Espagne franquiste


Espagne franquiste

L'Espagne franquiste ou franquisme est le régime politique fondé par le général Francisco Franco, qui exista entre 1939 (fin de la guerre civile) et 1977 (dissolution des institutions franquistes durant le processus de transition démocratique). Sur le plan du droit international, le régime était désigné sous le nom d'État espagnol[1].

Le régime qui prend forme à partir du 1er octobre 1936 s'appuie sur une idéologie conservatrice et nationale-catholique, qui s'incarne dans des institutions autoritaires (parti unique, censure, juridictions d'exception, etc.).

Les principales caractéristiques de cette dictature évolueront en plusieurs étapes durant les 37 années de régime. Au franquisme triomphant de 1939, qui se nourrit des vertus martiales et des mythes impérialistes, succèdera une étape moraliste et pieuse qui fait du prêtre le héros espagnol par excellence. Avec le tournant de la Seconde Guerre mondiale, les phalangistes les plus radicaux sont progressivement écartés, au profit des conservateurs plus traditionnels. Après la guerre, les impératifs diplomatiques et économiques mettront un terme à l'autarcie, tandis que l'Espagne se place aux côtés des États-Unis. Enfin, après quelques velléités d'ouverture dans les années 1960, les années soixante-dix virent le régime se crisper pour se terminer finalement dans une nouvelle vague de répression.

Sommaire

Lois fondamentales de l’État franquiste

Les lois fondamentales du Royaume d'Espagne ou Leyes Fundamentales del Reino sont connues comme l'ensemble de sept lois qui organisaient les pouvoirs de l'État pendant le régime du général Franco. Plus que d'une Constitution, il s'agissait d'une Charte accordée, puisqu'elles n'avaient pas été élaborées ni approuvées par des représentants populaires.

  • Charte du travail de 1938. Elle fut influencée par la Carta di Lavoro italienne. Elle régule et organise le travail et la vie économique. On y établit les limites d'une journée de travail et les rétributions minimales, mais toutes ces concessions étaient soumises à l'intérêt de la nation.
  • Loi constitutive des Cortes de 1942. Elle fut élaborée dans la perspective de la victoire des alliés. On crée des cortes comme instrument de collaboration et auto-limitation, pour préparer et élaborer les lois.
  • Loi du référendum national de 1945. On établit l'utilisation du référendum pour les affaires importantes. La loi de Succession du chef de l'État rend obligatoire le référendum pour modifier les lois fondamentales.
  • Loi de succession du chef de l'État de 1947. Régule la succession. L'Espagne se configure comme un royaume. Franco est chef d'État à vie. On crée le Conseil du Royaume et le Conseil de Régence.
  • Loi organique de l'État de 1967. On énumère les fins de l'État, on fixe les pouvoirs du chef de l'État et on déclare sa responsabilité politique.

Postérieurement à la mort de Franco, une autre loi sera approuvée avec rang de loi fondamentale, la loi pour la réforme politique de 1976 qui, en réalité, établit les conditions minimales pour choisir des Cortès par le suffrage universel et habilite pour la même procédure à la réforme constitutionnelle des lois fondamentales. Celle-ci fut l'instrument juridique qui avait permis d'articuler la Transition espagnole.

Caractéristiques du régime

  • Concentration de pouvoirs dans la seule personne du Caudillo.

Idéologie

L'idéologie franquiste exaltait une Espagne traditionaliste et antimoderniste, fondée notamment sur la religion catholique et le corporatisme. Elle doit beaucoup au départ à la Phalange fondée en 1933 par José Antonio Primo de Rivera dans la mouvance du fascisme italien. Elle se présentait comme une relecture de la pensée traditionaliste qui avait séduit la classe dirigeante après la Restauration bourbonienne de la fin du XIXe siècle. D'autres apports complèteront cette « idéologie franquiste » tels l'évocation mythique d'un passé glorieux (l'esprit de croisade reconquérante des rois catholiques), le réflexe anti-libéral hérité de l'absolutisme de Ferdinand VII ou encore l'hostilité viscérale qu'inspirent au caudillo le marxisme, la libre pensée et la franc-maçonnerie.

La propagande franquiste met l'accent sur les valeurs traditionnelles nationalistes et religieuses, dont le sommet est le terme de « croisade » qui en est le leitmotiv. Le slogan franquiste España una, grande y libre insiste sur l'unité, la grandeur et l'indépendance de l'Espagne.

Un fascisme ?

La nature exacte du régime franquiste, en comparaison notamment avec l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie, prête à controverses, celles-ci étant fondamentalement liées à des discussions théoriques sur la définition et l'étendue du concept de « fascisme » voire de « totalitarisme ». Si les tendances fascisantes sont indéniables, en particulier dans un premier temps, avec notamment un ensemble de traits caractéristiques du fascisme qui perdurent après la guerre (parti unique, culte de la personnalité, censure et non-respect des libertés individuelles, corporatisme, etc.), la majorité des historiens[évasif] mettent toutefois entre l'Italie fasciste et l'Espagne franquiste une différence de degré, sinon de nature. Par ailleurs, une grande partie des historiens[évasif] s'accorde pour faire du fascisme, au sens strict, essentiellement un phénomène de l'entre-deux-guerres.

