoven, Joseph Petitjean, la femme Thomas Capelle par ordre d'icelui absent, Henri Melon le jeune, Remi Gueury et Guillaume Hamels, tous manans inscrits au registre des pauvres du village, lesquels n'ayant pas de quoi en mains pour satisfaire les Srs Sacré à raison des dommages qui leurs ont été faits lors que les pauvres dudit Odeur ont été chez eux boire, manger etc pendant la malheureuse révolution. Dont l'état est remis à quinze louis nous ont déclaré de consentir ainsi qu'ils font chacun pro quota à ce que lesdits Srs Sacré puissent lever et percevoir hors dudit registre des pauvres aux deux échéances prochaines ou à la première s'il est possible jusqu'à entier fournissement tant de ladite somme que de tous fraix qui en sont résultés par les actions intentées de part lesdits Srs faire comprenant dans lesdits fraix ceux qui sont faits en opposition sur lesdites actions de part la vve Jean Capelle, Henri Capelle et Jean Melon, supplions très humblement le Rnd Sergt archidiacre de donner son approbation à la présente avec constitution sur tous porteurs de cette pour la reproduire ubiqs. Ce fait et passé dans la maison du Sr Jean Melon Stassinet en présence d'icelui et de Thomas Bovÿ témoins requis et appellés g.melon et jean rasier (qui signent), les autres aposant une croix: gaspar Rongÿ, la vve Jean Capelle, guillaume Bovÿ, wathieu florkin, henri Lacroix, Nicolas Torrette, Henri Rasier, Françoise Scalcoven, Joseph Petitjean, la femme Thomas Capelle par ordre d'icelui absent, Henry Melon le jeune, Remi Gueurÿ, Guillaume Hamels, Jean Melon Stassinet témoin, Thomas Bovÿ témoin. Et moi Méd. Jacquemotte notaire." "Le 30 septembre 1791 devant moi notaire soussigné en présence des témoins sous-només personnellement comparut Gilles Macors, manant inscrit au registre des pauvres d'Odeur, lequel ayant en lecture et explication par moi ledit notaire de l'acte passé le 8 courant devant le soussigné notaire par Guillaume Melon et autres pauvres dudit Odeur, envers les Srs Sacré, nous a déclaré d'y adhérer ainsi qu'il fait par cette, en faisant de son coté et pour sa quôte part comme par ledit acte avec constitution sur tous porteurs de cette pour la reproduire ubiqs. Ce fait et passé à Crisnée dans la résidence de moi notaire et présents comme témoins requis et appelle le Sr Pierre Jacquemotte notaire et Hélène Denomerenge." Suivent : la marque + de Gilles Macors ne sachant écrire, et les signatures de P. Jacquemotte testis, hélène nomerenge, et moi Méd. Jacquemotte notaire. (RC)

les habitants

Ceux des villageois de l'entité, ceux de Fize à la mode des Thysois, des Odeurois, des Kemexhois, sont appelés des Fizois et Fizoises. Si, ailleurs, on rencontre des Waremmiens, des Calidifontains, comment pour leur part se nomment les citoyens de Crisnée ? Lors de la fusion des communes, la presse régionale - La Meuse en particulier - les appela des Crisnétois. Le chroniqueur local s'éleva contre cette consonnance erronée et prouva aux édiles, sur la foi des anciens unanimes et de tous les enseignants de Crisnée, que les habitants du village étaient des Crisnéens et Crisnéennes. Le Conseil communal de l'entité et la presse présente l'ont admis le 8 octobre 1994, et rétabli juste à la veille des élections. (CHR)

Liège en 1840

(d'après "Liège il y a cent ans, par Joseph Deniarteau)

Seul existe le Pont-des-Arches, car le Pont-Neuf ou Pont de -la Boverie ne sera achevé que trois ans plus tard, en 1843.L'Hôtel de Ville n'a qu'une trentaine d'employés et, pour l'administration de la ville, suffisent à la tâche : le bourgmestre, quatre échevins, un secrétaire et un receveur. À part la salle de L'Emulation et le Gymnase sur la Place Saint-Lambert, le Théâtre Royal qui date de 1820 est l'unique salle de spectacle de la ville. En 1840, l'hôpital de Bavière est sis Place de l'Yser. L'armée occupe déjà la Citadelle de Sainte-Walburge, le fort de la Chartreuse et la caserne des Ecoliers (caserne Fonck). La prison Saint-Léonard n'existe qu'à l'état de projet. L'éclairage public est assuré par 697 becs de gaz et 588 lanternes à mèche, objets de tous les soins de quelques allumeurs de réverbères.Cinq facteurs assurent la distribution du courrier en ville et quatre autres s'occupent des faubourgs. Ils n'ont à relever le courrier que dans 9 boîtes aux lettres. L'eau potable est fournie par 5 à 6000 puits, publics ou privés. On envisage la captation des eaux du sous-sol de la Hesbaye.

