Fernando Lugo


Fernando Lugo
Fernando Lugo
Fernando Lugo Mendez Py (Copyred).jpg
Fernando Lugo, le 14 mai 2009
(fête de l'Indépendance)

Mandats
52e président de la République du Paraguay
Actuellement en fonction
Depuis le 15 août 2008
Élection 20 avril 2008
Vice-président Luis Federico Franco Gómez
Prédécesseur Nicanor Duarte Frutos
Biographie
Nom de naissance Fernando Armindo Lugo Méndez
Date de naissance 30 mai 1951 (1951-05-30) (60 ans)
Lieu de naissance Flag of Paraguay.svg San Solano, Itapúa (Paraguay)
Nationalité paraguayenne
Parti politique Alliance patriotique pour le changement
Enfants Guillermo Lugo Carrillo (enfant naturel)
Diplômé de Université pontificale grégorienne
Profession Ancien évêque
Religion Catholique
Résidence Palais López, Asunción
Signature Firma de Fernando Lugo.png

Coat of arms of Paraguay.svg
Présidents de la République du Paraguay

Fernando Armindo Lugo Méndez (né le 30 mai 1951 à San Solano, Paraguay), est un ancien évêque catholique romain et président de la République du Paraguay depuis le 15 août 2008.

Membre de l'Alliance patriotique pour le changement (coalition de centre-gauche), il a été élu président le 20 avril 2008, avec 40,8 % des voix contre 30,8 % des voix à sa principale rivale, Blanca Ovelar, du Parti Colorado.

Sommaire

Enfance et formation

Cet ancien étudiant en sociologie, devenu un temps maître d'école, est né dans une famille pauvre du Département d'Itapúa, à la frontière avec l’Argentine. Son oncle, Epifanio Méndez Fleitas, fut un dissident historique au général dictateur Alfredo Stroessner (1954–1989). Il est le plus jeune des six frères d'une famille persécutée sous cette dictature. Son père fut emprisonné, ainsi que trois de ses frères qui ont dû s'exiler pendant plus de vingt ans.

Vie religieuse

À 19 ans, alors que son père le destinait à être avocat, il choisit, après une expérience d'enseignement à la campagne, d'entrer au séminaire en 1971 dans la communauté des Missionnaire du Verbe Divin, et intègre l'Université catholique de Notre-Dame de l'Assomption, à Asunción ou il obtient une licence en théologie. Il est ordonné prêtre le 15 août 1977. Missionnaire, il part ensuite pour l'Équateur, dans la province de Bolivar pour y travailler jusqu'en 1982 au contact des couches sociales les plus défavorisées. Ces années lui valent aujourd'hui le surnom d'« évêque des pauvres ».

Expulsé du Paraguay par le régime de Stroessner parce que ses sermons étaient jugés subversifs, il connait quatre années d'exil à Rome où en 1983 il étudie la sociologie (obtenant une licence en sociologie, avec une spécialisation en doctrine sociale de l'Église) et la théologie dans l'Université pontificale grégorienne, avant de rentrer au pays, où le 17 avril 1994, il est devenu évêque de San Pedro (centre), la région la plus pauvre du pays.

En décembre 2006, il renonce à sa charge d'évêque canoniquement incompatible avec son engagement politique[1]. Malgré cela, le Vatican le déclare suspens a divinis en février 2007[2], refusant sa renonciation à la charge d'évêque, qui est acceptée à vie, mais suspendant celle-ci[3]. Cette sanction, très rarement appliquée dans le cas de prêtres s'engageant politiquement, avait été appliquée à Jean-Bertrand Aristide en Haïti[3].

Cependant, le 30 juillet 2008, à la suite de son élection, le Vatican lui « concède la perte de l'état clérical, avec toutes les obligations qui y sont attachées » et sa « réduction à l'état laïc »[4]. Cette décision le libère des droits et obligations associées à l'état clérical[5]. Il conserve cependant sa qualité d'évêque consacré[réf. souhaitée]. Une éventuelle réintégration au sein de l'Eglise reste cependant possible à l'issue de son mandat de cinq ans[4].

Vie politique

Il s'est affirmé au grand jour sur la scène politique en mars 2006, lorsqu'il prit à Asuncion la tête d'une manifestation pour protester contre Nicanor Duarte, président de la République en exercice, qui voulait se présenter pour un second mandat, chose interdite par la Constitution du pays.