Certains[Qui ?] préfèrent parler de « fascisme clérical », d'autres[Qui ?] parlent d'un régime autoritaire et dictatorial plus traditionnel et conservateur, empreint de national-catholicisme, davantage proche de l'Estado novo de Salazar au Portugal. Ces derniers insistent sur la mise à l'écart progressive et partielle des phalangistes les plus radicaux, qui voulaient mettre en place une « Révolution nationale », et sur l'abandon conséquent du projet de créer un « homme nouveau », généralement considéré comme l'un des éléments de définition du totalitarisme. Toutefois, l'Espagne franquiste, dont les élites étaient divisées entre plusieurs tendances (fascisantes, carlistes, technocrates liés à l'Opus Dei, etc.), a toujours laissé place à une composante proprement fasciste, et fut très accueillante vis-à-vis des membres du mouvement néofasciste international, en particulier italien (notamment après le Golpe Borghese (en), tentative putschiste en 1970, après laquelle J.V. Borghese et des centaines d'autres néofascistes s'exilèrent en Espagne).

Le virage atlantiste de Franco a aussi jeté le trouble dans son propre camp. Ainsi, le 20 novembre 1956, le secrétaire général de la Phalange, José Luis de Arrese Magra, avait prononcé à la radio espagnole une allocution, où il exprimait ses réserves à l'égard de la récupération par Franco de son mouvement : « José Antonio, es-tu content de nous ? Je ne le pense pas. Pourquoi ? Parce que tu as lutté contre le matérialisme et l'égoïsme, et que, les hommes d'aujourd'hui, ayant oublié la grandeur de ton message, en ont fait leurs idoles. Parce que tu as prêché le sacrifice, et que les hommes d'aujourd'hui le refusent. »[2]

Les nostalgiques du franquisme qui se réunissaient pour commémorer la mort de Franco à son mausolée de la Valle de los Caídos tous les 17 novembres y faisaient encore le salut fasciste, jusqu'en 2007 et le vote de la Loi sur la mémoire historique[3].

Le national-catholicisme

Article détaillé : National-catholicisme.

Dès le début de la guerre civile, une grande partie de l’Église catholique romaine s'était ralliée et avait apporté son appui à Franco, mais l’attitude du Vatican demeura ambiguë à maints égards.

Franco reconnaît le catholicisme comme religion d’État (signature d'un concordat), rétablit le budget du culte, rétablit des aumôneries dans les écoles, les syndicats, l’armée et donne au mariage religieux une portée civile.

Vers la fin de la guerre civile, la Phalange est progressivement écartée du pouvoir au profit de l’Église catholique. Ainsi, le franquisme s'oriente davantage vers un cléricalisme et l’Église catholique d’Espagne devient étroitement liée au pouvoir. Le clergé mena régulièrement des actions de délation auprès des tribunaux franquistes à l'encontre des paroissiens restés fidèles aux idées républicaines ou des communistes [réf. nécessaire].

Elle a aussi étroitement collaboré en fournissant le personnel des établissements pénitentiaires, notamment auprès des prisons pour femmes et des maisons de correction pour jeunes [réf. nécessaire]. Les ex-détenus ont publiquement accusé le personnel clérical d'appliquer des mauvais traitements sur les plans physique et psychologique [réf. nécessaire] . L’Église est représentée au début surtout par l’action catholique, puis dans les années 1960 par l’Opus Dei, qui s'associe à une relance économique impulsée par l'État et le FMI. On peut cependant faire remarquer que l'Opus Dei n'a jamais soutenu le régime franquiste : certains de ses membres étaient au gouvernement tandis que d'autres militaient dans l'opposition contre la dictature.[réf. nécessaire]

Organisation de l'État

Depuis les premiers décrets de son beau-frère et ministre, Ramón Serrano Súñer (1938-1942) jusqu'à la fin du régime, en passant par le règne censorial de Gabriel Arias Salgado, (1951-1962), le régime mit en place un kaléidoscope d'organismes plus ou moins concurrents mais unifiés dans le Movimiento nacional, qui se sont assignés pour tâche de contrôler l'éducation et toute forme culturelle ou artistique. Le régime organise l'épuration de la fonction publique. Dans le domaine de l'Université et de l'éducation, 1/3 des 60 000 enseignants font l'objet de sanctions pour motifs idéologiques.

Enfin sous l'impulsion d'Arias Salgado, une structure administrative qui deviendra peu après le ministère de l'Information et du Tourisme fait quadriller l'ensemble du territoire national par de vigilants "délégués" départementaux dévoués aux principes.

Le Parti unique

blason de l'Espagne franquiste à Madrid en 2005.