Les transports en commun motorisés sont encore inconnus. Aucune gare encore. Un char-à-bancs couvert, tiré par cinq chevaux, va du quai de la Sauvenière jusqu'à Ans, point de départ du chemin de fer vers Bruxelles car la ligne se heurte à la côte. Il y a deux départs par jour et le trajet dure deux heures et demie. Un aller simple coûte 8F en wagon fermé, 5,50F en char-à-bancs et 4F en wagon non couvert. En ville, pour toutes les directions, il existe des lignes de diligences hippomobiles bien entendu. Sur la Meuse, en 1842, on expérimente avec succès un bateau à vapeur qui ne devra plus être tiré par des chevaux dans les passages difficiles Le journal le plus ancien est le "Courrier de la Meuse" qui date de 1820, et eut comme premier rédacteur l'abbé Hubert Jacquemotte, citoyen de Crisnée. Il paraîtra jusqu'au 31 décembre 1840 ne pouvant résister à la concurrence de la "Gazette de Liége" qui parut dès le 4 avril 1840 sur quatre pages au format de 40cm x 27cm, à 20 centimes le numéro. La conquête des boulevards de la Sauvenière et d'Avroy sur la Meuse n'est pas terminée. Les rues de la Régence, des Dominicains et Vinâve d'Ile sont les plus larges du Centre-Ville. Pour une population de 66.463 habitants, 21.000 sont secourus par le Bureau de Bienfaisance. Il n'y a que 1.651 électeurs sur les listes, dont 513 seulement se dérangeront pour les élections communales. Les noms des rues et des places changent. Ainsi la Place de la République française qui s'appelait précédemment Place du Théâtre après s'être intitulée Place aux Chevaux est communément dénommée en 1840 Place du Spectacle après avoir été auparavant baptisée Place de la Comédie. Plus tard, on l'appellera aussi Place-Verte. En 1843 apparaissent les premières photographies qui fournissent des portraits au daguerréotype et, pour 4F, on obtient "la plus parfaite ressemblance garantie". En cette même année 1843, la "Gazette de Liége" publie les premiers avis mortuaires. (d'après Joseph Demarteau "Liège il y a cent ans", et "Liège 1930" Ernest Godefroid)

Population et statistiques

Au 31.12.1947, en comparaison avec les 547 habitants de Fize, on en dénombrait :

à Bergilers: 701

à Crisnée: 525

à Momalle : 1.273

à Grandville: 543

à Odeur: 303

à Lamine: 523

à Oreye : 945

à Kemexhe: 521

à Hodeige: 833

à Oleye: 971

à Thys: 400

à Remicourt: 1.170

à Lens/Geer: 368

à Freloux: 69

à Fexhe Ht Cl. 887


Années - Villages - Nbre de rues - Nbre d'habitants - Nbre de maisons

1999 - Kemexhe: 11 - 670 - 247

1996 - Fize-le-M: 11 - 543 - 203

1985- Crisnée: 10 - 569 - 188

2002- Thys: 10 - 412 - 163

2004- Odeur: 3 - 3.. - 118


Statistiques au 1 juillet 2003 (via Internet)

Femmes - Hommes - Total

Awans (via Villers) 4.417- 4.125 - 8.542

Remicourt (via Momalle) 2.544 - 2.430 - 4.974

Oreye (via Otrange) 1.745 - 1.640 - 3.385

Fexhe-le-Haut-Clocher 1.539 - 1.513 - 3.031

Crisnée, les 5 villages 1.373 - 1.269 - 2.652

Waremme (13.628), Ans (27.443) - Tongres (29.588) - Liège (185.131)


Evolution de la population

Fin 1965: 2.115 habitants

Fin 1993: 2.298 habitants

Fin 1995: 2.358 habitants

Fin 1997: 2.411 habitants

Fin 1998: 2.505 habitants

Mi-2004: 2.712 habitants

1.1.2008: 2.906 habitants


STATISTIQUES

Population belge au l janvier 2004: 10.396.421 hab. (5.309.245 femmes, 5.087.176 hommes). (Wallonie 3.380.198, Flandre 6.016.024, Rég. Brux. 999.899. Rég. germanophone ±70.000 hab.) De nationalité belge : 9.415.000. Étrangers : ± 900.000 (± 8,5%).