L'establishment a tenté de le faire passer pour un dangereux communiste en le comparant au président bolivien Evo Morales ou au vénézuélien Hugo Chavez[6]. En fait, il appartient à une gauche modérée, d'autant plus que le Parti libéral, un parti centriste historiquement opposé au parti au pouvoir, fait partie de l'Alliance patriotique pour le changement, ainsi que le Parti démocrate chrétien. Plutôt que « de gauche » il préfère lui-même se qualifier de « progressiste », et se dit proche du président brésilien Lula.

Il aurait reçu des menaces de mort au cours de la campagne électorale. En décembre 2007, le Parti démocrate chrétien accepta son affiliation, le candidat à la présidentielle devant nécessairement être affilié à un parti en particulier[7]. Cela suscita la colère de l'ex-président et ex-membre du Parti démocrate-chrétien, Luis Manuel Andrada Nogués, qui considérait qu'en raison de l'attitude de Lugo vis-à-vis du Vatican cela n'aurait pas du avoir lieu[8]. Le scrutin ayant eu lieu dans le calme, il est élu président de la République le 20 avril 2008[9]. Il nomme la première ministre autochtone du Paraguay aux Affaires indigènes en août 2008, Margarita Mbywangi, une Guayaki et ancienne esclave[10].

Le nationalisme économique, la lutte contre la corruption et la réforme agraire constituent ses axes prioritaires.[réf. souhaitée] Toutefois, en raison de la perte du soutien du Parti libéral et de la majorité du Parlement, il n'a pu mener cette dernière réforme à terme[11].

Depuis sa présidence, plusieurs révélations concernant des enfants qu'il aurait eus alors qu'il était encore prêtre font scandale[12]. Il a depuis reconnu sa paternité à l'égard d'un enfant de deux ans[13], Guillermo Lugo Carrillo.

En décembre 2009, il affirmait avoir fait l'objet de plusieurs tentatives de putsch et être menacé par un coup d'Etat selon le scénario hondurien de juillet 2009[11],[6]. Son vice-président lui-même, Federico Franco (libéral), s'est dit prêt à assumer le pouvoir[11], tandis que le sénateur libéral, Alfredo Jaeggli, affirmait qu'il faudrait le destituer dans les quatre mois, l'accusant de ne pas réussir à maintenir l'ordre dans le pays[14],[15]. La droite est actuellement majoritaire au Parlement[15].

Vie privée

Atteint d'un cancer du système lymphatique depuis 2010, il est régulièrement soigné au Brésil par chimiothérapie.

Liens externes

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Notes et références

  1. Voir code de droit canonique, canon 283, § 3: « Il est interdit aux clercs de remplir les charges publiques qui comportent une participation à l'exercice du pouvoir civil » ; et Can. 287 - § 2: « [Les clercs] ne prendront pas une part active dans les partis politiques ni dans la direction des associations syndicales, [...]»
  2. Paraguay: Un évêque candidat à la présidentielle « suspens a divinis », 4 février 2007, Zenit.org
  3. a et b Julio Algañaraz, Paraguay: el Vaticano suspendió al obispo que busca ser presidente, El Clarín, 2 février 2007
  4. a et b « Ancien évêque, le président du Paraguay a reçu une dispense pontificale », agence AFP cité par La Croix, 30 juillet 2008
  5. Le nonce apostolique au Paraguay déclare « Sa demande a été reconsidérée car son état clérical n'est pas compatible avec la présidence de la République » [1]
  6. a et b Gustavo González, Urgente solidaridad con Paraguay, La República, 22 décembre 2009
  7. Democristianos legitimaron la candidatura de Fernando Lugo, ABC, 10 décembre 2007
  8. Ex líder demócrata cristiano condena apoyo de su ex partido a obispo rebelde paraguayo, ACI Prensa, 25 septembre 2007
  9. « Fernando Lugo détrône le parti Colorado au Paraguay », L'Express, 21 avril 2008.
  10. Paraguay: Former slave gets cabinet position, The Guardian, 19 août 2008
  11. a, b et c Martín Suaya, Los rumores de golpe acosan a Lugo, Página/12, 17 décembre 2009
  12. Plainte en justice pour "abus de mineur" envisagée, Paraguay: les enfants naturels du président et ex-évêque Lugo font scandale, Latinreporters.com, 22 avril 2009
  13. Presidente paraguayo Fernando Lugo reconoce formalmente a su hijo, El Economista, 14 avril 2009
  14. Senador Jaeggli pide juicio político para Lugo, ABC Digital, 19 octobre 2009
  15. a et b Paraguay en honduras, La República, 22 décembre 2009

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Fernando Lugo de Wikipédia en français (auteurs)

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