Le Mouvement national est le seul parti autorisé en Espagne à partir de 1937. Franco préside son bureau politique et nomme environ le quart des membres de son conseil national.

Depuis avril 1937 (date de dissolution des partis politiques), la Phalange Traditionaliste et de las J.O.N.S. (FET-JONS) et différents groupuscules de droite sont regroupés au sein d'un parti unique et unificateur, le Movimiento, permettant à Franco de s'approprier les arcanes du pouvoir.

Parmi ces groupuscules et partis de droite aux différentes tendances idéologiques et sociologiques, on distingue : des anticommunistes, des "petits bourgeois", des fascistes, des anticléricaux, des conservateurs, des réactionnaires, des nationalistes, des conservateurs-libéraux, des démocrates-chrétiens, des carlistes, des monarchistes, des républicains conservateurs… Franco saura parfaitement manœuvrer au sein du movimiento tous ces courants opposés.

Son influence cependant fut déterminante au cours du conflit et pendant l'immédiate après-guerre bien que le radicalisme pur et souvent sincère de ses premiers leaders ait péri avec eux dans les combats. Bien que les phalangistes aient siégé dans la plupart des gouvernements de Franco, il fut difficile de percevoir dans ce mouvement un défenseur efficace du régime. D'autre part beaucoup des anciens phalangistes de l'époque Primo de Rivera étaient des hommes assez âgés ou des hommes d'affaires, habiles qui tirèrent profit de l'expansion industrielle et économique mais aussi de la corruption et du mercantilisme que connut l'Espagne sous le régime franquiste.

« Démocratie organique »

Dans la « démocratie organique », la volonté populaire est représentée par la famille, la municipalité et le Sindicato Vertical (en), seul syndicat autorisé. La désignation des représentants devant les Cortès ne se fait pas au suffrage universel mais par désignation du gouvernement, ou élus par des corporations économiques et culturelles (système du corporatisme). Le régime du parti unique est instauré avec les Falange Española Tradicionalista y de las Juntas de Ofensiva Nacional Sindicalista (FET y de las JONS), sous lesquelles est placé le « Syndicat vertical ».

Les syndicats verticaux (sindicatos)

Article détaillé : national-syndicalisme.

Ces derniers sont responsables devant le ministre de la Phalange en tant que tels. Il constitue une sorte d'alternative de front du travail de la Phalange, réunissent les travailleurs, les employeurs et le gouvernement dans des groupements par branche (selon le type de métiers ou d'industrie). Le chef de chaque syndicat est nommé par Franco.

Formalisé dans le Fuero del Trabajo, ce national-syndicalisme bureaucratisé et officiel est fondé sur le principe du corporatisme et de la collaboration de classes. Toutes les questions relatives au travail relèvent d'une commission tripartite. Si un employeur n'a pas le droit de licencier un travailleur ni de le payer au-dessous d'un seuil de salaire minimum, ce dernier ne peut user du droit de grève. Lorsqu’un conflit de travail se produit, il est réglé au siège local du syndicat par une commission mixte. On peut ainsi mesurer le courage qu'il fallut aux mineurs de charbon asturiens pour mener une grève aussi efficace que celle de 1962. Ils durent assumer sur le plan financier le coût de la non-indemnisation de leur action, tandis que plusieurs grévistes furent soumis à comparution devant les juridictions militaires.

Le système judiciaire

Nommés à la discrétion du ministre de la Justice, les juges dépendent entièrement de celui-ci. Les juridictions civiles peuvent être également dessaisies au profit de tribunaux militaires, compétentes pour la plupart des délits politiques. Ces derniers sont issus directement de l'autorité des Forces Armées dont Franco est le chef suprême. Leur mission consiste en ce que chaque fois que le gouvernement souhaite qu'une affaire soit jugée rapidement et secrètement, ils décident qu'elle engage la sécurité de l'État et la renvoient devant un tribunal militaire.

La figure du Caudillo, un nouveau culte de la personnalité

Hommage à Franco dans les rues d'Avila.

Proclamé chef de l'État, Franco est responsable seulement devant Dieu et la nation, chef du conseil suprême de la défense. Appelé Caudillo, les monnaies frappées sous le régime affirment que Franco est Caudillo d’Espagne par la grâce de Dieu. Ce qui lui confère un pouvoir de droit divin. Par ailleurs il renforce par ce biais en Espagne le mythe de l'Hispanité et celui du ¡Viva Cristo Rey!.

La loi du 8 août 1939 concentre tous les niveaux de pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) entre les mains du dictateur. Le Caudillo dirige le pouvoir militaire jusqu'à la fin de la dictature. Beaucoup de généraux sont présents dans les gouvernements de Franco. Il arbitre cette armée grâce à son habileté à ménager les différents courants sans en favoriser aucun en particulier.

En 1945, Franco proclama une « Déclaration des Droits de l'Homme » (Fuero de le los Españoles), tout en assouplissant une loi de 1937 obligeant militaires et fonctionnaires à faire le salut fasciste lors des cérémonies officielles.