Pour 80% de maisons et 20% d'appartements, il existe 74% de propriétaires et 23% de locataires Superficie de la Belgique : 30.528 km2, soit 1/329e de l'Europe. Densité : 340 habitants/km2. On comptait pour l'année 2003: 112.149 naissances pour 107.039 décès.

Taux de natalité 11,39%. Taux de mortalité : 10,21%. Taux de fécondité : 1,65%. Avec 4,1 %o mariages par an, le taux des divorces est de 2,9910'o... le place en Europe !!! Espérance de vie : 85 ans pour les femmes, 77,5 pour les hommes.

Citoyens européens vivant chez nous : en région liégeoise, Crisnée en a le moins (0,025 %) alors que Remicourt et Oreye en comptent 2%. Population des Quinze en 2003 : 381 millions. En Europe des XXV en mai 2004: 455 millions. Selon l'ONU, la Terre a 6 milliards d'habitants en 2003. Elle en aurait 9 milliards en 2050... (Internet) (CHR)

Bourgmestres de Fize

Les tout premiers renseignements concernent la très longue carrière politique de PIRON FAIET (FAYET?) qui fut eschevin puis maïeur de Fiese de 1317 à 1363. Après une longue période on peut citer, par le hasard d'anciens documents : 1550 : Henry Collard est le maire (au temps du vesty Jean Royer), et les échevins Minne de Thys, Libert le clerc de Fize ; 1697: le mayeur est Toussaint Le Keu (ultérieurement, ce nom deviendra Coheur) ; • 1712: le mayeur est Gérard Poncelet; 1734: on cite "Stassart, mayeur en ce cas"; 1789: les échevins de justice Guillaume Moers, Paschal Stassart, Servais Renson, Jérôme Keppenne ; le maïeur est Nicolas Grégoire; 1795 : Stassart et N. Kerstenne signent des actes de l'état civil. 1812 : dès mars, Bellefroid-Vanhove est commissaire spécial de la République française. 1814 : dès octobre, le maire est Louis Renson; 1847 ; le bourgmestre est Toussaint Renson. 1888 : Renwart Nicolas 1896 : Delvaux Nicolas. 1908 : Mélon Mathieu. 1912 : Mercier Auguste. 1927 : Delvaux Auguste. 1929 : Genot Lambert, en remplacement deDelvaux Auguste. 1933 : Royer Nestor, remplace Lambert Genot décédé. Il sera réélu jusqu'à son décès en 1959. 1959 : Smolders Armand. Dernier bourgmestre du village de Fize, il restera en fonction jusqu'au 31 décembre 1964. Bourgmestres de l'entité Crisnée à partir de la fusion : 1965 : Daniels Henri de Kemexhe démissionne le 30 septembre 1973, remplacé par Jean Stassart. 1974 : Stassart Jean de Fize restera en fonction jusqu'à son décès le 28 octobre 1991. 1991 : Vanmal Joseph de Kemexhe restera en fonction jusqu'à son décès le 5 juillet 2000. 2000 : Goffin Philippe, de Kemexhe, est élu après les élections communales du 8 octobre 2000. (RC) (CHR)

Armoiries de l'entité

Pour le village de Fize, il existait le 25 mai 1458 (dans une charte de l'Abbaye SAINT_Jacques à liège) un sceau de la cour jurée, avec dans le champ, croix potencée et cadre ogival, avec la légende "S... les tenans...ste crois a fies".

Les armoiries personnalisant le sceau communal et les documents officiels de l'Administration, on les doit à un Liégeois, feu Paul de Borman, qui fit paraître en mai-juin 1985 dans le Bulletin de l'Office généalogique et héraldique de Belgique une étude sur la pierre tombale du seigneur de Crisnée, Jean le Vilhain, pierre découverte lors de la démolition en 1983 d'un autel latéral dans la vieille église de Tohogne (Durbuy). En héraldique, elles se lisent : "D'argent à cinq fusées de gueules, accolées en fasce, au franc-quartier d'or au sautoir de gueules". Ce quartier est celui de Bertheline, fille de Jacques de Crisgnée, élu bourgmestre de Liège en 1485, époux de Bertheline de Boubais, fille de Gilles, voué de Huy. Ces armoiries ont été adoptées par l'entité de Crisnée suite aux recherches d'un chroniqueur local.(CHR)


Les guerres

Les grognards et miliciens

Fastré Pagnard, 20 ans, soldat-voltigeur du 6e Bataillon du 26e Rgt d'infanterie de l'armée napoléonienne, est décédé suite à ses blessures, le 4 septembre 1808 dans un hôpital en Vendée. François Pagnard, frère du précédent, fusilier de la 3e Cie du 1er Bat. du 86e Rgt d'infanterie du 2e Corps de l'armée d'Espagne de Napoléon est décédé des suites de fièvres le 13 septembre 1810 à l'hôpital de Santa Maria de Plasentia (sans doute Palencia), à 76 km au S-O de Burgos.