Restriction de libertés

Espagne franquiste et droit de la presse

C'est durant la guerre civile, dans les zones conquises que les militaires promulguent, avec la loi de 1938 (abrogée en 1966), rédigée par le ministre de la Presse et de la Propagande Serrano Súñer, une censure préalable à toute publication, et contrôlent l'encadrement des journalistes, avec notamment la création de l'agence EFE. Seule la presse dépendant directement de l'Église catholique échappe au contrôle de cette censure.

En 1966, une nouvelle loi promulguée par Manuel Fraga tend à libéraliser le droit de la presse. Toutefois, le régime applique des sanctions sous forme de fortes amendes, voire de saisie de certains périodiques ou ouvrages, ce qui favorise l'autocensure. Après avoir bénéficié d'une grande liberté, la presse catholique dissidente fera l’objet d'un contrôle des fonctionnaires du ministère de l'Information.

L'Église catholique espagnole continua dès cette époque à appliquer une forme de censure sur l'ensemble des médias. Elle prit le contrôle des réseaux radiophoniques, notamment la chaîne COPE, et les publications des Éditions catholiques actionnaire de la presse périodique de Madrid comme Ya. L'Église catholique institua en son sein la formation et la formation continue des journalistes à l'Université Menéndez Pelayo et dispensa les cours à l’Instituto del Periodismo.

Évolution du régime

Bâtiment des postes de La Orotava frappé de l'aigle de San Juan, emblème de l'état espagnol sous le régime franquiste

1939-1949 : L'après-guerre civile et isolement international

Le franquisme est donc bien installé au sortir de la guerre en Espagne. Le régime est d’ailleurs soutenu par une partie des Espagnols qui furent marqués par l’exécution de 6 000 prêtres, favorisée par l'intransigeance de certains Républicains durant la guerre civile. Certaines classes sociales appuient le Caudillo plus que d’autres : il s'agit des grands propriétaires terriens, de la haute bourgeoisie industrielle et financière, et d'une partie des classes moyennes. Mais le centralisme du régime franquiste induit aussi l'opposition des autonomistes de Catalogne, du Pays basque, etc., qui se voient interdire l'usage de leur langue.

L'autarcie d'après-guerre

En 1939, l'Espagne est un pays ruiné et décimé. La faim et la misère extrême marquent la réalité quotidienne d'une grande partie de la population.

La solution que donna le régime franquiste à la pénurie économique fut semblable à celles créée par l'Italie fasciste, et consolidée par l'Allemagne nazie : l'autarcie, une politique économique basée sur la recherche de l'autosuffisance économique et l'intervention étatique.

L’interventionnisme s'étendit en grande partie sur l'économie nationale. L'État fixait les prix agricoles et obligea les paysans à donner les excédents de leurs récoltes. L'Instituto Nacional de Industria (Institut National de l'Industrie, INI) fut créé en 1941 pour mieux contrôler l'industrie espagnole exsangue, et établir un contrôle rigide sur le commerce extérieur.

Un régime répressif

Article connexe : Terreur blanche (Espagne).


Suite à la guerre et jusqu’en 1944, le régime est très répressif : anciens Républicains emprisonnés (500 000 détenus en 1940; 1/2 million de personnes sont passés par les camps de concentration entre 1936 et 1942, ces derniers fermant en 1947), exécutions capitales d’opposants secrètement enterrés dans des fosses communes (192 000 fusillés[4]), etc. Selon l'historien britannique Antony Beevor, le nombre total des victimes de la répression franquiste pourrait approcher les 200 000, compte tenu du fait que le bilan de la guerre civile dans plusieurs provinces espagnoles n'a pas encore été réalisé[5]. Franco achève la contre-révolution débutée en 1936.

Le Tribunal spécial pour la répression de la maçonnerie et du communisme est mis sur pieds en mars 1940, condamnant des dizaines de francs-maçons, certains à plusieurs dizaines d'années d'emprisonnement. Il est remplacé en 1963 par le Tribunal de l'ordre public chargé des délits politiques, auparavant jugés en grande partie par les tribunaux militaires. Celui-ci condamna des milliers de citoyens, avec quelques grands procès comme le procès 1 001 (es) de 1972, visant la direction des Comisiones Obreras, un syndicat clandestin lié au Parti communiste (également clandestin).

Le franquisme pendant la Seconde Guerre mondiale

De gauche à droite: le général Karl Wolff, Himmler, Franco et le ministre des Affaires étrangères Serrano Suñer. Derrière Franco, le général José Moscardó. Photographie du 25 octobre 1940 lors de l'entrevue d'Hendaye.

Le 25 février 1939, le cabinet Daladier signe, à Burgos, les accords Bérard-Jordana, reconnaissant la légitimité de Franco en Espagne, signant ainsi l'arrêt de mort de la République espagnole; en échange, il obtient la promesse de la neutralité l'espagnole en cas de guerre.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Franco passe de la neutralité à la non-belligérance en 1940 (entrevue avec Hitler à Hendaye). Appuyé en particulier par son ministre des Affaires étrangères Serrano Súñer, il envisage d'entrer en guerre en échange de Gibraltar et du Maroc français, mais l'échec allemand dans la bataille d'Angleterre l'incite à la prudence. Il se contente de développer les échanges commerciaux avec l'Axe, d'offrir un relais radio aux sous-marins et aux services secrets allemands, puis d'envoyer une division sur le front de l'Est, la división Azul (50 000 hommes).

À la suite d'une visite d'Himmler, le 13 mai 1941, Franco émit une circulaire visant à ficher les 6 000 Juifs d'Espagne en précisant leurs convictions politiques, modes de vie et « niveau de dangerosité »[6]. La liste fut ensuite remise à l'ambassade d'Allemagne. Selon Jorge Martínez Reverte, historien et journaliste à El País, plus qu'« un cadeau à Hitler », cette circulaire est « la preuve de ce que les phalangistes comptaient faire des Juifs » en cas de victoire nazie[6].

Les réfugiés politiques et les Juifs qui fuient l'occupation allemande sont internés, mais non livrés au Reich. À partir de 1943, ils sont autorisés à gagner discrètement le Portugal et l'Afrique française libre.

Par ailleurs, le régime sera accueillant aux collaborateurs des divers pays d'Europe, comme Pierre Laval et Léon Degrelle, et sera au centre de l'organisation des mouvements néofascistes après-guerre.

Un grand échec économique, et la période post-1945

Les années d'après-guerre furent marquées par une régression importante en matière d'économie. Le naufrage de la production agricole et industrielle s'accompagna de bonds en arrière : le secteur primaire dépassant à nouveau les 50% du revenu national. Dans un contexte de pénurie et d'intervention de l'État, le marché noir, et la corruption généralisée vinrent étouffer l'économie du pays.

Cette situation fut fortement aggravée par la conjoncture internationale. En effet, l'Espagne sortit isolée de la guerre unanimement condamnée comme alliée de l'Axe.

En 1944, des groupes d'exilés républicains, anciens maquisards en France, repassent les Pyrénées et tentent de lancer une guérilla contre le régime franquiste. Isolés, divisés (communistes contre anarchistes), probablement trahis, ils sont rapidement mis hors de combat.

Pendant cette période, le rôle de la Phalange, fusionnée dans le parti unique Falange Española Tradicionalista y de las Juntas de Ofensiva Nacional Sindicalista (FET y de las JONS), dans l’exercice du pouvoir est déterminant. Toutefois, les phalangistes les plus radicaux sont écartés après 1942 au profit des conservateurs (crise de mai 1941 (es), remaniement ministériel de septembre 1942 qui écarte Serrano Súñer, etc.). Le parti unique FET y de las JONS contrôle la police politique, l’éducation nationale, l’action syndicale, la presse, la radio, la propagande et toute la vie économique et syndicale.

En 1947 est affirmé, dans la loi de succession du chef de l'État, le caractère monarchique de l’État espagnol. L’Espagne est un royaume sans roi où Franco décidera de qui règnera et quand.

Le régime modère son idéologie fascisante dans les années 1960 pour une conception plus libérale du pouvoir politique et de l’économie ; il le reste beaucoup moins au niveau des mœurs et de son imprégnation du catholicisme[non neutre].

1950-1959 : Alliance avec les États-Unis et guerre froide

Franco et le président Dwight Eisenhower en 1959 à Madrid.

Les années 1950 marquent la fin de l'autarcie. L'échec évident du modèle isolationniste fit opter au régime franquiste un changement de cap en termes de politique économique, dès le début des années 1950. On assista à une libéralisation partielle des prix et du commerce et une plus grande liberté quant au commerce des biens. En 1952, on mit fin au rationnement des aliments. Ces mesures ramenèrent une certaine croissance économique, et en 1954, on dépassa à nouveau enfin le PIB/habitant de 1935, l'Espagne avait donc perdu vingt ans en matière de développement économique. En avril de la même année, Juan Carlos est désigné comme successeur de Franco à sa mort. Il devra sa légitimité à l’investiture de Franco et non à l’hérédité dynastique : en effet, par cette désignation, Franco écarte du trône le prétendant légitime, Juan de Borbón, fils du dernier roi d'Espagne et père de Juan Carlos.

La guerre froide permet à Franco de bénéficier du plan Marshall en 1950 et d'accueillir et défiler à Madrid triomphalement avec le président Dwight Eisenhower, un des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. En 1953, Franco a conclu un traité avec les É.-U., les Pactes de Madrid, qui confère à cette puissance un accès à plusieurs bases militaires et navales espagnoles (base navale de Rota (en), base aérienne de Morón (en), de Torrejon et de Saragosse (en), etc.) en échange d’une aide militaire et économique faisant de l'Espagne un membre important du Bloc de l'ouest - bien que l'Espagne franquiste, contrairement au Portugal de Salazar, ne fut jamais officiellement membre de l'OTAN. En 1955, le pays est admis au sein de la communauté internationale lors de son adhésion officielle aux Nations unies (ONU), mais la demande d'adhésion, en 1962, à la Communauté économique européenne (CEE) est refusée.