Toppet Nicolas, 22 ans, fusilier de la 3e Cie du Bataillon de la Milice nationale n)44 est décédé de la "maladie de mer" à l'hôpital militaire de Maestricht acte traduit du néerlandais). Léonard Hubert (Bage), 24 ans, fils de Marie-Jeanne Léonard et soldat suppléant de Pierre Jacques au 65e Rgt de Ligne est décédé de fièvres le 25 août 1919 à Magdebourg0(Allemagne). Gontier Libert (24 ans), soldat milicien au 2e Rgt de Chasseurs à pied, est décédé à l'hôpital de Tournay (Belgique). (RC) (CHR)

Ceux de 1914-1918

Extraits de "Historique de Fize pendant la Grande Guerre" par Eugène Strengnart, instituteur. Mercredi 29 juillet 1914, date de la mobilisation par la Belgique de trois classes de soldats. "...Ce fut pour tous un bien pénible moment que le départ de ces beaux jeunes gens. Le service général voté depuis naguère ne produisait pas encore tous ses effets, si bien que Fize qui comptait environ 500 âmes ne fournit qu'une quinzaine de ses enfants, mais était-ce là une raison pour rendre la séparation moins cruelle? Disons de suite que pas un de nos petits gars ne broncha. Dans leur hâte de rejoindre leur corps, c'est tout juste s'ils se munirent de quelques provisions. A leurs noms, ajoutons ceux qui étaient déjà présents sous les armes et ceux qui furent seulement rappelés le 1er août 1914 - Alexandre Louis, 10e Rg de Ligne, cl. 1899, - Bodson Emile, ler Rg de Carabiniers cl.1913. - Bodson Joseph, 14e Rg de Ligne, cl.1910, - Bronckart Victor, 14e Rg de Ligne, cl.1910 - Delvaux Auguste, 14e Rg de Ligne, cl. 1911 - Daenen Martin, 14e Rg de Ligne, cl.1908 - Genot Louis, vétérinaire milit. cl.1898 - Genot Nicolas, artillerie de camp.cl.1912 - Heusdens Hubert, 6e Rgt de Ligne, cl. 1903 - Lambret Maurice, artilleur de forter. cl.1910 - Lismonde Léon, artillerie lourde, cl. 1913 - Lykops Henri, 2e R Carabiniers cl.1913 - Massonet Michel, 14e Rg de Ligne, cl. 1910 - Petitjean Guillaume, artilleur de forter. cl. 1903 - Poncelet François, 14e Rg de Ligne, cl. 1913 - Tibo Marcel, artilleur de forter. cl. 1911 - Vandevenne Désiré, 12e Rg de Ligne, cl. 1912

De ces combattants, cinq ont disparu de l'une ou l'autre façon, à des dates différentes : Tibo Marcel : électricien, disparu lors de l'explosion du Fort de Loncin le 15 août 1914. Genot Louis : médecin vétérinaire, mort de maladie à Loon-Plage (France) le 28 janvier 1915. Daenen Martin : décédé de maladie à l'hôpital de Saint-Pol-sur-Mer (France) le 21 avril 1915. Poncelet François : tué en pleine bataille, le 6 octobre 1915 et inhumé à Adinkerke (Flandres)) Lykops Henrti  : sergent, décédé au combat à Westvleteren, le 13 avril 1917, inhumé sur place. Massonet Michel : décédé de grippe espagnole à l'hôpital de Cabourg (France) le 15 octobre 1918 (STR)

Si Crisnée a déploré la mort d'un de ses enfants, Thys en a perdu un, et Odeur comme Kemexhe un aussi, Fize-le-Marsal a été proportionnellement le plus durement éprouvé des villages de la région : six tués sur 17 combattants pour une population de moins de 500 habitants. Pour leur rendre hommage, la commune de Fize-le-Marsal a rebaptisé six des rues du village. (RC) (CHR)