Après deux décennies de politique économique nationale-syndicaliste menées sous la conduite de Franco dans la lignée de l'idéologie phalangiste, l'État espagnol se trouvait à la fin des années 1950 dans une situation financière proche de la faillite, avec des réserves de change très faibles et une inflation galopante. Les augmentations des salaires nominales décidées autoritairement par le gouvernement se trouvaient ainsi de fait annulées en pouvoir d'achat par la réalité économique s'exprimant à travers l'inflation des prix, alors même que l'Espagne était encore un des parents pauvres de l'Europe. L'opposition communiste tentait d'exploiter le malaise social induit en appelant à la grève générale. La nécessité de réformes économiques structurelles était évidente.

1959-1972 : essor économique

Face à la nécessité de mener une autre politique économique, Franco permit l'entrée au gouvernement, en 1957, d'un groupe de technocrates de l'Opus Dei. Ces nouveaux ministres dessinèrent le Plan de Estabilización (plan de Stabilisation) de 1959.

Le 21 juillet 1959 est instauré un plan de stabilisation, conçu par le catholique libéral-conservateur Alberto Ullastres[7], membre de l'Opus Dei. Le plan prévoit 8 mesures simples : convertibilité de la peseta, suppression du contrôle des prix, élimination de la majeure partie des taxes douanières, ouverture aux investissements étrangers, ajustement des taux d'intérêts sur la préférence temporelle, gel des salaires, blocage des dépenses publiques et impossibilité faite au gouvernement de s'endetter auprès de la Banque [centrale] d’Espagne.

L'Espagne connait alors une période d'assainissement des comptes publics, d'ouverture économique et de forte croissance du PIB.

Emblématique de la nouvelle donne économique, le tourisme de masse connait une croissance spectaculaire avec 1 400 000 visiteurs en 1955, et 33 000 000 en 1972. La production industrielle passe d’un indice 100 en 1962 à 379 en 1976. De 1964 à 1967 se déroule le grand plan de développement économique qui constitue une étape de plus. Depuis la fin des années 1960, le PNB augmente de plus de 7 % par an. Un vent de réformes souffle depuis la même date.

Malgré cela, à partir de 1967, l’opposition à Franco est de plus en plus forte : grèves, manifestations d’étudiants, attentats d’autonomistes basques. L’Église catholique cesse d’être un appui pour le régime et se range dans l’opposition à partir de 1970. Il n'est pas rare de constater que des groupes catholiques prirent ouvertement parti pour les travailleurs dans leur lutte contre le gouvernement franquiste lors des grèves des mineurs de charbon des Asturies dès 1962. Le pouvoir du dictateur s'affaiblira progressivement.

1972-1976 : crise du régime, mort du dictateur et dissolution des institutions

Franco vieillissant, il cède en juillet-septembre 1974 les fonctions de chef de l’État à Juan Carlos, puis il meurt le 20 novembre 1975. Juan Carlos est alors couronné roi d’Espagne conformément à la loi de succession de 1947 précisant notamment que l'Espagne est un État catholique et social constitué en royaume en accord avec ses traditions. Ce qui signifie que le pays était resté un royaume sans roi pendant la dictature.

Bilan du franquisme

  • Le régime évolue entre 1939 et 1975. Ce régime dictatorial fut d'abord très répressif afin d’asseoir la mise en place du pouvoir. Franco concentre tous les pouvoirs jusqu’à sa mort tout en amenant progressivement l’Espagne vers une politique économique plus libérale.
  • Le caudillo pratique l’immobilisme politique fondé sur l’arbitrage par lui-même des différents courants d’idées. De l'intérieur, cet immobilisme s'est manifesté dans la famille (on ne pouvait pas divorcer une fois marié), dans l'espace public (interdiction de réunion et de regroupements pour raison d'État) et dans l'économie (le système mis en place ne permettait pas le dépôt de bilan d’une entreprise). La fin du régime franquiste engendra la fin des valeurs qui lui étaient associées, mutation marquée par la Movida.
  • La société espagnole subit une mutation économique qui lors de la seconde moitié du régime franquiste issue du plan de stabilisation de 1959, fut très favorable. L’agriculture se modernise et une société industrielle et urbaine supplante la société rurale du pays. Le développement économique crée ainsi de nouveaux pôles industriels en plus du Pays basque et de la Catalogne : Madrid, Saragosse, Valence. La revendication autonomiste s'est modérée en devenant plus politique et culturelle. Les systèmes de valeurs ont évolué. Dans ce contexte l'Espagne offre un environnement touristique considérable, Il y a évolution au niveau sociologique et de nouveaux droits éthiques sont légiférés, comme le droit au divorce, à la contraception, à la liberté sexuelle.
  • Dans les années qui suivirent, les gouvernements espagnols ne remettront pas en cause le système économique adopté dans les années soixante qui avaient valu des taux de croissance annuels de 8% mais ils supprimeront les structures et législations archaïques de l'époque franquiste.

Condamnation du régime

Statue de Franco à Santander.
Nom de rue à Tenerife.

Des Institutions démocratiques, des ONG et des partis politiques participent depuis la stabilisation du régime démocratique en Espagne durant les années 1980 à la réparation des victimes du régime franquiste, en promouvant différentes actions sur le plan international et national :

  • Conseil de l'Europe : le 4 novembre 2005 un rapport de recommandations de l'assemblée parlementaire déclare dans le document Doc. 10737 la Nécessité de condamner le franquisme au niveau international [8]. Le rapport soutient que la violation des droits de l’homme n’est pas une affaire interne qui ne concerne que l'Espagne seule, raison pour laquelle le Conseil de l’Europe est prêt à engager un débat sérieux sur ce sujet au niveau international. En outre, l’Assemblée demande au Conseil des Ministres de déclarer le 18 juillet 2006 comme journée officielle de la condamnation du régime franquiste.
  • Depuis le début des années 1980, de nombreuses initiatives politiques et citoyennes visent à retirer des lieux publics les symboles de l'ex-dictature, comme les statues, à rebaptiser les noms des rues et celles des institutions, établissement scolaires qui portent les noms liés au généralissime et à celle de ses partisans et ouvrir les fosses communes[8], dans le but d'éviter de répéter les erreurs du passé et de condamner les crimes commis.
Siège des Archives générales de la Guerre Civile, qui sera intégré au Centre Documentaire sur la Mémoire Historique.

Ce mouvement s'est achevé avec le vote en Espagne de la « loi sur la mémoire historique » (Ley de la Memoria Histórica), portée par le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero et adopté par les députés du Congrès le 31 octobre 2007. Elle inclut :

  • le "caractère radicalement injuste de toutes les condamnations, sanctions et violences personnelles [...] durant la Guerre civile et [...] la Dictature" : même si les jugements ne sont pas annulés, toute demande de révision doit être examinée, sans opposition possible de la Justice[9].
  • l'extension des aides aux victimes de représailles et à leurs familles (pensions, compensations financières).
  • l'aide de l'État à la localisation, l'identification et éventuellement l'exhumation des victimes de la répression franquiste dont les corps sont encore disparus dans les fosses communes[10].
  • le retrait des symboles franquistes : la loi établit que les "écus, insignes, plaques et autres objets ou mentions commémoratives qui exaltent le soulèvement militaire, la Guerre civile ou la répression de la dictature" devront être retirés des édifices et espaces publics[11]. Cependant, le retrait "ne pourra être effectué lorsque [...] il y a opposition avec des raisons artistiques, architecturale ou artistico-religieuses protégées par la loi".
  • la "dépolitisation" de la Valle de los Caídos, en y interdisant les "actes de nature politique [...] exaltant la Guerre civile, ses protagonistes ou le franquisme"[12].
  • l'obtention de la nationalité espagnole pour les brigadistes qui ont dû renoncer à la leur.
  • l'obtention de la nationalité espagnole pour les enfants et petits-enfants d'exilés qui s'étaient exilés sous la dictature et qui avaient perdu ou avaient dû renoncer à la nationalité espagnole entre les dates du 18 juillet 1936 et du 31 décembre 1955[13],[14].
  • la création d'un Centre Documentaire sur la Mémoire Historique à Salamanque, dans lequel sont intégrées les Archives Générales de la Guerre Civile.


Des témoignages historiques et scientifiques relatent par ailleurs que dans l'immédiate après-guerre des psychiatres de la junte ont effectué des expérimentations sur les prisonniers politiques pour identifier les gènes communistes. Il s’agissait sur le plan historique de l’une des premières tentatives systématiques de mettre la psychiatrie au service d’une idéologie. Des documents publiés récemment révèlent le projet conçu par le psychiatre en chef de Franco, le docteur Antonio Vallejo Nágera, pour identifier le bio psychisme du fanatisme marxiste.


La répression franquiste comparée aux totalitarismes, témoignage d'un opposant

Le régime est militaire et répressif mais malgré le rôle de l'armée responsable de l'ordre et de la répression — ou, pour employer une périphrase de Franco, chargée de "nettoyer le terrain où sera construit notre édifice" —, malgré les excès d'une police politique et la présence d'un parti unique, on reste loin des méthodes nazies ou staliniennes, dites « totalitaires ».