Guerre 1940-45

Au moment de la rédaction de la Chronique de Fize (1996), la plupart des combattants et prisonniers sont décédés et aucun familier n'a pu raconter leurs aventures de guerre. Seule la photo de dix d'entre eux sur le Mémorial communal et les noms de trois combattants qui ont échappé à la déportation ont été sauvegardés. Il s'agit des Fizois suivants : Joseph Torette / Robert Moreau (1913- / Joseph Toppet (1900-1986/ Sylvain Raymackers (1910-1992)/ Clément Scouflaire / Fernand Alexandre (1910-1987) / Fernand Dodeur / Hubert Collon (1907-1974) (1907-1974)/ Jean Heusdens (1914-/ Joseph Ory (1910-1993)/ Lafosse Florent (1906-1992), Scheffer Antoine (1916- ) Marcel Smolders (1921- ) Deux autres victimes : Paquai Joseph, (célibataire, 20 ans), étranger au village, est exécuté à Fize par des membres de l'AS de Huy pour dénonciation à l'occupant de résistants et réfractaires au travail forcé. Vrancken Louis (42 ans), plombier, est tué en pleine campagne par une bombe perdue, en 1944. Un GI, identité inconnue, soldat américain est tué par l"explosion d'un V1 le 13 janvier 1945 en couvrant de son corps un garçonnet fizois en danger de mort. (RC) (CHR)


Bibliographie

HER † Jules Herbillon, "Bulletin de la Commission royale de Toponymie de Hesbaye Liégeoisee.

RC Registres communaux d'état-civil et de population de la commune de Crisnée

SME Antoine Smets, curé de Fize : histoire du village.

RP Registres paroissiaux

ED † Eugène Dethier ; 2000 ans de vie en Hesbaye "D'attuatuca à l'E5" 1976

DAR Daris : Histoire du diocèse et de la Principauté de Liège aux XVe et XVIIIe siècles

LEJ Jean Lejeune : La Principauté de Liège, Eugène Wahle éditeur 1980

CJC Cour de Justice de Crisnée

GOD Ernest Godefroid : Liège 1930, Touring Club de Belgique, Société royale 1930

PB Jeannine PAYE-BOURGEOIS : Hesbaye, terre méconnue

FPI Fl.P. ISTA . Hannut-Waremme dans la tourmente de la 2e guerre mondiale vol III 1988

DDB Dieudonné Boverie : Histoire de Liège (Simonis 1975)

DEM Joseph Demartèau : Liégeois d'il y a cent ans

CHR Chronique du XXe siècle (Elsevier)

INV Inventaire analytique des chartes Collégiale Ste-Croix, à Liège. (Poncelet, tome I, 1911)

REP Répertoire du mobilier des sanctuaires de Belgique

BOL Jean Jacques Bolly : Province de Liège.

CLE Clergé du diocèse de Liège 1825-1967

HER Les curés de Crisnée (Leodium XXXIV)

THI Nécrologie du clergé du diocèse de Liège

PACK Paquay : Visitationes archidiaconales 1613-1673, tome I.

MER Mercier : Vingt siècles d'histoire de l'Eglise

DRO Daniel-Rops : L'Eglise de la Cathédrale et de la Croisade (Arthème Fayard, 1952)

MAR Al.de Marneffe : Table des dignitaires du chapitre de St-Lambert (Seigneurs de Crisnée)

FRE Doyen Fréson : Chronique archéologique du Pays de Liège

BAA Bull. comm. Art. Arch. XXXVIII,XL,XLII,XLVI,XLIII

BAH Bull. Soc. Art. Hist. XVIII

LGL ASBL Le Grand Liège : Art mosan et arts anciens

STR Eugène Streignart : Mémoires de la guerre 1914-1918 (1920)

LEF Jean Lefèvre : Traditions de Wallonie (Marabout)

TRA Histoire des Tramways aU Pays de Liège (GTF 1985)

ARS Henri Bernard : L'Armée Secrète 1940-1944 (Duculot 1986)

CHR Louis Marneffe ; Chronique du groupe Zorro. AS Liège-Ouest. (1995)

MON Moniteur Belge de 1939 à 1975

DVA Delvaux : Dictionnaire II

HAU Jean Haust : Dictionnaire de wallon liégeois (1933) (1938)

DIC Dictionnaire des communes belges (édition 1933)

MiH Emile Bouvier : Miroir de la Hesbaye.

FrM François Mahiels: Le Geer,une rivière hesbignonne,

CHR Louis Marneffe : Chronique des gens et des choses de Fize-le-Marsal 1996.

les quotidiens La Meuse (MEU)), la Libre Belgique (LLB), Le Soir (LS) et l'hebdomadaire "Patriote Illustré" (PI) (1926-1965),


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