L'écrivain Jorge Semprún, qui passa sa vie à lutter contre le régime, affirme lors d'une interview réalisée en 1981 sur les écrivains en exil :

« La répression franquiste, qui a été très brutale, n'est pas comparable aux répressions staliniennes. Elle n'est pas comparable parce qu'elle n'a pas les mêmes moyens, parce qu'elle compte ses victimes par centaines ou milliers mais pas par millions. Je connais beaucoup de gens qui ont passé quinze ans dans une prison franquiste, ce qui est monstrueux ; mais une prison franquiste, comme celle de Burgos, comparée à un camp soviétique, c'est de la rigolade. Les détenus recevaient des paquets, ils avaient une vie politique. Pendant des heures entières ils se dispensaient des cours. Ils arrivaient à voir des contacts avec l'extérieur et dans leur trou avaient des postes de radio. Les bonnes sœurs étaient aimables et faisaient passer des lettres. Ils avaient des visites non pas tous les six mois, mais deux fois par semaine. Je le rappelle afin de faire comprendre à un certain nombre d'intellectuels espagnols qu'ils ont, bien sûr, vécu la dictature et la répression, que tout cela était horrible, mais qu’ils ne sont pas pour autant le nombril du monde, et que les souffrances endurées par l'Espagne n'ont pas été les plus intolérables du XXe siècle. Il faut garder le sens des proportions. »[15]

Voir aussi

Notes et références

  1. Traité entre l'Espagne et l'Autriche, 1969, site des Nations Unies
  2. Cité par Dominique Venner, Le Siècle de 1914: Utopies, guerres et révolutions au XXe siècle, Pygmalion, 2006 (chapitre: Le rêve détruit des chemises bleues, p.284)
  3. 20 minutes, 18 novembre 2007, d'après une dépêche [AFP]
  4. Guy Hermet, La Guerre d'Espagne, Seuil, 1989, page 180
  5. Antony Beevor, La Guerre d'Espagne, Calmann-Lévy, 2006, pp. 180-181
  6. a et b El País, « La lista de Franco para el Holocausto », 20 juin 2010
  7. Fernando Diaz Villanueva, Alberto Ullastres (1914-2001), Contrepoints, 8 novembre 2010
  8. Article d'El Mundo, 23/08/2006. Ouverture de la première des fosses communes de victimes du franquisme en Galice [1]
  9. Article d'El Mundo, 03/01/2009 : exemple du cas de révision du jugement de Eleuterio Sánchez en 1965 [2]
  10. Article d'El Mundo, 19/11/2008 [3]
  11. Article d'El Mundo, 18/12/2008. "Déboulonnage" de la dernière statue de Franco sur une place publique, à Santander [4]
  12. Article d'El Mundo, 16/11/2008. La Guardia Civil empêche une manifestation falangiste dans la Valle de los Caidos [5]
  13. (es)Texte officiel de la loi [6]
  14. Site internet officiel espagnol (traduit en français) [7]
  15. Franco, Andrée Bachoud, 1997.

Bibliographie

  • Andrée Bachoud, Franco, ou la réussite d'un homme ordinaire, , Fayard, 1997, (ISBN 2-213-02783-8)
(Professeur à l'université de Paris-VII-Jussieu, membre correspondant de la Real Academia de la Historia, spécialiste de l'Espagne contemporaine).
  • Nancy Berthier, "Le franquisme et son image. Cinéma et propagande", PUM, 1999
  • C. Brendel et H. Simon, Illusions politiques et lutte de classe, Spartacus, 1979
  • Santiago Macias, Les fosses du franquisme, Calmann-Lévy, 2006, (ISBN 9782702136270)
  • Mónica Moreno Seco, La presse catholique sous le franquisme : le Boletín HOAC (1959-1975)., El Argonauta Español, Numéro 1 - 2004
  • Alain Pecunia, Les Ombres ardentes, Cheminements, 2004
  • Michelle Vergniolle-Delalle, Peinture et opposition sous le franquisme : La parole en silence, , coll. Histoire et idées des Arts, 2005, (ISBN 2-7475-7622-1)
  • (es) Jean-François Botrel, La Iglesia católica y los medios de comunicación impresos en España de 1847 a 1917: doctrina y prácticas in Metodología de la historia de la prensa española, éd.Siglo XXI, Madrid, 1982, pp. 119-176
  • (es) S. Hibbss-Lisorges, Iglesia, prensa y sociedad en España (1868-1904), Instituto de Cultura “Juan Gil-Albert”, Alicante, 1995
  • (es) Antonio Murcia Santos, Obreros y obispos en el franquismo, Ed. HOAC, Madrid, 1995, p. 430-433
  • (es) Alicia Alted et Abdo Mateos, La oposición al régimen de Franco, UNED, Madrid, 1990, tome II, p. 375-385
  • (es) R. Vinyes, Construyendo a Caín. Diágnosis y terapia del disidente : las investigaciones psiquiátricas de Vallejo Nágera con presos políticos, Ayer, 2001, pp. 228-250
  • (es) Antonio Vallejo Nágera,, Niños y Jóvenes anormales, sans éditeur, Madrid, 1941
  • (en) Stanley Payne, The Franco regime, 1st ed. Madison, WI: University of Wisconsin Press, 1987

Liens internes


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